Chocolat, vin et fromage

Si je ne suis pas un amateur de chocolat, j’aime le formage et le vin. Personne ne comprend vraiment mon aversion pour le chocolat, il semblerait que je sois un extraterrestre. Mais après de nombreuses crises de foie dans mon enfance puis la découverte que la fève de cacao était un déclencheur de migraines, j’ai décidé de ne plus en manger, ou presque plus, et tout dessert contenant du chocolat est devenu source de dégoût au fil du temps.

J’aime les vins, mais comme pour le chocolat, l’abus d’alcool ne m’est plus franchement recommandé. Ce n’est pas faute d’avoir eu de l’entraînement pendant mes années étudiantes. J’ai même, plus jeune constitué au sous-sol de la maison une cave à vin bien garnie pendant quelques années. Il n’en reste hélas plus grand chose, quelques bouteilles rares tout au plus. Tout comme le cacao, je ne supporte plus vraiment le vin, un verre de temps en temps. Je bois donc très peu, mais du bon, tant qu’à se faire du mal, autant le faire bien.

J’adore le fromage, les fromages, tous les fromages, et la France est le royaume des fromages. Le fromage appelle le vin et le vin appelle le fromage. Un piège mortel. Hélas je digère très mal le fromage, je suis tout de suite ballonné, alors j’en mange peu, un petit bout par-ci par-là, de préférence du fromage frais, plus digeste et je fais en sorte de ne pas avoir de Comté, Parmesan, Roquefort, Pélardon et autre pâtes de perdition à la maison pour échapper à la tentation.

Mais voila, entre ce que notre sagesse nous dicte et ce que décide le corps, il y a toujours un léger biais. Nous fêtions il y a quelques jours un événement familial important : le cinquantenaire de ma jeune et douce épouse. Il fallait marquer le demi siècle dignement. Mon épouse avait repéré une charlotte vanille chocolat chez un pâtissier, j’avais sorti de la cave un gewurztraminer grand cru vendanges tardives de 2001 et il restait un magnifique morceau de Parmesan. La charlotte bof, beurp même, elle contenait trop de chocolat alors je me suis vengé sur le vin et le fromage, et puis sur le fromage et vin. Après tout, c’était la fête et les deux saveurs se combinaient agréablement bien.

Le soir la punition n’a pas tardé : une migraine carabinée.

Le lendemain, comme il restait du gewurztraminer et du parmesan, en attendant l’heure du repas, j’ai grignoté un peu.

Le soir même, nouvelle punition : migraine.

Le surlendemain il restait du gewurztraminer mais plus de parmesan, alors en attendant l’heure du repas, je me suis rincé le gosier.

Et évidemment, qui qui a frappé à la tête, la migraine… mais pas question cette fois de prendre de médicament pour évider une overdose mortelle, donc l’enfer avec par bonheur une journée de travail devant moi !

Il me reste un petit fond de gewurztraminer dans la bouteille. A votre avis, y a-t-il une petite chance que cela m’aide à passer mon envie de vomir et le mal de tête qui pulse depuis huit heures dans ma tempe gauche ? Faudrait que j’essaye, au cas où… Allez j’essaye ?

Ce soir ce sera laitue et clémentines avec plusieurs verres d’eau, à condition que ça passe, je vais encore perdre un ou deux kilos.

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