On n’a pas de pétrole mais on a des idées

Au début des années soixante-dix, le gouvernement français prenait en pleine figure la première crise pétrolière. Faute de solution miracle face à l’explosion du baril, il instaurait le changement d’heure en 1973 – qui est d’ailleurs toujours en place à ce jour – et sensibilisait les français aux économies d’énergies avec le fameux slogan « On n’a pas de pétrole mais on a des idées ».

Cinquante ans plus tard, en plein réchauffement climatique, alors que les réacteurs nucléaires doivent être arrêtés et que la crise du gaz russe bat son plein, des slogans vieux d’un demi siècle refont surface. « C’est pas Versailles ici ».

Outre l’électrification du parc automobile, l’administration envisage d’adapter les modèles thermiques pour le bio éthanol. Des recommandations nous engagent à remplacer nos éclairages par des LED, de chauffer à dix-neuf degrés et de climatiser à partir de vingt-six. 

Des chantiers de mise en conformité énergétique sont lancés ainsi que le remplacement de toutes les chaudières au mazout et nous allons privilégier les pompes à chaleur aux autres équipements de chauffage.

Aujourd’hui, l’état s’intéresse de très près à notre résilience aux coupures électriques. Avons-nous des onduleurs, qu’est-ce qui est branché dessus, quelle est leur autonomie, disposons-nous d’un groupe électrogène, combien de temps peut-il fonctionner avec un plein, bref ça craint.

Mon tout nouvel onduleur 75 kVa à dix-milles euros se repose dans son local électrique climatisé. Car ça chauffe les batteries. Chez nous, les coupures ne sont pas acceptables, les gars qui veulent installer la borne électrique l’ont bien compris.

Sauf qu’un soir de fortes chaleurs, en passant devant la porte du local, j’ai entendu un bip bip inquiétant. L’onduleur était en mode by-pass, traduction il ne rendait plus son service normal et à la moindre micro coupure, c’était le black-out assuré.

Le climatiseur étant hors-service, les batteries devenaient trop chaudes et l’onduleur s’était mis en sécurité. Nous avons installé des ventilateurs dans la pièce et un climatiseur d’appoint pour baisser la température du TGTB et tout est  rentré dans l’ordre. Plus de peur que de mal.

Le service de maintenance de la clim est passé le lendemain et a commandé la pièce défectueuse, en l’occurrence la sonde température, notre spécialité en fait, sauf que ce ne sont pas les mêmes. Dommage, car la sonde n’est pas encore arrivée et qu’avec la canicule, les batteries flirtent dangereusement avec les 40 degrés fatals au système. Nous avons installé un second climatiseur d’appoint et nous pompons 4 kVa à l’équipement qui nous garantit 75 kVa, tout ça pour le refroidir…

L’état se prépare à une crise énergétique majeure pour l’automne, que ce soit électrique, gaz et pétrolière. Nous sommes chauffés au gaz et notre onduleur fonctionne sous perfusion. Seul le groupe électrogène se porte bien, mais il fonctionne au diesel, et pour le réchauffement climatique c’est mal. 

J’ai l’impression que la rentrée va être intéressante.

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