Jusqu’ici, ça va

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Après une série de migraines explosives, dont la dernière, dans la nuit de vendredi à samedi fut tout simplement épique, mon médecin a pensé que j’avais contracté la COVID-19. Elle m’a donc prescrit un test sérologique afin d’en avoir le cœur net. Dans la foulé, j’ai reçu un courrier assez désagréable de l’Assurance Maladie m’informant que je faisais partie des heureses personnes à risque. Je ne vois vraiment pas pourquoi, je suis jeune et bien portant, enfin presque.

Du coup j’ai été invité à me faire vacciner sur le champ, sauf que pour se faire vacciner, il faut prendre rendez-vous. Et même lorsque l’on les arcanes d’Internet, la tâche n’est pas des plus aisée, voire il est quasi impossible de trouver un créneau de libre. Enfin si, j’en ai trouvé plein, à l’Hôpital Civil de Strasbourg, sauf qu’après avoir choisi ma date et mon heure, un message m’a informé que si je n’étais personnel soignant, je pouvais aller me faire cuire un œuf. Ca tombe bien Pâques approchait.

C’est la Médecine du travail qui est venue à mon secours. Des gens avec qui je travaille quasi quotidiennement pour gérer les visites quinquennales de mes collègues. Et quand je dis que je travaille quotidiennement avec eux, je veux dire que c’est Ok Corral tous les jours tellement ils sont peu organisés. Bref, j’ai demandé a être vacciné par leurs services (pourvu que l’infirmière ne se venge pas de mes coups fils assassins, me suis-je dit ce jour là).

Rendez-vous fut pris le 29 mars pour voir cela avec le médecin, un rendez-vous pour prendre rendez-vous le 7 avril en réalité, car, comme me l’a délicatement fait remarquer le médecin du travail, des personnels à risque de cet âge là, il y en a très peu dans notre métier… ça veut dire quoi au juste ça, que je suis un débris ?

Le 7 avril au matin, me voila fin prêt pour tester, comme quelques millions d’autres, un vaccin à peine sorti des laboratoires pharmaceutiques. Le AZD 1122 peut provoquer des douleurs au point d’injection (54%) surtout si l’infirmière ne vous aime pas, des céphalées (53%) surtout lorsque l’on fait une migraine un jour sur deux, de la fièvre (8%) du samedi soir après le confinement et peut-être des thromboses (29 cas avant moi).

Même pas peur ! Depuis que j’ai passé une semaine allongé avec une perfusion et une sonde urinaire, les piqures me laissent totalement indifférent, même les plus mal réalisées, ce qui met en confiance n’importe quel étudiant en première année de médecine myope comme une taupe et souffrant de tremblements incontrôlables.

Après un questionnaire médical obligatoire de dix minutes, (le médecin m’avait vu la semaine dernière), “Vous allez bien ?”, “Non.”, “Bon tout va bien alors, on peut vous vacciner.”, l’infirmière, sur qui j’ai hurlé plus d’une fois, s’approche avec l’aiguille vengeresse et me dit, “Voila, c’est fini.”. Ha ? bon… c’est tout ? D’accord. “On vous garde ici un quart d’heure au cas où vous tombiez dans les pommes, ça arrive.”.

Un quart d’heure plus tard, j’étais toujours vivant, en train de consulter les dernières promotions de rock progressif lorsque l’infirmière m’a rendu la liberté. Prochain rendez-vous le 28 juin pour le rappel.

Jusqu’ici tout va bien.

Je ressens une petite gène au bras (54%), rien en comparaison de cette douleur sourde au flanc gauche qui me lance depuis des années (0.001%). Par contre en rentrant, un inquiétant symptôme est survenu (0.000000001%). L’heure du repas approchant, il fallait que je choisisse où récupérer de la nourriture à emporter. J’aurai pu passer à la maison, mais vu que le frigo est toujours vide, il était plus simple de manger dehors. Je pouvais aller à la saladerie habituelle (trois fois par semaine de la laitue avec un peu de quinoa, une tomate cerise et un bout de pain) ou manger chez Mc Do.

Chez MC Do, sérieusement ?

Je ne mange jamais chez Mc Do, ce n’est pas bon, c’est gras, ça pue la frite à l’huile de vidange et j’ai toujours faim après. Pourtant, la voiture est allée naturellement se garer au Drive Mc Do pour commander un burger-frite-coca, tout ce que je déteste en réalité.

C’est grave docteur ?

Tout ça pour dire, vaccinez-vous, au pire vous mourrez de toute façon. Avec beaucoup de chance, en décembre, nous pourrons tous recommencer à vivre un peu. J’invite tous ceux qui se vaccinent à le dire, à poster leur photo et à faire coucou de temps en temps pour prouver qu’ils sont encore vivants et en pleine forme. Il y a trop d’imbéciles qui en ce moment essaye de vous persuader que la COVID-19 est un complot mondial pour vous forcer à recevoir une injection de nano particules qui pourront vous espionner, voire même vous contrôler. renseignez-vous !

Moloch

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Moloch est cette divinité citée dans la Bible a qui les hommes sacrifiaient leurs enfants par le feu. C’est également une série Arte datant d’octobre 2020 en six épisodes que j’ai vu dernièrement.

Dans une ville du Nord de la France, un homme meurt, immolé par le feu. Ainsi débute Moloch, cette série Arte que j’avais commencé à regarder sur la chaine des bobos puis abandonnée au troisième épisode à cause de sa programmation trop tardive. Car oui je me couche tôt et un film qui débute à 21h00, finit bien trop tard pour mon rythme de sommeil.

J’avais oublié cette série lorsqu’elle est apparue dans le catalogue Disney Star. Et comme les deux premiers épisodes m’avaient bien titillés, j’ai recommencé la série depuis le début.

Moloch met en scène Louise, une jeune journaliste stagiaire quelque peu perturbée et Gabriel, un vieux psychiatre brisé par la mort de son enfant. Deux personnages dissemblables qui joignent leurs efforts pour élucider le mystère de ces victimes qui meurent de combustion, semble-t-il spontanée.

Suicide, crime, phénomène paranormal ? Légistes, policiers et journalistes tentent vainement de trouver une explication à ces morts violentes qui semblent mises en scène.

La série aurait pu être filmée en noir et blanc tant les paysages sont glauques : une cité de banlieue mal famée, une plage immense balayée par le vent, les docs sous la pluie, l’appartement sordide de la journaliste, le cabinet sombre du psy, la piscine le soir, à l’heure de la fermeture avec son bassin quasi désert.

L’ambiance est lourde, l’histoire pesante, les personnages complexes : Louise, la jeune femme victime de ses parents dysfonctionnels prête à tout pour arriver dans le métier, Lucie, l’épouse déprimée du psychiatre qui ne joue plus de violoncelle, Stella, la jeune patiente atteinte de la maladie du soleil est pleine de colère, Gabriel, le psy amnésique ne s’est plus dans quelles circonstances son fils est mort, Jimmy, le chauffeur de bus fou qui dévie de son trajet habituel et arrive sur la plage, et toutes ces personnes qui meurent carbonisées sans que les enquêteurs ne trouvent d’explication rationnelle. Moloch est l’occasion de dessiner les portraits de personnages complexes sans doute trop vite esquissés pour certains.

La série joue jusqu’à la fin entre thriller et fantastique mais au bout du quatrième épisode, elle perd de son accroche initiale et je suis arrivé à la conclusion de l’histoire sans cette soif de comprendre qui donne envie d’aller au bout d’un récit.

1er avril

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Je viens de prendre un billet d’avion pour visiter les réserves du Kenya, cela faisait longtemps que je rêvais d’un Safari photo. En parlant photo, Nikon m’a proposé de tester leur nouveau boîtier Z9, ce sera l’occasion de voir ce qu’il a dans le ventre. Peut-être que je vais en faire mon métier après tout, c’est sympa de parcourir le monde pour capturer sur la pellicule les dernières espèces animales en voie de disparition.

Je vais arrêter le webzine de prog. La concurrence est trop féroce et ça me saoule d’écrire des chroniques de blockbuster chiants juste pour maintenir l’audimat à un niveau raisonnable.

Le gros achat du mois risque d’être un nouvel ampli home-cinéma compatible HDCP 2.2 car depuis hier soir je ne peux plus regarder Disney+ sur mon vidéo projecteur tout en ayant le son, merci Mickey.

Après la fusée Saturn V, j’envisage sérieusement de m’offrir la navette spatiale même si je ne saurais pas quoi en faire une fois assemblée. Les lego, c’est comme les puzzles en plus cher et moins chiant.

Bonne nouvelle, je vais me faire vacciner ! Je viens de faire un test sérologique afin de vérifier que je n’ai pas attrapé la COVID-19 ces derniers jours, comme ça je pourrais faire ma trombose cérébrale paisiblement ensuite. 

Je suis en vacances pour quelques jours, les premières depuis janvier en fait. Aujourd’hui le soleil brille, je n’ai pas de migraine (du moins pour l’instant) mais dès lundi, mes collègues annoncent le retour de la neige. Putain les mecs ! Je suis certain qu’ils ont fait exprès, personne ne m’aime à part moi.

Je me suis fait tatouer le visage de Marcela sur le bras droit et celui d’Anneke sur le bras gauche. Sur le ventre il y a un pentacle et sur le dos les cornes du diables. Ça pique un peu ces petites aiguilles, surtout pour tracer les cheveux, mais quand on aime.

J’ai pris une bonne résolution également. Je vais aimer mes voisins. Il faut savoir pardonner. Surtout qu’ils semblent décidé à vendre. Je devrais racheter tout le quartier dans un rayon de cent mètres autour de la maison, bon disons un kilomètre, la meilleure façon pour moi d’aimer les gens.

Au fait joyeux premier avril les gens ! J’espère que vous ne souffrez pas d’un cancer, car votre prochain rendez-vous est reporté.

L’extinction des dinosaures

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Les scientifiques pensaient qu’il s’agissait d’une météorite, finalement ils optent pour l’hypothèse de la comète. Voici soixante-six millions d’années, les grands reptiles qui faisaient trembler la terre en galopant, ont brutalement disparu, permettant à d’autres espèces d’émerger. Nous ne serions probablement pas sur terre aujourd’hui sans la comète, alors merci.

En musique également, des formations dominèrent le Mésozoïque du rock. Naturellement certaines de ces créatures fragiles finirent par disparaître d’overdose, de cirrhose , électrocutées dans leur baignoire avec un sèche-cheveux ou pendues au bout d’une branche. Mais d’autres, plus coriaces, survécurent et devinrent des dinosaures.

Malheureusement, aucune comète rock n’a encore produit de grande extinction de masse et il faut attendre que la vieillesse terrasse les plus endurants pour faire place nette. Mais même une fois la bête enterrée, des adorateurs perpétuent sa mémoire et une seconde, voire une troisième génération de de reptiles géants voit le jour.

Les dinosaures du rock, adulés par des amateurs incontinents en fauteuils roulants, survivent bien au-delà du raisonnable, empêchant les jeunes pousses de prendre la relève. Formés dans les sixties et seventies, ces brontosaures à guitares, dégarnis parkinsonniens, composent en roue libre des resucées de leur jeunesse perdue, vidées de toute substance créatrice, plaçant un pathétique solo tremblotant qui ravira les fans à moitié sourds qui n’osent plus écouter ce que jouent les jeunes trop bruyants.

Des maisons de disques, autrefois novatrices, se spécialisent aujourd’hui dans la production de ces antiquités remisent sommairement en état, à croire que leurs dirigeants se fossilisent ou bien que les actionnaires ne jurent que par les valeurs sures. Résultat des courses, le marché est inondé de groupes de quarante ans d’age. Si pour un whisky c’est souvent un gage d’excellence, pour de rock c’est la garantie de toute absence de surprise.

Et ce qui me plait dans la musique, c’est justement de sortir de ma zone de confort pour ne pas mourrir d’ennui, surtout lorsque l’on écoute beaucoup (trop) de musique. Je suis désespéré en découvrant un nouvel album d’un groupe de prog antédiluvien au rythme pathétique, au chanteur à la voix éraillée, aux soli datant d’un demi-siècle, qui compile les tubes de quatre décennie de carrière inégale sans rien apporter de neuf. Ce qui m’agace le plus, c’est que ce groupe vendra plus de galettes, vinyles, compact disks, tee shirts, coffrets qu’une jeune formation talentueuse n’aura de téléchargement sur son Bandcamp, tout ça parce que son public est vieux et plein de tunes.

Les courses sans sacs

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Depuis le premier confinement, je fais mes courses au drive d’Auchan. Cela m’évite de trainer dans les rayons des supermarchés, de toucher les marchandises, de me faire bousculer par une mémère voulant mes pâtes et de me faire éternuer dessus par le caissier. Bref je psychote un peu dans les magasins, alors qu’aux dernières nouvelles, d’après mon médecin, j’aurai contracté le virus.

Bref. Pour faire les courses au drive, à l’américaine, il faut une grosse voiture décapotable rouge, laisser le moteur allumé et écouter les Bee Gees àfond. Là j’ai tout faux, j’y vais avec la 2008, de toute façon nous n’avons qu’une voiture, j’écoute France Inter et je coupe le moteur. Avec mon masque sur la figure, j’attends patiemment que ma commande arrive, un burger avec le milk shake vanille s’il vous plait, et je range les courses tout seul dans le coffre dans des cagettes spécialement prévues à cet effet.

Mais voila, ma femme m’a abandonné. Elle est partie avec notre seule voiture, me laissant un enfant sur les bras, un chat et un frigo vide. Me quitter c’est une chose, laisser un frigo vide, ça c’est insoutenable ! Bref nous nous sommes mal organisés avant son départ en weekend dans le sud de la France. Oui je ne suis pas parti en weekend prolongé avec elle, nous sommes comme ça, nous nous laissons beaucoup d’espace. En fait elle allait surtout chez ses parents. Sept-cent kilomètres de route, une belle-mère, un beau-père. Je préfère matter des séries sur Disney+ et écouter Dark Horse White Horse à fond tout le weekend.

Seulement, le frigo est vide, enfin, presque, il reste un oeuf, quatre yaourts, un petit bout d’emmental et un demi litre de lait d’épeautre. Pas de quoi tenir cinq jours à deux, même en allant manger des doner kebab tous les midis en face de la maison.

Alors j’ai fait un drive. Un drive à Auchan, car elles livrent ces gentilles personnes, et ça c’est vraiment très cool. Je fais ma liste sur Internet, cent-cinquante euros de bons yaourts, de bonbons Haribo, de lait d’épeautre, de hamburgers, de biscuits, de pâtes, de sauce tomate et de céréales, de quoi préparer de bons repas équilibrés.

Le livreur arrive dans le créneau horaire annoncée avec un petit chariot portant des bacs plastiques contenant ma commande. Génial ! Je mets mon masque, ouvre la fenêtre pour transvaser la marchandise, prenant mon courage à deux mains pour porter les lourdes cagettes quand le livreur en sort un premier sac plastique noir dix litres issu du plastique recyclé, attention. Un sac, deux sacs, trois sacs, quatre sacs, cinq sacs, six sacs. “Voici le surgelé” me dit-il en me tendant un sac blanc. Sept sacs. Un nouveau sac noir, huit sacs, neuf sacs, dix sacs, onze sacs, douze sacs, treize sacs. Le compte en bon.

J’ai treize sacs de courses ! Douze noirs et un blanc. Pour une fois que la parité n’est pas respectée dans le sens usuel… Dans un sac, il y une pizza, dans l’autre deux boites de crème de marrons 250 grammes, dans le troisième quatre yaourt aux fruits… Je croyais que les sacs n’étaient plus distribués dans les super marchés ? Exact, mais ceci est un drive. Je contemple quelque peu écœuré ces treize sac dont je n’ai pas l’usage et que le prochain livreur refusera de récupérer pour une nouvelle livraison.

Record battu !

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Ok, j’ai arrêté mon traitement il y a un mois, statistiquement la molécule ne semblait rien apporter de neuf à mes crises. Depuis je suis une pile sur pattes, mon état naturel en fait. J’avoue, nous vivons une drôle d’époque et cela doit affecter quelque part mon subconscient. Mais quand même, cinq crises en huit jours, c’est du jamais vu ! Même à l’hôpital, à deux doigts de passer l’arme à gauche, j’en ai fait moins. Tous les jours depuis une semaine, je suis nauséeux avec un vague mal de crâne au réveil qui se précise peu à peu en journée avant d’exploser le soir. Je ne mange presque plus rien, je suis tout le temps ballonné, je peine à rester concentré plus de dix minutes et la moindre odeur m’indispose.

Il y a un truc qui cloche quand même là, on ne peut pas avoir une vie normale en étant malade un jour sur deux. C’est décidé, je vais passer cette fichue IRM cérébrale qui ne donnera sans doute rien comme le précédent scanner, mais cela me permettra de retourner à la clinique de la douleur avec de nouveaux éléments pour avancer. Je ne pense pas avoir de grosse tumeur dans la caboche, enfin je n’espère pas.

J’ai retrouvé mon indice Midas des très mauvais jours, indice IV, handicap sévère. Handicap, quel handicap ? Après avoir ingurgité un triptan et un dafalgan codéiné je gambade presque, en zigzags mais j’avance. Je gambade surtout des toilettes au canapé car dehors il y a trop de lumière et que la migraine a tendance à mettre en vrac mes intestins et à contracter ma vessie.

Le hic c’est qu’avec cinq crises en huit jours, il y a plus de molécules de synthèse dans mon corps que globules rouges. Barf, ça conserve la chimie non ? Mon sac à dos pour aller travailler contient une pomme qui me tiendra lieu de petit déjeuner au cas où j’ai faim qui sait, une toute petite portion de pâtes, deux boites d’Almogran entamées et une boite de Dafalgan codéiné elle aussi bien entamée. Il serait temps que je fasse le plein chez mon épicier préféré, à savoir la pharmacie.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai bon moral une fois passée la dépression de début de crise. Je lis une fois que ma vue n’est plus trouble, je jardine quand les yeux ne piquent plus avec des lunettes de soleil, j’écoute de la musique lorsque je suis en état de supporter un son, je marche en montagne lorsque mes jambes me portent et je regarde une série TV débile pour oublier le mal de tête.

Peut-être ferais-je mieux de ne rien faire. Rester au lit, sans pilules, avec une bassine à côté de moi pour vomir et souffrir en silence dans le noir douze à vingt-quatre heures d’afilée, le temps que la tempête s’apaise, comme je faisais autrefois, avant de prendre des triptans. Mais à l’époque, je n’étais malade qu’une fois par mois maximum, c’était gérable même en comptant les quarante-huit heures d’épuisement total après la crise.

Mon médecin possède une théorie interessante sur cet épisode intensif. J’aurai contracté la COVID-19. Cela ressemble un peu à une théorie du complot mais ça tient la route, nous avons eu un cluster au travail, trois cas avérés, des gens que je côtoie de près tous les jours et j’ai eu un peu mal à la gorge lorsqu’ils ont été dépistés. Effet psychosomatique ? Probable me connaissant, n’empêche que depuis, je tousse et à chaque fois que je suis malade (même un rhume), la migraine est de la partie.

Qu’importe, je viens de découvrir que je faisais partie des personnes de 55 ans et plus à fort risque de comorbidité. Ca fait tout drôle d’apprendre ça mais c’est vrai que j’ai un rein qui fonctionne comme il peut, des migraines à répétition et un fort risque familial de cancer. La bonne nouvelle c’est que je vais me faire vacciner. Nananère !

L’Etoffe

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Bien des années après avoir vu et revu un nombre incalculable de fois The Right Stuff, le film de Philip Kauffman, quelques semaines après avoir regardé les épisodes de la première saison de la série National Geographic (assez décevante), je me suis enfin lancé dans le livre de Tom Wolfe, L’Etoffe des héros. Il était temps me direz-vous.

L’Etoffe des héros raconte de manière journalistique et historique, les débuts de la conquête spatiale américaine, des X-1 jusqu’au programme Mercury alors que les Russes, en pleine Guerre Froide, battaient à plat de couture l’Oncle Sam en satellisant Spoutnik puis Youri Gagarine autour de la Terre.

Mais ce que raconte surtout le roman de Tom Wolfe, c’est l’héroïsme des pilotes d’essais américains, repoussant sans cesse les limites du possible sur des engins dangereux, cherchant la première place, le plus rapide, le plus haut, le plus brave. Le roman raconte l’étoffe dont était faite ces pionniers du vol spatial.

Le livre est également une galerie de portraits hauts en couleurs, commençant et terminant par Yeager, le pilote qui franchit le mur du son, Shepard, le premier américain en vol suborbital, Glenn le premier astronaute à tourner autour de le Terre, Grimson qui « déconna » ou Slayton qui resta cloué au sol. 

Le style de Tom Wolfe est laborieux au début du roman, abusant de répétitions et d’un vocabulaire peu soigné. J’ai peiné sur les premières pages, sortant d’un livre nettement mieux écrit. Pour compliquer les choses l’édition Folio présente quelques coquilles comme les orbites lunaires de Scott alors qu’il tourne autour de la terre et ces nombreux mots coupés d’un trait d’union en milieu de ligne. Mais là je pense que l’auteur n’y est pour rien.

Il est intéressant de regarder après coup les divergences entre le roman, le film et la série, les petits arrangements de chacun avec l’histoire pour la rendre plus crédible aux yeux du public. Le caractère et les rivalités des pilotes ainsi que leurs épouses divergent beaucoup d’une version à l’autre. Je n’ai pas été jusqu’à creuser plus loin pour connaître la version la plus probable, mais chacune d’entre elles souligne bien les tensions qui existèrent lors du programme Mercury et la manière dont furent perçu par les pilotes d’essais, ces singes volant, une perception qui évolua au fil du temps.

Le roman met en valeur une autre course à l’espace, américaine celle-ci, celle qui s’est jouée entre la solution militaire pilotée, le X-15 et le X-20 et la solution civile NASA, le programme Mercury, imposé dans la précipitation en réaction aux succès russes, où l’astronaute n’est qu’un singe, allongé dans une capsule, sur des tonnes de carburant hautement explosif, n’ayant d’autre fonction que de servir de cobaye humain dans cette course aux étoiles.

Un excellent roman pour tous les passionnés de l’espace.

La saison maudite

Nous avons découvert la série Broadchurch à la médiathèque et dévoré les deux premières saisons en quelques jours.

Lorsque la troisième est sortie, nous nous sommes empressés de l’acheter (c’était avant l’ère du streaming) et nous avons été quelque peu déçu par la conclusion de cette trilogie. Alors dépités, nous avons revendu le coffret sur Priceminister. Expédié via Mondial Relay, l’objet est arrivé à destination sans encombre, enfin c’est ce que nous croyions.

Quelques semaines plus tard, nous recevions un colis de la part de Mondial Relay.

– Tu as acheté un truc toi ?

– Oui mais avec envoi Colissimo, et toi ?

– Oui, mais ça arrive avec Fed Ex.

– C’est quoi alors ? Ouvre !

Dans le colis, vous savez quoi, surprise ! La troisième saison de Broadchurch. Le paquet n’avait jamais été récupéré par l’acheteur.

Quelques mois plus tard, lors de ma grande braderie, je tombe sur la série que nous ne regarderons plus jamais. Je remets en vente l’objet sur Priceminister devenu entre temps Rakuten et il trouve rapidement acquéreur à vil prix peu avant Noël. Expédié via Mondial Relay le 15 décembre, il reste toujours en livraison après Noël. Je passe des heures au téléphone à essayer de tracer le colis avec Mondial Relay pour 4€ de vente potentielle. Il s’avère à la fin d’une laborieuse enquête que le livreur l’a récupéré, déposé au point relais mais que son code barre n’a pas été scanné. Le paquet est définitivement perdu.

Pour la seconde fois, l’acquéreur de la série, ne profitera pas de son achat. Si cela se trouve, c’était le même et dans quelques semaines, nous recevrons un paquet Mondial Relay contenant la saison maudite. Si c’est le cas, j’essayerais de la revendre sur Leboncoin.

Avec un peu de patience, il est facile de s’enrichir.

Snoopy

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Avec l’arrivée de Apple TV+ et de Disney+ à la maison, l’ère de la surconsommation de séries en streaming a débuté. Et puisqu’il y a profusion, dès que la série nous ennuie, nous zappons.

See, avec Jason Momoa, la série pour aveugles et mal voyants, nous a rapidement saoulé malgré de magnifiques paysages. C’est l’histoire d’un monde futuriste où tout le monde est aveugle sauf deux enfants qui vont changer la face du monde. Un univers post-apocalyptique constitué de tribus armées d’arcs qui construisent, chassent, se battent malgré leur cécité. Au niveau crédibilité, la série frise le ridicule quant à la prestation de Jason Momoa, fidèle à lui-même, il joue la grosse brute pas franchement subtile.

Inhumans, une série Marvel abandonnée dès le premier épisode, met en scène des mutants vivant exilés sur la Lune pour échapper aux persécutions des hommes. Il y a un roi, une reine, un gros chien téléporteur, le frère du roi qui veut devenir le calife à la place du calife et c’est très, très mauvais.

Partons maintenant sur Terra Nova avec l’acteur de Life on Mars Jason O’Mara qui joue à Jurassic Parc dans le passé de la Terre. Les humains tentent de trouver une alternative à leur monde pollué en transportant des collons dans un monde parallèle (enfin pas si parallèle que ça), à l’époque des dinosaures. Pourquoi pas après tout ? Sauf qu’il s’agit d’une série où les ados sont les héros avec un papa et une maman pour les gronder ou bien les sauver et que tout ça est très très mauvais.

Agent Carter est une autre série Marvel, qui nous a également ennuyé dès le premier épisode. Nous plongeons dans les années quarante avec le Shield, Jarvis est encore un être humain majordome et Carter la petite secrétaire qui fait le café au lieu d’être sur le terrain. Mais ça va changer. Bof.

J’aurai bien continué Loosing Alice mais m’a femme n’a pas supporté cette série très tendue. Il faut avouer que l’atmosphère est des plus malsaines, un thriller érotico glauque, un jeu dangereux entre une femme d’age mûr et une gamine sur fond de production cinématographique. Je continuerai sans doute la série tout seul, comme je le fais avec For All Mankind.

Enfin il y a eu Her Voice, l’histoire d’une fille qui compose des chansons pour elle, et qui va tenter sa chance à New-York. Ca aurait pu être bien, mais c’est terriblement gnagan.

Nous suivons cependant avec rare assiduité les aventures de Snoopy, souvent pour nous détendre après un épisode trop sombre de Big Sky. C’est qu’il nous fait rire ce petit chien trop mignon. Oui c’est moche de vieillir.

Lorsque nous aurons terminé toutes les séries en cours, Moloch, Blue Sky et For All Mankind, peut-être reviendrons-nous sur une de ces séries, mais rien n’est moins certain, car de nouveaux titres sont programmé prochainement pour occuper nos soirées de couvre-feu.

Lëd

(c) Ninara

Le nouveau roman de Caryl Férey dépeint une bien triste carte postale de Sibérie : -30 degrés, de la neige sale sur les routes, des immeubles délabrés, une atmosphère viciée, une terre polluée, des mineurs alcooliques et malades.

Bienvenue à Norilsk.

Plus qu’un polar, Lëd décrit une ville au bord de l’effondrement après la chute du communisme, l’enfer sur terre où le vendredi soir les mineurs, qui ont remplacé les prisonniers politiques du goulag dans les tunnels, abrutis de fatigue, se saoulent jusqu’à l’oubli.

Le roman parle de ces habitants prisonniers de leur ville : Gleb, Dasha, Lena, Boris, Nikita, de leurs amours, de leur travail, de leur vie misérable sans avenir.

Le roman débute lors d’une tempête arctique, par -60 degrés celcius, lorsque lors de l’effondrement du toit d’un immeuble en ruine, le jeune Gleb découvre la corps gelé d’un autochtone, éleveur de rennes.

J’avoue avoir eu du mal à rentrer dans l’univers sordide de la ville de Norilsk et de ses nombreux personnages. J’ai même été assez mal à l’aise en lisant la scène d’amour très crue entre Gleb et Nikita. Sans doute était-ce voulu par l’auteur, moi qui aurait été émoustillé par une description similaire entre un homme et une femme.

Au fil des pages cependant, les personnages prennent de l’épaisseur sous la plume de Caryl et finissent par devenir les amis du lecteur. L’intrigue s’accélère avec son lot de victimes jusqu’à son impossible et cruel dénouement qui vous laisse presque orphelin.

Lëd esquisse un terrible portrait de la Sibérie contemporaine, entre froid, pollution, fatalisme, désespoir, alcoolisme et corruption. Un roman fort, qui ne laissera personne indiffèrent.