Cloclo je t’aime !

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Ce post est dédié à Cloclo, disparu trop tôt, il y a presque quarante ans.

Vous souvenez-vous des travaux de ma salle de bain ? Je vous avais annoncé que la chaudière serait bientôt changée, et bien c’est fait. D’accord, l’artisan va devoir revenir, car l’évacuation de la cheminée n’est pas franchement très catholique, mais bon passons…

Et donc, après le chauffagiste, c’est bibi qui doit se mettre au travail et du travail, il va y en avoir, croyez moi. Après quelques mesures, je me suis rendu compte que le plafond en lambris, accusait une pente de cinq centimètres, de l’entrée de la salle de bain jusqu’au bout de la pièce. Qu’est-ce cinq centimètres lorsque le plafond culmine à deux mètres vingt me direz-vous ? Ben, plus de 2% d’erreur tout de même, ce n’est pas rien. Et pour un gars qui a dans l’idée d’installer une double porte coulissante pour cacher la misère de la chaudière, cinq centimètres c’est l’enfer !

Solution, refaire un plafond. Oui mais souvenez-vous, la cloison entre l’entrée et la salle de bain prend appuis sur le lambris. Si j’enlève le lambris, je fais tomber la cloison, je fais tomber la douche, facture : vingt-mille euros.

Alors j’ai décidé de découper une partie du lambris et de refaire un plafond suspendu en placo, un plafond droit sur lequel je pourrais poser ma double porte coulissante. Mais quel génie je suis ! Dire que j’ai demandé au chauffagiste de passer le câble de la sonde thermique sous le lambris que je m’apprête à découper.

Munis d’une perceuse, d’une scie sauteuse, de lunettes de protection, de gants, et après avoir vidé la pièce de tout le fatras qui l’encombrait, serviettes, gel douche, tapis de bain, poubelle, papier toilette, parfum, rasoir, brosses à dents, ciseaux à ongles, déodorant, dentifrice, shampoing, rouge à lèvres, préservatif usagé, crème à récurer, radiateur, cotons tiges, javel, éponge, tampax… je me mis à l’ouvrage. Latte après latte, j’arrachais le plafond en lambris à 2% de pente, dévoilant à la face du monde toute l’horreur insoupçonnée que cachait ce bois vernis. J’ai bien fait d’être prudent avec ma scie sauteuse, sinon j’aurais sectionnée une bonne partie du circuit électrique de la maisonnée. C’est là que j’ai découvert les talents d’électricien du précédent propriétaire, la photo parle d’elle-même, mais ce que vous ne voyez pas, c’est la Cloclo machine. La Cloclo machine se situe à l’angle droit de la douche, autrefois cachée juste sous lambris. Un boiter électrique posé là pour prolonger un câble trop court, un boiter pas fermé, avec ses fils à nus, juste au-dessus de l’endroit où nous prenions nos douches, depuis des années, dix centimètres au-dessus pour être précis.

Cloclo je t’aime.

Le petit cochon rose

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Il existe quelques passions dévorantes qui ruinent le budget familial. Ma femme a la musique, ses cours, ses instruments, ses partitions, ses locations de salle de concert, et moi j’ai la musique et la photographie. A part les commandes d’albums, pour la musique, la situation s’est stabilisée depuis quelques temps, me contentant de l’actuelle configuration de la chaîne. Pour la photographie, c’est une tout autre histoire.

Comme pour la musique, tant que l’on a pas goûté à la qualité, on ne se rend pas compte des progrès possibles. J’ai longtemps écouté du mp3 128 sur un home cinéma Yamaha entrée de gamme. Mais ça c’était avant, avant d’aller chez un copain écouter son ampli Arman Kardon, ses enceintes Triangles et son DAC Atoll.

La photo c’est pareil. J’ai commencé raisonnable, avec un boitier entrée de gamme et des objectifs à bas coût. Mon Samyang par exemple où mon Tamron 70-300 mm. Au fil du temps, mes exigences en matière de piqué, d’ouverture sont allées sans cesses croissantes, même si ma technique ne s’est guère améliorée. Il y a bien évidemment du snobisme dans tout ça, surtout lorsque l’on est qu’un amateur. Il y a également la joie de se faire plaisir. Mais le plaisir devient vite prohibitif en photographie, et après deux belles optiques Nikkor et Sigma, j’ai décidé de lever le pied. Alors, pour éviter tout découvert bancaire, j’ai remis au goût du jour la vieille recette du petit cochon rose. Une cagnotte, dans laquelle, tous les mois, je glissais un billet, dans laquelle, je mettais la recette des reventes de jeux, consoles, objectifs, livres et cie…

La méthode thérapeutique a bien fonctionné quelques temps, le petit cochon grossissait tranquillement et j’étais en paix, rêvant du jour où je ferai du boudin. Les fêtes approchant, le cochon est devenu de plus en plus gras (c’est la période ou jeux et les consoles d’occasion se vendent bien). Je commençais à saliver devant le lard et à élaborer des fantasmes photographiques de plus en plus précis.

Et puis un jour de pluie, alors que l’on célébrait la fin d’une boucherie innommable, que tous les commerces auraient du fermer leurs portes pour laisser les braves gens se reposer, une de ces journées de déprime où l’on tourne en rond en écoutant du Fish et où l’on surfe sur le net sans but, j’ai craqué. J’ai regardé le petit cochon à la queue en tire-bouchon. Je n’ai pas supporté son bonheur insouciant, ses grognements de contentement alors qu’il se roulait dans la boue. Alors je l’ai égorgé. Un joli petit cochon de lait qui aurait pu donner des kilos de saucisse, de lard, de boudin, à qui il restait des mois de vie insouciante. Tout est à recommencer maintenant et je vais devoir passer sur le banc de musculation. J’ai troqué le Samyang 500 mm ouvert à 6.3 contre un Nikkor 200-500 mm ouvert à 5.6, pas tout à fait le même budget, pas tout à fait le même poids.

Pour me punir, il a plu des cordes, le ciel était gris et il ventait très fort. Impossible de sortir étrenner l’engin dans la nature. Je n’ai pu faire qu’une courte sortie lundi après midi entre deux averses pour tester le bazooka. Et comble de malheur, j’ai utilisé la carte adhérent de mon épouse, qui a reçu la facture de ma folie au travail, alors que j’étais encore dans les transports en communs, ramenant le bazooka à la maison. J’ai reçu quelques SMS, et j’ai du me justifier…

 

Pour seul cortège

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Encore un Laurent Gaudé me direz vous.

Décidément j’aurai lu de nombreux livres de cet auteur en peu de temps. Cette fois, l’auteur nous plonge dans un roman historique, évoquant la fin du règne de l’empereur Alexandre.

Pour tout vos avouer, je ne suis pas un passionné d’histoire. Parlez-moi proto-histoire, d’âge de bronze, de la civilisation celtique, je suis votre homme. Mais pour le reste, ce ne sont pas des lacunes, mais des abîmes, de puits sans fond.

J’ai pris le bouquin, parce qu’il trônait, solitaire sur notre bibliothèque et que l’auteur m’a toujours enchanté par son style. Lorsque j’ai commencé sa lecture, j’ignorais quel en était le sujet. Mais dès les premières lignes j’ai compris qu’il s’agissait d’un roman historique d’un genre très particulier, puisqu’il s’attache à la fin d’Alexandre le Grand. Alexandre meurt et sa dépouille va partir d’Alexandrie pour un long voyage. La chute d’un puissant laisse place à la curée, les anciens frères d’armes d’Alexandre se partagent l’empire, se battant pour les meilleurs morceaux, pendant que le cortège funéraire traverse le royaume.

Le rythme est lent comme la marche du cortège, les phrases magnifiques, le récit fantastique. Les morts parlent aux vivants alors que l’empire se délite et que le cortège avance avec sa cohorte de pleureuses. Un roman sur la mort, sur la fin d’une époque, sur le pouvoir. Un homme sans tête, un empereur qui parle dans son sarcophage, une épouse de rois qui se donne la mort pour mieux protéger son enfant.

Pour seul cortège, donne envie de découvrir le règne de cet empereur qui ne vécu que trente-deux années.

Prière numérique

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Mon Internet, qui es dans le Cloud, que ma bande passante soit illimitée,
que mon blog vienne,
que mes publications soient postées sur la terre comme au ciel.
Donne-moi aujourd’hui le scoop du jour.
Epargne-moi les latences,
comme j’épargne aussi mon hébergeur.
Et ne me soumets pas aux problèmes de connexion,
mais délivre-moi du Lag.

Ah, merde !

 

Jeudi 9 novembre, OVH nous a encore gratifié d’une magnifique panne sur les serveurs mutualisés de 7h à 12h. Pas d’accès aux bases de données, aux hébergements, ni à l’interface d’administration du site. Malgré leur engagement de prévenir les usagés en cas de panne, pas une seule information n’a filtré une fois encore. Pas de blog, pas de webzine, des fois ça m’agace…

Et plus si affinités

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J’en suis à ma cinquième session de retouche photo et je n’ai pas appris grand chose. Nous avons eu le droit à un présentation des formats d’images usuels et leurs caractéristiques, alors bon ben voila, j’ai été informaticien pendant plus de quinze ans et je bosse sur des sites web depuis l’existence de la norme HTML 1. La présentation des différents logiciels existants sur le marché a été plus édifiante avec un Affinity vendu moins de 55€ et qui serait le nouveau Graal de la retouche et DxO Optics Pro récupéré gratuitement (offre spéciale) et qui s’interface avec Lightroom. Etant donné mes lacunes avec Lightroom, acheter Affinity était un peu inutile, mais ma curiosité n’a pas de limites, maintenant je me retrouve avec trois logiciels photo et je n’en maîtrise aucun, enfin, passons.

Avant de vous jeter sur Affinity, vérifiez bien votre configuration PC. Il faut une bête de course et mon misérable I5 à 4Go n’arrive guère à suivre alors qu’avec Lightroom 6 c’est acceptable.

Pour la retouche elle-même, je n’ai pas vraiment progressé. A part la découverte fortuite de la règle pour redresser les images (rhooo la misère), une meilleur connaissances des couleurs/luminance/saturation, je ne sais toujours pas ce que je fais lorsque je bosse sur la réduction du bruit. Il va falloir que je lise des bouquins, que je regarde quelques tutoriaux, bref que je m’y plonge à fond. Par contre j’ai progressé dans la gestion du catalogue et des collections virtuelles.

Mais l’idée de base, reste quand même de faire la meilleure photo possible, donc de progresser dans la prise de vue et les réglages de l’appareil pour éviter de passer des heures sur Lightroom à rattraper des photos ratées. Le plaisir de la photographie reste pour moi, celui de me promener avec mon appareil, en pleine nature, en ville, dans une salle de concert, sous une voûte étoilée et de faire de belles images.

Morphée taille L

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Alors que le monde s’effondre, je m’endors à Hawaii dans les bras de Cris. Le campanile de St Marc vacille, mais la guitare de Ray me berce dans un flot de passion. Dans l’obscurité, les phares de l’automobile veillent sur mon sommeil. Phallus dressé, le fils de Lancelot accomplit la quête commencée par Arthur.

Les nuits alsaciennes sont fraîches, tout particulièrement dans une demeure vieille de plus de quatre siècles. Couette épaisse, couverture chaude, ne suffisent pas à réchauffer le corps quand il fait 15°C dans la chambre. Il faut se couvrir.

Après une tenue de Capitaine America érotique comme un sandwich SNCF, des Simpsons brise amour, et face à l’abondance de tee shirts de musique dans mon armoire, j’ai opté pour ces parures progressives pour veiller sur mon sommeil.

Je dors avec Marcela Bovio, Anneke van Giersbergen et quand il fait très froid, c’est un groupe entier que je glisse sous ma couette. Batteur, bassiste, guitariste, claviériste, chanteur, Marillion, Dream Theater, Threshold, IQ, Arena, tous me tiennent chaud. Bien entendu, j’ai des préférences, certains grattent plus que d’autres. Mes doudous préférés, sont Cris Luna, Collapse et Ray Wilson, leur tissu est doux et chaud.

Qu’est-ce je porte en bas ? Vous ne voulez pas le savoir…

 

Chronique d’une histoire

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Qu’est-ce qui se cache derrière les caractères codés en UTF-8 de la page HTML d’une chronique de rock progressif ?

L’histoire commence bien souvent par un mail reçu à la rédaction, un message venant d’un artiste, d’un label, d’un robot de plateforme de promotion. Les messages de ce genre arrivent par dizaines toutes les semaines, nous invitant à regarder un Youtube, un Vimeo, écouter un Soundcloud, un Bandcamp, un Haulix ou à télécharger via Dropbox, Google un fichier zip, rar, remplit de mp3 ou de wav. De la pop, du metal, du rock, du psyché, du punk, de la techno, du progressif, nous voyons passer beaucoup de musique.

La première étape consiste à trier ce que nous désirons étudier avec plus de soin de ce qui ne nous intéresse pas pour le webzine. Une fois ce premier débroussaillage effectué, il faut parfois répondre pour obtenir la musique, sous forme de disques ou de fichiers numériques. Lorsque que la musique arrive, il faut référencer le groupe, sa discographie, ses musiciens, l’album, ses morceaux, puis le déposer sur un partage accessible aux chroniqueurs, leur signaler l’arrivée d’une promotion et en faire la promotion.

Vient ensuite la délicate période du choix, chacun regarde, écoute, ce qu’il aimerait chroniquer, vérifie si la date de sortie est compatible avec son planning, puis demande à traiter tel ou tel album.

Commence alors la chronique proprement dite, une phase plus ou moins longue qui dépend beaucoup de l’album, du chroniqueur et de son enthousiasme du moment. Plusieurs  écoutes avec un baladeur pour s’imprégner, une au casque analytique pour jauger de la qualité de la production, plusieurs écoutes sur la chaîne et la phase d’écriture, une fois que l’on croit avoir compris la musique ou lorsque l’on n’en peut plus de l’écouter. Une chronique c’est également de la bibliographie, de la recherche, on ne connaît pas forcément l’histoire du groupe, les musiciens, les précédents albums. Une biographie parfois fournie par les labels afin de nous simplifier le travail et même quelques informations relatives aux morceaux. Il faut s’imprégner des textes, les traduire, comprendre leur sens au delà des mots. Puis il faut écrire, mettre des mots sur des sensations, des sons, des techniques, essayer d’être original, éviter de se répéter à l’infini, garder un style homogène, se relire et se relire encore, puis donner la note, la sanction ou la gratification.

Une fois rédigée, la chronique passe par une phase de validation et de mise en forme. L’auteur la dépose dans un espace partagé et le texte est relu, critiqué, non pas sur le fond mais sur la forme, le fond est de la responsabilité de son auteur, chacun est libre de penser ce qu’il veut d’un album même si nous ne sommes pas toujours d’accord, ce serait trop facile, mais nous le gardons pour nous ou nous en discutons sereinement. La mise en forme consiste à ajouter une vidéo, des images et un lien Facebook, éventuellement à compléter la discographie ou la line up du groupe si elle a changée.

Vient ensuite l’étape de pré-publication. A l’aide d’un framework maison, le texte est inséré dans la base de données du webzine, lié à l’album, aux morceaux, au groupe, aux artistes et à sa note, près pour une publication quelques jours plus tard.

Puis vient le grand jour, de préférence avant la date de sortie du disque. Une nouvelle fois, à l’aide du framework, la propriété publique de la chronique, bascule de non à oui et soudain la magie opère. Sur le webzine, la chronique de l’album devient visible.

Reste à rendre des comptes à qui de droit. La chronique est publiée sur la page Facebook du webzine, sur Google+, sur le Twitter et envoyée au promoteur, artiste ou label qui nous avait sollicité quelques temps plus tôt.

Enfin, lorsque vous cliquez enfin sur la pochette du disque, le framework rentre en action : avec pour seule information une clef, il va rechercher dans la base de données le texte de la chronique, sa note, son auteur, les morceaux, sa pochette, le groupe, ses membres, leur discographie, les précédentes chroniques, élaborer une page HTML et la renvoyer vers votre navigateur, afin que vous puissiez enfin lire l’avis de son auteur.

La BD de l’année ?

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J’avais un bon d’achat de 21€ à dépenser dans mon magasin de BD préféré. Oui j’ai mon disquaire d’occasion préféré, ma librairie préférée, mon magasin de BD préféré, et pour tout vous dire, mes toilettes publiques préférées, j’ai le droit non ?

Donc revenons à non moutons, j’avais un bon de 21€ à dépenser et deux BDs en vue, l’Astérix et le Valérian. Mais lorsque je rentre dans mon magasin de BD préféré, je ressors toujours avec plus d’albums que prévu, c’est ainsi. Je pris donc le dernier Valérian (que je vous recommande), l’Astérix qui est sympa et tombais sur une grosse BD à la couverture racoleuse (pour un geek comme moi s’entend) : un scaphandre spatial en EVA au-dessus d’une planète (vous attendiez à quoi ?).

Schangri-La, pavé de 222 planches signées Mathieu Bablet. De grandes planches fouillées, ocres, bleues, grises, jaunes avec des visages étrangement mal dessinés. Schangri-La, une station spatiale où s’entasse ce qu’il reste de l’humanité. “Travailler. Dormir. Travailler. Acheter. Aimer. Jeter. Acheter.”.

Sous couvert de récit d’anticipation cataclysmique, Schangri-La est une virulente critique de notre mode de vie actuel, de la société de consommation, de la politique, de la xénophobie, du genre humain…

Sélectionnée au festival d’Angoulème 2017, Schangri-La est la plus belle BD que j’ai lu depuis des années. Une histoire prenante, non manichéenne, qui transpose dans une station en orbite autour de la Terre, notre mode de vie, la manipulation du peuple par les multinationales et les gouvernements et qui pourrait même vous amener à réfléchir sur votre propre mode de vie.