Un mois sans réseau social

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Un mois durant, le webzine Neoprog a vécu comme il y quinze ans, à l’heure des newsletters et des flux RSS, et surtout sans les réseaux sociaux.

Le but était d’étudier l’impact direct de Facebook et Twitter sur le nombre de visiteurs lisant le webzine et d’évaluer l’intérêt d’exister sur ces outils qui ne possèdent pas que des avantages loin de là.

L’analyse des résultats se révèle plus délicate que prévue à appréhender. En août 2020, 2300 personnes ont visité le site.
Si je compare les statistiques entre août 2020 et août 2019 nous avons perdu 19% d’utilisateurs.
Entre 2020 et 2018 13%, entre 2020 et 2017 nous avons gagné 10 % de visiteurs et entre 2020 et 2016 nous avons perdu 33 % d’audimat !

2016 fut une année très particulière pour moi et le webzine puisque j’ai passé cinq mois cloué sur un canapé à écouter de la musique età choniquer 24h/24. Alors oublions 2016. La baisse brutale en 2017 s’explique par la disparition du groupe Facebook Neoprog et son remplacement par une page ainsi que mon retrait de très nombreux groupes Facebook de prog francophones que je ne supportais plus.

Il nous reste donc que 2018 et 2019 comme points de repères. Nous avons perdu de nombreux visiteurs, c’est indéniable mais ceux qui passaient sur le site n’y venaient pas par hasard (forte baisse du taux de rebond). Il semblerait donc que nous ayons gagné en qualité de lecteurs et mieux vaut la qualité à la quantité. D’autres statistiques indiquent bien cette tendance à la baisse mais je ne vais pas vous inonder de chiffres.

Moins de visiteurs, moins d’articles lus, moins de nouveaux utilisateurs, l’impact est clair. Facebook génère du trafic sur le site. La question est de savoir si 19% justifie de passer plus d’une demie-heure par jour sur le réseau social et se faire empapaouter par tous les internautes oisifs possédant un avis sur tout. Parce que les chatons, les complots, les fâchos et les abrutis, ça va un temps.

J’ai constaté qu’après quelques baisses d’audiences lors des mutations de Neoprog, le public revenait peu à peu, s’habituant à la nouvelle formule, s’adaptant à nos évolutions.

L’idée n’est pas non plus d’aller contre le sens de l’histoire et de renier les médias modernes. Le « c’était mieux avant », je le laisse aux vieux cons. Neoprog ne va pas quitter les réseaux sociaux Facebook et Twitter mais va réduire son empreinte carbone sur ceux-ci.

Le test d’un mois est prolongé avec quelques ajustements : une fois par semaine nous posterons les dernières chroniques et annoncerons celles à venir.

Avant

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Le lait tournait parfois, débordait et formait toujours une fine peau à la surface dans la casserole.

Les enfants jouaient insouciants dans les bois, sans avoir besoin d’un téléphone portable pour prévenir leurs parents de l’arrivée d’un éventuel pervert.

Le matin à l’école, les plus chanceux racontaient l’unique film qui était passé à la télévision le dimanche soir.

Les prêtres aimaient bien les enfants et les enfants aimaient le catéchisme et les colonies de vacances.

Les billes s’échangeaient plus facilement dans la cour de récréation que les jeux vidéos.

Le petit écran était la bible, tout ce qui s’y disait était parole d’évangiles.

On se faisait la bise, on se serrait la main, on se tapait dans dos, on buvait dans le même verre, on faisait l’amour sans préservatif.

Les filles portaient des minijupes, des chemises à fleurs sans soutien-gorge et les gars avaient des cheveux longs et des pantalons pattes d’eph.

Le Président de la République était un homme honoré et respecté, absent des tabloïds qui consacraient leurs unes aux seins de Brigitte Bardo, pas à ceux de la première dame.

Les États-Unis semblaient l’El-Dorado, une destination inaccessible et promesse de tous les possibles. Les russes mouraient de faim et de froid en Sibérie, ils étaient de méchants ogres et voulaient tous nous exterminer.

Le vin et la cigarette ne nuisaient pas encore à la santé et les feuilles d’amiante recouvraient nos maisons ainsi que les vêtements des pompiers.

Le pétrole propulsait l’économie vers l’avenir et les étoiles et le nucléaire n’avait pas encore rayé de la carte du monde une partie du Japon et de l’Ukraine.

La science était forcément bénéfique et dieu un peu passé de mode.

Mais c’était avant.

Aujourd’hui les enfants sortent avec un masque sur la bouche, un portable dans une poche, des préservatifs dans l’autre. Ils ne craignent ni les russes ni les ricains mais les djihâdistes qui se planquent dans les salles de concerts et dans les avions. Les jeunes insultent les filles sexy au lieu de les siffler et traitent le président de petit PD, regardent des pornos sur leur smartphone et reçoivent des SMS inquiets de leurs parents toutes les cinq minutes. Ils se foutent de dieu et de la science et ne croient que les fake news des réseaux sociaux. Ils pensent que le monde est foutu et que l’on ne peut rien y faire. Les adultes sont dépassés par la technologie et s’accrochent désespérément au journal de vingt heures pour comprendre, s’essayant aux réseaux sociaux avec les codes de leur enfance. Ils pensent que le monde est bien mal barré et comptent sur leurs rejetons pour le sauver. 

Au bout du compte rien a changé.

La peur est toujours là, générations après générations et l’homme ne grandit pas. Les adultes reportent leurs espoirs sur leurs enfants qui à leur tour feront de même, mais jusqu’à quand ?

Le grand Siècle

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Je ne suis pas avide d’uchronies et encore moins passionné d’histoire contrairement à mon libraire, mais il m’arrive d’en lire à l’occasion.

J’ai détesté étudier le règne du roi soleil et la révolution française au collège et pourtant j’ai pris en librairie Le Grand Siècle de Johan Heliot. Il faut dire que c’était le 12 mai, un jour après la fin du confinement et que mon libraire n’avait pas grand chose encore à proposer. Alors une uchronie, pourquoi pas.

Sauf que le volume qu’il proposait était le tome 3, La Conquête de la sphère, un titre alléchant à priori. Mais arrivé en caisse, mon libraire prévenant me demande si j’ai lu les deux autres tomes, ce à quoi je réponds non. Il me conseille alors de les lire avant de m’embarquer dans celui-ci.

Sauf que le tome 1, L’Académie de l’éther est épuisé, il n’a que le tome 2. Je prends le tome 2, L’Envol du Soleil, le tome 3, quitte à faire l’impasse sur la première partie du récit, et dans la foulée cherche sur internet le premier volume. Après quelques tentatives, je trouve L’Académie de l’éther sur Rakuten où je revends habituellement mes bouquins, et neuf de surcroit. Me voila donc avec une trilogie uchronique sur le roi soleil écrite par un auteur dont je n’ai jamais lu un ouvrage. Le pari est risqué.

Le Grand Siècle nous propulse au début du règne de Louis XIV, en pleine Fronde. Un jour le jeune roi assiste à la présentation d’une sphère tombée du ciel aux pouvoirs surnaturels. Cet évènement, sensé n’être qu’une distraction pour le jeune roi, va faire basculer l’histoire sur un chemin parallèle à celui consigné dans les ouvrages scolaire.

Le roman raconte le destin d’enfants de paysans contraints de rejoindre la capitale pour survivre, du roi et de ses ministres, de Blaise Pascal, de Condé et bien entendu de cette sphère pensante qui, pour retourner chez elle, va donner un petit coup de pouce au destin.

J’ai failli renoncer à la lecture du Grand Siècle dès les premières pages tant le style ampoulé prêté à ces fils de paysans semblait en total décalage avec l’histoire. Mais comme j’avais deux autres tomes à lire, je me suis accroché. Arrivé au chapitre 5, lorsque le récit s’est enfin attardé sur la sphère, mon intérêt est monté d’un cran, et au bout du compte je suis arrivé à la fin du premier tome avec l’envie de continuer l’aventure.

Johan Heliot ne propose pas ici de la grande littérature mais bien un plaisant divertissement idéal pour les vacances. Les amateur d’uchronie facile devrait y trouver là une bonne lecture et pourquoi pas, un univers clef en main à utiliser pour le jeu de rôle.

De quel manière j’écoute de la musique

J’écoute beaucoup de musique. Je dis bien écouter et non entendre, car dès qu’il y a de la musique, quelle qu’elle soit, mon cerveau ne peut s’empêcher d’écouter. La musique est présente tout au long de ma journée, de différentes manières, sous différentes formes.

Il y a tout d’abord la musique zapping streaming. Je ne suis pas abonné à des plateformes de streaming qui exploitent les artistes. Apple Music, Deezer, Spotify, non merci. Le streaming c’est pour moi une poignée de secondes sur Youtube, Haulix ou Bandcamp pour juger de la pertinence de tel ou tel groupe ou album. Du travail en vérité. Car les promotions arrivent, venant de tous les horizons musicaux et il faut faire le tri entre le grain et l’ivraie avant de télécharger le matériel proposé.

Toujours en streaming, vient la musique découverte, lorsqu’un confrère recommande chaudement un disque. Le plus souvent ce sont plusieurs minutes consacrées à l’écoute attentive de quelques titres encore une fois sur YouTube ou Bandcamp.

Le streaming prend fin ici car je n’aime pas le streaming. Arrive la musique en boite de conserve. Je veux parler de mp3 promotionnel stocké dans mon smartphone afin de faire des choix pour la prochaine chronique. Un zapping plus approfondi, casque sur les oreilles pour ne pas rendre fous mes proches voisins.

Vient la musique chronique, celle que je vais écouter en boucle des heures durant. Elle commence souvent en boite de conserve, dans les transports, en ville et pendant ma pause déjeuner au travail. Elle se poursuit avec un ouvre boite, partant de l’ordinateur, elle se dépixellise dans le DAC, s’amplifie dans le Marantz et explose dans les Triangles. Elle se poursuit souvent en immersion dans le casque pour une exploration approfondie.

Il y a la musique atmosphère, celle qui m’accompagne pendant la lecture, le ménage, la cuisine, le développement de photos, la rédaction finale d’une chronique ou d’un billet de blog, une musique facile et connue qui donne un rythme à mon travail sans trop solliciter mon oreille.

Vient la meilleure musique, la plus rare aussi, la musique plaisir, celle que je m’offre souvent les dimanches pluvieux ou les jours de canicule. Cette musique se joue exclusivement sur chaîne hi-fi, à partir d’un CD ou bien d’un vinyle. Le plus souvent il s’agit d’un disque de la discothèque idéale ou des dernières acquisitions. Une écoute religieuse, assis dans le canapé avec le livret ou debout en mode air guitar selon l’humeur.

Il y a également la musique vivante, celle qui se fait de plus en plus rare. Une musique exigeante puisqu’elle demande ne nombreux kilomètres de voiture et souvent une nuit courte suivie de sa punition céphalée. Les concerts au son incertain, à la performance aléatoire et qui donnent un autre éclairage sur la version propre que propose celle de l’album studio. Parfois ce sont des concerts curiosité, parfois des concerts travail et plus rarement des concerts plaisir encore qu’il arrive qu’un live couvre les trois domaines en une soirée.

La musique jouée dans les pièces de la maison sollicite également beaucoup mes oreilles, le piano quart de queue qui s’entend jusque dans le jardin, le piano numérique dont seul le martèlement des touches résonne dans les couloirs, le violoncelle qui habille de ses basses vibrantes le plancher de l’étage.

Il ne faut pas oublier la musique pollution, celle du voisin, celle de l’attente téléphonique, celle de l’ascenseur, celle du restaurant, celle des voitures passant devant la maison fenêtres ouvertes. Cette musique là est insupportable mais je n’arrive pas à l’en extraire.

Enfin, plus rare, il y a la musique voiture, celle que j’écoute sur de longs trajets. La radio avec France-Musique si la programmation me plaît, sinon une fréquence au hasard, et quand il n’y a rien, je branche le smartphone pour m’accompagner sur la route.

En écrivant ces mots j’écoute une musique zapping devenue plaisir et atmosphère, un album écouté et réécouté, chroniqué, devenu un classique de la discothèque idéale, Satur9 & Indigo de My Arrival. Comme quoi la musique peut avoir plusieurs destins.

Dénotifié

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Ne cherchez plus à me joindre via Messenger, Facebook, Twitter, Youtube ou Gmail, car je le suis dénotifié.

Rassurez-vous, Je lirai vos messages, mais lorsque j’en aurai envie et pas en obéissant aux dictas des notifications.

Il est difficile pour moi de résister à l’appel de la petite pastille rouge et de la vibration de mon smartphone. Une notification survient et je plonge dans les cinq pouces de pixels pour savoir ce qui se passe. Un artiste me contacte, une nouvelle promotion vient de tomber, une offre pour du Viagra, une enseigne qui demande mon avis éclairé sur mon dernier achat, et me voila sur mon clavier virtuel à répondre et à me perdre dans les méandres de la toile.

J’ai donc désactivé les notifications non essentielles de mon smartphone : Facebook, Messenger, Twitter, Babelio, Facetime, Flickr, ne gardant que les SMS et les appels téléphoniques actifs.

Du coup je pourrais presque résilier mon abonnement Internet, mais non, je ne me coupe pas de la toile, je l’empêche juste d’envahir ma vie, de me faire perdre mon temps et dans la foulée j’essaye de soigner mon addiction à mon e réputation.

Car à force de publier du contenu sur Internet, je suis devenu addict aux retours des personnes, les likes, les commentaires et le nombre de vues.

Je suis sorti de Facebook mais des accrocs au réseau social trouvent encore le moyen de me raconter les prises de becs dont l’outil est le théâtre quotidiennement. Mais voilà, aujourd’hui ça ne m’intéresse plus du tout.

Je reste quand même incapable de dépasser le stade de vérification quotidienne de ma popularité virtuelle. Je regarde toujours le nombre de favoris d’une photo et la quantité de visiteurs passant sur le webzine. Mais j’y arrivai, enfin j’espère.

Legion

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Vous aimez les hommes en latex moule burnes avec une cape rouge ? Les gars névrosés au look de tarlouze au brushing irréprochable ? Ceux que l’on appelle les Marvelles ? Ma femme adore… Et moi je regarde, obligé, nous n’avons qu’un seul vidéo projecteur dans le salon. 

Pour une fois, le super mec est super mal dans sa tête un peu comme dans Handcock mais en plus atteint. Il ne porte pas de costume et ne contrôle absolument rien. Légion, huit épisodes franchement déjantés où un jeune skizo découvre qu’il est juste un mutant surpuissant habité par un autre mutant également surpuissant autant qu’il est malfaisant.

Oups désolé, je viens quasiment de vous résumer la saison une du coup.

Autour de David Haller, notre héros beau gosse bizarre, gravitent une brune pétillante cinglée et une blonde fadasse également un peu maboule. Normal ils vivent dans un hôpital psy me direz-vous. Et devinez de qui ce benêt de David tombe amoureux ? De la décolorée évidemment. Mais quel manque de goût ! Bon il faut avouer que la brunette semble ne pas exister réellement, enfin disons qu’elle prend régulièrement l’apparence d’un personnage de livre pour enfants assez inquiétant ou d’un vieux pote de drogue de David. Vous ne coucheriez pas avec un vieux pote ou un personnage tiré de Winnie l’Ourson si ? Nous sommes d’accord.

Le gamin se fait d’autres copains au fil des épisodes, une vieille blondasse qui parle à la machine à café, un afro-américain affublé d’une casquette ridicule quand il ne lit pas dans les rêves, un vieux bricolo doublé d’une jeunette bastoneuse ainsi qu’un scaphandrier vivant dans un glaçon. Vous parlez d’une équipe !

L’avant dernier épisode part totalement en cacahuètes, à se demander si le scénariste est sous l’emprise de LSD, mais le final de la saison une nous rassure, tout est sous contrôle. 

Je suis curieux de voir où nous conduira la suite, mais je ne suis pas certain que mon épouse, privée de latex et de gomina me suive. Qui vivra verra.

Quatre roues

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Nous vivons en ville, sur une rue passante, avec un petit jardinet qui s’enfonce loin de la pollution, où pousse un potager généreux. Nous allons au travail à vélo, deux kilomètres de pistes cyclables plus vite parcourus qu’en voiture. Une vie paisible, presque à la campagne, à en oublier parfois que nous habitons en ville.

La maison cache le jardin de la rue, nous vivons au calme derrière les murs de notre vénérable demeure. Seul quelques voisins, hélicoptères, drones ou satellites espions peuvent imaginer ce qui se passe derrière nos murs à colombages.

Alors, comme à la campagne, nous laissons le portillon du jardin déverrouillé toute la journée, la porte de la maison non verrouillée, les fenêtres ouvertes sur le jardin, comme l’appentis et le garage à vélo.

Il faut dire qu’il y a presque tout le temps quelqu’un à la maison, notre aîné geek au chômage dans sa chambre, notre second confiné pour ses études, mon épouse ou moi qui ne possédons pas le même rythme de travail.

Et puis nous sommes entourés de voisins, le jardin faisant vingt mètres aux plus large et cinquante au plus long, cerné d’immeubles, nous avons beaucoup de voisins.

Un matin, alors que mon épouse était chez nous comme nos deux garçons sans parler de notre chat redoutable, deux vélos ont disparus de notre appentis. Deux vélos en très bon état.

Le vol n’a pas eu lieu pendant la nuit, lorsque le tout monde dort du sommeil du juste, mais en pleine matinée, à la vue et au su de tous, alors que trois personnes se trouvaient dans la maison. Le chat lui, devait garder la pelouse.

Le voleur a du ouvrir un portillon qui ne s’actionne que de l’intérieur, marcher le long de la maison, parcourir encore vingt mètres dans le jardin sous nos fenêtres en plein jour, prendre les deux vélos, revenir sur ses pas ainsi encombré, passer entre la maison et l’immeuble voisin dans un couloir de un mètre de large avec deux VTC, puis s’enfuir.

Et personne ne l’a vu ni entendu.

Ce n’est pas la perte de deux vélos que je pleure, encore que financièrement c’est mille euros qui s’envolent, mais plus la perte soudaine de l’innocence et la montée d’une certaine paranoïa difficile à gérer, sans parler du fait que ma femme doit prendre la voiture pour venir travailler maintenant en attendant de trouver vélo à son pied.

Comble de malheur, il y a pénurie de vélo dans les magasins et le marché de l’occasion a brutalement explosé. Ceci explique peut-être cela.

Immédiatement j’ai verrouillé le portillon, fermé l’appentis avec de gros cadenas, verrouillé la porte de la maison, clos les fenêtres de rez de chaussée et je réfléchis sérieusement à installer une alarme. Le peu de naïveté paysanne qui me restait de mon enfance à la campagne où nous vivions dans espace totalement ouvert vient de s’évaporer brutalement.

Des vélos sont bien peu de choses en comparaison de cette peur sournoise qui s’insinue en moi, même si tout cela aurait pu être bien plus grave. Fini l’innocence, nous ne vivions pas à la campagne mais en ville avec ses incivilités, son bruit, sa pollution et la peur qui rôde.

Bien entendu, nous avons porté plainte, mais comme le dossier de notre plainte pour un accrochage en janvier 2019 n’a toujours pas été traité par le Commissariat de Police, nous risquons d’attendre assez longtemps sans que rien ne se passe et connaissant les assurances, nos vélos ne seront pas remboursés de grand chose.

Le club des cinq

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Hello, y a quelqu’un ? Je suis tout seul, tout seul.

J’ai eu dernièrement l’idée saugrenue d’installer un compteur de fréquentation sur le blog. Pourquoi ? Pour regarder qui venait lire mes inepties. Je m’étais juré de ne pas le faire, mais je n’ai pas résisté à la curiosité.

Ben vous savez quoi ? Si vous lisez ceci, c’est que vous faites partie des cinq ou six cinglés, moi y compris qui se rendent sur ce blog.

Ok je l’avoue, je m’y attendais un peu, mais quand même, cinq pelés, c’est peu.

Ceci dit, c’est complètement de ma faute, je n’ai jamais fait de publicité autour du blog et heureusement dans un sens. Je ne l’ai posté qu’en mode amis sur Facebook avant de ne plus le poster du tout sur les réseaux sociaux. En plus je parle de n’importe quoi ici, les quelques bouquins que je lis, les vieilles séries TV empruntées à la médiathèque, mes coups de gueule sur les voisins, mes aventures au travail, mes délires covidaires et mes passions musicales.

Ceci dit, le blog n’a jamais eu pour objectif d’être lu. Il sert d’exutoire à ma folie, mes humeurs, mes coups de coeur. Plutôt que de poster un coup de gueule irréfléchi sur Facebook comme tant d’imbéciles le font, j’utilise le blog pour formaliser ce que je voulais exprimer, répondre, crier au monde, mais rien que le processus d’écriture calme souvent ma colère et l’article part alors à la poubelle avant d’être publié (vous n’imaginez pas ce à quoi vous avez échappé).

Je connais au moins trois des lecteurs de ce blog, ces fous qui me lisent régulièrement et même parfois commentent mes diatribes. Restent deux inconnus à moins qu’ils ne s’agissent de visiteurs aléatoires tombés sur le blog par hasard et qui ne reviendront plus jamais.

L’orage

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Lundi dix août au matin, à quatre heures quinze, un coup de tonnerre réveillait la capitale rose. Certains, se souvenant brutalement de l’explosion d’AZF ont craint un nouveau Beyrouth. D’autres ont cru à la fin du monde et enfin les plus censés ont songé à l’orage. La foudre a frappé Toulouse avec une rare violence et cela juste avant l’orage. La pluie, le vent et les éclairs ont touché la ville, mais plus tard.

Ce que les toulousains ignorent, c’est que cet unique éclair surpuissant foudroya une poignée d’habitants le la capitale cathare. De pauvres hères qui partaient effectuer leurs travaux d’intérêt général dans le quartier du Mirail, sous la surveillance d’un ancien militaire homosexuel refoulé, furent traversés par des arcs électriques d’une puissance inouïe.

Alors qu’ils auraient dû mourir, ils se relevèrent, indemnes, du moins en apparence. Car quelques heures plus tard, d’étranges phénomènes se produisirent. L’un déplaça par la simple pensée son gobelet de café, l’autre se dédoubla en deux corps et personnalités distinctes, encore un autre s’envola tel un oiseau… Tous avaient acquis d’étranges pouvoirs.

Ainsi pourvus de talents spéciaux, nos jeunes au banc de la société auraient pu devenir des supers héros et sauver le monde, ou du moins mettre de l’ordre au quartier du Mirail qui en a bien besoin. Au lieu de quoi, que firent-ils ? Semèrent le chaos.

Je viens de finir la cinquième saison de Misfits et l’orage de lundi à Toulouse a coïncidé avec le dernier épisode de la saison. Ce n’est pas forcément la meilleure saison, car à force tout cela tourne un peu en rond il faut bien l’avouer. Cependant, il y a de bons moments alors pourquoi s’en priver. On retrouve la plupart des personnages de la précédente saison, sauf les cadavres enterrés sous le pont bien entendu. D’ailleurs, il n’y plus de place là-bas, pourront-ils réaliser une sixième saison ?

Je me demande si, dans le cas peu probable où la foudre eut frappé notre maison mère au lieu d’un quartier populaire, notre établissement s’en serait trouvé grandi. Notre encadrement aurait peut-être reçu des supers pouvoirs et appris à manager correctement notre entreprise en plein déclin ou alors nos délégués syndicaux auraient pu contrôler l’esprit du PDG pour l’asservir à leurs revendications pathétiques ? On le saura peut-être avec la prochaine réorganisation qui s’annonce.

Musique !

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Vous voulez savoir ce qu’un chroniqueur de rock progressif achète comme disques ? Oui parce que ce n’est pas parce que je reçois des promotions à pelle, que je n’achète pas d’albums. Car je ne reçois pas tout en promotion et certains albums reçus sont tellement bons qu’il me les faut les CD ou vinyle. Je vais vous dévoiler la liste des albums que j’ai commandés et qui devraient arriver d’ici la fin de l’année et pourquoi.

En août je devrais recevoir le nouvel album de Marc Atkinson Black & White. Il s’agit d’un double album comprenant des compositions de Marc et des reprises de rock. Ce n’est pas le genre d’album que j’écoute tous les matins, car même si j’aime bien la guitare acoustique et le chant, ce que j’écoute habituellement contient nettement plus d’instruments. Mais voilà, j’aime beaucoup la voix de Marc et je trouve que cet artiste mérite d’être encouragé dans son travail, d’autant qu’il nous a offert beaucoup de réconfort pendant le confinement avec ses concerts du mardi soir.

J’attends également le second album de Kyros, Celexa Dreams. J’avoue que je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre de leur part. Je n’avais pas vraiment aimé leur premier effort lorsqu’ils s’appelaient encore Synaesthesia, mais Vox Humana, sous leur nouveau nom, m’avait littéralement scotché et je l’aime toujours autant. Alors suspense, on verra. Je devrais bientôt écouter le CD et en octobre je recevrai le vinyle.

J’ai acheté aussi le nouvel album du duo allemand Osta Love dont j’avais beaucoup aimé le premier album. J’écoute déjà la version ALAC sur ma chaîne et le CD ne devrait plus tarder maintenant.

Melanie et Martin, deux artistes allemands, comme Marc Atkinson, enregistrent des albums de reprises et parcourent leur pays pour donner des concerts acoustiques forts sympathiques. J’adore ce couple et leurs diverses participations à Seven Steps To The Green Door, Flaming Row, Frequency Drift… De même que j’adore leurs concerts intimistes, alors évidement, j’ai commandé leur prochain album Through The Décades qui devrait arriver début septembre.

Le même mois, la panthère rose de Pain Of Salvation arrivera à la maison en vinyle. Pain of Salvation est un incontournable de ma discothèque et cet album, même s’il risque d’en dérouter plus d’un, m’a bien emballé.

Autre incontournable, c’est Tim Bowness et son Late Night Laments que l’on vient de recevoir à la rédaction. J’adore me vautrer dans sa mélancolie progressive, mais avant qu’il n’arrive en CD, je le connaîtrai déjà par coeur.

Toujours en septembre, il y aura Archive avec Sessions en vinyle également. J’ai écouté deux extraits qui m’ont immédiatement convaincu, pourvu que tout l’album soit du même tonneau car des fois le côté électro de Archive me hérisse un peu les poils.

En octobre il y aura du lourd. Tout d’abord l’album de Out5ide écouté et chroniqué depuis longtemps et qui aura enfin sa sortie physique si tout va bien. Out5ide est un groupe de rock progressif alsacien, et c’est important de soutenir la scène locale, d’autant qu’en live, leur musique dépote pas mal.

Le lourd du lourd, c’est bien évidemment le nouvel album de Ayreon dont j’ai commandé, comme il se doit, l’édition vinyle. Comment résister à un album Ayreon ? Impossible en fait même si ce n’est pas tous les matins au réveil que je pose une galette de Arjen sur la platine.

A moins que le lourd du lourd que ce soit le dernier album de la carrière de Fish ? Allez savoir…