Salina

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Se plonger dans les mots de Laurent Gaudé relève à chaque fois de la magie.  

Avec Salina, l’auteur nous entraine, comme dans La mort du roi Tsongor, dans l’histoire d’une vengeance, celle d’une femme chassée de son village parce qu’elle n’aime pas le bon frère. 

Salina est également un roman initiatique où le fils conduit la mère vers sa dernière demeure, retraçant pour les vivants l’histoire de cette femme pleine de colère et d’amour. 

Le roman prend place dans les somptueux paysages désertiques d’Afrique, au milieu de tribus qui se livrent une guerre éternelle, où les hyènes et les vautours se disputent les corps des vaincus.

La magie règne sur ces terres arides avec l’évocation du second fils de Salina qui se battra contre Saro et les vertèbres du roi éparpillées aux quatre coins du désert, sans lesquelles la dépouille ne trouvera jamais le repos.

J’aurais bien passé quelques pages de plus avec Salina et son histoire car le roman de Laurent Gaudé possède presque le format d’une nouvelle et se retrouve trop vite terminé.

L’énigme

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Écrire ne nourrit pas son homme, dit-on, même lorsque l’auteur connaît le succès. Joël Dicker, fort de quatre romans dont deux best-sellers, semble victime de ce dicton.

Dans l’Enigme de la Chambre 622, l’auteur suisse nous dépeint la haute société de la ville de Genève, ses banquiers, ses palaces, ses espions, ses restaurants, ses millionnaires, ses acteurs, ses belles femmes et l’Ecrivain. Et cette fois Joël assume, l’écrivain c’est lui.

Une fois encore dans l’oeuvre de Dicker, il s’agit d’un roman dans le roman. Joël y parle de lui, de son éditeur et ami Bernard de Fallois décédé le 2 janvier 2018 et du livre qu’il écrit, poussé par Scarlett, une femme qu’il rencontre dans un palace alors qu’il y profite de vacances. L’histoire d’un meurtre commis dans ce même palace au bord du lac, dans la chambre 622. 

Qui est mort ? On ne sait pas. Mais Dicker va enquêter pour nous.

Rolex, diamants, avoirs, rubis, soirées mondaines, pouvoir, nous voici plongé dans un univers d’une laideur sans pareille avec des personnages sans grande consistance ni psychologie auxquels le commun des mortels ne pourra s’identifier. 

Le récit sautant du coq à l’âne, en privilégiant ce dernier, tente tant bien que mal de rebondir sans succès. Aller retour dans le temps, trois mois, quinze ans, cinq jours, incessants changements de décors, de personnages, j’ai l’impression que Dicker masque la pauvreté du récit avec des non coups de théâtre.

Mais que s’est-il passé dans la chambre 622 dans la nuit fu 15 au 16 décembre ? La police ne le sait pas et j’avoue que je m’en moque un peu. 

Je suis allé au bout du livre parce que je n’avais rien d’autre à lire. Ne faites pas comme moi. Pourquoi Joël Dicker est-il tombé si bas après deux excellents romans ? Voilà la véritable énigme.

Discovery

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Un des navires de l’explorateur James Cook, a donné son nom à la navette spatiale, Discovery, mise en service en 1984 et qui a volé jusqu’en 2011. C’est également le nom du vaisseau dans lequel le premier officier de la Fédération Michael Burnham voyage quelques siècles plus tard. Bon certes, à bord du Discovery, elle n’est plus premier officier, mais c’est une autre histoire… Non justement, c’est toute l’histoire, enfin, le début. J’ai écrit elle ? Ben oui, Michael est une fille comme Michael Jackson… Non pardon, Michael Burnham est noire comme Michael Jackson, désolé et plus précisément c’est une fille afro-asiatique.

Star Trek Discovery est une série on ne peut plus LGBT avec une romance gay, des couples klingon/humain, vulcain/humain, des moches, des grosses, des gens de couleurs, LGBT oui mais attention quand même, les personnages principaux sont hétérosexuels et beaux. Faudrait pas déconner quand même.

Deux saisons, vingt-neuf épisodes dans l’Espace, frontière de l’infini vers laquelle voyage notre vaisseau spatial… 

Et la bonne nouvelle c’est que les médiathèques viennent de rouvrir, car passés les deux premiers épisodes de la saison une, Star Trek Discovery ne fait pas vraiment d’étincelle. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages pince sans rire de la série et les scènes chez les Klingons m’ont royalement ennuyé. Ha si quand même, j’ai bien aimé le capitaine Christofer Pike et Saru… Le cadet Sylvia Tilly, elle m’a gonflé tout de suite, s’ils voulaient un personnage bouffon pour la série, ils ont raté leur coup. Et Michael Burnham ? Ben je préfère le jambon cru.

Certains épisodes bénéficient de gros moyens et des effets spéciaux parfois à couper le souffle, tout particulièrement les deux premiers, les meilleurs. Dommage que le scénario s’embourbe dans des coucou ! j’suis mort, ha ben non, j’suis plus mort, j’suis parti, oups, j’suis revenu. L’histoire de l’Ange Rouge aurait pu être mieux traitée, et la seconde saison se révèle relativement brouillonne. Après c’est un Star Trek, il ne faut pas trop en demander non plus, mais j’avais préféré Enterprise.

Les fumistes

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Ne lisez pas ce billet. Il est né de la folie du COVID-19 et je n’approuve aucunement les propos tenus ici. Si vous êtes fumeur ou syndicaliste, surtout n’allez pas plus avant, vous n’allez pas aimer. Après si vous lisez, ne venez pas vous plaindre, vous êtes prévenu.

Durant le confinement je travaillais à temps partiel dans nos locaux, nous étions quatre et à partir du onze mai, cinq de plus à temps plein. Et pour tout vous avouer, nous étions bien.

Dans les bureaux régnait une atmosphère de fourmilière, nous avions beaucoup de travail. Après un bref bonjour à distance, un café expresso, nous nous lancions dans le travail à corps perdu, réalisant après dix heures passées à courir partout qu’il était temps de rentrer à la maison.

Je pouvais travailler fenêtre grande ouverte, dehors aucun un bruit ne venait troubler les grenouilles et aucune odeur n’empuantait l’air. Mais où se trouvaient donc tous les fumeurs ? Chez eux en télé tabac.

Fin juin, les couloirs se sont remplis avec le débarquement des touristes. Les rires ont fusé dans les locaux et les bureaux furent rapidement encombrés de conversations animées. La vie reprenait son cours normal. Les fumées de cigarettes remontaient jusqu’à ma fenêtre et des remarques du CHSCT fleurissaient toutes les cinq minutes : il nous faudrait, on ne devrait pas, les agents sont, la direction devrait…

Attention ne faites pas d’amalgame, tous nos syndicalistes ne fument pas, par contre tous nos fumeurs sont syndicalistes.

Sous ma fenêtre, les fumeurs refaisaient le monde, repensaient la sécurité des agents, remettaient en cause des organisations pensées pour eux, exigeaient des produits en rupture de stock depuis début mars, établissaient de nouvelles règles alors qu’ils n’étaient pas fichus de respecter celles en vigueur.

Une fois revenus de leur pose nicotine, ils erraient d’un bureau à l’autre pour discuter, prendre la température avant de rentrer chez eux télé discuter pour quelques jours. 

⁃ Et toi, tu viens combien de fois par semaine ?
⁃ Tous les jours.
⁃ Tous les jours ? Depuis quand ?
⁃ Depuis toujours.
⁃ Heureusement que tu es là quand même parce que sinon on aurait fait comment sans toi.
⁃ Excuse-moi mais j’ai pas mal de choses à traiter aujourd’hui.
⁃ Ha ? Bon bon, je ne dérange pas plus alors… Mais en fait, j’y pense, tous les agents devraient avoir du désinfectant et des masques, vous allez faire quoi ?
⁃ Les masques ont été distribués et il y a du gel hydro alcoolique à tous les étages en plus de flacons individuels, tu as eu tes masques non ?
⁃ Oui, mais… c’est pas pratique un masque.
⁃ Pour fumer ? Non c’est clair. Nous on les met pour travailler en fait.

Ne trouvant pas de support chez les non fumeurs, les fumeurs se réunissent sous les fenêtres pour bâtir un nouveau monde meilleur à leur image, plein de cendriers auto nettoyants, de masques percés d’un petit trou, de gel hydro alcoolique compatible avec le bronzage intégral et de réduction du temps de travail à huit heures hebdomadaire avec une journée en télé travail avec revalorisation du point d’indice. Car manifestement, étant donné le nombre de dossiers déposées après la crise sanitaire, le télé travail, c’est pas si mal, même si on ne peut pas papoter devant une clope et même si les syndicalistes y étaient totalement opposés lors des précédentes réorganisations à cause des risques psycho sociaux.

Time

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Avez-vous la moindre idée du temps que nous sommes capables de dégager dans une journée avec un minimum de volonté ?  

J’en arriverais presque à m’ennuyer maintenant que je connais le secret.

Si vous aussi, vous désirez connaître mon infaillible secret afin optimiser le temps, une méthode inventée par le grand maître Siddhana Covhididha et transmise de génération en génération avec amour, lisez les préceptes qui suivent :

“Le temps est relatif et nous le dilapidons chaque jour un peu plus. Ecoutez moins votre corps et laissez l’esprit commander.” 

” – Vous n’avez pas besoin de dormir sept heures par nuit, trois sont amplement suffisantes à notre métabolisme.” 

” – De même qu’un repas frugal quotidien sustente largement l’organisme sans oublier de pratiquer le jeûne hebdomadaire qui purifie le corps.” 

” – Les besoins naturels peuvent attendre, ce n’est qu’une question de contrôle.” 

“Avec ces trois règles élémentaires, votre journée s’allonge naturellement de six heures. Six heures gagnées pour votre épanouissement personnel.”

“Lorsque la fatigue survient, méditez quelques secondes, ouvrez vos chakras et respirez profondément, l’énergie affluera dans vos veines.”

“Et surtout concentrez-vous sur l’essentiel: oubliez le travail abrutissant, les voyages inutiles, les biens non indispensables, les relations dénuées de spiritualité, tendez votre esprit et votre corps vers l’illumination et abandonnez tout le reste.”

Sinon, si comme moi, vous n’êtes pas mystique, si vous aimez manger, rire avec des amis et dormir de longues heures au chaud sous la couette, vous pouvez suivre les conseils d’un nihiliste 2.0 :

“Coupez les notifications non vitales de votre smartphone.”

Vous verrez, vous perdrez moins de temps sur les photos de tata Germaine pendant sa cure de balnéothérapie, vous n’entendrez plus les cons et vous gagnerez de précieuses heures que vous pourrez consacrer à lire, vous promener, voir des amis ou écouter de la musique.

Je suis dans ma quinzaine sans réseaux sociaux, du moins juste le minimum. Je continue de photographier et publier et je poursuis ma thérapie sur le bog. Du coup cela me dégage plein de temps pour écrire ce genre de conneries…

Y’a plus de saisons

Y’a plus de saison mon bon monsieur ! J’en sais un bout, j’bosse pour la météo… 

Fish, qui n’est pas né de la dernière pluie s’est fait virer, faut dire, il buvait comme si c’était la canicule. 

C’est un petit jeune, un peu minet qui a pris sa place et il va en baver le garçon, car les premiers concerts c’est la douche froide. Le public réclame de l’écossais trente ans d’age.

Avec Season’s End prend fin le printemps de Marillion, le groupe doit se reconstruire avec un nouveau chanteur. Steve chante mais ne sait pas écrire, il va falloir trouver un parolier ou faire du yaourt.

Season’s End reste dans la lignée de Clutching at Straws en plus léger toutefois. La fabuleuse guitare de Rothery prend son essor dans de magnifiques soli lumineux et les gimmick du néo-progressif sont très présents. En fait, Season’s End se révèle un bain de jouvence pour le groupe britannique, retrouvant une fraîcheur perdue dans la désillusion des bars et des tournées.

Il ne réussira pas, malgré un tube, à grimper dans les charts. La gloire de Marillion fut éphémère et commenceront alors les années de doute.

Season’s End possède une saveur toute particulière à mes oreilles, comme les bonbons acidulés de l’enfance. Les mauvais coucheurs qui abandonnèrent le groupe en chemin, ne comprirent sans doute pas qu’il s’agissait d’une nouvelle saison pour Marillion et que le nouveau né, encore maladroit, nous livrerait plus tard de purs chef-d’œuvres.

Le carton emballé dans un carton

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Chez nous tout est compliqué. Nous possédons des centres dispersés sur tout le territoire mais ce ne sont pas vraiment des entités autonomes. Les agents y travaillent sous l’autorité de chefs distants à plusieurs centaines de kilomètres de là et ils dépendent d’entités diverses même si autrefois ils formaient une même équipe.

Lorsqu’ils ont besoin de fournitures, ils font appel à nos services; une chaise, du papier, un bic, un ordinateur, que sais-je encore. Nous préparons un colis et nous expédions leur commande pour qu’ils puissent continuer à travailler dans de bonnes conditions.

En trois mois nous avons expédié des milliers de masques, des litres de gel hydro alcoolique, des terra octets d’ordinateurs, des claviers, des écrans, des clefs 4G, des smartphones, des lingettes, des thermomètres aux quatre coins de notre vaste région pour que tout ce petit monde puisse continuer à travailler. La machine est bien rodée.

Mais tout se complique lorsque des colis doivent nous parvenir depuis ces centres isolés. 

⁃ Le portable que tu m’as envoyé ne fonctionne pas.
⁃ Tu es certain ? Nous l’avons configuré et testé avant son expédition.
⁃ Oui il marche pas.
⁃ C’est à dire ? Pas de WIFI, un problème logiciel, panne d’écran ?
⁃ Ben il marche pas.
⁃ (Soupir) Ok, bon. Ben renvoie-nous la machine, nous allons regarder ça.
⁃ Je fais comment ?
⁃ Ben tu le mets dans un carton et tu nous l’expédies.
⁃ C’est pas à moi de faire ça.
⁃ (Gros soupir) A qui alors ?
⁃ Ben à vous.
⁃ (Très gros soupir) … tu veux que l’on fasse huit cent kilomètres aller retour pour faire un colis et réexpédier l’ordinateur chez nous c’est ça ?
⁃ … non mais.
⁃ Tu met l’ordinateur dans un carton et tu scotche le bordereau d’expédition que l’on va t’envoyer. Une société viendra le récupérer au centre.
⁃ C’est que, j’ai pas de carton.
⁃ Tu n’as pas un seul carton dans le centre ?
⁃ Ben non.
⁃ Tu ne peux pas en trouver un ?
⁃ J’vois pas comment.
⁃ (Enorme soupir de résignation) Bon ok. Laisse tomber. Nous allons y réfléchir alors.

Réunion de crise, la problématique est la suivante : comment fournir un carton à un centre distant pour expédier un colis chez nous ? Lui faire acheter un carton ? Il va nous demander où. Voir avec la poste les offres colissimo toutes prêtes ? Mais comment la lui envoyer ? Faire appel à un prestataire spécialisé ? Le laisser dans sa mouise ?

Finalement j’ai pris un carton pouvant contenir l’ordinateur, j’ai placé du papier bulles dedans ainsi qu’un rouleau de gros scotch. J’ai mis le carton dans un autre carton plus grand et je l’ai expédié au centre en question. Je n’ai pas poussé le vice à adjoindre un mode d’emploi mais j’ai hésité une seconde. Et si le gars ne savait pas fermer un carton ?

Tchernobyl

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A la maison, un roman policier, une bande dessinée et deux albums de rock progressif évoquent le plus grave accident nucléaire que l’humanité ait connu à ce jour: Tchernobyl en 1986. Il y en a eu d’autres bien entendu comme Fukushima (2011) ou Three Miles Island (1979) sans parler des essais nucléaires et des deux bombes de Hiroshima et Nagasaki (1945) mais pour une raison qui m’échappe encore, Tchernobyl occupe une place à part dans mon inconscient, peut-être parce que j’aime manger des champignons. 

Il manquait à ma collection radioactive la mini série Tchernobyl dont j’avais lu du bien un peu partout. Du bien oui, mais personne ne m’avait prévenu que ce serait si violent.

On s’imagine bien que ce fut moche, que le nombre de victimes fut énorme, que ce fut une catastrophe humanitaire et écologique sans précédent, mais le voir, le vivre, c’est une autre paire de manches. Ma femme n’a pas survécu aux trente premières minutes de l’épisode un. Pour ma part, je suis resté agrippé à l’accoudoir du canapé pendant les deux premiers épisodes d’une heure.

D’accord, d’accord, la série débutant sur un suicide, j’aurais dû me douter que ce ne serait pas de tout repos, mais quand même.

Passé ces deux premiers épisodes éprouvants, le ton se fait plus léger. Les chiens sont abattus en masse, les pompiers agonisent à Moscou, les liquidateurs reçoivent plus de rayonnement en quelques secondes que les victimes du drame d’Hiroshima et l’incendie est enfin maîtrisé. Tout va bien. Le cinquième et dernier épisode met alors en scène le procès où l’accident nucléaire est expliqué, minutes après minutes, où les responsables sont pointés du doigt. Et le plus grand responsable de cette catastrophe, fut assurément censure d’état, si l’on en croit la série.

Si vous aimez laisser la lumière allumée partout dans votre maison, si vous croyez en l’avènement de la voiture électrique, si vous voulez installer la climatisation dans votre maison, si vous chauffez vos pièces à 22 degrés, si vous laissez vos appareils électriques constamment en veille, regardez donc la série Tchernobyl et imaginez que vous habitez la belle ville de Pripyat, peut-être que cela vous aidera à réfléchir.

Officiellement 31 personnes sont mortes des suites de Chernobyl, officieusement et selon les sources, l’accident de la centrale nucléaire aurait fait de 4000 à 100000 victimes.

Miroir de nos peines

Pierre Lemaitre termine sa trilogie d’entre deux guerres par un roman sur le début de la seconde guerre mondiale et l’exode qui s’en suivi. A l’aide de quelques personnages, Désiré, Louise, Jules, Raoul et Gabriel, il nous raconte des destins croisés sur fond d’invasion allemande. Désiré, le personnage caméléon, permet à l’auteur de raconter plusieurs facettes de l’Histoire comme le ministère de la propagande ou la gestion des réfugiés.

Pour une fois Pierre Lemaitre ne joue pas la carte des rebondissements et le Miroir de nos peine se lit comme un long fleuve tranquille, dont tous les affluents convergent à la fin vers une église ruinée où se retrouvent les principaux protagonistes du roman.

L’histoire qui débute sur la ligne Maginot, nous conduit à Paris puis sur les bords de la Loire, racontant les débuts de la guerre puis l’exode sur fond de drame familial et secrets longtemps cachés.

Au revoir là-haut reste le meilleur de la trilogie. Couleurs de l’incendie m’avait quelque peu déçu mais Miroir de nos peines, sans être un chef d’œuvre, se lit plaisamment en plus de donner quelques leçons d’histoires aux profanes de mon genre. Un roman parfait pour l’été.

Hybridation

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Cinq-cent grammes de métal, de plastique et de verre, vingt méga pixels, trois-cent clichés d’autonomie, je fais mes premières armes avec le GX9. 

Les trois optiques livrées, légères et minuscules, font penser à des jouets et leur fixation se fait dans le sens inverse des montures Nikon. Un zoom 12-32 mmm long de trois centimètres, un 25 mm long de six centimètres, un zoom 35-100 mm long de sept centimètres. Ce n’est pas avec cela que je vais pouvoir frimer.

La tenue en main du boitier est hasardeuse, l’achat du grip s’impose tout de suite et avec lui cela se passe un peu mieux. La paume de la main se pose régulièrement sur les boutons au dos du boîtier et des réglages non désirés se multiplient en pleine séance photo. 

Quatre molettes sur quatre centimètres carré permettent de jouer sur l’ouverture, la vitesse, le mode et la correction d’exposition, il faut donc faire bien attention. 

L’écran orientable comme le viseur inclinable sont très pratiques de même que les réglages à l’écran. Le rendu des couleurs dans le viseur déroute après des années d’utilisation d’un boitier reflex mais après quelques heures de pratique, on se fait une raison. 

D’emblée j’ai passé le GX9 en mode manuel et format RAW, car c’est ainsi que je photographie. Les ISOs commencent à 200 ce qui est énorme lorsque l’on est habitué aux 64 ISO du Nikon D810. Mais au regard de la faible luminosité des optiques livrées, ça n’est pas vraiment un problème. 

Comme sur un boitier pro, le GX9 propose plusieurs modes de calcul de l’exposition et de choix de focus. Ils sont limités mais pertinents. Il existe plusieurs modes rafale dont je n’ai pas encore creusé les subtilités. Ce qui est troublant, c’est de se retrouver avec plein d’images dans la carte SD sans avoir entendu le déclenchement de la mitraille. 

Braketing, ISO auto, surexposition, balance des blancs, stabilisation cinq axes, réglages personnalisés, il y a presque tout ce qu’il faut dans ce petit boitier de poche.

En bonus le GX9 propose un mode photographie 4K pour capturer des images très rapides, genre photographies de sport, des images de huit millions de pixels, pourquoi pas, il faudra essayer à l’occasion.

Photographier avec un hybride de ce gabarit ne renvoie pas du tout aux mêmes sensations qu’un reflex. La tenue en main bancale, la visée peu confortable, l’absence de vibration en retour (la levée du miroir) donnent l’impression de ne pas vraiment faire de photographie, de ne pas être dans des conditions optimales de confort pour réussir son cliché. D’un autre côté, l’appareil et son objectif tiennent dans la poche d’un manteau et ça c’est vraiment génial lorsque l’on se balade.

Une fois arrivé sur Lightroom, le RAW du GX9 n’a pas à rougir du D810. Même si l’image est légèrement bruitée, ISO obligent, la qualité est au rendez-vous. On ne regrette pas alors d’être parti en promenade avec cinq-cent grammes en poche au lieu de deux kilos en main.

Mais lorsque la photographie devient technique, que les conditions de prise d’images deviennent acrobatiques, que les réglages ne sont plus une simple formalité, le petit GX9 et ses menus tactiles deviennent un boulet, c’est là que le gros boitier qui offre quasiment tous les réglages sous les doigts tire son épingle du jeu.