La BD de l’année ?

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J’avais un bon d’achat de 21€ à dépenser dans mon magasin de BD préféré. Oui j’ai mon disquaire d’occasion préféré, ma librairie préférée, mon magasin de BD préféré, et pour tout vous dire, mes toilettes publiques préférées, j’ai le droit non ?

Donc revenons à non moutons, j’avais un bon de 21€ à dépenser et deux BDs en vue, l’Astérix et le Valérian. Mais lorsque je rentre dans mon magasin de BD préféré, je ressors toujours avec plus d’albums que prévu, c’est ainsi. Je pris donc le dernier Valérian (que je vous recommande), l’Astérix qui est sympa et tombais sur une grosse BD à la couverture racoleuse (pour un geek comme moi s’entend) : un scaphandre spatial en EVA au-dessus d’une planète (vous attendiez à quoi ?).

Schangri-La, pavé de 222 planches signées Mathieu Bablet. De grandes planches fouillées, ocres, bleues, grises, jaunes avec des visages étrangement mal dessinés. Schangri-La, une station spatiale où s’entasse ce qu’il reste de l’humanité. “Travailler. Dormir. Travailler. Acheter. Aimer. Jeter. Acheter.”.

Sous couvert de récit d’anticipation cataclysmique, Schangri-La est une virulente critique de notre mode de vie actuel, de la société de consommation, de la politique, de la xénophobie, du genre humain…

Sélectionnée au festival d’Angoulème 2017, Schangri-La est la plus belle BD que j’ai lu depuis des années. Une histoire prenante, non manichéenne, qui transpose dans une station en orbite autour de la Terre, notre mode de vie, la manipulation du peuple par les multinationales et les gouvernements et qui pourrait même vous amener à réfléchir sur votre propre mode de vie.

Les romains doivent savoir

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Enfant, il y avait un rituel à la maison. Mon père qui était absent toute la semaine, revenait le samedi soir de Brest, avec parfois une surprise dans ses bagages. Au printemps, c’était généralement un cageot des délicieuse fraises de Plougastel, et lorsque Uderzo et Goscinny bossaient ensembles, c’était un nouvel épisode d’Astérix. Dans une famille avec quatre enfants dont j’étais le petit dernier, c’était la curée pour savoir qui lirait la BD en premier, seule bande dessinée que nous avions à la maison.

J’ai commencé ces édifiantes lectures alors que seuls les dessins avaient alors un sens pour moi. Je déchiffrai mon premier b.a.ba sur les répliques croustillantes de René Goscinny et plus tard j’appris le latin de cuisine dans ces mêmes ouvrages. Des années passèrent et j’héritai de la collection complète et usée des aventures des intrépides gaulois et même après le décès du scénariste, je continuai à lire ces bandes dessinées. Le niveau avait bien baissé, les saillies nettement plus lourdes et j’avoue qu’à maintes reprises, j’hésitai à abandonner la collection.

Hier en passant dans une boutique de BD pour m’offrir le nouveau Valérian dont on m’a dit du bien, je tombai nez à nez avec Astérix Et La Transitalique. Ayant un bon d’achat je me suis laissé tenté, après tout, la BD ne me coûterait rien vu d’un certain angle. Nouveau scénariste, nouveau dessinateur depuis Astérix Chez Les Pictes (décidément c’est la mode des reprises), Jean-Yves Ferri et Didier Conrad s’en sortent particulièrement bien avec ce nouvel épisode et j’avoue avoir ri plusieurs fois lors de cette traversée de l’Italie. Après des années de bouderie, je vous recommande sa lecture, si comme moi, vous suivez leurs aventures depuis le début. Il y a de bons mots, quelques caricatures de personnages célèbres et ce graphisme si particulier qui ne semble pas avoir changé d’un trait.

Déboussolé

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Le Pôle Nord en plein désert, une mère qui rêve de survivre à sa fille, une tortue Ninja non violente, une déesse aux rondeurs affolantes, un rois des sables au cent deux épouses, nous voici dans Les Anthropotames du Nihil, le tome trois de Azimut.

Le tome deux sortait en janvier 2014 et c’est tout dernièrement que je lisais la suite de ce voyage coloré et loufoque que l’on doit à Loupano et Andreae. Comme il fallait s’y attendre, après plus de trois années, j’avais tout oublié de l’histoire et elle m’est revenue par bribes au fil de la lecture. Enfin par bribes, c’est beaucoup dire, je me suis rappelé la reine et sa fille, toutes deux en quête d’immortalité, l’artiste amoureux de la princesse, le lapin obsédé et la déesse de sable.

Pour être tout à fait honnête, je me suis plus laissé porter par les graphismes magnifiques que par l’histoire, il me faudra repartir du tome un pour comprendre toutes les subtilités des personnages et leurs objectifs.

Le tome trois part dans tous les sens avec de nombreux récits dans le récit, le Petitghistan qui part en guerre, le conseil, la princesse et son peintre dans le désert, le Mamamouchi des sables aux cent deux épouses, la quête des Anthropotames, le sérail et le chevalier coincé dans les engrenages. Espérons que Lupano et Andreae sauront ne pas trop diluer l’histoire et que Azimut trouvera un jour une fin, je suis parfois un peu fatigué de ces séries interminables qui s’enlisent au fil du temps.

 

Olympus Mons

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– J’ai déjà dû m’allonger sur ce divan de nombreuses fois pour vous raconter cette obsession docteur.
– Mmmm, continuez.
– A Noël, mon fils…
– Votre fils vous dites ?
– Oui mon fils à Noël donc…
– Un problème œdipien à régler je suppose ?
– Mais non, c’est mon fils c’est tout. Donc à Noël…
– Vous n’aimez pas les fêtes de Noël, un rejet de la famille.
– Non pas du tout, c’est juste qu’à Noël mon fils…
– Je comprends mieux, deux facteurs rentrent dans votre névrose, votre fils œdipien et les fêtes de fin d’années, nous y voila, continuez.
– Oui bon, donc à Noël, mon fils m’a offert…
– Vous refusez les cadeaux, intéressant, poursuivez.
– Non j’adore les cadeaux justement.
– Et celui-là vous a déçu ?
– Mais laissez moi finir enfin !
– Il y a de la violence en vous, libérez-là, c’est bien.
– Donc à Noël, mon fils m’a offert une BD.
– Vous restez toujours sur les mêmes thématiques, Noël, fils, intéressant ce nouvel élément, la BD, approfondissez.
– Justement, à Noël mon fils m’a offert une BD parlant de Mars.
– Mmmm, continuez.
– Non mais vous ne comprenez pas, la BD, parlait de Mars.
– Oui, poursuivez.
– Non mais Mars, c’est un thème qui m’obsède depuis des années, en fait, depuis que j’ai lu Chroniques Martiennes de Ray Bradbury, je devais être en cinquième, et depuis, je lis, je regarde, je dévore tout ce qui touche à Mars. Alors comprenez, que mon fils m’offre pour Noël une BD parlant de Mars, c’est juste terrifiant pour moi, la névrose se propage, ou peut-être le fait-il exprès d’alimenter mon vice, à moins qu’il veuille juste me faire plaisir, je ne sais plus quoi penser.
– Hmmm, hmmm, c’était quoi le nom de cette BD ?
– Heu quel rapport ?
– C’est important, répondez.
– Olympus Mons, le tome un, comme le volcan de 23 km de haut avec une caldeira de plus de 30 km de rayon, imaginez un peu, un volcan fabuleux, trois fois le toit du monde, dominant Amazonis Planita à l’ouest et les monts Tharsis au sud-est.
– Oui je vois, et quels sont les auteurs ?
– Heu, enfin, Bec et Raffaele pourquoi ?
– Non comme ça, et c’est bien ?
– Oui et non en fait.
– Développez.
– Ben j’en suis au tome deux…
– Bien bien, il y a déjà un tome deux, donc vous avez continué la lecture après le premier cadeau ?
– Heu oui, obsession oblige, et donc ça parle plus de civilisation extraterrestre, de vaisseaux et de Mars, même si une partie seulement du récit se passe sur Mars.
– Des vaisseaux, des extraterrestres et Mars, continuez.
– Le graphisme n’est pas extraordinaire, mais l’intrigue est prenante avec les différents blocs politiques qui s’affrontent, le médium qui voit l’intérieur d’un vaisseau qui gît au fond de l’océan et qui pressant un grand danger pour l’humanité.
– Mmmm intéressant tout ça.
– Oui mais bon, vous comprenez docteur, c’est encore une de ces fichues BDs qui parle de Mars, alors je me demande s’il est vraiment sain que je lise ce genre d’ouvrage, si je ne me ruine pas la santé mentale avec ces échappatoires à la vie réelle et si mon fils n’alimente pas sciemment mon obsession dans un but de vengeance et de…
– Oui bien entendu, nous en reparlerons à la prochaine séance si vous voulez bien. Vous connaissez une boutique de BD près de mon cabinet ?
– Une boutique de BD ? Heu oui, il y a Bildergarte, rue des Serruriers.
– Merci, je vous laisse, j’ai une course urgente à faire, désolé.
– Au revoir docteur.
– Oui c’est ça, au revoir, Olympus Mons vous avez dit, c’est bien ça ?
– Oui docteur…
– Merci !

Geek moi ?

Le post sur Sargate a déclenché une avalanche calomnieuse de messages sur Facebook comme quoi j’étais un geek. C’est juste n’importe quoi, je tiens à le dire. Je suis un homme marié avec deux enfants, un chat, une voiture et une maison. Bref un citoyen tout ce qu’il y a de plus normal qui paye ses impôts et vote à gauche mais pas trop.

Ce n’est pas parce que, dans ma jeunesse, j’ai fait de l’astronomie, programmé en langage machine sur Z80, fait du jeu de rôle, assemblé quelques PC, construit un télescope, développé mes photos couleurs tout seul et regardé des séries de SF quand je ne lisais pas Tolkien ou Franck Herbert que aujourd’hui je suis un geek.

Oui je joue à X Wings, je regarde encore quelques séries TV, je lis encore des livres de SF, il m’arrive de programmer pour le plaisir en PHP, HTML, Java, Python, KSH, Ruby, Awk, VB, et de jouer à des jeux vidéos, ok, mais pas de quoi faire de moi un geek, si ? Bon ok, je suis quelques blogs de rôlistes, me tiens au courant des avancées scientifiques, suis un fan de la planète Mars et viens d’acheter la dernière console de Nintendo. Mais j’ai un potager bio, je me promène dans la nature, connais des êtres faits de chair et d’os, ne mange pas japonais tout les midis (si seulement je pouvais), ai presque soigné mon addiction aux bonbons Haribos et ne déguise pas ma femme en écolière japonaise pour les préliminaires. Donc vous le voyez bien, je ne suis pas un geek, d’ailleurs je fais du sport, du tennis de table (ne vous foutez pas de ma poire, c’est un sport, ok un sport de geeks, mais un sport).

Mon vrai profil est le suivant : un père de famille jardinier et sportif. Le fait que je tienne un blog et un webzine sur le rock progressif n’y change rien je suis désolé.

Pour que vous compreniez bien, je vais vous décrire un samedi classique :

07h00 – wifi on
07h01 – iPhone on
07h02 – céréales et café
07h14 – nourrir le chat qui fait braire depuis 14 minutes
07h15 – douche et ablutions diverses (1 min c’est assez, faut économiser les ressources naturelles)
07h16 – lecture des mails de la nuit et consultation des notifications Facebook, Twitter et Google+
07h30 – récupération des promos musicales
07h45 – préparation de news pour le webzine
08h00 – écoute d’un album de progressif et travail sur sa chronique
09h00 – café
09h00/10h00 – attente trépiniante du passage du facteur qui a forcément un truc pour moi, CD, vinyle, jeu vidéo, câble étrange
10h00 – déballage de la nouvelle merveille et test
11h00 – boulangerie (faut bien manger et en plus je sors dehors)
11h15 – écoute d’un nouveau truc
12h30 – achat de pizzas à côté car j’ai zappé le repas (je suis encore dehors)
13h00 – café
13h15 – sieste coquine avec un bon roman de science-fiction
14h15 – promenade dans la nature (avec l’appareil photo parce que sinon c’est vraiment chiant, vous voyez je sors)
14h16 – fait pas si beau que ça finalement
14h17 – je vais en ville pour fouiner chez les vendeurs de disques, BD, bouquins, jeux vidéos (les trucs fondamentaux pour survivre, c’est toujours une sortie non ?)
16h00 – petite collation (ça creuse le grand air)
16h15 – projection d’un DVD live ou d’un jeux vidéo ou d’un film ou écoute d’un album de prog, en désespoir de cause un jeu de société (bref la récréation)
18h15 – un peu de Facebook, de Twitter, de mail
20h00 – trop tard pour faire à manger, passage au chinois du coin (en voiture, ça compte pour une sortie ?)
21h00 – 14 heures d’activités intenses méritent du repos, un petit épisode de Stargate Atlantis, puis un second, voire un troisième ?
23h30 – un petit regard sur les mails, Facebook, Twitter, Google+
23h45 – wifi off
00h00 – mince j’ai oublié de faire du ménage, de nourrir encore le chat, de laver le linge sale en famille, de faire des courses, de regarder les papiers scolaires des ados qui de toute manière s’en foutent, de payer les factures, de faire les comptes, de gonfler le pneu arrière droit de la voiture, de tondre la pelouse, de passer à la banque, de vider les poubelles, de changer les ampoules grillées, de réparer la fuite d’eau des WC, de souhaiter l’anniversaire de ma femme (elle n’est pas amie avec moi sur Facebook alors bon…), de déboucher le lavabo, on verra tout ça demain.

extreme geek

Vous voyez bien que je ne suis pas un geek. D’ailleurs, j’ai fait le test et n’ai obtenu qu’un score de 55%. Comment ça c’est classé geek extrême ? Nan, je suis certain que vous vous trompez, je ne suis pas geek. Et plus sérieusement, y a un mec qui a fini le dernier Zelda en une heure, vous vous rendez compte et un autre qui a trouvé les 900 noix de Korogu. Folie !

Le martien

Derrière ma visière fumée, s’étend une terre rouge désolée où quelques touches de givre matinal persistent encore. Vales Marineris, Olympus Mons, des noms qui résonnent comme des invitations au voyage dans mon âme. Mariner, Viking, Pathfinder, Curiosity, des missions que j’ai suivi jour après jour m’abreuvant des images des sondes et des rovers.

D’où vient cette passion pour Mars la Rouge ? Tout petit déjà, j’étais fasciné par l’espace, les étoiles, les planètes, les fusées. En sixième je découvrais le fabuleux roman de Ray Bradburry, The Martian et plus tard je m’abreuvais de nombreux livres dont la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson, Mars de Ben Nova, Mars Blanche de Brian Wilson Aldiss ou Le Projet Mars de Andreas Eschbach. Combien de livres parlent de Mars dans notre bibliothèque sans parler des BD ? Je n’ai pas compté. Il suffi que le titre d’un bouquin, d’une BD ou d’un film contienne le nom magique, pour que je me jette dessus. Combien de nanars ai-je vu et lu, histoires moisies de rescapés de mission foireuses vers la planète rouge !

Carl Sagan n’est pas étranger à cette passion. Responsable du programme Viking à la NASA, il consacra une partie de sa fabuleuse émission télé Cosmos à Mars et la recherche de vie sur cette planète voisine. Le rêve d’envoyer un homme sur la planète rouge s’est un peu éloigné, trop cher, trop compliqué, trop long, trop risqué. La fin de la Guerre Froide a mis un terme aux voyages spatiaux habités au-delà de notre orbite terrestre, retardant d’autant une hypothétique exploration martienne par l’homme. Elon Musk de Space X semble vouloir faire cavalier seul et annonce le début des hostilités pour 2018 et un homme sur Mars pour 2024. La NASA n’a pas encore totalement renoncé mais avance à petits pas. Les chinois sont également dans la course avec un voyage habité pour 2040. Quand aux européens, l’envoi d’un homme dans l’espace n’est pas encore d’actualité, alors Mars…

Tous les deux ans, le dieu de la guerre se trouve en position favorable pour que l’on s’y rende à moindre frais. 180 jours de voyage, 550 jours sur place et 180 jours pour revenir soit une mission de presque trois ans ! Autre solution, partir et ne pas revenir, encore plus insensé. Pourtant, certains y songent très sérieusement, des volontaires se sont déjà inscrits pour le projet nommé Mars One avec un départ prévu pour 2031. En utilisant des propulseurs ioniques, nucléaires et autres curiosités pas encore opérationnelles, la durée du voyage pourrait être notablement raccourcie. Mais cela reste encore de la science fiction.

Les risques de catastrophes lors d’un tel voyage spatial sont innombrables : éruption solaire, micro météorite, panne, pétage de plomb, toilettes bouchées, mauvaise injection orbitale, crash à l’arrivée, tempête martienne, rencontre du troisième pauvre type, élection de Trump (non ça c’est déjà fait), dépressurisation de l’habitacle, météorite (de plus en plus rare mais qui sait), panne sèche au décollage (y a pas de pompes là bas), cannibalisme (rien ne vaut un bon steak). Bref ce n’est pas gagné. A côté, une mission lunaire est une promenade de santé, sauf que, si on devait lancer une mission pour Lune à ce jour, nous n’en serions plus capable. Alors Mars…

Malgré tout ça, si on me proposait d’aller sur Mars, là aujourd’hui, est-ce que je dirai oui ? J’ai un boulot, une maison, une femme et deux ados, c’est le genres d’arguments qui motivent clairement à partir dans l’espace, quitte à ne pas revenir. Après je suis un peu asocial, et 910 jours avec les mêmes têtes, ça risque d’être dur, sauf s’il s’agit de 5 jeunes top modèles pas trop exigeantes et partageuses. Car un équipage, ça se construit intelligemment. C’est là que le bat blesse avec mon hypothétique participation au projet. C’est vrai je suis un climatologue, je pourrais travailler à la compréhension de l’atmosphère martienne et à la prévision de ses tempêtes redoutables. Sauf que j’ai déjà du mal à gérer le climat alsacien, alors martien…

Je ne pars pas battu, bien au contraire, d’ailleurs je suis en pleine négociation salariale avec Elon en ce moment. Mais en attendant mon ordre de mission, qui ne saurait tarder, je vais me revisionner Seul Sur Mars, Mission To Mars, John Carter, Planète Rouge, Total Recall, La Guerre Des Mondes, The Martians Chronicles, histoire de me préparer physiquement et mentalement.


Mars Panorama – Curiosity rover: Martian solar day 2

Idées noires

On m’accuse de pessimisme, de broyer du noir, de voir toujours le verre à moitié plein, c’est peut-être un peu vrai. Pourtant j’aime rire, je vous l’assure, la preuve, j’adore les Idées Noires de Franquin. Franquin, je l’ai découvert avec Gaston Lagaffe il y a très longtemps. Quand je suis tombé sur ses BDs, j’ai hurlé de rire pendant des nuits entières à lire et à relire ses gags. Et je hurle toujours de rire à chaque fois que je lis une planche de maître. Son génial personnage, fainéant, écolo, antimilitariste et naïf avec ses inventions farfelues, ses gaffes monumentales et ses coups de gueule, présente une facette du monde du travail que peu d’humoristes et dessinateurs ont su aussi bien croquer.

J’ai découvert le côté obscur de Franquin un peu plus tard, avec les idées noires. Là aussi j’ai ri, mais pas de la même façon. Dessins au Rotring, sujets douloureux, humour noir et grinçant, les Idées Noires sont l’autre facette de ce dessinateur de génie qu’est Franquin. Tout ce qui ne cadrait pas trop avec la ligne éditoriale du Journal de Spirou, il l’a exprimé dans un supplément plus adulte qui ne durera pas très longtemps hélas. Chasseurs, militaires, curés sont égratignés au fil des pages sans prendre de gants. Et des fois le propos est vraiment méchant, j’adore ça !

Cette BD, je l’ai longtemps cherchée dans les librairies d’occasion, mais peine perdue, édition originale hors de prix ou rééditions introuvables. C’est mon petit dernier, qui à Noël dernier, a dégoté la merveille pour son papounet adoré. Une réédition toute récente que je n’avais pas vu passer. Autant dire que je me suis jeté goulûment sur l’ouvrage et avec délectation, j’ai beaucoup ri, sans doute parce que c’est très noir. Et puis, récemment, je suis tombé sur Il Était Une Fois Idées Noires chez Fluide Glacial, une édition racontant la genèse de ces dessins en noir et blanc et dévoilant un peu l’artiste qu’était Franquin. Le Franquin dépressif est présenté ici sous au tout nouvel éclairage et les propos des dessinateurs qui ont travaillé avec lui ainsi que ses propres interviews dévoilent de nombreuses facettes d’un personnage que je ne connaissais pas si bien finalement. Le livre contient également de nombreuses planches tirées des Idées Noires et de collaborations diverses. Bref si comme moi vous avez tous les Gaston Lagaffe, les Idées Noires, quelques Spirou, ce bouquin, même s’il n’est pas indispensable devrait vous séduire.

Emmanuel Lepage

J’ai souvent rêvé de partir en Terre Adélie où à Kergelen pour une mission météorologique. Le désert glacé, la solitude, le froid, le vent, la neige à perte de vue, une des dernières terres d’aventures de la planète bleue. Ma passion pour le continent glacé m’a naturellement conduit vers un auteur de bandes dessinées né un peu plus de sept mois après moi dans la même ville de Bretagne, Saint-Brieuc. Son nom ? Emmanuel Lepage. J’ai découvert, un peu par hasard, son Voyage aux Iles de la Désolation en passant chez mon vendeur de BD préféré. Un reportage plus qu’une histoire sur un dessinateur (l’auteur lui-même) qui s’embarque à bord du Marion Dufresne, bateau qui a pour mission de ravitailler les bases françaises des terres australes. Histoire humaine, croquis pris sur le vif, aquarelles magnifiques, plus qu’une bande dessinée, il s’agit d’un livre à regarder et à rêver. Je venais de découvrir un auteur atypique dont je suis tombé amoureux.

Depuis j’ai lu d’autres BD du même auteur comme Un Printemps A Tchernobyl, Les Voyages d’Ulysse, La Lune est Blanche et d’autres. Le graphisme est toujours aussi beau, la narration particulière, une autre façon d’aborder la bande dessinée, qui devient plus un livre de peintures avec une histoire qu’une succession de bulles et de cases.