Votez pour moi

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Avez-vous lu l’Empereur dieu de Dune, cet improbable plaidoirie pour la dictature ou L’Automne du Patriarche de Gabriel Garcia Marques. Deux livres qui parlent de tyrans et de leur solitude face au pouvoir.

Et si le totalitarisme était la solution à nos démocraties moribondes ? Quelque part, nous le voyons bien, la démocratie ne tourne pas rond. Le peuple élit des représentants qui vont les gouverner et quelques mois plus tard ils veulent les guillotiner. Que comprendre ?

Les électeurs croient-ils au miroir aux alouettes de certains, les raccourcis populistes des autres ou ne lisent-ils pas les programmes tout simplement ? Lorsque nos politiques appliquent leur programme le peuple se soulève, lorsqu’il nous enfument, le peuple ne dit mot, ou presque.

Lors des dernières présidentielles, il y avait pléthore de candidats avec des programmes très divers, du plus musclé au plus social, de virons tous ces feignants de fonctionnaires à instaurons le revenu universel pour tous.

Après le premier tour, ne restaient que deux challengers, un petit jeune promettant de changer la politique et une vieille bique voulant quitter la zone Euro. Que choisir, le  fascisme, l’autarcie ou le pouvoir entre les mains des riches ? 

La démocratie permet de choisir entre la peste ou le choléra, qu’elle chance ! J’ai voté, la mort dans l’âme, pour nous éviter le pire, je ne regrette pas mon choix même si je le paye cher aujourd’hui.

Nous aurions un dictateur éclairé au pouvoir, un despote intelligent ayant, dans un sanglant coup d’état, décapité tous les démagogues, populistes et hypocrites, pris les rênes de l’état pour mettre en œuvre une politique, sans contestation possible, avec une armée forte derrière lui pour mater tout soupçon de révolte. Nous aurions peut-être cinquante années de prospérité ou d’horreur.

Les exemples ne manquent pas dans notre histoire, Staline, Hitler, Fidel Castro, Trump et qui sait un jour peut-être, Le Pen.

Finis les flashballs pour le retour au tir à balle réelle. Aménagement du Larzac pour créer des villages de rééducation sociale, censure de la presse pour mieux communiquer vers le peuple. Torture pour faire avouer les crimes. Peine de mort pour dissuader les criminels. Épuration ethnique pour retrouver le plein emploi. Rééducation par le travail, le philosophe devient maçon. Un monde parfait, où ordre et prospérité pourraient enfin voir le jour.

Et si nous donnions plutôt le pouvoir au peuple ? Pas le communisme, il a fait ses preuves, mais la consultation systématique de la base pour gouverner. En voilà une belle idée. Les suisses en sont de grands adeptes. Quid de ce fameux RIC demandé à corps et a cris par les gilets jaunes.

En voilà une idée séduisante, mais n’y aurait-il pas un risque ?

Vague de froid sur la France, on relance le nucléaire. Meurtre d’un enfant, on ressort la guillotine. Vol commis par un migrant, on ferme les frontières. Attentat au Bataclan, on incinère tout les fichés S. Prolifération de voiles dans les rues, on interdit les minarets. Hausse des prix, on augmente le SMIC. Comment éviter les propositions de lois démagogiques, épidermiques, à chaud ?

Le peuple est-il suffisamment éduqué pour gouverner ? Non disent certains. Nos dirigeants le pensent tellement fort. Ils méprisent tellement ces « sans dents » qui les ont placés au pouvoir. Ils leur expliquent que s’ils taxaient les riches, ceux-ci partiraient. Vous les pauvres, faites donc un effort enfin, sinon vous serez encore plus pauvres. Cynisme ? Même pas. 

Et si nous sortions du capitalisme, de la démocratie ? Si nous options pour la vie des Dépossédés d’Ursula le Guin, et son improbable anarchie planétaire ? Ni maître ni loi, chacun pour soi et que le plus fort gagne. Cette dernière phrase résume quand même bien le monde dans lequel nous vivons. Les puissants semble au dessus des règles écrites pour un peuple ignorant, l’argent est le pouvoir et la force fait loi.

Finalement Leto Atréïde n’était pas un monstre, s’il brûlait les historiens c’est qu’ils ne savaient rien du passé, s’il matait toute rébellion, c’est parce qu’il connaissait l’avenir. Des siècles de pouvoir sans partage pour préserver l’humanité du grand chaos. Peut-être nous faudrait-il un tel visionnaire pour conduire l’humanité.

Alors votez pour moi…

Groupies

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Avez-vous remarqué l’attrait qu’un jeune homme exerce sur les filles lorsqu’il chante avec une guitare acoustique ? Qu’il soit moche, qu’il chante faux, qu’il joue avec des moufles, elles se collent à lui comme des mouches.

Un vieux con avec du matos photos, qui soit fripé, mauvais ou très grognon, fait un peu le même effet, mais sur une tout autre population de personnes. Ces groupies, apprentis en photographie (ils on eu un boitier pour Noël), veulent absolument partager avec vous cette passion naissante (ils viennent de découvrir qu’il y a un flash sur leur reflex), comparer leur engin avec le votre (la longueur, ça compte énormément) et échanger sur les techniques de la photographie.

Honnêtement, je préférerai que ce soit de jolies filles voulant poser pour moi, mais bon.

J’ai certainement été comme eux, il n’y a pas si longtemps que ça, mais aujourd’hui, je dois avouer qu’ils me fatiguent un peu.

Lorsque j’arrive à un concert et que je déballe le matériel pour effectuer les premiers réglages, j’échappe rarement à la conversation stérile suivante :

Le groupie – ça doit faire de meilleur images qu’un iPhone votre appareil

“Rho putain c’est parti !”

Moi – oui et non, en fait ça n’a pas grand chose à voir, il est possible de faire de très bonnes photos avec un iPhone.

Le groupie – le problème c’est la lumière, c’est ça ?

“Ben oui, avec ton objectif ouvert à f 5.6 et ta vitesse à 1/800, ça doit être sombre mon gars, c’est clair”

Moi – l’ouverture fait beaucoup pour la lumière en effet.

Le groupie – oui, oui, la focale, et ta focale à toi c’est 800 ZO ?

“Je vais te la foutre dans la gueule ta focale moi.”

Moi – heu oui, c’est ça, 800 ISO.

Le groupie – et les réglages, c’est quoi, parce que le mode auto…

“Vroum vroum !”

Moi – manuel.

Le groupie – tout manuel ?

“Devine.”

Moi – ben oui.

Généralement la conversation s’épuise alors, mais il y a les coriaces. Ceux qui se lancent dans un débat sur les boîtiers argentiques alors qu’ils photographient en mode Auto sans même passer par un format RAW.

L’argentique c’est un peu de vinyle de la photographie, un sujet sans fond où chacun y va de ses arguments subjectifs. Sauf que je suis assez vieux pour avoir connu, photographié et développé en argentique. L’idéalisation de la pellicule Kodak T-MAX et des bains pour développer qui encombrement les toilettes, c’est bon, j’ai donné. Je suis très loin de maîtriser suffisamment les techniques de laboratoire pour approcher le travail que j’effectue sur du RAW avec Lightroom, alors passons.

Revenons aux casses-bonbons. Le plus souvent, ces gens lancent le sujet de la photographie pour dériver ensuite sur le réchauffement climatique (à croire que j’ai une tête de climatologue), le complot contre l’humanité, ces ondes qui nous contrôlent (faut croire que j’attire les cinglés) et j’en passe.

Cependant, quelques fois, je tombe sur un vrai photographe, un mec vraiment doué, qui avec un petit hybride et une optique passe partout va faire cent fois mieux que moi avec mes six kilos de d’équipement. Des personnes qui, patiemment, m’écoutent pérorer sur la photo alors qu’ils en savent bien plus que moi et possèdent un vrai talent.

Dans ces cas là, devinez qui est le casse-burnes ?

Va falloir que je me montre plus conciliant la prochaine fois avec l’emmerdeur de service qui m’abordera… Nous sommes tous l’emmerdeur de quelqu’un finalement.

I Will Survive

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J’ai percé des trous dans du placo, fixé une buttée de porte, changé une serrure, jeté du sel sur la neige, fabriqué des rondelles sur mesure, réparé des distributeurs de serviettes, installé un tableau blanc, posé des plaques au plafond, relevé le kilométrage des voitures, sali mon pantalon, lavé mes mains de nombreuses fois, enfilé une blouse bleue de travail, monté et descendu les marches de notre navire, parcouru ses coursives, donné des ampoules, du papier, des crayons… bref j’ai travaillé.

Étrange pourtant le regard que me porte certains collègues tout de même. Cela les gène de me voir en bleu de travail, chaussures de sécurité aux pieds, avec ma caisse à outils rouge, en train de démonter une poignée. Certains ricanent, d’autres m’évitent. 

Je suis le catégorie B+ qui a pris un travail de catégorie C pour sauver sa peau. (Traduction: j’ai troqué un poste BAC +2 pour emploi de CAP parce qu’on fermait mon poste). Quelques uns disent que j’ai fait un choix intelligent, d’autres se moquent. Ceux qui me voyaient comme un intello geek sont déroutés. Pourtant, ne suis-je pas le même ? L’habit ne fait pas le moine que je sache. Ce n’est pas parce que j’ai dû renoncer à un poste technique pour un travail non qualifié que je suis devenu une bûche si ? 

Je peux toujours donner des leçons de HTML, PHP, SQL, Java, algorithmie, analyse UML si on me le demande gentiment. Certes en bleu de travail, tournevis à la main, je semble moins prestigieux que devant quatre écrans 23 pouces, en train d’administrer un serveur WEB. Mais bon avais-je vraiment le choix ?

Il est vrai que nous vivons une drôle d’époque. Plus d’un tiers de l’équipage du navire devra changer d’affectation d’ici deux ans voire même quitter le navire. Les tensions son palpables et chacun essaye de trouver une place dans les canots de sauvetage, sauve qui peut, les femmes et les enfants d’abord, ben non justement…

Moi je suis devenu l’homme à tout faire de cette croisière transatlantique de luxe, un plombier électricien bricolo payé 2600 € net d’impôts. A ce prix là, je veux bien déboucher les toilettes, d’ailleurs je le fais.

Mais quand l’état demande aux fonctionnaires de peser moins dans les dépenses publiques, employer un chef technicien climatologue et informaticien à déboucher des chiottes, est-ce bien raisonnable, surtout avec l’argent du contribuable qui bloque les ronds points en gilet jaune ? Traverse la rue qu’il disait. Ben c’est fait.

Les bisounours

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“Je t’aime”, “tu vas mourir”, “je t’ai quitté”, “me revoilà”, “voici ton fils”, “j’étais enceinte quand je suis partie”, “je m’en vais”, “parle moi”, “tu me cache des choses”, “la famille est enfin réunie”, “maman”, “papa”, “je suis malade”, “tout est de ma faute”…

Les américains ont tendance parfois à mélanger série TV de supers héros avec Les Feux de l’Amour. La saison 2 de Flash n’y échappe pas.

Cette fois, nous avons trois supersoniques : un grand niais avec un casque franchement moche et qui, comble du ridicule, a perdu ses pouvoirs. Le second, le grand méchant, est affublé du surnom pathétique de Zoom et le troisième n’est autre que notre gentil Flash. Le docteur Wells est de retour après être mort – heu ? – enfin son double venu d’un monde parallèle nommé super intelligemment Terre 2. Ha… c’est plus clair expliqué ainsi. En bonus vous avez la femme du flic qui était censée être morte mais qui va mourir et son fils caché qui viennent compléter la panoplie, sans oublier la nouvelle de tentative  sexuelle de notre héro, qui comme on s’en doute, va finir en fiasco.

Et tout ce petit monde s’aime, se déteste, une grande saga tragico comique familiale sur fond de métas humains zarbis et d’immortels moisis. Ça cause, ça cause, mais ça ne fait pas grand chose. La saison 2 de Flash est celle des états d’âme plus que celle de l’action. Dommage car la saison 1 tenait un bon rythme, entre humour, séduction, action. 

La saison rebondit lorsque que nos héros passent enfin le portail pour aller sauver la fille du professeur Wells (un boudin au passage). Les choses deviennent vraiment sympa, le ton se fait moins sérieux et l’action est au rendez-vous. La suite connaît quelques épisodes soporifiques, quand notre héro perd ses pouvoirs et entre dans la vitesse pure, mais dans l’ensemble, on retrouve le rythme de la saison 1. Tout s’achève comme tout à commencé, la saison 3 s’annonçant comme un reboot, alors parés ? Nous allons d’abord regarder la saison 2 de 10 % avant d’enchaîner sur Au service de la France.

Le roi des cons

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Je déteste le début de l’année. Après quelques journées de vacances méritées inondées cinq heures de grisaille et cinq minutes de soleil, couché sous la couette à cause d’une angine qui se transforme et trachéite aiguë, il faut retourner au travail, plus épuisé qu’avant les fêtes.

A peine arrivé au bureau, les collègues, qui ne vous avaient pas manqué, se jettent sur vous pour vous souhaiter la bonne année. Comment font-ils pour se souvenir, une semaine après le premier janvier, qu’ils ne vous ont pas souhaité la bonne année ? Moi je suis capable de dire bonjour trois fois à la même personne au cours de la journée. Echange de microbes, ça tombe bien, j’en ai à revendre. Bonne année, parlons-en, sûr qu’elle va être bonne les gars, la direction ferme vos postes, vous n’êtes pas au courant ? Pas grave, y a la galette.

Ho putain ! Je l’avais oublié celle-là, la machine à fric du boulanger. Ok, la première, en famille, elle est sympa, débordant de frangipane, avec son verre de crémant. Oui Monsieur, ici en Alsace nous buvons du crémant, c’est dégueulasse mais c’est local, je préférerais de loin une bolée de cidre, mais je ne suis plus en Bretagne, alors je m’adapte.

La seconde, nous la mangeons chez un ami, une tradition séculaire, une fois chez nous, une fois chez lui avec un thé vert, le thé c’est bon. Vient ensuite un weekend marathon avec deux galettes, un vieux couple d’amis (dans les deux sens du terme) d’abord et le lendemain, alors que la migraine me donne la nausée, une seconde orgie de frangipane dans la famille.

La cinquième se déguste après les vœux de collègues, au travail, “et la santé surtout !”, “connard”… Une galette au café, la première d’une terrible série qui durera quinze jours. L’imbécile qui s’est cassé la dent sur la fève en forme de smiley se doit d’en apporter une autre le lendemain. Parfois ce sont des pommes, moins cher et plus digeste, parfois de la frangipane immangeable, encore moins cher, parfois les deux, ignoble. Cinq jours de ce traitement, huit galettes… Le pire c’est qu’à l’heure du café, le lundi suivant, l’estomac conditionné par ce traitement, réclame bien vite sa part de galette et, l’organisme en manque de matières grasses sucrées, gargouille jusqu’au repas de midi.

Puis vient la galette officielle, celle de la direction, qui pendant deux heures nous présente ses vœux et nous explique les efforts que nous devrons consentir pendant cette nouvelle année : les fermetures de postes, l’avenir de la maison, les reconversions, les mutations inévitables. Une heure de ce discours et vous n’auriez plus faim, deux, c’est l’horreur, tout juste si certains ne partent pas vomir ou pleurer dans les toilettes pendant la présentation. Nous sommes tous là comme des imbéciles à écouter la bonne parole espérant que, tel un messie, que le directeur nous sauvera : Matthieu (24-25)… Nauséeux, le corps saturé de sucre, d’amandes, de beurre, flottants sur du Champomy, nous quittons la salle, écœurés, autant par le programme des festivités à venir que par la pâtisserie. Il s’agissait de la treizième galette 2019, celle qui porte malheur.

La nouveauté

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J’aime la nouveauté.

J’adore découvrir une série télé, la première saison. Dès la seconde, il arrive fréquemment que je m’ennuie. Dans un Marvel, ce qui m’intéresse, c’est le moment où l’homme se transforme en super héro, après, je m’en tape un peu. La découverte d’un groupe de rock est toujours un bonheur, une surprise, je m’enthousiasme pour l’album que j’écoute, mais lorsque j’explore ensuite le reste de leur discographie, mon engouement premier retombe parfois. Pour les jeux vidéos, c’est la même chose, je m’amuse les premières heures mais il est rare que j’aille jusqu’à la fin, préférant explorer un nouveau game play, un nouvel univers.

L’ennui me gagne rapidement.

Paradoxalement je suis un affreux pantouflard, qui aime rester chez lui, faire les mêmes promenades encore et encore, revoir des films vus des dizaines de fois et qui partage sa vie avec la même personne depuis maintenant près de trente années. Je suis également fidèle en musique (40 années de rock progressif), en lecture avec les auteurs dont je lis tout, vraiment tout.

Je me passionne soudain pour un sujet, le jeu de rôle, le celtisme, la musique, l’astronomie, la littérature médiévale, le mégalithisme, l’informatique, la photographie et j’y consacre tout mon temps, mon énergie et mes économies avant de passer à autre chose. Je ne vais jamais franchement jusqu’au fond du sujet, effleurant la question jusqu’aux premières vraies difficultés qui me rebutent.

Je suis surtout un flemmard.

Au travail je m’ennuie vite également. Combien de postes ai-je occupé depuis mon entrée dans l’administration ? Observateur, prévisionniste, informaticien, climatologue, programmeur, chargé d’études, responsable réseau, chargé de support… Presque à chaque fois, je suis content de changer de travail, de bureau, de collègues et au bout de quelques mois, l’ennui me gagne à nouveau.

J’ai la chance de vivre l’AP 2022, programme, qui depuis un an et demi, nous donne une visibilité de quelques trimestres sur le poste que nous occupons et sur l’organisation géographique de nos activités.

Finalement c’est cool de changer tout le temps.

Après avoir programmé sur des technologies de pointe, je sale les accès des bâtiments lorsqu’il neige, je déplace des armoires, j’immobilise des achats, je réceptionne les colis et j’ouvre la porte au facteur à 15h45. J’ai un nouveau bureau tout neuf qui vient hélas d’être inondé.

Je ne sais vraiment pas pourquoi notre navire (le bâtiment ressemble vaguement à un bateau vu de haut) prend l’eau, au sens littéral comme figuré, mais, si nous faisons rien nous allons sombrer. Les fenêtres, récemment remplacées, laissent passer la pluie, comme cela vient de se produire dans mon bureau. L’étanchéité du toit, refaite plusieurs fois en peu de temps, ne semble guère efficace et à chaque orage, plusieurs bureaux sont noyés sous les eaux diluviennes. Ridicule pour un service météorologique. Les agents, plus liquides encore que l’eau, fuitent vers d’autres services, s’enfuient face au raz de marée de la réorganisation. Les anciens partent à la retraite. C’est la débandade et rien ne vient remplir les locaux à part de l’eau qui s’insinue dans les bureaux déserts les jours d’averses.

Hier trois occupants pour 10m², les uns sur les autres, aujourd’hui une seule personne devant trois ordinateurs éteints. Une pièce sur trois est vide, nous souffrons de trop d’espace et de trop de silence. Nous revendons les meubles devenus inutiles, achetés à prix d’or sur des marchés nationaux. Nous démontons les bureaux, nous déplaçons les armoires, nous vidons le France pour le vendre à la ferraille.

Tout bien considéré, même la nouveauté je me lasse.

Stars die

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Samedi dernier, je me rendais à la Laiterie à Strasbourg pour couvrir le concert de Steven Wilson pour un autre webzine.

Quoi ? Comment ça je travaille pour la concurrence ? Oui, je suis un vendu… Je respecte beaucoup le travail et je lis régulièrement le webzine en question – dont je tairais le nom pour ne pas leur faire de tord – . Ils n’avaient pas de photographe pour shooter le concert de Wilson à Strasbourg. Ils m’ont demandé gentiment et j’ai accepté avec plaisir. Honnêtement, je n’aurais pas été à ce concert sinon, l’ayant vu dans d’excellentes conditions à Fribourg cet été. La Laiterie à guichet fermé est plus étroite qu’une boite de sardines conditionnée avec 15% de rab.

Donc me voilà, un pass photo en main, un sac de plusieurs kilos sur le dos, prêt pour trois morceaux et puis dégage. Trois morceaux ? Non deux, ce soir, ce sera seulement deux morceaux. Wilson fait sa loi. Sachant qu’il aime bien tendre un voile entre le public et ses musiciens pendant son show, je suis un tantinet inquiet et lorsque que je rentre dans la salle, je prends peur. Le rideau translucide est bien là, descendu jusque environ 1.40 m du sol. La galère. Mais rassurons nous, il va bien le lever ce foutu rideau,
après le premier titre, comme à Fribourg. L’espoir fait vivre.

Un titre, deux titres, le rideau ne bouge pas d’un centimètre. Vautré par terre, je tente de trouver un angle favorable entre la base du rideau et la scène pour photographier la star. Rien à faire, même au 200 mm il me manque toujours un bout de crâne. En dix minutes je gâche 60 clichés moisis et torture mon hernie discale en salissant mon jean. Le webzine va adorer mes images… 

Bien évidemment, passé le second morceau, lorsque les gentils vigiles nous font signe qu’il faut dégager, devinez qui se lève ? Le rideau bien sûr…

Le concert se joue à guichet fermé. La Laiterie est bondée, impossible de se glisser dans le public avec deux APN et un gros sac à dos pour voler quelques photographies à la sauvette. Je ne peux même pas décemment profiter du concert, sauf du bar, affligeant. Trois heures il a dit le Steven ? Pas de Paul Draper en première partie, pas de photos acceptables, 180 minutes dans un hall plein de courants d’air à écouter les basses résonner sur les murs, sincèrement je préfère rentrer me glisser au chaud sous la couette.

Qu’un artiste ne veuille pas qu’on le photographie, je peux comprendre à la rigueur, pas de problème, moi-même je déteste être enfermé dans la boite à images. Mais que l’on invite des photographes à venir à un concert, même pour shooter pendant deux morceaux et que l’on fasse tout son possible pour les décourager de fabriquer un beau cliché, je trouve cela absolument débile, irrespectueux, même insultant.

La plus grande part des photographes comme moi font des photos pour assurer la promotion des artistes, rédiger des live reports, faire rêver ceux qui n’ont pas pu aller au concert, donner envie aux autres de s’y rendre. Nous ne gagnons pas d’argent avec nos clichés, nous faisons ça pour le plaisir.

Protection rapprochée

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L’an passé, un réparateur d’ordinateur me recommandait PcProtect pour protéger mon ordinateur, car sous Windows, sans antivirus point de salut. L’antivirus étant un facteur non négligeable de ralentissement de la machine sans parler de toutes les mises à jours qui consomment du CPU en permanence, autant bien choisir. 

Donc confiant – le gars avait bien bossé sur ma machine, lui donnant un second souffle – je vire Avast, installe PCProtect et paye 31 € pour une année d’abonnement sur leur site. L’antivirus semble fonctionner, tout comme Avast d’ailleurs qui, notons le est gratuit dans sa version de base.

Hélas, quelques jours après une mise à jour Windows 10, je découvre que PCProtect ne me protège plus. Le service après vente contacté sous entend que j’ai installé un second antivirus sur ma machine, ben voyons… je suis stupide mais quand même, et puis, j’ai été admin Windows NT dans ma jeunesse, il ne faudrait tout de même pas me prendre pour un béotien en informatique… Bref. Je finis par désinstaller PCProtect et le réinstaller pour que tout revienne à la normale. 

L’incident se répète presque à chaque mise à jour Windows 10 et souvent, pendant quelques jours je suis sans protection avant de découvrir à nouveau l’anomalie. 

Fatigué du couple infernal Windows 10 et PCProtect, je désinstalle l’antivirus et remet Avast à la place. Tout va soudain beaucoup mieux. Je suis protégé en permanence et gratuitement.

Mais, surprise, en faisant mes comptes en janvier, je découvre un débit imprévu de 118.80 € sur mon compte. PCProtect ! Mais heu ? Je vais sur leur site et découvre que le 2 décembre 2018, ils ont, sans m’en informer, renouvelé mon abonnement et prélevé 118.80 € sur le compte bancaire avec ma carte. 


Bonjour,


J’ai découvert ce jour, en consultant mes relevés de comptes, que vous m’avez facturé automatiquement 118.80 € le 02/12/2018.
Je n’ai été averti par vos services à aucun moment d’un éventuel renouvellement de mon abonnement et je n’utilise plus votre antivirus  depuis plusieurs mois déjà.

Je vous prierai de bien vouloir rembourser ce montant dans les plus brefs délais.
Cordialement

A cette date PCProtect était déjà de la préhistoire pour moi d’où ma surprise. Je contacte donc poliment leur support, les informant que je n’ai jamais souscrit pour une année supplémentaire, que je n’ai pas autorisé le débit des 118.80 € et que je n’utilise plus leur antivirus depuis plusieurs mois. 


Salut Le Brun,
Je m’appelle Elaine F. Riney et je suis membre de l’équipe de conservation de la clientèle de PCProtect Antivirus.
Votre demande de renseignements récente concernant la facturation m’a été transmise et je voulais contacter personnellement pour vous aider à répondre à toutes vos préoccupations.
Après avoir localisé l’historique de votre compte, je constate que vous avez acheté le package Antivirus Pro de 12 mois le 2 décembre 2017.
Nos archives indiquent que vous utilisez activement notre logiciel antivirus en temps réel sur votre ordinateur Windows 10.
Le Brun, en tant que nouveau client, vous aurez droit à une remise de lancement qui, une fois renouvelée, sera rétablie au taux normal.
Cela dit, je vous ai accordé un remboursement partiel de 96,00 € pour vous garder avec nous.
Cela signifie que vous ne payerez plus que 22,80 € pour une protection supplémentaire contre les programmes malveillants de 12 mois.
S’il vous plaît laissez-moi savoir si vous n’êtes pas satisfait de cette résolution.
Passez une bonne journée,
Elaine F. Riney 
Représentant du service à la clientèle, 
PCProtect

Vingt quatre heures plus tard ils me renvoient un courriel. Ils me proposent alors une grosse réduction, très grosse, ce à quoi je réponds fermement que je veux un remboursement complet de leur prélèvement. 



Bonjour Madame Riney,

J’ai désinstallé PCProtect il y a plusieurs mois et l’ai remplacé par Avast.
Je n’avais pas été sur le site pcprotect.com pour retirer mon ordinateur des appareils utilisant votre antivirus, ignorant qu’il y avait un renouvellement automatique de l’abonnement à l’antivirus.
Je ne désire pas utiliser votre produit, qui lors des mises à jours Windows 10, se désactive sans prévenir et qui nécessite alors une réinstallation du produit.
N’ayant pas été informé d’un éventuel renouvellement de l’abonnement, je vous demanderai de résilier mon abonnement et de rembourser au plus vite les 118.80 € débités le 2/12/2018 sans mon consentement.


Cordialement

Le lendemain je reçois leur réponse, ils me remboursent. Enfin, d’ici quelques jours.

Salut Jean-Christophe,
Merci pour votre réponse.
Je peux confirmer que votre compte PCProtect a été entièrement annulé et qu’aucun autre paiement ne sera effectué.
Le montant total de 118,80 € a été remboursé. Le remboursement devrait apparaître sur votre compte dans les prochaines 48 heures. Toutefois, cela peut prendre jusqu’à 7 jours ouvrables en fonction de votre banque; ne vous inquiétez pas si cela prend un peu plus longtemps.
S’il vous plaît laissez-moi savoir s’il y a quelque chose d’autre, je peux vous aider avec.
Sincères amitiés, 
Jay Sparks 
Représentant du service à la clientèle, 
PCProtect

Honnêtement, trouvez-vous ces pratiques correctes ? Cela s’apparente à de la vente forcée. Vous achetez un produit et sans en être informé, vous vous retrouvez avec un renouvellement automatique annuel et un prix multiplié par quatre. En creusant dans les recoins du site PCProtect vous trouverez peut-être, avec beaucoup de patience, comment annuler votre abonnement. Croyez -moi c’est tordu, et si vous n’allez pas sur leur site, que vous désinstallez l’antivirus et que vous ne suivez pas scrupuleusement vos comptes, vous serez débité de montants farfelus sans y prendre garde.

Microsoft pratique également cet exercice pour l’abonnement en ligne de la XBox. Si vous le souscrivez pour un mois, ils renouvellent automatiquement l’abonnement le mois suivant, mais au moins là, vous êtes prévenus, même si, pour mettre fin au renouvellement automatique, vous devrez là encore vous accrocher.

Cabossage

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Nous vivons dans un bien étrange monde et une drôle d’époque. Pour protéger nos vies, nos biens, nous souscrivons des assurances en quantité, mais lorsqu’un jour survient un problème, nous découvrons la futilité de ces choses.

Fin novembre, une voiture en marche arrière emboutissait la notre, défonçant la porte arrière. 

L’homme au volant, après s’être énervé, donne finalement son numéro de téléphone et assure qu’il passera le soir remplir le constat (nous n’en avions pas sur nous). 

Le dit soir, pas de nouvelles. A force relancer le bonhomme, il nous annonce qu’il avait trop de travail. Rendez-vous est pris pour le surlendemain matin, mais pas de chance, il a du conduire sa fille à l’hôpital. Vraiment pas de chance… Il promet de venir le lendemain soir. 

Entretemps nous prévenons l’assurance et découvrons que la voiture qu’il conduisait n’est pas son véhicule, le problème se précise.

Le lendemain soir, avec du retard, l’homme se présente finalement à la maison, mais sans papiers et refusant de remplir le constat à l’amiable. Il nous propose cependant de remplacer la porte lui-même. Soit.

Nous sommes des personnes naïves, pas assez méfiantes, avec un minimum de foi en l’être humain, et c’est une grave erreur.

Nous lui laissons quinze jours, lui faisant signer tout de même au passage un document comme quoi il a bien endommagé la voiture et qu’il s’engage à la réparer sous quinzaine. 

Quinze jours passent, pas de nouvelles malgré nos relances, l’homme ne répond plus à nos appels ni à nos messages.

Nous revenons donc vers l’assurance, qui, avec les documents en main, nous informe qu’il n’y a pas délit de fuite et qu’elle ne peut pas se retourner contre le conducteur.

Nous allons donc porter plainte à la Police, mais celle-ci nous tient à peu de choses près le même discours, la plainte ne changera rien.

La plainte sera devant un magistrat, avec un peu de chance, au printemps prochain, et il donnera peut-être sa réponse d’ici un an, avec un beaucoup de chance. 

D’ici là la voiture aura du passer au contrôle technique et nous aurons du, au préalable, remplacer la porte endommagée à nos frais.

Bien entendu nous pourrions faire marcher l’assurance, mais dans ce cas, l’augmentation de la cotisation ajoutée à la franchise nous coûterait plus cher que la réparation.

Moralité, même si la Police et la Justice existent, même si vous êtes assuré tout risque dans une bonne assurance, et que quelqu’un défonce votre voiture, vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer si le conducteur du véhicule incriminé est malhonnête. Il y a quelque part des choses qui m’échappent dans les lois et règlements des assurances. Cela donnerait presque envie d’aller chez le bonhomme lui défoncer sa voiture, mais voila, non, nous, nous sommes des honnêtes gens trop cons.

Mes bonnes résolutions

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Le début de l’année est un bon moment pour décider de la conduite à tenir pour les 365 jours qui viennent. Après un bilan consternant, voici mes bonnes résolutions 2019 :

Boire plus, car une dizaine de bières et trois verre de vin par an, ce n’est pas assez.

Grossir. Avec mes 60 kilos tout habillé, lorsque le vent souffle en rafale, je m’envole.

Dire du mal des autres, car on ne le fait jamais assez. Et quand je pense à toutes les crasses qu’ils doivent balancer dans mon dos, j’ai de la marge.

Finir les travaux de cette fichue salle de bain avant la retraite, je n’ai pas envie d’être emmerdé par ce genres de choses à 70 ans.

Ne pas faire de sport, ça fait vraiment mal.

Ajouter « is tique » à l’extension de tous les fichiers log de mon serveur, histoire de me souvenir que je ne suis plus informaticien mais magasinier.

Débrancher internet et aller voir mes amis, encore faut-il que je souvienne qui sont mes amis.

Changer de médecin généraliste car à ce train là, c’est à l’autopsie que l’on découvrira de quoi je souffrais.

Arrêter de me plaindre constamment, oui mais bon, si je ne le fais pas, qui s’en chargera ? Bon, je vais me plaindre de manière plus convaincante alors.

Positiver. Cesser d’être l’oiseau de mauvaises augures. Il est possible que mes idées noires influent sur le destin de la planète.

Ne plus mettre de gilet jaune pour aller travailler à vélo. Mare de recevoir le soutient des brûleurs de CO², c’est pas le but, c’est pour éviter qu’ils m’écrasent. En plus, un jour, je risque de me faire arrêter pour activisme passif.

Ne pas prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir, je ne les tiens jamais.