Genesis

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Nous ne parlerons pas du groupe qui a suscité ma passion musicale, pas plus d’un film affligeant. Nous parlerons de Muse, non pas le groupe, La Muse, celle qui fait qu’un écrivain noirci une page, qu’un peintre barbouille une toile, qu’un musicien ordonne le chaos. Nous parlerons surtout de moi et de mes notes de blog ce qui est bien moins intéressant.

Quand trouve-je donc l’inspiration pour écrire ? Attention, comprenons-nous bien, contrairement à ce que voudrait bien faire croire l’introduction, je ne suis pas un artiste, juste un pauvre gars qui a besoin de s’épancher – mais n’est-ce pas ça justement un artiste ? non, catégoriquement non -, où en étais-je, oui, donc non je ne suis pas un artiste.

Mais où trouve-je mes idées d’article ? Car sachez-le, le matin debout 6h, 7h au travail, retour 16h, 16h – 19h gestion du webzine, 20h30, série télé, concert, livre ou migraine, 21h30 dodo, 6h debout, 7h travail, oui enfin vous avez compris. Le week-end webzine, lessives, ménage, bricolage, jardinage, musique, concert, photo, shopping, ballade, dodo. Pas de temps pour trouver l’inspiration, celle-ci ne vient que lorsque tout s’apaise. 

Au dodo ? Surtout pas malheureux, cela arrive parfois, et tant que je n’ai pas noté l’idée que me trotte dans la tête impossible de dormir. En écoutant de la musique ? Jamais, la musique accapare tout mon cerveau, même une musique de fond dans un restaurant n’échappe pas à une étude en règle, comme la musique d’ascenseur, ma vie sonore est un véritable enfer en vérité.

Alors quand, quand suis-je donc au calme, l’esprit au repos, pas perturbé par des bruits, des odeurs, des soucis ? Vous y pensez, je le vois bien, mais vous n’osez pas le dire, n’est-ce pas ? Mais relisez bien la phrase précédente, j’ai écrit pas de bruit, pas d’odeur et désolé mais sur le trône, c’est loin d’être ce lieu de quiétude tant rêvé, enfin pas pour moi, je ne comprends d’ailleurs pas que des gens puissent s’installer là et lire, une BD par exemple. D’ailleur le premier abruti qui prend une de mes BDs pour aller vider ses intestins, ça chiera pour lui, les BDs, les livres, les CDs, les vinyles, c’est sacré pour moi. Oui je suis un peu matérialiste, rien qu’un peu.

Alors où ? En mangeant ? Non, pas le temps. En conduisant ? Non plus, mon cerveau est trop concentré à ne pas tuer les gens pour penser à autre chose. En cuisinant ? Non, je ne cuisine pas. En rendant hommage à la beauté féminine ? Heu non plus, je n’écrirai pas autant de notes de blog. En jardinant ? Non, je passe mon temps à empêcher les limaces de bouffer la récolte et à dire au chat d’aller faire ses besoins ailleurs. A ce propos, quelqu’un veut-il manger une de mes délicieuses salades ?

Il ne reste dans ma vie qu’un seul havre de paix, une fois par jour, un moment où personne ne me dérange, un moment de bien être, de détente, de solitude, voir d’ennui puisqu’il y a peu à faire, il s’agit de la douche.

Oui, c’est nu, trempé par les gouttes chaudes qui ruissellent sur mon corps bronzé et musclé, que je trouve l’inspiration – à quelques détails insignifiants près, ce que j’écris est exact ici – de courtes minutes sensuelles dans la buée, le savon glissant sur mes membres (oui comme tout le monde j’en ai quatre, pas vous ?), le shampooing piquant mes yeux, l’eau passant de bouillante à glaciale, de Karcher au goutte à goutte, que je trouve soudain l’idée. En quelques seconde, détendu, mon cerveau retourne les situations risibles, pénibles, instructives de la journée et une idée émerge, parfois même deux et je me dépêche alors de couper le robinet, de sortir de la douche, de sécher mon corps d’athlète, de passer un peignoir afin de pouvoir prendre mon téléphone portable et taper d’un doigt les mots que vous lirez parfois des semaines plus tard. Oui les chroniques sont couchées sur le papier, les notes de blog sur iPhone, ainsi va la vie.

Si l’idée née de la douche donne l’élan, il arrive quelle dérive beaucoup sous mes doigts, dénaturant parfois totalement l’inspiration initiale, car j’écris pour le plaisir d’écrire. Je commence une phrase et les mots viennent souvent tout seuls, incontrôlables, doués d’une vie propre. Si je voulais parler d’un concert classique, je me retrouve à ergoter sur les blogueurs et ainsi de suite.

Pour écrire un roman, il me faudrait une piscine et des journées de quarante-huit heures.

Mécénat ?

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Jean-Pierre Louveton (JPL, Némo) lançait un intéressant débat il y a peu dans sa lettre d’information. Comment rétribuer aujourd’hui les musiciens ?

Au moyen âge, les seigneurs offraient le gîte et le couvert aux troubadours et parfois même quelques menues piécettes pour distraire les banquets dans les salles parcourues de courants d’air des châteaux et des manoirs. Maigre rétribution, mais à cette époque, il ne fallait pas faire le difficile.

Les grands compositeurs classiques vécurent bien souvent grâce à des mécènes, des princes, des rois, qui faisaient venir les artistes à leur cour pour qu’ils composent des oeuvres. Cela était de bon ton d’aider la création. Un statut très précaire car le musicien devait plaire à son hôte pour ne pas tomber en disgrâce et aller mendier ailleurs.

Les rockeurs s’enrichirent grace à des contrats signés avec de grandes maisons de disques, à leurs millions d’idoles, à des concerts et des galettes vendues de part le monde et aux radios qui passaient leur musique en boucle sur les ondes.

Aujourd’hui, à l’ère du numérique, les musiciens sont partout, internationaux, si loin et si proches, si nombreux surtout. La musique circule plus sur la fibre que sur les ondes, en streaming, en téléchargement, souvent gratuite, souvent volée si on sait où chercher. Les maisons de disques ne signent plus que des valeurs sures, le risque n’est plus permis. Les autres se débrouillent comme ils peuvent, enregistrent à la maison, déposent leurs mois de travail sur des plateformes numériques et récoltent quelques miettes.

Comment peut-on aujourd’hui aider la création musicale ? Comment offrir le gîte et le couvert à ces troubadours du vingt-et-unième siècle ? Les maisons de disques leur tournent le dos, les plateforme de streaming leur offrent l’obole, les salopards leur volent leur travail, les réduisant à la mendicité musicale.

Quelques solutions existent, le Patreon (un modèle proche du mécénat), les financements participatifs, des éditions limitées spéciales, le merchandising. Encore faut-il réussir à faire entendre sa voix au milieu de toutes les autres, réussir à se distinguer, convaincre. Un album coûte beaucoup d’argent pour être enregistré, mixé, masteurisé, pressé, distribué, mais ceci n’est que le sommet de l’iceberg puisque avant cette étape, il a fallu que les artistes écrivent et composent, des mois de travail, parfois des années non rétribuées.

Souvent, les gens s’imaginent que la vie d’artiste c’est sex, drugs and rock & roll. Le plus souvent cela ressemble plutôt à métro boulot compo dodo, où le boulot paye les factures, remplit le frigo quand la musique réduit d’autant l’espace pour le dodo. Combien gagne un artiste sur le CD acheté à la FNAC ? Un, deux euros ? Combien gagne un groupe lorsqu’il joue dans une salle ? Un coupon bière et un sandwich jambon beurre ? Souvent les musiciens ne sont même pas remboursés de leurs frais de déplacement et perdent de l’argent en jouant devant vous. “Oui mais ils réalisent leur rêve” disent les imbéciles, oui ils réalisent mais à quel prix ? Ils se font avoir pour jouer une heure à cinq cent kilomètres de chez eux devant des spectateurs qui à la fin du concert n’achèteront même pas leur dernier album.

Pour ma part, j’achète la musique, les CDs, les vinyles, les éditions deluxe. “Oui mais toi tu es un chroniqueur, tu reçois de la musique gratis.”. Exact du con, je reçois du mp3, et lorsque j’aime l’album, je l’achète, même si je l’ai déjà en mp3, histoire de soutenir la création, les petits labels et leurs artistes. Je vais aux concerts aussi, quand je suis suffisamment en forme. “Oui mais toi tu es invité à tous les concerts.”. Invité parfois du gland, souvent là où je ne peux pas aller, souvent pour écouter un artiste que je n’aurai pas été écouter, pour faire une interview, un live report et des photographies, une bonne semaine de travail pour une place à vingt euros offerte sans parler de l’essence et du prix de la chambre d’hôtel que je paye de ma poche. Et surtout, je participe à de nombreux crowdfundings, finançant des albums pas encore composés, et qui ne le seront peut-être jamais, tout dépendra de vous, de votre générosité. C’est une manière comme une autre d’être un mécène, vous donnez de l’argent en échange d’un futur album, vous payez l’enregistrement en studio, le pressage, éventuellement une campagne de promotion, une tournée et vous recevez en échange un CD, certainement acheté plus cher que sur iTunes mais vous avez la satisfaction d’avoir contribué à une noble cause. Je suis chroniqueur, je reçois des promotions mais je soutiens les artistes.

Pour te répondre Jean-Pierre, l’adhésion à une association ce n’est pas mon truc, mais si c’est pour financer la création artistique, à la manière d’un Patreon, pourquoi pas. Des éditions signées plus cher, oui, n’hésite pas, tout le monde le fait maintenant, et cela ne me choque pas, ce sont celles que je commande à chaque fois. Des produits dérivés, oui, bien que je préfère des éditions plus luxueuses ou simplement un texte de chanson écrit à la main, parce que à la fin, tee shirts et mugs débordent sur les étagères. Mais pourquoi ne pas lancer une souscription comme l’avait fait Marillion pour Anoracknophobia, une souscription donnant accès à une édition limitée, te permettant de financer ton travail ou partie des mois avant la sortie de l’album ?

Idéalement il faudrait que certains “fans” comprennent que la majorité des musiciens vivent grace à un autre travail. J’ai en tête plein de noms de musiciens célèbres qui m’ont avoué être plombier, informaticien, commercial la semaine et batteur, chanteur, guitariste le weekend. La musique n’existe que par la passion de ceux qui la crée, de ceux qui en parlent, ceux qui l’écoutent. Ce n’est pas, sauf pour une minorité, une profession. Et pour continuer d’en profiter encore longtemps, il faut aider les groupes, acheter leur musique, ne pas la pirater, aller l’écouter en live, leur donner envie de continuer.

Quelques crowfundings auxquels j’ai participé

  • Fleesh
  • Brieg Guerveno
  • Galaad
  • Amphetamin
  • anasazi
  • Cloud Cuckoo Land
  • Coda
  • Morrighans
  • Gens de La Lune
  • Damian Wilson
  • Wilson & Wakeman
  • Innerspace
  • Steve Rothery

De la pub sur mon mur

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Il m’arrive bien de grignoter quelques biscuits #Lu de temps à autre, surtout au travail, lors de la pause café de 9h00, par contre je ne mange presque jamais de chocolat #CôtedOr pour m’épargner de régulières et violente crises de migraines. Je ne suis pas musicien et si je l’avais été, j’aurais certainement joué des claviers et non de la guitare #MyGuitar. Je ne bois pas de bière bon marché #Pelford, même pendant les concerts. Mes courses, je les fait à Auchan #Carrefour car c’est le magasin le plus proche de chez moi et que je déteste perdre mon temps à cette activité. Je ne vais pas au cinéma #TwoDoorCinemaClub, j’ai un vidéo projecteur, un home cinéma et un écran de deux mètres vingt dans une pièce dédiée à cet usage, en plus je ne suis pas impatient de voir un film, j’attend qu’il soit édité en Blu-Ray et si je participe à de nombreux financement participatifs c’est mon problème #ILoveCrowdfunding. Je me déplace principalement à vélo, parfois en Logan pour les longues distances et je déteste les motos #TriumphMotorcycles. Mon chat ? il mange des croquettes et de la pâté pour chat, comme tous les chats. Je ne l’emmène pas dans des bars à chats, des hôtels à chats, chez un kiné pour chat et son alimentation n’a rien de bio éthique bobo, s’il n’est pas content, il n’a qu’à chasser #NakuAlimentationNaturellePourChiensEtChats. Oui c’est vrai, je suis sensible à l’écologie, aux économies d’énergies #CampagneNationaleDéconomieDénergie mais je n’ai pas besoin d’une campagne pour faire attention, je chauffe peu, je roule peu, je coupe l’éclairage dans les pièces vides. #OnATousUnCôtéFoot, ben non justement, j’emmerde les footeux, leurs gueulantes, leur sport débile, leur engouement pour une équipe, tout l’argent gâché pour faire oublier au peuple que tout va mal et que la planète se réchauffe, du pain et des jeux, plus de deux-milles ans plus tard, nous en sommes toujours au même point, affligeant. La sérénité, vous voulez que je vous en parle de la sérénité #SerenityCoachInstitut ? avec un employeur qui essaye de nous mettre dehors, qui donne aux agents une visibilité de six mois sur leur poste, qui change de discours toutes les semaines. Désolé, je roule dans une Logan pourrie #Peugeot, je n’ai aucune passion pour les voitures et l’idée de claquer quinze mille euros pour polluer un peu plus la planète me sort par les trous de nez. S’épanouir #SépanouirAutrement ? Vous trouvez que je ne suis pas épanoui vous ? Je vous emmerde ! #FDJ ? Non mais sérieusement, il faut être abruti pour aller jouer en donnant de l’argent à l’état pour espérer gagner et si par miracle vous gagniez, redonner encore de l’argent à l’état et se pourrir la vie avec toutes les personnes qui vont venir mendier à votre porte. Je ne suis pas un artiste, je l’ai déjà dit je crois #TheArtistAcademy. Si je déteste les footeux, j’ai bien peur que le rugby ne rejoigne bientôt le niveau du football à force de sur médiatisation alors non merci #ParAmourDuRugby. #MonAvisCitoyen ? Vous voulez le connaître ? Je pense que les élites nous méprisent et jouent le jeu des grands trusts, plus préoccupés par la croissance que par le bien être des hommes. Travaillez plus pour gagner plus pour dépenser plus pour plus de croissance. Sacré programme… Moi aussi ça commence à me pomper toutes ces pubs sur Facebook #PompeAChaleur. #RGEEMICParis me laisse sans voix, je ne sais pas ce que c’est, et de toute façon je m’en fou un peu. Oui je vis dans une maison alsacienne à colombages qui date du dix-septième siècle et alors #Alsamaison ?

En faisant ma revue de presse quotidienne sur Facebook, j’ai subi toutes ces publicités sur mon mur, et cela en une quinzaine de minutes, respect. Décidément leur algorithme de ciblage n’est pas au point, ils auraient pu me proposer du matériel audio, des objectifs photo, des albums de rock, des concerts, des BDs, des romans, des bonbons haricots, mais non, rien que des trucs qui ne m’intéressent pas. Google est bien plus fort sur ce point, eux savent vraiement ce que j’aime.

Lu – Côte d’Or – MyGuitar – Pelford – Carrefour – Two Door – Cinema Club – I Love Crowdfunding – Triumph Motorcycles – Naku, alimentation naturelle pour chiens et chats – Campagne nationale d’économie d’énergie – On a Tous un Côté Foot – Serenity Coach Institut – Peugeot – S’épanouir autrement – FDJ – The Artist Academy – Par Amour du rugby – Mon avis citoyen – Pompe à Chaleur – RGEEMIC Paris – Alsamaison…

L’influenceur

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Je possède un avis sur tout, film, bande dessinée, livre, jeu vidéo, album, exposition, concert, politique, matériel photo, matériel audio, technologie, science. Donnez-moi un mixeur, je vous le chroniqurai. J’ai interviewé les plus grands, j’ai tutoyé les plus célèbres, je suis prêt pour une heure de tête à tête avec Trump. Sur YouTube, Facebook, Twitter, dans mon blog, mon webzine, sur Flickr, je partage mes gribouillages, communique ma passion, donne mon avis, critique, raconte…

Je suis un influenceur, c’est ainsi que l’on nous appelle. Mes écrits, mes vidéos modifient le comportement d’achat de mes followers. Ils veulent être moi, s’habiller comme moi, boire la même boisson que moi, conduire la même voiture que moi.

Un photographe m’immortalise dégustant une bière tout en écoutant le dernier vinyle de pop. Gros plan sur la cannette mousseuse et sur le nom du groupe, mon visage en second plan, celui que tout le monde le connaît, avec ce sourire béat. Shooting dans un jacuzzi remplit de champagne et de jeunes filles dénudées, sur le pont d’une croisière musicale, interviewant la rock star du moment.

Les marques s’arrachent mes espaces publicitaires. Les grands fabricants audio se battent pour que j’écoute la musique sur leur matériel hifi. Je suis le VIP des soirées de rock, les tourneurs déroulent le tapis rouge, me couvrent de cadeaux. Les plus belles chanteuses rêvent de partager, ne serait-ce qu’une nuit, mon lit à baldaquin. JC, mon JC, Oui , Oui, Ouiiiiiiii !

Nut ! Nut ! Nut ! Le réveil sonne, il est six heures, je dois me lever pour aller bosser. Aujourd’hui il faut changer les pneus de la flotte de Clio, commander du PQ, préparer la grande salle pour une réunion et briefer la femme de ménage sur l’utilisation de la serpillière. A 17h, s’il me reste un peu d’énergie, j’écouterai les fichiers mp3 reçus et transcrirai l’interview téléphonique d’un obscur groupe de prog en buvant un verre d’eau du robinet. Je regarderai une vielle série télé puis me battrait pour un peu de couette avec ma femme dans ma vieille maison qui tremble au passage des bus.

Je suis un influenceur, j’ai une chaîne YouTube que personne ne consulte, une page Facebook désertée, un blog confidentiel, un webzine avec moins de cinq cent pages vues par jour et un Flickr rempli de photos moches. Je suis un influenceur qui n’influence personne, n’intéresse aucun annonceur, ne vend aucun alcool, vêtement et cela me va très bien. Pour le jacuzzi, j’ai une baignoire. Et pour les bulles, devinez…

Le parlement des imbéciles

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Vous possédez un avis sur tout ? Non ? Alors pourquoi commentez-vous tout ce que vous voyez ? Avez-vous lu l’article, été sur le site, vérifié l’origine de l’information avant de réagir ? 

Vous likez pour exister ou pour passer le temps au bureau ? 

Pourquoi réagissez-vous à chaud, sans réfléchir un seul instant, avez-vous pensé qu’une personne se trouve derrière ce que vous commentez, qu’elle va lire, vous trouver probablement ridicule, voir pire ? 

Vous partagez comme si une information présente sur Internet était parole d’évangile. Avez-vous perdu tout sens commun, où est passé votre bon sens, votre discernement ? Un édifice brule, vous vous enflammez, criant au complot, vous vous laissez berner par de grossiers montages vidéo, vous prenez pour argent comptant une blague du Gorafi. 

Autrefois, tout ce qui venait du tube cathodique était pris pour vérité, aujourd’hui la moindre rumeur sur la toile, un tweet, un post, une vidéo, une news et c’est le tollé, les gitans en camionnette blanche kidnappent nos enfants ! 

Une personne commet une erreur et c’est la curée, je commente, j’insulte, je me moque, je partage, je démolis. Beaucoup de bruit pour rien. L’erreur sera corrigée, les commentaires désobligeants effacés, l’imbécile bloqué et trente minutes plus tard tout sera oublié. Il aurait été tellement plus simple de signaler l’erreur en message privé, vous ne vous êtes jamais trompé vous ? 

Bêtise, ennui, dés inhibition sur Internet ? Pourquoi se comporter ainsi sur la toile alors que dans la vie vous ne l’oseriez jamais ? 

L’Internet, qui devrait être source de divertissement et de savoir, est devenu, grâce aux médias sociaux, le lieu de la désinformation, la foire d’empoigne, une arène pour le lynchage, le parlement des imbéciles.

Le drame des créateurs de contenus, auteurs, musiciens, blogueurs, artistes, journalistes, est que pour exister, ils ont besoin de ces médias sociaux, sinon, il sombrent dans l’oubli. Et donc souvent lorsqu’ils publient, ils sont confrontés à cette bêtise humaine quotidienne, ces remarques déplacées, ces réactions débiles, ces lynchages en règle.

Vous n’êtes pas d’accord, argumentez, vous n’y arrivez pas ? Posez vous alors des questions, mais cessez d’écrire n’importe quoi, réfléchissez !

Internet est une jungle où les imbéciles possèdent autant de pouvoir que les personnes sensées. Où le mensonge côtoie indifféremment la vérité. Complot, intox, lobbying, idiotie, contre vérité sont noyées au milieu de l’information. Internet est une plaie et un bienfait, selon ce que NOUS en faisons. Alors avant de réagir, utilisez vos neurones, songez à ce que vous écrivez, aux conséquences pour les autres, car vous n’êtes pas seuls sur la toile, nous sommes très nombreux.

Le printemps ne dure que trois jours

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J’ai été très pris par les concerts ces dernières semaines, par les chroniques et les interviews, épuisant toute l’encre de ma plume. 

Les beaux jours arrivent, et c’est sur un transat, au fond du jardin, en écoutant Panzerpappa que j’écris ces mots. Le jardin, ma seule activité un temps peu soit saine, loin des écrans et d’Internet. 

La saison des semis bat son plein, avec une nouvelle fois un peu d’avance. Les petits pois et les tomates ont déjà fière allure, les salades, si elles ne sont pas dévorées par les limaces, devraient agréablement améliorer les repas. Les fraisiers, poiriers, pruniers, cerisiers sont en fleurs, les potimarrons, courgettes, concombres sont encore sous serre mais ne devraient pas tarder à grandir en pleine terre. Je sèmerai bientôt les haricots et le potager sera complet.Le soir, au lieu d’allumer le mac, je vais dans le jardin, j’arrose, désherbe, bine, parle aux feuilles, plonge les mains dans la terre.

Dès la mi juin, nous consommerons une partie des produits du potager, des tomates aux saveurs incomparables, des légumes bio circuit court éthique bobo, des salades concombre tomate menthe,  des tartes à la rhubarbe, des fraises chantilly, des petits poids crus, des haricots frais, des poêlés de courgettes jaune croquantes.

Le blog pourrait souffrir de ce bonheur culinaire retrouvé, des apéritifs en terrasse, de la lecture au fond du jardin mais rassurez-vous, je ne vais pas tarder à vomir sur mes abrutis de voisins buvant jusqu’à point d’heure en terrasse et leur con de chien qui gueule en permanence.

Puis je vais souffrir de la chaleur, ne plus dormir, maudire le réchauffement climatique et la bêtise humaine puis espérer avec impatience la saison des figues. Ici le printemps ne dure que trois jours.

Le monde à l’envers

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La planète ne tourne définitivement pas très rond. Aujourd’hui ce sont les musiciens qui interviewent les critiques. Mais où va-t-on ?

Guillaume, l’artiste qui se cache derrière The Odd Gallant, m’a contacté pour réaliser une interview du webzine Neoprog alors que j’aurai du, si j’en avais eu le temps, en réaliser une de lui, pour parler de son dernier et génial album Official One.

Ou comment flatter l’ego d’un chroniqueur prétentieux en le caressant dans le sens du poil pour s’assurer une prochaine bonne critique. Malin le Guillaume.

Lorsque les questions sont arrivées, j’ai eu immédiatement envie d’y répondre, mais ma chérie voulait se promener en forêt. Cruelle épouse. Elle sait bien pourtant que lorsque je reçois un paquet, il faut que je le déballe tout de suite. Une heure de supplice, à préparer des réponses dans ma caboche en marchant sous la frondaison avant de pouvoir coucher mes pensées sur le papier. Oui, je l’avoue, j’adore me raconter.

J’avais prévenu Guillaume, mes réponses ne seraient pas forcément consensuelles ni politiquement correctes. Cela n’a pas semblé le déranger un seul instant, alors je me suis lâché, vraiment, un pur bonheur, encore mieux que dans le blog. Le rock progressif français a sans doute été quelque peu égratigné au passage comme certains tourneurs, mais bon, peut-être est-ce mérité.

Ce n’était pas la première fois qu’un artiste me posait des questions sur le webzine, curieux de connaître son fonctionnement, ce qui m’a amené à cela, comment nous fonctionnons etc. Je n’imaginais même pas que cela puisse intéresser quelqu’un d’ailleurs. Mais c’est la première fois, hormis dans mes notes de blog, que cela est publié.

Les questions portaient sur le webzine, la musique, moi, le blog, vous pouvez, non vous devez aller les lire ici. C’est un peu comme un billet de blog au final, en plus dense, avec un parcours imposé par Guillaume au départ (ce que l’on appelle des questions). Ce fut une expérience très intéressante, jubilatoire même. J’ai répondu sans me poser de question, elles étaient déjà toutes rédigées, sans me censurer, je sais que tout n’est pas bon à dire, mais c’est si bon de le dire.

Pour les prochaines interviews voici les créneaux pour les phoners et Skype : 1er avril 2020 : 17h30, 18h00, 18h30, 19h30, 20h00.

Bonne lecture et merci à Guillaume !
http://theoddgallant.com/interview-de-jean-christophe-le-brun-neoprog/

Le menu est en haut

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Ocultée par l’écran noir de mes pensées, la lumière ne pénètre plus dans le salon. De doux ronronnements brisent le silence, le chat n’est pourtant pas là.

La fenêtre n’occupe plus tout l’immense mur et pourtant je ne trouve pas le menu.

Des pommes ? Pourquoi pas, mais à cette saison, elle sont hors de prix.

La lumière dans la pièce ne brille pas, je ne connais pas mon répertoire classique, vas-y qu’ils disent, encore faudrait-il savoir où aller.

Vingt-sept pouces ça en fait du monde sur le bord de la route à essayer de monter dans une voiture. Migrer d’un pays vers un autre est bien plus compliqué qu’il n’y paraît et cela prend des heures lorsque vous avez beaucoup de bagages, à condition encore de pouvoir emporter les dits bagages.

Un apprentissage douloureux devant un monstre pour retrouver des automatismes, le menu est en haut, encore faut-il lever le nez.

Plein de tunes à transporter dans une petite valise, des heures de remplissage à pleine vitesse, des heures de transbordage avec l’espoir que les billets ont cours ici. 

Arrivé samedi midi, le monstre ne m’a laissé aucun répit depuis, recherches, essais, échecs, nouvelles tentatives, installations, incompréhension, et si j’avais fait le mauvais choix ?

La bête ronronne doucement alors que sa copine asthmatique peine à suivre le rythme infernal. L’une se dépouille, l’autre se gave, mélodies, paysages, concerts, portraits, messages… La grande migration a commencé, méga après méga, la chenille devient papillon mais j’aimerais bien aller dormir quelques heures, on vient de basculer à l’heure d’été, tout ça pour 0.07% d’économie d’énergie.

Dimanche matin, j’ai récupéré mes tunes, une sacrée aventure croyez-moi, restait encore la chambre noire, indispensable même à l’heure du numérique. Par chance Linux Torvals est une vieille connaissance sinon j’aurai eu quelques craintes avant le lancer le Script For a Jester’s Tear.

Larry Page aime bien les safaris, un problème de moins dans ma liste toute douce. Le soleil brille, encore une demie heure de transvasement si tout va bien.

Vous voyagez côté Pomme ou Fenêtre ? Gare à vous, si vous changez de fauteuil, cela pourrait être inconfortable plusieurs heures.

Si vous n’avez rien compris à ce post hallucinatoire, référez-vous à l’image. Je viens de divorcer de Microsoft pour épouser Apple, et croyez-moi, le passage de l’un à l’autre, ne se fait pas sans souffrance, même lorsque vous êtes un ancien informaticien.

Ma chérie a dit oui

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Après plus de vingt quatre années de vie commune, ma chérie a dit oui. Oui mais à une condition, que je finisse d’abord les travaux de la salle de bain.

Vous ne trouvez pas qu’elle abuse un peu ? C’est une forme de chantage tout de même ? Mettre dans la balance une demande aussi importante pour notre vie et du vulgaire bricolage, certes qui a un peu en retard, mais du bricolage, c’est presque honteux.

Par chance la salle de bain est presque terminée, une petite fuite de rien du tout à colmater, une double porte à poser qui devrait bientôt être livrée, un peu de silicone et deux plinthes à coller et ce sera terminé. L’affaire d’un ou deux ans de travail si tout va bien, si je ne tombe pas à nouveau de vélo entre temps.

Mais maintenant qu’elle s’est enfin décidée, j’hésite. C’est vrai, il s’agit d’un engagement à long terme et ce n’est pas une mince affaire tout de même. Et si nous faisions le mauvais choix ? Des années durant j’ai tergiversé, est-ce vraiment utile, à qui cela fait donc plaisir, que vont en penser les autres, y aura-t-il un juste retour sur investissement ?

Mon précédent mariage, a connu des hauts et des bas, sans doute comme tous les mariages, mais cette fois je voudrais que tout soit parfait, l’entente totale, la fusion des âmes. Si je dis oui, je signe au moins pour six ans, sinon ce serait franchement du gâchis. Mais qu’est-ce que mes enfants vont penser ? Que je fais ma crise de la cinquantaine ? Que je ne sais pas quoi faire de mon argent ?

Tout aurait été plus simple si elle avait dit non. D’abord je n’aurai pas la pression pour finir cette fichue salle de bain, ensuite je ne serai pas en train de me torturer le neurones pour rechercher la meilleure configuration pour cette union, enfin je ferai de substantielles économies.

J’hésite encore, mais comme je l’aime beaucoup alors bon… Je pense que je vais me jeter à l’eau, je vais acheter un iMac et laisser tomber Windows.

Rencontres

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Mon interface neurale d’association visage/prénom est défectueuse et croyez-moi, c’est un sérieux handicap dans la vie.

Même des personnes que je croise régulièrement peuvent perdre leur identité en peu de temps. 

Imaginez moi criant “oh Joséphine” dans un moment d’intimité avec mon épouse Isabelle. Oui ce serait embarrassant, mais là, il se peut que le problème soit ailleurs.

Dans la vraie vie, j’ai du mal a mettre un prénom sur un visage et inversement. Alors quand il s’agit de rencontres IRL, tout devient plus compliqué. Tant que l’on en reste à des échanges sans importance, tant que le pseudo ne change pas ou que l’image de profil reste constante, je m’en sors honorablement. Mais dès qu’un changement survient, c’est la panique. Qui est-ce, un lecteur, un musicien, un promoteur, un contact, un ami ? Les malentendus sont légion et parfois embarrassants.

Le cauchemar absolu c’est lorsque l’échange virtuel se concrétise dans le monde réel, vous savez, les sites de plan c…, je veux dire de rencontre. Enfin bref, lorsqu’une personne avec qui j’ai échangé des mois durant sur Facebook se retrouve face à moi, c’est le drame. Si le visage me dit quelque chose, je ne situe plus la personne, son occupation, le lien qui nous uni, et bien entendu son prénom.

Donc je fais le mort. Je ne vais pas vers les gens. J’attends qu’ils fassent le premier pas. C’est d’ailleurs ce que j’ai toujours fait avec les filles, mais ça c’était pour éviter les râteaux.

Quand j’arrive à un concert, c’est souvent le drame. Dans la queue y a des personnes qui me disent bonjour. Alors je dis “salut”. Mais bien souvent je ne sais absolument pas de qui il s’agit. Je vous assure je ne fais pas le fier, je ne suis pas une star non plus avec 10000 fans, j’ai juste un problème d’interface neurale. Il y a bien des bouilles que je remets à force, mais les prénoms, quelle chianlie !

Bref je ne fais le mort. Si la personne me reconnait, et qu’elle désire me parler, commence alors un étrange manège :

Monsieur X – ‘Salut JC’.

Oups, c’est qui là ? Il a une gratte en main, ça doit être un zicos.

Moi – ‘Heu salut’

Monsieur X – ‘C’était cool ton article là sur nous’

Merde, c’est qui nous ?

Moi – ‘Ben c’est sympa ce que vous faites aussi’.

Monsieur X – ‘J’espère que tu vas aimer ce soir’

Bon y a deux groupes ce soir, trois guitaristes, c’est bien une guitare ? Te mouille pas trop.

Moi – ‘Je suis certain que ça va être super, vous jouez en premier ?’

Monsieur X – ‘Oui, comme ça on sera moins crevé ‘

Ha j’approche. Ils ont deux guitaristes les toulousains.

Moi – ‘Ben oui avec la route c’est fatiguant’

Monsieur X – ‘Oui enfin on a 30 km à faire, c’est pas la mort’

Putain, c’est le groupe local, ils ont inversé la programmation les cons !

Moi – ‘Oui bon mais quand même’

ça y est je vois le groupe, maintenant c’est quoi son prénom, David, Donald, Darwin, ça doit être David, on a jamais vu un alsacien s’appeler Donal ou Darwin sérieusement. Reste prudent quand même...

Monsieur X – ‘Au fait, tu n’as pas vu David ?’

Rhooo putain !

Moi – ‘Heu non, pas encore…’

Monsieur X – ‘Faut que je lui file sa guitare’

Putain c’est qui lui ?

Monsieur X – ‘Bon je te laisse JC, faut que je trouve à tout de suite’

‘Oui à toutes’

Putain putain putain, mais quelle buse !

Voila, vous savez tout maintenant. Mais pas la peine de me faire le coup du “coucou chéri” en me sautant dans les bras, car je reconnais les hommes des femmes, enfin le plus souvent, et mon épouse, après 26 ans de mariage, je sais à quoi elle ressemble.