Journal d’un confinement

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Le 16 mars 2020, la France se décidait enfin, après plus de quinze jours d’épidémie, à confiner sa population.

J + 24 : Jeudi 9 avril 2020 – la reprise ?

Lorsque tout repartira, lorsque les clapiers seront ouverts, car cela arrivera bien un jour, dans un mois ou deux peut-être, que se passera-t-il ? Saurons-nous nous réadapter ? 

Sur la route il n’y a plus personne, les feux sont devenus inutiles, les limitations ridicules. 

Nous sommes collés à nos écrans seize heures par jour à regarder des chatons s’ébattre (des fois ce ne sont pas que des chatons). 

Nous dormons au calme, juste dérangés par quelques ronflements. Nous procrastinons, siestons, bullons. 

Comment allons-nous pouvoir reprendre le rythme infernal de la vie, le métro-boulot-dodo, les embouteillages, la pollution, les transports bondés, les cons de chefs, le stress, le sandwich du midi sur le pouce, le coït bâclé du dimanche matin ? 

Nous découvrons, enfermés chez nous, le silence, l’ennui, nous ré apprenons même patois à vivre ensemble, à cuisiner, à respirer. 

Nous avons même cessé notre course aveugle à la consommation faute de magasins. 

Allons-nous, dès que nous le pourrons, acheter n’importe quoi, le nouvel iPhone, la dernière trottinette électrique, le nouveau Mariah Carey ? 

Saurons-nous tirer les leçon de notre confinement ? De notre dépendance à la mondialisation ? Allons-nous nous remettre à produire tricolore ? Allons-nous renforcer les services hospitaliers ? Allons-nous accepter de payer la facture de cette catastrophe sanitaire sans précédent depuis des décénies ?

Pour ma part, je sais ce que ferai : j’irai manger dans un bon restaurant japonais puis je foncerai chez les disquaires pour compléter ma collection , je renterai dans une boutique acheter un boitier réflex hors de prix, je prendrai deux billets d’avions pour le bout du monde et je partirai avant que le fisc me rattrape ou que mon employeur exige que je me remette à travailler trente-neuf heures par semaine payées trente heures. 

Après tout, nous n’avons qu’une vie, alors, restons confinés.

J + 23 : Mercredi 8 avril 2020 – j’ai perdu le Nord

Vous êtes-vous déjà couché par erreur dans le lit de quelqu’un d’autre un jour ? Parce que moi, c’est ce qui m’est arrivé hier soir. Enfin presque.

J’étais assis devant mon Mac, un casque sur les oreilles, mes notes à côté du clavier et l’album posé près de l’écran. La session Skype était lancée et l’interview allait démarrer. Une fois l’adresse du chanteur du groupe saisie et je lançais l’appel. Devant moi trois gars confinés dans un grenier, quelque part à la campagne. Trois ? Bon je croyais qu’ils seraient quatre. Ça arrive parfois. J’adapterai les questions, je suis souple. Les gars se présentent, et là j’ai comme un doute. Eux pas. Alors avant de rentrer dans le vif du sujet, j’agite devant la caméra la pochette de l’album dont on va parler. Et là, il y a comme un blanc. « Heu ce n’est pas le bon album… », « Ben si », « Ben non ! ». « Vous êtes qui ? ». « Ben Machin. ». Oups, le groupe que je m’apprête à interviewer n’est pas le bon, pire j’ai à peine écouté leur album et je serais bien en peine de leur poser une seule question. Je ne m’étais jamais retrouvé dans une telle galère, pourtant j’en ai connu pas mal depuis le temps. Alors je leur explique qu’il y a erreur sur la personne, m’excuse platement, leur souhaite de bien se porter et termine l’interview la plus courte de ma vie.

Après ces émotions j’ai écouté une petite heure de Marc Atkinson en live streaming avant d’aller faire dodo, la migraine ayant eu raison de ma passion pour sa musique. Jeudi ce sera Franck Carducci, vendredi Mark Kelly. Les artistes se donnent à fond pour nous, merci les amis !

Aujourd’hui il fait un temps magnifique. Dans jardin c’est transat, Caligula’s Horse et The Expanse. Ça pourrait être pire. Je sème à tout vent des navets. Des vrais, pas ceux de Animal Crossing, il n’y a pas de spéculation dans mon potager. Par contre dans ma petite île, la chasse aux oeufs bat son plein, j’en ai ramassé douze ce matin.

Vous savez que vendredi est jour chômé en Alsace ? Youpi ! Vendredi Saint. Heu… Pour ce que cela va changer à notre quotidien… En fait le confinement ressemble à de longues vacances d’été avec pas un sou en poche pour aller bronzer ses fesses sur les plages et la voiture en panne garée sur le parking.

Aujourd’hui nous avons dépassé le seuil symbolique des dix-milles morts. Tout est sous contrôle, les gens partent en vacances, l’air de rien, se promènent au soleil, discutent dans la rue comme si de rien n’était. Hé les gars ! C’est pas fini ! Le pic n’est pas encore atteint, restez chez vous !

J + 22 – Mardi 7 avril 2020 – je suis maladeee

Hello le soleil brille brille brille ! Mais, je suis maladeee, j’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foie qu’est pas droit, c’est la maladie d’amour. Bref. Je suis hypocondriaque.

COVID or not COVID, this is the… Mais ta gueule ! Quoi ma gueule, qu’est-ce quelle a ma gueule ? Ben t’a les cheveux longs et idées courtes. 

Quoi de neuf docteur ? C’est la fièvre du samedi soir ? 37.2 le matin ? 

Hier nous avons terminé Life on Mars. Il ne nous reste plus que Stargate Atlantis ou le Trône de Fer. Vous choisiriez quoi vous ? Bon pour ce soir j’ai une interview, une migraine, deux concerts en streaming et une envie de vomir. J’ai l’embarras du choix. 

Comme le confinement nous pèse un peu, j’ai agrandi ma maison, elle possède maintenant deux pièces et je suis très endetté mais je cultive les clochettes et spécule sur les navets, donc tout va pour le mieux.

Côté jardin j’ai installé ma pompe pour arroser le potager. Chaque année à cause du gel, il faut démonter l’installation et dès sur les beaux jours reviennent tout réinstaller. Et ce n’est pas une mince affaire : étanchéité et amorçage me prennent plusieurs heures à chaque fois mais après j’ai de l’eau, à plus de cinquante mètres du premier robinet, là où poussent épinards, navets, radis, frisées et bientôt tomates, courgettes, potimarrons et cie. Un potager quoi.

Suis-je malade ? Oui assurément, mais pas du COVID-19…

J + 21 – Lundi 6 avril 2020 – nous y sommes 

Il aura fallu attendre trois semaines de confinement pour que le virus frappe à notre porte. Trois semaines pendant lesquelles nos contacts avec le monde se sont pourtant réduits au supermarché, à la boulangerie et à trois collègues de travail. Ma femme a perdu le goût et est fébrile. Je suis courbaturé, ai le nez sec et bouché et la gorge qui grattouille. Nous y sommes. Enfin peut-être. Comment savoir ? Oui je sais, en faisant le test, mais il faut être mort pour en bénéficier en France. Il n’y a plus qu’à espérer que cela n’aille pas beaucoup plus loin. Il fait si beau dehors. Ce serait moche de rester cloué au lit.

J’ai trouvé des occupations, outre Animal Crossing, The Expanse, Live on Mars et Maya l’abeille, je me lance dans des interviews Skype et des clichés de la lune. Le ciel est clair, les musiciens coincés chez eux et la lune presque pleine. Les conditions sont idéales. Et puis j’ai retenté le Drive, c’est presque un sport à plein temps de nos jours mais j’ai gagné après une heure de persévérance et obtenu un créneau ce soir à 19h ! Fou non ? Bon ok y a pas grand chose dans le panier, mais rien que pour le principe c’est cool. Je me prépare à faire la queue vers 18h45 en remplir le coffre avant 20h00 si j’ai de la chance.

Toutes ces journées me laissent beaucoup de temps pour la musique, rien qu’hier j’ai écouté cinq vinyles: Lunatic Soul, Harmonium, Frequency Drift, Apocalyptica et Evi Vine. Car le jour du seigneur j’écoute en 33 tours. 

Je recommence également à travailler sur des promotions, car la saison bat son plein. J’alterne instrumental, planant, vocal, bourrin, expérimental pour ne pas me lasser car la musique à haute dose ça peut user. J’alterne également artistes confirmés et bricoleurs de garage, car le formatage studio quasi parfait peut lui aussi devenir soporifique. Bref le plaisir est dans la diversité, au moins en musique.

J + 20 : Dimanche 5 avril 2020 – bas les masques !

Vingtième jour de confinement. 

Demain il faudra porter un masque pour aller travailler. Un masque ? Vous êtes gentils mais quel masque ? Un de ceux que j’ai envoyé aux hôpitaux ? Un des masques volés aux Suédois ? Un des masques rachetés par les américains ? 

Je n’ai pas de masque moi. Enfin si, des masques périmés datant de l’épidémie de grippe aviaire, une dizaine stockés dans mon atelier poussiéreux depuis la précédente épidémie. 

Ils puent. Et puis quand j’en mets un, la buée recouvre aussitôt mes lunettes et après quelques minutes, un des élastiques casse… 

Je ne devais pas aller travailler lundi, mais je sens que ça va être l’hystérie chez nous. Tout le monde va réclamer des masques sous peine d’exercer son droit de retrait. 

Nous avons déjà eu une crise majeure à cause d’un fond de gel hydro alcoolique présent dans un des centres et pas dans les autres. 

Là aussi, un reste de la grippe aviaire. Car pour cette crise l’état avait très bien anticipé, même sur anticipé puisque masques et gel n’avaient pas servi à l’époque. 

Il va falloir expédier à nos centres lingettes et masques en espérant qu’un service de livraison sera disponible. Mais combien de masques ? Un par agent par jour et par centre en comptant encore un mois de confinement et deux semaines de port de masque ensuite ? Cinq semaines fois sept jours fois cinq centres fois trois agents cela donne un demi millier de masque, c’est jouable. Restent ensuite deux semaines de post confinement avec quatre-mille agents. Là nous serons en rupture de stock soyons clairs.

Au fait, au début ne disait-on pas qu’il ne fallait pas porter de masque ? Qu’est-ce qui changé, le nombre de victimes, le stock de masques, la prise de conscience ?

Et Zorro est arrivé !

J + 19 : Samedi 4 avril 2020 – j’aime / je déteste

J’aime le confinement, le calme qui règne dans la ville et l’air pur.

Je déteste le confinement et son attestation dérogatoire à remplir plusieurs fois par jour.

J’aime rouler en ville avec la route pour moi tout seul.

Je déteste ne plus pouvoir écouter du metal à fond dans le salon.

J’aime arpenter les couloirs déserts au travail avec les téléphones qui sonnent dans le vide derrière les portes closes.

Je déteste faire la queue à la boulangerie ainsi qu’au supermarché.

J’aime ces musiciens qui, enfermés chez eux, prennent leur guitare et nous chantent un morceau pour passer le temps.

Je déteste être malade et ne pas pouvoir me soigner à cause d’un risque de COVID-19.

J’aime aller bosser pour profiter de la bande passante quasi infinie du travail.

Je déteste contempler les Vosges depuis ma fenêtre.

J’aime revoir des séries TV que je connais peur coeur.

Je déteste songer à mon père enfermé dans son EHPAD à mille kilomètres de là.

J’aime savoir que mes amis se portent mieux.

Je déteste cette contrainte que je me suis imposée d’un billet par jour depuis le début confinement.

J’aime écrire.

Je déteste mes voisins (mais le confinement n’y est pour rien).

En vérité, j’aime bien détester.

J + 18 : Vendredi 3 avril 2020 – ennui

Avec tout le temps dont je dispose enfin, que fais-je donc de mes journées ? La réponse est, pas grand chose. Je désherbe le jardin et l’île virtuelle. Je lis un peu, j’écoute un peu de musique, je range quelques bricoles, je perds mon temps sur Internet et passe quelques coups de fil. Rien de très constructif.

Il faudrait pourtant que je tapisse la cuisine, que je range le grenier, que je traite des poutres, que je passe le karcher sur la terrasse, que je prépare mes semis, mais non, je glandouille. Hier au lieu de bosser sur ma critique, j’ai écouté quatre fois le nouvel album d’Airbag, tout le contraire de ce que je devrais faire. 

Je procrastine, je bulle, je m’ennuie, je zone, je farniente, j’attends, je repousse, je perds mon temps, je désoptimise, je déprime ?

Pour tuer la monotonie et alimenter ma banque d’images, je suis parti au fond du jardin, cinquante mètres plus à l’est- mon dieu quelle expédition ! -, équipé d’un 24-85 macro, afin de capturer la lumière des petites bêtes. La macro photographie n’est pas une passion, d’ailleurs je n’ai pas acheté l’objectif pour ça mais pour son poids plume, pas plus que les petites bêtes ne m’intéressent vraiment, mais si je veux rester un tant soit peu actif, il faut que je fasse quelque chose de mon temps. Alors je règle la vitesse au millième, ouvre au maximum mon iris, approche la lentille à deux centimètres de l’insecte bourdonnant et tente d’obtenir un cliché potable. Une heure de gagnée dans la longue journée…

J + 17 : Jeudi 2 avril 2020 – Mon frère 

Mon frère se trouvait à Venise au juste au début de l’épidémie italienne. Il a vu un signe, un ange de la mort lui a parlé, alors il a pris le premier avion en partance pour l’hexagone. Il a atterri à Bordeaux et a rejoint Paris en train.

Vingt-quatre heures avant l’annonce du confinement, une voix l’a mis en garde. Alors il a fait des provisions pour dix jours et comme un million de parisiens, est parti se mettre au vert pendant douze jours. Pourquoi douze jours me direz-vous ? Parce que au bout de douze jours, la copine qui l’hébergeait, l’a foutu dehors, sans doute gênée la nuit par toutes ses voix qui lui parle.

Mon frère pense avoir contracté le COVID-19 et est persuadé d’être immunisé maintenant. A Venise, il a souffert de sensations d’étouffement, sans doute la peur panique me direz-vous, mais ça ce sont les mauvaises langues qui le disent. Il pense être immunisé mais craint cependant une rechute. Une rechute immunitaire en fait. 

Mon frère possède un thermomètre classe XXL, d’une précision inégalée, hier il avait 37,16°C de température (la rechute). Je lui ai dit que par chance il n’avait pas 37,17°C. Il n’a pas compris.

Mais rassurez-vous, mon frère va bien, mieux qu’à l’époque où il ne me mangeait plus rien venant de chez lui, persuadé que les services secrets tentaient de l’empoisonner en badigeonnant les aliments de son frigo avec des produits mortels.

Mon frère est taxi parisien, et peut se balader dans la capitale déserte. Ne montez pas dans son taco, il est forcément contagieux, et de toute manière, qui monterait dans le véhicule d’un sikh maboule en pleine pandémie ? Il m’a dit qu’il allait faire des photographies de la ville.

Même si mon frère est totalement cinglé, j’avoue que je l’envie un peu. Il a l’occasion unique de réaliser des clichés incroyables de Paris désertée alors que moi, coincé dans ma maison, je n’ai plus qu’une dizaine de négatifs à développer, et pas les meilleurs.

Je le déteste !

J + 16 : Mercredi 1er Avril 2020 – poisson d’avril ?

Et si le confinement n’était qu’une vaste blague destinée à s’achever aujourd’hui en magnifique queue de poisson ? Ok, ok, ce n’est pas drôle… 

Mais bon, voilà quoi, je suis énervé. Avec quoi vais-je mélanger mon muesli matinal s’il n’y a plus de yaourt demain ? Sérieusement.

Je suis passé au centre de tri postal ce matin, un masque sur le visage et plein de buée sur les lunettes. Les mecs qui conçoivent les masques ne pouvaient pas penser aux bigleux comme moi ? Au centre de tri, dans un vaste hangar, les agents de la Poste circulent sans masque ni gant, manipulant le courrier des autres, se bousculant dans les allées. Ils sont immunisés les gars ? Pas étonnant que la distribution du courrier soit perturbée.

En parlant de masques, vous savez quoi, ceux que l’on a reçu et qui ne servaient à rien sont brutalement devenus indispensables. « Vous pourriez en envoyer dans les centres ? » … « Vous voulez parler de ceux que l’on a distribué aux hôpitaux ? » … « Ils nous en reste beaucoup ? » … « Ben non, une centaine. » … « C’est embêtant. Vous pourriez en redemander ? » … « A qui ? » … « Oui à qui… essayez quand-même… ». Ma mission, même si je ne l’accepte pas, consiste à trouver des masques sans expliquer pourquoi nous n’en avons plus, pensez-donc, 900 masques évaporés dans la nature…

Vous saviez que nos voisin étaient des abrutis fini. Je pensais que même les abrutis allaient prendre peur. Ben non, même pas peur les gars, ils invitent leurs potes à boire le café à la maison. Confinement vous avez dit ?

Mais tout n’est pas si sombre. Hier j’ai assisté à mon second concert en streaming depuis le début du confinement avec une centaine d’autres personnes. C’était magique. Pendant deux heures j’ai cru être dans un pub en compagnie d’amis à écouter Marc Atkinson chanter. Merci Marc, à mardi prochain, j’apporte les chocolats.

J + 15 : Mardi 31 mars 2020 – des décisions s’imposent 

La situation ne pouvait plus durer. 

Hier j’ai pris la tondeuse pour alléger ma perruque. Le résultat est hasardeux.

Toutes mes analyses sont négatives, je n’ai ni la chaude pisse, ni une infection généralisée, bref je vais bien, sauf que je tousse, que j’ai la zigounette en feu et les yeux qui piquent. Il y a bien des médicaments qui pourraient me soulager mais ils sont prohibés en ces temps de COVID-19. Encore une chance que je puisse prendre mes petites pilules de Zomig car une nouvelle crise sonnait à la porte ce matin. Le médecin m’a proposé de m’arrêter quinze jours ou d’aller bosser, au choix. Vous auriez fait quoi à ma place ? J’ai choisi d’aller bosser. C’est le monde à l’envers. 

Nous n’avions plus de lait dans le frigo, plus de fromage, plus d’oeufs, plus de ketchup, plus de beurre, plus miel, plus de rien en fait. Une expédition punitive en combinaison NBC s’imposait au supermarché. Après deux heures de queue, ma femme revient avec deux litres de lait frais pour quatre et une semaine, douze mini portions de beurre doux et pas d’emmental. Elle a pris les derniers oeufs qui n’étaient pas cassés et dû faire l’impasse sur de nombreux produits que nous consommons habituellement. Il devient urgent de préparer des semis pour le potager. Nous allons également voler une vache dans un prés, des lapins dans un élevage, quelques poules à la ferme voisine, planter des pommes de terres, semer du blé et du maïs. A la guerre comme à la guerre.

Ce soir, j’assisterai au second concert streaming du confinement avec Marc Atkinson à la guitare et chant et sa compagne Tammi derrière la caméra. Comme quoi cette crise a du bon: je n’ai jamais eu l’occasion de voir Marc chanter en live.

J + 14 : Lundi 30 mars 2020 – seul sur Mars

Nous venons de passer deux semaines confinés et nous signons pour deux nouvelles semaines au minimum. Pour aller sur Mars comptez plusieurs mois enfermés dans une boite de conserve avec des parois épaisses comme du papier aluminium. Tout compte fait nous sommes bien au chaud à la maison.

S’il a neigé cette nuit, c’était de la neige carbonique au sommet d’Olympus Moons. Car il n’en reste aucune trace au sol ce matin. Par contre la tempête de sable bat son plein.

Pour la première fois, je renonce à me déplacer jusqu’au travail. Je tousse beaucoup et ma femme a un rhume, ça sent le sapin. Vous imaginez la catastrophe si une épidémie de ce genre se produisait en milieu confiné, genre dans une base martienne ?

Mon flux d’actualité ne parle plus que du COVID-19, d’appareils photos et de comparatifs d’équipements audio. Cela fait un petit moment que je n’ai pas lu d’article sur l’exploration de la planète rouge, et ça me manque. J’ai toujours été un martien de coeur. Je vais aller faire un tour sur Futura-Science pour voyager un peu.

J’ai une furieuse envie de barre chocolatée au caramel, mais sur l’attestation de déplacement dérogatoire il n’y a pas de case pour « aller acheter un mars », alors je me fais violence.

Dans Animal Crossing, les deux ratons laveurs vendent un télescope cinq-milles clochettes. Hors de prix ! Mais si ça se trouve, avec, je pourrais observer la planète Mars.

Finalement nous n’avons pas regardé Stargate Antlantis hier soir, nous ne nous sommes pas tapé dessus ni n’avons mis en route un troisième enfant. Nous avons jeté notre dévolu sur la série Live On Mars, la version U.S.. Ce n’est pas la meilleure des deux mais les filles sont plus jolies et je peux écouter du Bowie et du Simon & Garfunkel.

Le mois de mars s’achève demain.

J + 13 : Dimanche 29 mars 2020 – la loi des séries

Treize journées de confinement et ça y est, nous n’avons plus de série à regarder. Après Trapped saison une et The Missing saison deux, nous voici à sec. A quoi allons-nous occuper nos soirées ?

Pendant cette période étrange, les couples pris au piège dans quelques mètres carrés se déchirent ou découvrent le Kamasutra. A l’issue de cette crise il y aura beaucoup de divorces et de bébés c’est certain. 

Nous, nous nous supportons bien, forts de trente années de vie commune mais nous ne sommes plus assez souples pour le grand livre du couple épanoui. D’ailleurs il est très surfait entre nous. Que nous reste-il donc ? Le Scrabble ? Sans façon. Vous me lisez assez pour savoir que mon orthographe est catastrophique. Et j’ai toujours, toujours détesté ce jeu. Les livres, oui, mais ma chérie s’endort le soir en cinq minutes avec un livre, donc mauvais plan. Netflix ? Ça ne marche pas sur notre box et regarder une série sur un écran de Mac, bof quoi, nous on a un vidéo projecteur. 

Il nous reste bien quelques séries à la maison, mais ce sont celles que nous avons vu de nombreuses fois. Allons-nous replonger dans l’intégrale de Stargate Atlantis ? Ce n’est pas impossible…

Sinon il pleut et demain matin il devrait même neiger. Alors adieu le jardin et vive le monde virtuel. Tom Nook m’a demandé de meubler trois maisons, de bâtir un pont, de lui construire une boutique et d’installer une clôture autour de mon cottage. Je n’ai jamais autant bricolé de ma vie ! Pour ce faire je coupe du bois, je secoue les troncs d’arbres, je tape sur les rochers et je creuse la terre sans cesse. Trois piqûres d’abeilles, deux syncopes et le soir, en me promenant enfin, une morsure d’araignée. C’est la loi des séries…

J + 12 : Samedi 28 mars 2020 – en analyse

Vautré sur le canapé je parle à mon chat : « to be or not to be, this is the question », « Miaou ! », « c’est bien ce que je pensais… ».

En douze jours de confinement je n’avais jamais roulé autant: quatre-vingt kilomètres en une matinée, deux aller-retour au laboratoire d’analyses. Prise de sang, analyse d’urine, cotons tiges dans la zigounette, je saurai peut-être bientôt ce qui ne va pas chez moi et là je ne parle pas de ma tête.

Vous avez déjà essayé de vous enfoncer un coton tige dans la zigounette ? Les filles, ne répondez pas, ce n’est pas du jeu ! Ben finalement c’est moins terrible que ça n’en a l’air lorsque l’on a connu une semaine de sonde urinaire… De là à le réaliser pour le plaisir, il y a un monde.

Le temps est magnifique alors je jardine un peu. Au programme désherbage. Ça passe les nerfs. Ça m’a permis de discuter avec ma délicieuse voisine célibataire qui prend le soleil sur un relax. Elle vient de perdre l’odorat et le goût après trois jours de fièvre modérée. COVID-19 vous croyez ? Ça calme.

Et oui, je tousse, moins qu’hier cependant, j’ai les yeux qui piquent et je ne vous raconte même pas dans quel état est la zigounette. Et vous ça va ?

J + 11 : Vendredi 27 mars 2020 – la vague arrive

Debout sur le ponton à l’ouest de l’île, je contemple l’océan. Les vagues s’écrasent sur les rochers en écume blanche. 

Mais de quelle vague parle notre premier ministre ? Du tsunami de connerie qui déferle sur la toile ou de l’épidémie de COVID-19 ? 

Le soleil brille généreusement et le vent est tombé, ce serait une après-midi idéale pour aller au jardin histoire de changer d’air. Mais non, je tousse encore.

Les gens s’appellent, tchattent, des barbes naissantes, des personnes sans maquillage, seules chez elles apparaissent sur les écrans de smartphones. Combien d’heures passons-nous devant nos écrans pour travailler, discuter, s’informer, se distraire ? Bien plus qu’auparavant c’est certain. Si l’Internet saute, ce sera l’émeute ! Moi je m’abstiens de cette orgie de contacts digitaux car parler me fait tousser.

Des concerts en streaming s’organisent pour mon plus grand bonheur, un écran, un casque, une bière et je suis paré pour un live report. La majorité sont en acoustique et c’est tant mieux, quand je m’agite, je tousse.

Je tousse de plus en plus en fait, mes yeux grattouillent et ça picouille à un endroit que je garde secret. Je suis bon pour aller au laboratoire faire des analyses parce que le médecin se pose quelques questions : «Vous ne seriez pas susceptible d’avoir attrapé une MST ?». Bheuuu ? Je me disais bien qu’à force d’écouter n’importe quoi j’allais finir par chopper quelque chose, une AOR, une ACDC, une RPWL, mais une MST, sérieusement…

Mais essayez d’obtenir un rendez-vous pour des analyses lorsque vous êtes en pleine épidémie et que vous toussez. Je vais devoir rouler plus de vingt kilomètres afin d’effectuer trois analyses dans un laboratoire équipé pour éviter toute contamination. Dépistage vous avez dit ?

Bon pas de panique, à priori je vais bien à part une potentielle MST et cette saloperie de toux. Allez bisous ! Heu non, oubliez… On ne sait jamais.

J + 10 : Jeudi 26 mars 2020 – plan de bataille 

L’hôpital de campagne vient d’être installé près de Mulhouse. Mes boulangères portent des masques et des gants. Nos centres régionaux sont fermés et notre immeuble de Strasbourg ne renfermera plus qu’un seul agent à partir de lundi. Les croquettes du chat sont perdues entre Paris et la maison. Mes sourcils deviennent trop longs et me gênent pour lire, il y a un un bug dans le jeu Animal Crossing et je n’ai presque plus de photos à publier. L’heure est grave. Un plan de bataille s’impose : télécharger la mise à jour d’Animal Crossing et me couper les cheveux.

Mais tout d’abord mission masques : nous avions mille masques inutiles au travail vu que plus personne n’y travaille plus et l’idée d’en faire quelque chose me turlupinait. Un ami m’a donné un contact, une personne centralisant les dons, j’ai demandé le feu vert de ma direction et les masques sont partis vers les services médicaux de la région Grand-Est cette après-midi. Pour une fois, j’ai eu l’impression faire quelque chose d’utile et surtout, ça m’a donné l’occasion d’une ballade dans ma nouvelle voiture avec la bénédiction de la police.

J + 9 : Mercredi 25 mars 2020 – c’est vraiment la guerre

Hier soir j’ai assisté à un embouteillage devant le Drive d’Auchan, je comprends mieux mes problèmes de validation de commande maintenant. Nous allons devoir faire à l’ancienne, gel pour le caddie, masque, quarantaine des produits, cela devient compliqué de se nourrir.

Mon créneau pour gérer le webzine ne dure plus qu’une heure le matin, de sept à huit, avant que le petit mec en prépa bouffe toute la bande passante. Reste le soir, après dix-huit heures, pour récupérer les promos nombreuses et les partager avec l’équipe et poster ce billet. N’attendez donc pas de miracle jusque début mai. 

Car ça y est, nous sommes enfermés à quatre pour plus d’un mois avec, par chance, un peu d’espace pour ne pas se marcher sur les pieds et un jardin lorsque l’on étouffe dedans. N’empêche, que même ainsi, ça ne va pas être évident, alors pour ceux qui vivent en appartement, je n’ose imaginer. Ma femme se planque dans la buanderie pour jouer du piano numérique, bat des records de sommeil, mon aîné attend le soir pour faire du gaming, j’écoute la musique au casque ou sur mon iPhone, nous nous partageons les créneaux horaires de la salle de bain, nous grattons le chat chacun notre tour, toute une organisation de temps de guerre.

J’ai créé un groupe Facebook pour partager de la musique en ces temps de crise. Devin Townsend, Ray Wilson, Steve Hackett et d’autres nous offrent leur musique chaque jour via YouTube. Vous en connaissez d’autres ? Je trouve leur démarche admirable, il faut soutenir nos artistes pendant cette période, ils nous réchauffent le coeur et sont privés de travail et de revenu avec le confinement.

Il faut s’occuper pendant ces longues journées. Aujourd’hui j’ai commencé et terminé la chronique d’un album de metal, joué à Animal Crossing, trié des promotions, préparé des actualités, classé des clichés, courru chercher du pain, lancé une lessive, rangés les courses, fait un peu de ménage et là soudain, je me suis demandé comment photographier le confinement ? Par la fenêtre ? J’ai déjà essayé, mais mes voisins n’aiment pas trop. Alors je me suis souvenu que j’habitais dans une très vieille demeure. Je suis monté au grenier et j’ai tenté de jouer avec les lumières, les poutres et les perspectives. Le résultat se révèle très salissant.

J + 8 : Mardi 24 mars 2020 – pénurie

La tempête d’hier a épuisé mes dernières forces, je n’ai même pas le courage de jardiner. Je n’arrive pas me concentrer sur le tome trois de The Expanse, ce sera pour ce soir, afin d’aider mes paupières à se fermer. Je vais terminer ma chronique en route depuis trop longtemps. Ce sera la chronique de la pandémie. 

Au travail nous venons de recevoir mille masques mais interdiction de les distribuer… alors à quoi servent-ils ? Peut-être les gardons-nous pour la prochaine épidémie ? Nous ferions mieux de les donner aux hôpitaux qui en ont urgemment besoin. 
Le facteur ne passe plus au travail depuis lundi, le centre de tri n’a plus un seul agent de valide, l’épidémie fait rage à la Poste, alors je fais le facteur à leur place. 
Le formulaire employeur pour aller bosser a encore changé, comme si notre direction n’avait d’autre chat à fouetter que de remplir, imprimer et signer cinquante documents pour ses employés. 

Il faut que je trouve le moyen de valider ma commande sur le Drive Auchan, sinon nous serons obligés de faire les courses à l’ancienne avec la file d’attente à l’entrée, les rayons vides et les caissières derrière des bâches plastique. J’ai préparé ma commande mais lorsque je la valide, aucune date n’est disponible, gênant, mais le pire, c’est que lorsque je reviens une heure après, plusieurs articles ne sont plus disponibles dans ma liste et que je me retrouve une fois encore, sans date possible pour faire mes achats. La galère…

Pendant ce temps, des personnes meurent autour de nous et nos petits soucis semblent alors terriblement dérisoires.

Animal Crossing va sauver cette journée déprime, j’ai une perche pour sauter par-dessus les rivières, mon terrain de jeu s’en retrouve magiquement agrandi. Je dispose d’une petite maison au toit rouge, de plein de clochettes à la banque et d’un bien joli chapeau. Je pêche, coupe du bois, cherche des fossiles, ramasse des pommes, arrache les mauvaises herbes, m’installe sur la plage et contemple les vagues qui se brisent sur les rochers. Et là j’oublie quelques minutes la misère ambiante.

J + 7 : Lundi 23 mars – migraine explosive

Des fois les triptans n’agissent pas, ne me demandez pas pourquoi. A huit heures la crise à pris forme. A dix heures du matin je me traînais du lit jusqu’aux toilettes vomir mes tripes. A trois heures du matin, la douleur devenait supportable. A sept heures j’étais au travail et pesais deux kilos de moins. Le stress y est sans doute pour quelque chose.

J + 6 : Dimanche 22 mars – c’est la guerre, des étoiles…

Le soleil est de retour mais ça caille. Paradoxalement nous entrons dans la période la plus froide de l’année alors que l’hiver est terminé. “Y a plus de saison mon bon monsieur”. La faute à cette brutale décroissance, nous consommons moins d’énergie, nous relâchons moins de CO2. Encore un mois de confinement et nous vivrons une petite ère glaciaire. A part le temps capricieux, la vie ressemble à Un jour sans fin et je me demande que faire pour briser ce cercle infernal. Sauf que si tout se répète, le nombre de malades augmente comme le nombre de victimes. J’ai lu quelque part que l’on dénombrait 12 000 morts de part le monde. Combien seront-ils demain ?
Hier soir Manuel Schmid et Marek Arnold (Seven Steps) donnaient un concert sur YouTube, rien d’extraordinaire, mais je salue l’initiative. Un moyen pour les artistes de récolter un peu d’argent avec les dons, de se faire connaître et d’offrir de la musique aux personnes bloquées chez elles. Ray Wilson continue également ses enregistrements quotidiens, ils sont mon rayon de soleil de la soirée.
Alors que faire aujourd’hui ? Courir tout nu dans la rue ? Tapisser la cuisine ? Cuisiner un plat exotique ? Nettoyer les vitres du premier étage ? Jouer à Animal Crossing ? Emmerder le chat jusqu’à qu’il me griffe ? Faire pareil avec ma femme ? Jouer au ping pong dans la cuisine ? Courir comme un fou jusqu’au fond du jardin pour battre un record du 50 m potager ? Prendre des nouvelles de mes proches ? Vous vous faites quoi ?
Je pensais pour ma part lire et regarder des tutos sur Internet : comment soulager une douleur dentaire, comment programmer avec Foundation, comment couper ses cheveux, comment soigner une balanite mais finalement j’ai joué à X-Wing avec mon grand, cela faisait des mois que nous n’avions pas sorti les figurines de la vitrine.

Je me suis fait explosé à deux reprises. Demain La Revanche des Siths.

J + 5 : Samedi 21 mars – petite forme

Le printemps c’était hier. Aujourd’hui il pleut. Pour les promenades, il faut maintenant rester dans un rayon de deux kilomètres du domicile, ça va limiter les choix d’autant que les parcs, les gravières, le canal, la forêt sont interdits d’accès. Il reste encore les trottoirs me direz-vous mais ils sont couverts de merdes de chiens. Je vais faire comme lors de mes cinq mois d’arrêt maladie en 2016, j’effectuerai des aller retour au fond du jardin, cent mètres en légère pente ! A l’époque cela le semblait le bout du monde mais aujourd’hui, à ce rythme là, je risque de prendre un kilo ou deux si le confinement dure jusque fin mai. Mince ! Vous pensiez vraiment que le premier avril ce serait fini ? Mais non enfin, c’était ça le poisson…

Nous en avons profité pour laver les vitres du rez-de-chaussée, c’est fou toute la lumière qui rentre maintenant dans la maison mais il faut vraiment s’emmerder pour se lancer dans une telle activité.

Pour me promener j’ai mon île. Je dors sous la tente au bord de l’eau, cueille des pommes, pêche des poissons, collectionne les papillons et bricole avec Tom. J’ai deux voisins sympas et qui n’ont pas de chien ni de sono dans leur voiture. La vie serait parfaite s’il ne fallait recharger les accus de la console toutes les deux heures…

COVID-19 ou pas, je n’échappe pas à l’épidémie hebdomadaire migraineuse. Pour me consoler j’écoute My Arrival et Arrival en boucle, oui je fais dans les noms de groupes super originaux ce week-end désolé.

Vu que le temps ne manque pas, je me plonge dans la documentation de la version 6.6.x de la librairie CSS Foundation, du HTML responsive, histoire d’étudier une éventuelle modernisation du look du webzine. Bref rien d’autre à faire et je ne travaille pas avant mardi…

J + 4 : Vendredi 20 mars 2020 – sauvés

Nous sommes sauvés, c’est le printemps. Enfin c’est qu’avait dit Trump non ? Printemps ou pas, hier ma femme a réussi à se procurer du PQ, du sucre et du savon. Nous sommes sauvés ! En plus aujourd’hui Animal Crossing sort sur la Switch alors tout va bien. On raconte même que le Plaquenil, un antipaludique, pourrait nous guérir du virus, que demande le peuple ? Il fait beau, même très beau, le réchauffement climatique est là et si nous ne mourrons pas du COVID-19, le dérèglement planétaire aura notre peau. Ne nous mentons pas, je tousse de plus en plus, alors j’ai décidé de sauver mon âme… Oui bon, pas trop tôt me direz-vous. Sauf que je cherche une bonne boutique pour ça. Il y a beaucoup d’officines et autant de charlatans. Alors que choisir ? La revue aurait du écrire un comparatif des religions pour que l’on s’y retrouve. Je suis de culture catho, mais ma mère a viré bouddhiste avant de rejoindre une église évangélique et mon frère est Sikh. Pas facile de se décider du coup. Il y a bien le satanisme, une valeur sure quelque soit le dieu, des filles nues, du chauffage central gratuit, quelques châtiments corporels pour faire du sport sans promener son chien et pas de bonne conduite à avoir Allez, je prends le satanisme. 

J + 3 : Jeudi 19 mars 2020 – décision (in)

Retour au travail à sept heures du matin. Les rues sont désertes et le bâtiment ne contient que deux personnes. Internet est très lent, même au travail. Dommage car PornHub serait gratuit aux dernières nouvelles. J’attends assis dans le bureau depuis mon arrivée ce matin de savoir si je reste en poste ou pas, en attendant, et bien j’attends. J’avais bien fait de laisser à manger dans le frigo du travail mardi, dommage que je n’ai pas songé au dessert. Un collègue consigné chez lui, passe dans les couloirs, à croire qu’il n’a rien compris au concept de confinement… Un autre, arrêté depuis vendredi, repasse chez le médecin aujourd’hui, ça n’annonce rien de bon. Mon épouse télé-travaille de la maison sans téléphone ni ordinateur, autant vous dire qu’elle joue beaucoup du piano et du violoncelle. Pour qu’elle puisse utiliser le Mac ou la station Linux il faudrait installer un antivirus dessus. Sérieusement, un antivirus sur Mac ou Linux ? Pour que faire ? Que je sache le COVID-19 ne touche pas encore les intelligences artificielles, si ? Et puis vu que notre petit dernier occupe toute la bande passante pour suivre ses cours de huit à dix-huit heures, comment dire… Ça laisse peu de place pour le télé-travail. Les artistes sur la toile, proposent en streaming des concerts improvisés avec une guitare et un micro. Eux aussi sont confinés et ils nous offrent du réconfort à leur manière. Les tourneurs devraient essayer les concerts en streaming avec quelques groupes, je suis certain que ça aurait du succès. En attendant il me reste quelques DVDs des précédentes conventions de Marillion à visionner. Sinon il va falloir se procurer du PQ, des yaourts, des pâtes, de l’emmental et du savon d’urgence pour survivre à la maison faute de quoi ce sera vite le drame, surtout pour le PQ. Peut-être en trouve-ton au marché noir ? Mon voisin, à découvert depuis deux jours le plaisir du Karcher, il nettoie tout, autant dire que si la rue est calme, le jardin devient un enfer. Il faut vraiment que je commande un fusil de chasse chez Manufrance.

J + 2 : Mercredi 18 mars 2020 – premières privations

Un soleil radieux inonde le jardin, la rue est déserte et la bande passante aux abonnés absents. Mon petit dernier suit ses cours en streaming, je télécharge des promotions, ma femme regarde Youtube, l’aîné joue en ligne. Priorité à la prépa véto, tout le monde sauf le petit dernier se déconnecte, il va falloir lire, jardiner, roupiller, s’occuper. Par chance j’ai terminé à temps les publications du webzine et mes courses en ligne. Je n’ai pas envie de faire la queue au rayon PQ et pâtes. Bon ok, il n’y a plus de PQ ni de pates sur le site, on fera sans, par chance il restait des bonbons Haribos. Mon rendez-vous au centre anti douleur, programmé depuis cinq mois, est reporté aux calendes grecques, mais ça je peux le comprendre et puis au point où j’en suis. Je vais également être privé de travail comme beaucoup, juste placé en astreinte au cas où. Dommage, au boulot il y a une bonne bande passante… Par contre nous ne sommes pas privés de voisins, damned, ils sont tous dans leur jardin et n’ont rien de mieux à faire que discuter. J’ai peur d’avoir chopé une insolation en parlant au soleil avec eux. Si je vais chez le médecin pour ça, clairement je vais me faire allumer. Alors je suis rentré me mettre à l’ombre, pour écouter l’album de ma prochaine chronique, un groupe marseillais pour changer, Tense Of Fools. Et pour finir avec les privations, l’état d’urgence sanitaire devrait nous priver de bien des libertés. On n’en saura bientôt plus. Chic !

J + 1 : Mardi 17 mars 2020 – des gants médicaux sur les mains

Retour au travail. Nous sommes cinq dans un bâtiment prévu pour recevoir une centaine de personnes. Plusieurs agents sont consignés chez eux sous Doliprane. Grippe, gros rhume, COVID-19, allez savoir… Il faut assurer la permanence au cas où. Muni de désinfectant, je parcoure les bureaux pour nettoyer les poignées de portes, les robinets, avant de retourner dans mon bureau et attendre la fin de la journée. J’ai bien fait d’emmener mon bouquin… Demain, si je bosse, je prendrai aussi ma Switch. Je rencontre la première survivante au COVID-19. Bien envie d’échanger un peu de salive avec elle juste au cas où cela renforcerait mes défenses immunitaires, mais bon, elle n’est pas vraiment appétissante, alors je m’abstiens. Il n’y a personne à la direction pour me dire si je peux ou dois travailler demain et surtout, vu que passé midi, je n’ai plus de droit de circuler sans un papier de mon employeur, j’ai un problème… “Allo Houston ?”. Encore plus gênant, les restaurants sont tous fermés, je vais manger quoi ce midi moi ? J’ai bien ma carte Up Déjeuner fraîchement rechargée mais bon, j’aime pas trop croquer du plastique à midi. Ce seront donc des pâtes réchauffée au micro-ondes. J’ai imprimé des attestations de déplacement dérogatoire pour aller chercher du pain, des yaourts, des fruits et me rendre au travail sauf que pour le travail, mon employeur a zappé le fait qu’il devait fournir un papier lui aussi, le justificatif permanent. On verra tout ça jeudi, demain c’est confinement dans le jardin et dans le salon, car je viens de recevoir, sans doute mes derniers arrivages de CDs pour quelque temps, Cosmograf et Arrival.

J : Lundi 16 mars 2020 – dubitatif

Youpi ! Le weekend est terminé et j’ai le droit à un jour bonus à la maison. Il fait beau, j’en profite pour tondre la pelouse, semer quelques graines, jouer à Luigi’s Mansion 3, développer quelques photographie, avancer dans le tome 3 de The Expanse et regarder une nouvelle série TV, la dernière qui nous reste car les médiathèques ont fermé leurs portes samedi. Le papa toulousain récupère son petit et malgré une nuit de travail et dix heures de route, repart illico presto dans l’autre sens avec son italien, craignant que le confinement ne soit confirmé le soir. L’actualité lui donnera raison. Mes voisins font des provisions en vue de la fin du monde, pâtes, PQ, sucre en quantité invraisemblable. L’hystérie gagne du terrain. A vingt heures, notre président nous annonce la nouvelle : “C’est la Guerre !”. Comme je m’y attendais, après la fermeture des frontières allemandes, la France se met enfin au confinement. Je tousse, en réalité cela fait presque trois semaines que je tousse, un peu, quand je bouge, mais je n’ai pas de fièvre, même si j’ai la sensation d’avoir chaud à la tête. Bronchite psychosomatique ? COVID-19 peu actif ? Serais-je le patient zéro du travail ?

J-1 : Dimanche 15 mars 2020 – excellent moral

Le printemps est magnifique même si nous sommes toujours en hiver. Avec mon épouse, nous profitons du soleil dans les Vosges comme toute la population de l’Alsace encore en état de rouler. Les parkings du mon Saint-Odile sont bondés. Tout le monde descend chercher l’eau de la fontaine magique pour se purifier, nous on va juste se promener et par hasard nous découvrons, dans un vallon, une magnifique chapelle. De retour à la maison, j’apprends d’un ami toulousain, que les frontières germaniques ferment demain à huit heures. Son fils étudie le commerce à Karlsruhe, de l’autre côté du Rhin. Le temps qu’il arrive, on ne pourra plus passer. Alors je prends ma nouvelle voiture toute belle, passe la frontière, les contrôles sanitaires et fonce chercher le petit Alessandro dans son appartement d’étudiant. Faut dire, avec un prénom pareil, il joue avec le feu le garçon.

La peste et le choléra

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Pourquoi ne pas emprunter à JPL le titre de ce billet ? Il convient parfaitement à la situation.

Les écoles ferment, les tournées de concerts s’annulent les unes après les autres, les restaurants baissent leur rideau de fer, les services publiques fonctionnent au ralenti, les frontières hermétiques sont rétablies, l’épidémie est bien là.

Ai-je peur ? Non. Je ne me suis pas rué dans les supermarchés pour remplir les placards et le congélateur, au pire je mangerais d’abord le chien des voisins, ensuite mon chat puis les enfants. Suis-je parti loin de la civilisation pour échapper au virus et à l’angoisse générale ? Non plus. J’aime bien ma maison, elle contient plein de livres, de BDs, de CDs et de DVDs pour passer le temps. Et puis il faut que j’aille quand même travailler.

Chez nous les agents sont invités à rester à la maison en télétravail, autant dire que le bâtiment est désert. Pour ma part, je fais une rotation avec un collègue pour assurer le fonctionnement du centre, un jour sur deux à arpenter les couloirs déserts et à vérifier que tout fonctionne correctement.

Hier soir, je suis allé à Karlsruhe en catastrophe récupérer le fils d’un ami qui fait ses études là bas. Les frontières fermaient à 8h00 se matin, pour combien de temps, quinze jours, un mois, deux mois, trois mois ? Sa famille habite Toulouse. Le temps de faire la route pour venir le chercher, le filtrage au poste frontière aurait déjà été mis en place. La folie !

Toutes ces mesures, je les comprends et je les approuve. Il faut endiguer l’épidémie, faire en sorte que les hôpitaux puissent accueillir les patients les plus atteints sans avoir à choisir entre deux malades, faute de place.

Ce qui me turlupine par contre, c’est pourquoi si tard ? Pourquoi ne pas avoir réagi tout de suite, lorsque l’épidémie était à notre porte ? Peut-être que si des mesures radicales avaient été prises tout de suite, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Car en Espagne et en Italie, les autorités vont plus loin encore, imposant une quarantaine quasi totale à la population. A quand notre tour ?

La peste et le choléra. La santé et l’économie. Car l’économie s’effondre, inévitablement. Ce stupide système boursier qui vacille au moindre mouvement de panique de la populace est en pleine déroute. Entre le cours du baril qui plonge et les actions des entreprises qui s’effondrent, nous nous approchons à grand pas de la crise de 29. Le chômage va exploser, les PME mettront la clef sous la porte, les fonctionnaires ne seront plus payés, l’état sera en faillite ?

Nous sommes en plein scénario post-apocalyptique. Les rues se vident, les gens se battent pour un paquet de pâtes, les médiathèques sont fermées nous laissant à court de séries TV et de livres. Des personnes louches rôdent sur les trottoirs, toussant dans leur manche, le facteur ne passe plus garnir la boîte aux lettres de disques, les chanteurs éternuent pendant leurs interviews, les promeneurs s’observent à distance et le soleil brille sur la campagne. 

On dirait que la nature se fait une joie de cette épidémie, le taux de CO2 baisse dans l’atmosphère, le prédateur bipède se fait très rare, le chant des oiseaux n’est plus couvert par le bruit des automobiles, les boeufs ne finissent plus entre deux tranches de pain de mie et de ketchup, le printemps arrive, Gaia est en fête.

Bon, puisque je ne peux pas bosser, que le soleil brille, je vais aller m’occuper du jardin, au calme, tondre la pelouse, semer des graines, nettoyer les allées et jouer avec le chat. Portez vous bien, sortez couverts.

Déchet ultime

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Saviez-vous que votre ami félin contribue pour une part non négligeable à la production de déchets ultimes ?

Non ?

Alors je vous explique :

Cette douce fourrure qui aime ronronner sur vos genoux lorsque vous regardez une série, en plus d’être un serial killer pour oiseaux, un psychopathe paranoïaque, un esclavagiste patenté, se trouve être indirectement sans doute, un pollueur hors norme.

A votre avis, combien de vidéos de chatons débiles sont visionnées par jour sur YouTube, Facebook, Vimeo ? Combien de photos de parasites sont publiés sur la toile puis partagées sur les réseaux sociaux ?

Après être un plat très prisé des asiatiques, le chat est devenu l’animal de compagnie favori des français. Petit, il ne demande que peu de soins, quelques croquettes, du chauffage et une caisse de sable pas trop sale.

Et le problème est là. 

Contrairement au chien qui pisse sur votre porte et pose ses étrons fumants au milieu du trottoir, le chat fait tout cela sur une litière et parfois hélas dans les bacs des plantes de maison.

La caisse du chat, installée dans un lieu stratégique de l’habitation, est l’objet de tous les soins de la part des esclaves du félin. Pas ou peu entretenue en temps et en heure, elle devient une bombe sale à retardement. Le choix de la litière est très important pour bien absorber les liquides toxiques et les quenelles explosives. De toute manière, si le sable ne convient pas au quadrupède miaulant, vous vous en rendez compte très rapidement.

Le sable doit être remplacé régulièrement pour évacuer les boulettes agglomérées et les dates indigestes. Le plus souvent il s’agit de roche calcaire broyée, un produit non recyclable, non incinérable, bref, un déchet ultime.

Étant donné le nombre de chasseurs de souris par foyer en France, le problème devient critique. Que faire de ce sable ?

Si vous avez des enfants, vous pouvez regarnir régulièrement leur bac à sable au fond du jardin avec. Ils adoreront ces petites choses noires qui leur permettront de décorer leurs châteaux comme les boulettes ammoniaquées inspireront certainement leur créativité débridée. Mais pas certain que le pédiatre apprécie et surtout veillez à ce qu’ils ne confondent pas les excréments avec des Kinder Surprise, encore que l’on peut se poser la question de savoir ce qui est le pire pour la santé.

Vous pouvez également décorer l’allée du jardin avec ces déchets au lieu d’utiliser des gravillons ou avec, garnir le fond de l’aquarium de poissons exotiques. Vous pouvez amener les sacs à la mer pour compenser le sable ramassé par les touristes et par le BTP chaque année. C’est également un bon moyen pour lutter contre la montée des eaux.

Je déconseille toutefois aux bobos écolos de fabriquer des briques avec pour élever une dépendance, une cabane de jardin ou une extension à la maison. Le dosage sable pétoules urine et argile sera complexe, ensuite ne perdez pas de vue que si le sable est un déchet ultime, la merde non.

Fort de ce constat, n’ayant plus d’enfant qui joue dans le bac à sable où poussent mes carottes, possédant déjà des gravillons dans mon allée et habitant loin de la mer, je me retrouve avec un cas de conscience : comment gérer la caisse du chat ?

Je pourrais foutre le chat dehors dès qu’il manifeste l’envie de pisser ou chier, comme le font les propriétaires de chiens, mais la bête est sournoise et pourrait bien revenir miauler à la fenêtre sans s’être allégée. Je pourrais lui mettre un bouchon ou ne lui donner que du poulet cuit à manger (constipation garantie), mais voilà, j’aime un peu ce parasite.

Alors je vais essayer le sable bio bobo, des copeaux de bois que je pourrai mettre au compost avec mes épluchures de légumes et mes mauvaises herbes en espérant que Madame trouvera la litière à son goût sinon nous serons dans la merde.

En attendant n’achetez plus de chatons, allez à la SPA récupérer un psychopathe abandonné. Il vous en sera peut-être reconnaissant un jour. Dans tous les cas coupez leurs coucouniettes et opérez ces dames, il y a vraiment trop de chats sur la planète. Et surtout, arrêtez de regarder, partager, commenter des vidéos chats sur Internet, pour limiter votre empreinte carbone et gagner un temps libre considérable.

Bon à rien

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Dilettante, je m’intéresse à tout et je ne vais au bout de rien. Chroniqueur de rock progressif, je suis un non spécialiste du genre faisant l’impasse sur les discographies de nombreux groupes phares du genre. Photographe amateur, je possède un très bon matériel et pourtant mes clichés restent passe-partout dans le meilleur des cas. Blogueur, j’inonde la toile de ma prose auto-satisfaite remplie de fautes d’orthographe et lue par dix personnes au monde. 

Je suis un touriste, un rigolo même pas drôle qui survole sans jamais approfondir. Astronomie, informatique, musique, photographie, bricolage, littérature, jardinage, science-fiction, je dilapide mon temps et mon argent sans jamais aller au bout du sujet. Lorsque les difficultés surviennent, je passe à autre chose ou je trouve un raccourci pour ne pas m’infliger la honte d’un échec.

Ne serait-il pas plus intelligent de consacrer toute cette énergie débordante à une seule passion, d’aller au fond du sujet, de tenter d’être vraiment pointu dans un domaine ? 

Le problème c’est que des tas de domaines attirent mon attention, j’aimerais tout faire, tout essayer, tout connaître, enfin, presque tout. Au lieu de cela je possède un vernis Reader Digest, des résumés sur tout et surtout sur rien, un vernis facile à gratter sous lequel il n’y à rien. 

Vous me direz, de nombreuses personnes ne s’intéressent à rien, une vie sans passion, juste le foot, les gosses et le boulot. Mais sont-ils moins heureux pour autant ? Recherchent-ils cette reconnaissance futile de ceux qui en savent encore moins et qui sont éblouis par pas grand chose ?

Des fois je me demande à quoi peut bien servir cette fuite en avant dénuée de sens. Échapper au monde réel, au sordide quotidien ? 

Je pense qu’il est temps que je me remette sérieusement en question, que je laisse tomber la photo, le rock, le bricolage, les livres, les séries TV, le jardin, les jeux vidéos, le travail, la musique, les filles et que je me concentre sur une seule activité, l’unique l’ultime, la psychologie, pour aller au fond du sujet une fois pour toute, c’est à dire au fond de moi.

Algoflash

Rassurez-vous, je ne vais pas écrire un billet sur l’état de ma pelouse que j’ai semé ce printemps et qui ressemble maintenant à un condensé de mauvaises herbes. Manifestement je suis maudit question gazon…

Je vais vous parler d’une autre malédiction, celle de la loi des séries. Des séries télé bien entendu, vous m’aviez compris n’est-ce pas ?

Après l’ennui provoqué par la saison 2 de Zone Blanche et avec Acquitted me voila aux prises avec Flash, la saison 3 que je finirai pas.

Les personnages se bousculent grâce aux multi-univers, Terre 2…Terre 19, se mélangent dans une seule réalité et les bidouillages temporels de notre héros mettent une jolie pagaille dans sa réalité. Cette fois nous avons quatre supersoniques dont le méchant Savitar, dieu de la vitesse, Kid Flash et la fille du professeur Wells. Il y a aussi cette histoire de Flash Point tordue qui est au cœur de la série puisque la petite chérie de Barry, Iris, risque de passer à la casserole. C’est également le grand retour de Grodd le gorille savant et de ses congénères en colère, et ça on s’en serait bien passé. On note également l’arrivé d’un petit nabot de Poudlard.

Cette saison 3 me donne l’impression de faire appel à un algorithme de génération aléatoire de scénarios d’où le titre de ce billet. Si au début l’histoire se tient, elle part rapidement en coquillettes, tentant de se raccrocher tant bien que mal au Flash Point. L’histoire d’amour Barry Iris est toujours aussi peu convaincante sans parler des autres amourettes, papa West, Wally et Francisco.

Il n’y a que la nouvelle incarnation du Docteur Wells, un débile sympathique avec deux sticks qui donne encore à cette série un peu de piment.

Le printemps ne dure que trois jours

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J’ai été très pris par les concerts ces dernières semaines, par les chroniques et les interviews, épuisant toute l’encre de ma plume. 

Les beaux jours arrivent, et c’est sur un transat, au fond du jardin, en écoutant Panzerpappa que j’écris ces mots. Le jardin, ma seule activité un temps peu soit saine, loin des écrans et d’Internet. 

La saison des semis bat son plein, avec une nouvelle fois un peu d’avance. Les petits pois et les tomates ont déjà fière allure, les salades, si elles ne sont pas dévorées par les limaces, devraient agréablement améliorer les repas. Les fraisiers, poiriers, pruniers, cerisiers sont en fleurs, les potimarrons, courgettes, concombres sont encore sous serre mais ne devraient pas tarder à grandir en pleine terre. Je sèmerai bientôt les haricots et le potager sera complet.Le soir, au lieu d’allumer le mac, je vais dans le jardin, j’arrose, désherbe, bine, parle aux feuilles, plonge les mains dans la terre.

Dès la mi juin, nous consommerons une partie des produits du potager, des tomates aux saveurs incomparables, des légumes bio circuit court éthique bobo, des salades concombre tomate menthe,  des tartes à la rhubarbe, des fraises chantilly, des petits poids crus, des haricots frais, des poêlés de courgettes jaune croquantes.

Le blog pourrait souffrir de ce bonheur culinaire retrouvé, des apéritifs en terrasse, de la lecture au fond du jardin mais rassurez-vous, je ne vais pas tarder à vomir sur mes abrutis de voisins buvant jusqu’à point d’heure en terrasse et leur con de chien qui gueule en permanence.

Puis je vais souffrir de la chaleur, ne plus dormir, maudire le réchauffement climatique et la bêtise humaine puis espérer avec impatience la saison des figues. Ici le printemps ne dure que trois jours.

Rétro pédalage

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La transition énergétique, voila le sujet à la mode, surtout depuis l’annonce d’une taxe sur les carburants qui a mis le feu aux poudres.

Peut-on concilier petits salaires et écologie ? Je pense que oui, à condition de revoir notre mode de vie.

Commençons par la voiture qui a cristallisé bien des débats. On nous dit, passer à l’électrique. “Votre vieux véhicule pollue énormément, mettez-le à la casse, en plus vous recevrez une prime”. C’est vrai que le véhicule électrique n’émet pas de CO² par le pot d’échappement. Mais pollue-t-il moins qu’un bon vieux diesel crachant sa fumée noire ?

La construction d’un véhicule électrique est, à ce jour, plus polluante qu’un véhicule diesel. Ben oui, c’est comme ça, les batteries c’est sympa mais elles sont remplies de composants très polluants qui nécessitent des matériaux rares et complexes à produire. Lorsqu’un véhicule électrique roule, il consomme de l’électricité, c’est évident n’est-ce pas ? Mais d’où vient l’électricité ? De l’éolien, du solaire, des barrages ? Non, principalement du nucléaire ainsi que du thermique en France. Alors si dans l’hexagone nous disposons de beaucoup d’électricité venant de l’atome, ce n’est pas le cas de la Chine par exemple où des Etats-Unis. Et électricité, dit transport et pertes , beaucoup de pertes (de l’ordre de 10%). Si tout le monde passe à l’électrique, il va falloir la produire cette électricité. Va-t-on construire des éoliennes, des fermes solaires, des EPR, des centrales à charbon ? Gardez votre voiture pourrie qui pollue, vous polluez moins qu’en jetant votre caisse à la décharge et en vous offrant un calèche rutilant de chrome, et vous économiserez de l’argent. En plus, il est probable que l’on vous enfume un peu sur ses magnifiques performances énergétiques, l’autonomie et le taux de pollution des nouveaux véhicules. 

On nous demande d’être écolo mais qui a eu l’idée de relancer le transport en bus sérieusement ? Prenez le bus (vous savez le gros truc diesel qui se traîne pendant 6 heures pour faire un Strasbourg-Paris), le train c’est trop cher. Du coup nous avons plein de bus qui sillonnent la France, une belle idée. Sans parler des camions. Pourquoi favorise-t-on toujours ce mode de transport des marchandises, est-il si important d’encombrer la route avec des 38 tonnes alors que nous avons un réseau ferroviaire très dense et des canaux. C’est un choix politique, ne pas faire de vagues. Les routiers sont sympas, mais faut pas les énerver non plus.

Et si vous essayez de raisonner vos déplacements ? Covoiturer pour aller bosser, marcher à pied ou à vélo pour des petits trajets, utiliser les transports en commun lorsque c’est possible, éviter de prendre l’avion pour aller bronzer vos fesses aux Maldives. Je ne dis pas que tout le monde peut le faire, la SNCF supprimant à la pelle les petites lignes ces dernières années, mais cela vaut la peine d’essayer. Des petits efforts au quotidien, qui une fois encore, vous ferons faire des économies. Oui parce que entre l’achat, l’assurance, l’entretien, le carburant, une voiture, ça coûte une blinde !

Et que penseriez-vous de moins consommer ? C’est bête mais évident pourtant, si on consomme moins, on pollue moins, tout simplement. Pourquoi changer de smartphone tous les ans, pourquoi acheter une télévision 3D 4 K alors que celle qui trône dans votre salon fonctionne parfaitement ? Pourquoi s’offrir une paire de Nike à la mode alors que celles que vous portez sont en bon état ? Pourquoi changer de déco alors que celle que vous avez est encore très belle ? Pourquoi commander un truc sur Internet alors qu’il y a des boutiques près de chez vous, pourquoi demander la livraison pour demain alors que votre commande pourrait arriver dans une semaine ?

Nous sommes conditionné à acheter compulsivement. Nous sommes noyé sous les publicités pour alimenter nos insatisfactions. Nous sommes manipulés pour consommer. Il faut de la croissance pour créer de l’emploi nous dit-on. Connerie !

Et si nous fabriquions des produits réparables, des machines à laver qui durent dix ans, des voitures increvables, des appareils solides, résistants, qui lorsqu’ils tombent en panne, peuvent être amené dans une échoppe, pour être remis en état. Que faites-vous lorsque votre cafetière tombe en panne ? Vous la jetez non pour acheter le dernier modèle avec des LED bleues. La réparation créerait l’emploi perdu dans la fabrication. Des métiers valorisant en plus, il est toujours plus sympa de remettre en état un lave linge que de l’assembler à la chaîne.

Et si nous mangions mieux ? Je ne prône pas la culture végétarienne, loin de là, mais a-t-on besoin de manger autant de viande ? J’aime un bon steak saignant, j’ai dit  un bon steak, mais je ne suis pas obligé d’en manger un par jour. Un par semaine, c’est amplement suffisant et du coup, je m’offre de la viande de qualité, pas celle que vous trouvez dans un hamburger de chez McDo. Manger mieux c’est aussi ne pas gâcher. Pourquoi acheter des aliments infects pour les jeter à la poubelle ensuite ? Et si nous mangions d’abord les produits que nous cultivons chez nous, pas forcément dans notre jardin, mais des produits qui poussent en Europe, de préférence dans notre département pour limiter les transports. Pourquoi se gaver de soja, d’oranges, d’ananas, de bananes, d’huile de palme et j’en passe alors que localement vous pouvez manger des pommes, des poires, des prunes, des pommes de terre, des courgettes, des carottes, du choux ? Manger local en circuit court, idéalement bio, ça n’est pas forcément plus cher. Je ne parle pas d’autarcie soyons clair, je laisse ces idées à la con aux extrémistes, je parle juste de faire attention. Pas question par exemple de se passer de café et de cacao, sans café je suis mort, sans cacao, ma femme est invivable.

Chauffer moins, éclairer ce qu’il faut, débrancher ce qui est inutile. Oui c’est bête mais c’est facile à faire. Un pull, des chaussettes, des chaussons et à 18°C vous serez très bien chez vous et vous économiserez sur votre facture de gaz, d’électricité ou de pétrole. En plus ça vous rapprochera très vite de votre moitié sous la couette vous verrez. Attention, ne soyez pas des lapins non plus, nous sommes trop nombreux sur la planète. Alors oubliez les familles nombreuses et protégez-vous. Baissez les thermostat, mettez le chauffage en veille quand vous vous absentez. Éteignez les lumières dans pièces où vous n’êtes pas, ne laissez pas les appareils électriques en veille. C’est si compliqué ?

Et Internet, avez-vous conscience de l’énergie dépensée à chaque fois que vous êtes sur Internet ? Vous me direz, ça n’apparaît pas sur la facture, oui c’est vrai, mais indirectement, vous le payez forcément. Rien n’est gratuit sauf l’air que vous respirez, enfin, pour l’instant. A chaque recherche Google, à chaque Tweet, à chaque vidéo de chaton regardée, vous faites tourner la machine infernale des équipements web éparpillés sur la planète, routeurs, serveur, onduleurs, switchs, data-centers… A chaque action sur votre smartphone, tablette ou PC, vous brûlez de l’énergie. Alors raisonnez votre usage du net. 

Oui mais que va-t-on faire si on ne traverse pas la France en voiture, si on ne survole pas les océans en avion, si on se les gèle dans la maison, si on peut peut plus grignoter n’importe quoi, si on ne joue pas avec le dernier gadget inutile, si on ne surfe pas sur la toile ? On va s’ennuyer !

Faites du sport, revoyez vos amis, jouez avec vos enfants, lisez un livre, faites un potager, réparez les trucs en panne chez vous, reposez-vous, marchez, promenez-vous à vélo dans la campagne, vivez quoi !

Tout ça c’est bien joli, mais c’est plus facile à écrire qu’à mettre en pratique. Je ne suis pas pauvre, pas encore, mais la retraite approche… Ma voiture est pourrie et je ne vais pas la changer. Je chauffe peu ma maison (17°C) et je fais attention aux lumières et aux appareils électriques. Je roule très peu, j’utilise beaucoup les transports en commun, mes pieds, le vélo et je prends l’avion, au maximum une fois par an sur des trajets raisonnables (en fait je déteste voyager, mais chut !). Hélas tout le monde ne dispose pas non plus d’un réseau de transports en communs bien organisé, les citadins comme moi sont des privilégiés. 

J’achète beaucoup de musique, de jeux et de matériel photo, je l’avoue, des produits conçus et fabriqués dans des pays lointains le plus souvent et que je fais venir par des transporteurs pollueurs.

J’essaye toutefois de limiter ma consommation culturelle en livres et DVDs en empruntant dans les médiathèques, même si ça me fait mal au cœur pour les libraires indépendants. Et encore une fois, soyons honnête, tout le monde ne dispose pas de ces lieux de culture qui existent dans les grandes villes.

J’aime le jus d’ananas, le café et les clémentines mais je mange peu de viande.

Et pour Internet, je suis un très mauvais très élève, la preuve, j’en use et en abuse et c’est mal. Bon, il faut dire que mes enfants ne veulent plus jouer avec moi, que les galipettes sous la couettes c’est sympa mais fatiguant et surtout je ne peux plus faire de sport, alors bon, je compense.

Zelda Crossing

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Cela faisait un bail que je ne vous avais pas parlé de la Switch, ça vous a manqué ? Il faut dire que j’ai boudé un peu le catalogue fait de reprises diverses et avariées. Je me suis essayé à la démo de Captain Toad son conviction, j’ai ignoré Donkey Kong Country, Fifa 18 je n’en parlerai même pas à mon voisin, mais je surveille quand même Okami parce que ce jeu est un pur chez d’oeuvre, Mario Party parce que c’est un incontournable des fiestas entre copains.

Par contre je suis tombé sur Yonder, un jeu d’aventure dans un monde ouvert, fait pour les non gamers. Pas de combat, un monde assez vaste, c’est un mix entre Zelda et Animal Crossing. Un monde tout mignon tout gentil, plein d’animaux, de plantes, de gens, de villages mais avec quand même des zones d’obscurités. Vous vous baladez, jouez des petites quêtes pas compliquées, il fait jour, nuit, il pleut, le soleil brille, c’est mignon tout plein, ça ne prend pas la tête et impossible de mourir. Vous récoltez des trucs, vous pêchez, vous cassez des cailloux, abattez des arbres, récoltez des métaux, vous les échangez, vous construisez, Animal Crossing je vous dit, sauf que l’univers est bien plus vaste. Les graphismes n’ont pas la finesse de Zelda et de temps à autres, le jeu lague quelques centièmes de seconde, mais rien de dramatique.

Le genre de jeu auquel on joue après une rude journée de travail, en attendant un rendez-vous chez le dentiste ou pendant une coloscopie.

Songe d’une nuit d’été

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Ah l’été, ses douces soirées, ses apéritifs en terrasse, ses jeux dans la piscine, quel bonheur !

Le mercure grimpe, les jupes se raccourcissent, les cigales chantent, bientôt il faudra fermer les volets tant le soleil brûle la peau.

La chaleur peine à baisser la nuit. Pour dormir sans suffoquer dans une chambre à plus de 28°, une seule issue, ouvrir la fenêtre, cette belle fenêtre double vitrage qui nous protège l’hiver du froid mais également des nuisances sonores:  du bruit de la rue, des voitures qui circulent, du bruit des voisins, qui discutent dans la cour juste en dessous de chez vous.

Vingt trois heures, je suis épuisé après plusieurs jours de canicule, le travail m’attend demain matin à six heures, il est urgent de dormir, mon corps le réclame.

Ils sont assis dans la cour, téléphone portable en main, tenant d’interminables conversations haut parleur réglé au maximum avec des interlocuteurs qui hurlent de rire. Ils sont heureux, pas moi.

Il faut chaud, les bières rafraîchissent, désinhibent, délient les langues. La télévision hurle une émission télé réalité débile que personne ne regarde, mais la fenêtre reste ouverte pour aérer la maison. Le chien, gentillement couché près de ses maîtres imbibés, se lève soudain et se met à aboyer comme un dément: un compagnon canidé passe dans la rue, à quelques mètre de là. Après quelques minutes de tintamarre, c’est aux propriétaires, dérangés par leur cabot, de hurler sur l’animal pour qu’il se calme. Il est minuit, l’heure du crime…

Un jardin plus loin, la piscine récemment creusée, est inaugurée par la famille et leurs amis. Plouffff ! Rires, cris, l’eau est fraîche, la nuit est chaude, cela fait du bien de s’y baigner.

Impossible de fermer la fenêtre, il fait trop chaud. Je rêve du île déserte, de meurtre, de climatisation, d’Islande, de lance roquette, de calotte polaire, de vengeance, de sorbet au citron, de fusil à pompe et d’une douche glacée. J’imagine que je vais me lever, descendre dans le jardin et hurler sur mes voisins pour qu’ils se taisent, pour qu’ils musellent ce chien, pour qu’ils vident la piscine. Mais j’ai trop chaud, comme eux sans doute, eux qui ne travaillent pas demain matin et qui se moquent de savoir si je dors ou pas. En plus je leur ai déjà expliqué gentiment plusieurs fois qu’ils nous pourrissaient les nuit.

J’ai envie de sortir mes enceintes colonnes sur la terrasse et vérifier jusqu’à quelle puissance l’amplificateur est capable de restituer la Polyfonie X de Pierre Boulez sans percer les tympans du public. Des scooters passent en pétaradant dans le rue, le chien se remet à hurler, les proprios suivent avec un temps de retard, les gamins crient dans la piscine, il est deux heures du matin, je me lève dans quatre heures, tout va bien.

Désespéré, je ferme la fenêtre, mets des bouchons d’oreilles, écrase ma tête sous l’oreiller et tente de trouver le sommeil sur un matelas trempé par la transpiration. Les bruits étouffés de mes voisins m’obsèdent, je n’entends plus que ça. Dès que le sommeil vient, un aboiement me réveille. Il est trois heures du matin, la chambre ressemble à un sauna, j’ouvre à nouveau la fenêtre. Pour faire bonne mesure, le chien hurle à nouveau en réaction à un rôt sonore accompagnant le bruit d’une canette de bière écrasée.

Mes voisins sont fin ivres, ils comatent dans le jardin, la télévision hurle toujours des clips de rap et de hip hop par le fenêtre ouverte. Plus personne ne nage dans la piscine et le chien roupille près des dernières gouttes de bières coulant de la bouteille cassée. Il est quatre heure, je vais pouvoir enfin fermer les yeux et m’endormir. Dans deux heures le soleil se lève.

Et je rêve. Je rêve du Catalogue de la Manufacture des Armes de Saint Etienne. Je tourne les pages avec délectation, je choisis un fusil, des cartouches. Je commande et reçois aussitôt le précieux colis. Je déballe le paquet et admire l’arme bien graissée. De la fenêtre ouverte de ma chambre, je charge l’arme, épaule et tire. Pan ! Dans une canette de bière, la balle perce de part en part le cylindre métallique qui vole dans les air. Surpris dans son sommeil le chien sursaute et se met à aboyer comme un dératé. Pan ! Dans la mâchoire du clébard. Ses crocs explosent, sa langue se détache, du sang gicle sur le sol. La bête est encore vivante mais ne peut plus gueuler. Réveillé brutalement par les deux tirs, son maître sort péniblement du coma éthylique et se redresse. Pan ! Une balle entre les deux yeux du con qui dormait. La cervelle gicle sur le mur. Les yeux écarquillés il me regarde effrayé avant de s’écrouler. “Bonsoir, dormez bien.”. Une flaque de sang toute fraîche coule dans la cour de mes voisins, l’odeur de poudre enivre mes sens, il faut vraiment que je m’offre une arme automatique, ça doit se vendre au marché noir. J’irai flinguer ces petits abrutis à scooter avant d’aller me coucher et je lancerai une grenade au milieu de la piscine à l’heure de la baignade.

Rien de tel que de beaux rêves pour passer une nuit paisible. Bon il faudra quand même que je consulte cette fois, ça devient grave.