Mes bonnes résolutions

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Le début de l’année est un bon moment pour décider de la conduite à tenir pour les 365 jours qui viennent. Après un bilan consternant, voici mes bonnes résolutions 2019 :

Boire plus, car une dizaine de bières et trois verre de vin par an, ce n’est pas assez.

Grossir. Avec mes 60 kilos tout habillé, lorsque le vent souffle en rafale, je m’envole.

Dire du mal des autres, car on ne le fait jamais assez. Et quand je pense à toutes les crasses qu’ils doivent balancer dans mon dos, j’ai de la marge.

Finir les travaux de cette fichue salle de bain avant la retraite, je n’ai pas envie d’être emmerdé par ce genres de choses à 70 ans.

Ne pas faire de sport, ça fait vraiment mal.

Ajouter « is tique » à l’extension de tous les fichiers log de mon serveur, histoire de me souvenir que je ne suis plus informaticien mais magasinier.

Débrancher internet et aller voir mes amis, encore faut-il que je souvienne qui sont mes amis.

Changer de médecin généraliste car à ce train là, c’est à l’autopsie que l’on découvrira de quoi je souffrais.

Arrêter de me plaindre constamment, oui mais bon, si je ne le fais pas, qui s’en chargera ? Bon, je vais me plaindre de manière plus convaincante alors.

Positiver. Cesser d’être l’oiseau de mauvaises augures. Il est possible que mes idées noires influent sur le destin de la planète.

Ne plus mettre de gilet jaune pour aller travailler à vélo. Mare de recevoir le soutient des brûleurs de CO², c’est pas le but, c’est pour éviter qu’ils m’écrasent. En plus, un jour, je risque de me faire arrêter pour activisme passif.

Ne pas prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir, je ne les tiens jamais.

Docteur, j’ai mal

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Moi – Docteur, j’ai mal.

Mon docteur adoré – Le rein est rétabli non ?

Moi – Oui mais j’ai mal.

Mon docteur adoré – Mal comment ?

Moi – Une douleur sourde tout le temps et quelques crises plus violentes.

Mon docteur adoré – Où est cette douleur ?

Moi – Sur le flanc gauche, vous savez, depuis mon accident.

Mon docteur adoré – Votre accident est loin.

Moi – Oui mais c’est la même douleur depuis la sortie de l’hôpital docteur, un peu moins violente, mais toujours là.

Mon docteur adoré – Vous avez des antécédents de cancer du colon non ?

Moi – Heu oui pourquoi ?

Mon docteur adoré – Nous allons faire une coloscopie.

Moi – Nous ?

Mon docteur adoré – Non vous !

La lune se lève.

Le spécialiste mondial du touché rectal – Vous venez pour une coloscopie de surveillance ?

Moi – Oui et non.

Le spécialiste mondial du touché rectal – Oui ou non ?

Moi – Oui, parce que il y a des antécédents de cancer du colon chez et moi…

Le spécialiste mondial du touché rectal – Donc oui.

Moi – Et non, parce que je viens pour une douleur au flanc gauche.

Le spécialiste mondial du touché rectal – Bon, je note coloscopie de contrôle.

Les chiens aboient.

Le spécialiste mondial du touché rectal – Coloscopie claire, pas de polype, vous allez bien.

Moi – Mais mes douleurs ?

Le spécialiste mondial du touché rectal – Aucun rapport, c’est mécanique, sans doute le dos.

La caravane passe.

Mon docteur adoré – Bonne nouvelle, vous voyez, tout va bien. On en prévoit une nouvelle en 2022.

Moi – Oui, mais j’ai mal.

Mon docteur adoré – Pas de polypes, pas de cancer et votre rein doit être rétabli depuis le temps.

Moi – Heu j’espère, mais j’ai mal depuis deux ans quand même.

Mon docteur adoré – Vous devriez reprendre le sport.

Moi – Je voudrais bien mais ça me fait encore plus mal.

Mon docteur adoré – Vous avez fait des radios ?

Moi – Oui, le dos, les hanches, échographie du rein, analyses sanguines, recherche de sang dans les urines.

Mon docteur adoré – Et ?

Moi – Et rien.

Mon docteur adoré – Donc votre rein est quasi fonctionnel et votre dos va bien.

Moi – Oui mais j’ai mal tout le temps.

Mon docteur adoré – Tout, tout le temps ?

Moi – Oui.

Mon docteur adoré – Depuis l’accident ?

Moi – Oui, c’est ce que je me tue a vous dire depuis deux ans.

Mon docteur adoré – Quand vous bougez ?

Moi – Quand je me lève, que je monte des marches, que je me penche, quand je suis allongé.

Mon docteur adoré – Vous prenez des antidouleurs ?

Moi – Non ça ne fait pas assez mal, c’est supportable, sauf pendant les crises.

Mon docteur adoré – Elles surviennent avec les changements de temps ces crises ?

Moi – Heu non.

Mon docteur adoré – Vous portez des vêtements en cuirs moulants, des strings, vous avez une cravache ? Vous aimez les gladiateurs ?

Moi – Heu… Non !!!

Mon docteur adoré – Bon dommage. Et les patchs antidouleurs que vous mettez durant les crises enlèvent la douleur ?

Moi – Un peu, c’est plus confortable.

Mon docteur adoré – Vous êtes tombés comment déjà ?

Moi – Un soleil au dessus du vélo et chute sur le flanc gauche docteur… c’est dans le dossier.

Mon docteur adoré – Oui. La colonne aurait pu prendre un coup.

Moi – Peut-être, c’est ce qu’à dit le spécialiste du touché heu…

Mon docteur adoré – Qui ?

Moi – Le gastro truc…

Mon docteur adoré – Ok. Et à l’hôpital ils ne vous ont pas fait d’examens.

Moi – Non, juste quatre scanners en une semaine, la pression toute les quinze minutes, une prise de sang par jour et une analyse d’urine toutes les heures. Ils ont juste sauvé mon rein, c’est déjà pas mal.

Mon docteur adoré – Et là vous avez mal.

Moi – Oui docteur, j’ai mal tout le temps, depuis plus de deux ans, 24 heures sur 24, mais on s’habitue à tout à la longue.

Mon docteur adoré – Et là si j’appuie là ça fait mal ?

Moi – Non

Mon docteur adoré – Et là, et là ?

Moi – Non, non.

Mon docteur adoré – Et vous avez mal là tout le temps ?

Moi – Oui.

Mon docteur adoré – Et comment vont vos migraines ?

Moi – Mes migraines ? Comme d’habitude, une crise par semaine en moyenne.

Mon docteur adoré – Vous avez eu des traitements ?

Moi – Oui plein, ceux que vous m’avez donné d’ailleurs, ça marche un peu pendant quelques mois puis ça revient comme avant, sans parler des effets secondaires des molécules.

Mon docteur adoré – Vous avez pris du Dodoziryladictifradioactif ?

Moi – Oui, j’étais un légume.

Mon docteur adoré – Du Nepasavalerçadonnelamort ?

Moi – Oui sans effet et ça bousille les synapses a ce qu’il paraît

Mon docteur adoré –  Mais non.

Moi – Vous êtes certaine ?

Mon docteur adoré – Oui oui, pas plus que les OGM. Du Situveuxteflinguerprendsçamongars ?

Moi – Oui, résultat des migraines permanentes pendant un mois.

Mon docteur adoré – Le Trucpassepartoutmaissuperdangereux avait marché un peu, non ?

Moi – Oui pendant trois mois.

Mon docteur adoré – Bon, vous allez en reprendre, ça va peut-être soulager vos douleurs.

Moi – Les migraines ? 

Mon docteur adoré – Oui aussi peut-être.

Moi – Et pour les autres douleurs ?

Mon docteur adoré – Vous allez passer une IRM, nous avons peut-être loupé quelque chose.

Moi – Loupé quoi ?

Mon docteur adoré – Une vertèbre fêlée, un nerf coincé, une sonde oubliée, que sais-je ?

Moi – Ha, bon bon, merci docteur.

Mon docteur adoré – Portez vous bien !

Moi – Heu… vous aussi.

Morceaux choisis

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La salle de bain au rez-de-chaussée est réservée.

Des pâtes, du riz, de la semoule. Tous les cinq ans une visite chez le colonel.

Ne mange pas de figue, n’approche pas du raisin, pas de salade de tomates, mange ton riz nature ! Quatre jours ! 

Pour la douche, passe demain, la pièce est prise ! Pas de collocation, même pour se brosser les dents.

Pas de fruits, pas de fromage, pas de lait. 150 ml à boire d’une traite puis deux litres d’eau. Ration militaire : viande maigre bouillie et biscuits secs.

4, 3, 2, 1, partez ! Les chutes du Niagara. “Chéri, c’est la poubelle qui sent comme ça ?”. Purge du soir, espoir, purge du matin, chagrin.  On patauge, juste habillé de bottes, dans les égouts de Paris.

Dans la salle d’attente, serre les fesses. Dieux ! Il y a du retard ! Pourvu qu’ils aient de la peinture pour recouvrir ces beaux murs blancs.

Le plafond bouge puis tout se fige. Aille, ça pique ! Perfect ! Dodo.

“Moi je n’arrête pas de dépenser tout le temps.”.

Bip !

“Et vous n’avez pas de remords par rapport à votre femme ?”. “Nan pourquoi ?”. “Ben quand même…”. “Je gagne bien ma vie.”. Tu m’étonnes…

Deux filles se racontent leurs histoires de fesses. La tête dans le gaz, en parlant de gaz… “Tu fais comment pour mettre une vidéo sur WhatsApp ?”. “Attends, je te montre.”. Tension toutes les quinze minutes.

Bip bip !

Un colocataire émerge, “Vous voulez un café ?”. “Oui, on lui a trouvé un polype.”.

Bip bip bip bip !

“Bonjour, réveillé ?”. Un ange passe. “Tout s’est bien passé.”.

Le conduit se dégonfle, ce n’est pas vraiment classe. “Redressez vous.”, “ça tourne un peu ? c’est normal. Vous allez pouvoir manger.”.

Vapeurs de croissant et miettes de café tournoient autour des yeux désorientés, première collation depuis vingt quatre heures.

Deux cent dix euros la chambre simple. Une passe à l’hôtel façon gueule de bois. Sourire : “On se revoit dans cinq ans ?”.

Dépassements

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Dans notre belle société égalitaire disposant d’une protection sociale exemplaire, il semblerait que quelque chose ne tourne pas rond. Depuis l’instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h, les dépassements sont devenus sportifs sur les petites routes. Mais alors que le tiers payant s’est généralisé, les excès de vitesse eux aussi sont devenus légion

J’adore cette question perverse qui revient à chaque fois dans les questionnaires de santé et dans la bouche souriante des secrétaires médicales : “Quelle est le nom votre mutuelle ?”.

Un spécialiste émarge théoriquement à 30 € la consultation – sauf pour les fous – mais la facture grimpe aisément à 55 € pour dix minutes de travail. Il existe des spécialistes conventionnés, dans des centres mutualistes (mais ils changent de poste très régulièrement), ou sinon dans des cabinets qui ont tellement mauvaise presse que l’on préfère mourir en silence que de se faire torturer chez eux.

Lorsque vous êtes malade, donc en position de faiblesse, et que votre généraliste vous recommande un spécialiste, vous lui faites confiance, vous ne vous posez pas forcément la question de savoir de combien sera la facture, car même une caisse en sapin, ça coûte très cher.

Si le spécialiste opère à l’hôpital, vous vous attendez à des tarifs conventionnés mais en réalité, il y a souvent deux poids et deux mesures. Vous voulez rester toute la matinée dans un couloir bruyant, passant et non climatisé, avec pour tout vêtement une blouse ouverte sur les fesses et plein de personnes, qui arrivées après vous, passent avant vous, ça c’est le tarif conventionné. Pour la version rapide et confortable, avec un minimum d’intimité, prévoyez une sérieuse rallonge. Pourtant cela se passe au même endroit, avec le même praticien, dans les locaux d’un hôpital public.

Si le spécialiste n’opère qu’en clinique privée, là prenez rendez-vous à la banque avant l’opération, non pas pour souscrire une assurance vie, mais pour une autorisation de découvert, voire un prêt sur cinq ans.

Si votre spécialiste travaille avec un anesthésiste attitré, les choses deviennent sérieuses. Vous avez payé le prix fort pour une consultation de spécialiste, ensuite il vous annonce qu’il opère dans une clinique privée, et que son anesthésiste c’est monsieur Machin. Monsieur Machin possède un magnifique cabinet dans un quartier huppé au parquet ciré, avec toiles de signées au mur et des secrétaires médicales dignes d’un casting de photos de mode. L’anesthésiste vous reçoit à l’heure, comme le spécialiste d’ailleurs – c’est fou comme l’argent rend ponctuel – la secrétaire vous demande votre mutuelle avec un sourire ravageur et vous annonce que normalement cet organisme devrait prendre en charge tous les frais, comprenez le petit dépassement anecdotique qui va transformer vos prochains repas en ragoûts de pommes de terre.

Passons sur les petits excès de l’anesthésie, qu’est-ce que l’argent après tout ? Reste la facture de l’intervention chirurgicale. Celle-là se fait sans anesthésie, et c’est bien dommage, car elle fait vraiment très mal, et ça vous ne le découvrez qu’à la fin, quand il est trop tard. Ce n’est pas comme au restaurant, où sur le menu, il y a les tarifs affichés.

Mais ce qu’il y a d’extraordinaire dans toute cette histoire, c’est que deux personnes, ayant subi exactement le même parcours médical, la même intervention, avec les mêmes médecins, bénéficiant de la même mutuelle, n’auront pas la même somme à payer à la sortie. Tarif à la gueule du client ? Sérieusement…

La moralité de cette histoire, c’est qu’il vaut mieux être riche et bien portant dans une villa en Corse à bronzer au bord de la piscine que dans la clinique privée de mon spécialiste avec son anesthésiste et une sonde plantée dans mon fondement à attendre la facture de l’intervention qui va faire très mal.

Respectez nos oreilles !

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Pourquoi faut-il qu’un live, le son soit si fort ? Pourquoi faut-il mettre des bouchons dans une salle étudiée pour un public de trois-cent personnes ? Pourquoi faut-il s’exploser les tympans avec vos basses ?

C’est pour faire plus rock ? Pour couvrir les braillards buveurs de bière ? Pour masquer les imperfections de votre équipement ?

Il existe des salles à l’acoustique épouvantable où l’ingé son pousse le volume pour donner le change, faisant trembler les verres bières, vibrer le sol et saigner les oreilles. Il existe également des lieux acceptables qu’un bon technicien réussit à sonoriser agréablement.

J’ai entendu le pire dans un auditorium classique, le meilleur dans un immense hall en béton et d’honnêtes résultats sous un plafond de deux mètres.

Dans mes meilleurs souvenirs il y a eu Peter Gabriel au Zénith de Strasbourg, un son parfait, sans bouchons, Ray Wilson Chez Paulette, avec un équipement tip top et une équipe très pro. Dans mes pires cauchemars – j’en rêve encore -, Leprous à La laiterie, un mur de basses dans une petite salle pour cacher les faiblesses vocales du chanteur ce soir là et Marillion au Noumatrouff à Mulhouse où les parois en tôle ondulée de la salle servaient de caisse de résonance à tous les instruments. Entre ces extrêmes quelques saignements de nez au Grillen à Colmar et maux de tête à Substage à Karlsruhe.

A qui la faute ? A ces ingés sons vieille école, à ces artistes voulant que ça fasse du bruit ? A ces salles sans acoustique ? A des soundchecks effectués à l’arrache ?

Quand je vois des enfants au premier rang, près des murs d’enceintes, là je fais les photos, qui se mettent les mains sur les oreilles, j’ai peur pour eux. En concert, je porte toujours des bouchons en silicone, -15 Db, moulé à la forme de mon oreille, et même ainsi, il m’arrive d’avoir des sifflements le lendemain de live.

Respectez nos oreilles, ne gâchez pas la musique, pas la peine de pousser le son comme des malades, nous ne sommes pas sourds, enfin pas tous.

Et vous les amateurs de rock, protégez-vous, mettez le préservatif des oreilles.

Et si j’allais mourir ?

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Les mauvaises langues diront que je suis un hippopotame, la version lourde de l’hypocondriaque, et ils n’auront pas forcément tord.

Mais sérieusement, et si j’allais mourir ? Nan c’est pas drôle quoi ! J’avale des triptans comme les oiseaux picorent des graines, sauf que les oiseaux, ils possèdent des machins dans leur jabot pour broyer la bouffe. Ceci dit moi aussi j’ai l’impression d’avoir un jabot. C’est une petite poche toute dure sur le flanc gauche qui me chatouille tout le temps. Enfin chatouille c’est vite dit, quand je m’allonge sur le côté ou sur le ventre, c’est assez inconfortable voire douloureux, quand je fais du sport, ça fait mal. J’ai mon jabot depuis deux ans, depuis une certaine gamelle à vélo. Et chaque médecin possède son explication à cette gêne :

  • Mon général : “Vous avez encore mal ? C’est curieux.”
  • Mon ostéoporose : “Les intestins sont comprimés autour des autres organes.”
  • Mon gastropode : “Faudrait faire une colo, ça tombe bien, c’est l’été.”
  • Mon entraîneuse : “Chéri, faut faire du sport.”
  • Mon expert : “Vous aurez mal toute votre vie.”

Et si j’allais mourir, si j’avais un truc très très grave que personne il ose me le dire pour pas que je pleure et que je continue à aller bosser de comme si de rien n’était. Non j’suis pas parano !!! J’en ai juste un peu mare d’avoir mal. Et comme les mecs doutent, ils me font faire des examens, cinq tubes de sang par-ci, (mine de rien on a pas tant que ça de tubes de sang dans un petit corps malade), un scan par là, une écho là dedans, une colocataire au doigté délicat, un étron dans un popo et j’en passe et des meilleures.

Quand les résultats tombent, y a toujours des valeurs pas dans les clous comme le cholestérol. Mais ça je m’en fou, j’aime trop les gésiers, les magrets, la crème fraîche, le fromage et les glaces. De toute façon, la dernière fois que j’ai fait la trêve des crémiers et des charcutiers j’ai perdu 10 kilos en un mois, tombant à 55, record historique depuis mes 12 ans. Alors le médecin m’a regardé et a dit d’un ton las, mangez au moins du fromage sinon dans un mois vous vous envolez. Dans la liste des chiffres bizarres, y a des enzymes qui couinent et des chimies pas très bio qui ne respectent pas les cotas. D’après internet je suis déjà mort et mon rein est foutu, cancer, infarctus, dysfonctionnement rénal.

Pendant un an je me suis résigné à cette douleur lancinante “qui va passer”. Oui mais quand ? Et puis avec les beaux jours, la gène est redevenue inconfort, voire douleur. Alors je retourne voir mes copains les vampires sacophiles, si ça existe d’abord ! Pas dans Twilight ou dans Buffy contre les Vampires cartes, mais dans Urgences.

Sérieusement là, si j’allais mourir. Qui qui reprendrait le webzine hein ? Qui préparerait le numéro du mois d’août. Qui utiliserait mes appareils photos, qui écouterait tous les CDs, vinyles déjà stockés à la maison et ceux qui ne sont pas encore arrivés. Qui frapperait mes enfants (faut bien leur apprendre la vie) –  qui vient de lever la main fébrilement là ? – qui s’occuperait de retrouver les clefs, l’iPhone, le sac à main, les partitions, le violoncelle, le piano à queue, la voiture de ma femme, qui hein ? Qui donnerait à manger au chat, changerait sa caisse, viderait les poubelles, arracherait les mauvaises herbes du jardin ? Hein qui ?

Le rein gauche est un peu bousillé alors je vais devoir boire des litres tous les jours et donc pisser encore plus (comme si c’était possible). Je suis en hypoglycémie le matin, je dois de manger plus, mais pas trop car j’ai du mauvais cholestérol donc je dois faire gaffe à ce que j’avale et c’est décidé, je pars en colonies de vacances où on va me la mettre bien profond à tous les coups. Pour les migraines, j’ai toujours droit à de grandes boites de graines, à picorer sans modération, c’est beau la chimie !

Bon je vais attendre un peu avant de mourir, y a pas le feu, puis j’ai plein de trucs à faire. Mais si un vampire scatophile trouvait juste une explication à mes petites misères viscères, quitte à me faire explorer encore une fois les entrailles, ce serait sympa, parce que y a pas à dire, une douleur sourde vingt-quatre heures sur vingt-quatre ça tape sur le système et ça donne naissance à de drôles de pensées parfois, vous ne trouvez pas ?

Le 31 mai, lors d’un trajet…

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Le 31 mai 2016, lors d’un trajet Illkirch-Illkirch, une planche à roulettes percute un vélo. Résultat un rein fracturé, cinq mois d’arrêt.

Le 31 mai 2018, lors d’un trajet Lingolsheim-Illkirch, un scooter percute un vélo. Résultat un poignet fracturé, trois mois d’arrêt.

Le 31 mai 2020, lors d’un trajet Sélestat-Illkirch, un bus percute un vélo. Résultat deux jambes brisées, un mois d’arrêt.

Le 31 mai 2022, lors d’un trajet Mulhouse-Illkirch, un 747 percute un vélo. Résultat un corps broyé, pas d’arrêt.

Le 31 mai 2116, lors d’un trajet Lune-Illkirch, le Battlestar Galactica percute un vélo. Résultat une planète désintégrée. Ce n’est pas grave, le fonctionnaire n’avait de toute façon plus de travail depuis des années.

Ces exemples montrent bien la fabuleuse évolution de la science et de la technologie au fil des années.

Tout d’abord, nous constatons qu’avec une bicyclette, nous parcourons de plus en plus de kilomètres chaque jour, ceci bien entendu grâce à l’évolution technologique des vélos électriques.

La distance maison travail ne fait qu’augmenter, la crise du logement et la flambée des prix de l’immobilier en est la cause bien évidement.

Ensuite, découvrons que les aménagements des pistes cyclables vont s’améliorant. Là où en 2016, un vélo et une planche à roulettes peinaient à cohabiter, en 2022 il y a presque assez de place pour un avion long courrier et un vélo électrique.

Enfin, regardez les progrès de la médecine, en huit ans. Un petit hématome au rein, cinq mois d’arrêt et toujours des séquelles deux années après. En 2020, un corps broyé, même pas besoin de congé de maladie.

Le 31 mai 2018, deux ans jours pour jours après mon accident, une collègue, en se rendant au travail, s’est fait faucher par un scooter sur une piste cyclable. Fracture du poignet gauche. Elle vient de se faire opérer et restera à la maison jusque septembre dans le meilleur des cas. Que pouvait bien faire un scooter sur une piste cyclable, le matin ?

Happy birthday to you Mr blog

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Le temps passe si vite.. Le blog a un an déjà. Outil thérapeutique à mes mouvements d’humeurs incontrôlées, défouloir, zone d’expression non censurée du webzine, passe temps débile, deux cent vingt huit billets sont sortis en une année.

Certains ont connus un vif succès (c’est à dire lus par plus de cinq personnes), certains ont déchaînés les passions (un commentaire laconique de Stéphane qui se reconnaîtra), d’autres n’ont pas été compris ou encore jamais été lus.

Il faut avouer que je raconte tout et n’importe quoi dans ces colonnes, sauf peut-être ma sexualité. J’ai pris l’habitude de lister la musique que je reçois, de parler de ma santé défaillante, d’expliquer pourquoi je passe plus de temps dans ma salle de bain que dans mon salon, de frimer avec les joujoux qui plombent le budget familial, de parler des jeux vidéos que je ne finis jamais et des rares bouquins que je lis. Il y a également quelques coups de gueule sur la chasse aux fonctionnaires, une espèce en voie d’extinction, que l’on pourchasse toujours pour leur graisse alors qu’un résidu de liposuccion ferait un excellent produit de substitution.

Bon anniversaire petit blog, je ne sais pas si tu feras long feu, mais une année, c’est déjà pas mal.

Quoi ma caisse, qu’est-ce qu’elle a ma caisse ?

Je sais, je radote, mais je 31 mai 2016, je me cassais la figure à vélo. Une semaine d’hospitalisation, cinq mois d’arrêt, la tuile ! Mais dans mon malheur, j’ai eu la bonne idée d’exploser mon rein au cour d’un trajet travail, maison. Résultat un accident, totalement pris en charge par mon employeur.

Le 7 juillet 2016, je passais mon troisième scanner de contrôle. Totalement handicapé, perclus de douleurs, je me rendis à l’examen non sans mal, accompagné de mon épouse. Là bas, quand je leur annonçais qu’il s’agissait d’un accident du travail, ils me demandèrent des papiers que mon employeur n’avait pas encore daigné signer, vous savez la bureaucratie et la bêtise humaine créent parfois des situations grotesques. Donc en l’absence de ces papiers, je réglais moi même les 15.61€ de la part mutuelle, je n’étais de toute façon pas en état de protester.

Un an plus tard, je reçu une facture de 15.61€, relative à un scanner fait le 7 juillet 2016. J’ai passé de nombreux scanners cette année là, mais deux dans la même journée non, il ne faut pas abuser des bonnes choses tout de même. Sauf que je ne me souvenais plus d’avoir payé. Alors je contactais l’hôpital, leur expliquais qu’il s’agissait d’un accident du travail, leur fournissait les papiers (cette fois je les avais) et retournais à mes activités.

Deux mois plus tard, je recevais une lettre de relance, concernant une facture relative à un examen fait le 7 juillet 2016, un scanner… Je contactais l’hôpital, qui m’informa que ma caisse avait rejeté le remboursement des soins, sans explication, mais qu’il ne fallait pas que je paye, car, entre temps, la facture avait explosé, la caisse primaire ne remboursait plus la partie sécu. Vous me suivez ? de 15.61€ je passais à 118.82€.

Je reçu quinze jours plus tard, une facture de 15.61€ pour un second scanner et celle de 118.82€ pour le premier. Effrayé par la tournure des choses, je payais fissa les deux factures avant qu’un huissier ne vienne à la maison me piquer mes vinyles. Je me retournais ensuite vers ma caisse le 1er octobre 2017 pour me faire rembourser.

Mais voilà que l’hôpital m’envoie à la Toussaint un avoir de 15.61€ pour une double facturation, celle d’un scanner fait le 7 juillet 2016. Ben oui, j’ai payé deux fois le fameux scanner, entre temps j’ai retrouvé le reçu. Sauf que mon scanner je l’ai payé 15.61€ plus 118.82€, pas 15.61€ plus 15.61€ et qu’en réalité, je n’aurais rien du payer. Donc je contacte une nouvelle fois l’hôpital. Je tombe sur une personne très aimable et compétente avec qui nous rions beaucoup en essayant de démêler la pelote administrative. Elle m’annonce, hilare, qu’en fait la facture de 118.82€ n’est pas bonne et que je vais recevoir un correctif sous peu, le montant réel est de 119.57€ ! La bonne nouvelle c’est que l’hôpital me doit bien 15.61€. Elle me propose alors de prendre les 75 cents de différence sur les deux factures et de me rembourser 14.86€ au lieu des 15.61€ afin de clôturer la facture explosive.

Nous sommes fin novembre, la caisse n’a toujours pas donné de réponse à mon courrier du 1er octobre. Je viens de leur renvoyer le dossier avec la quittance de 119.57€ plus toutes les autres pièces. Qui sait, peut-être qu’en 2018 j’aurai une réponse, à moins qu’une nouvelle facture de 120.17€ ne me parvienne entre temps, pour un scanner fait le 7 juillet 2016.

Quand je pense que j’ai passé six scanners entre mai et novembre 2016, j’ai quelques frissons parfois.

 

Sevrage

0h00, réveillé avec des bouffées de chaleur.

2h00, réveil en sursaut, angoissé.

4h00, émeutes urbaines, nous nous replions dans une habitation délabrée. Dans un placard, est rangé le téléphone portable de Mike Portnoy. Je sais qu’il contient une bombe nucléaire. Je m’en saisi. Sur l’écran archaïque s’affiche : bombe… boum… boum. Je le lance au loin par la fenêtre. Éclair de feu, explosion assourdissante, souffle de poussière, la bombe atomique vient d’exploser.

6h00, réveil dans un état d’agitation extrême, la journée risque d’être éprouvante…

Je suis en plein sevrage après 30 jours sous Librax, un anxiolytique. Terrifiant.

Il est libre max…