Pschitt !

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Les boîtiers photos hybrides possèdent un défaut que je ne soupçonnait pas. Le capteur photo est directement au contact de l’air ambiant lorsque vous changez l’objectif. 

Et dans l’air, flottent des millions de particules appelées aussi poussières. Et la poussière et les capteurs n’ont jamais fait bon ménage. 

Vous découvrez généralement la trace ces micros particules lorsque vous développez vos clichés sous Lightroom. Prenez un magnifique ciel ennuagé au-dessus d’un paysage bucolique par exemple, c’est dans ce ciel si beau que surgit l’anomalie qui gâche l’image, un tout petit rond disgracieux, comme une verrue dans l’éther. 

Par chance Lightroom, comme d’autres outils, possède des capacités de retouches locales, permettant de dupliquer un coin de ciel pour masquer la pustule. Mais lorsque les poussières deviennent trop nombreuses, ces petites bulles disgracieuses deviennent vraiment problématiques et là il faut nettoyer le capteur.

Nettoyer un capteur ne se fait pas à la brosse à dents où au karsher, ni même avec une soufflette ou un chiffon. La chose est fragile et toute petite (la taille d’un timbre poste). 

Plusieurs techniques sont documentées sur Internet et l’une d’elle consiste à déloger la poussière avec une bombe à air sec. Il en existe une autre, beaucoup plus flippante et onéreuse, qui passe par l’utilisation de spatules prévues pour passer sur le capteur. Vous pouvez également laisser le soin à un professionnel de nettoyer votre appareil.

J’utilisais jusqu’à présent la bombe à un air sec avec un bon résultat. Placez la bombe à quelques centimètres du capteur, appuyez un très bref instant pour lâcher le jet d’air et recommencez jusqu’à ce que les poussières se soient envolées. Le défaut de cette technique est qu’une partie des poussières va se loger dans les recoins du boîtier et revenir plus tard.

Comme je change tout le temps d’objectif lorsque je fais des ballades photos, je salis beaucoup mon capteur et avec le Z6 II qui est un hybride, le problème devient vraiment pénible. 

Je possède le boîtier depuis deux mois, sans avoir encore photographié aucun concert et mon capteur ressemble à un parquet couvert de moutons. 

Alors j’ai pris ma bombe pour lui faire une petite toilette. Et là pschitt ! Comme avec un Orangina bien secoué pour mélanger la pulpe, ma bombe d’air sec a craché de l’air humide et glacé. Avec horreur j’ai contemplé le capteur terni, recouvert de particules pires que la poussière. Là j’ai totalement paniqué je l’avoue. J’ai tenté de souffler de l’air à nouveau sans rien changer. J’ai lancé le programme de nettoyage du capteur à trous reprises sans succès. J’ai fait des photos de contrôle et là horreur ! Pleins de bulles disgracieuses partout. Mon capteur tout neuf était foutu. 

Il était 16h, le couvre-feu prenait effet dans deux heures. J’ai pris la voiture et me suis rendu en catastrophe dans l’unique boutique photo de strasbourg acheter un kit de nettoyage de capteur que je m’étais juré de ne jamais utiliser par peur de tout bousiller. Mais dans l’état où était le capteur, je n’avais plus grand chose à perdre. 

Revenu à la maison, j’ai ouvert le boîtier, sous une lumière vive, j’ai contemplé le désastre puis j’ai sorti une spatule de son étui stérile, versé trois gouttes du produit magique dessus, puis courageusement j’ai glissé la spatule sur le capteur, sans appuyer, d’une seule traite avant de retourner la spatule et de revenir sur mes pas. 

Le cœur battant j’ai ensuite effectué une photo de test. C’était nettement mieux, le miracle opérait. Alors j’ai recommencé avec une nouvelle spatule, plus méticuleusement maintenant que j’avais intégré le geste. Sur la photo suivante, il ne restait qu’une petit tâche, une poussière sur l’objectif, nettement plus simple à déloger celle-ci.

Je me suis fait très peur mais maintenant je saurai nettoyer un capteur sans l’éclabousser. J’ai décidé également de laisser un objectif, celui que j’utilise le plus souvent, fixé sur le boîtier et lors des futurs concerts je ne changerai pas d’optique avec l’hybride. 

Gadaboue !

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Aujourd’hui je suis allé arpenter les rayons d’une boutique de sport. 

J’avais besoin d’un garde-boue pour mon vélo. En fait, ça c’était l’excuse pour rentrer dans le magasin. Ce qui m’intéressait se trouvait au rayon chasse.

J’ai beau utiliser une focale de 1000 mm, les oiseaux sont toujours effarouchés à mon approche. J’avance pourtant prudemment, à couvert, dans les ronces et les orties, les pieds dans l’eau, jusqu’au moment où presque au but, l’échassier s’envole, semant la panique parmi ses congénères. Les oiseaux me voient avant que je ne les débusque, je suis un très mauvais chasseur. 

Pieds trempés, vêtements déchirés, je rentre à la maison bredouille, avec pas une seule bestiole à me mettre sous Lightroom. Et moi qui rêve de capturer un martin pêcheur en plein vol. 

Je connais d’excellents spots pas loin de la maison pour les observer pourtant.

Mon équipement est sans doute la cause de ces échecs répétés. Une paire de basquettes vertes fluo, un jean délavé bleu clair, une veste rouge vif et un galurin beige, peut-être que les oiseaux ne goûtent pas mes assortiments de couleurs. Alors j’ai décider d’y remédier.

Honteux, avec mon garde-boue, je me suis rendu dans l’allée réservée aux pêcheurs de Nessy et chasseurs de dahus, dans le magasin de sport. 

Pourquoi honteux ? Parce que je ne goûte guère les plaisirs de la chasse et encore moins ceux qui la pratique par plaisir. Mais dans ce rayon, vous trouverez tout l’équipement pour approcher vos proies sans les effaroucher et les tuer sans état d’âme. Bottes, gants, chapeaux, pantalons, vestes de camouflage, il y a tout pour se déguiser en petit soldat.

Une année durant j’ai porté ce genre de déguisement au service de sa majesté et je n’en suis pas très fier. Mais voilà, il y a un prix à payer pour approcher les volatiles, celui de la honte.

Me voilà habillé de pied en cape, couleur kaki, avec des poches partout, une casquette ridicule, un filet de camouflage, tout ça pour peut-être réaliser un jour une photo prise des milliers de fois par d’autres gugusses. Par contre le garde-boue n’est pas adapté à la taille du vélo, contrairement au pantalon et à la veste.

Ma femme s’est moquée de moi lorsqu’un dimanche matin je suis parti à la chasse. Treillis, Rangers, casquette, sac à doc, bazooka de 500, j’ai arpenté la réserve de Rorschollen à Strasbourg, à la recherche d’oiseaux de tout poils. Les échassiers farouches ont été tout aussi surpris que moi de nos rencontres à quelques mètres sans que j’arrive pour autant à faire la moindre photo exploitable. Mais je ne suis pas rentré bredouille, car la belle réserve borde la magnifique usine d’incinération de notre belle ville et j’ai capturé cette image devenue virale sur Flickr, enfin virale, je veux dire qu’elle fait partie maintenant de mon top trois des images les plus vues et aimées sur mon compte.

Goodbye blue sky

Z comme

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En ce début d’année j’ai dû acheter un accessoire photo à usage unique, cher, inutile mais dont j’avais absolument besoin.

Généralement, lorsque que vous devez mettre à jour la version logicielle d’un appareil, son constructeur vous invite à la télécharger sur son site et à l’installer gratuitement sur le dit appareil, ceci afin de corriger des erreurs ou améliorer des fonctionnalités.

C’est le cas des systèmes d’exploitation des consoles, des ordinateurs, des firmwares des appareils photos, des chaines hifi, des smartphones et j’en passe.

Hélas, chez Tamron, un des leaders de l’objectif photographique multi-montures, si vous voulez mettre à jour le firmware de votre objectif, il faut acquérir un accessoire valant une centaine d’euros, le Tap-in.

L’accessoire en question permet d’autres taches que la simple mise à jour comme le réglage fin de la mise au point, mais jusqu’à il y a quelques jours, je n’en avais absolument pas l’usage.

Je possède deux cailloux Tamron en monture Nikon. Un vieux 70-300 et un magnifique 70-200 ouvert à 2.8, bête de course parfaitement adaptée aux concerts et que j’utilise avec un Nikon D810.

Mais voilà, je suis obligé de mettre à jour le 70-200 aujourd’hui et le fameux Tap-in est devenu introuvable sur le marché de l’occasion depuis Noël. Alors j’en ai commandé un neuf. Tout ça pour pouvoir continuer à utiliser un objectif que j’ai déjà payé une fortune il y a deux ans.

Mais pourquoi cette mise à jour et cette brutale pénurie au fait ?

La gamme Z de chez Nikon vient de donner naissance à sa seconde génération. La gamme Z, ce sont les hybrides sur lesquels Nikon base sa nouvelle stratégie commerciale, l’an passé le Z5, le Z6, le Z7, le Z50 et maintenant le Z6 II et le Z7 II.

Mais quel rapport avec le Tamron me direz-vous ? Patience, j’y arrive !

La gamme Z de Nikon fonctionne avec des objectifs monture Z contrairement à mon D810 qui est en monture F. Heureusement pour les photographes, Nikon vend une bague adaptatrice FTZ, comprenez de monture F vers monture Z, afin que leurs anciennes optiques fonctionnent également sur les boitiers à monture Z.

Oui mais non, en fait c’est plus compliqué que ça n’en a l’air. Seuls certains objectifs monture F (principalement les AF-S) fonctionnent avec cette bague. Nikon fournit un tableau pas tout à fait exhaustif sur le sujet et est particulièrement obscur lorsqu’il s’agit de parler des autres marques d’objectifs en monture Nikon comme Samyang, Sigma ou Tamron. Bref c’est compliqué. Heureusement il y a Internet.

Pour les Samyang et Sigma pas ou peu d’information sur la toile si ce n’est des bruits de couloir comme quoi cela fonctionnerait et même avec les optiques DX pour certains modèles. Pour Tamron tout dépend du numéro de série ou de la version du firmware.

Mais à quoi bon ce Tap-in puisque je travaille avec un D7200 et un D810 ? Tout simplement parce que depuis l’an passé, je me posais la question du passage à l’hybride et que j’ai franchi le pas en fin d’année.

Plusieurs options de modernisation s’offraient à moi en restant chez Nikon. La première consistait à ne rien changer, si ce n’est acquérir un zoom grand angle plein format. La seconde passait par l’achat d’un D850, le petit frère du D810. La troisième consistait à me lancer dans la gamme Z. J’aurai pu opter pour de D6 également, mais je doublais voire triplais d’un coup le budget alloué à l’opération.

Pour faire simple le D850 c’est un D810 plus moderne avec plus de pixels et un écran tactile orientable. Le modèle n’est pas tout neuf et coûte la bagatelle de trois mille euros neuf. Mais il faut l’avouer, c’est de la belle quincaillerie.

Le Z7 est l’hybride haut de gamme de chez Nikon avec quarante sept millions de pixels, comme le D850, sans doute un peu trop pour mon usage, d’autant qu’il coûte presque aussi cher que son homologue reflex avec une bague d’adaptation mais propose une électronique dernier cri et deux processeurs.

Reflex ou hybride ? Il y a un an je n’aurais sans doute pas hésité mais avec l’acquisition du Panasonic Lumix GX9 il y a quelques mois pour m’accompagner dans mes promenades, j’ai découvert les joies de la stabilisation cinq axes et me suis habitué au viseur à pixels. Je n’étais plus anti-hybride.

J’ai joué avec le Z7 et c’est un revendeur qui m’a convaincu de franchir le pas. Il m’a rassuré quant à la compatibilité de certaines optiques, m’a vendu les mérites de la luminosité de l’appareil, de sa stabilisation cinq axes et surtout m’a recommandé le Z6 plutôt que le Z7 étant donné l’usage que j’en fais au quotidien. C’est vrai que 47 Mo pixels pour un photographe du dimanche, c’est clairement de la confiture donnée aux cochons. Restait une chose qui me chagrinait dans la gamme Z, c’était cette carte mémoire Sony, alors je n’ai pas hésité lorsque Nikon est arrivé avec le tout nouveau Z6 II, proposant deux emplacements de cartes mémoires, dont un dédié aux cartes SD.

Du coup me voila avec mon cinquième boitier depuis que j’ai repris la photographie. Après mes premiers pas sur un Nikon D5100 emprunté au travail, je le suis offert un D7100 puis un D7200 et suis passé au plein format avec le D810. Puis j’ai testé l’hybride GX9 avant de passer au plein format Nikon Z6 II. Bien entendu je ne cherche pas à collectionner les boitiers. Je conserve deux boitiers plein format pour les concerts et le GX9 pour la promenade. J’ai revendu le D7100 à l’arrivée du D810 et je viens de me séparer pendant un week-end de folie le D7200 ainsi que des objectifs pour APS-C qui allaient avec, mais c’est une autre histoire.

Mais que va m’apporter le Z6 II à part calmer un caprice d’enfant gâté ? L’ouverture vers une nouvelle gamme d’objectifs de qualité encore plus cher signée Nikon, une stabilisation cinq axes, un boîtier très lumineux, une montée en ISO impressionnante, un écran tactile orientable, une nouvelle électronique et 300 grammes de moins dans la main.

Et que vais-je perdre avec lui ? La vision directe de la lumière captée par l’objectif, un Samyang 8 mm, le Sigma Art 18-35 mm ouvert à 1.8 qui fonctionnait à merveille mais avec moins de pixels, un Nikkor 18-140 mm passe partout, un Nikkor 24-85 mm pas terrible et un Tamron 70-300 mm fatigué. Je vais aussi perdre beaucoup d’argent car énervé d’avoir à acheté un Tap-In j’ai commandé le grip en même temps.

Une des premières photos réalisée avec le Nikon Z6 II équipé d’un Sigma Art 18-35 mm ouvert à 1.8

La lune rouge

6,72 – la lune photographiée le 21 novembre à 17h28 GMT

J’ai vécu avec les pilotes d’essais, passé le mur du son, volé en X15 et réalisé la première orbite dans la capsule Mercury, c’est ça l’Etoffe des Héros. J’ai participé au programme Apollo de La Terre à la Lune, de l’incendie dramatique d’Apollo I jusqu’à la dernière mission. J’ai craint de ne jamais revoir la Terre à bord Apollo XIII et j’ai passé des journées et des nuits aux côtés du Premier Homme avant qu’il ne foule le sol lunaire. 

Mais était-il vraiment le premier ? Certains disent que les russes ont pris de l’avance sur le programme américain, que la lune est rouge et que les américains posèrent une base au pôle deux ans après Apollo XV. 

For All Manking, propose une uchronie sur la conquête spatiale où les russes, après Spoutnik, Laïka, Gagarine, furent les premier sur la Lune, relançant de plus belle la course à l’espace car les américains sont mauvais perdants, surtout Trump en fait. 

La série reprend les mécanismes de De la Terre à la Lune et de Apollo XIII avec l’univers de la NASA d’un côté et les familles des astronautes de l’autre mais s’attarde plus cette fois sur des sujets politiques, la corruption, la guerre du Vietnam, l’émancipation des femmes, la vie de famille des astronautes. Peu à peu, les visages des personnages de La Terre à la Lune ou de Apollo XIII s’estompent, remplacés par ceux des acteurs de For All Mankind, comme par magie.

Après l’échec d’Apollo I, la NASA est devenue frileuse. La lune aurait pu être conquise avec Apollo X, un mois avant les russes. Mais n’osant plus prendre de risques, la vénérable administration accumule les retards dans la course à l’espace, et la Russie risque de dominer le monde et l’espace. Alors les pilotes se rebellent et la NASA ose. La première station lunaire permanente est construite près d’un cratère sera américaine. Les russes viendront se poser à quelques kilomètres peu après. Les astronautes, suite à la désintégration d’une Saturne 5 sur le pas de tir, celle qui devait amener la relève, se retrouvent confinés sur la Lune de nombreuses semaines supplémentaires, regardant en boucle la même série TV sur un VHS fatiguée . « Hi, Bob. ». Quelque part c’est un peu ce que nous vivons aujourd’hui non ?

Les amateurs de l’Etoffe des héros se doivent de regarder cette réalité alternative de la course à l’espace. Une excellente première saison qui en appelle une seconde.

Sainte-Croix

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(c) Jérôme THEROND

Une fois par an, je participe au pèlerinage de Sainte-Croix. Je ne suis ni musulman, ni grec, ni juif, ni orthodoxe, ni protestant et si j’ai baigné dans le catholicisme, je reste définitivement hermétique à toute forme de religion. Pourtant à l’automne, je prends mon bâton de pèlerin et je me rends près de Rhode pour faire pénitence.

Avec dix kilogrammes de jolis cailloux dans le dos, un bâton à la main, je marche sept heures durant, avec à peine une bouteille d’eau, arpentant les chemins ombragés du parc animalier de Sainte-Croix.

Cette année, j’avais fait le choix d’un 24-70 mm, d’un 70-200 mm et d’un 200-500 mm avec un plein format ainsi qu’un monopod. Choix discutable car si la bête est éloignée, le cliché sera inintéressant. D’ordinaire, je travaille plutôt avec une focale de 1400 mm pour tout ce qui est animalier.

Je suis devant la porte dès l’ouverture et à peine entré dans le parc, j’entends le hurlements des loups au fond des bois. Courant aussi vite que me le permet mon bardas, j’emprunte les sentiers à l’envers pour atteindre la tanière des loups blancs où un autre photographe (que je croiserai à de nombreuses reprises au cours de la journée) est déjà en action. Les loups blancs hurlent et répondent au loups gris. Alors que d’ordinaire ces animaux se cachent, aujourd’hui, ils longent leurs enclos, s’allongent devant nous et ne redoutent pas les objectifs. Rien que pour cela, j’ai gagné ma journée.

Après les loups blancs, les loups noirs prennent la pause. Je n’en reviens pas. Il faut dire qu’en semaine, le parc, malgré un soleil radieux, ne déborde pas de visiteurs et la COVID-19 doit dissuader plus d’une personne de sortir. Moi, et quelques autres photographes, nous en profitons. Car le parc de Sainte-Croix est le paradis des photographes amateurs de tout poil. On y voit de nombreux boitiers pros avec de de gros cailloux et le bruit des miroirs en mitraillette vient troubler le silence de la campagne.

Après les loups, je vais saluer mes copains les chiens de prairie. J’adore ces petites bêtes irascibles qui vous tiennent tête à quelques centimètres de l’objectif. Car là, vous êtes dans leur enclos, comme pour les maki natta. Si vous approchez trop, elles se planquent dans leur terrier pour revenir quelques secondes plus tard vous crier dessus. Si vous ne bougez pas, elles s’approchent et vous défient en criant. Adorables !

Mon pèlerinage me conduit ensuite dans le bon sens sur le sentier bleu après une rapide collation. Le sentier bleu, ce sont les sangliers, les cerfs, les rennes, les ours, les renards et, et les lynxs. Je n’ai jamais eu de chance avec les lynxs. Soient ils dormaient derrière une vitre, soit il se cachaient dans les herbes. Mais cette années, il y a trois naissances et les enfants sont turbulents. A peine arrivé que je découvre les petits monstres en train d’avancer sur un tronc d’arbre, hésitant à sauter pour continuer jusqu’un endroit où soudain les bestioles aux grosses pattes et aux oreilles en pointes semblent intriguer par quelque chose. Une grosse couleuvre bouge dans les feuilles mortes. Inutile de vous dire que le manège d’un jeune lynx affrontant un serpent, cela vaut le détour. D’ailleurs, tous les photographes sont là et dans un silence religieux, shootent comme des fous, encourageant les jeunes fauves à plus plus d’intrépidité. Le spectacle est juste incroyable !

Après un coucou aux ours qui font la sieste, aux pélicans qui prennent la pause, je remonte le chemin bleu, là où d’ordinaire se rassemblent les cerfs. Mais nous sommes en pleine période du brame, et les pauvres cervidés sont épuisés après avoir braillé et combattu toute la nuit, sans parler de la récompense qui va avec. A la place, sur la pente herbue menant au lac, se promènent des cigognes et des hérons, à porté de tir du 500 mm. Connaissant les hérons, je me planque dans une cabane conçue pour observer les cerfs. Et là j’attends. Des cigognes se posent, d’autres s’approchent, les hérons ne me voient pas et je réalise une grand quantité de clichés d’ordinaire impossibles avec une focale presque triple. Décidément, cette journée relève de la folie. Je suis comblé.

Il est 16h, il me reste quelques minutes pour aller saluer les maki catta, les gibons, les daims et les ours noirs avant de reprendre la route vers l’Alsace. Je suis rincé et heureux.

Vous savez, j’ai un travail aussi

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Depuis plus de vingt ans je gère un webzine de rock progressif. Programmation, administration, sauvegardes, mises à jours, publications, la bête m’occupe beaucoup. Et comme il faut alimenter le site en contenu pour nos lecteurs, je chronique des albums, couvre des concerts, fait des interviews, écrit des actualités, enregistre les groupes, leurs albums et leurs concerts. Et comme pour chroniquer il faut de la musique, je sollicite les labels, maisons de disques et artistes. Et n’étant pas seul dans le webzine, il faut en plus que je partage la musique, relise le travail des autres, relance les gars pour qu’ils livrent leur prose à temps, et tout ça justement prend du temps. Je me suis fixé un rythme de publication de trois chroniques hebdomadaires, sans parler des news quotidiennes, parfois plus lors de la rentrée musicale.

Toute cette pression exigeait un exutoire alors j’ai créé un blog pour parler de ma folie, de la musique d’un point de vue politiquement moins correct, pour raconter ma vie, pour décompresser. Mais un blog, même s’il a moins d’exigences que le webzine, doit être mis à jour et surtout alimenté régulièrement en billets. Alors, depuis mon smartphone, j’écris quand me vient une idée, comme en ce moment puis je la mets en forme, cherche un titre, une image et plus tard, si le billet me semble toujours acceptable, je le publie. Je me suis fixé un rythme de deux billets par semaine, parfois je cale devant la page blanche, parfois j’en gribouille cinq en une semaine.

Le rock progressif m’a ramené à la photographie par hasard en voulant proposer des images pour les live reports. Au début j’empruntais du matériel au travail mais bien vite j’ai voulu un matériel adapté à l’exercice. J’ai retrouvé les joies de la photographie avec un reflex, un sport abandonné avec la fin de l’argentique. De photographie de concert je suis revenu tout simplement à la photo. J’ai rapidement adopté Flickr pour publier les clichés de concerts et mes premiers pas dans le numérique. Avec cette plateforme j’ai découvert le travail d’autres personnes et j’ai voulu trouver mon style. J’ai également découvert le développement numérique qui m’a définitivement rendu accroc à l’image. Au début je publiais une photo de temps en temps, en fonction de mes ballades, aujourd’hui je m’oblige à sortir une image par jour en plus des photos de concert. Trouver une idée, la photographier, la développer, la publier, l’image m’a totalement asservie.

Et comme j’aime lire, je partage mon enthousiasme littéraire sur le blog ainsi que sur Babelio, mais ça, pour une fois, ça ne me prend pas trop de temps.

Chaque jour j’écoute de la musique, publie des actualités, des chroniques ou billets, répond au médias, relis des textes, met en ligne des photos 

Mais j’ai un travail et une famille vous savez. Chaque jour je sacrifie sept heures à mon employeur, chaque jour je fais à manger, je change la caisse du chat, sort les poubelles, fait les courses, lave et étend le linge, passe l’aspirateur, la serpillière, l’éponge, la brosse à dent. Et après toutes ces activités éreintantes je trouve encore le temps de regarder une série télé, de lire un ou deux bouquins et de dormir neuf heures les bonnes nuit, sans parler des migraines qui me volent 24 heures de ma vie toute les semaines, enfin les bonnes semaines…

Histoire de photos

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Ce billet, j’en dois l’idée à un musicien qui commentait régulièrement mes clichés postés quotidiennement ou presque sur Facebook, enfin, avant que je décide de ne plus traîner sur Facebook.

Un jour j’ai raconté l’histoire d’une image (Le sens du vent) sur le réseau social et j’ai eu envie de poursuivre en expliquant mes choix pour certaines photographies qui m’avaient données du fil à retordre où qui avaient été prises dans des conditions bien particulières.

Une photographie, je m’en suis aperçu tardivement, c’est aussi un titre et une histoire qui la replace dans le contexte, donne un nouvel éclairage ou raconte une histoire.

Sous la photographie en basse résolution vous trouverez le lien vers Flickr où elles sont publiées en plein format.

7.35

Sans doute ma plus belle photographie lunaire à ce jour. Il s’agit du premier quartier lunaire photographié le lundi 27 juillet 2020 à 21h20. La lune est alors distante de la Terre de 363 679 km. Ce jour là il fait chaud, la lune est assez haute au-dessus de l’horizon. J’utilise un nouveau pied photo très stable et travaille pour la première fois avec le miroir levé. Avec le Nikkor 200-500 mm et le doubleur Teleplus j’arrive tout de même à faire fonctionner l’autofocus et à réaliser une mise au point quasi parfaite. Le titre de la photo, 7.35, c’est l’âge de la lune, 7.35 jours. Je me suis dit que cela ferait une légende originale plutôt de Premier Quartier, Lune…

Neowise

Dix jours de congés et pas un seul ciel digne de grimper en montagne pour une soirée astro-photo. Avec la comète Neowise dans le ciel, ce n’était vraiment pas de chance. Chaque jour des cumulus, des cirrus, des stratus masquaient une partie du ciel, me décourageant de faire une heure de route pour une nuit d’observation. Mais miracle, dimanche, le ciel est bleu, pas un nuage. Alors je m’économise toute la journée, prépare mon matériel, les Nikon D7200 et D810, le 8mm, le 28-85 mm et le 200-500 mm ainsi que deux pieds et une télécommande. Vers 19h des cirrus envahissent le ciel. Je suis désespéré. Mais, étant donné que tout est prêt, je tente le coup. Au pire je profiterai d’un beau coucher de soleil à mille mètres d’altitude. Mais le miracle se produit, là haut, même s’il fait froid, le ciel est presque limpide. Je m’installe, profite d’un magnifique coucher de soleil, photographie la voûte céleste et alors que j’allais remballer mon matériel, peu avant de partir, découvre la comète Neowize à l’horizon ouest, me narguant avec ses volutes. Une première photo au 24 mm pour vérifier puis j’installe le 200-500 mm pour un gros plan. Mais voilà, il fait nuit noire et mon infini n’est pas bien calé. Moralité, la seule photo au télé-objectif sera floue.

Strasbourg-Lyon

L’avion ça fait lever la tête, c’est bien connu. Encore faut-il pouvoir les attraper au décollage. En allant me promener un jour, j’ai trouvé un spot quasi parfait en bout de piste, pour photographier des avions. Hélas notre aéroport connait peu de trafic, surtout depuis la COVID-19, alors impossible de se pointer n’importe quand. Tout d’abord il faut que le vent soit dans le bon sens, car un avion décolle vent debout, ensuite encore faut-il qu’un avion décolle. Un jour, j’ai consulté les décollages, regardé d’où venait le vent et je suis parti avec un 500 mm et un bon pied photo. Arrivé à 14h10, j’ai eu dix minutes pour trouver l’axe de piste et installer le matériel avant de capturer cette image.

Birds

En testant la surimpression couplée à l’intervallomètre sur la lune un soir, j’ai eu la surprise de capturer en même temps le vol de trois oiseaux dans le ciel. (n’oubliez pas de prolonger la temporisation du mode veille à l’infini…).

Pierres tombales

Voici une photographie restée longtemps en attente. Dans le jardin de l’abbaye d’Altorf se trouvent de belles croix que j’ai eu de la peine à rendre en noir et blanc. J’ai finalement opté pour un traitement proche de l’infrarouge et légèrement voilé pour que la pierre ressorte du feuillage. Une technique que j’utilise rarement en noir et blanc et qui avec le recul, ne me satisfait pas du tout.

Le sens du vent

Cette photo je l’ai prise fin février, alors que je partais faire des clichés d’oiseaux. Pas de volatile ce jour là et je ne pas voulais revenir bredouille. Alors j’ai photographié les joncs. Je sentais que cliché possédait un potentiel alors je l’ai gardé. Et un soir, en voulant présenter une image couleur, je suis retombé sur cette photo, et là j’ai compris qu’en noir et blanc, en obscurcissant au maximum les tons bleus, cela donnerait peut-être quelque chose. Comme quoi il ne faut jamais jeter trop vite un négatif.

Dogs

Lors d’un d’un atelier de street photography à Strasbourg, alors que j’attendais dans le froid les autres participants, j’ai cadré cette passerelle pour voir ce que je pourrais en tirer en noir et blanc. Un homme suivi de son chien est alors arrivé et lorsque le chien a grimpé les marches, j’ai activé en catastrophe le mode surimpression du Nikon et voila le résultat.

Hybridation

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Cinq-cent grammes de métal, de plastique et de verre, vingt méga pixels, trois-cent clichés d’autonomie, je fais mes premières armes avec le GX9. 

Les trois optiques livrées, légères et minuscules, font penser à des jouets et leur fixation se fait dans le sens inverse des montures Nikon. Un zoom 12-32 mmm long de trois centimètres, un 25 mm long de six centimètres, un zoom 35-100 mm long de sept centimètres. Ce n’est pas avec cela que je vais pouvoir frimer.

La tenue en main du boitier est hasardeuse, l’achat du grip s’impose tout de suite et avec lui cela se passe un peu mieux. La paume de la main se pose régulièrement sur les boutons au dos du boîtier et des réglages non désirés se multiplient en pleine séance photo. 

Quatre molettes sur quatre centimètres carré permettent de jouer sur l’ouverture, la vitesse, le mode et la correction d’exposition, il faut donc faire bien attention. 

L’écran orientable comme le viseur inclinable sont très pratiques de même que les réglages à l’écran. Le rendu des couleurs dans le viseur déroute après des années d’utilisation d’un boitier reflex mais après quelques heures de pratique, on se fait une raison. 

D’emblée j’ai passé le GX9 en mode manuel et format RAW, car c’est ainsi que je photographie. Les ISOs commencent à 200 ce qui est énorme lorsque l’on est habitué aux 64 ISO du Nikon D810. Mais au regard de la faible luminosité des optiques livrées, ça n’est pas vraiment un problème. 

Comme sur un boitier pro, le GX9 propose plusieurs modes de calcul de l’exposition et de choix de focus. Ils sont limités mais pertinents. Il existe plusieurs modes rafale dont je n’ai pas encore creusé les subtilités. Ce qui est troublant, c’est de se retrouver avec plein d’images dans la carte SD sans avoir entendu le déclenchement de la mitraille. 

Braketing, ISO auto, surexposition, balance des blancs, stabilisation cinq axes, réglages personnalisés, il y a presque tout ce qu’il faut dans ce petit boitier de poche.

En bonus le GX9 propose un mode photographie 4K pour capturer des images très rapides, genre photographies de sport, des images de huit millions de pixels, pourquoi pas, il faudra essayer à l’occasion.

Photographier avec un hybride de ce gabarit ne renvoie pas du tout aux mêmes sensations qu’un reflex. La tenue en main bancale, la visée peu confortable, l’absence de vibration en retour (la levée du miroir) donnent l’impression de ne pas vraiment faire de photographie, de ne pas être dans des conditions optimales de confort pour réussir son cliché. D’un autre côté, l’appareil et son objectif tiennent dans la poche d’un manteau et ça c’est vraiment génial lorsque l’on se balade.

Une fois arrivé sur Lightroom, le RAW du GX9 n’a pas à rougir du D810. Même si l’image est légèrement bruitée, ISO obligent, la qualité est au rendez-vous. On ne regrette pas alors d’être parti en promenade avec cinq-cent grammes en poche au lieu de deux kilos en main.

Mais lorsque la photographie devient technique, que les conditions de prise d’images deviennent acrobatiques, que les réglages ne sont plus une simple formalité, le petit GX9 et ses menus tactiles deviennent un boulet, c’est là que le gros boitier qui offre quasiment tous les réglages sous les doigts tire son épingle du jeu.

Déconfiné

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Qu’avais-je dit que je ferais à la fin du confinement ? « j’irais manger dans un bon restaurant japonais puis je foncerais chez les disquaires pour compléter ma collection, je renterais dans une boutique acheter un boitier réflex hors de prix, je prendrais deux billets d’avion pour le bout du monde et je partirais avant que le fisc me rattrape ou que mon employeur exige que je me remette à travailler trente-neuf heures par semaine payées trente heures. ». 

Le japonais c’est fait mais en supermarché, bof… Le disquaire ça attendra encore, je ne suis pas pressé d’aller en ville, les billets d’avion, j’y ai renoncé, j’ai trop de travail et je déteste voyager soyons honnête, restait un seul truc, acheter un boitier réflex hors de prix… 

Je ne sais pas ce qui s’est produit en réalité. D’abord j’ai eu des problèmes de surexposition avec mon Nikon, ensuite il y a une cette promo alléchante sur Internet, cette impression stupide, avec tout le boulot abattu depuis quelques semaines, de mériter un petite récompense, l’envie d’essayer autre chose et mon épouse qui m’a donné sa bénédiction avec le sourire comme toujours. 

Alors fébrile, j’ai commandé le truc dont je n’ai même pas besoin, un énième appareil photo et les objectifs qui vont bien avec, un hybride pas compatible avec mes optiques Nikkor et de qualité assurément inférieure à mes deux boitiers Nikon semi pros. 

Et pour que faire au juste ? Je n’en sais rien. Découvrir de nouvelles sensations, ne plus trimballer deux à quatre kilos dans la main droite lors de mes promenades, me faire plaisir tout simplement.

Me voila avec un nouveau boîtier et des optiques à apprivoiser, un truc petit et léger sans prise pour la main et à l’autonomie réduite. Fini le viseur avec miroir, le clic clac et la vibration en retour qui l’accompagne. Micro capteur vingt méga pixels, stabilisation cinq axes, écran tactile inclinable, je rentre dans l’univers Panasonic.

Il y a quelques années un vendeur passionné m’avait presque convaincu de passer du côté obscur, mais à l’époque, je cherchais un second boitier pour m’accompagner en live et j’avais hésité. Cette fois, c’est fait, enfin presque, je vais quand même rester fidèle à Nikon et ses reflex, d’ailleurs je suis bien tenté par un D850 maintenant que l’on en parle…

Black & White

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Depuis mes débuts en photographie j’ai toujours été attiré par le monochrome. 

Au début, ce fut simplement par nécessité, car en argentique, le développement couleur était extrêmement contraignant et complexe par rapport au noir et blanc. 

Ensuite, lorsque le numérique est apparu, j’ai abandonné ce type d’images car les traitements noir et blanc automatiques des appareils et logiciels ne me satisfaisaient jamais. 

Et puis j’ai découvert le format RAW et fait mes premiers pas dans de développement numérique. 

Je me suis très vite aperçu que les traitements monochromes de base de Lightroom étaient nettement plus performants que tout ce que j’avais pu tester auparavant et quand j’ai appris à contrôler et doser les réglages, j’ai commencé à obtenir des images qui me plaisaient. 

Au début, je jouais sur le blanc, le noir, le contraste et la clarté, ce qui était déjà pas mal. 

Aujourd’hui je ne touche plus au contraste, ou très peu. Je joue sur la balance des blancs, la teinte, les luminances de chaque couleurs, le noir, le blanc, les hautes lumières, les ombres et la clarté. 

Avec tout ces paramètres et quelques filtres parfois, je me rapproche de plus en plus de l’image désirée. 

Aujourd’hui, lorsque je photographie, je pense en noir et blanc, je recherche les contrastes, les formes et j’oublie les couleurs. 

Car quand je fais de la couleur, je déteste le résultat, trop saturé, trop terne ou avec une tâche fluo qui gâche le décor. 

Et manifestement, ce travail sur le monochrome porte peu à peu ses fruits puisque les clichés remportent de plus en plus de succès et que les visiteurs ne se contentent plus de liker la photo du jour mais explorent les autres clichés précédemment publié. Ca fait chaud au coeur.

Je suis même tenté par un retour à l’argentique certains jours, juste pour voir si je serai encore capable de capturer quelque chose à l’ancienne.