L’influenceur

Image

Je possède un avis sur tout, film, bande dessinée, livre, jeu vidéo, album, exposition, concert, politique, matériel photo, matériel audio, technologie, science. Donnez-moi un mixeur, je vous le chroniqurai. J’ai interviewé les plus grands, j’ai tutoyé les plus célèbres, je suis prêt pour une heure de tête à tête avec Trump. Sur YouTube, Facebook, Twitter, dans mon blog, mon webzine, sur Flickr, je partage mes gribouillages, communique ma passion, donne mon avis, critique, raconte…

Je suis un influenceur, c’est ainsi que l’on nous appelle. Mes écrits, mes vidéos modifient le comportement d’achat de mes followers. Ils veulent être moi, s’habiller comme moi, boire la même boisson que moi, conduire la même voiture que moi.

Un photographe m’immortalise dégustant une bière tout en écoutant le dernier vinyle de pop. Gros plan sur la cannette mousseuse et sur le nom du groupe, mon visage en second plan, celui que tout le monde le connaît, avec ce sourire béat. Shooting dans un jacuzzi remplit de champagne et de jeunes filles dénudées, sur le pont d’une croisière musicale, interviewant la rock star du moment.

Les marques s’arrachent mes espaces publicitaires. Les grands fabricants audio se battent pour que j’écoute la musique sur leur matériel hifi. Je suis le VIP des soirées de rock, les tourneurs déroulent le tapis rouge, me couvrent de cadeaux. Les plus belles chanteuses rêvent de partager, ne serait-ce qu’une nuit, mon lit à baldaquin. JC, mon JC, Oui , Oui, Ouiiiiiiii !

Nut ! Nut ! Nut ! Le réveil sonne, il est six heures, je dois me lever pour aller bosser. Aujourd’hui il faut changer les pneus de la flotte de Clio, commander du PQ, préparer la grande salle pour une réunion et briefer la femme de ménage sur l’utilisation de la serpillière. A 17h, s’il me reste un peu d’énergie, j’écouterai les fichiers mp3 reçus et transcrirai l’interview téléphonique d’un obscur groupe de prog en buvant un verre d’eau du robinet. Je regarderai une vielle série télé puis me battrait pour un peu de couette avec ma femme dans ma vieille maison qui tremble au passage des bus.

Je suis un influenceur, j’ai une chaîne YouTube que personne ne consulte, une page Facebook désertée, un blog confidentiel, un webzine avec moins de cinq cent pages vues par jour et un Flickr rempli de photos moches. Je suis un influenceur qui n’influence personne, n’intéresse aucun annonceur, ne vend aucun alcool, vêtement et cela me va très bien. Pour le jacuzzi, j’ai une baignoire. Et pour les bulles, devinez…

La Vérité

Image

Il y a quelques années, une de mes nièces adorées, nous avait offert et dédicacé un roman, La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert, un thriller, une histoire d’amour, un roman dans le roman du roman, un livre parlant d’écriture, d’artistes, bref un petit chef d’œuvre. 
J’avais dévoré le pavé et lu depuis quelques autres romans de l’auteur à succès. 

Aujourd’hui, c’est la série télé tirée du roman qui a accaparé mes soirées. Dix épisodes pour raconter la disparition de Nola, la folle histoire d’amour interdite entre un homme mûr et une gamine de quinze ans, la genèse d’un live à succès, l’automne 1975 de Sommerdale et comment l’élève surpasse le maître à la fin.

Lorsque vous lisez un roman, vous construisez vos propres images des paysages, des visages et quand l’œuvre devient visuelle, il est rare que l’on ne soit pas déçu. Millénium et Le Seigneur des Anneaux sont, pour moi, les rares livres à avoir très bien supporté la transformation, du papier à la pellicule. 

La série dont je vous parle m’a tout d’abord mise mal à l’aise avec ce jeune écrivain manquant de profondeur et la belle ingénue un peu mièvre. Mais épisode après épisode, le choix du casting s’est imposé à moi finalement, dévoilant des facettes des personnages qui ne m’avaient pas forcément sauté aux yeux en lisant le livre, comme le vieil écrivain lâche, son jeune élève qui se montre bien plus digne qu’il ne semblait l’être au préalable. La série apporte, tout en respectant scrupuleusement le roman, un nouvel éclairage sur cette terrible histoire. 

Par chance, j’avais oublié les détails de l’intrigue et me suis fait happer encore une fois dans les derniers épisodes.

Si Joël Dicker est un grand écrivain, Jean-Jacques Annaud est un grand réalisateur. Je vous recommande de lire le livre, de laisser passer quelques temps, puis de regarder la série télé, puis de relire le livre une nouvelle fois.

Jekyll

Image

J’ai toujours su qu’il y avait une autre voix dans ma tête. Cette autre personne, perverse, mesquine, méchante qui essaye chaque jour de prendre le pas sur ma vraie identité, le gars timide et serviable que je suis en réalité. Ces conflits sont certainement la cause des terribles migraines qui me terrassent chaque semaine, ces veilles de souffrance atroce où la bête se manifeste par une agitation, une tension, un énervement que mes proches sentent approcher.

J’ai bien essayé d’endormir le monstre avec de la passiflore, des anti épileptiques, des abus d’alcool et de la drogue, mais quand l’autre se réveille après une longue léthargie, il redouble de fureur et de violence, c’est alors pire que tout. La violence des crises est décuplée et il faut des jours avant de revenir à un status quo.

Qui est-il cet autre moi ? Un prétentieux, violent, obsédé, hyperactif, addict de sensations fortes. Il est plus fort, plus musclé, plus intelligent, dénué de scrupule, impitoyable, jeune et beau. 

Vu sous cet angle, vous me direz, je devrais le laisser surgir plus souvent, renoncer à ma vrai identité, libérer le monstre tapi en moi. Mais ce n’est pas si simple. L’autre, le faible, le vieux, le malade, celui qui pue de la gueule, réclame le droit de survivre, aussi misérable que soit sa pauvre existence.

La saison une arrive à sa fin. Seulement six épisodes et l’identification est quasi complète. Mais pas question de signer pour une saison deux, Jekyll réveille en moi la bête, cela devient trop dangereux.

Si vous n’êtes pas bipolaire, je vous recommande vivement cette série de la BBC, elle est vraiment sympa. “Nan elle est nulle !”, “Mais non elle est bien”, “Je te dis qu’elle est nulle abruti !”, “Non bien”, “Naze”, “Sympa”, “Chiante !”, “Cool”, “Débile”…

D’accord, le dernier épisode est totalement improbable, limite mauvais, délirant, à croire que le réalisateur a soudainement pété un câble ou ne sait plus que raconter, mais le reste est bien. “C’est nulle je te dis bouffon !”.

Zone Blanche

Image

Les Vosges, de la forêt à perte de vue, pas de réseau, un bar, une gendarmerie, un procureur puni et un maire tout puissant, nous sommes en zone blanche.

Villefranche, une petite ville imaginaire, perdue au milieux des sapins, où quand il ne pleut pas, il fait nuit, avec des nappes de brouillard pour égailler le paysage. Une petite ville où la gendarmerie ne chôme pas car à Villefranche le nombre de victimes par mort violente atteint des sommets: trente huit ? Non trente neuf, quarante, quarante-une, quarante-deux… La saison une vient de commencer.

Des arbres, des habitants un peu fous, pratiquants d’inquiétants rituels et des victimes à la pelle, bienvenus dans ma belle région. Outre l’intrigue, le suspens, le frisson, le plaisir de Zone Blanche consiste aussi à retrouver l’endroit où a été filmé telle ou telle scène, souvent à deux pas de chez moi, dans le massif vosgien.

Zone Blanche est une série à l’atmosphère lourde, angoissante, où le mystère côtoie les turpitudes humaines. Disparitions, activistes, meurtres, mafia locale, chantage, folie, les habitants de Villefranche n’ont pas besoin de la 4G pour pimenter leurs soirées, heureusement d’ailleurs, car le plus souvent le réseau ne passe pas. Ils ont même encore une cabine téléphonique sur leur commune, c’est dire.

Chaque épisode de la saison une est une enquête qui nous dévoile un peu plus l’univers de cette petite ville isolée du monde et qui livre également quelques clefs sur plusieurs anciennes affaires, peut-être liées entre elles. Les personnages sont crédibles, l’atmosphère est bien rendue, le procureur citadin allergique qui débarque dans ce monde hostile permet de bien marquer la différence entre les vosgiens, leurs combines et la vie, à l’extérieur de la zone blanche.

Par contre, dommage pour le tourisme, la série ne va pas attirer les visiteurs dans nos contrées reculées, sombres et humides, sauf peut-être quelques Francis Heaulme en quête d’activités ludiques.

La saison une appelle la saison deux, nous en reparlerons surement prochainement.

Les magiciens

Image

Dans le rôle de Harry Potter, un jeune mélancolique et dépressif fan d’un ersatz des Chronique de Narnia. Dans le rôle d’Hermione, une blondasse bigleuse à grosse poitrine et dans celui du professeur Dumbledore, un noir aveugle. Bienvenu au Poudlard des 16 ans et plus.

Nous somme à l’université de la magie, Brakebills pour les intimes, avec ses étudiants, ses professeurs, ses fêtes, ses rituels de passage, ses histoires de fesses et de cœur, et bien entendu, un grand méchant. Dans cette histoire, Voldemort, possède un nuage de papillons en guise de tête, ce qui ne le rend pas forcément plus sympathique.

Ce qui commence comme une série un peu niaise pour ados, évolue au fil de épisodes de manière de plus en plus trash : sexe, morts violentes, pédophilie, euthanasie, viol. Pas étonnant que sur le coffret, on trouve de nombreuses mises en garde. La série qui s’annonçait comme un pompage des romans Harry Potter, vire rapidement à une version édulcorée de Evil Dead.

Le plus surprenant c’est que cela fonctionne plutôt bien. Dans la saison 1, de The Magicians, nous suivons l’initiation à la magie de jeunes étudiants, nous découvrons les mages sauvages – ceux qui n’ont pas été admis à Brakebills -, nous plongeons dans un roman de magie pour enfants qui s’avère être un univers parallèle bien réel, nous partons en quête du grand méchant, nous découvrons les interactions entre le monde des moldus et des sorciers.

Bref c’est pas trop mal, si on ne veut pas réfléchir le soir, après un dure journée de labeur. Il existe quatre saisons de The Magicians, je en pense pas aller si loin, mais la saison une fut un bon divertissement.

Les bisounours

Image

“Je t’aime”, “tu vas mourir”, “je t’ai quitté”, “me revoilà”, “voici ton fils”, “j’étais enceinte quand je suis partie”, “je m’en vais”, “parle moi”, “tu me cache des choses”, “la famille est enfin réunie”, “maman”, “papa”, “je suis malade”, “tout est de ma faute”…

Les américains ont tendance parfois à mélanger série TV de supers héros avec Les Feux de l’Amour. La saison 2 de Flash n’y échappe pas.

Cette fois, nous avons trois supersoniques : un grand niais avec un casque franchement moche et qui, comble du ridicule, a perdu ses pouvoirs. Le second, le grand méchant, est affublé du surnom pathétique de Zoom et le troisième n’est autre que notre gentil Flash. Le docteur Wells est de retour après être mort – heu ? – enfin son double venu d’un monde parallèle nommé super intelligemment Terre 2. Ha… c’est plus clair expliqué ainsi. En bonus vous avez la femme du flic qui était censée être morte mais qui va mourir et son fils caché qui viennent compléter la panoplie, sans oublier la nouvelle de tentative  sexuelle de notre héro, qui comme on s’en doute, va finir en fiasco.

Et tout ce petit monde s’aime, se déteste, une grande saga tragico comique familiale sur fond de métas humains zarbis et d’immortels moisis. Ça cause, ça cause, mais ça ne fait pas grand chose. La saison 2 de Flash est celle des états d’âme plus que celle de l’action. Dommage car la saison 1 tenait un bon rythme, entre humour, séduction, action. 

La saison rebondit lorsque que nos héros passent enfin le portail pour aller sauver la fille du professeur Wells (un boudin au passage). Les choses deviennent vraiment sympa, le ton se fait moins sérieux et l’action est au rendez-vous. La suite connaît quelques épisodes soporifiques, quand notre héro perd ses pouvoirs et entre dans la vitesse pure, mais dans l’ensemble, on retrouve le rythme de la saison 1. Tout s’achève comme tout à commencé, la saison 3 s’annonçant comme un reboot, alors parés ? Nous allons d’abord regarder la saison 2 de 10 % avant d’enchaîner sur Au service de la France.

La nouveauté

Image

J’aime la nouveauté.

J’adore découvrir une série télé, la première saison. Dès la seconde, il arrive fréquemment que je m’ennuie. Dans un Marvel, ce qui m’intéresse, c’est le moment où l’homme se transforme en super héro, après, je m’en tape un peu. La découverte d’un groupe de rock est toujours un bonheur, une surprise, je m’enthousiasme pour l’album que j’écoute, mais lorsque j’explore ensuite le reste de leur discographie, mon engouement premier retombe parfois. Pour les jeux vidéos, c’est la même chose, je m’amuse les premières heures mais il est rare que j’aille jusqu’à la fin, préférant explorer un nouveau game play, un nouvel univers.

L’ennui me gagne rapidement.

Paradoxalement je suis un affreux pantouflard, qui aime rester chez lui, faire les mêmes promenades encore et encore, revoir des films vus des dizaines de fois et qui partage sa vie avec la même personne depuis maintenant près de trente années. Je suis également fidèle en musique (40 années de rock progressif), en lecture avec les auteurs dont je lis tout, vraiment tout.

Je me passionne soudain pour un sujet, le jeu de rôle, le celtisme, la musique, l’astronomie, la littérature médiévale, le mégalithisme, l’informatique, la photographie et j’y consacre tout mon temps, mon énergie et mes économies avant de passer à autre chose. Je ne vais jamais franchement jusqu’au fond du sujet, effleurant la question jusqu’aux premières vraies difficultés qui me rebutent.

Je suis surtout un flemmard.

Au travail je m’ennuie vite également. Combien de postes ai-je occupé depuis mon entrée dans l’administration ? Observateur, prévisionniste, informaticien, climatologue, programmeur, chargé d’études, responsable réseau, chargé de support… Presque à chaque fois, je suis content de changer de travail, de bureau, de collègues et au bout de quelques mois, l’ennui me gagne à nouveau.

J’ai la chance de vivre l’AP 2022, programme, qui depuis un an et demi, nous donne une visibilité de quelques trimestres sur le poste que nous occupons et sur l’organisation géographique de nos activités.

Finalement c’est cool de changer tout le temps.

Après avoir programmé sur des technologies de pointe, je sale les accès des bâtiments lorsqu’il neige, je déplace des armoires, j’immobilise des achats, je réceptionne les colis et j’ouvre la porte au facteur à 15h45. J’ai un nouveau bureau tout neuf qui vient hélas d’être inondé.

Je ne sais vraiment pas pourquoi notre navire (le bâtiment ressemble vaguement à un bateau vu de haut) prend l’eau, au sens littéral comme figuré, mais, si nous faisons rien nous allons sombrer. Les fenêtres, récemment remplacées, laissent passer la pluie, comme cela vient de se produire dans mon bureau. L’étanchéité du toit, refaite plusieurs fois en peu de temps, ne semble guère efficace et à chaque orage, plusieurs bureaux sont noyés sous les eaux diluviennes. Ridicule pour un service météorologique. Les agents, plus liquides encore que l’eau, fuitent vers d’autres services, s’enfuient face au raz de marée de la réorganisation. Les anciens partent à la retraite. C’est la débandade et rien ne vient remplir les locaux à part de l’eau qui s’insinue dans les bureaux déserts les jours d’averses.

Hier trois occupants pour 10m², les uns sur les autres, aujourd’hui une seule personne devant trois ordinateurs éteints. Une pièce sur trois est vide, nous souffrons de trop d’espace et de trop de silence. Nous revendons les meubles devenus inutiles, achetés à prix d’or sur des marchés nationaux. Nous démontons les bureaux, nous déplaçons les armoires, nous vidons le France pour le vendre à la ferraille.

Tout bien considéré, même la nouveauté je me lasse.

Tamponné

Image

L’administration s’auto-alimente d’activités ésotériques et complexes que seul un agent de catégorie A peut maîtriser complètement. Une mission ne sera réussie que si le formulaire ad-hoc a été préalablement rempli, validé et trois fois tamponné, tamponné de la date du jour, tamponné du nom du service et surtout tamponné rouge TAMPONNE. Sans le bordereau de retrait adapté, signé en trois exemplaires, impossible d’accéder au matériel indispensable au travail, à savoir, le crayon gris. Si le téléphone sonne ne décrochez pas, dans le cas contraire vous deviendriez responsable de la suite des opérations, donc surtout ne décrochez pas. Tamponné, validé, approuvé.

C’est Laurent qui m’a fait découvrir “Au Service de la France”, une série télé dans l’esprit d’OSS 117, petit bijou pince sans rire et pastiche du fonctionnement de l’administration.

Un petit jeune rentre comme stagiaire dans les services du contre espionnage français, une petite administration avec son colonel moustachu au look très gaulliste, Moïse, son second, quatre agents de catégorie A dont une femme, la seule, qui dans l’équipe, semble travailler et donner beaucoup de son corps. Cigarettes, poses apéros, débat sur la prime Paris-Vichy, réorganisation de la cafétéria, formulaires, tampons, salle d’interrogatoire, salle de crise avec les trois lumières rouges, code taupe et séjours à Alger, nous sommes en pleine guerre d’Algérie et au début des velléités d’indépendance de nombreux pays africains.

N’attendez pas une série d’espionnage mais plutôt une satire des rouages du système administratif français. Des épisodes de trente minutes qui bien souvent prolongent avec humour ma journée de travail. Le pire, c’est que je trouve certains passages à peine grossis. L’humour est fin, loin des farces de l’OSS 117 joué par Jean Dujardin, les éclats de rires peuvent survenir quelques épisodes après l’amorce du gag, comme par exemple avec un plan fixe de quelques secondes sur le carton du projet très controversé de nouvelle cafétéria self service remisé aux archives ou les différentes vies du costume du jeune stagiaire.

Histoires d’amours, aventures exotiques, paternités multiples sous forme d’accident du travail, initiations pour devenir catégorie A, meurtres, gestion de copropriété, cadeau de promotion, négociation d’indépendance, passé de collaborateur, agent double, détecteur de mensonge israélite, chaque épisode dévoile un peu plus les secrets des services secrets. Une série Arte à ne manquer sous aucun prétexte, surtout si vous êtes fonctionnaire.

Rétro pédalage

Image

La transition énergétique, voila le sujet à la mode, surtout depuis l’annonce d’une taxe sur les carburants qui a mis le feu aux poudres.

Peut-on concilier petits salaires et écologie ? Je pense que oui, à condition de revoir notre mode de vie.

Commençons par la voiture qui a cristallisé bien des débats. On nous dit, passer à l’électrique. “Votre vieux véhicule pollue énormément, mettez-le à la casse, en plus vous recevrez une prime”. C’est vrai que le véhicule électrique n’émet pas de CO² par le pot d’échappement. Mais pollue-t-il moins qu’un bon vieux diesel crachant sa fumée noire ?

La construction d’un véhicule électrique est, à ce jour, plus polluante qu’un véhicule diesel. Ben oui, c’est comme ça, les batteries c’est sympa mais elles sont remplies de composants très polluants qui nécessitent des matériaux rares et complexes à produire. Lorsqu’un véhicule électrique roule, il consomme de l’électricité, c’est évident n’est-ce pas ? Mais d’où vient l’électricité ? De l’éolien, du solaire, des barrages ? Non, principalement du nucléaire ainsi que du thermique en France. Alors si dans l’hexagone nous disposons de beaucoup d’électricité venant de l’atome, ce n’est pas le cas de la Chine par exemple où des Etats-Unis. Et électricité, dit transport et pertes , beaucoup de pertes (de l’ordre de 10%). Si tout le monde passe à l’électrique, il va falloir la produire cette électricité. Va-t-on construire des éoliennes, des fermes solaires, des EPR, des centrales à charbon ? Gardez votre voiture pourrie qui pollue, vous polluez moins qu’en jetant votre caisse à la décharge et en vous offrant un calèche rutilant de chrome, et vous économiserez de l’argent. En plus, il est probable que l’on vous enfume un peu sur ses magnifiques performances énergétiques, l’autonomie et le taux de pollution des nouveaux véhicules. 

On nous demande d’être écolo mais qui a eu l’idée de relancer le transport en bus sérieusement ? Prenez le bus (vous savez le gros truc diesel qui se traîne pendant 6 heures pour faire un Strasbourg-Paris), le train c’est trop cher. Du coup nous avons plein de bus qui sillonnent la France, une belle idée. Sans parler des camions. Pourquoi favorise-t-on toujours ce mode de transport des marchandises, est-il si important d’encombrer la route avec des 38 tonnes alors que nous avons un réseau ferroviaire très dense et des canaux. C’est un choix politique, ne pas faire de vagues. Les routiers sont sympas, mais faut pas les énerver non plus.

Et si vous essayez de raisonner vos déplacements ? Covoiturer pour aller bosser, marcher à pied ou à vélo pour des petits trajets, utiliser les transports en commun lorsque c’est possible, éviter de prendre l’avion pour aller bronzer vos fesses aux Maldives. Je ne dis pas que tout le monde peut le faire, la SNCF supprimant à la pelle les petites lignes ces dernières années, mais cela vaut la peine d’essayer. Des petits efforts au quotidien, qui une fois encore, vous ferons faire des économies. Oui parce que entre l’achat, l’assurance, l’entretien, le carburant, une voiture, ça coûte une blinde !

Et que penseriez-vous de moins consommer ? C’est bête mais évident pourtant, si on consomme moins, on pollue moins, tout simplement. Pourquoi changer de smartphone tous les ans, pourquoi acheter une télévision 3D 4 K alors que celle qui trône dans votre salon fonctionne parfaitement ? Pourquoi s’offrir une paire de Nike à la mode alors que celles que vous portez sont en bon état ? Pourquoi changer de déco alors que celle que vous avez est encore très belle ? Pourquoi commander un truc sur Internet alors qu’il y a des boutiques près de chez vous, pourquoi demander la livraison pour demain alors que votre commande pourrait arriver dans une semaine ?

Nous sommes conditionné à acheter compulsivement. Nous sommes noyé sous les publicités pour alimenter nos insatisfactions. Nous sommes manipulés pour consommer. Il faut de la croissance pour créer de l’emploi nous dit-on. Connerie !

Et si nous fabriquions des produits réparables, des machines à laver qui durent dix ans, des voitures increvables, des appareils solides, résistants, qui lorsqu’ils tombent en panne, peuvent être amené dans une échoppe, pour être remis en état. Que faites-vous lorsque votre cafetière tombe en panne ? Vous la jetez non pour acheter le dernier modèle avec des LED bleues. La réparation créerait l’emploi perdu dans la fabrication. Des métiers valorisant en plus, il est toujours plus sympa de remettre en état un lave linge que de l’assembler à la chaîne.

Et si nous mangions mieux ? Je ne prône pas la culture végétarienne, loin de là, mais a-t-on besoin de manger autant de viande ? J’aime un bon steak saignant, j’ai dit  un bon steak, mais je ne suis pas obligé d’en manger un par jour. Un par semaine, c’est amplement suffisant et du coup, je m’offre de la viande de qualité, pas celle que vous trouvez dans un hamburger de chez McDo. Manger mieux c’est aussi ne pas gâcher. Pourquoi acheter des aliments infects pour les jeter à la poubelle ensuite ? Et si nous mangions d’abord les produits que nous cultivons chez nous, pas forcément dans notre jardin, mais des produits qui poussent en Europe, de préférence dans notre département pour limiter les transports. Pourquoi se gaver de soja, d’oranges, d’ananas, de bananes, d’huile de palme et j’en passe alors que localement vous pouvez manger des pommes, des poires, des prunes, des pommes de terre, des courgettes, des carottes, du choux ? Manger local en circuit court, idéalement bio, ça n’est pas forcément plus cher. Je ne parle pas d’autarcie soyons clair, je laisse ces idées à la con aux extrémistes, je parle juste de faire attention. Pas question par exemple de se passer de café et de cacao, sans café je suis mort, sans cacao, ma femme est invivable.

Chauffer moins, éclairer ce qu’il faut, débrancher ce qui est inutile. Oui c’est bête mais c’est facile à faire. Un pull, des chaussettes, des chaussons et à 18°C vous serez très bien chez vous et vous économiserez sur votre facture de gaz, d’électricité ou de pétrole. En plus ça vous rapprochera très vite de votre moitié sous la couette vous verrez. Attention, ne soyez pas des lapins non plus, nous sommes trop nombreux sur la planète. Alors oubliez les familles nombreuses et protégez-vous. Baissez les thermostat, mettez le chauffage en veille quand vous vous absentez. Éteignez les lumières dans pièces où vous n’êtes pas, ne laissez pas les appareils électriques en veille. C’est si compliqué ?

Et Internet, avez-vous conscience de l’énergie dépensée à chaque fois que vous êtes sur Internet ? Vous me direz, ça n’apparaît pas sur la facture, oui c’est vrai, mais indirectement, vous le payez forcément. Rien n’est gratuit sauf l’air que vous respirez, enfin, pour l’instant. A chaque recherche Google, à chaque Tweet, à chaque vidéo de chaton regardée, vous faites tourner la machine infernale des équipements web éparpillés sur la planète, routeurs, serveur, onduleurs, switchs, data-centers… A chaque action sur votre smartphone, tablette ou PC, vous brûlez de l’énergie. Alors raisonnez votre usage du net. 

Oui mais que va-t-on faire si on ne traverse pas la France en voiture, si on ne survole pas les océans en avion, si on se les gèle dans la maison, si on peut peut plus grignoter n’importe quoi, si on ne joue pas avec le dernier gadget inutile, si on ne surfe pas sur la toile ? On va s’ennuyer !

Faites du sport, revoyez vos amis, jouez avec vos enfants, lisez un livre, faites un potager, réparez les trucs en panne chez vous, reposez-vous, marchez, promenez-vous à vélo dans la campagne, vivez quoi !

Tout ça c’est bien joli, mais c’est plus facile à écrire qu’à mettre en pratique. Je ne suis pas pauvre, pas encore, mais la retraite approche… Ma voiture est pourrie et je ne vais pas la changer. Je chauffe peu ma maison (17°C) et je fais attention aux lumières et aux appareils électriques. Je roule très peu, j’utilise beaucoup les transports en commun, mes pieds, le vélo et je prends l’avion, au maximum une fois par an sur des trajets raisonnables (en fait je déteste voyager, mais chut !). Hélas tout le monde ne dispose pas non plus d’un réseau de transports en communs bien organisé, les citadins comme moi sont des privilégiés. 

J’achète beaucoup de musique, de jeux et de matériel photo, je l’avoue, des produits conçus et fabriqués dans des pays lointains le plus souvent et que je fais venir par des transporteurs pollueurs.

J’essaye toutefois de limiter ma consommation culturelle en livres et DVDs en empruntant dans les médiathèques, même si ça me fait mal au cœur pour les libraires indépendants. Et encore une fois, soyons honnête, tout le monde ne dispose pas de ces lieux de culture qui existent dans les grandes villes.

J’aime le jus d’ananas, le café et les clémentines mais je mange peu de viande.

Et pour Internet, je suis un très mauvais très élève, la preuve, j’en use et en abuse et c’est mal. Bon, il faut dire que mes enfants ne veulent plus jouer avec moi, que les galipettes sous la couettes c’est sympa mais fatiguant et surtout je ne peux plus faire de sport, alors bon, je compense.

Westworld

Image

Vous aimez les westerns ? Pas moi.

A part “Il était une fois dans l’ouest” et quelques autres, ce genre cinématographique me laisse de marbre. Alors pourquoi Westworld ? D’abord parce que c’est ma douce et tendre qui écume les médiathèques de Strasbourg à la recherche de films et de séries afin d’égayer nos mornes soirées de petits vieux. Ensuite parce que je suis une feignasse et qu’au lieu de chercher des nouveautés, je suis capable de me revoir une centaine de fois l’intégrale de Stargate Atlantis.

La série Westworld commence comme un parc d’attraction futuriste où les visiteurs se mettent dans la peau de cow-boys et où les figurants sont des androïdes. Les visiteurs peuvent violer et tuer à volonté, se prendre pour des chasseurs de primes, tout leur est permis dans ce parc presque sans limite. Un Red Dead Redemption sans la console de jeu.

Saloon, filles de joies, méchants, duels, train à vapeur, poussières, whiskey, piano mécanique, chevaux,  indiens, mexicains, tout est là pour plonger l’aventurier du dimanche dans le Far West. Les épisodes pourraient ressembler à “Un Jour Sans Fin”, débutant sur la musique du piano mécanique du saloon, et rejouant le même scénario à quelques détails près.

Mais, par chance, l’intrigue de Westworld ne se limite pas à cela. Le meilleur, ce sont les dessous du parc, son administration, les développeurs, les concepteurs, les agents de sécurité et le grand manitou, le fondateur, le Dr Ford. On y découvre ses machines et leurs petits problèmes, les scénaristes débordés, les techniciens de maintenance, les intrigues de pouvoir et j’en passe.

Niveau casting il y a clairement du lourd, des acteurs venus du monde du grand écran comme Anthony Hopkins, Ed Harris. Même chose pour les moyens, c’est une série à gros budget avec un rendu visuel assez bluffant. Si je suis archi fan des deux acteurs précités et de leur prestation dans la série, j’ai beaucoup plus de mal avec le personnage de Dolores incarné par Evan Rachel Wood. Pas de chance pour moi, elle est partout.

Pour l’originalité scénaristique, ça pêche un peu. Passé la première surprise, nous découvrons des classiques du genre, les employés ne seraient-ils pas eux aussi des androïdes (vous avez lu Philip K. Dick ?), le patron Ford était-il vraiment ce vieux gâteux que l’on voudrait bien nous faire croire, la machine se retournera-t-elle contre son créateur, le gentil visiteur restera-il fidèle à ses principes, blablabla blablabla.

La série m’a fait penser à un bouquin de Robert-Charles Wilson que j’ai lu il y a quelque temps, La citée du futur, et qui parlait de visiteurs de l’avenir, explorant le vrai Far-West. Le livre était pas mal, plus palpitant toujours que cette série.

Est-ce que je regarderai la saison 2, non, je ne pense pas, j’ai déjà failli décrocher pendant la une, malgré tous les nichons et fesses à l’air. Je pense que je vais retourner à la saison 2 de Flash car l’hiver arrive.