Zone Blanche

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Les Vosges, de la forêt à perte de vue, pas de réseau, un bar, une gendarmerie, un procureur puni et un maire tout puissant, nous sommes en zone blanche.

Villefranche, une petite ville imaginaire, perdue au milieux des sapins, où quand il ne pleut pas, il fait nuit, avec des nappes de brouillard pour égailler le paysage. Une petite ville où la gendarmerie ne chôme pas car à Villefranche le nombre de victimes par mort violente atteint des sommets: trente huit ? Non trente neuf, quarante, quarante-une, quarante-deux… La saison une vient de commencer.

Des arbres, des habitants un peu fous, pratiquants d’inquiétants rituels et des victimes à la pelle, bienvenus dans ma belle région. Outre l’intrigue, le suspens, le frisson, le plaisir de Zone Blanche consiste aussi à retrouver l’endroit où a été filmé telle ou telle scène, souvent à deux pas de chez moi, dans le massif vosgien.

Zone Blanche est une série à l’atmosphère lourde, angoissante, où le mystère côtoie les turpitudes humaines. Disparitions, activistes, meurtres, mafia locale, chantage, folie, les habitants de Villefranche n’ont pas besoin de la 4G pour pimenter leurs soirées, heureusement d’ailleurs, car le plus souvent le réseau ne passe pas. Ils ont même encore une cabine téléphonique sur leur commune, c’est dire.

Chaque épisode de la saison une est une enquête qui nous dévoile un peu plus l’univers de cette petite ville isolée du monde et qui livre également quelques clefs sur plusieurs anciennes affaires, peut-être liées entre elles. Les personnages sont crédibles, l’atmosphère est bien rendue, le procureur citadin allergique qui débarque dans ce monde hostile permet de bien marquer la différence entre les vosgiens, leurs combines et la vie, à l’extérieur de la zone blanche.

Par contre, dommage pour le tourisme, la série ne va pas attirer les visiteurs dans nos contrées reculées, sombres et humides, sauf peut-être quelques Francis Heaulme en quête d’activités ludiques.

La saison une appelle la saison deux, nous en reparlerons surement prochainement.

Les magiciens

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Dans le rôle de Harry Potter, un jeune mélancolique et dépressif fan d’un ersatz des Chronique de Narnia. Dans le rôle d’Hermione, une blondasse bigleuse à grosse poitrine et dans celui du professeur Dumbledore, un noir aveugle. Bienvenu au Poudlard des 16 ans et plus.

Nous somme à l’université de la magie, Brakebills pour les intimes, avec ses étudiants, ses professeurs, ses fêtes, ses rituels de passage, ses histoires de fesses et de cœur, et bien entendu, un grand méchant. Dans cette histoire, Voldemort, possède un nuage de papillons en guise de tête, ce qui ne le rend pas forcément plus sympathique.

Ce qui commence comme une série un peu niaise pour ados, évolue au fil de épisodes de manière de plus en plus trash : sexe, morts violentes, pédophilie, euthanasie, viol. Pas étonnant que sur le coffret, on trouve de nombreuses mises en garde. La série qui s’annonçait comme un pompage des romans Harry Potter, vire rapidement à une version édulcorée de Evil Dead.

Le plus surprenant c’est que cela fonctionne plutôt bien. Dans la saison 1, de The Magicians, nous suivons l’initiation à la magie de jeunes étudiants, nous découvrons les mages sauvages – ceux qui n’ont pas été admis à Brakebills -, nous plongeons dans un roman de magie pour enfants qui s’avère être un univers parallèle bien réel, nous partons en quête du grand méchant, nous découvrons les interactions entre le monde des moldus et des sorciers.

Bref c’est pas trop mal, si on ne veut pas réfléchir le soir, après un dure journée de labeur. Il existe quatre saisons de The Magicians, je en pense pas aller si loin, mais la saison une fut un bon divertissement.

Les bisounours

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“Je t’aime”, “tu vas mourir”, “je t’ai quitté”, “me revoilà”, “voici ton fils”, “j’étais enceinte quand je suis partie”, “je m’en vais”, “parle moi”, “tu me cache des choses”, “la famille est enfin réunie”, “maman”, “papa”, “je suis malade”, “tout est de ma faute”…

Les américains ont tendance parfois à mélanger série TV de supers héros avec Les Feux de l’Amour. La saison 2 de Flash n’y échappe pas.

Cette fois, nous avons trois supersoniques : un grand niais avec un casque franchement moche et qui, comble du ridicule, a perdu ses pouvoirs. Le second, le grand méchant, est affublé du surnom pathétique de Zoom et le troisième n’est autre que notre gentil Flash. Le docteur Wells est de retour après être mort – heu ? – enfin son double venu d’un monde parallèle nommé super intelligemment Terre 2. Ha… c’est plus clair expliqué ainsi. En bonus vous avez la femme du flic qui était censée être morte mais qui va mourir et son fils caché qui viennent compléter la panoplie, sans oublier la nouvelle de tentative  sexuelle de notre héro, qui comme on s’en doute, va finir en fiasco.

Et tout ce petit monde s’aime, se déteste, une grande saga tragico comique familiale sur fond de métas humains zarbis et d’immortels moisis. Ça cause, ça cause, mais ça ne fait pas grand chose. La saison 2 de Flash est celle des états d’âme plus que celle de l’action. Dommage car la saison 1 tenait un bon rythme, entre humour, séduction, action. 

La saison rebondit lorsque que nos héros passent enfin le portail pour aller sauver la fille du professeur Wells (un boudin au passage). Les choses deviennent vraiment sympa, le ton se fait moins sérieux et l’action est au rendez-vous. La suite connaît quelques épisodes soporifiques, quand notre héro perd ses pouvoirs et entre dans la vitesse pure, mais dans l’ensemble, on retrouve le rythme de la saison 1. Tout s’achève comme tout à commencé, la saison 3 s’annonçant comme un reboot, alors parés ? Nous allons d’abord regarder la saison 2 de 10 % avant d’enchaîner sur Au service de la France.

La nouveauté

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J’aime la nouveauté.

J’adore découvrir une série télé, la première saison. Dès la seconde, il arrive fréquemment que je m’ennuie. Dans un Marvel, ce qui m’intéresse, c’est le moment où l’homme se transforme en super héro, après, je m’en tape un peu. La découverte d’un groupe de rock est toujours un bonheur, une surprise, je m’enthousiasme pour l’album que j’écoute, mais lorsque j’explore ensuite le reste de leur discographie, mon engouement premier retombe parfois. Pour les jeux vidéos, c’est la même chose, je m’amuse les premières heures mais il est rare que j’aille jusqu’à la fin, préférant explorer un nouveau game play, un nouvel univers.

L’ennui me gagne rapidement.

Paradoxalement je suis un affreux pantouflard, qui aime rester chez lui, faire les mêmes promenades encore et encore, revoir des films vus des dizaines de fois et qui partage sa vie avec la même personne depuis maintenant près de trente années. Je suis également fidèle en musique (40 années de rock progressif), en lecture avec les auteurs dont je lis tout, vraiment tout.

Je me passionne soudain pour un sujet, le jeu de rôle, le celtisme, la musique, l’astronomie, la littérature médiévale, le mégalithisme, l’informatique, la photographie et j’y consacre tout mon temps, mon énergie et mes économies avant de passer à autre chose. Je ne vais jamais franchement jusqu’au fond du sujet, effleurant la question jusqu’aux premières vraies difficultés qui me rebutent.

Je suis surtout un flemmard.

Au travail je m’ennuie vite également. Combien de postes ai-je occupé depuis mon entrée dans l’administration ? Observateur, prévisionniste, informaticien, climatologue, programmeur, chargé d’études, responsable réseau, chargé de support… Presque à chaque fois, je suis content de changer de travail, de bureau, de collègues et au bout de quelques mois, l’ennui me gagne à nouveau.

J’ai la chance de vivre l’AP 2022, programme, qui depuis un an et demi, nous donne une visibilité de quelques trimestres sur le poste que nous occupons et sur l’organisation géographique de nos activités.

Finalement c’est cool de changer tout le temps.

Après avoir programmé sur des technologies de pointe, je sale les accès des bâtiments lorsqu’il neige, je déplace des armoires, j’immobilise des achats, je réceptionne les colis et j’ouvre la porte au facteur à 15h45. J’ai un nouveau bureau tout neuf qui vient hélas d’être inondé.

Je ne sais vraiment pas pourquoi notre navire (le bâtiment ressemble vaguement à un bateau vu de haut) prend l’eau, au sens littéral comme figuré, mais, si nous faisons rien nous allons sombrer. Les fenêtres, récemment remplacées, laissent passer la pluie, comme cela vient de se produire dans mon bureau. L’étanchéité du toit, refaite plusieurs fois en peu de temps, ne semble guère efficace et à chaque orage, plusieurs bureaux sont noyés sous les eaux diluviennes. Ridicule pour un service météorologique. Les agents, plus liquides encore que l’eau, fuitent vers d’autres services, s’enfuient face au raz de marée de la réorganisation. Les anciens partent à la retraite. C’est la débandade et rien ne vient remplir les locaux à part de l’eau qui s’insinue dans les bureaux déserts les jours d’averses.

Hier trois occupants pour 10m², les uns sur les autres, aujourd’hui une seule personne devant trois ordinateurs éteints. Une pièce sur trois est vide, nous souffrons de trop d’espace et de trop de silence. Nous revendons les meubles devenus inutiles, achetés à prix d’or sur des marchés nationaux. Nous démontons les bureaux, nous déplaçons les armoires, nous vidons le France pour le vendre à la ferraille.

Tout bien considéré, même la nouveauté je me lasse.

Tamponné

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L’administration s’auto-alimente d’activités ésotériques et complexes que seul un agent de catégorie A peut maîtriser complètement. Une mission ne sera réussie que si le formulaire ad-hoc a été préalablement rempli, validé et trois fois tamponné, tamponné de la date du jour, tamponné du nom du service et surtout tamponné rouge TAMPONNE. Sans le bordereau de retrait adapté, signé en trois exemplaires, impossible d’accéder au matériel indispensable au travail, à savoir, le crayon gris. Si le téléphone sonne ne décrochez pas, dans le cas contraire vous deviendriez responsable de la suite des opérations, donc surtout ne décrochez pas. Tamponné, validé, approuvé.

C’est Laurent qui m’a fait découvrir “Au Service de la France”, une série télé dans l’esprit d’OSS 117, petit bijou pince sans rire et pastiche du fonctionnement de l’administration.

Un petit jeune rentre comme stagiaire dans les services du contre espionnage français, une petite administration avec son colonel moustachu au look très gaulliste, Moïse, son second, quatre agents de catégorie A dont une femme, la seule, qui dans l’équipe, semble travailler et donner beaucoup de son corps. Cigarettes, poses apéros, débat sur la prime Paris-Vichy, réorganisation de la cafétéria, formulaires, tampons, salle d’interrogatoire, salle de crise avec les trois lumières rouges, code taupe et séjours à Alger, nous sommes en pleine guerre d’Algérie et au début des velléités d’indépendance de nombreux pays africains.

N’attendez pas une série d’espionnage mais plutôt une satire des rouages du système administratif français. Des épisodes de trente minutes qui bien souvent prolongent avec humour ma journée de travail. Le pire, c’est que je trouve certains passages à peine grossis. L’humour est fin, loin des farces de l’OSS 117 joué par Jean Dujardin, les éclats de rires peuvent survenir quelques épisodes après l’amorce du gag, comme par exemple avec un plan fixe de quelques secondes sur le carton du projet très controversé de nouvelle cafétéria self service remisé aux archives ou les différentes vies du costume du jeune stagiaire.

Histoires d’amours, aventures exotiques, paternités multiples sous forme d’accident du travail, initiations pour devenir catégorie A, meurtres, gestion de copropriété, cadeau de promotion, négociation d’indépendance, passé de collaborateur, agent double, détecteur de mensonge israélite, chaque épisode dévoile un peu plus les secrets des services secrets. Une série Arte à ne manquer sous aucun prétexte, surtout si vous êtes fonctionnaire.

Rétro pédalage

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La transition énergétique, voila le sujet à la mode, surtout depuis l’annonce d’une taxe sur les carburants qui a mis le feu aux poudres.

Peut-on concilier petits salaires et écologie ? Je pense que oui, à condition de revoir notre mode de vie.

Commençons par la voiture qui a cristallisé bien des débats. On nous dit, passer à l’électrique. “Votre vieux véhicule pollue énormément, mettez-le à la casse, en plus vous recevrez une prime”. C’est vrai que le véhicule électrique n’émet pas de CO² par le pot d’échappement. Mais pollue-t-il moins qu’un bon vieux diesel crachant sa fumée noire ?

La construction d’un véhicule électrique est, à ce jour, plus polluante qu’un véhicule diesel. Ben oui, c’est comme ça, les batteries c’est sympa mais elles sont remplies de composants très polluants qui nécessitent des matériaux rares et complexes à produire. Lorsqu’un véhicule électrique roule, il consomme de l’électricité, c’est évident n’est-ce pas ? Mais d’où vient l’électricité ? De l’éolien, du solaire, des barrages ? Non, principalement du nucléaire ainsi que du thermique en France. Alors si dans l’hexagone nous disposons de beaucoup d’électricité venant de l’atome, ce n’est pas le cas de la Chine par exemple où des Etats-Unis. Et électricité, dit transport et pertes , beaucoup de pertes (de l’ordre de 10%). Si tout le monde passe à l’électrique, il va falloir la produire cette électricité. Va-t-on construire des éoliennes, des fermes solaires, des EPR, des centrales à charbon ? Gardez votre voiture pourrie qui pollue, vous polluez moins qu’en jetant votre caisse à la décharge et en vous offrant un calèche rutilant de chrome, et vous économiserez de l’argent. En plus, il est probable que l’on vous enfume un peu sur ses magnifiques performances énergétiques, l’autonomie et le taux de pollution des nouveaux véhicules. 

On nous demande d’être écolo mais qui a eu l’idée de relancer le transport en bus sérieusement ? Prenez le bus (vous savez le gros truc diesel qui se traîne pendant 6 heures pour faire un Strasbourg-Paris), le train c’est trop cher. Du coup nous avons plein de bus qui sillonnent la France, une belle idée. Sans parler des camions. Pourquoi favorise-t-on toujours ce mode de transport des marchandises, est-il si important d’encombrer la route avec des 38 tonnes alors que nous avons un réseau ferroviaire très dense et des canaux. C’est un choix politique, ne pas faire de vagues. Les routiers sont sympas, mais faut pas les énerver non plus.

Et si vous essayez de raisonner vos déplacements ? Covoiturer pour aller bosser, marcher à pied ou à vélo pour des petits trajets, utiliser les transports en commun lorsque c’est possible, éviter de prendre l’avion pour aller bronzer vos fesses aux Maldives. Je ne dis pas que tout le monde peut le faire, la SNCF supprimant à la pelle les petites lignes ces dernières années, mais cela vaut la peine d’essayer. Des petits efforts au quotidien, qui une fois encore, vous ferons faire des économies. Oui parce que entre l’achat, l’assurance, l’entretien, le carburant, une voiture, ça coûte une blinde !

Et que penseriez-vous de moins consommer ? C’est bête mais évident pourtant, si on consomme moins, on pollue moins, tout simplement. Pourquoi changer de smartphone tous les ans, pourquoi acheter une télévision 3D 4 K alors que celle qui trône dans votre salon fonctionne parfaitement ? Pourquoi s’offrir une paire de Nike à la mode alors que celles que vous portez sont en bon état ? Pourquoi changer de déco alors que celle que vous avez est encore très belle ? Pourquoi commander un truc sur Internet alors qu’il y a des boutiques près de chez vous, pourquoi demander la livraison pour demain alors que votre commande pourrait arriver dans une semaine ?

Nous sommes conditionné à acheter compulsivement. Nous sommes noyé sous les publicités pour alimenter nos insatisfactions. Nous sommes manipulés pour consommer. Il faut de la croissance pour créer de l’emploi nous dit-on. Connerie !

Et si nous fabriquions des produits réparables, des machines à laver qui durent dix ans, des voitures increvables, des appareils solides, résistants, qui lorsqu’ils tombent en panne, peuvent être amené dans une échoppe, pour être remis en état. Que faites-vous lorsque votre cafetière tombe en panne ? Vous la jetez non pour acheter le dernier modèle avec des LED bleues. La réparation créerait l’emploi perdu dans la fabrication. Des métiers valorisant en plus, il est toujours plus sympa de remettre en état un lave linge que de l’assembler à la chaîne.

Et si nous mangions mieux ? Je ne prône pas la culture végétarienne, loin de là, mais a-t-on besoin de manger autant de viande ? J’aime un bon steak saignant, j’ai dit  un bon steak, mais je ne suis pas obligé d’en manger un par jour. Un par semaine, c’est amplement suffisant et du coup, je m’offre de la viande de qualité, pas celle que vous trouvez dans un hamburger de chez McDo. Manger mieux c’est aussi ne pas gâcher. Pourquoi acheter des aliments infects pour les jeter à la poubelle ensuite ? Et si nous mangions d’abord les produits que nous cultivons chez nous, pas forcément dans notre jardin, mais des produits qui poussent en Europe, de préférence dans notre département pour limiter les transports. Pourquoi se gaver de soja, d’oranges, d’ananas, de bananes, d’huile de palme et j’en passe alors que localement vous pouvez manger des pommes, des poires, des prunes, des pommes de terre, des courgettes, des carottes, du choux ? Manger local en circuit court, idéalement bio, ça n’est pas forcément plus cher. Je ne parle pas d’autarcie soyons clair, je laisse ces idées à la con aux extrémistes, je parle juste de faire attention. Pas question par exemple de se passer de café et de cacao, sans café je suis mort, sans cacao, ma femme est invivable.

Chauffer moins, éclairer ce qu’il faut, débrancher ce qui est inutile. Oui c’est bête mais c’est facile à faire. Un pull, des chaussettes, des chaussons et à 18°C vous serez très bien chez vous et vous économiserez sur votre facture de gaz, d’électricité ou de pétrole. En plus ça vous rapprochera très vite de votre moitié sous la couette vous verrez. Attention, ne soyez pas des lapins non plus, nous sommes trop nombreux sur la planète. Alors oubliez les familles nombreuses et protégez-vous. Baissez les thermostat, mettez le chauffage en veille quand vous vous absentez. Éteignez les lumières dans pièces où vous n’êtes pas, ne laissez pas les appareils électriques en veille. C’est si compliqué ?

Et Internet, avez-vous conscience de l’énergie dépensée à chaque fois que vous êtes sur Internet ? Vous me direz, ça n’apparaît pas sur la facture, oui c’est vrai, mais indirectement, vous le payez forcément. Rien n’est gratuit sauf l’air que vous respirez, enfin, pour l’instant. A chaque recherche Google, à chaque Tweet, à chaque vidéo de chaton regardée, vous faites tourner la machine infernale des équipements web éparpillés sur la planète, routeurs, serveur, onduleurs, switchs, data-centers… A chaque action sur votre smartphone, tablette ou PC, vous brûlez de l’énergie. Alors raisonnez votre usage du net. 

Oui mais que va-t-on faire si on ne traverse pas la France en voiture, si on ne survole pas les océans en avion, si on se les gèle dans la maison, si on peut peut plus grignoter n’importe quoi, si on ne joue pas avec le dernier gadget inutile, si on ne surfe pas sur la toile ? On va s’ennuyer !

Faites du sport, revoyez vos amis, jouez avec vos enfants, lisez un livre, faites un potager, réparez les trucs en panne chez vous, reposez-vous, marchez, promenez-vous à vélo dans la campagne, vivez quoi !

Tout ça c’est bien joli, mais c’est plus facile à écrire qu’à mettre en pratique. Je ne suis pas pauvre, pas encore, mais la retraite approche… Ma voiture est pourrie et je ne vais pas la changer. Je chauffe peu ma maison (17°C) et je fais attention aux lumières et aux appareils électriques. Je roule très peu, j’utilise beaucoup les transports en commun, mes pieds, le vélo et je prends l’avion, au maximum une fois par an sur des trajets raisonnables (en fait je déteste voyager, mais chut !). Hélas tout le monde ne dispose pas non plus d’un réseau de transports en communs bien organisé, les citadins comme moi sont des privilégiés. 

J’achète beaucoup de musique, de jeux et de matériel photo, je l’avoue, des produits conçus et fabriqués dans des pays lointains le plus souvent et que je fais venir par des transporteurs pollueurs.

J’essaye toutefois de limiter ma consommation culturelle en livres et DVDs en empruntant dans les médiathèques, même si ça me fait mal au cœur pour les libraires indépendants. Et encore une fois, soyons honnête, tout le monde ne dispose pas de ces lieux de culture qui existent dans les grandes villes.

J’aime le jus d’ananas, le café et les clémentines mais je mange peu de viande.

Et pour Internet, je suis un très mauvais très élève, la preuve, j’en use et en abuse et c’est mal. Bon, il faut dire que mes enfants ne veulent plus jouer avec moi, que les galipettes sous la couettes c’est sympa mais fatiguant et surtout je ne peux plus faire de sport, alors bon, je compense.

Westworld

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Vous aimez les westerns ? Pas moi.

A part “Il était une fois dans l’ouest” et quelques autres, ce genre cinématographique me laisse de marbre. Alors pourquoi Westworld ? D’abord parce que c’est ma douce et tendre qui écume les médiathèques de Strasbourg à la recherche de films et de séries afin d’égayer nos mornes soirées de petits vieux. Ensuite parce que je suis une feignasse et qu’au lieu de chercher des nouveautés, je suis capable de me revoir une centaine de fois l’intégrale de Stargate Atlantis.

La série Westworld commence comme un parc d’attraction futuriste où les visiteurs se mettent dans la peau de cow-boys et où les figurants sont des androïdes. Les visiteurs peuvent violer et tuer à volonté, se prendre pour des chasseurs de primes, tout leur est permis dans ce parc presque sans limite. Un Red Dead Redemption sans la console de jeu.

Saloon, filles de joies, méchants, duels, train à vapeur, poussières, whiskey, piano mécanique, chevaux,  indiens, mexicains, tout est là pour plonger l’aventurier du dimanche dans le Far West. Les épisodes pourraient ressembler à “Un Jour Sans Fin”, débutant sur la musique du piano mécanique du saloon, et rejouant le même scénario à quelques détails près.

Mais, par chance, l’intrigue de Westworld ne se limite pas à cela. Le meilleur, ce sont les dessous du parc, son administration, les développeurs, les concepteurs, les agents de sécurité et le grand manitou, le fondateur, le Dr Ford. On y découvre ses machines et leurs petits problèmes, les scénaristes débordés, les techniciens de maintenance, les intrigues de pouvoir et j’en passe.

Niveau casting il y a clairement du lourd, des acteurs venus du monde du grand écran comme Anthony Hopkins, Ed Harris. Même chose pour les moyens, c’est une série à gros budget avec un rendu visuel assez bluffant. Si je suis archi fan des deux acteurs précités et de leur prestation dans la série, j’ai beaucoup plus de mal avec le personnage de Dolores incarné par Evan Rachel Wood. Pas de chance pour moi, elle est partout.

Pour l’originalité scénaristique, ça pêche un peu. Passé la première surprise, nous découvrons des classiques du genre, les employés ne seraient-ils pas eux aussi des androïdes (vous avez lu Philip K. Dick ?), le patron Ford était-il vraiment ce vieux gâteux que l’on voudrait bien nous faire croire, la machine se retournera-t-elle contre son créateur, le gentil visiteur restera-il fidèle à ses principes, blablabla blablabla.

La série m’a fait penser à un bouquin de Robert-Charles Wilson que j’ai lu il y a quelque temps, La citée du futur, et qui parlait de visiteurs de l’avenir, explorant le vrai Far-West. Le livre était pas mal, plus palpitant toujours que cette série.

Est-ce que je regarderai la saison 2, non, je ne pense pas, j’ai déjà failli décrocher pendant la une, malgré tous les nichons et fesses à l’air. Je pense que je vais retourner à la saison 2 de Flash car l’hiver arrive.

Flash

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Nous ne parlerons pas, une fois encore, de la limitation de vitesse à 80 km/h, nous pourrions ne pas être d’accord.

Mais puisque l’on en parle, moi qui roule beaucoup, ça ne me dérange pas, pourtant j’emprunte nombre de petites départementales pour de longs périples bucoliques.

Se faire flasher à 81 km/h c’est rageant, je l’avoue.

Je vous inviterai bien à rouler juste en dessous de la vitesse autorisée, à utiliser le régulateur ou le limitateur de vitesse de votre voiture, mais je connais d’avance votre réponse alors je n’insiste pas.

Alors je vous propose une alternative écologique, économique et rapide à la voiture.

Installez-vous tranquillement à proximité d’un accélérateur de particules, le CERN par exemple, et attendez patiemment qu’il explose. Après un long coma, vous serez peut-être un heureux méta humain comme Flash ou un monstre fou doté de pouvoirs incontrôlables (oui il y a un petit risque quand même…) .

Flash court plus vite que la vitesse du son, vole sur l’eau, grimpe les immeubles à la verticale, arrête les méchants et mange beaucoup de pizzas. Encore un de ces supers héros à la Marvel que ma femme m’inflige régulièrement, elle est fan que voulez-vous. Sauf que là, j’ai moi aussi flashé pour cette série (oui je me mets aux jeux de mots pourris à force de trop regarder le 20h00 de la 2).

Flash est donc un jeune gars qui court très très très vite et est entouré de geeks scientifiques et flics. Il sauve le monde des méchants métas humains – ceux qui n’ont pas eu vraiment de bol pendant le Big Bang -, fait son travail de police scientifique, tente de draguer sa meilleurs amie qui n’est autre que la fille de son père flic qui n’est pas vraiment son père car son vrai père est en prison arrêté par son autre père pour avoir tué sa mère mais c’est pas lui en fait c’est peut-être un autre Flash à moins que ce ne soit lui-même dans un autre espace temporel, s’entraîne comme un dingue dans le labo du mec qui est l’autre Flash et qui l’a transformé en Flash en faisant exploser l’accélérateur pour qu’il devienne comme Flash. Bref une histoire tout ce qu’il y a de plus simple.

Un vrai monde de geeks, avec ses blagues (un “je suis ton père” prononcé par Marc Hamill), les supers tee shirts de Alex – je veux celui avec la galaxie et le point Google montrant la Terre -, avec un méchant à chaque épisode, des histoires d’amour et une intrigue qui explore le passé étrange de ce scientifique, le bienveillant, malveillant, dangereux docteur Harrison West.

La saison une a réduit considérablement notre quota de sommeil car chaque soir, quelque soit la fatigue, nous regardons au moins deux épisodes. Vu le nombre de saisons, si l’intérêt de la série ne diminue pas de trop, nous en avons pour quelques mois de grosse fatigue.

Saison dix

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Machine à voyager dans le temps, téléporteur, vaisseau spatial, chambre de repos, cuisine, dressing, la cabine de police bleue du Docteur sert décidément à tout.

La saison dix pourrait se nommer “le dernier homme” car la réincarnation du docteur sera une femme. Quoi ? Non qui… Quand ? Lors de la saison 11 bien-sûr. Les puristes sexistes sont scandalisés. Moi j’attends de voir.

J’adore cette série geek de la BBC malgré ses effets spéciaux à deux balles et ses histoires décousues. C’est un chanteur britannique, Marc Atkinson, encore plus geek que moi, qui m’a transmis le virus des aventures du Docteur Who. Lui se rend régulièrement à son musée, posant avec le Docteur et un Dalek devant la célèbre cabine bleue.

Des épisodes sans queue ni tête, dans l’espace, dans la Tamise, dans  une pyramide et même parfois sur Terre, un docteur rockeur, un petit chauve non humain, une étudiante lesbienne aventureuse, il n’y a que les anglais pour produire de telles choses. Les épisodes décousus de cette saison suivent tout de même une certaine logique avec ce mystérieux coffre et son contenu caché dans les sous sols de l’université.

Cette saison est la première que j’aurai enfin pu regarder jusqu’au bout, car à la maison, il n’y a que moi à apprécier les docteurs. Il faut avouer à ma décharge que j’en consulte beaucoup. Ma femme étant absente ou écrasée de fatigue après des journées de plus de douze heures de travail, j’ai pu visionner de un à trois épisodes chaque soir, seul dans le salon, et arriver au bout de la saison sans interruption.

Je n’en suis pas sorti grandi intellectuellement mais j’ai pu vider mon cerveau des miasmes du travail et m’endormir presque serein, c’est déjà pas mal par le temps qui courent. 

Quand j’ai rendu le coffret à la médiathèque, à l’accueil , une sympathique rondouillarde aux cheveux bleus m’a regardé avec étonnement et m’a demandé : “Alors, impatient de découvrir la saison onze ?”. J’ai compris à ce moment que j’étais définitivement un vieux geek improbable.

Le chronophage

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Un ver solitaire invisible se terre dans ma demeure. 

Il se manifeste le plus souvent lorsque le rez de chaussée baigne dans des ondes fluctuantes. Tout d’abord ce n’est qu’un spectre vert qui scintille au niveau du sol, non loin de la prise ADSL, comme une luciole.

La créature silencieuse reste tapie à patienter dans le noir, attendant son heure, que je ne m’installe dans le salon, sa pièce de prédilection. Je sais qu’il est là, aux aguets quand j’allume mon ordinateur et que j’ouvre le navigateur Chrome. Il piaffe, il espère.

Dès que j’ouvre Gmail il en profite et se jette avidement sur moi, la gueule béante, me volant quelques minutes de vie, l’air de rien. Quand je réalise ce qu’il a fait, il est trop tard, il s’est caché, attendant dans l’ombre une nouvelle occasion. Elle ne tarde d’ailleurs pas, lorsque plongé dans la lecture des actualités de Facebook, je me réveille hagard, ayant perdu une demie heure de ma vie.

Mais ce qu’il préfère par-dessus tout, c’est lorsque que je dé-zippe un album de rock progressif et que je lance VLC sur la chaîne. Il peut alors dévorer plus de soixante minutes d’un seul coup de mâchoire.

Je ne sais où il se cache, mais dès que le Wifi inonde la maison, je le sens prêt à bondir, affamé. Alors pour sauver le peu de temps qu’il me reste à vivre, je coupe la Box le soir. Mais le monstre est plein de ressources, il se gave également d’ondes sonores et lumineuses. Outre la musique, il aime les rayons puissants du vidéo projecteur. Que je regarde une série TV ou un film, la bête, insatiable dévore goulûment mes heures de vie. Et plus elle mange, plus elle a faim. Son enveloppe ectoplasmique translucide regorge des secondes que j’aurai du passer à tondre la pelouse, nettoyer la cuisine ou terminer la salle de bain.

Pour lutter contre ce voleur de temps, j’ai décidé pendant les vacances de ne plus allumer Internet et la télévision, de ne pas prononcer à voix haute le nom de Sardaigne afin qu’il ne se cache pas dans nos bagages, afin de disposer de quelques instants pour lire, me promener, profiter du temps qui passe lentement, regarder les nuages bouger dans le ciel, les vagues moutonner sur la mer et le vent souffler dans les branches.

Hélas, à peine revenu à la maison, le chronophage affamé s’est jeté sur moi, plus avide de temps que jamais, se délectant du courrier et des messages en retard. 

Au moment où j’écris ces mots, je découvre avec horreur qu’il m’a encore dérobé quinze nouvelles minutes de mon existence, pourtant Internet est coupé et je ne regarde pas de film. Elle m’attaque presque tout le temps maintenant.

Prenez garde, la bête est sournoise et se reproduit vite. Coupez votre Box, éteignez votre  smartphone, n’allumez pas la télévision, installez-vous avec un livre, une bière et méditez sur le temps qui passe. Laissez l’ennui venir, c’est son pire ennemi, le seul capable de vous rendre quelques précieuses secondes de vie.