Pourquoi lire une critique ?

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En voila une bonne question. Lorsque vous lisez différentes critiques d’un même album, vous découvrez, le plus souvent,  autant d’avis divergents que d’articles. Passé la rapide introduction souvent issue de la fiche promotionnelle, chacun y va de ses scuds sur la musique et ses morceaux. Il y a les inconditionnels, “c’est dieu donc c’est bon”, les lèche burnes, “on ne va pas dire de mal quand même”, les ni ni, “c’est bien mais bof” et les méchants détracteurs, “j’ai pas eu la promo en CD alors prend ça dans la poire”. Il arrive aussi qu’une œuvre fasse la quasi unanimité, mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Alors à quoi sert-elle cette critique ? Tout d’abord à parler de l’artiste et de l’album, ce que l’on appelle de la pub déguisée. Une chronique n’a pas besoin d’être positive pour servir les artistes. Bonne ou mauvaise, c’est toujours de la pub. Le label se réjouira de voir la polémique enfler, il n’y a que les musiciens qui pourraient faire la gueule. Certains le prennent très bien, saluant l’écoute, discutant de quelques détails, notant les remarques comme points d’amélioration pour la suite. D’autre vous rentrent dedans, sont méprisants, voir agressifs. Ceux-là sont rares.

Mais le lecteur, face à ces avis divergents, comment réagit il ? Il pourra tout d’abord penser que le chroniqueur est un gros con qui n’a rien compris à l’essence de la musique (parfois c’est vrai), il pourra comprendre également que plusieurs écoles s’opposent, pro contre anti, ancienne contre avant garde, classique contre crossover, canterbury contre jazz fusion. Ces contradictions lui donneront sans doute envie d’en savoir plus et il se forgera sa propre opinion en écoutant l’album.

De l’autre côté du miroir, la chronique sert à parler de musique, à explorer de nouveaux horizons, groupes, artistes. Elle est le reflet d’un moment, car aucun avis n’est définitif en musique. Il y a quelques années je ne pouvais écouter du jazz fusion ou du sludge. L’oreille s’éduque et les goûts changent également. Un album cérébral pourra sembler inaudible au cour des premières écoutes et génial quelques mois plus tard.

L’objectivité du chroniqueur est un autre débat que j’ai déjà abordé. Je ne suis pas objectif. Un album, fait de bouts de ficelle avec une production à deux balles, pourra me toucher infiniment plus qu’une grosse machine enregistrée à Abbey Road avec une liste d’invités prestigieux longue comme mon bras. La nouveauté, la fraicheur, l’envie, autant de critères qui peuvent faire la différence. Combien de fois me suis-je ennuyé en regardant jouer des célébrités qui se produisent comme ils pointeraient à l’usine alors que des amateurs, montant sur scène une fois par an, mettaient le feu à mon âme malgré le son pourri de la salle et les maladresses de l’inexpérience. Pour les albums, c’est un peu la même chose.

Alors pourquoi lire des critiques ? Elle ne sont pas objectives, divergent d’un magazine à l’autre, sont des pubs à bas coût pour les labels, regorgent d’erreurs, de fautes d’orthographe et de grammaire et servent d’exutoire à des gars névrosés, franchement… Déjà, pour occuper les longues heures oisives passées au bureau quand le chef a le dos tourné. Ensuite pour pouvoir réagir à vif avec un commentaire sur Facebook : “bande de cons, vous ne connaissez rien à ce groupe !”. Peut-être aussi pour confronter plusieurs avis avant de vous décider à acheter un album.

Nous recevons de temps en temps des mots d’encouragement de nos lecteurs : “Merci, vous me faites découvrir de nouveaux groupes toutes les semaines.”. Si la chronique permet effectivement cela, c’est qu’elle est encore utile, objective ou pas. Si nous arrivons à vous donner envie d’aller vers de nouveaux artistes, albums, styles musicaux, nous servons à quelque chose et en plus de ça, nous, nous faisons souvent plaisir.

Mais à quoi bon ?

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Pourquoi donc tenir un blog ou un webzine ? Qu’est-ce que ça rapporte ? Qu’est-ce que ça apporte ? A part soulager sa diarrhée verbale, s’entraîner à écrire, passer le temps, assouvir son besoin de reconnaissance ? Le blogueur serait-il un créatif raté, un peu comme le publiciste ? Pourquoi poster des articles sur la toile qui ne seront lus par quelques fêlés ? D’ailleurs pourquoi lisez-vous ceci ? Vous espérez y trouver le Saint Graal ou simplement passer ainsi quelques secondes de votre journée de travail qui traîne en longueur ?

Pour ma part, le blog est avant tout un défouloir, qu’importe qu’il soit lu ou non, cela me fait du bien de coucher noir sur blanc les idées loufoques qui me passent dans le ciboulot. Coup de gueule, coup de cœur, découverte, vitrine pour mes photographies, j’adore me raconter. Narcissisme, nombrilisme, assurément. C’est une soupape de sécurité devenue nécessaire avec la monté en puissance du webzine. De temps en temps, il faut que ça sorte.

Ce qu’il y a de certain, c’est que ça ne rapporte rien. Mais tenir un blog est plus simple d’aller se confesser (de toute façon ce n’est pas mon genre) et assurément moins cher que de payer les honoraires d’un psy. Ça donne également un objectif, finir ce bouquin pour en parler ensuite, persévérer dans la photo de rue histoire d’écrire une suite, parler des musiques que l’on aime afin d’échanger avec d’autres sur cette passion. C’est aussi le lieu du grand n’importe quoi, quand une idée saugrenue me passe par la tête et que j’ai envie de la coucher sur le papier. Je dois être un écrivain raté, il faudrait que je fasse un billet sur le sujet tiens…

Les retours, quand il y en a, sont parfois enrichissants, j’ai été surpris par exemple de toutes les réactions autour de mon dernier article sur le rock progressif. J’ai longtemps hésité avant de le poster, je craignais la curée. Ce sont des choses que je ne peux pas écrire dans le webzine, car elles ne reflètent à priori que mon opinion, je ne voudrai pas y associer à tord le reste de l’équipe.

Le webzine, c’est un peu plus compliqué. Il a commencé comme un blog avant l’ère des blogs, quand je codais en HTML sur Multimania (oui ça date d’il y a 20 ans). Tout d’abord blog, parlant de JDR, mégalithisme, photo, musique, le site s’est progressivement spécialisé dans la musique, plus particulièrement celle que j’aime le plus, le rock progressif. Neoprog était né. Au début je chroniquais pour parler de mes derniers achats coups de cœurs, puis sont venues les premières promos, des choses souvent zarbi, puis des labels se sont penchés sur mon berceau, puis d’autres, puis pleins d’autres. Maintenant je chronique plus les promos que mes coups de cœurs. J’écoute sans doute trop de musique et j’aimerai bien me poser une petite année histoire d’écouter une petite partie des vieux albums que j’ai beaucoup aimé. D’un autre côté, grâce au webzine, je découvre encore de temps en temps quelques perles rares, je m’ouvre à de nouvelles musiques et c’est toujours un beau moment. Lui non plus ne rapporte rien, bien au contraire mais qu’importe. Le webzine m’a permis d’approcher des artistes, des les interviewer, de les photographier, c’est le côté gratifiant du travail.

Je me suis pris au jeu du blog, postant des choses totalement insignifiantes comme des réflexions plus poussées. J’y note quelques idées de billets qui ne verront pas forcément le jour (des fois je suis très énervé et ça me défoule, mais il y a des choses qui ne sont pas publiables, ce n’est pas non plus la décharge Facebook). C’est un espace d’expression comme il en existe des millions sans doute, il ne sert à rien mais ne semble pas totalement inutile alors je continue.

Marshall

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Le temps était toujours gris malgré la chaleur étouffante. Qu’importe, lundi viendrait l’Apocalypse. Alors plutôt que de mourir sur le plancher des vaches j’embarquais à bord du Star One, direction les étoiles, emportant qu’un bouquin de Thomas Mann pour les longues soirées … Continue reading

Mapuche

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Les Mapuche, littéralement « Peuple de la terre » en mapudungun, sont les communautés aborigènes de la zone centre-sud du Chili et de l’Argentine, connues également sous le nom d’Araucans.

 

La chaleur moite de Buenos Aires, le poids des années de dictature, les Grands Mères sur la place de Mai, une indienne Mapuche, un travelo massacré et un détective au passé peuplé de fantômes. Ainsi s’ouvre Mapuche, le roman de Caryl Férey commencé début juin et que j’aurai eu du mal à finir. Tout débute par un crime à priori comme tant d’autre. Une enquête qui va nous plonger dans les heures les plus noires de la dictature argentine. Enlèvements, torture, meurtres, les monstres de cette époque, militaires, politiques, clergé vivent encore et cherche à se protéger de leurs exactions passées. Enquête, thriller, histoire d’amour ensanglantée, Mapuche est comme Zulu, un livre sombre, violent, qui retrace pour nous une terrible page de l’histoire de l’Amérique du Sud. Cinq cent cinquante pages, des milliers de kilomètres de Buenos Aires jusque la cordelière, parfois road movie, parfois bain de sang, le livre prend au tripes, se complaisant dans les scènes violentes. Si vous vouliez vous détendre avec un bouquin sur la plage, passez votre chemin.

Ocean Horn

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Bon, vous n’êtes pas sans savoir que je suis un Nintendo maniaque. Dans les jeux de la firme nippone il existe une licence que j’affectionne tout particulièrement: Zelda. Il y a un an, je trouvais, dans la catalogue de mon iPhone, Ocean Horn, un jeu dont le look rappelait étrangement Zelda The Wind Waker. Même graphisme, game play, même univers, enfin, dans les grandes lignes, un achat indispensable. Bien entendu, jouer avec un iPhone n’est pas aussi aisé qu’avec des manettes quand il faut combattre, effectuer des déplacements précis etc… Très vite, n’étant pas doué de nature, je me suis retrouvé bloqué et frustré face à un boss, à 35% de l’aventure, les nerfs. Du coup, j’ai jeté l’éponge après maintes tentatives, laissant le jeu en dormance pour le jour où je serai moins manche (j’ai plein de jeux en dormance sur console).

Cette semaine, en parcourant la boutique de la Switch, que vois-je ? Ocean Horn ! Vendu près de trois fois plus cher que sur iPhone.. ben oui c’est compliqué un portage et puis l’écran est plus grand et les acheteurs sont des crétins n’est-ce pas ? Il me narguait: “tu l’as pas fini, tu l’as pas fini, tu l’as pas…”. J’achète, j’achète pas ? J’achète !

Et me voila reparti à sauver le monde sur mon petit bateau avec mon bouclier dérisoire, mon glaive de naze et quatre cœurs pour survivre. Mais voilà, j’avais déjà joué de longues heures sur iPhone avec ce maudit écran tactile alors sur la Switch, trop facile. Je viens d’exploser enfin la tête de ce foutu boss, je rentre maintenant dans un monde inconnu, fait d’épreuves, de combats, de magie et d’amour bien sûr. J’ai un bouclier dérisoire, un glaive de naze, un arc, des bombes, des bottes, six cœurs pour survivre et deux sorts pour souffler le chaud et le froid. Je suis un héro.

Comment ça j’ai Zelda à finir ? Allez vous faire voire, le second boss est trop dur, je vais visiter quelques sanctuaires, trouver une meilleur armure, récolter des cœurs et quelques armes puis je reviendrai lui mettre la pâté à cet empaffé.

Black Out

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Jeudi dernier, vers 21h, une panne électrique touchait un des data centers de la société OVH, mon hébergeur internet. Une grosse panne électrique. Vendredi matin, les bases de données mutualisées ne répondaient plus, le webzine et le blog devenaient muets.

Généralement ce genre de panne dure quelques heures au maximum et tout revient à la normale rapidement. Cette fois, le black out aura duré plus de 24 heures et il y aura eu de la perte en ligne. Les techniciens de la société OVH n’ont pu remettre qu’une ancienne sauvegarde des bases de données et en lecture seulement à partir du samedi matin. Plusieurs billets, chroniques, articles se sont perdu lors de cet accident car je ne fais pas de sauvegarde quotidiennement de mes bases.

Samedi midi, si on excepte les dernières transactions perdues, tout était de nouveau opérationnel à mon grand soulagement. Je voulais publier la chronique d’Anathema avant de fermer le webzine pour les vacances.

En règle générale, je suis assez satisfait de mon hébergeur, mais cette fois je suis un petit peu agacé. D’abord parce que l’information n’est arrivée que tardivement aux usagers, ensuite parce que les mécanismes de sauvegarde d’OVH n’ont pas fonctionné correctement, enfin parce que j’ai perdu des actualités, billets et chroniques au passage.

Je croyais être très prudent en faisant un backup complet du webzine et de la base une fois par semaine, il semblerait qu’il faille que j’augmente drastiquement cette cadence afin d’être tranquille. Un informatique, la paranoïa est de mise.

I want to ride my bicycle

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Bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle bicycle bicycle
I want to ride my bicycle
I want to ride my bike
I want to ride my bicycle
I want to ride it where I like

Après une jolie gamelle, quelques mois de récupération, je remonte enfin sur mon vélo. Il aura fallu du temps, pour récupérer physiquement et surtout psychologiquement. J’avais une trouille bleue à l’idée d’enfourcher mon deux roues. Alors, de novembre à mai, j’ai marché tous les jours pour me rendre au travail, 30 minutes le matin, 30 minutes le soir, usant mes semelles et puis un beau matin de juin, j’en ai eu mare de marcher, d’autant que la promenade n’est guère bucolique. J’ai regardé mon vélo poussiéreux, regonflé les pneus, redressé le guidon, vérifié les freins et suis monté sur la petite reine (oui je sais ça prête à confusion) pour un tour de pâté de maison. La première appréhension passée, me voila à nouveau arpentant les pistes cyclables mal foutues de ma ville, sans doute un peu moins rapide qu’autrefois, un peu plus prudent également. Les étudiants n’encombrent plus les trottoirs, la circulation est fluide, il fait jour à l’aller comme au retour. Le plus redoutable sera donc début septembre, lorsque ces jeunes abrutis seront de nouveau lâchés dans la nature, casque sur les oreilles, smartphone devant les yeux, une gamine collée à la bouche.

Tri sélectif

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Vous aussi vous avez une poubelle jaune, verte et bleue et un composteur au fond du jardin ? Moi aussi, mais sur mon disque dur… Car sachez-le, entre ce qui arrive à l’oreille des chroniqueurs de Neoprog n’est que le sommet de l’iceberg de ce qui inonde ma boite au lettres. Chaque semaine je dois me lancer dans le tri sélectif impitoyable. Pour se faire, fort heureusement, je dispose de plusieurs poubelles. La première c’est la bleue, celle qui contient le non recyclable. Dedans je jette pelle mêle le rap, hip hop, la pop, la wave, le dubstep, le punk, bref tout ce qui ne rentre pas vraiment dans notre ligne éditoriale, des fois il y a de très bons albums, mais je n’ai franchement pas le temps de m’attarder dessus. La verte, c’est pour les bouteilles en verre, 1664, Meteor, Kronenbourg, Pelforth,  bref le metal tatoué de tout poil, le black, death, trash, heavy, sludge, doom… Tout n’est pas forcément recyclable, il faut bien lire l’étiquette ou goûter prudemment, des fois le contenu soit périmé depuis longtemps. Dans la jaune, on retrouve les emballages mixtes, papier, métal, aussi nommés métal progressif, alternatif, indie, atmosphérique. Le genre de chose qui se valorise parfois, attention toutefois de ne pas y mettre de papier gras. Enfin, au fond du jardin, il y a le composteur, un grand bac sombre dont le contenu me servira de terreau pour faire pousser de belles chroniques dans le potager Neoprog.

Mais avant de jeter dans telle ou telle conteneur, il faut lire l’étiquette. Et méfions nous des appellations non contrôlées, les labels et artistes prennent un malin plaisir un noyer le poisson. Le mot “prog” est vendu à toutes les sauces, étrange d’ailleurs, car ce n’est pas lui qui remplit les salles. Un “metal expérimental alternatif progressif”, je le mets où ? Bonne question, dans le cas présent, il va falloir goûter la marchandise pour savoir. Pour certain, c’est facile, passé la première minute de Rhoooooooooooooooo Rhoooooooooooooo Arrrrrrrrrrrrrg Boum Boum Boum, la poubelle bleue s’impose. Des fois il faut aller plus loin, nettement plus loin, et là on commence à hésiter, jaune, verte, compost ?

Après un premier tri purement littéraire à grande échelle, je passe au tri sonore, qui va de quelques secondes à un titre jusque l’album en entier. Quand je tergiverse trop longtemps, cela part au compost, tant que ce n’est pas toxique, c’est bon pour le sol. Parfois hélas, le composteur déborde et un second tri s’impose. Car les chroniqueurs eux même font leur tri sélectif. Certains aventureux se jettent sur les appellations non contrôlées, des emballages improbables, exotiques et pimentés, d’autres ne se servent que dans les emballages de multinationales Danone, Nestlé… histoire de ne pas avoir de surprise dans les saveurs. Pour ma part, je ramasse souvent les restes, c’est ça d’être le patron, mais rassurez-vous, il y a de très bons restes.

Quand on y réfléchit bien, il est terrible de traiter ainsi des albums, de lancer un jugement rapide, arbitraire et définitif sur le travail de musiciens, de jeter de la musique qui mériterait sans doute plus d’attention. Mais il y en a tellement. Que faire ? Il faut juste espérer que d’autres webzines parleront de ces groupes, de ces musiciens et de ces sorties.

Aujourd’hui, la boite était inondée de sollicitations diverses et avariées avec également de nombreux trésors. Le tri a été long, impitoyable et pourtant il me reste six élus qui pourraient devenir les chroniques de demain, en fonction des envies de l’équipe et du temps disponible. J’ai retenu, Leprous, The Tangent, Kal-El, Impure Wilhemina, Buttered Bacon Buiscuit et Erudite Stoner. Ceux qui n’ont pas passé le stade de cette première sélection étaient soit trop métal, soit trop trop métal, soit vraiment trop, mais vraiment trop métal.