Vaches maigres ?

Les derniers albums arrivés à la maison cette semaine se comptent sur un doigt et les promotions sur deux mains, ce qui équilibre.

Il y a deux jours, j’ai reçu Unprecedented – The Piano Sessions de Marcela Bovio.

Comme son nom l’indique, il s’agit des versions piano de son premier album Unprecedented, alors enregistrées avec un quatuor à cordes. Un live studio, avec des arrangements piano de Erik van Ittersum, qui reflètent les concerts que la dame a donné lors de la sortie de son premier album. S’il n’est pas du même niveau que le précédent (pourtant j’aime le piano), ce nouvel album propose quatre inédits : ‘Hope Is Never Lost’, ‘Pure Imagination’, ‘Nature Boy’ et ‘The One’ version espagnole.

Pour les fans de l’ex chanteuse de Stream of Passion.

 

Usine à gaz

Durex veut tester la solidité d’un préservatif XXL. La direction rédige donc un ordre de mission pour leur bureau R&D afin de procéder aux tests de résistance.

Le R&D commande à un bureau d’étude des contrôles de résilience sur ses baudruches en latex.

Le bureau d’étude passe commande du travail à un expert en résistance des matériaux. L’expert contacté, enregistre la demande dans un logiciel sophistiqué qui transmet au service de gestion le besoin du bureau R&D. Le service de gestion demande à l’expert de chiffrer le travail via un formulaire informatique. L’expert s’exécute et notifie le service de gestion qui notifie l’unité comptable afin qu’elle produise un devis. L’unité comptable produit le devis et notifie, via le logiciel, le service de gestion. Le service de gestion notifie l’expert que le devis est prêt. L’expert valide le devis via le merveilleux logiciel. Le service de gestion notifié, demande via un formulaire informatique à l’unité comptable d’envoyer le devis à l’expert. L’expert reçoit et transmet le devis au bureau d’étude, bureau d’étude qui produit alors un nouveau devis comprenant sa marge et puis l’expédie au service R&D. Le R&D met sa griffe et fait remonter la facture à la direction de Durex. Durex signe, renvoie le document, le R&D met sa griffe, l’expédie le devis signé au bureau d’étude, le bureau d’étude signe le devis de l’expert et le lui renvoie, l’expert importe le document dans le logiciel fabuleux, le service de gestion est notifié de la signature du devis et notifie à son tour le comptable qui donne son feu vert pour le début de l’expertise via le logiciel sophistiqué.

L’expert reçoit une notification comme quoi l’expertise peut débuter. Il ajoute une entrée dans le logiciel pour signaler qu’il est prêt et qu’il lui faudrait un préservatif. Le service de gestion contacte le bureau d’étude qui contacte le R&D qui contacte la direction de Durex qui demande au R&D d’envoyer un préservatif au bureau d’étude. Le bureau d’étude reçoit le petit carré argenté, qu’il expédie via un coursier au service de gestion. Le service de gestion notifie une fois encore l’expert pour lui signaler que l’objet est arrivé. L’expert se tourne de 90° sur son siège vers le bureau du service de gestion et lui demande le carré magique. Le gestionnaire lui tend l’objet de l’étude et retourne à son logiciel formidable.

L’expert peu alors travailler. Il défait l’emballage argenté d’un coup de dent rageur, sort le latex rose et flasque de son emballage, souffle dedans pour le gonfler un peu et là l’objet éclate. Fin de l’expertise. L’expert tape son rapport dans le logiciel aux multiples fonctionnalités et clôt son action. L’agent du service gestionnaire, qui enlève les morceaux roses qui parsèment son clavier, reçoit la notification de travail terminé de l’expert avec le rapport de deux pages. Il notifie le service comptable afin de produire une facture ce que s’empresse de faire le voisin de gauche de l’expert, assis au même bureau. La facture est importée dans l’extraordinaire application et envoyée par mail et par courrier recommandé avec accusé réception au bureau d’étude un étage au dessus. Le bureau d’étude s’empresse de générer une nouvelle facture qui vient compléter celle déjà présente dans le logiciel magique et la transmet au R&D situé de l’autre côté du couloir via le réseau local et le service courrier. Le R&D, notifié par un fabuleux logiciel, reçoit facture et rapport. Il rédige alors un nouveau rapport (copier-coller, changement d’entête, des fonctionnalités prévue dans le tout puissant logiciel), préconisant de revoir la production des préservatifs incriminés et le  transmet à la direction, le gars en face de lui, via un logiciel que nous connaissons bien maintenant, puis notifie le service comptable à l’étage en-dessous de payer la prestation du bureau d’étude. Le comptable s’exécute, crédite le montant des deux factures à Durex et débite également les même montants sur d’autres comptes du groupe puis il notifie le service de gestion que le dossier peut être clos.

Certains jours, je gonfle des ballons dans mon bureau, cela me prend quelques secondes. Cette saine activité récréative fait travailler un directeur, un bureau d’étude, un service R&D, moi même, l’agent comptable, le service courrier et quelques développeurs à temps plein.

Garre au vinyle

La mode du vinyle est de retour. Bleu, blanc, rouge, vert, translucide, gris et même parfois noir, ils se déclinent à nouveau sous toutes les couleurs.

Mais pourquoi revenir à ces galettes croustillantes et encombrantes à l’ère du numérique ?  Une réaction au mp3 castrateur de fréquences ? La nostalgie des manges disques ? Ou simplement le plaisir de l’objet ?

Ce qui est certain c’est que l’audiophilie est de retour avec les défenseurs de l’analogique, des amplis à tubes, du coaxial et du 33 tours. Je ne vais pas rentrer dans le débat cherchant à déterminer qui du CD ou du vinyle possède la restitution la plus fidèle. Ce qui est par contre incontestable, c’est que les deux supports ne restituent pas la musique de la même manière.

Mais mon propos n’est pas là. Surfant sur cette mode, de nombreux labels et artistes proposent des éditions vinyles et de plus en plus de CDs se calent sur les 45 minutes réglementaires d’un 33 tours.

Mon propos est de parler de la qualité de ces galettes nouvellement pressées. La demande est en pleine explosion et l’offre bien inférieure. Presser un vinyle correctement nécessite un grand tirage pour atteindre une qualité de produit acceptable, certains disent même qu’il faut jeter les 1000 premiers exemplaires. Bien entendu, les artistes indépendants que je côtoie et qui rêvent d’avoir leur galette, ne vendent généralement pas la moitié de ce nombre de disques. D’où un problème, une grande partie des pressages actuels sont de piètre qualité, certains sont même exécrables. Du coup est-ce que cela vaut vraiment la peine d’en acheter ? L’objet est souvent beau, encore que les artistes font de plus en plus d’efforts aujourd’hui pour proposer des digipacks attractifs avec de beaux livrets. Mais le son est-il toujours à la hauteur d’un CD ? Pour ma part j’achète le vinyle pour l’objet mais je double la commande du CD quand celui-ci n’est pas inclus avec. Du coup la facture est douloureuse, mais quand on aime…

Le meilleur pressage que j’ai à la maison date de 1973, Dark Side Of The Moon de Pink Floyd. Un autre qui tient bien la route, même s’il ne peut se comparer au précédent. Il date de 2016, Transcendence de Devin Townsend. Le pire que j’ai en stock, date de la même année, Unprecedented de Marcela Bovio. Pourtant le CD est sublime, croyez-moi. J’ai même demandé à ce que l’on m’envoie un nouvel exemplaire tant le son du 33 tours était atroce . Peine perdue, le second était hélas comme le premier, épouvantable.

Alors faut-il encore acheter des vinyles à petit tirage ? A vous de voir.

La montagne magique

Vous connaissez sans doute cet auteur allemand, Thomas Mann. Un de ses ouvrages les plus connu est La Montagne Magique que j’ai lu il y a quelques années déjà. Mais voila, une nouvelle traduction que l’on doit à Claire de Oliveira vient d’être publiée chez Fayard, une traduction plus proche du texte original d’après ce que j’ai pu en lire, où les touches d’humour et le langage cru de l’auteur n’ont pas été censuré comme dans la version française de Maurice Betz qui datait de 1931.

Me voici à nouveau plongé dans le sanatorium de haute montagne avec le jeune ingénieur Hans Castorp. Un régal !

J’aime le crowdfunding

Pour moi, le crowdfunding musical a débuté avec Anoracknophobia de Marillion. Le groupe voulait composer son album sans la pression des labels, prendre le temps, rester totalement libre d’écrire ce qu’ils voudraient sans souci d’argent. Le résultat fut à la hauteur de l’engagement de la fan base du groupe pour le projet. Un album fabuleux et une très belle édition pour les souscripteurs. J’aime le crowdfunding !

Depuis, le financement participatif est devenu pour moi une autre manière d’acheter de la musique. Des plateformes variées ont vu le jour Ulule, Indiego, Pledge Music et compagnie… La méthode permet aux artistes de disposer d’un pécule de base pour aller en studio, financer un clip, faire leur promotion, préparer une tournée et que sais-je encore. Même des artistes rentables s’y sont mis, c’est dire que ça marche.

Le crowdfunder se voit mécène et le groupe galère un peu moins pour produire sa galette. Tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes. J’aime le crowdfunding.

Certes… Parfois, financer un album peut coûter la peau des fesses, comme par exemple le dernier Marillion F.E.A.R.. Et des fois il y a des déceptions de taille, car l’album n’existe pas encore que vous l’avez déjà acheté. Et s’il ne vous plaisait pas du tout ? Il y a également les projets financés qui tardent, qui merdouillent, oui ça arrive hélas. J’e…..e le crowdfunding.

Etant grand crowdfunder, j’ai quelques exemples de financement finissent en eau de boudin :

  • Un groupe qui peu après le crowdfunding se reforme et dont on attend toujours la galette.
  • Un autre qui se lançait dans l’écriture d’un double album il y a près de deux ans et dont nous n’avons aucune nouvelle à ce jour.
  • Un autre qui filmait un concert il y a plus d’un an et qui lançait une souscription pour un DVD qui n’est toujours pas sorti.
  • Un groupe qui voit son projet largement financé par ses fans et qui distribue son album dans le réseau commercial avant de livrer les contributeurs dépités.
  • Une production désastreuse malgré le financement d’un enregistrement dans un studio version XXL.
  • Un album bâclé.

Alors oui j’aime le crowdfunding mais certains artistes sont indélicats. Les retards, je peux les comprendre, encore faudrait-il communiquer avec les personnes qui soutiennent le projet. Les cas cités plus hauts ne sont pas la généralité mais représentent près de 20% de mes crowdfundings tout de même.

A ce jour j’ai cinq projets financés en attente et un qui est en bonne voie de financement. J’ignore, pour la plupart, quand la contrepartie (c’est le terme consacré) arrivera à la maison, mais j’aime le crowdfunding, alors je vais continuer à aider les artistes de cette façon, jusqu’au jour où j’en aurai vraiment ras la casquette, car j’aime le crowdfunding…

Ma dernière participation ? Gleb Kolyadin, pianiste de Iamthemorning pour financer un album solo avec des invités comme Gavin Harrison, Nick Beggs et Jordan Rudess.

Matouchka, petite mère Russie

Le blog a à peine deux jours que déjà les commentaires pleuvent du ciel, la gloire ? Non le spam. Le web 2.0 inventé en 2003 a ouvert la porte à l’interactivité de sites jusque là très statiques mais a également créé des brèches gigantesques et faciles à exploiter pour tous les emmerdeurs de la terre.

 

Voici le premier commentaire débile associé à des liens très bondages que je ne ferai pas figurer ici :

Credo che lei abbia sbagliato. Sono sicuro. Sono in grado di provarlo. Scrivere a me in PM, parlare.

Le texte est en italien, mais ne nous y trompons pas, le serveur est en Russie. Merci ducon, tu auras été le premier d’une longue série.

Votez dur, votez mou, mais votez dans le trou !

Pour être franc, je ne connais rien à la politique et je ne m’intéresse guère à ceux qui nous gouvernent. Mais le monde dans lequel nous vivons ne tourne plus rond. Après de Brexit, l’élection de Trump, un quinquennat de gauche trop à droite , les climato septiques qui relâchent gaiement leur CO², l’ultra libéralisme, les inégalités grandissantes, la condamnation à mort des services publics (500 000 fonctionnaires en moins), la précarisation du travail, la xénophobie grandissante et le bruit des bottes dans les rues, je vais allez voter aux primaires de gauche demain (non pas celles de droite désolé), histoire de montrer que je veux croire encore en de vraies valeurs de gauche. Je voterai Benoît Hamon même si je ne suis pas certain que son programme soit réaliste (je ne suis pas économiste non plus). En plus il est breton alors (ok Le Pen est breton aussi mais il ne se présente pas).

Les derniers achats

Je suis un acheteur compulsif de musique, du rock progressif principalement, en CD ou vinyl, le mp3 n’étant pas mon ami. Voici les achats de cette semaine : Glass Hammer, Mike Holmes, Izz, Morrighans, Nine Stones Close et Pain of Salvation.

Je reçois parfois des promos du groupe Glass Hammer, mais pas tout le temps et c’est bien dommage, du coup, quand je ne reçois pas de promo, j’achète, logique non. Là il me manquait le tout dernier Valkyrie qui marque un nouveau virage dans leur musique, une seule écoute pour l’instant et déjà fan.

 

IQ composait en 1997 ce que l’on peut considérer comme un de leurs chefs d’œuvres, un double album que j’ai eu la chance d’écouter en live à Strasbourg à l’époque. Mathew Miller a voulu en faire un film et naturellement il s’est tourné vers Michael Holmes pour en écrire la musique. Cet album est donc la BO du film, un peu dans l’esprit de Birdy de Peter Gabriel. Les fans de IQ vont se régaler.

 

IZZ c’est du prog fusion américain de haut vol avec beaucoup d’harmonies vocales. Une musique exigeante adoucie par des voix magnifiques. Je n’ai pas encore écouté Ampersand Volume 2, mais ce sera ce WE assurément.

 

 

Morrighans est un jeune groupe français qui a lancé en 2016 un crowdfunding pour financer son premier album The Three Circles Of Death. J’ai déjà survolé la version digitale, mais rebuté par le chant, je n’ai pas encore fait une écoute complète de l’album. Je vais faire une nouvelle écoute cette fois avec le CD qui vient d’arriver pour me faire une nouvelle opinion.

 

Pour Nine Stones Close c’est une vieille histoire d’amour. J’ai adoré (le mot est faible) leurs premiers albums avec Marc Atkinson comme chanteur. Son départ du groupe m’a désespéré, par chance il chante en solo et dans Riversea. Je découvre le nouveau chanteur Adrian, au timbre plus rugueux sur leur dernier album Leaves. Je l’écoute justement en écrivant ces lignes.

 

 Faut-il encore présenter Pain of Salvation ? Reçu en promo, je me suis dépêché d’acheter l’album en version vinyle et CD digipak car il y avait dedans un CD bonus. Nous venons d’en faire la chronique sur Neoprog et j’ai eu l’occasion d’interviewer Daniel également au téléphone, c’était magique, un rêve de gosse.