De la culture du melon

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De juillet à septembre, nous pouvons déguster les délicieux melons de Cavaillon. Ce fruit sucré et juteux est également fragile et pour éviter qu’il ne s’abîme pendant le transport, il est souvent récolté à peine mûr. Accompagné de jambon de Bayonne et de Porto, il peu faire une délicieuse entrée. Nature, il remplace avantageusement un bon dessert.

Mais le melon n’a-t-il que de bonnes vertus ? Hors saison, venu de loin, récolté trop tôt, le Cucumis melo devient une cucurbitacée fadasse qui déçoit par ses arômes et ses saveurs et que l’on peut alors confondre dans l’assiette avec un navet. Le melon, gonflé de son importance, remplit d’eau, à peine mûr, s’imagine être le centre du repas alors qu’il va finir au compost, boudé par les limaces.

A tout prendre, je préfère les poires. Les bonnes poires, sucrées, juteuses. Elles déçoivent rarement et si elles ne brillent pas dans le panier du marché, elles restent mon régal de l’automne. La poire ne triche pas, on s’aperçoit immédiatement si elle est bonne. Le melon lui, derrière son épaisse peau, peut cacher bien des déceptions.

Ces derniers jours, j’ai croisé quantité de melons, de gros melons, ronds, gorgé d’eau, sans saveur, imbus de leur réputation et pourris de l’intérieur. Des melons détestables, à peine aimables, se lamentant au sujet de la récolte pourtant magnifique, se plaignant de la terre, du climat, du soleil, de la pluie, de la sécheresse, du cour des fruits et légumes. A leurs côté, dans le même jardin, poussaient des poires jaunes et goûtues, heureuses d’être là, de rendre service, accueillantes, généreuses. J’ai shooté dans les melons qui ont explosé sous le choc, éparpillant leur pourriture à ronde et j’ai croqué dans les poires juteuses.

Out Of This World

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Three hundred miles an hour on water
In your purpose-built machine
No one dared to call a boat

N’avez-vous jamais rêvé de vous trouver en bout de piste, de pousser les gaz à fond et de rouler sur le tarmac ? Allo Papa Tango Charly ! Moi j’en ai rêvé longtemps et le fantasme est devenu réalité. Ciel bleu quelques cumulus médiocris, visibilité supérieure à 10 km, CAVOK en termes d’avionique et de météo. Le moteur rugit, le capot se soulève, les roues mordent le béton et la machine fonce sur la large bande grise qui se perd à l’horizon. Deux silhouettes dans la tour me surveillent, au retour j’irai les saluer. Sur le bord de piste, entre le taxiway et le seuil 27, d’immenses tondeuses patientent sous le soleil que j’ai terminé mon accélération.

50m, 100m, 200m, la machine vibre, le vent souffle, le moteur bondit. 400m, 800m, un virage à gauche, l’herbe se rapproche dangereusement, la machine vacille.

Allô Papa Tango Charlie
Vous vous dirigez plein sud
Vers le triangle des Bermudes

1000m, je freine, les pneus crissent, le bolide passe du béton au gazon, ralentit puis s’immobilise près d’un enclos grillagé. Le moteur s’arrête, nous sommes arrivés. Les tondeuses reprennent leur valse lente, nous évitant prudemment. Les deux silhouettes dans la tour jettent un regard dans notre direction, pas de casse, tout va bien.

Je descends de l’habitacle, contourne le bolide, ouvre le coffre, sort l’ordinateur durci, le trépied, les jumelles laser, me voilà arrivé. La Clio de service est garée sur la pelouse, à côté de la station automatique, située entre un taxiway et la piste 27, en Lorraine profonde. Je suis au boulot.