Black & White

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Depuis mes débuts en photographie j’ai toujours été attiré par le monochrome. 

Au début, ce fut simplement par nécessité, car en argentique, le développement couleur était extrêmement contraignant et complexe par rapport au noir et blanc. 

Ensuite, lorsque le numérique est apparu, j’ai abandonné ce type d’images car les traitements noir et blanc automatiques des appareils et logiciels ne me satisfaisaient jamais. 

Et puis j’ai découvert le format RAW et fait mes premiers pas dans de développement numérique. 

Je me suis très vite aperçu que les traitements monochromes de base de Lightroom étaient nettement plus performants que tout ce que j’avais pu tester auparavant et quand j’ai appris à contrôler et doser les réglages, j’ai commencé à obtenir des images qui me plaisaient. 

Au début, je jouais sur le blanc, le noir, le contraste et la clarté, ce qui était déjà pas mal. 

Aujourd’hui je ne touche plus au contraste, ou très peu. Je joue sur la balance des blancs, la teinte, les luminances de chaque couleurs, le noir, le blanc, les hautes lumières, les ombres et la clarté. 

Avec tout ces paramètres et quelques filtres parfois, je me rapproche de plus en plus de l’image désirée. 

Aujourd’hui, lorsque je photographie, je pense en noir et blanc, je recherche les contrastes, les formes et j’oublie les couleurs. 

Car quand je fais de la couleur, je déteste le résultat, trop saturé, trop terne ou avec une tâche fluo qui gâche le décor. 

Et manifestement, ce travail sur le monochrome porte peu à peu ses fruits puisque les clichés remportent de plus en plus de succès et que les visiteurs ne se contentent plus de liker la photo du jour mais explorent les autres clichés précédemment publié. Ca fait chaud au coeur.

Je suis même tenté par un retour à l’argentique certains jours, juste pour voir si je serai encore capable de capturer quelque chose à l’ancienne.

Photo Mattons – Art – 9

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Qu’est-ce qu’une belle photo ?

J’entends souvent dire que la photographie n’est pas de l’art, qu’il s’agit juste d’une technique. J’aurai du mal à trancher la question sachant que certaines installations composées de fil de fer et de WC brisés sont classées dans l’art contemporain.

Mais au-delà de ce débat, qu’est-ce qui fait un beau cliché ? Je suis toujours curieux de voir l’accueil que reçoit une photo que je publie. Celles que je trouve réussies éveillent souvent peu d’intérêt alors que d’autres, pour moi plus banales, déclenchent parfois des passions (enfin, disons qu’elles dont sont plus appréciées que mes favorites).

Certains puristes estiment qu’une image retouchée n’est plus une photographie et livrent des clichés argentiques dépourvus de tout artifice. D’autres louent des images retravaillées pendant des heures qui finissent par ressembler plus à de pures créations de synthèse qu’à des clichés. Pour ma part, étant incapable d’une belle image sans quelques ajustements, je me range entre ces deux extrêmes.

Faut-il qu’une image porte en elle un message pour qu’elle soit intéressante ? Ici encore je ferai une réponse de normand. Je fais des photos autant pour l’esthétique que pour parler de quelque chose. Celles qui ont un message sont plus fortes, les autres sont souvent plus belles.

Quand une photo forte est belle, elle remporte toujours un franc succès.

J’ai élu tout seul cette image “ma meilleure photo 2018”. Elle n’a pas forcément déchaîné l’enthousiasme populaire, cependant, elle me plaît, ce qui est rare. C’est l’essentiel non ? La perspective me semblait intéressante traitée en noir et blanc, et ce lieu fréquenté de Strasbourg s’est retrouvé soudain déserté ou presque, avec cette unique silhouette venant vers moi, presque idéalement positionnée, qui ajoute un élément humain au décor.

Étrangement, celle qui a remporté le plus franc succès, c’est cette éclipse de lune, prise à l’arrache une nuit d’insomnie. Elle porte en elle l’aura d’une éclipse et l’esthétisme d’une photo astro réussie. C’est pourtant un cliché très moyen de ma collection lunaire. Cependant, c’est la photographie qui a été la plus saluée dans mon exposition, sans doute parce qu’elle reflète un moment astronomique singulier.

Je suis en train de finaliser mon album 2018, difficile choix des clichés que je ferai imprimer en livre A4 pour garder quelques souvenirs. Des portraits, des photos de quelques concerts, de la street photo et quelques paysages. Cela me permet, depuis 2015, de constater l’évolution de ma technique, de mes choix esthétiques, des sujets et de contempler narcissiquement, les jours de pluie, mon nombril.

Et vous, quel est votre plus belle photo de l’année passée ?