C’est de notre faute

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Ben oui, c’est bien connu, si le monde ne tourne pas rond, si il y a autant de chômeurs, si les dépenses publiques explosent, c’est de notre faute, à nous, les fonctionnaires.

Non remplacement d’un agent sur deux, ça me rappelle vaguement quelque chose. Gel du point d’indice ? Vous savez qu’il ne faut pas recongeler un produit une fois qu’il a été décongelé ?

Qui parle d’austérité ?

Le point d’indice, je m’en tape, sans doute car je suis en fin de carrière, quasiment au taquet et que les primes compensent le salaire de base. Mais je fais partie des privilégiés de la fonction publique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, loin de là.

Le non remplacement d’un agent sur deux, là par contre c’est une autre affaire. Les usagers râlent de la déshumanisation des services publics, de l’absence de conseil, et des prestations devenues payantes. Les couloirs se vident, les cheveux  blanchissent et il y a pas de relève pour pousser nos fauteuils roulants. Va-t-on laisser les services mourir de vieillesse et les fermer un par un à chaque pot de départ ? L’impression de devenir inutile est un sentiment terrible lorsque l’on travaille.

Il serait possible de faire des économies, déjà en dégraissant les étages supérieurs de la pyramide qui ressemble de plus en plus à un cube. Il serait possible également de remercier quelques parasites qui ne font même pas l’effort de rester dans les bureaux pendant leur temps de travail (mais non vous comprenez, c’est une personne en souffrance).

Après des années d’opulence, de dépenses, de projet pharaoniques avortés, de voyages en avion aux frais de la princesse, de sureffectifs, de recrutement à la pelle, l’heure est aux vaches maigres, à la chicoré dans le café et aux locaux déserts.

La dernière grande idée serait de reclasser une partie des techniciens en ingénieurs, comme ça d’un coup de baguette magique. Non seulement cela coûterait cher à l’état, ben oui, un ingénieur est mieux payé qu’un technicien, mais en plus cela créerait une fracture de plus dans un établissement bien fragilisé. Qui deviendra ingénieur, lui, elle, moi ? Et sur quel critère ? A la tête du client ? Une grande idée qui nous promet d’intéressantes discussions. Où réside la logique dans tout cela ?