Connecté

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Depuis le début de l’année je prends souvent le train pour le travail, visitant nos antennes locales dispersées dans le quart nord-est de la France.

Pour ces déplacements, nous faisons appel à une agence de voyage sensée nous obtenir des billets au meilleur prix. Un conseil, évitez.

Un des défauts de ces billets, sans même parler du prix, c’est qu’ils ne sont pas compatibles avec la fameuse application tant décriée SNCF Connect. Si vous renseignez le code de réservation et votre nom dans Mes billets, vous ne retrouvez pas le voyage en question. Dommage pour la dématérialisation, il faut imprimer sa réservation.

Vous savez sans doute, si vous voyagez un tant soit peu, que pour prendre les lignes grandes distances, il faut être muni du passe sanitaire qui est scanné à l’embarquement avant la vérification des billets. Là, la SNCF a eu une brillante idée pour une fois, fusionner le QR code du passe sanitaire avec celui du billet. Vous recevez le lien d’un formulaire sur lequel vous renseignez votre réservation et votre nom, et miracle vous voyez apparaître vos billets auxquels vous pouvez ensuite associer le passe sanitaire en le scannant.

Le plus fou, c’est que si SNCF Connect ne fonctionne pas avec nos réservations, ce portail pretavoyager.sncf.com lui sait les gérer. Trop bien ! 

Avant de partir pour Paris j’ai voulu jouer. Sur mon téléphone pro, j’ai cliqué sur le lien pretavoyager.sncf.com, renseigné ma réservation ainsi que mon nom et j’ai vu défiler les billets. J’ai alors scanné le QR Code de mon passe sanitaire et miracle j’ai obtenu un nouveau QR Code que j’ai enregistré dans photos. Plus besoin de billet papier. J’étais trop content.

À la gare de Strasbourg, sur le quai, au moment de l’embarquement, j’ai présenté mon iPhone pro muni de son joli QR Code au contrôle du passe sanitaire . Et là surprise, ça ne fonctionnait pas. « Désolé monsieur, on ne sait pas lire ce QR Code, vous avez votre passe sanitaire s’il vous plaît ? ». J’ai me suis mis sur le côté, pour laisser passer les autres passagers afin de sortir du fond de mon sac mon smartphone perso, éteint pour le voyage, car non, dans le train je n’emmerde pas tout le wagon avec ma vie. Tout ça pour présenter mon passe sanitaire. Heureusement, je n’étais pas à la bourre. « Merci monsieur et encore désolé. ». 

Et comme je suis joueur, au second contrôle, celui des billets cette fois, deux mètres plus loin, j’ai présenté à nouveau mon QR Code magique. Et là, là c’est passé, le contrôleur a même pu m’indiquer où était mon wagon et ma place, trop fort !

Une fois dans le train, nous avons eu un nouveau contrôle de passe sanitaire et des billets, des fois que. Et une seconde fois, le QR Code magique a fonctionné. Ils sont trop forts à la SNCF.

Pour résumer : ma réservation ne fonctionne pas sur SNCF Connect m’obligeant à imprimer les billets, mais fonctionne sur http://pretavoyager.sncf.com. Mon QR Code tout en un n’est pas validé au contrôle sanitaire mais passe auprès d’un contrôleur qui ne dispose pas de même terminal. 

Cela s’appelle la simplification et la dématérialisation administrative.

Dépendance

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Mercredi, sur l’autoroute entre Troyes et Reims, j’ai réalisé que mon iPhone perso était resté à l’aéroport de Barberey St Sulpice. Damned ! Je l’avais branché pour une recharge d’urgence avant de reprendre la route. Sauf qu’au moment du départ, je l’ai oublié, chose qui ne m’étais jamais arrivé auparavant.

Comme je prenais le TGV à Champagne Ardennes peut après pour rentrer sur Strasbourg, je n’avais plus le temps de revenir le récupérer, alors j’ai demandé à mes collègues s’ils pouvaient me l’expédier à la maison.

Par chance mon billet de train se trouvait sur ma boîte mail professionnelle, dans mon téléphone du travail. Ouf !

Billet ? Train ? Damned, mon passe sanitaire, lui se trouvait dans mon application AntiCovid située dans l’autre portable et je ne disposais pas de la version papier du précieux sésame.

J’ai donc sollicité à nouveau mon collègue pour qu’il m’envoie une capture d’écran du QR Code magique par mail afin de pouvoir monter dans le TGV. Ce ne fut d’ailleurs pas simple. Allez expliquer les subtilités d’iOS à un utilisateur Androïd. L’enfer !

L’heure et demi passé dans le TGV fut très longue malgré un bouquin. J’ai pris la fâcheuse habitude de consulter Twitter régulièrement, de lire mes emails, de me balader sur Flickr pour regarder des photographie, d’aller sur Google Actualité savoir où nous en sommes de la troisième vaccination et prendre des notes pour mes prochains billets d’humeur.

Arrivé à la gare mercredi soir, je n’ai pas pu contacter mon épouse malgré mon second téléphone, je n’avais pas son numéro portable en tête et encore moins le fixe. J’ai donc pris le tram pour rentrer dans la nuit noire glaciale.

Le jeudi, au travail, je me suis senti tout nu sans mon smartphone, non pas qu’il me soit nécessaire pour travailler, mais sa présence rassurante dans ma poche droite me manquait. Alors j’ai ouvert des onglets Gmail, Twitter, Flickr, Google sur mon ordinateur, au milieu des applications web métier, rien que pour ma rassurer d’exister encore.

Le vendredi matin, Fedex aurait dû livrer le précieux iPhone à la maison.

Depuis mercredi, je me retrouvais sans compte bancaire, téléphone, mail, suivi de migraine, bibliothèque photo, tickets restaurant, GPS, télécommande Nikon, Analytics, actualités, messages, Twitter, musique et surtout mes brouillons d’articles pour le blog. Mon dieu ! Qu’aillais-je publier la semaine prochaine. J’étais perdu !

Perdu, parce que je n’utilise pas le Cloud et que les 16 Go de cet iPhone SE ancienne version contient une grande partie de ma vie numérique. 

Comment peut-on devenir aussi dépendant à un tel objet ?

Vendredi midi je recevais un message sur ma boite pro pour m’annoncer que mon paquet avait été déposé dans un point relais à deux kilomètres de la maison. La haine ! J’avais poireauté toute la matinée à attendre le colis dans le salon afin d’être certain de ne pas manquer le livreur. J’ai pris mon vélo et j’ai foncé dans la bises pour récupérer mon précieux. 

Hélas, le colis n’était pas là bas non plus. Mon téléphone doudou, lien indispensable avec mon univers numérique plus riche que le réel était-il perdu ? 

J’ai installé en catastrophe SnapBridge, Gmail, Flickr, Twitter sur l’autre smartphone histoire de survivre. Malgré ça, il me manquait encore une très grande partie de moi même. 

Heureusement, vers 16h, l’employé Fedex a terminé sa sieste et déposé mon paquet  vec six heures de retard au point relais. Je repris le vélo, foncé dans le froid, affronté la circulation du vendredi soir et retrouvé mon sex toy à qui il ne restait plus que 1% d’autonomie avant de mourir.

Il est au chaud, près de moi, à la maison, se gavant d’énergie nucléaire. C’est promis mon chéri, je ne t’oublierais plus sur une table  étrangère.

Demain, je commence une thérapie de désintoxication numérique, histoire de mieux gérer le jour où une éruption solaire créera un black out.

Non à la dématérialisation

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L’heure est à la dématérialisation. Même dans la fonction publique. Mais là, ce sont les agents que l’on passe au broyeur. Le papier lui, il reste, conservé précieusement dans dans des cartons dans des sous-sol humides et poussiéreux pour qu’il pourrisse lentement. Mais auparavant, nous les numérisons, car allez retrouver la note 35B de la DSO dans les lugubres rayonnages de nos archives secrètes, éclairées par des néons qui clignotent de manière sporadique.

La musique a été dématérialisée à perte, copiée, dénaturée mais la tendance aujourd’hui est de revenir à la gravure. Le livre perd ses feuilles à l’automne du patriarche, se télécharge et tue à petit feu les librairies de quartier. Les bandes dessinées suivent elles aussi cette impitoyable éradication pixélisée. A quand la famille 32 bits ?

Mais la plus grande perte, lors de cette déferlante digitale, ce fut celle des billets de concerts. Aujourd’hui un QR code vous ouvre les portes des salles, à moins que ce ne soit un petit canard tamponné sur le poignet. Les billets de concert, je les conservais comme un fétichiste collectionne les petites culottes, soigneusement rangés dans un tiroir, souvenir de grands moments passés avec Peter Gabriel, Pink Floyd, Sting ou Fish (je parle bien des billets, pas des petites culottes). Des bouts de carton colorés, où figuraient la date, le lieu, l’artiste, l’artwork de la tournée, des objets de collection, aujourd’hui quasis introuvables.

Numérisez les décisions administratives si vous le voulez (je travaillerai d’autant plus vite), compressez la musique à souhait (je ne l’écouterai pas), transformez les livres en octets si cela vous chante (je ne les lirai pas), mais rendez-nous nos billets de concerts par pitié !

Vous verrez, un jour, ils finiront même par digitaliser les sous-vêtements féminins si on les laisse faire…

Le billet facile

Galerie

Cette galerie contient 6 photos.

Lorsque l’on a pas grand chose à raconter, il suffit de parler des prochains albums qui arriveront à la maison, bref des nouvelles commandes. Parce que là, sincèrement, entre la reprise du travail, le développement des photos de Rome qui … Continuer la lecture