Cris Luna – The Musical War

Image

J’ai connu Chris à l’époque du webzine Neoprog, lorsqu’il sortait son second album Maëlstrom. Un grand blond sans chaussure noire au cœur immense. Un rocker passionné dont je suis immédiatement tombé amoureux.

La veille de Noël, après quatre années de travail, de doutes et de souffrances, il glissait dans ma boite aux lettres, tel le vénérable barbu à capuche rouge, son nouveau bébé, The Musical War, un concept album de soixante-douze minutes, un cri pour la liberté.

Un vinyle en feu illustre le digipack, des flammes rouges qui lèchent le PVC noir estampillé Cris Luna. Tout un symbole, en cette période où les artistes indépendants peinent à presser leurs galettes et sont interdits de concerts.

C’est avec l’annonce de la mort d’Elvis, de Bowie, de Burton et d’autres étoiles du rock que commence l’album, un premier instrumental agité, peuplé de flashs d’information. ‘Amen’ poursuit cette introduction sur la batterie de Benoît Cazzulini qui claque sur de nouveaux enregistrements d’actualité. Autant dire que ça démarre fort. Queensryche, Bowie, Metallica, Pink Floyd et surtout Cris se percutent sur douze morceaux parfois très énervés où ses guitares déchirent les décibels.

Le monde s’est effondré et les rockers partent en guerre contre l’establishment. On peut y voir la résistance des artistes face aux majors, aux plateformes de streaming qui volent les musiciens, contre l’état qui ferme les salles de concert pendant la pandémie et sans doute bien d’autres choses encore. Et si l’album est sombre, il n’est pas totalement désespéré, l’amour y trouve sa place et la fin laisse pointer à un peu d’espoir. 

The Musical War est rock, metal, progressif et hard-rock, du gros son à écouter bien fort même s’il faudra la loupe pour lire les paroles cachées dans le livret. 

Il faut dire, pour la défense de Cris, que ces paroles sont imprimées en anglais et français ce qui prend pas mal de place dans le livret où figurent déjà douze photographies de Julien Oddo, une par chanson et par page. Cela ne laissait pas beaucoup de place pour les textes et les remerciements. 

Après les deux instrumentaux ‘In Memorian’ et ‘Amen’, la fin du monde survient dans ‘Panic’ au son metal des années quatre-vingt. ‘Dome Of War’, le titre le plus long de l’album avec plus de neuf minutes, est également le plus torturé alors que ‘Blind’ semble épouser le rock caméléon de David Bowie. 

‘Heart Break Motel’ offre une courte accalmie à la contrebasse et guitare acoustique avant de repartir plus fort encore et de lâcher la bride au doomesque ‘Gates Of Dawn’. Une once d’espoir pointe dans ‘Salimah’ mais la bataille couve dans l’enragé ‘Kingdom of The Pigs’ pour exploser avec ‘The Musical War’ après le lugubre interlude instrumental floydien de ‘Fallen Angels’.

L’histoire s’achève avec ‘Peace’, encore un titre à la manière de Bowie. Les rockers ont gagné la guerre. “Nous voici donc à nouveau revenus au point de départ.”. “Nous avons l’amour à faire maintenant, Oh donnez-moi la paix.”.

The Musical War est un sacré bon disque bourré de références, de guitares et d’émotions. Certainement le plus abouti des quatre albums de Cris Luna. Et je ne dis pas ça parce que mon nom figure dans les remerciements ou parce que Chris est mon pote, je dis ça parce que j’ai vraiment aimé ce disque et que j’attends avec impatience le double vinyle prévu pour le mois de mars. 

Teeshirt : Cris Luna

Dream Theater – A View From The Top Of The World

Image

Si je n’aime pas beaucoup James et si je regrette le départ de barbe bleue, il faut quand même reconnaître à ces cinq ricains une furieuse maîtrise du genre et de la technique. Sorti de Metropolis Part I, Octavarium et de A Dramatic Turn Of Events, je ne suis pas vraiment fan, surtout si nous parlons de la bouse The Astonishing. J’ai pourtant toute leur discographie et même quelques live, car passer un Dream Theater à fond dans la maison chasse les souris, traumatise mon chat et emmerde les voisins.

Mais qu’est-ce qui m’a pris de l’acheter en vinyle cette fois ? Je ne sais pas, peut-être pour remplir mon quota mensuel de dépense. Bref me voilà avec une paire de godasses posées au bord d’une gigantesque faille dominant une mégalopole. A View From The Top Of The World, soixante-dix minutes de metal progressif technique à souhait. Sept morceaux dont le dernier et très long titre album, A View From The Top Of The World renoue avec les titres fleuves et l’instrumental. Un bon point car on entend assez peu l’abri de jardin bêler.

Bel artwork, galettes 180 grammes, CD en bonus et livret XXL, décidément le label Inside Out a encore soigné l’objet. Ils vont finir par devenir ma référence vinyle s’ils poursuivent sur ce chemin.

‘The Alien’ propose en ouverture, un long instrumental grandiloquent où guitares et rythmiques volent la vedette à tour de rôle. Puis Petrucci s’envole avec Rudess avant le second refrain pour nous en mettre plein les oreilles encore une fois. Une pièce longue de plus de neuf minutes qui met en appétit. Du grand classique furieusement efficace.

‘Invisible Monster’ et son couplet basse batterie marque également quelques points avant d’emprunter ensuite de surprenant chemins de traverse pour un groupe comme Dream Theater. 

Je pourrai également vous parler de ‘Sleeping Giant’ à la section instrumentale éblouissante ou de la fabuleuse intro de ‘Awaken The Master’ mais il faut que je garde un peu de temps pour le titre album en trois parties qui occupe à lui seul la face B du second vinyle. Comment dire ? En fait, depuis ‘Octavarium’, je n’avais pas retrouvé ce souffle épique chez Dream Theater. Son ouverture synphonico metal cinématique annonce tout de suite un morceau hors norme qui ne sera pas bâclé en trois minutes. De fait, vous en prendrez pour vingt où guitares virtuoses rencontrent piano classique, violons, batterie effrénée, basse trépidante et claviers fous. 

Magistral.

S’il n’y avait qu’un seul album de Dream Theater à écouter depuis l’arrivée de Mike Mangini, ce serait celui-ci. Bon à condition de supporter ce groupe bien entendu.

Teeshirt : Némo (parce les gars de Némo ne sont pas fans de Dream Theater justement)

The Watch – The Art Of Bleeding

Image

Teeshirt : UPF – Fall In Love With The World (2014)

The Watch est une formation italienne bien connue pour son excellent tribute band de Genesis. Mais pour ma part, je préfère toujours l’original aux contrefaçons, même celles qui viennent de Vintimille. J’ai vu Trick of The Tail et The Watch en live mais cela reste très éloigné du concert de Genesis à la Beaujoire à Nantes le 23 juin 1987.

Si j’aime The Watch, c’est pour leurs albums studio qu’ils ne jouent presque jamais en live hélas. Du rétro prog qui jette un pont entre les seventies et le vingt et unième siècle.

Je n’ai que leurs trois derniers disques à la maison. L’excellent Tracks From The Alps, le moins convaincant Seven et leur tout nouveau The Art Of Bleeding sorti il y a peu. Mais il existe cinq autres disques couvrant la période de 2001 à 2011 dans leur discographie.

Le vinyle en deux volets arrive avec un CD, un livret, une galette noire et un poster dédicacé par le groupe avec en prime un petit mot. L’artwork comme la musique nous ramène cinquante ans en arrière mais les sujets abordés sont bien contemporains.

Il ne s’agit pas d’un concept mais d’un album à thème. Plusieurs histoires sont racontées ici, des récits autour du sang : canibalisme, sorcellerie, suicide ou encore la proie d’un tueur. 

Ne faites pas comme moi, n’écoutez pas le CD pour découvrir l’album. Le compact disc est un sampler revisitant en sept titres la carrière de The Watch, rien à voir avec The Art Of Bleeding. 

Les musiciens milanais poursuivent l’œuvre de Genesis avec huit morceaux reprenant les sonorités de Nursery Crime jusqu’à A Trick Of The Tail avec toutefois de nombreux éléments modernes comme dans ‘Red’ ou encore ‘Hatred Of Wisdom’. Curieusement The Art Of Bleeding rajeunit un genre devenu poussiéreux après une cinquantaine d’années passées sur étagère.

Mellotron, orgue Hammond, flûtes, guitares six et douze cordes, batterie, percussions, bruitages et cris nous immerge jusqu’aux oreilles dans l’hémoglobine, un bain de jouvence progressif jubilatoire à ne pas manquer. Il s’agit de leur meilleur album à ce jour.

Le Bide

Image

Le bide se développe vers la cinquantaine, enfin pour certains. Pour d’autres c’est plus tôt, pour moi ce ne sera sans doute jamais. Oui le monde est injuste à bien des égards car faute d’avoir du bidon je fais un bide avec mes chroniques en images. 

Ne vous bidonnez pas, je l’ai bien cherché aussi en plaquant Néoprog qui avait trouvé son public au fil des années.

Étrangement, le blog qui n’était visité autrefois que par deux pelés et trois tondus, lui, connaît une fréquentation croissante. Pourtant j’y raconte souvent n’importe quoi en plus des chroniques hebdomadaires.

J’avoue que mes vidéos sont pathétiques, enfin non, moi, je suis pathétique devant la caméra : un petit vieux édenté, coincé avec balais enfoncé dans le fondement, sans une once d’humour qui encense d’obscurs artistes et râle sur les albums blockbusters. Pas étonnant que personne ne le regarde le gâteux.

Au fait personne c’est quoi ? Cinq vues pour une vidéo la première semaine, une dizaine après quinze jours, moins d’une centaine pour un truc super connu au bout d’un semestre et deux likes par ci, par là. Pour les commentaires, sortis de mon soutien indéfectible suisse, nada. Bref le bide.

Déçu ? Oui un peu quand même mais moyennement surpris. Après, en lâchant Neoprog, je voulais me faire plaisir avant tout et ce que j’écoute aujourd’hui atteint complètement cet objectif. Je m’amuse également beaucoup avec ces vidéos débiles où je joue sur les costumes et les arrières plans maintenant que la partie technique me prend moins la tête. 

Mon collègue Le Bidon (il existe vraiment) ne comprendrait certainement pas que je m’expose ainsi et que je continue l’expérience malgré cet échec patenté. Échec relatif puisque j’ai fortement renoncé à ma présence sur les réseaux sociaux et donc à une publicité indispensable pour être vu. Mais ça aussi je l’assume.

Malgré ce four, je vais continuer, surtout parce que ça me demande peu d’effort et que je me bidonne bien à le faire. Je vais changer la formule, du moins l’enrichir, parce que je veux essayer d’autres trucs comme la chronique strip tease déjà ébauchée une fois.  

Donc merci encore aux fidèles qui me lisent et me regardent. J’ai quand même bien fait de ne pas plaquer mon job pour vivre des revenus de YouTube, sinon je serais carrément mal.

Cruel dilemne

Image

Une chronique par semaine me semble un rythme raisonnable pour bien écouter un album, me plonger dans les textes, le faire sonner au casque, sur les Triangles et le smartphone. Cela me laisse du temps pour coucher sur le papier mes impressions et fixer sur la pellicule la chronique. 

Mais comme je suis un boulimique de musique, j’écoute nettement plus d’albums que je n’en présente en vidéo. J’aimerais parler de chacun d’eux, enfin ceux qui présentent un certain intérêt pour moi mais ça n’est pas possible, une année ne comprend pas assez de semaines pour tout vous montrer. 

Du coup, j’accumule peu à peu du retard, le Leprous qui vient de sortir ne sera en ligne au mieux que mi novembre et je vais passer sous silence pas mal de sorties comme Atmospherics, Homesick ou Migration.

Je pourrais (encore) copier Alias et enregistrer des brèves. Mais mes chroniques sont déjà brèves alors faire plus court risque de se résumer à pas grand chose au bout du compte. Alors à quoi bon ?

Le pire c’est que malgré la fermeture du webzine je reçois encore dans ma boîte aux lettres quelques promotions. Je remercie à chaque fois et explique que je ne chronique plus les promotions. Mais il m’arrivera peut-être de déroger à la règle car je suis faible de nature, surtout quand cela vient d’artistes que je connais et apprécie.

L’étape suivante pourrait être de trouver d’autres beaux gosses photogéniques pour enregistrer des vidéos de rock progressif, on pourrait appeler ça Neoprog par exemple et passer brutalement de 15 vues à 150.

Non je plaisante, je n’ai aucune envie de replonger, j’ai déjà assez à faire avec mon travail en ce moment.

Les chroniques en images vont se concentrer sur les albums qui me font vibrer sans tenir compte de leur date de sortie ni de la notoriété du groupe. Après tout je n’ai de compte à rendre qu’à moi même.

Mon dilemme se situe au niveau des choix, quel album chroniquer dans la liste de ceux que j’ai écouté. Vais-je parler de Dream Theater, de Marillion ou d’un obscur groupe allemand amateur ? Vais-je vous faire partager mon coup de cœur pour un vieux Cult of Luna ou une violoncelliste britannique ? Pas facile de choisir…

Les Chroniques en Images contrairement au webzine Neoprog ne suivent pas l’actualité musicale et ne font pas la promotion de la scène française pas plus que les grands labels européens. Elles reflètent mes envies musicales du moment tout simplement.

Clap de fin

Si sous avez un appareil photo, un logiciel de montage, un compte YouTube, vous voila paré pour publier des vidéos. 

Sans tout vous dévoiler encore, je prépare de courtes vidéos à regarder sur le blog et sur YouTube, car maintenant j’ai beaucoup de temps libre à occuper. Voici justement la bande annonce.

Je n’abandonne pas Neoprog pour faire des vidéos. J’ai arrêté le webzine Neoprog parce qu’il me demandait trop de travail trop peu de plaisir. Mais pourquoi réaliser des vidéos YouTube alors ? D’abord et principalement parce que cela m’amuse, ensuite parce que je cherchais un nouveau média pour parler de musique, enfin parce cela change.

Je me suis très vite aperçu, après avoir installé l’appareil sur son trépied, que ça ne serait pas aussi simple que prévu. La vidéo exige de la lumière et mon projecteur de chantier possède la fâcheuse manie de scintiller. Quant au micro de l’appareil photo (plutôt performant à ma grande surprise), il capte les bruits de la route avec ceux de ma voix. 

Parler devant une caméra n’est finalement pas chose si naturelle. Je peine à rester en place sans gigoter devant l’objectif, ma voix grimpe dans les aiguës et je suis bien embarrassé avec mes mains. 

Le choix du cadrage comme du décor possède bien entendu son importance et comment me tenir face à la caméra ? Vautré dans canapé, debout devant l’objectif, caché derrière un bureau ou assis sur une chaise ?

J’envisageais d’abord de m’installer confortablement dans le canapé avec pour simple décor un bout de porte en chêne, la tapisserie marron et le cuir vert du canapé. Mon fils m’a rapidement convaincu que ça ne fonctionnerait pas. Il m’a conseillé un autre décor avec le clavier d’un piano face à la caméra et une bibliothèque dans la perspective. C’était mieux mais je trouvais que de nombreux éléments encombraient l’arrière plan. Finalement j’ai opté pour celui-ci et mon fils l’a validé avec enthousiasme. Ma femme par contre, trouve que l’on ne voit plus assez son beau piano…

Youtubeur fou à son époque, mon fils m’a également conseillé pour les transitions entre les coupes et ma femme pour la diction. Franchement, elle devrait me doubler, ce serait troublant, mais elle passe très bien, alors que moi non.

Pour débuter j’ai utilisé la télécommande SnapBridge de mon iPhone afin de piloter l’appareil photo, un projecteur de chantier pour éclairer la scène en attendant mieux, une table pour poser le Mac en guise de prompteur derrière lequel est venu s’installer l’objectif pour donner l’impression que je ne lis pas. Enfin, c’est juste une impression. Bref, pour chaque prise c’est tout un chambardement du salon.

Pour le montage, j’ai commencé avec iMovie, pensant passer à un outil plus complexe plus tard. Il m’a fallu quelques heures pour trouver certaines des fonctionnalités de l’outil comme l’incrustation d’image et le fading in/out de la piste son mais finalement j’ai sous la main un logiciel gratuit assez complet, robuste et qui suffit à mes besoins. J’ai par contre besoin d’un micro cravate comme des projecteurs. J’ai trouvé une nouvelle excuse pour faire fonctionner l’économie, Macron va être content.

Pour la prise finale, j’ai placé le Nikon Z6 II devant l’écran du Mac, toujours piloté en Wifi avec l’application SnapBridge. J’ai éclairé la scène avec deux projecteurs LED 50 Watts Starblizt et enregistré le son avec un micro-cravate Boya. Voulant descendre en ISO, j’ai enlevé les diffuseurs et j’ai quelques ombres sur ma droite, on corrigera ça la prochaine fois. Pour le son, je suis toujours gêné par la circulation – saloperie de bus – mais c’est quand même mieux avec le micro-cravate.

Je suis pathétique devant une caméra, outre les bafouillages cafouillages, ma voix sonne faux, je me tortille sur siège et il est flagrant que je lis mon texte sur l’écran. J’ai essayé de corriger tant bien que mal ce problème en positionnant différemment l’appareil photo et le Mac, c’est mieux mais pas encore parfait.

C’est après les prises que je découvre les problèmes du décor, un fil électrique qui traine, un mouchoir oublié, un bout du luminaire dans le cadre ou le trou béant de mon jean.

Je ne pensais jamais publier de vidéo, d’ailleurs je ne l’ai pas encore fait, mais l’idée me titille depuis quelques années sans trouver le temps pour le faire. Il y avait ces chroniques musicales en anglais de liveprog que je regardais souvent et bien entendu Radio Erdorin que je suis assidûment. 

liveprog
Radio Erdorin

J’envisage des chroniques musicales courtes en vidéo associées à un texte, sensiblement le même, le tout posté sur le blog. La fréquence dépendra de mes envies, je n’ai pas l’intention de me remettre la pression comme avec Neoprog mais en serais-je capable ?

Pour le savoir, rendez-vous le 24 mai.

La fin d’une époque

Image

Neoprog est né il y a plus de vingt ans des cendres d’un premier site internet où je parlais de tout et de rien, l’ancêtre du blog. Je l’ai spécialisé pour ne traiter que les musiques principalement progressives dans lequel je donnais un avis partial sur les albums que je possédais. Puis progressivement, les artistes, les labels et les promoteurs sont venus me proposer des albums.

Bien vite il y a eu trop de musique pour deux oreilles et j’ai accepté de travailler avec une seconde personne. Une, deux puis trois, l’équipe finit par atteindre le nombre de dix personnes à l’age d’or de Neoprog avant de décliner lentement.

Ce furent des années d’expériences musicales et humaines très enrichissantes mais également difficiles. J’ai eu le plaisir de découvrir de nombreux groupes, de discuter avec mes idoles, de les photographier en pleine action comme dans mes rêves d’adolescent les plus fous.

Mais aujourd’hui, je désire passer à autre chose.

J’arrête le webzine musical Neoprog, du moins sous sa forme actuelle. L’idée trotte dans ma tête depuis deux trois ans, mais j’ai repoussé cette décision à plusieurs reprises pour diverses raisons. Cette fois ma décision est prise et toute l’équipe a été bien entendu informée.

Pourquoi arrêter ? Gérer Neoprog et son équipe demande beaucoup de temps et d’énergie. Il faut partager les promotions, répondre aux sollicitations, mettre en ligne le contenu, relire la prose, renseigner la base de données sur les groupes, les albums, les concerts, les sorties en plus d’écrire plusieurs chroniques par semaine pour tenir la cadence des publications. Car il est nécessaire de maintenir un audimat raisonnable dans ce genre de médias pour ne pas sombrer dans l’oubli.

Il m’est arrivé de mettre en ligne des textes avec lesquels j’étais en total désaccord et j’ai dû, comme tout manager que je ne ne suis pas, vivre avec les états d’âmes des membres l’équipe. Nous étions six à la fin, et pour suivre l’actualité musicale, il aurait fallu que nous publions au moins cinq critiques par semaine. Plus de vingt par mois. Comme en moyenne les autres membres de la team accouchaient d’un texte par mois, il me restaient quinze à vingt chroniques à produire, en piochant souvent dans les restes. Du travail à la chaîne qui perdait de son intérêt à la longue.

Le webzine subissait la pression insidieuse des labels et promoteurs sans réel retour de leur part. Si nous ne publiions pas à temps un billet enthousiaste sur tel ou tel album, nous ne recevions pas le suivant. Les albums arrivaient de plus en plus souvent en streaming, parfois en mp3 et rarement en support physique. Il fallait mendier pour une version numérique, quelques photos de presse et les paroles.

La qualité du webzine a beaucoup tenu au travail des différents rédacteurs qui s’y sont succédés. La relecture des textes, la mise en page plus soignée, la découverte de nouveaux horizons musicaux, je la dois pour une grande partie aux personnes qui ont participé à cette aventure.

Mais justement, ils se sont succédés. Un arrivait, deux partaient. Faute de temps pour certains, lassitude pour d’autres. Certains ont été mis dehors également, plagia, bâclage, coup de gueule et j’en passe. Depuis deux ans, je ne cherchais plus vraiment à recruter car cela demandait beaucoup trop d’énergie pour un résultat très incertain.

Bref, aujourd’hui j’ai envie d’écouter la musique qui me plait et d’en parler à l’occasion si j’en ai envie, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. Revenir à ce que je faisais aux débuts de Neoprog.

Le webzine Neoprog va fermer ses portes et le blog va prendre sa relève. Fini les promotions, il s’agira juste des albums achetés que j’aurai eu plaisir à écouter, peut-être exclusivement les vinyles. Je n’ai pas encore de plan.

Merci à toute l’équipe qui m’a accompagné ces dernières années. Merci aux artistes, labels et promoteurs qui nous ont aidé à exister. Et merci à nos lecteurs, de nous avoir suivi fidèlement depuis le début.

Vous voulez des valeurs sûres ?

Image

Je vous ai déjà parlé de ma discothèque idéale, ces CDs rangés à part dans la maison et qui constituent les albums que j’ai envie d’écouter en ce moment. 

Une collection fluctuante, au gré des saisons, des humeurs et des nouveautés, où ne figure qu’un seul album par groupe, celui que j’ai envie d’écouter, qui comporte de préférence, des albums récents et qui ne reflète pas exactement mes goûts puisqu’il reste quelques vinyles (de plus en plus nombreux) et quelques enregistrements numériques qui deviendront souvent des vinyles à leur sortie.

Comme je sais que vous brûlez d’envie de découvrir ce qu’écoute un chroniqueur lorsqu’il ne chronique pas, j’ai listé ma collection temporaire idéale avec un lien vers la chronique qui va bien lorsqu’elle existe (pour booster l’audimat). Vous découvrirez peut-être des écarts entre mes goûts actuels et les évaluations de l’époque.

Les goûts changent…

Pour les cadeaux de Noël, tous ces albums sont des valeurs sûres, croyez moi, enfin, à condition que vous partagiez un temps soit peu mes goûts…

Amplifier – Trippin’ With Dr Faustus

anasazi – playing ordinary people

Anathema – weather systems

anima mundi – Insomnia

Anneke Van Giersbergen – Symphonized

Archive – Axiom

Aisles – Hawaii

Anubis – The Second Hand

Arena – Double Vision

Ayreon – The Theory of Everything 

Marc Atkinson – Home Grown

Big Big Train – Folklore

Marcela Bovio – Through Your Eyes

Davie Bowie – Space Oddity

Tim Bowness – Lost In The Ghost Light

Kate Bush – Before The Dawn

Franck Carducci – Torn Apart

Cloud Cukoo Land – Somewhere In Between 

Collapse – The Sleep In Me

Cosmograf – The Heay-Man Dreams

Chris – Phoenix

Dream Theater – Octavarium 

Fish – A Feast Of Consequences

Flying Colors – Second Nature

Frost – Experiments In Mass Appeal

Peter Gabriel – Back to the Front – Strasbourg 

Serge Gainsbourg – L’homme a tête de chou

David Gilmour – Rattle That Lock

Grand Jacques – Live Au Presbytère 

Brieg Gerveno – Valgori

Haken – Vector

Steve Hackett – Genesis Revisited II

IQ – Road of Bones

Karmamoi – The Day Is Done

Katatonia – The Fall Of Hearts

Dave Kerzner – Static

Kino – Picture

Klone – Unplugged

Kyros – Vox Humana

Lazuli – Saison 8

Lifesigns – Cardington

Philippe Luttun – The Taste Of Wormwood

Magenta – We Are Legend

Marillion – Anoracknophobia 

Maschine – Naturalis

Mayan – Dhyana

Monnaie de Singe – The Last Chance

Muse – The Origin Of Symetry

Mystery – Lies And Butterflies

Neal Morse – The Grand Experiment

Nemo – Le ver dans le fruit

Nosound – a sense of loss

Old Fire – Songs From The Haunted South

Opeth – Sorceress

Pain – Coming Home

Pain of Salvation – Falling Home

Pendragon – Pure

The Pineapple Thief – Your Wilderness

Porcupine Tree – The Incident

Queenryche – Operation Mindcrime

Riversea – The Tide

Riverside – Shrine Of New Generation Slaves

RPWL – god has failed

Steve Rothery – The Ghosts of Pripyat

Sanguine Hum – Now We Have Power

Satellite – Evening Games

Scarlean – Ghost

Seven Steps To The Green Door – Fetish

Southern Empire – Civilisation 

Solstafir – Berdreyminn

Spiral – Bullets

Spock’s Beard – The Oblivion Particle

Sting – The Soul Cages

Sylvan – Posthumous Silence 

Symphony X – Underworld

Tesseract – Polaris

The Tea Party – The Ocean At The End

Devin Townsend – Epicloud

Transatlantic – Kaleidoscope

Vanden Plass – Netherworld II

Roger Waters – Amused To Death

Ray Wilson – makes me think of home

Steven Wilson – To The Bone

Wolve – Lazare

Qu’y avait-il dans mon iPhone ?

Galerie

Cette galerie contient 6 photos.

Voici quelques jours que je n’avais pas étalé la musique que j’écoute sur la toile. Ca vous a fait des vacances j’espère ? Vous bronziez sur la plage, j’étalais du plâtre sur les murs, chacun sa crème après tout. J’étais … Continuer la lecture

Un peu de lecture

Image

J’ai pris la décision de lire plus régulièrement nos confrères musicaux, histoire de voir ce qui se chronique ces temps-ci et de découvrir leur perception des albums et concerts que nous avons nous également écoutés.

Bien évidement, je ne lis rien, tant que nous n’avons pas nous même publié quelque chose, sinon ce serait tricher, cela pourrait biaiser mon jugement, encore que.

Jusqu’à présent, je me contentais de passer sur le site de Chromatique que je trouve de bonne très tenue et avec lequel je suis le plus souvent en phase. Je vais plus rarement sur Music Waves qui ratisse large mais qui constitue une excellente base de connaissance musicale comme ProgArchives où je vais très souvent piocher des informations (oui je sais c’est mal).

Mais après être tombé sur des extrais de chroniques et live reports sur le net, des articles avec lesquels j’étais en total déphasage, j’ai voulu comprendre pourquoi nos avis divergeaient autant. Et j’ai été horrifié.

A quoi sert un article dithyrambique ? A lécher les bottes, semer le trouble, faire de la pub ? Parler d’une production exemplaire ou d’un sound check de haut vol alors que ce qui sort des enceintes est une bouillie informe, c’est mentir et ne pas rendre service. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, le domaine est forcément subjectif, mais la qualité sonore, l’enregistrement, la technicité, cela se quantifie, à condition d’avoir des oreilles. Soit celui qui chronique a les oreilles remplie de sable, soit il a passé toute sa vie dans des salles de concert avec un plafond à deux mètres du sol où l’on ne joue que du death metal à 99 dB, soit sa stéréo est bonne à jeter par le fenêtre, soit il est fan de punk.

A quoi sert une chronique musicale ? A se faire des amis dans le groupes de rock, à se faire inviter aux concerts, à recevoir des CDs gratos pour commencer une collection, à coucher avec la roadie tatouée pleine de piercings ?

A priori, une chronique donne un avis sur un album, un concert, un avis qui essaye d’être un temps soit peu objectif sur quelques critères, production, technique, son, subjectif inévitablement sur le feeling ressenti même si certains s’en défendent.

Je dois avouer que la tendance lèche boules très en vogue chez certains me tape furieusement sur le système mais je vais essayer de faire un effort et les lire. Je comprends l’envie de faire plaisir aux artistes, de mettre en avant des événements, mais un peu de lucidité ne fait pas de mal. A quoi sert une chronique si elle dit du bien de tout ? Ce n’est plus une chronique, c’est une publicité gratuite.