Ted

Soyons clairs. Je ne porte pas particulièrement les américains dans mon cœur, je déteste le football et encore plus les sitcoms. Pourtant je regarde Ted.

Non, non, pas ce Ted là, obsédé, alcoolique, grossier et en peluche ! Celui-là je l’adule. 

Je regarde le Ted toujours de bonne humeur, amécain, insupportablement gentil et positif qui entraîne une équipe de football anglaise au bord du gouffre. 

Oui ce Ted là, le Ted Lasso.

Cette série met en scène une propriétaire de club autrefois bombasse, larguée pour une plus jeune, par son mari passionné de foot. 

Alors pour se venger, la dame va tout essayer pour plomber son propre club.

Et quoi de mieux pour arriver à ses fins, que d’engager un pseudo entraîneur ricain qui ne connaît rien au soccer. C’est là qu’intervient notre gentil ourson Ted. Plus grand, moins pelucheux, ce Ted ne rote pas à table, ne matte pas les nichons des filles, ne fume pas, ne dit jamais rien de trop vulgaire et comprend l’âme humaine, enfin sait voir en chacun de nous le meilleur.

Les épisodes d’une trentaine de minutes sont hilarants et ne parlent pas vraiment du football mais plus des gens. Et il y en a des personnages à caricaturer, la patronne, le joueur vedette du club, le gars qui gère l’équipement, le journaliste intello fan de l’équipe, le capitaine près de la retraite, la copine de la vedette, l’ombre du coach, l’ombre de la patronne.

Tout ce petit monde vit pour le club et le foot, chacun à sa manière et Ted, comme un chien dans un jeu de quille, tente tant bien que mal que cela fonctionne pendant que sa patronne fait tout l’inverse.

Les dix épisodes de la saison une n’auront tenu que quatre jours. Nous ne tarderons pas à avoir consommé toutes les séries de Apple TV+ à ce rythme là. Mais par chance la saison deux est annoncée pour cette année.

FIFA

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Je n’ai rien contre les footeux, enfin si un peu quand même mais ce sont des traumatismes venus de la petite enfance. Je n’ai rien contre le football même si c’est un sport qui ne m’intéresse pas.

Mais quand je vois une femme en bikini au milieu de la route avec un drapeau français sur le dos, ses enfants totalement agités sur le bord du trottoir  et son époux en slip avec une perruque bleue, un verre à la main arrêtant les voitures,  pour fêter la victoire, j’ai peur.

Pourquoi le foot ? Pourquoi pas le tennis de table, le marathon, la voile ? Pourquoi ce sport mobilise autant et divise d’autant ? Pourquoi la télévision, la publicité, les politiques s’en sont emparés aussi avidement ? Machine à fric, du pain et des jeux ? Je conçois la liesse populaire. Moi même je m’y adonne dans les concerts de rock, mais aucun groupe ne déchaînera jamais des passions comme le fait le ballon rond, pas même les Beatles en leur temps. Manipulation de masse, endoctrinement depuis le plus jeune âge, exutoire à toutes les frustrations, le foot est devenu la grande messe du pauvre, la communion prolétaire, la liesse populiste.

Non fatigués d’un 14 juillet où ils étaient plus discrets, ils remettaient le couvert le 15. Pourtant ce ne fut pas un feu d’artifice, juste une baballe passant d’un côté à l’autre, poussée par des pieds, des têtes et parfois des mains même si c’est mal les mains à ce qu’il paraît.

Ces idoles gagnent des millions quand ceux qui les adulent peinent à boucler leur fin de mois en mangeant une marque de pâtes fournisseur officiel de la Fifa. Panem Circenses.

Ce qu’il y a de sûr, c’est que les clubs amateurs vont refuser des marmots à la rentrée et que des vocations de pousseur de ballon à quelques millions d’euros vont fleurir sur les pelouses des jardinets cet été.

Et si tout l’argent dépensé dans le foot, joueurs, publicité, objets dérivés, stades, nos politiques le réutilisaient à bon escient ? Et si à la place des créneaux TV de deux heures réservés aux matchs de foot, les chaînes proposaient un peu de culture ? Et si nous devenions moins cons tout simplement ?

D’accord c’est un discours facho pseudo intello intolérant que je livre là, je l’avoue. Mais si j’avais gueulé autant que mes voisins quinze jours durant, mis le même bordel que eux le soir du dimanche 15 juillet dans la rue, vomis sur les trottoirs et couru en slip dans la rue en stoppant les bus, peut-être auriez-vous eu la même réaction que moi.