Black Out

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Un matin à 7h00, en arrivant au travail à vélo, j’ai découvert une petite lumière rouge clignotante au-dessus de la porte d’un local. 

En garant mon deux roues dans le parc à vélo, je me suis dit qu’il faudrait que je jette un oeil à ce truc après mon café. Maid arrivé devant la porte du bâtiment, un mot écrit à la va vite invitait tous les agents à rentrer chez eux pour télétravailler. 

J’avoue que ça a piqué ma curiosité. Je n’ai pas suivi l’injonction et suis rentré dans les locaux.  Après tout je suis responsable de la logistique du site. 

Il n’y avait pas de lumière dans les couloirs déserts et le chauffage semblait éteint. J’avais l’impression de visiter un vaisseau spatial fantôme ou d’être revenu au premier confinement. Poutine avait attaqué ? 

Surprise, le directeur adjoint était déjà sur le pont, d’ailleurs nous étions seuls à bord du navire en perdition. Il me résuma sa nuit en quelques mots. Notre onduleur avait cramé, les pompiers étaient intervenus et le bâtiment n’avait plus du courant. Il avait passé sa nuit en coup de téléphone pour gérer la crise et m’avait laissé in message sur mon portable professionnel sagement rangé dans le bureau en mode avion.

Chez nous, qui travaillons vingt-quatre heures sur vingt-quatre sept jours sur sept et qui ne pouvons tolérer aucune coupure de courant, nous sommes équipés d’un groupe électrogène doublé un très gros onduleur afin d’être protégés. En cas de coupure, l’onduleur délivre le courant accumulé dans ses batteries et déclenche la mise en route du groupe électrogène qui prend ensuite la relève, nous promettant cinquante heures d’autonomie sans alimentation secteur EDF. 

Oui mais. Si l’onduleur crame, vu que tout passe par lui, nous n’avons plus rien.

La lumière rouge devant la porte du TGBT s’expliquait soudain. Le TGBT est le local où se situe le tableau général basse tension et l’onduleur. Un machin plein de disjoncteurs dont il faut s’approcher prudemment. Le détecteur de fumée s’était déclenché dans la pièce et l’alarme n’était toujours pas coupée.

Maintenant, il s’agissait de remettre en marche le courant. Oui mais comment ? Le triphasé arrive directement sur l’onduleur avant de desservir le bâtiment, et l’onduleur sentait furieusement le brûlé. Pas question de relancer le disjoncteur général sans quelques précautions élémentaires. On a qu’une vie et elle est courte. Encore que depuis quelques jours, on peut prendre plus de risques avec les russes qui tirent sur les centrales nucléaires.

J’ai passé une heure au téléphone à essayer de contacter des électriciens. Soit ils dormaient encore (nous ouvrons à 9h), soit il n’était pas disponibles (je suis sur un chantier en Ukraine), soit le problème dépassait leurs compétences (vous savez nous on s’occupe d’installations domestiques). Après une heure d’efforts, j’essaye la société en charge de la maintenance de l’onduleur. Pourquoi n’y avais-je pas pensé avant me direz-vous ? Bon. Après plusieurs tentatives et quelques redirections, je tombe sur le technicien miracle capable de nous donner la procédure de bypass de l’onduleur, celle qui permettra d’alimenter le bâtiment sans passer par la machine infernale qui sent le cramé.

Vers 9h30 le courant est relancé pour ce qui est de l’éclairage et du chauffage. Je peux enfin boire mon premier café de la journée. Il était temps.

Pour l’informatique, tout a disjoncté et c’est étape par étape que les systèmes peuvent être redémarré, modems, routeurs, switchs, serveurs, ordinateurs. A part quelques équipements capricieux et switchs hors services, nous nous en sortions sans trop de casse.

Pendant vingt-quatre heures, notre activité pour le grand quart nord-est de la France a été totalement paralysée. Et tant que nous n’aurons pas changé l’onduleur, nous serons à la merci d’une surtension ou d’une coupure qui pourraient provoquer d’autres dégâts.

Tout cela aurait pu être évité bien sûr. L’onduleur aurait pu être remplacé en novembre, nous avions le budget et les devis comme le feu vert technique. Mais pour l’installer, il fallait procéder impérativement à une coupure électrique de quelques heures, le temps de tout arrêter proprement, de changer l’onduleur et de tout relancer étape par étape. Hélas, mille fois hélas, les services opérationnels avaient mis leur véto à cette opération. Pas de coupure avant mi avril, fin de la période hivernale.

Finalement ils auront deux coupures avant la date butoir. Le bon côté c’est que maintenant nous sommes rodés à l’opération.

Lire les étoiles dans une tempête de neige

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J’étais en panne depuis trop longtemps pour faire la fine bouche.

« j’aperçois bien des constellations au-dessus de ma tête… le cri de Sam s’est perdu dans le blizzard ». Les constellations scintilleraient pendant une tempête de neige ? Sérieusement, vous avez bien lu ? Je n’ai jamais vécu au Canada mais j’ai comme l’impression que Andrew Pyper s’est pris les pieds dans le tapis en écrivant son dernier chapître. D’ailleurs, ce n’est pas la seule coquille que j’ai relevé au cours de ma lecture.

Le Marchand De Sable Va Passer de Andrew Pyper est le premier livre que j’arrive à terminer depuis bien des semaines, un polar thriller un tantinet angoissant servi par un bon suspens, un style acceptable et une connaissance des phénomènes météorologiques approximative. Il m’aura fallu quand même quinze jours pour avaler seulement 344 pages, un score misérable.

Le Marchand De Sable Va Passer est l’histoire d’un livre qui parle d’un livre, un genre classique mais qui fonctionne toujours très bien avec moi. J’aime que les écrivains parlent de livres. En l’occurrence ici, le personnage journaliste au rebut, qui rêve de devenir écrivain mais n’a rien à raconter, vole le récit d’une autre personne, jusqu’au moment où ce récit le rattrape, lui et son fils.

Andrew Pyper maîtrise bien les atmosphères, les décors, esquisse les personnages de telle manière que l’on croit les avoir rencontré, joue habilement des peurs qui nous hantent la nuit et réussit, là où nombre d’auteurs ont échoué ces derniers mois, à me conduire jusque la dernière page du livre. De là à vous le conseiller… Bon si vous êtes en panne, pourquoi pas, mais pas dans une voiture, sous le blizzard, vous pourriez voir les étoiles.

La panne

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Depuis quelque temps c’est la panne.

Mon épouse me dit que ce n’est pas grave, que c’est du au stress de mon nouveau travail, que ça va passer, à croire qu’elle s’en réjouit, car la lumière s’éteint plus tôt le soir, oui c’est une marmotte.

J’ai essayé Cinquante nuances de gray, mais hélas, c’est un navet qui ne me fait aucun effet. Druna peut-être ?

Pourtant je devrais être émoustillé, j’ai tout ce dont j’ai besoin : une bonne histoire, du dépaysement, un style irréprochable et de la matière à réflexion. Cependant, après une ou deux pages du Géant Enfoui, je somnole et ferme le livre.

Alors en désespoir de cause, après les tribulations de Lanfeust, je me suis lancé dans la relecture d’Orbital, cette fabuleuse série, qui raconte les aventures de deux diplomates intergalactiques à la Valerian. Un scénario fouillé, un très beau graphisme, des personnages attachants, la série est vraiment excellente. 

Mais, j’aimerais bien revenir vers un livre. J’en ai assez de cette panne de lecture. Le problème c’est que les auteurs de SF ne me font plus rêver comme avant, je n’ai pas retrouvé de Franck Herbert, Dan Simons ou Iain Banks depuis bien longtemps, Eschbach n’a pas écrit de merveille depuis des mois. Je n’ai plus la force de lire des trucs intelligents le soir et je n’ai pas découvert de nouveau Lackberg ou Larsen.

Il faut que je pose, loin d’internet, à la montagne, avec rien d’autre à faire que me promener, lire, m’ennuyer. C’est si bon de s’ennuyer. Là je retrouverai le plaisir de la lecture, au calme, loin des chroniques, des news, des interviews, des concerts, des sorties.

Prière numérique

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Mon Internet, qui es dans le Cloud, que ma bande passante soit illimitée,
que mon blog vienne,
que mes publications soient postées sur la terre comme au ciel.
Donne-moi aujourd’hui le scoop du jour.
Epargne-moi les latences,
comme j’épargne aussi mon hébergeur.
Et ne me soumets pas aux problèmes de connexion,
mais délivre-moi du Lag.

Ah, merde !

 

Jeudi 9 novembre, OVH nous a encore gratifié d’une magnifique panne sur les serveurs mutualisés de 7h à 12h. Pas d’accès aux bases de données, aux hébergements, ni à l’interface d’administration du site. Malgré leur engagement de prévenir les usagés en cas de panne, pas une seule information n’a filtré une fois encore. Pas de blog, pas de webzine, des fois ça m’agace…

Black Out

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Jeudi dernier, vers 21h, une panne électrique touchait un des data centers de la société OVH, mon hébergeur internet. Une grosse panne électrique. Vendredi matin, les bases de données mutualisées ne répondaient plus, le webzine et le blog devenaient muets.

Généralement ce genre de panne dure quelques heures au maximum et tout revient à la normale rapidement. Cette fois, le black out aura duré plus de 24 heures et il y aura eu de la perte en ligne. Les techniciens de la société OVH n’ont pu remettre qu’une ancienne sauvegarde des bases de données et en lecture seulement à partir du samedi matin. Plusieurs billets, chroniques, articles se sont perdu lors de cet accident car je ne fais pas de sauvegarde quotidiennement de mes bases.

Samedi midi, si on excepte les dernières transactions perdues, tout était de nouveau opérationnel à mon grand soulagement. Je voulais publier la chronique d’Anathema avant de fermer le webzine pour les vacances.

En règle générale, je suis assez satisfait de mon hébergeur, mais cette fois je suis un petit peu agacé. D’abord parce que l’information n’est arrivée que tardivement aux usagers, ensuite parce que les mécanismes de sauvegarde d’OVH n’ont pas fonctionné correctement, enfin parce que j’ai perdu des actualités, billets et chroniques au passage.

Je croyais être très prudent en faisant un backup complet du webzine et de la base une fois par semaine, il semblerait qu’il faille que j’augmente drastiquement cette cadence afin d’être tranquille. Un informatique, la paranoïa est de mise.