Progressions progressives

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Un geek webmaster mal aimé – pardon abstinent – entouré de nymphomanes elfes extraterrestres, un thriller science fictionnesque metaleux new age, un groupe de metal prog qui nous sauve de la fin du monde, une tournée qui passe partout en Europe sauf en France, des références appuyées à la scène prog actuelle (cherchez qui est qui), voici Progressions, le roman de mon petit suisse Gervais, pardon Gallay.

Les extraterrestres sont parmi nous, ils possèdent des oreilles pointues et aiment la baise. Mais un complot cherche à les foutre dehors alors que certains d’entre eux veulent juste sauver la planète bleue des hommes. Thriller internet, tournée de métal, partouze extraterrestre, bienvenu dans l’univers de Stéphane.

Au début du récit, notre auteur s’attarde beaucoup sur les tenues vestimentaires des différents protagonistes et les pages passant, il détaille de plus en plus l’absence desdits vêtements, l’humain ne semble alors séparé du stellaire que par une paire de chaussures à talons et une culotte. Isaac Asimov doit se retourner dans sa tombe.

L’intrigue du roman tient la route mais pas forcément en haleine. La plume cynico satirique d’Alias se fait trop sérieuse dans son livre et l’aspect Jeu de Rôle prend parfois le pas sur le roman. Notez j’écris tout ça parce que je suis jaloux, jaloux de n’avoir jamais été à la Loreley, jaloux de n’avoir jamais finalisé un roman, jaloux de n’avoir plus de temps pour le Jeu de Rôle, jaloux de ne pas m’envoyer en l’air avec des elfes.

L’immersion dans cette tournée improbable de VUUR – mais c’est pas eux enfin ! Mais si c’est clair c’est VUUR. Mais enfin, non Anneke n’est pas nympho ! Tu es bien sûr ? Heu non… – à travers l’Europe ne manque pas de charme, coupant l’envie à n’importe qui de monter un jour un groupe de rock et de partir sur les routes. Le thriller se perd dans un nuages de protagonistes (c’est qui le méchant ? Les méchants tu veux dire ? Nan LE méchant…) et on ne sait plus très bien qui culbute qui et dans quel sens à la fin. C’est très emboîté tout ça.

Si vous êtes un geek rôliste metalleux qui lit encore des livres (une race pas loin des elfes en fait), essayez Progressions, rien que pour mieux connaître Stéphane alias Alias alias Rage, vous serez surpris. Mélanger science-fiction, thriller, complot planétaire, orgie soft et metal progressif en deux-cent-cinquante pages seulement relève de l’exploit.

Le marionnettiste

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Pourquoi faut-il que le cyberpunk use d’images de tous les jours pour nous décrire l’univers numérique ? Pourquoi une IA doit forcément se manifester sous forme d’un avatar parfois ridicule. Pourquoi les flux de données, les pare-feux, les logiciels sont décrits comme pour parler aux des enfants ? Les concepts de glace et de cerbère, inventés, il me semble par William Gibson, suffisaient amplement à expliquer les sécurités des systèmes. Inutile de faire appel à des images enfantines comme des panthères noires, des pantins pathétiques ou des flocons incompréhensibles.

Station : La Chute fait partie des romans de cyberpunk, à savoir des livres qui parlent de mondes futuristes où l’informatique règne en maître et où les habitants sont connectés en permanence.

Quand vous rentrez dans ce genre de livre, vous devez d’abord vous initier au vocabulaire, la Trame, un marionnettiste, la Totalité, le Panthéon, la Guerre Logicielle, l’Allée des Cercueils, l’Epine, les Flocons, Dockland, un exercice qui rend fastidieuses les premières pages.

Si Al Roberstson se vautre dans les clichés du genre, il faut lui reconnaître quelques belles qualités : le concept de marionnettiste et de marionnette, symbiose contre nature entre un être humain et une intelligence artificielle. Même chose pour cette Allée des Cercueils, des serveurs où attendent les consciences numériques des défunts, qu’un vivant les appelle pour tromper sa solitude.

Le reste sonne assez classique, la Station, un lieu clos où se déroule l’intrigue, la Trame, sorte de monde virtuel qui masque le réel sordide, des IA qui ont fait sécession (la Totalité), une enquête sur un meurtre qui nous conduit au sommet d’un vaste complot, un guerrier numérique déchu pour trahison et qui revient, des années plus tard chez lui, privé de tout accès au monde numérique.

Sans être exceptionnel, Station : La Chute se lit bien. Si vous n’avez pas lu de cyberpunk depuis quelque temps, vous passerez un bon moment en sa compagnie.

2312

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Ascenseurs spatiaux, terraformation, longévité et névroses, bienvenu dans l’univers de Kim Stanley Robinson. Après avoir lu le cycle de Mars, S.O.S. Antartica, Les Menhir de Glace, j’ai conclu une longue trêve littéraire avec cet accoucheur de pavés. Si Mars la Rouge m’avait fasciné, je mettais un peu essoufflé sur la fin du cycle, surtout à cause des personnages névrotiques et immortels de la trilogie.

2312 poursuit l’histoire en quelque sorte. Après la colonisation de Mars, vint le tour de Mercure, Venus et le système saturnien. Le pavé de 600 pages, centré sur Swan, une femme de plus de cent vingt ans vivant sur la citée Terminateur sur Mercure, raconte une enquête policière tout en décrivant une géopolitique complexe où différentes factions, La Terre, Mars, Mondragon se livrent à une lutte pour le contrôle du système solaire. De planètes en terrariums, nous voyageons de Mercure à Pluton, circulons dans le système jovien, nous posons sur une Terre à l’agonie et réfléchissons à la place de l’homme dans l’espace.

Le roman se découpe en extraits, listes et le récit des personnages, des bouts de paragraphes, des successions de mots et l’histoire elle même, une narration troublante, parfois agaçante, mais qui prend progressivement tout son sens. Impossible d’échapper à la psychanalytique de Robinson, ses personnages sont le plus souvent torturés et donc assez fouillés, principalement Swan la femme aux implants biologiques et cybernétiques. Si les récits multiples semblent au début éparpiller le roman dans de nombreuses directions, lentement tous convergent vers le dénouement, rien n’est gratuit chez cet auteur.

Intelligence artificielle, terraformation, économie, sexualité, voyage, habitat, politique, médecine, culture, réchauffement climatique, avec 2312 Kim Stanley Robinson nous livre sa vision de l’avenir, abordant presque tous les sujets sans en faire une encyclopédie. Un ouvrage brillant, récompensé, pas toujours facile à lire, qui ravira les amateurs d’anticipation.

Eternel

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Avec sur la couverture la planète rouge et un vaisseau posé au sol, en plus dans la collection Acte Sud, il ne m’a fallu qu’une demi seconde pour emprunter Eternel de Sylvain Estibal à la médiathèque. Bien mal m’en a pris.

Après avoir assemblé une base sur le sol lunaire, des vétérans de l’espace reviennent vers la Terre. Il leur reste juste une dernière mission, envoyer le serveur Eternel, au point de Lagrange. Polar thriller science-fictionnesque, Eternel na pas réussi à me convaincre un seul instant. L’histoire de ces spationautes enfermés depuis des mois ensemble avec leurs jalousies, ambitions, rancunes, pulsions inassouvies n’ont pas réussi à me séduire. Vocabulaire pseudo scientifique, psychologie facile, les seuls passages du romans qui méritent un coup d’œil sont les réflexions de ce président sur le déclin qui suit de près la mission. Si vous n’avez vraiment rien d’autre à lire pourquoi pas.

La BD de l’année ?

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J’avais un bon d’achat de 21€ à dépenser dans mon magasin de BD préféré. Oui j’ai mon disquaire d’occasion préféré, ma librairie préférée, mon magasin de BD préféré, et pour tout vous dire, mes toilettes publiques préférées, j’ai le droit non ?

Donc revenons à non moutons, j’avais un bon de 21€ à dépenser et deux BDs en vue, l’Astérix et le Valérian. Mais lorsque je rentre dans mon magasin de BD préféré, je ressors toujours avec plus d’albums que prévu, c’est ainsi. Je pris donc le dernier Valérian (que je vous recommande), l’Astérix qui est sympa et tombais sur une grosse BD à la couverture racoleuse (pour un geek comme moi s’entend) : un scaphandre spatial en EVA au-dessus d’une planète (vous attendiez à quoi ?).

Schangri-La, pavé de 222 planches signées Mathieu Bablet. De grandes planches fouillées, ocres, bleues, grises, jaunes avec des visages étrangement mal dessinés. Schangri-La, une station spatiale où s’entasse ce qu’il reste de l’humanité. “Travailler. Dormir. Travailler. Acheter. Aimer. Jeter. Acheter.”.

Sous couvert de récit d’anticipation cataclysmique, Schangri-La est une virulente critique de notre mode de vie actuel, de la société de consommation, de la politique, de la xénophobie, du genre humain…

Sélectionnée au festival d’Angoulème 2017, Schangri-La est la plus belle BD que j’ai lu depuis des années. Une histoire prenante, non manichéenne, qui transpose dans une station en orbite autour de la Terre, notre mode de vie, la manipulation du peuple par les multinationales et les gouvernements et qui pourrait même vous amener à réfléchir sur votre propre mode de vie.

Caliban

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Après avoir dévoré le premier volume, Prospero en effaça les souvenirs. Il fallu qu’un helvète éveille en moi l’envie d’une série, pour que je retrouve la mémoire et plonge en microgravité dans le vide séparant Io de Ganymède, avec à bord du navire deux martiens, deux terriens et deux ceinturiens. Une politicienne âgée, une marine imposante et un biologiste épuisés prenait place sur le dos du cheval de Cervantes au côté de son équipage idéaliste pour une croisade à l’issue incertaine.

La Guerre de Caliban, second tome de The Expanse, écrit par Daniel Abraham et Ty Franck, se lit comme on regarde une série télé, épisode par épisode. La protomolécule a survécu à la destruction de l’astéroïde et s’est répandue sur Ganymède, grenier et pouponnière de la ceinture. Sur Vénus, là où elle aurait du mourir, la chose prospère contre toute attente. Holden et son équipage partent à la recherche d’une petite fille et croisent le chemin de Prax le botaniste, d’Avasarala la politicienne terrienne, et de Bobbie, la marine martienne passé à l’ennemi.

Combats spatiaux, intrigues politiques, survie en milieu hostile, le second tome de The Expanse fonctionne toujours aussi bien même si j’ai préféré L’Eveil du Léviathan. Du space opéra riche en rebondissements où le personnage le plus intéressant sera cette fois la grand mère politicienne intrigante Avasarala. Le roman dévoile des facettes du mécano Amos qu’on n’aurait pas soupçonné. Le gros costaud bricolo bastonneur gagne en profondeur. Holden et sa folie meurtrière manquent sans doute un peu de crédibilité malgré tout ce qu’il a pu traverser mais il retrouvera assez vite son humanité.

Il ne faut pas que j’oublie cette fois de lire le tome 3, La Porte d’Abaddon, mais avant je vais changer de registre avec Humains.

 

Far West

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Deux immenses tours de béton et de verre se dressent dans le désert américain du 19ème siècle. Grant achève son second mandat et un hélicoptère survole une petite ville des jeunes Etats-Unis.

Anachronismes, voyage dans le temps, mondes parallèles, Robert-Charles Wilson nous propose une enquête à l’époque du Far West dans un monde où des hommes du futur viennent faire du tourisme chez les cow-boys. Une tour pour les autochtones qui découvrent quelques merveilles du futur, une tour pour les visiteurs de l’avenir qui viennent s’imprégner de leur passé.

 

La Cité Du Futur raconte l’histoire d’un autochtone, membre du service de sécurité de Futuracity, qui pour avoir sauvé la vie du président se voit confier de nouvelles responsabilités dans les deux tours et part enquêter, à la recherche d’armes volées.

Faisant fit des paradoxes temporels grâce à la théorie des mondes parallèles, Wilson imagine le tourisme temporel et ses conséquences pour le passé visité. Entre pseudo philanthropie, business et cynisme, ce Club Med du futur envahit pour quelques années l’histoire, apportant technologie, culture et mœurs d’un autre temps au travers d’un mystérieux miroir.

Voila ce que nous propose l’auteur dans ce roman, observer la rencontre de deux époques sous couvert d’enquête policière. Un livre facile à lire, rempli de réflexions intéressantes doublé d’une intrigue haletante. Un très bon Robert-Charles Wilson.

Ça coule de source

Les grandes manœuvres viennent de débuter, un nouvel Ayreon arrive le 28 avril. Impossible de passer à côté d’une telle sortie, le webzine doit être de la partie.

Première étape déjà lointaine, commander l’album, car je suis un inconditionnel. Seconde phase, essayer de sortir une chronique avant la date de parution.

Pas si simple, Arjen Lucassen vient de changer de label, de Inside Out il a rejoint les rangs de Mascot, et nous n’avions aucun contact chez eux.

  • Nouer des relations avec Mascot, check
  • Contacter Mascot pour obtenir une promo en avance de phase, check.
  • Quand le son arrive, écouter, réécouter et écouter encore les 1h30 du concept album. Check.
  • Lire l’imposant livret numérique de 28 pages en anglais, binaire, arabe et langue inconnue, afin de comprendre l’intrigue, check.
  • Recevoir la promo en CDs quelques jours plus tard d’un promoteur et recommencer l’écoute en profitant d’un son honorable, check.
  • Trouver la solution à l’énigme de TH-1 présente dans le premier morceaux “01110100 01110010 01110101 01110011 01110100 01010100 01001000 00110001”, check.
  • Dégager un créneau horaire pour une interview avec Arjen via Skype, check.
  • Préparer des questions pas encore posées avec un temps limité à 25 minutes, check.
  • Commencer la rédaction de la chronique pour qu’elle soit prête à temps, check.
  • Faire les courses, aller bosser, dormir, ne pas stresser, check.

Mais qu’est-ce que j’ai pu oublier ?

  • Bosser mon anglais
  • Saisir les méta-données relatives à l’album dans la base de données du webzine
  • Bosser mon anglais
  • Vérifier ma config Skype, l’enregistreur Skype
  • Bosser mon anglais
  • Préparer la vidéo promotionnelle de l’interview
  • Bosser mon anglais
  • Se renseigner sur la prononciation du prénom de Arjen
  • Bosser mon anglais
  • Ecouter vraiment l’album et dégager ses temps forts
  • Bosser mon anglais

La troisième étape, la plus longue, consistera en ceci :

  • Relecture de la chronique et corrections puis mise en forme
  • Transcription de l’interview en anglais
  • Traduction de l’interview en français
  • Relecture des deux versions
  • Saisie des deux versions
  • Obtenir des visuels pour illustrer l’interview
  • Tout mettre en forme
  • Et publier

N’importe quoi

Pendant mes longues heures passées dans les salles d’attente des médecins, radiologues et laboratoires, j’ai un peu de temps pour me cultiver en me plongeant dans de passionnants romans.

Je ne sais plus où j’ai lu du bien de cet ouvrage, Le Grand N’Importe Quoi de J.M. Erre, mais force est de constater, arrivé à la moitié de l’ouvrage en question, que je ne suis pas du tout de l’avis du chroniqueur. Vous me direz, “tu n’as pas encore fini le livre”, c’est vrai, et d’ailleurs, je me demande si je vais le finir, mais avec un peu de chance, ce soir mon rendez-vous chez le gastro entérologue va me fournir deux heures pour boucler l’affaire.

Pour l’instant,  Le Grand N’Importe Quoi, est à mi chemin du Guide Du Routard Galactique et d’Un Jour Sans Fin. Génial non ? Non… J.M. Erre ne manie pas l’humour comme Douglas Adams et les ficelles de l’histoire sont tellement grosses que l’on ricane avant même que la chute arrive. Le style n’étant pas des plus élégants non plus malgré de nombreuses citations littéraires niveau première scientifique, le récit d’une fête culturiste dans un village paumé de France où d’étranges événements se produisent, manque cruellement de sel. Bref pour l’instant, l’ennui est complet.

Deux heures de retard chez le spécialiste m’ont permis d’achever l’oeuvre. Si comme moi vous n’accrochez pas sur les deux premières pages, n’allez pas plus loin.

Le martien

Derrière ma visière fumée, s’étend une terre rouge désolée où quelques touches de givre matinal persistent encore. Vales Marineris, Olympus Mons, des noms qui résonnent comme des invitations au voyage dans mon âme. Mariner, Viking, Pathfinder, Curiosity, des missions que j’ai suivi jour après jour m’abreuvant des images des sondes et des rovers.

D’où vient cette passion pour Mars la Rouge ? Tout petit déjà, j’étais fasciné par l’espace, les étoiles, les planètes, les fusées. En sixième je découvrais le fabuleux roman de Ray Bradburry, The Martian et plus tard je m’abreuvais de nombreux livres dont la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson, Mars de Ben Nova, Mars Blanche de Brian Wilson Aldiss ou Le Projet Mars de Andreas Eschbach. Combien de livres parlent de Mars dans notre bibliothèque sans parler des BD ? Je n’ai pas compté. Il suffi que le titre d’un bouquin, d’une BD ou d’un film contienne le nom magique, pour que je me jette dessus. Combien de nanars ai-je vu et lu, histoires moisies de rescapés de mission foireuses vers la planète rouge !

Carl Sagan n’est pas étranger à cette passion. Responsable du programme Viking à la NASA, il consacra une partie de sa fabuleuse émission télé Cosmos à Mars et la recherche de vie sur cette planète voisine. Le rêve d’envoyer un homme sur la planète rouge s’est un peu éloigné, trop cher, trop compliqué, trop long, trop risqué. La fin de la Guerre Froide a mis un terme aux voyages spatiaux habités au-delà de notre orbite terrestre, retardant d’autant une hypothétique exploration martienne par l’homme. Elon Musk de Space X semble vouloir faire cavalier seul et annonce le début des hostilités pour 2018 et un homme sur Mars pour 2024. La NASA n’a pas encore totalement renoncé mais avance à petits pas. Les chinois sont également dans la course avec un voyage habité pour 2040. Quand aux européens, l’envoi d’un homme dans l’espace n’est pas encore d’actualité, alors Mars…

Tous les deux ans, le dieu de la guerre se trouve en position favorable pour que l’on s’y rende à moindre frais. 180 jours de voyage, 550 jours sur place et 180 jours pour revenir soit une mission de presque trois ans ! Autre solution, partir et ne pas revenir, encore plus insensé. Pourtant, certains y songent très sérieusement, des volontaires se sont déjà inscrits pour le projet nommé Mars One avec un départ prévu pour 2031. En utilisant des propulseurs ioniques, nucléaires et autres curiosités pas encore opérationnelles, la durée du voyage pourrait être notablement raccourcie. Mais cela reste encore de la science fiction.

Les risques de catastrophes lors d’un tel voyage spatial sont innombrables : éruption solaire, micro météorite, panne, pétage de plomb, toilettes bouchées, mauvaise injection orbitale, crash à l’arrivée, tempête martienne, rencontre du troisième pauvre type, élection de Trump (non ça c’est déjà fait), dépressurisation de l’habitacle, météorite (de plus en plus rare mais qui sait), panne sèche au décollage (y a pas de pompes là bas), cannibalisme (rien ne vaut un bon steak). Bref ce n’est pas gagné. A côté, une mission lunaire est une promenade de santé, sauf que, si on devait lancer une mission pour Lune à ce jour, nous n’en serions plus capable. Alors Mars…

Malgré tout ça, si on me proposait d’aller sur Mars, là aujourd’hui, est-ce que je dirai oui ? J’ai un boulot, une maison, une femme et deux ados, c’est le genres d’arguments qui motivent clairement à partir dans l’espace, quitte à ne pas revenir. Après je suis un peu asocial, et 910 jours avec les mêmes têtes, ça risque d’être dur, sauf s’il s’agit de 5 jeunes top modèles pas trop exigeantes et partageuses. Car un équipage, ça se construit intelligemment. C’est là que le bat blesse avec mon hypothétique participation au projet. C’est vrai je suis un climatologue, je pourrais travailler à la compréhension de l’atmosphère martienne et à la prévision de ses tempêtes redoutables. Sauf que j’ai déjà du mal à gérer le climat alsacien, alors martien…

Je ne pars pas battu, bien au contraire, d’ailleurs je suis en pleine négociation salariale avec Elon en ce moment. Mais en attendant mon ordre de mission, qui ne saurait tarder, je vais me revisionner Seul Sur Mars, Mission To Mars, John Carter, Planète Rouge, Total Recall, La Guerre Des Mondes, The Martians Chronicles, histoire de me préparer physiquement et mentalement.


Mars Panorama – Curiosity rover: Martian solar day 2