96 heures chrono

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La vie d’un chroniqueur de rock progressif ressemble souvent à celle de Jack Bauer. Neal Morse parlait de son agenda surchargé, moi c’est presque la même chose, si on oublie le fait que je ne vis pas de cette activité, bien au contraire.

Ordinairement, je consacre une vingtaine d’heures par semaine au magazine. Vingt heures devant l’ordinateur sans parler du temps d’écoute de la musique. 

Mais le weekend dernier était particulier. Même en posant deux journées de congés, je me suis retrouvé totalement débordé.

Vendredi matin, 7h00, me voilà devant le PC à publier chronique et actualité sur le site puis Facebook, Twitter et Google+. Après ces activités récréatives, je prépare les publications pour la semaine suivante, afin que tout soit prêt pour lundi. Vers 13h00, je prends la route pour me rendre au Studio Wan, écouter Out5ide enregistrer son nouvel album. De retour à la maison vers 20h00, je jette une oreille sur les dernières promotions avant de me coucher.

Samedi, aux aurores, je développe les photographies prises la veille et prépare mon texte pour l’article à publier mardi. Après une courte promenade, je me lance dans une nouvelle écoute du dernier Esben and the Witch pour le chroniquer, je me couche pour lire quelques pages de La Longue Route avant de sombrer dans les bras de ma femme.

Dimanche, à 04h00 du mat, une violente migraine me rappelle que je ne suis pas un surhomme et que mon métabolisme ne tient pas la route. En parlant de route, ce soir, je dois faire 400 km pour aller écouter un concert. Concert dit révisions. Je réécoute le dernier album de Soup, Seven de The Watch, je mets un point final au brouillon de la chronique de Nowhere, fait quelques pas au soleil avec mon épouse et part pour la Lorraine avec, par chance un chauffeur, même s’il peste contre les gilets jaunes.

Nous revenons vers 01h00 le lundi, fourbus et pas forcément emballés. A peine cinq heures plus tard réveil, café, publication de la chronique et des news du jour, recherche d’un bug dans la newsletter (non résolu à ce jour), puis commence le tri des cent quarante photographies de la soirée chez Paulette. Développement de Soup, repas sur le pouce, développement de The Watch, écriture du live report et là soudain, horreur, je me rends compte que la nuit est déjà tombée. Il me reste juste assez de temps pour mettre au propre la chronique d’Esben and the Witch pour relecture dans le cloud et il est temps pour moi de me coucher. Demain commence l’activité rémunératrice qui me permettra, le weekend prochain, de continuer à gérer le webzine et à nourrir la famille.

C’est ça “la chance d’être un chroniqueur”.

Auto portrait

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Depuis que j’ai repris la photo, je me suis livré à de nombreux exercices avec mes boîtiers : photos de concert, astronomie, sport, paysages, animaux mais très rarement le portrait. Il faut dire que pour le portrait, le photographe a besoin d’un modèle et idéalement d’un studio. Je n’ai ni modèle ni studio. Ma femme se livre rarement à mon objectif et je suis bien trop empoté pour aborder une personne et lui demander de poser pour moi, je ne parle même pas des malentendus que pourraient provoquer ce genre de proposition. Pour le studio, il y a de la place dans la maison, le problème est plutôt du côté de la lumière. Maison alsacienne du 16ème siècle et donc de mesquines ouvertures au soleil bas sur l’horizon. Je me vois mal acheter des projecteurs pour trois photographies minables par an. Il y en a bien deux au travail, pour la photo d’archive climatique, mais c’est fragile et encombrant et en plus j’ai déserté le service qui les détient.

Depuis Noël, vous le savez, je suis embarqué dans le chantier de ma salle de bain. Travaillant sur l’électricité, j’avais besoin d’une source de lumière indépendante. D’habitude, j’emprunte l’halogène du salon qui revient chaque soir recouvert de poussière et dont l’ampoule claque régulièrement, et pour cause. Alors j’ai acheté un projecteur de chantier, des LED orientables sur un trépied ajustable possédant une puissance correcte et résistant à la poussière ainsi qu’aux chocs.

J’ai cassé du plafond, posé des cloisons, tiré des câbles puis je me suis posé, et j’ai regardé ce projecteur de chantier d’un autre œil. Et si je l’utilisais pour le portrait ? C’est vrai quoi, une lumière c’est une lumière, pourquoi ne pas essayer après tout. Ok je ne maîtrise pas sa température et tout et tout, il n’y a pas de filtre associé ni d’écran, mais bon, je ne suis qu’un rigolo qui veut essayer un truc avec son appareil photo.

J’ai sorti le projo du chantier après un coup de balayette, installé le trépied dans le salon, branché le truc, descendu mon pied photo, mon Nikon et le 85 mm ouvert à 1.8 et là miracle ! Mon épouse s’assoit sur le canapé devant le boitier pour jouer avec son sex toy préféré (son téléphone portable), l’occasion de lui demander de poser pour quelques photos puisqu’elle est là. Elle pose, une fois deux fois, puis revient à son téléphone. Et rien ne vaut une pause naturelle, là elle est super concentrée sur Facebook…Je voulais recommencer, mais madame n’étant pas là, il ne me restait qu’à gros chat ou moi comme modèle. Le chat dormant à l’étage et étant disponible, j’ai décidé de devenir mon modèle… “Heu alors je t’explique, tu fais comment pour être devant l’objectif et assis sur le canapé à poser, bouffon ?”. Question raisonnable non ? La dernière fois j’ai fait ça devant le miroir de la salle de bain (ne pensez pas à mal tout de suite) pour chopper le petit trait de lumière dans l’œil gauche.

Cette fois pas de miroir dans le salon, et je ne voulais pas refaire la photographie de moi et de l’appareil. La solution se trouve dans l’utilisation d’une télécommande, mais pour être honnête, il n’est pas facile de cadrer correctement, même en prenant de bons repères, et puis la lumière change, donc les réglages, quand le sujet rentre dans le cadre. La solution le WMU. Le quoi ? Le Nikon se transforme en appareil piloté via WIFI à l’aide d’une application smartphone dans laquelle vous voyez l’image et vos réglages avant de faire sortir le petit oiseau.

J’ai l’air fatigué et abattu vous ne trouvez pas. Il faut dire que la veille je carburais à la morphine. Mais c’est surtout que là je suis en train de regarder, sans lunettes, le petit écran de mon smartphone avant de déclencher la photo. L’éclairage provient de mon projecteur de chantier situé à gauche (donc à droite) plus une lumière naturelle du même côté. Ouverture 1/8, focale 85 mm, pose 1/250, sensibilité 100 iso et oui j’ai un gros nez…