Le nouveau studio

Il y a une semaine mon fils a enfin signé un bail pour un studio dans notre ville où la crise du logement se fait rage.

Il nous aura fallu près de six mois d’intenses recherches pour lui trouver un logement convenable à prix raisonnable dans le secteur qu’il désirait. Je dis nous car c’est moi qui ai consulté les annonces, contacté les personnes, planifié les rendez-vous, envoyé les documents et présenté l’appartement à mon fils. C’est vrai que son travail ne lui laisse pas trop de temps pour ça et que une fois rentré à la maison il joue sur son PC, imprime des dragons en 3D et peint des figurines en buvant mes bières. Le digne fils de son père en fait.

Les agences ne répondent pas aux messages, les bailleurs, dix minutes après avoir déposé une annonce la supprime, croulant sur les candidatures. Et les rares logements visitables sont des horreurs. Mon fils est un geek smicard aux cheveux longs gras portant des tee-shirts de Marillion percés, de quoi rebuter tout propriétaire un peu facho. Je précise : nous vivons en Alsace hop la !

Toujours est-il que nous avons trouvé la perle rare, un studio neuf, jamais occupé, de 26 m2 carrés avec un balcon de 9 m2 à 370 € hors charges avec frigo, plaques et hotte aspirante. Et le propriétaire a retenu la candidature de notre fils. Miracle !

Du coup, il a fallu aller chez Ikea commander des meubles, démonter ceux de sa chambre, faire des cartons, tout déménager dans le coffre et sur le toit de la voiture puis transporter, déballer et remonter. Trois journées intenses et harassantes.

Mais cette fois, il est installé et notre maison dispose maintenant d’une pièce vide. Le genre de pièce où je pourrais installer mon Mac, le matériel photo et où je pourrais poser à demeure le studio vidéo que je monte et démonte à chaque épisode de Chroniques en Images. Une pièce qui me permettrait également de revenir à l’enregistrement sans écran vert.

Bon, avant ça il faudrait rafraîchir la pièce, une sorte d’aquarium bleu, murs et sol (c’était sa période dauphin).  Au moins la nettoyer car c’est une porcherie (j’ai peur pour le pauvre studio tout neuf). Quand un gamer joue fenêtres fermées dans une pièce au sol recouvert de moquette, ça sent vite la bête surtout si l’animal possède un grand sens de la préservation des ressources en eau.

La moquette est bonne à jeter car entre la peinture de figurines Warhammer, l’impression 3D, les bonbons Haribo et la transpiration, la chose bleue ne sent plus vraiment la rose. La tapisserie bleue est fatiguée et la peinture bleue (si si) s’écaille (de poisson) un peu partout. Bonne nouvelle, le plafond blanc est propre.

Contrairement à mon fils à qui j’ai trouvé l’appartement, procédé aux diverses démarches, déménagé et prodigué moultes conseils, je vais devoir encore bosser pour mériter mon studio. Et si ça se trouve, lorsque j’aurais terminé, tel un fils prodigue ou un Tanguy, il reviendra s’installer à la maison.

X15

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Je n’ai jamais caché ici ma passion pour la conquête spatiale et vous découvrez depuis peu ma nouvelle névrose pour les Lego. Après avoir épuisé les éditions officielles Lego NASA, j’ai commandé des fusées sur LegoRocket puis j’ai commencé à construire mes propres véhicules spatiaux, capsules, rovers et même un astronaute d’Apollo 11 en combinaison spatiale.

Je viens d’achever une miniature du X15, l’avion fusée de l’US Air Force qui était une sorte de prototype de la navette spatiale. Un avion qui pouvait atteindre cinq fois la vitesse du son et frôler la frontière de l’espace.

Cette première tentative de 20 cm, qui a demandé tout de même trois prototypes, ne m’a pas totalement convaincu, tout particulièrement le nez et le cockpit. Alors je me suis lancé dans une version 2.0 bien plus grande afin d’espérer résoudre les problèmes de la version 1.0.

Mais cette fois, avant de me lancer dans une commande d’un millier de briques noires, j’ai voulu, comme pour mon boitier Nikon D 810, m’assurer de la faisabilité de certaines étapes de la conception. Et pour ce faire, j’ai utilisé le logiciel Studio.

L’outil gratuit est simple de prise en main et permet de modéliser en 3D l’objet que l’on désire réaliser. Il possède un catalogue des briques Lego et offre même la possibilité de bouger les pièces articulées. Son principal défaut est de ne pas autoriser les petites bidouilles qui permettent d’outre passer les limitations des Lego.

Studio permet de créer des groupes de pièces assemblées à réutiliser plus tard, il donne le décompte des pièces nécessaires à la construction et permet d’éditer un plan de montage très détaillé pour en faire profiter d’autres personnes. En plus ses fichiers .io semblent être un des standards pour la conception en Lego semble-t-il. Et une fois le plan terminé, il suffit d’un glisser déposer sur le site de BrickLink.com pour commander automatiquement les pièces, à condition quelles soient disponibles. Je trouve ça assez génial.

Pour l’instant j’en suis à 600 briques nécessaires pour construire mon X15 et je ne suis pas du tout satisfait du nez de l’appareil qui possède une forme zarbi. Une fois que j’aurai solutionné mes différents problèmes, ce que je fais sur l’outil mais également avec des briques dans le salon, il faudra commander les pièces, ce qui ne sera sans doute pas simple étant donné la rareté de certaines comme le cône 2 x 2 noir.

Exemple de prototype du nez avec l’assemblage au fuselage avec des crochets
Et une fois assemblé
Et enfin modélisé

En attendant j’ai commandé la fusée Soyouz WO sur LegoRocket pour commencer ma collection de lanceurs russes. Mon exposition au travail commence à être quelque saturée et je ne sais pas où je pourrai exposer un jour mon X15 de 50 cm de long si j’arrive un jour à le terminer. Mais chaque chose en son temps.

Auto portrait

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Depuis que j’ai repris la photo, je me suis livré à de nombreux exercices avec mes boîtiers : photos de concert, astronomie, sport, paysages, animaux mais très rarement le portrait. Il faut dire que pour le portrait, le photographe a besoin d’un modèle et idéalement d’un studio. Je n’ai ni modèle ni studio. Ma femme se livre rarement à mon objectif et je suis bien trop empoté pour aborder une personne et lui demander de poser pour moi, je ne parle même pas des malentendus que pourraient provoquer ce genre de proposition. Pour le studio, il y a de la place dans la maison, le problème est plutôt du côté de la lumière. Maison alsacienne du 16ème siècle et donc de mesquines ouvertures au soleil bas sur l’horizon. Je me vois mal acheter des projecteurs pour trois photographies minables par an. Il y en a bien deux au travail, pour la photo d’archive climatique, mais c’est fragile et encombrant et en plus j’ai déserté le service qui les détient.

Depuis Noël, vous le savez, je suis embarqué dans le chantier de ma salle de bain. Travaillant sur l’électricité, j’avais besoin d’une source de lumière indépendante. D’habitude, j’emprunte l’halogène du salon qui revient chaque soir recouvert de poussière et dont l’ampoule claque régulièrement, et pour cause. Alors j’ai acheté un projecteur de chantier, des LED orientables sur un trépied ajustable possédant une puissance correcte et résistant à la poussière ainsi qu’aux chocs.

J’ai cassé du plafond, posé des cloisons, tiré des câbles puis je me suis posé, et j’ai regardé ce projecteur de chantier d’un autre œil. Et si je l’utilisais pour le portrait ? C’est vrai quoi, une lumière c’est une lumière, pourquoi ne pas essayer après tout. Ok je ne maîtrise pas sa température et tout et tout, il n’y a pas de filtre associé ni d’écran, mais bon, je ne suis qu’un rigolo qui veut essayer un truc avec son appareil photo.

J’ai sorti le projo du chantier après un coup de balayette, installé le trépied dans le salon, branché le truc, descendu mon pied photo, mon Nikon et le 85 mm ouvert à 1.8 et là miracle ! Mon épouse s’assoit sur le canapé devant le boitier pour jouer avec son sex toy préféré (son téléphone portable), l’occasion de lui demander de poser pour quelques photos puisqu’elle est là. Elle pose, une fois deux fois, puis revient à son téléphone. Et rien ne vaut une pause naturelle, là elle est super concentrée sur Facebook…Je voulais recommencer, mais madame n’étant pas là, il ne me restait qu’à gros chat ou moi comme modèle. Le chat dormant à l’étage et étant disponible, j’ai décidé de devenir mon modèle… « Heu alors je t’explique, tu fais comment pour être devant l’objectif et assis sur le canapé à poser, bouffon ? ». Question raisonnable non ? La dernière fois j’ai fait ça devant le miroir de la salle de bain (ne pensez pas à mal tout de suite) pour chopper le petit trait de lumière dans l’œil gauche.

Cette fois pas de miroir dans le salon, et je ne voulais pas refaire la photographie de moi et de l’appareil. La solution se trouve dans l’utilisation d’une télécommande, mais pour être honnête, il n’est pas facile de cadrer correctement, même en prenant de bons repères, et puis la lumière change, donc les réglages, quand le sujet rentre dans le cadre. La solution le WMU. Le quoi ? Le Nikon se transforme en appareil piloté via WIFI à l’aide d’une application smartphone dans laquelle vous voyez l’image et vos réglages avant de faire sortir le petit oiseau.

J’ai l’air fatigué et abattu vous ne trouvez pas. Il faut dire que la veille je carburais à la morphine. Mais c’est surtout que là je suis en train de regarder, sans lunettes, le petit écran de mon smartphone avant de déclencher la photo. L’éclairage provient de mon projecteur de chantier situé à gauche (donc à droite) plus une lumière naturelle du même côté. Ouverture 1/8, focale 85 mm, pose 1/250, sensibilité 100 iso et oui j’ai un gros nez…