Tchernobyl

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A la maison, un roman policier, une bande dessinée et deux albums de rock progressif évoquent le plus grave accident nucléaire que l’humanité ait connu à ce jour: Tchernobyl en 1986. Il y en a eu d’autres bien entendu comme Fukushima (2011) ou Three Miles Island (1979) sans parler des essais nucléaires et des deux bombes de Hiroshima et Nagasaki (1945) mais pour une raison qui m’échappe encore, Tchernobyl occupe une place à part dans mon inconscient, peut-être parce que j’aime manger des champignons. 

Il manquait à ma collection radioactive la mini série Tchernobyl dont j’avais lu du bien un peu partout. Du bien oui, mais personne ne m’avait prévenu que ce serait si violent.

On s’imagine bien que ce fut moche, que le nombre de victimes fut énorme, que ce fut une catastrophe humanitaire et écologique sans précédent, mais le voir, le vivre, c’est une autre paire de manches. Ma femme n’a pas survécu aux trente premières minutes de l’épisode un. Pour ma part, je suis resté agrippé à l’accoudoir du canapé pendant les deux premiers épisodes d’une heure.

D’accord, d’accord, la série débutant sur un suicide, j’aurais dû me douter que ce ne serait pas de tout repos, mais quand même.

Passé ces deux premiers épisodes éprouvants, le ton se fait plus léger. Les chiens sont abattus en masse, les pompiers agonisent à Moscou, les liquidateurs reçoivent plus de rayonnement en quelques secondes que les victimes du drame d’Hiroshima et l’incendie est enfin maîtrisé. Tout va bien. Le cinquième et dernier épisode met alors en scène le procès où l’accident nucléaire est expliqué, minutes après minutes, où les responsables sont pointés du doigt. Et le plus grand responsable de cette catastrophe, fut assurément censure d’état, si l’on en croit la série.

Si vous aimez laisser la lumière allumée partout dans votre maison, si vous croyez en l’avènement de la voiture électrique, si vous voulez installer la climatisation dans votre maison, si vous chauffez vos pièces à 22 degrés, si vous laissez vos appareils électriques constamment en veille, regardez donc la série Tchernobyl et imaginez que vous habitez la belle ville de Pripyat, peut-être que cela vous aidera à réfléchir.

Officiellement 31 personnes sont mortes des suites de Chernobyl, officieusement et selon les sources, l’accident de la centrale nucléaire aurait fait de 4000 à 100000 victimes.

De bonnes raisons de mourir

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Le même jour, je me rendais chez mon libraire, L’Ill aux Trésor, pour commander deux livres aux titres évocateurs : “Derniers mètres jusqu’au cimetière” et “De bonnes raisons de mourir”, tout un programme. Le premier était pour mon épouse, le second pour moi. Mais rassurez-vous, nous allons bien.

C’est en lisant le blog de Gruznamur que j’ai eu envie de me plonger dans le livre de Morgan Audic. Un polar se passant dans les environs de la centrale de Tchernobyl avait tout pour me séduire. Car oui, je l’avoue, l’accident nucléaire de 1986 m’a toujours fasciné. Tchernobyl et Pripyat ont inspiré bien des artistes, Steve Rothery avec l’album The Ghosts Of Pripyat, Philippe Luttun et son The Taste Of Wormwood ou la bande dessinée de Emmanuel Lepage, Un Printemps A Tchernobyl.

Un meurtre sordide se produit dans la ville fantôme de Pripyat. Deux enquêteurs sont sur l’affaire, un privé à qui son médecin lui laisse peu de temps à vivre, un milicien en poste à Tchernobyl qui espère retrouver un poste à Kiev, loin des radiations.

Norgan Audic nous livre un polar écologique haletant sur fond de guerre du Donbass dans les paysages irradiés de Tchernobyl. Nous rentrons dans la zone d’exclusion de la centrale nucléaire, ses villages en ruine, ses dangers, ses mystères, nous découvrons l’Ukraine de l’après chute du mur de Berlin et un tueur assouvissant une terrible vengeance.

Pour tout vous avouer, plus que l’intrigue, ce sont les décors qui m’ont passionné dans ce livre, cette description de l’Ukraine contemporaine, cette guerre du Donbass dont les médias parlent assez peu et cette catastrophe nucléaire qui aura tué directement et indirectement des milliers de personnes et qui continue aujourd’hui de décimer la population. Visiter les ruines de Pripyat en compagnie des enquêteurs, rentrer dans des immeubles évacués en urgence par la population, découvrir le récit, même imaginaire, de ceux qui ont survécu, rencontrer des personnes revenues vivre dans la région irradiée, découvrir toute l’horreur de ce drame, voila la force de ce roman.

Mais n’oublions pas l’intrigue, car elle est consistante. Des meurtres se produisent à Pripyat, des corps mis en scène avec minutie, des victimes toutes reliées entre elles par cette nuit du 26 avril 1986 où le coeur du réacteur n°4 à fusionné. Les personnages de Morgan possèdent beaucoup de force, Melnyk, l’ancien milicien travaillant dans la zone, Rybalko l’enquêteur, né à Pripyat, à qui il ne reste que quelques mois à vivre, Ninel, l’ornithologue écologiste, Sokolov, l’ancien ministre corrompu, prêt à tout mettre en oeuvre pour éliminer le tueur.

Ne manquez pas ce livre, il est passionnant et palpitant.