Hérésie cathare

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En septembre dernier, je changeais de fonction dans mon administration. Nouvelles compétences, formations, mise en pratique, je suis depuis quelques mois opérationnel et autonome.

Mais voila, c’était sans compter sur la réforme de notre organisation.

Je vais disparaître.

Bien entendu je ne suis pas le seul, en fait presque tout le monde va disparaître chez nous, services, agents, mais pas les métiers. Alors qui va faire le travail soit disant indispensable et très chronophage ?

Ma hiérarchie me demande de transférer mes compétences à des collègues qui travaillent dans toute autre activité. Voila neuf mois que je suis arrivé, tout juste formé et opérationnel et ma direction me demande de transmettre des connaissances fraîchement acquises à d’autres agents. Pas un seul instant il n’a été question de ce que j’allais devenir. Si je ne fais plus le travail pour lequel je viens d’être formé, que vais-je faire à la place, où vais-je travailler, que vais-je devenir ?

Notre DRH nous envoie des liens de sites de recrutement de la fonction publique et territoriale, des annonces de concours, des postes soit disant éligibles au travail à distance mais qui ne le sont pas en réalité.

C’est bête, mais j’aime mon nouveau métier. Cela faisait huit ans que j’espérais ce poste, que j’attendais qu’une place se libère.

Les services se défont, sont centralisés, les agents travailleront bientôt presque tous à distance avant qu’on ne les force à migrer vers le sud pour écraser l’hérésie cathare. Le ministre est pressé, il faut que cette réorganisation aille vite, d’ailleurs il a débloqué près de trois millions d’euros pour accélérer l’opération.

Initialement implantés dans chaque département dans les années quatre-vingt-dix, nous nous sommes réfugiés dans les bastions régionaux, abandonnant les terrains de la proximité pour toujours. Puis nous avons renoncé à ces fortifications avancées où ne veillent plus que de vieux croisés fatigués. De plus de cent-vingt places fortes, nous sommes passés à neuf, bientôt il n’en restera qu’une, au bord de la Garonne. Pour combien de temps encore ?

Vous me direz, ça pourrait être bien pire, notre belle assemblée pourrait mettre un terme au statut autrefois si convoité de fonctionnaire…

Ma valise en carton

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Partir en voyage, c’est également préparer ses bagages. Il faut penser au nécessaire de toilette, aux vêtements, mais également à occuper les longues soirées pluvieuses. Pour que je me sente bien quelque part, il me faut toujours de la lecture et de la musique. Pour la musique, je fais le plein de mon iPhone avant de partir et je n’oublie pas mon casque. Pour la lecture c’est plus compliqué, il me faut plusieurs livres, imaginez que le premier soit barbant et que je dévore le second… Donc trois livres pour une semaine, c’est le minimum syndical. Et comme je ne suis pas adepte des liseuses, le poids de bagages devient rapidement important. Lorsque le séjour est long, j’aime bien emmener une console et quelques jeux, surtout si je suis seul, une console portable bien entendu car sinon il faudrait emmener un écran. Long séjour signifie retard dans le webzine, et pour gérer le webzine, les mail, les chroniques, les articles, il me faut un PC. Pour chroniquer, ne pas oublier le bic et le bloc note. Enfin, lorsque je pars loin, j’aime faire des photographies du lieu où je me rend, il me faut donc un appareil photo et au moins un objectif. Et surtout ne pas oublier d’emporter une série TV au cas où je n’aurai pas envie de lire, d’écouter de la musique, de photographier ou de jouer.

Résumons, je partais pour cinq jours à Toulouse. J’ai donc emporté dans ma valise :

  • une trousse de toilette
  • quelques vêtements
  • trois livres
  • une série TV
  • mon iPhone avec un casque
  • le PC portable
  • la Switch
  • le Nikon avec le 18-140mm
  • un crayon et un bloc notes

Même moi je me fais peur certains jours.

Oh Toulouse

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Après cinq années à Rennes, c’est dans la ville rose que j’ai terminé mes études. Dix-huit mois de vent d’Autan, de température à 40°C, de castagne et de cassoulet. Une fois en poste à Strasbourg, j’ai pris l’avion pour Toulouse à six heures du mat plus de quatre fois par mois pendant trois années, Strasbourg – Metz Nancy Lorraine – Toulouse, Toulouse – Paris – Strasbourg, Strasbourg – Lyon – Toulouse et parfois un Toulouse – Strasbourg direct. En trente années, la ville a bien changé et l’espace réservé au diesel a peu a peu été récupéré par les piétons. Mais malgré tout ces efforts, je n’aime toujours pas la capitale Cathare. L’acceng, le bout du con, le paing, la chaleur, le tempérament bagarreur, le bordel organisé et le pôle nord au-dessus de la Loire, tout ça m’horripile. Je déteste aller à Toulouse.

A l’heure où vous lirez ces lignes, je serai à Toulouse, pour une semaine de stage, sans fibre, sans ma chaîne stéréo, sans mes vinyles, entouré d’estrangers bruyants buvant du pastaga flatulant en digérant les haricots mal mâchés de Castelnaudary. Une semaine, loin du centre ville pour doubler la punition, dans la banlieue, non loin du Mirail où ça craint rien qu’un peu. Je suis au bagne.

Et qu’on ne me dise pas, “oh tu as de la chance, Toulouse c’est une belle ville, il fait beau là bas…”, car non, il ne fait pas beau, il fait très chaud juste certains jours, sinon ça caille, et puis je n’aime pas le rose. En plus de ça, je vais me retrouver sur les bancs de l’école, assis à écouter sagement des intervenants de tout poils. Je déteste être à l’école, je déteste Toulouse.

Seul bon côté, pas de vaisselle à faire, pas de courses à faire, la soirée de libre avec pour seule occupation la lecture, un peu de musique sur iPhone et la Switch pour passer mes nerfs. Je vais pourvoir avancer dans pleins de jeux.