Photographier les étoiles – la monture équatoriale

Nous avons vu dans un précédent billet qu’avec un simple trépied et un appareil photo, il était déjà possible de réaliser des images du ciel. Mais nous avons vu également que le temps de pose était fortement contraint par la focale de l’objectif utilisé et la rotation de la terre.

Il existe une solution pour s’affranchir du mouvement de rotation de la terre, la monture équatoriale. Il s’agit d’un équipement, souvent motorisé, qui va compenser le déplacement apparent de la voute céleste. La monture se fixe sur un trépied et appareil photo ou tout autre instrument, comme un télescope, sur la monture.

Il existe de nombreuses montures équatoriales prévues pour supporter des équipements plus ou moins lourds. Les montures sont généralement lourdes et relativement encombrantes, il est donc important de bien la choisir avant de se lancer dans un achat.

Le critère le plus important à prendre en compte est la charge supportée par la monture. Si le constructeur annonce X kilos, appliquez un facteur 2/3 pour l’astro photographie. Donc si notre monture supporte 9 kg, votre matériel ne devra pas dépasser 6 kg. Ne comptez pas le poids des contre-poids dans ce calcul. Car oui, il faut souvent ajouter des contre poids pour équilibrer une monture équatoriale.

Un appareil photo pèse 0,5 à 1 kg avec un objectif qui peut aller jusqu’à 3 kg. Donc pour une monture équatoriale supportant juste un appareil photo, tablez sur un poids de 3 kg, soit une monture qui supporte une charge théorique de 5 kg comme une monture Skywatcher Star Adventurer par exemple.

Comprenez bien que cette ‘petite’ monture pèse déjà ses 7.5 Kg avec le trépied et le contrepoids. Ne comptez pas partir en randonnée avec un tel matériel ou alors musclez-vous avant.

Monture équatoriale Star Adenturer

L’installation d’une monture équatoriale va demander plus d’efforts qu’un simple trépied photo. Vous allez tout d’abord devoir orienter le trépied vers le nord (pour l’hémisphère nord) et le mettre à niveau. Ensuite vous allez installer la monture dessus et réaliser un alignement polaire. Cette procédure consiste à aligner finement la monture sur le nord géographique. L’étoile polaire se trouve très proche du nord, donc un centrage de la monture sur celle-ci est suffisant pour de l’observation visuelle, pour la photographie, il faudra prendre en compte le petit décalage entre l’étoile polaire et le NCP, le pôle céleste nord. Généralement cette opération se fait avec un viseur polaire fixé dans l’axe de la monture mais il existe d’autres manières de le faire.

Télescope sur une monture équatoriale

Une fois la monture mise en station, l’appareil photo fixé dessus, pensez à équilibrer votre setup en positionnant l’appareil photo correctement et en plaçant les contrepoids sur la monture. Un mauvais équilibrage peut-être la cause d’un mauvais suivi.

Lorsque vous aurez réalisé la mise au point sur une étoile, il ne restera plus qu’à orienter votre appareil vers la zone du ciel que vous désirez photographier et mettre en route la monture (il vous faudra une batterie ou des piles selon le modèle).

Là, comme précédemment avec la photo sur un simple trépied, vous aller pouvoir lancer des poses longues, mais cette fois sans être limité par la focale de votre objectif. Votre limite de temps sera fonction de la bonne mise en station de votre monture et de la qualité de celle-ci. Selon le matériel et votre savoir faire, vous pourrez réaliser des poses unitaires de 30 secondes à 2 minutes.

M 82, Galaxie du Cigare, focale 400 mm, f/d 9.5, 67 secondes de pose

Mais tant qu’à faire, pourquoi ne pas réaliser plusieurs photographies que vous allez pouvoir cumuler ? L’intérêt d’accumuler des images est d’augmenter les détails et de réduire le bruit présent sur l’image. Pour ce faire vous pouvez utiliser un intervallomètre au lieu d’appuyer sur le déclencheur photo après photo. Certains boîtiers photo sont dotés d’un intervallomètre intégré.

Intervallomètre

Mais qu’allez-vous faire avec toutes ces images ensuite ? Vous allez les empiler à l’aide d’un logiciel comme Siril, DeepSkyStaker ou Sequator pour ne citer que ceux qui sont gratuits. Pour ma part j’utilise PixInsight qui est payant ou Siril, mais c’est parce que je fais plus qu’empiler les images.

M 27, Nébuleuse Dumbbell, 19 images de 30 secondes empilées sous SIRIL, focale 2000 mm

Ces deux photographies sont relativement affreuses, car je n’ai utilisé une monture équatoriale avec un appareil photo qu’à mes touts débuts et très rapidement je suis passé à du guidage et une caméra astro au lieu d’un APN. Mais cela fera l’objet d’un prochain article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.