Elon Musk, un kidnapping, l’IA, quel étrange roman que la confrontation. Mon épouse l’avait acheté par erreur et lu sans conviction, personnellement, je l’ai adoré.
Le sujet semblait des plus commercial, Elon Musk kidnappant une classe de maternelle pour faire comprendre au monde que les humains courent à leur perte avec l’IA.
Le roman de Clara Dupont-Monod raconte surtout la confrontation entre Emile, le négociateur et Elon, le kidnappeur, en profitant pour philosopher de manière accessible aux non philosophes sur de nombreux sujets comme l’IA bien entendu, mais aussi le pouvoir, les réseaux sociaux et d’autres.
Le livre possède un quelque chose du Monde de Sophie, mais en version riche en rebondissements et surtout beaucoup plus court.
Je ne suis pas un adorateur du patron de Space X, je n’utilise pas l’IA, je n’envoie pas de messages sur Twitter et mes enfants ne sont plus en maternelle. Toutefois j’ai bien aimé les réflexions de l’autrice et les dialogues entre les deux principaux protagonistes de l’histoire.
La confrontation est un petit roman presque léger qui soulève néanmoins quelques problématiques intéressantes. Un livre distrayant et intelligent.
Ça commence à se savoir que sur Strasbourg il y a un hurluberlu qui photographie les concerts associatifs juste pour le plaisir.
C’est comme ça que j’ai été sollicité pour immortaliser une chorale en pleine action. Je l’ai déjà fait pour le Bon Tempérament à plusieurs reprises mais je ne vous cache pas qu’une chorale, ce sont des chanteurs immobiles en rangs d’oignons reprenant des tubes souvent sans musiciens. Bref ça ne m’emballe ni pour le visuel ni pour le sonore.
N’empêche j’ai accepté pour trois raisons :c’était demandé gentiment, la chorale reprenait du hard rock et ça se jouait au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, une très grande salle à l’esthétique des plus intéressantes où je n’ai été, jusqu’à présent, que spectateur.
Le concert commençait dimanche à 18h mais le chef de choeur préférait que je sois présent dès le début des répétitions à 13h30 pour photographier les coulisses du concert. Ça m’allait également car j’aime bien prendre mes marques dans une salle que je ne connais pas et si je peux en bonus prendre en cachette des photos des artistes en dehors du spectacle lui-même, je suis aux anges.
La salle est vraiment impressionnante pour un photographe habitué aux jauges de trois cent personnes. Elle peut accueillir jusqu’à mille huit cent spectateurs. Je dispose même une loge spacieuse pour ranger mon matériel et me poser. Par contre j’ai du mal à envisager la manière dont de vais pouvoir évoluer et shooter devant cent-vingt choristes, un chef et un groupe de rock avec chanteur.
Une équipe vidéo va capter le concert, quatre caméras fixes et deux mobiles avec qui il va falloir se partager la scène. Je peux naviguer dans la salle, monter sur scène, me placer derrière les choristes, autant dire que je vais beaucoup marcher.
Lorsque j’arrive, les musiciens règlent la balance avec les techniciens. Je reconnais le batteur et le chanteur du groupe Los Dissidentes Del Sucio Motel que j’ai eu l’occasion d’écouter en live.
Thomas, le chef de l’ensemble, ne tarde pas à envahir l’espace avec son choeur. Il n’est pourtant que 14h mais ils ont beaucoup de choses à mettre en place comme la rentrée sur scène, la sortie, les balances et une mini répétition.
Je mets ce temps à profit pour prendre mes marques, savoir où me placer pour tel ou tel cadrage et m’accoutumer aux éclairages de la salle.
A 17h tout est en place, les artistes rejoignent leurs loges pour faire un break avant le grand saut. A ce stade, j’ai déjà fait pas loin de 200 photos. Il va falloir que je me calme.
Vers 17h30 le public commence à rentrer dans la salle Erasme. Cela devient tout de suite plus impressionnant. L’équipe vidéo se prépare et je fais de même.
Au son des cloches de ‘Hell’s Bells’, dans une lumière rouge satanique, les chanteurs habillés en rouge et noir, s’installent sur les gradins, comme à la répétition. Thomas, le chef de choeur, vêtu d’une cape, descend au milieu du public pour rejoindre la scène et c’est parti pour deux heures de show.
L’ensemble enchaîne sans complexe des classiques de Deep Purple, Évanescence ou Black Sabbath. Certes, malgré l’énergie des choristes et la musique du groupe, l’ensemble n’a pas la même niake que les pièces originales, n’empêche, ça fonctionne plutôt bien. Si les choristes sont immobiles, sinon ça aurait un sacré bordel quand même, le chanteur de LDDSM et le chef de choeur se démènent pour occuper la vaste de scène de la salle Erasme.
Le public, acquis d’avance, est en liesse et chante parfois avec l’ensemble Catharsis. Toutes les générations semblent représentées dans la salle, il faut dire que beaucoup d’amis et membres des familles des choristes sont présents.
Comme les caméramans se promènent sans vergogne devant le public et que je suis le seul photographe, je commence moi aussi à grimper sur les planches pour me rapprocher des choristes, photographier les spectateurs et varier les angles de vue. J’essaie surtout de capturer le groupe avec les chanteurs ce qui n’est pas vraiment aisé. C’est assez physique, la salle est large et profonde , alors j’essaye d’optimiser mes déplacements.
Après deux heures de classiques de hard-rock et deux rappels, le concert prend fin sous les acclamations du public. Je suis déshydraté, affamé et j’ai plus de cinq cents photos exploitables dans les cartes mémoires des appareils. Je vais avoir beaucoup de travail une fois rentré à la maison.
Je ne vous cache pas que photographier une chorale de cent vingt chanteurs dans une grande salle de concert fut une expérience assez unique pour moi. Je be regrette pas d’avoir sacrifié un dimanche après-midi à l’exercice d’autant que j’ai sorti quelques belles images. Le chef de choeur a gardé les coordonnées, il est donc possible que je renouvelle l’expérience l’année prochaine.
Mais pour l’instant, mon prochain shooting aura lieu en extérieurs avec Toïtoïtoï place Kleber le 27 juin.
Parfois, je tombe sur des albums étranges comme Stack Overflow In Corpse Pile Interface du groupe A Forest Of Stars. Rien que le titre fait peur et vous n’avez pas encore entendu la musique.
Évidemment, c’est Stéphane Gallay qui a recommandé ce truc improbable, sinon je ne l’aurai pas trouvé tout seul.
A Forest Of Stars se définit comme un groupe de black metal britannique. Moi, je parlerai de black metal folk ambiant progressif. Un narrateur enroué et une chanteuse se rencontrent sur un metal plein de claviers et de violon.
Stack Overflow In Corpse Pile Interface est formé de seulement six morceaux dépassant les dix minutes pour une heure et quart de musique.
Comme le dit très justement Stéphane, le narrateur torturé possède un je ne sais quoi de Fish chantant sur le premier album de Marillion, Script For Jester’s Tear. Mais la comparaison s’arrête là.
Le chant récitatif est aussi comparé au travail de la chanteuse de new wave britannique Anne Clark. Je veux bien le croire, mais j’ai toujours snobé la new wave alors je n’en sais rien.
Le violon joué par Katheryne, et qui constitue un des piliers de la musique du groupe, ne sort clairement pas d’un grand prix du conservatoire. Il est joué à tzigane, accentuant le côté folk rugueux de la musique. Guitares, basse et batterie ajoutent encore un parfum sauvage à l’écriture de A Forest Of Stars.
Si le premier titre ‘Ascension of the Clowns’ ne vous fait pas flipper, c’est que vous avez le cœur bien accroché. D’autant que si vous lisez les paroles, vous risquez de devenir dingue. Et si vous les comprenez, c’est que vous l’êtes déjà.
N’empêche ou bien à cause de tout cela, Stack Overflow In Corpse Pile Interface est un album génial, unique, totalement frappadingue, dérangeant et beau que vous devez absolument découvrir, quitte à en perdre la raison.
Nous avons vu dans le précédent article, que pour photographier les étoiles en compensant le mouvement de rotation de la terre, nous pouvions utiliser une monture équatoriale. Cette monture va nous permettre, en fonction de sa qualité, de la focale de votre objectif ou lunette et de votre aptitude à bien la mettre en station, des photographies unitaires de 30 à 120 secondes. Ce qui est déjà pas mal.
Mais plus vos poses unitaires seront longues, plus vous aurez du signal sur vos photographies. Alors pour aller plus loin en astro photographie, une solution consiste à équiper votre Setup d’un guidage.
Le guidage est souvent une caméra associée à une lunette de courte focale et qui scrute les étoiles dans le même axe que votre appareil photo. Cette caméra envoie la position des étoiles à un ordinateur qui est capable de déterminer si celles-ci bougent dans le champ de la lunette. Si c’est le cas, l’ordinateur envoie alors un message à la monture équatoriale pour effectuer une correction.
Caméra d’auto guidage avec sa lunette
Oui, ça devient compliqué et coûteux. Vous allez avoir besoin d’une petite caméra astro, une lunette courte focale genre, d’un ordinateur, de câbles et bien entendu d’une monture équatoriale et d’un appareil photo avec un objectif fixé dessus, ou bien d’un instrument tel une lunette ou bien un télescope. Sans parler que tout ce petit monde va avoir besoin d’électricité, donc une batterie qui tienne assez longtemps.
Monture équatoriale avec lunette de 72 mm, appareil photo hybride, lunette de guidage, ordinateur et batterie
C’est avec ce Setup que j’ai vraiment débuté en astro photo. Une monture équatoriale légère, un trépied en fibre de carbone, une lunette de 72 mm de diamètre et de 360 mm de focale, un appareil photo hybride, une caméra de guidage couplée à une lunette de 30 mm de diamètre et de 150 mm de focale pour le guidage et un mini ordinateur de type Asiair.
C’est une solution, pas la solution. L’ordinateur peut être un PC portable avec une bonne autonomie, la lunette de guidage peu être remplacée par diviseur optique comme celui ci-dessous.
Diviseur optique qui se place entre la lunette et l’appareil photo
J’ai opté pour l’Asiair plutôt que l’ordinateur, tout simplement parce que c’est plus simple, du moins en apparence. Les logiciels sont pré installés, il n’y a qu’à brancher (correctement), paramétrer et ça fonctionne, enfin normalement. Si vous utilisez un PC ou un mini PC, il vous faudra installer les logiciels, paramétrer les équipements et vous creuser un peu la tête au début. L’avantage c’est que vous ne serez pas contraint par le matériel contrairement à l’Asiair qui fonctionne surtout avec la marque ZWO.
Avec ce genre de configuration, vous pouvez espérer réaliser des poses unitaires de 30 à 600 secondes ce qui va faire une grosse différence et en plus, l’ordinateur peut servir d’intervallomètre et même d’espace de stockage pour vos images.
Nébuleuse des dentelles du Cygne, 120 images de 60 secondesGalaxie d’Andromède, 130 images de 30 secondesNébuleuse de la tête de cheval, 41 images de 300 secondes
Mon prestataire internet, OVH, a eu la délicieuse idée de doubler les tarifs de mon hébergement web. Les montants mensuels passent de 3.59 € à 7.19 € TTC pour une offre Cloud Perso sans parler de la location du nom de domaine neoprog.eu.
L’an passé ils avaient déjà procédé à une hausse des tarifs. Bien sûr ils proposent à chaque fois plus de puissance, plus d’espace, plus de bases de données, mais pour que faire ? Mon blog attire vingt à quarante visiteurs quotidiens et deux cents spammeurs.
Donc je me suis dit, pourquoi ne pas m’auto héberger ? Après tout j’ai un serveur NAS à la maison qui pourrait faire le boulot, à condition de le laisser tourner vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Oui sauf que, je n’ai pas fait d’administration système depuis des années, sans parler du codage en PHP. Alors c’est compliqué.
J’ai rapatrié ma base de données OVH et le code de mes trois sites via FTP. Déjà ça, ce fut long. Ensuite j’ai installé sur mon NAS Synology un service web Apache et une base de données compatible avec MySql. J’ai installé la dernière version de PHP et j’ai déployé mon code ainsi que la base sur le NAS.
Evidemment, ça n’a pas fonctionné du premier coup. J’ai dû me replonger dans le code PHP et placer des drapeaux echo ‘coucou’; un peu partout pour trouver où le code plantait. J’avais par exemple oublié de monter l’extension MySql sous PHP 8.2, mis les mauvais comptes de connexion et une de mes classes PHP s’appelait Attribute, un mot qui est réservé en PHP 8.
Après il y a eu quelques erreurs détectées par PHP que la version 6 laissait passer sans problème, genre des débordements de tableaux. Mais après quelques heures, l’ancien site Neoprog (l’ancien webzine) tournait à nouveau sur mon NAS.
Ce que je n’avais pas anticipé, c’est qu’un site internet comme Neoprog, cela prend de la place, beaucoup d’espace disque en fait, et j’ai clairement dimensionné mon NAS à l’économie.
Alors après avoir passé des heures à bidouiller pour que cela fonctionne, j’ai tout désinstallé. Je n’avais plus d’espace disque pour lancer les sauvegardes du Mac. Et entre augmenter la capacité du NAS et payer l’abonnement OVH, le choix a vite été fait.
C’est Stéphane Gallay qui m’a vendu l’album Bellum II du groupe australien Aquilus il y a deux ans. Dans sa chronique, il comparait Aquilus à Wilderun, de quoi me mettre en appétit.
Pourtant, à l’époque, je n’avais pas cédé à la tentation, et c’est en découvrant, un peu par hasard, un autre album du groupe, Griseus sorti trois ans plus tôt, que j’ai décidé de donner une nouvelle chance à Bellum II.
Aquilus donne dans le black metal progressif symphonique cinématique à growl caverneux. Et c’est justement le chant qui m’avait découragé la première fois. Car après une magnifique ouverture cinématique, l’album balance une charge de grosse voix ténébreuse qui en découragerait plus d’un.
Il fallait manifestement passer le cap de ‘Into the Earth’ pour découvrir toute la complexité et la beauté de la musique d’Aquilus. Parce que lorsque vous arrivez au troisième titre, l’instrumental ‘A Solitary Demise’, il est difficile de ne pas tomber amoureux de cet album. Le piano classique s’invite alors de la plus délicieuse manière qui soit.
En huit morceaux, dont deux pièces épiques et presque une heure de musique, Bellum II donne un métal symphonique cinématique, entre romantisme et impressionnisme. Piano, violon, flûtes, chant lyrique, guitare acoustique à la Steve Hackett et black metal travaillent à l’unisson et même le growl, qui m’avait d’abord rebuté, trouve tout son sens.
Certains titres sont de facture assez classique, comme ‘High to Her Gloam’, d’autres sortent vraiment des sentiers battus. Ecoutez donc ‘Admidst Soughing Tristesse’ si vous n’êtes pas convaincu avec chanteuse lyrique Annemari Välipelto, le piano classique et la guitare mandoline.
Vous pouvez également jeter une oreille à l’instrumental ‘Sombre loom’ qui suit ‘High to her Gloam’. Un titre à l’écriture plutôt légère, en comparaison du reste de l’album, qui se rapproche plus d’un folk cinématique que d’un black metal symphonique.
Tout ça pour dire que Bellum II est un album d’une grande richesse qui puise son inspiration dans de nombreux univers musicaux dissemblables et arrive malgré tout, et même avec brio, à être d’une grande unité artistique.
Alors pas de doute, Bellum II est un chef d’œuvre du genre qui ne plaira sans doute pas à toutes les oreilles parce que de temps en temps, il tabasse quand même un peu fort. Mais ne faites pas comme moi, donnez-lui une chance, ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Il mérite plus que la découverte.
Les plus anciens de mes lecteurs se souviennent sans doute des épisodes de Zorro qui passaient en noir et blanc à la télévision.
Enfant, j’adorais cette série avec le sergent Garcia, le serviteur muet Bernardo, le cheval noir Tornado et bien sûr Don Diego qui la nuit devient Zorro, le justicier masqué.
En 2024, Jean Dujardin a eu le mauvais goût d’endosser la cape et le masque de Diego dans une mini série en huit épisodes.
Malgré un beau casting, André Dussolier, Grégory Gadebois, Eric Emosnino, Audrey Dana, nous n’avons pu dépasser de deuxième épisode.
Ce sont Emilie Noblet et Jean-Baptiste Saurel qui ont commis cette hérésie télévisuelle. Si visuellement la série réussit à convaincre, le scénario et l’humour à deux balles gâchent tout le plaisir,
Dujardin en OSS 117 c’était crédible, par contre en vieux Zorro sur le retour, c’est un désastre.
L’humour à deux balles ne passe pas, l’histoire du couple de Don Diego n’intéresse personne, le fantôme du père de Diego est ridicule, la batcave de la cachette de Zorro aurait pu être une idée amusante mais elle est traitée avec une lourdeur sans nom.
Le méchant est pathétique, Dujardin en fait des tonnes et finalement, il n’y a que le sergent Garcia qui est presque crédible.
J’ai cru comprendre dans mes lectures que la série originelle était une propagande anti mexicaine, et bien la nouvelle série, elle, est une propagande anti cinéma français !
Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.
Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.
Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup.
Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle.
Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…
J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.
Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.
Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.
Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.
Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir.
Cris Luna est de retour avec un nouvel album, A crown of pain. Ok il est lorrain et ce n’est sans doute pas un artiste majeur de la scène progressive ni même métal. Son univers est clairement plus orienté rock même s’il reste toujours à la frontière du progressif, un peu comme Deep Purple.
A crown of pain est le cinquième album studio de Cris depuis Babylon Child en 2011. Dix morceaux pour presque une heure de musique et une pièce de quinze minutes en trois parties. Des titres ancrés dans le rock, le blues et le psychédélique composés entre 2014 et 2018.
L’album débute avec la première partie du titre ‘Crown of pain’ sur un extrait biblique. Genèse 1:20 : “Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.”. Une excellente ouverture qui nous plonge directement dans l’univers de Cris Luna.
Et je ne dis pas ça parce que j’ai été au catéchisme, (personne n’est parfait), car s’ils avaient pu, les curés m’auraient excommunié à cause de mes questions dérangeantes et de mon impertinence.
La pochette champignon nucléaire chrétien rose sur fond de ciel bleu texan annonce la couleur et donne le ton très US de la musique.
L’album A crown of pain continue de manière plutôt tranquille sur des sonorités américana avec les titres ‘Number 12’ et ‘Ivory Sky’. Quand je vous parlais des inspirations prog de Cris un peu plus haut, ben justement, les trois dernières minutes de ‘Ivory Sky’ possèdent un quelque chose de Pink Floyd, encore que l’on peut se demander si Pink Floyd c’est bien du prog, mais je laisse ce débat aux vieux barbus intégristes.
C’est sur une musique électro rock western que Cris nous parle ensuite de la révolution de Février à Kiev en 2014 dans la chanson ‘Maïdan’. Le titre, plus nerveux que les deux précédents, s’achève sur un chant traditionnel, probablement ukrainien.
La pression monte d’un cran avec le quasi punk ‘Torn’. Bon du punk bobo avec des guitares bien jouées parce que Cris n’a plus l’âge de tout casser et que la crête bleue et verte dans les cheveux gris, ça ferait tâche, même si No Future.
Avec ‘Black Pearl’ on bascule dans l’univers du blues et ‘Morning sunbird’ nous surprend avec un poème de Bertolt Brecht, ‘Die Liebenden’, déclamé en allemand par Fritz Stavenhagen.
Mais c’est la seconde partie de ‘Crown of Pain’ qui a ma préférence. Le titre, de plus de onze minutes, oscille entre blues et psychédélique. Un morceau puissant, nettement plus dramatique que les autres, où le trio formé de Cris, de Nicolas Fageot et de Benoît Cazzulini donne tout ce qu’il a dans les tripes.
La dernière partie du triptyque calme le jeu un peu à la manière d’une repentance dans le style des floyds puis Cris conclut l’album sur ‘Not of this world’ joué par Jean Yves Jung au piano.
J’adore l’album A Crown of pain, mais j’avoue ne pas être totalement impartial parce que j’aime beaucoup Cris, l’homme qui se cache derrière l’artiste. Je l’album trouve plus personnel et plus accessible que son précédent disque The Musical War que j’avais pourtant beaucoup aimé.
Allez donc l’écouter et plus si affinités, vous le trouverez par exemple sur Bandcamp.
Le cyberpunk n’est pas un genre littéraire que je goûte particulièrement. Pourtant Rosewater m’a intrigué par bien des aspects. Tout d’abord le héros du roman est un nigérien vivant en Afrique ce qui n’est pas courant dans la science-fiction. Ensuite le monde virtuel dans lequel navigue le personnage principal est créé par des spores. Enfin, parce qu’il s’agit d’une rencontre d’une troisième type.
La ville de Rosewater au Nigeria, a poussé autour d’un dôme qui abrite une entité extraterrestre. Et une fois par an, ce dôme s’ouvre et les personnes malades ou blessés sont miraculeusement guéries.
Karoo est un réceptif, une sorte d’extralucide qui vit en symbiose avec les spores extraterrestres qui lui donnent des pouvoirs. Il commence par les utiliser pour voler les gens avant de se faire recruter par une agence gouvernementale, le S45.
Le roman de Tade Thompson navigue entre passé et présent, monde réel et virtuel. Si la première partie du récit est assez facile à lire, plus on avance dans les pages, plus il est difficile de savoir dans quel monde et quel époque on se trouve. J’ai trouvé le dernier quart du livre assez difficile à lire ce qui ne me donne pas envie d’aller plus loin dans la trilogie.
Ce livre n’en reste pas moins une curiosité dans le monde de la science-fiction, le genre de bouquin qu’il faut avoir lu au moins une fois lorsque l’on aime cette littérature.