Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 mai, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Photographier les étoiles – la photo au trépied

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Je rencontre régulièrement des personnes qui désirent se mettre à la photo du ciel. Ils faut dire que pour un non initié, les images que l’on arrive à sortir après une nuit de patience, sont toujours spectaculaires.

Les personnes qui nous voient en action avec tout notre matériel bardé de fils, scrutant sur une tablette ou un ordinateur les premières images accumulées par le setup, ont parfois envie de se lancer dans l’aventure.

A chaque fois, nous leur recommandons de ne pas bruler les étapes, de commencer avec une solution simple et d’évoluer progressivement si l’envie se confirme. Car l’astro photo est un loisir onéreux, nettement plus que la photographie et c’est également un passe temps qui demande un long apprentissage, même s’il existe de nombreux turoriels très bien faits sur internet.

Donc s’il vous prenait l’envie de vous lancer dans cette passion, voici quelques conseils pour commencer en douceur et sans vous ruiner.

Tout d’abord quelques préalables : il est préférable d’avoir déjà fait un peu d’astronomie et de posséder des notions de photographie. Il n’est pas nécessaire d’être un expert dans ces matières. Mais déjà admettre que la terre est ronde et savoir repérer la constellation de la grande ourse est un bon point de départ comme connaître le triangle d’exposition (vitesse, ouverture, sensibilité).

Ce que de nombreuses de personnes ignorent, c’est que l’on peut faire de la photo astro avec un simple appareil photo et un trépied. L’appareil doit permettre des temps de pose de plusieurs secondes, autoriser une mise au point manuelle et disposer d’un retardateur ou d’un déclencheur souple ou sans fil. Il est préférable de posséder un objectif lumineux de bonne qualité (avec un rapport f/d proche de 2.8) et un trépied bien stable.

Rotation des étoiles pendant la nuit

Comme la terre tourne sur elle-même en vingt-quatre heures, les étoiles semblent bouger dans le ciel. Et ce mouvement, aussi faible soit-il, va se remarquer sur vos photos si vous n’y prenez pas garde. Après, cela peu être l’effet recherché. Tout est permis.

Pour éviter ce filé d’étoile, retenez la formule suivante : temps de pose = 500 / focale de l’objectif, et ça pour un appareil photo plein format. Pour un APS-C il faudra diviser ce temps par 1.5, et pour un capteur 4/3, il faudra diviser ce temps par 2. Par exemple, si vous utilisez un objectif de 50 mm sur un boitier plein format, vous pourrez espérer réaliser des photographies avec un temps de pose maximum de 10 secondes. La formule est empirique et dépend du boitier et de l’objectif. Il faudra vérifier l’image en zoomant sur les étoiles pour vérifier quelles ne présentent pas de filé, surtout sur les bords.

Evidemment, si vous voulez photographier une galaxie ou une nébuleuse, il vous faudra une forte focale, au minium 135 mm et donc votre temps de pose sera fortement diminué. Donc la photographie avec un trépied et un appareil photo, sans compenser le mouvement de rotation de la terre, se fera le plus souvent avec des objectifs grands angle de 6 à 35 mm pour avoir le plus de temps de pose possible. Généralement avec ce genre de matériel, on photographie la Voie Lactée.

Maintenant, comment procéder ? Déjà, allez à la campagne, loin des éclairages publiques et de nuit. Prévoyez des vêtements chauds, un thermos, une lampe rouge pour ne pas vous éblouir et un siège de camping. N’oubliez pas votre appareil photo, idéalement réglé au préalable et le trépied.

Une fois arrivé sur place, fixez votre appareil photo sur un trépied, pointez la partie du ciel que vous désirez immortaliser et lancez-vous.

Si ce n’est pas déjà fait, réglez le temps de pose en fonction de la focale de votre objectif, réglez l’ouverture à la valeur minimale si votre objectif le supporte et réglez la sensibilité du boitier entre 1000 et 4000 ISO.

Vous allez devoir faire une mise au point manuelle en obtenant les étoiles les plus fines possible à l’écran, n’hésitez pas à zoomer à l’écran si vous pouvez pour être plus précis. Vous pouvez également vous aider d’un masque de Bahtinov pour réaliser la mise au point, mais c’est un peu plus compliqué. Programmez enfin le retardateur pour éviter un bouger et faite la photo. Il vous faudra certainement ajuster les précédents paramètres pour y arriver, mais cela devrait marcher après plusieurs essais.

De nos jours, les derniers modèles de smartphones, sont tout à fait capables de réaliser des photographies du ciel nocturne d’assez belle qualité, il existe même des modes préréglés pour le faire. Vous pouvez utiliser l’application Nocturne si comme moi vous avec un smartphone pas doué pour la photo.

Objectif 14 mm, 25 s de pose, ouverture f/d 2.8, 5000 ISO
Objectif 14 mm, 15 s de pose, ouverture f/d 4, 2000 ISO
iPhone SE et le logiciel Nocturne

Les comètes lumineuses sont de bonnes cibles pour ce genre d’équipement. Vous n’obtiendrez pas de grands détails de la queue mais vous pourrez réaliser de jolies photos de paysage.

Comète C2023 A3, objectif 24/70, focale 50 mm, pose de 5 s, ouverture f/d 5,6, 4000 ISO
Comète C2023 A3, objectif 24/70, focale 70 mm, pose de 6 s, ouverture f/d 2,8, 1250ISO

Avec un appareil photo et un simple trépied, vous pouvez également photographier la lune. Par contre cette fois, oubliez les objectifs grand angle et privilégiiez les grandes focales, de 200 à 600 mm voir plus.

La lune est une cible facile parce que lumineuse et elle donne de belles photographies. Vous pouvez photographier notre satellite jusqu’à une focale de 1500 mm si vous vous y prenez bien, et ça à l’aide d’un simple trépied.

Prenez un boitier plein format, un téléobjectif de 500 mm couplé à un doubleur et passez votre boitier en mode APS-C. Le temps de pose que je vous recommande est de l’ordre du 1/100 s pour contrer les vibrations et le mouvement de la lune mais vous pouvez descendre jusqu’à la seconde. Là encore, la mise appoint manuelle est recommandée mais certain appareils arrivent à gérer l’autofocus sur la lune. Pour la sensibilité, ce sera au jugé, en fonction de la phase de la lune et de sa hauteur sur l’horizon.

Lune, objectif 500 mm avec doubleur, focale 1000 mm, pose de 1/200 s, ouverture f/d 11, 500 ISO
Eclipse lunaire, 1 s, 5000 ISO, f/d 5.6, 500 mm

Vous pouvez enfin essayer de photographier les planètes Jupiter ou Saturne lorsqu’elles sont bien hautes dans le ciel, mais n’attendez pas de miracle non plus.

Jupiter, objectif 400 mm, temps de pose 1/40 s, f/d 9.5, 4000 ISO

Il est également possible de photographier le soleil, mais je vous le déconseille fortement sauf au coucher du soleil lorsque notre étoile frôle l’horizon et surtout avec les plus grandes précautions. Il vous faudra un filtre ND très puissant et en parfait état, car regarder le soleil à travers un appareil optique risque de vous décoller la rétine et détruire votre matériel.

Coucher de soleil, objectif 200/500 mm, focale 500 mm, 1/60 s, f/d 5.6, 80 ISO
Eclipse solaire, quatre images superposées, objectif 85 mm, 1/8000 s, f/d 11, ISO 100, filtre ND

Donc si vous voulez débuter en astro photographie et que vous faites déjà un peu de photo, pas besoin de vous ruiner. Prenez votre appareil et partez à quelques kilomètres de éclairages urbains, encore que pour la lune, vous pouvez la photographier sous un lampadaire.

La prochaine fois, nous parlerons de photographies avec des temps de pose supérieurs à 30s, à l’aide d’une monture équatoriale.

Ancestors – Suspended in Reflections

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un groupe qui n’est plus. Il s’est éteint en 2019, un an après avoir sorti Suspended in Reflections, son dernier album que j’ai découvert par hasard.

Ancestors est né à Los Angeles sous forme d’un trio en 2006 qui est devenu plus tard quintet et qui a composé quatre albums et un EP en douze années d’existence. Leur musique a exploré les univers du rock progressif, du psychédélique, du doom, du stoner voire même de l’expérimental et du jazz comme dans le morceau ‘Release’.

Suspended in Reflections est un petit album de six titres qui dure moins de quarante minutes et je ne vous cache pas que c’est trop peu. Trop peu parce que j’aime beaucoup leur univers.

Ancestors propose ici une musique confortable et mélancolique où les références au rock progressif sont omniprésentes. D’accord, de temps en temps, c’est un peu torturé quand même, sinon ça ne serait pas drôle, comme dans le titre final ‘The Warm Glow’, mais comparé au dernier album que je vous ai présenté mardi dernier, Suspended in Reflections est une promenade de santé.

La production est vraiment le gros défaut de cet album. Le son manque cruellement de dynamique et possède un côté noisy pas très recolleur. Les guitares ressortent bien mais tout le reste semble noyé dans le smog londonien.

Je pourrais reprocher également à Ancestors de manquer de personnalité, c’est d’ailleurs peut-être ce qui à sonné le glas de la carrière du groupe. La musique post-rock, doom, progressive, jazzy peine à trouver sa propre identité. Ceci posé, Suspended in Reflections est un album très agréable à écouter même s’il n’est pas révolutionnaire.

J’aime tout particulièrement ‘Into The Fall’ qui joue du violon et violoncelle sur une écriture post-rock et ‘Lying To The Grass’ qui débute sur du champ vocodé. Deux morceaux qui sortent clairement du lot sur cet album.

Après avoir écouté Suspended in Reflections, je me suis penché sur In Dreams and Time sorti six ans plus tôt, et j’ai été assez déçu. Les albums n’ont pas grand-chose de commun entre eux et on se demande même s’il s’agit du même groupe qui joue.

Que dire d’autre ? Pas grand-chose, Suspended in Reflections m’a bien plus et je vous y conseille d’y jeter une oreille ou deux à l’occasion.

Demain soir, je serai au Grillen à Colmar pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim, un concert à ne pas manquer.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

Les quinze ans d’ArpegiA

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Le 3 avril 2026, l’association ArpegiA soufflait ses quinze bougies. Ils invitaient pour l’occasion le groupe avec qui ils avaient débuté l’aventure, à savoir  Lazuli.

Le vendredi matin, j’avais décidé de partir les mains vides pour profiter de la musique. A treize heures, j’ai tout de même préparé un boitier photo avec un petit objectif photo 24-200 mm passe partout. A quinze heures, je le remplaçais par un objectif 70-200 mm plus professionnel. A dix-heures, juste avant de partir, j’ajoutais une batterie et un second boîtier photo avec un 24-70 mm pro. 

Car Lazuli jouait Chez Paulette, à Pagney Derrière Barine, pour les quinze ans de l’association ArpegiA. Et pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ça. 

Plein d’amis et connaissances patientaient devant la porte du Pub Rock en attendant l’ouverture. Bisous, accolades, poignées de mains, c’est ça les concerts d’ArpegiA, une grande famille qui se réunit trois fois par an pour autour de concerts de rock progressif.

A l’intérieur, une rétrospective en images, retraçait quinze années de concerts organisés par l’association, de belles affiches avec notamment Lazuli, premier groupe à avoir fait confiance à Michel, Christophe et Patrice, Pendragon, RPWL, Fish, Franck Carducci, Arena, Mostly Autumn, Peter Carlsen, Blind Ego, Ray Wilson, UPF et bien d’autres. Je n’étais pas présent pour toutes ces dates mais j’en ai vu beaucoup.

A 20h30 Lazuli monte sur scène pour un set en deux parties dont la première donnait la part belle à leur dernier album Etre et ne plus être. Le groupe est manifestement fatigué après une longue tournée, d’ailleurs Dominique nous raconte, non sans humour, les petits problèmes de santé que lui, Claude et Arnaud , ont eu ces derniers jours.

Ils sont fatigués mais voilà c’est Lazuli et ils donnent tout ce qu’ils ont dans la bonne humeur. Le public, venu nombreux retrouver nos amis troubadours, se pressent au premier rang pour les écouter. Comme bien souvent, les titres sur lesquels j’avais moins accroché sur leur dernier album ont trouvé tout leur sens en live. Et j’ai particulièrement aimé de retrouver les morceaux‘Triste Carnaval’ ou ‘Mon body se meurt’, peut-être aussi parce que je posais l’appareil photo quelques minutes pour mieux les écouter.

La seconde partie arrive très vite, trop vite à mon goût, alternant anciens et morceaux plus récents, saluant la mémoire d’Anne Gaëlle, partie il y a quelques jours, la chanteuse du groupe Monnaie de Singe, avec qui ils ont partagé l’affiche il y a quelques années dans cette même salle. Ils saluent également les trois mousquetaires de l’association ArpegiA ainsi que les petites mains qui font vivre le rock progressif dans ce village perdu de Lorraine. 

Après le duo d’improvisation éblouissant de Romain et Vincent, Dominique revient tout seul sur scène pour nous jouer un titre acoustique. Un rappel plus tard et une marimba à neufs mains, et ils nous laissent orphelins pour un dernier salut avant de nous retrouver peu après dans la salle pour quelques dédicaces et discussions à bâtons rompus. 

J’ai trouvé le concert vraiment trop court mais en réalité il était minuit passé lorsque les lumières se sont rallumées, je n’avais pas vu le temps passer. Plus de quatre cents photos s’étaient accumulées dans ma pellicule. Après plein de bisous, d’accolades et de poignées de main, j’ai repris la route de l’Alsace, les oreilles et les yeux remplis de musique et de sourires.

Une superbe soirée comme toujours avec Lazuli.

Merci à Lazuli, Arpegia et Chez Paulette pour cette magnifique soirée. On se revoit très prochainement à Pagney derrière Barine pour écouter Airbag !

Prochains concerts Iotunn au Grill le 15 avril, Monkeys on Mars a P8 le 25 avril, Airbag Chez Paulette le 24 mai et après on verra.

Toutes les photographies du concert sont ici.

Monosphere – Amnesia

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Ces temps-ci, je regarde souvent du côté de l’Allemagne et tout particulièrement vers la ville de Mainz.

Après The Aesthetic Voyager et son album Selfless, je vais vous présenter le groupe Monosphere et leur dernier bébé, Amnesia. Je suis tombé dessus par hasard en recherchant de nouvelles sorties de métal progressif. La pochette a attiré mon regard et la violence du growl combiné à une musique très progressive m’a tout de suite donné envie d’aller plus loin avec eux.

D’ordinaire, je fais toujours une première écoute de l’album sur Bandcamp avant de me décider à l’acheter. Dès le cinquième morceau d’Amnesia, j’ai commandé la galette.

Alors oui, je vous l’accorde, Kevin ne fait pas dans la dentelle avec son growl vomito mais il est également capable de chant clair comme dans ‘Idiomorph’ et cela combiné à une musique des plus mélodique, cela donne un album très dynamique et varié.

L’album est riche en claviers, avec même du grand piano dans ‘Allusion’. Il joue également de rythmique travaillée à la basse (‘Dissolve’) et la batterie et les guitares donnent amplement le change. Bref c’est de la bonne musique.

Amnesia avec neuf titres de une à dix minutes, propose de furieux contrastes vocaux et musicaux. Cerise sur le gâteau, l’album raconte une histoire d’amour et d’amnésie, si vous n’aviez pas compris le titre.

Deux invités, Jei Doublerice et Mark Garrett, prêtent leurs voix sur les titres ‘Nadir’ et ‘Dissolve’ et Justin Felder, qui a travaillé au mixage de l’album, joue également de quelques instruments.

‘Limbic’ est certainement un des titres les plus violents de la galette malgré sa courte durée. La musique part en dissonance quand le chant est du plus pur deathcore et la rythmique des plus saccadée. Les paroles ne font pas non plus dans la dentelle écoutez plutôt : “Le silence hurle, une cacophonie assourdissante, un vestige”.

Amnesia est bon, très bon, contrasté, écartelé, beau, grandiose. Oui tout ça à la fois !

Il rentre dans ma petite liste de mes coups de coeurs de l’année, alors foncez l’écouter d’urgence, enfin si vous aimez le métal.

God save the queen

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C’est une émission radio, Affaires Sensibles sur France Inter, qui m’a donné envie de visionner la série The Crown. J’en avais souvent entendu parler en bien, mais de là à me plonger dans l’histoire d’Elisabeth II, reine d’Angleterre, il y avait du chemin.

Oui parce que la famille royale, je m’en moque un peu, autant que de la vie de Sarkosy.

Je suis tellement à la ramasse en histoire que je croyais qu’Elisabeth II avait régné au cours la seconde guerre mondiale. Oui je sais, à treize ans… Du coup j’ai été quelque peu surpris de découvrir un Churchill décati avant de comprendre ma bêtise. 

La saison une de The Crown raconte l’histoire d’une jeune femme qui devient la reine d’un grand royaume après le décès prématuré de son père. La série raconte également les coulisses de la famille royale, l’étiquette, les scandales, bref tout ce qui passionne les britanniques.

N’étant ni royaliste ni anglais, The Crown m’a séduit par son souci du détail historique et par la reconstitution des décors et des costumes. Des épisodes qui mélangent avec habileté le tournage aux images d’archives.

On y découvre une jeune femme fraîchement mariée qui doit renoncer à sa vie privée pour devenir la Reine d’Angleterre. On roule en Rolls Royce et en carrosse d’apparat, on enterre les morts dans les cathédrales et on déjeune, entouré de majordomes.

Ceci posé, après huit épisodes, j’ai estimé que la guillotine était une belle invention française. La vie des Windsors et leurs mesquines intrigues m’ont rapidement ennuyés. Alors je me suis arrêté là. Vive la république, vive Carla Bruni (non, je déconne… j’ai toujours préféré les cougars transgenres).

Le fantôme

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Après m’être fait la main sur des proies faciles, j’ai décidé de m’attaquer à des sujets plus ambitieux. Des petites choses presque invisibles qui se cachent des vivants dans les ténèbres. Pour disparaître à la vue de tous, ces spectres déjà très discrets, se terrent à proximité de brillantes lumières, qui par leur éclat, masquent les fantômes.

IC 63 est de ce genre, on la sort régulièrement pour la fête d’Halloween. Une nébuleuse de magnitude 13,3 pour sa partie la plus lumineuse, ressemblant à un fantôme, qui se cache près de Gamma Cassiopea, un phare bleu qui brille à la magnitude 2.13. 

Plus la magnitude est grande, moins l’objet est lumineux. L’œil humain peut voir des étoiles jusqu’à la magnitude 6, l’étoile polaire a une magnitude 2, la planète Venus de -2, la pleine lune -13, le soleil -27.

Une magnitude 13, dans ma lunette, c’est une lumière à peine perceptible même après cinq minutes de photographie. Après tout se tente, il suffit d’avoir les piquets.

Zéro degré, un vent de nord-est persistant, travail le lendemain, il fallait du courage pour monter au Champ du Feu. Mais la lune n’était pas encore levée et la nuit astronomique débutait vers 20h, laissant pas loin de quatre heures pour photographier avant que la constellation de Cassiopée ne soit trop basse sur l’horizon.

La première nuit, j’ai récolté pas moins de trente-six images exploitables soit trois heures de photographie. L’objet était visible, mais peu détaillé. Il me fallait plus de temps de pose pour obtenir une belle image. 

J’ai guetté une nouvelle fenêtre météorologique favorable pendant une semaine, montant même un soir pour rien alors que le ciel était incertain. Sept jours après la première série d’images, j’ai pu recommencer à shooter.

Le vent soufflait à 15/20 km/h, la température était proche de zéro. J’ai abrité mon matériel et moi même derrière la voiture pour faire paravent et j’ai relancé la session photo. Quarante images plus tard, c’est à dire presque quatre heures, j’avais emmagasiné ajouté trois heures et vingt minutes d’images de 300 secondes aux trois heures précédentes. Mon record à ce jour.

Le MacBook Pro n’a eu aucun mal à empiler ces 76 images de 300s. Après quelques minutes, j’avais devant les yeux le résultat de deux nuits de photographie. Au bout de trois tentatives de traitement des images, j’ai obtenu un résultat relativement satisfaisant.

Je m’étais déjà attaqué à la nébuleuse du fantôme l’an passé, mais hélas l’étoile avait totalement cramé mon image, la rendant quasi inexploitable. Le filtre Antila Triband a corrigé ce problème même si les imperfections optiques de la lunette Skywatcher transforment Gamma Cassiopea en phare bleu dans l’obscurité insondable.

Cette cible exigeante m’a donné confiance en moi et je pense qu’à l’avenir je vais m’attaquer à des objets moins connus et peu lumineux pour voir quelles sont les limites de mon setup.

The Aesthetic Voyager – Selfless

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Revenons en 2025 si vous le voulez bien même si 2026 s’annonce bien chargée.

Je suis tombé sur un trio allemand pas franchement connu en parcourant les achats de Gerlinde Roth que je suis sur Bandcamp. Il s’agit du groupe The Aesthetic Voyager né en 2013 et qui sortait en mai dernier son troisième album, Selfless.

Selfless ce sont huit titres de trois à six minutes pour moins de trois quarts d’heure dans la lignée de Porcupine Tree, The Pineapple Thief, The Urbane et même de Marillion. Du rock alternatif mâtiné de post-rock et de prog.

Il est évident que la pochette aurait dû attirer mon regard. Elle représente un astronaute en EVA tournant le dos à ce qui pourrait être la planète Mars. Difficile de faire plus accrocheur pour quelqu’un comme moi.

Mais en réalité, c’est le premier morceau, ‘The Holdout’ qui m’a donné envie de vous parler de l’album Selfless. Un titre qui commence sur un texte déclamé accompagné de quelques notes de guitare et qui se poursuit plus nerveusement en mode alternatif pour se terminer sur une écriture très progressive aux claviers vintages. Et tout ça en moins de cinq minutes.

Le ton de l’album est donné. Quelque chose entre Porcupine Tree et The Pineapple Thief.

Mais pourquoi vous ai-je parlé de Marillion alors ? La réponse se trouve dans l’instrumental ‘Moon Halo’. J’y retrouve quelque chose du titre ‘Lavender’ de l’album Misplaced Childhood. Mais je l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux.

Pour The Urbane (un projet de John Mitchell) écoutez le titre ‘Medecine’ par exemple. Une pièce rythmée au format radio, limite pop/rock, qui ne s’embarrasse pas de fioritures du prog ou du rock alternatif pour délivrer son message.

Mais je vous parlais également de post-rock au début. Vous allez pouvoir en entendre des éléments dans le troisième morceau, ‘Of Wonders and Horrors’ même si le titre est chanté.

Les seules informations que j’ai trouvé pour décrire cet album, ce sont deux  phrases lacunaires présentent sur le site du groupe : « L’album vous emmène dans un voyage au cœur du dépassement, des crises et de la découverte de soi. « , « Des titres qui explorent les différentes facettes de l’angoisse existentielle et de l’espoir retrouvé. ».

Selfless n’est sans doute pas l’album du siècle mais c’est une jolie découverte et je serai heureux de voir le trio en action sur scène s’ils ne passent pas trop loin de la maison.

Talamasca

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Avez-vous lu Anne Rice et sa saga sur les vampires ? 

La mini série Talamasca sur Netflix s’inspire de son univers et nous plonge dans l’univers occulte des immortels. 

Un jeune et avocat prometteur et fauché se fait recruter à New-York par Le Talamasca, une organisation secrète.

La mystérieuse Helen l’envoie en mission à Londres pour enquêter sur un artefact, le 752, qui contiendrait la somme de toutes les connaissances du monde des immortels.

Guy, notre héros télépathe, va y rencontrer des vampires, des sorcières, des cadavres et découvrir quelques un des secrets du Talamasca. 

La série de 2025 en six épisodes de moins d’une heure se regarde bien, même si vers le milieu de la saison, j’ai été un peu largué  par l’intrigue avant de retomber sur mes pieds. Après je regarde des épisodes avant de me coucher, ce qui n’aide pas à la concentration.

La distribution est à la hauteur de l’histoire avec Elizabeth McGovern (Helen) et Wiliam Fichtner (le vampire), deux acteurs que j’aime beaucoup et Nicolas Denton dans le rôle du jeune recruté.