Le jeu des mille bornes

Image

Dans le cadre de notre politique éco-responsable, nous électrifions notre parc automobile. Nous achetons des Zoe au rayon d’action réel inférieur à 300 km. 

Pour les recharger, nous avons commandé des bornes de recharge rapides deux fois 22 kVA. Avec de telles machines de guerre, une Zoe est chargée à 80% en trois heures ce qui permet d’aller sur un site en véhicule électrique et de repartir le jour même avec sans craindre la panne sèche ou la recharge en cours de route.

Mais pour installer ces bornes, il faut du courant triphasé et un abonnement adapté. Il y a également quelques petits travaux d’infra à prévoir, génie civil et électrique. Une poignée de milliers d’euros.

Cependant, souvent avant d’installer la borne, l’entreprise en charge des travaux, exige une pré-étude réalisée par un cabinet spécialisé. Encore quelques milliers d’euros à prévoir.

Pour alimenter un tel monstre, il faut un abonnement électrique à 72 kVA minimum, en fonction de la consommation du site où vous mettez en place la borne.

Il faut un tarif jaune ou C4, rien de comparable avec votre petit compteur électrique à domicile. Prévoyez des travaux lourds. Vous allez devoir changer la platine du compteur et installer un arrêt d’urgence en limite de propriété. 

Par chance, Enedis se charge de tout, moyennant quelques milliers d’euros.

Ce qu’Enedis ne vous dit pas forcément, c’est qu’il faudra également qu’un électricien pose un coupe circuit entre la platine C4 et le tableau électrique, un coupe circuit qui coûte lui aussi plusieurs milliers d’euros, sans parler de sa pose.

Ce qu’Enedis oublie également parfois, c’est que les câbles électriques qui alimentent la platine devront supporter 400 A et que ceux installés tiennent à peine le quart de l’intensité requise. Cinquante mètres de câbles enterrés à remplacer. Quelques milliers d’euros à ajouter sur la facture.

Le passage à 72 kVA va également mettre en défaut votre sécurité électrique. Les coupes-circuits présents dans le bâtiment seront bons pour être remplacés.

Pour finir, pour installer une borne, il faut une borne électrique, comptez quelques milliers d’euros également pour un modèle double 22 kVA.

Depuis sept mois, nous enchaînons les rendez-vous avec Enedis, Borne Solutions, des électriciens, des cabinets d’études, des réunions avec les services centraux, des déplacements au quatre coins de la France, tout cela pour tenter d’installer des bornes pour nos Zoe qui dorment sur les parkings depuis deux ans.

La première borne pourrait voir le jour au début de l’été. La seconde, peut-être en 2023, si le projet n’est pas purement et simplement abandonné. Dans la plupart des sites, nous allons renoncer aux bornes 22 kVA pour des 3.5 kVA, c’est à dire une grosse prise électrique qui charge une voiture en plus de huit heures.

En quelques mois la facture initiale a triplé, à croire que nous construisons un EPR. Et le plus drôle dans l’affaire, c’est que le ministère nous interdit d’acheter de nouveaux véhicules thermiques. Alors les Zoe patientent sagement, garées les unes à côté des autres, branchées pendant douze heures sur une prise électrique domestique et personne n’ose les conduire.

En attendant, nous prolongeons tant bien que mal la vie de vielles Clio diésel qui n’auront bientôt plus le droit de circuler, ZFE oblige. Espérons que d’ici là nous ayons des bornes ou des véhicules électriques à plus grand rayon d’action.

Je n’ai rien contre électrifier notre parc automobile, même si je me demande vraiment si ces véhicules sont si vertueux écologiquement parlant. Donnons-nous au moins les moyens de le faire correctement, achetons des voitures adaptées à nos besoins, trouvons des solutions raisonnables pour les recharges ou alors patientons encore un peu, en attendant que la technologie soit mature. Pour l’instant, nous perdons beaucoup de temps et nous gaspillons de l’argent pour rien.

Eco irresponsable

Image

La sauvegarde de notre planète passe par des gestes simples que nous pouvons tous mettre en œuvre au quotidien.

  • N’éclairez que la pièce où vous êtes, et uniquement s’il fait sombre. Mettez votre smartphone en mode avion sauf si vous attendez un coup de téléphone ou un SMS.
  • Coupez votre Box Internet lorsque vous ne surfez pas sur la toile.
  • Eteignez votre ordinateur si vous n’en avez pas besoin.
  • Débranchez tous les appareils qui restent en veille.
  • Fermez les radiateurs des pièces que vous n’occupez pas.
  • Ne prenez qu’une douche froide par semaine et changez de sous-vêtements lorsqu’ils tiennent debout tout seul.
  • Ne mangez que des protéines végétales produites dans un rayon de dix kilomètres autour de chez vous.
  • Portez des vêtements fabriqués en France, tissus compris.
  • Circulez à pied ou à vélo, à la rigueur, empruntez les transports en communs.
  • Trouvez-vous un fournisseur d’électricité verte. Renoncez aux énergies fossiles.

Je ne tire plus la chasse d’eau qu’une fois par jour, et encore à condition qu’un gros étron immonde ne flotte à la surface des eaux troubles. Je sens le choux de Bruxelles, les brocolis et la pomme de terre depuis des semaines à force de manger local bio vegan et lorsque je me suis brûlé la main avec le fer à souder au boulot, l’odeur de cochon roti a fait gargouiller mon ventre. La robe de bure est certes confortable mais elle irrite un peu ma peau de bébé crasseuse, question d’habitude j’imagine. A moins que ce ne soit déjà les puces et les morbacs qui me démangent. C’est le risque avec le manque de douche. Les canalisations de la chambre d’amis ont gelé hier soir. Tout le circuit de chauffage est désormais en panne et il fait très froid. Et je me suis cassé la figure en allant grignoter un brocoli cru dans la cuisine. Faut dire on n’y voyait rien et que de l’eau renversée avait gelé sur le carrelage. Mes collègues m’évitent en se pinçant le nez et ma femme est partie vivre avec un autre homme. Elle n’a jamais été très écolo non plus. Je me suis pas réveillé à l’heure trois jours de suite à cause du radio-réveil débranché et vu qu’à vélo j’ai deux heures de trajet pour rejoindre mon travail, je suis arrivé très en retard au boulot. La quatrième fois, j’ai voulu prendre la voiture pour arriver à l’heure, mais vu que depuis trois mois elle ne roulait plus, elle n’a pas démarré, batterie à plat. Mon employeur m’a bien envoyé un mail d’avertissement mais je ne l’ai pas vu faute de ne pas avoir rechargé mon téléphone portable. Du coup j’ai été viré. 

Le bon côté c’est que mes factures de gaz, d’électricité, d’essence ont fortement baissé. Heureusement d’ailleurs car avec le chômage et le gros salaire de mon épouse en moins, les fins de mois sont devenues difficiles. 

Alors j’ai rallumé le net avant que mon forfait soit résilié, pris une douche bouillante tant que le gaz n’était pas coupé, lavé mon linge trois fois à 90 degrés pour ensuite le passer au sèche linge juste à temps avant la coupure d’électricité et j’ai cherché un nouveau job. J’ai pris la première offre disponible. Un job mi-temps à deux heures de route de chez moi, sans transport en commun, juste ma veille voiture pourrie pour m’y conduire. Un travail dans une centrale thermique, celles qu’ils remettent en route pour compenser l’arrêt des centrales nucléaires.

Ce n’est pas facile de vivre en harmonie avec ses idéaux, parfois faut faire des concessions. Les écolo extrémistes à leur manière, font autant de mal à la planète que les gros dégueulasses qui nous noient dans leur merde.

Questions écolos

Image

Qui a le plus mauvais bilan carbone ? Ce vieux diésel rouillé ou la voiture sans plomb flambant neuve du concessionnaire ? 

Quel est l’impact de votre animal de compagnie sur la planète ?

Faut-il se faire livrer les achats ou bien aller les acheter dans des boutiques ?

La vente en vrac est-elle si vertueuse en emballage ?

Vaut-il mieux consommer du bio produit au Maroc sous serre ou une production locale de saison ?

Quel est le vrai bilan carbone d’une éolienne, d’un parc photovoltaïque, d’une centrale nucléaire ?

Quels sont les pollueurs ? Ceux qui produisent pour vivre ou ceux qui achètent pour se distraire ?

Quel est le pourcentage d’énergie perdu de sa production dans la centrale nucléaire jusque l’alimentation électrique du moteur de la Tesla ? 

Qu’est-ce qui est le pire ? Des EPR, des mini centrales nucléaires ou plein d’éoliennes ?

Qui émet le plus de méthane, un bovin dans un pré ou un toulousain dans sa voiture après un bon cassoulet ?

Quels sont les effets d’un degré d’augmentation de la température moyenne du globe sur le climat ? Et deux, trois, quatre, cinq ?

Qu’est-ce qui consomme le plus d’énergie ? Une recherche sur Google, l’envoi d’un email, regarder une vidéo de chat sur YouTube ou lire ce blog débile ?

Quelle mesure concrète notre gouvernement a-t-il pris en vingt ans pour endiguer le désastre climatique à venir ?

Comment décorer la maison ? Avec un sapin synthétique ou un sapin venu des Vosges ?

Faut-il voter pour un écolo aux déclarations crétines, une catin de droite, un facho médiatique, un populiste nombriliste, une blondasse skinhead ?

Je n’ai la réponse à aucune de ces interrogations pourtant essentielles lorsque l’on débat d’écologie, juste quelques idées préconçues et peut-être fausses. Et pour cause, tout le monde dit tout et son contraire, soit par bêtise, soit pour fausser le débat. Tout je dont je suis certain, c’est que notre planète se réchauffe et qu’il nous reste quelques années pour endiguer cette embolie monstrueuse. Alors réfléchissez au lieu de gober toutes les conneries dont on nous abreuve en permanence. Et faites le bon choix, celui de la planète.

La dinde

Image

Comme Valérie je partage les valeurs françaises : le pâté de volaille aux organes anormalement développés qui mangent sans faim, les arbres déracinés qui perdent leurs aiguilles, les fausses idiotes en maillot de bain et les pédales bourrées de produits illicites.

Bon j’avoue, je n’ai pas ma carte du LR que je n’ai jamais regardé le concours Miss France ni celui de l’Eurovision. Sans doute parce que je ne regarde pas le petit écran. 

Si j’adore le foie gras, particulièrement en croute de sel avec un Sauterne, je n’en mange plus, parce que honnêtement le gavage est une pratique assez révoltante. D’ailleurs sans devenir vegan ou végétarien, je commence à limiter fortement ma consommation de viande et de poisson.

Pour le pinpin c’est plus compliqué. Tous les ans je décore la maison, guirlandes, bouboules, étoiles et sapin. Ça fait fêtes et en Alsace entre grisaille et journées courtes -il fait nuit à 17h – on a bien besoin de ça pour ne pas déprimer. 

Pour les éclairages, d’ailleurs peu nombreux (deux guirlandes LED), je veille à ne les allumer que le Week-End quand il fait nuit et encore juste le soir de 17h à 22h.

Pour le sapin, je pourrais opter pour une version synthétique mais je ne suis pas certain que ce soit plus éco responsable. En plus, c’est très moche. Mon sapin pousse, absorbe du CO2 et après les fêtes je le broie pour en faire du paillage dans le jardin. Comme ça je me sens moins coupable.

Pour les cadeaux, on essaye également d’être raisonnable, un par personne, un truc utile de préférence, plutôt éco truc machin, acheté le plus localement possible et à un prix raisonnable. Bon j’avoue que les LEGO pour le fiston et le bidule à musique pour ma chérie ne remplissent pas toutes les cases. Par contre le sweat-shirt du petit dernier lui a presque tout bon, et croyez-moi, c’est pas évident.

Bref, sur les quatre symboles français selon sainte Valérie, je ne coche qu’une case. Je dois être un sang mêlé ou un de ces putains d’intellos bobos gauchos arnarchos débilos car je ne me reconnais pas dans sa France et ses valeurs. Je parlerai bien d’un pays d’accueil, de libertés, de tolérance, mais j’ai l’impression que ça n’est plus à l’ordre du jour. 

J’aimerais bien que la France soit un pays exemplaire pour son bilan carbone, l’accueil des migrants, la décroissance énergétique, la défense des droits sociaux, l’égalité mais faudrait pas croire au Père Noël non plus.

Nancy Reims Troyes

Image

8:00-10:00 Strasbourg Nancy – 15:00 – 17:00 Nancy Strasbourg

7:30-09:00 Strasbourg Reims – 15:00-16:30 Reims Troyes

14:00-15:30 Troyes Reims – 17:30-19:00 Reims Strasbourg 

Trois journées d’une semaine ordinaire en plein réchauffement climatique et mille kilomètres pour gérer des sites sur lesquels plus personne ne s’occupe de rien. 

Après les années décentralisation voici les années restrictions. Les centres perdent leur autonomie et leur agents peu à peu. Ils restent tout de même ouverts avec personne à bord pour garder le cap.

Les effectifs baissent et la zone de responsabilité augmente, dix bâtiments dans un rayon de 450 kilomètres. C’est la tournée des grands ducs, il faut visiter nos implantations une par une pour vérifier que tout va bien. Les chefs de service travaillent à Strasbourg, Paris ou Toulouse et les agents à plus de 500 kms d’eux.

Changer une ampoule devient un casse tête, prendre rendez-vous avec un entrepreneur une mission impossible. 

Les agents sur place ne sont plus de notre responsabilité contrairement aux locaux qu’ils occupent. Sur place, personne ne veut se charger de rien. « Je travaille pour Toulouse moi, ce n’est pas mon problème. », « Machin ne fait rien alors je ne vois pas pourquoi j’aiderai. », « C’est votre problème, pas le mien. ». 

N’empêche que ces personnes là sont dans nos locaux et se plaignent lorsque quelque chose va de travers.

Il faut alors prendre la voiture, le train, l’avion pour un rendez-vous avec un électricien, un plombier, un serrurier puisque personne sur place ne veut aider et que souvent les bureaux sont vides.

Nancy 10:00, la femme de ménage prend peur lorsque je déboule dans le centre désert. 

Reims 09:00, l’équipe au grand complet (trois personnes pour 120 m2) m’accueille en sauveur.

Troyes 16:30, deux agents assez spéciaux s’inquiètent de ma présence dans leur bâtiment bordélique où rien n’a été rangé depuis ma dernière visite.

Il faut vérifier les extincteurs, changer les ampoules, commander des détecteurs de fumée, jeter les meubles hors d’usage, vérifier le ménage, écouter les doléances, prendre rendez-vous avec des entreprises, étudier l’installation de bornes de recharge, livrer du gel hydroalcoolique, vérifier le parc automobile et essayer de responsabiliser les locataires. Mission Impossible.

On se veut exemplaire au bilan carbone en achetant des véhicules électriques et, grace aux réductions d’effectifs on doit traverser la moitié de la France en véhicule thermique pour effectuer un travail qu’une personne sur place pourrait effectuer. Joli calcul ! Officiellement la masse salariale baisse et on électrifie le parc automobile, économie, écologie, officieusement on dépense plus en prestations externes et déplacements et on pollue plus car les voitures qui disposent encore d’une autonomie suffisante, sont de vieux diesel Crit’Air 3 ou 4.

Nous avons tout compris.

Tout se complique

Hier, en payant mes courses à une caisse automatique, je me suis fait la réflection suivante : le monde devient bien compliqué.

Passez du gel hydroalcoolique sur vos mains.

Les étiquettes des produits alimentaires devient illisible : bio, circuit court, avec ou sans OGM, nutriscore, additifs, colorants, quantité nette, origine, AOC, ingrédients, date de fabrication, date limite de consommation…

Appuyez sur l’écran avant de scanner votre premier article.

Inviter des amis au restaurant consiste aujourd’hui à choisir entre boucherie, vegan, bio, végétarien, végétalien, japonais, indien, marocain, fromage ou mal bouffe.

Scannez votre article.

Avant de déclarer sa flamme à l’élu(e) de son coeur, il est plus prudent d’avoir réussi à déterminer si : il, ile, elle est marié(e), casé(e), hétérosexuel(le), bisexuel(le), homosexuel(le), troisième genre, abstinent(e) ou transgenre.

Scannez le bon code barre.

Le choix d’une casserole ne dépend pas de ce que l’on va cuire dedans mais sur quel type de feu on va la poser : gaz, plaque électrique, induction ou vitrocéramique.

Posez votre article scanné sur le côté.

Pour manger dehors il faut porter un masque et emporter son passe sanitaire sans oublier de prendre de quoi payer son repas.

Appelez une hôtesse.

Avant de mettre la main aux fesses d’une fille, il est plus raisonnable de s’assurer qu’elle est consentante, voire lui faire signer un formulaire d’agrément au préalable. Quelques personnes ont oublié cette formalité et s’en mordent les couilles.

Scannez l’article suivant.

De nos jours il est plus prudent de lire la notice d’un appareil avant de filmer ses vacances avec une perceuse électrique comme Gaston.

Appuyez ici si vous avez une carte de fidélité.

Pour démarrer une voiture, il n’y a plus de clef de contact, plus de pédale d’embrayage, plus de levier de vitesse, plus de frein à main. Il faut appuyer sur start, presser le frein, appuyer sur parking, passer la boite en mode D et sans un bruit le véhicule bondit en avant.

Insérez votre carte de fidélité.

Pour effectuer un virement bancaire, il faut une empreinte digitale, un code envoyé par SMS, un numéro tiré d’une grille de bataille navale, un nouveau code et une dernière confirmation digitale.

Scannez votre coupon de réduction.

Pour discuter avec une personne, il faut d’abord décider avec quel logiciel le faire, ce qui implique de lui envoyer un message, oui mais avec quel outil ?

Choisissez votre moyen de paiement.

Prendre une personne en photo dans la rue obéit à de nouvelles règles complexes et floues : cette personne est-elle dans une foule, est-elle le sujet de la photo, a-t-elle signée au préalable une décharge ?

Insérez votre carte de paiement.

Pour faire le plein de son réservoir, il faut trouver une borne de recharge électrique. Une borne compatible avec votre système de paiement, votre câble de raccordement, une borne qui n’est pas occupée et qui fonctionne.

Choisissez votre débit : immédiat, en trois fois, à crédit.

Sur les routes françaises, la vitesse est limitée à 30, 50, 70, 80, 90, 110, 130 km/h. Le GPS affiche toujours une autre indication que celle des panneaux. En Allemagne on passe à 30, 50, 100, 120 km/h et l’infini au delà. Les radars ont une tolérance de 5 km/h sous les 100 km/h et de 5% au-dessus. Alors, à quelle vitesse faut-il rouler ?

Confirmez votre choix.

Nous avons des codes pour tout, la carte bleue, le code PIN de la carte SIM, le déverrouillage du téléphone, le code de virement bancaire, le code d’accès en ligne à votre mutuelle, le 3D secure de la Visa.

Saisissez votre code.

Avant, il y avait le Super et le Diésel. Aujourd’hui à la pompe, il y a le GPL, le E10, le E5, le 85, le B7, le B10, le XTL, le LNG, le H2, le CNG, le LPG. Et où est-ce que je branche ma voiture électrique ?

Code erroné. Saisissez votre code.

Les pompes à essences sont encore plus compliquées que les caisses enregistreuses automatiques. Il faut choisir sa langue et son carburant en plus.

Retirez votre carte.

Pour traverser la France en voiture, il faut en plus du départ et la destination, sélectionner un trajet en fonction de la vignette Crit’Air de son véhicule et si elle est par bonheur électrique, en trouver un itinéraire avec des bornes compatibles avec votre voiture tous les 250 km.

Prenez vos courses et n’oubliez rien sur la balance.

Pour faire ses courses, il ne faut pas oublier d’emmener des sacs, afin de pouvoir les transporter jusque la voiture qui est garée sur le parking, pas loin de la borne de recharge électrique sur laquelle est branchée un gros SUV.

La fuite

Les énergies fossiles nous conduisent tout droit dans le mur avec 1.5, 2.0 voire jusque 5.0 degrés Celsius de réchauffement moyen de l’atmosphère sur l’ensemble du globe si nous ne faisons rien tout de suite.

La grande idée est donc de passer à l’électrique pour les trains, les cars, les camions, les voitures, les scooters, les vélos, les trottinettes et pourquoi pas les exos squelettes tant que l’on y est. Pour les avions ça n’est pas gagné, pas plus que pour les paquebots à voiles. Quant aux fusées de Space X, Blue Origin et les autres, y a pas de problème, tout est nominal. L’ascenseur spatial d’Asimov est en chantier.

Mais pour cela il faut produire du courant, beaucoup de courant et on vient de s’apercevoir que placer une lumière devant un panneau solaire ne suffisait même pas à allumer l’ampoule, d’où problème.

Qu’à cela ne tienne, il suffit de bâtir des EPRs, cette centrale miraculeuse qui ne fonctionne toujours pas à ce jour en France. Du coup le concept de mini centrale nucléaire fleurit un peu partout, plus petites, plus sûres, plus nombreuses, elles nous promettent des mini Tchernobyl sur tout le territoire. En attendant, elles n’existent que dans les rêves humides de nos ingénieurs.

Alors le mythe de l’hydrogène vert refait surface. L’hydrogène, transformé via une pile à combustible, fabrique de la vapeur d’eau et de l’électricité, c’est magnifique ! L’eau c’est propre non ? On se lave avec… Oui mais la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre (lisez Ravage de Barjavel), comme le CO2 où le méthane. Prout ! Oups, pardon ! 

Pour produire de l’hydrogène, à moins de le pomper directement dans une étoile, il faut de l’électricité, beaucoup d’électricité, oui mais attention, ici on parle d’électricité verte tout de même, ça change tout. On revient à l’ampoule qui éclaire le panneau solaire. Mais le pire c’est que l’hydrogène, en plus d’être explosif dans l’air (souvenez-vous d’un certain dirigeable allemand), est un gaz hautement volatile donc avec un fort potentiel de fuite. Et par malheur, l’hydrogène est un gaz à effet de serre indirect, c’est à dire que sa simple présence dans l’atmosphère favorise très fortement la création de gaz à effet de serre. Nous allons donc devoir faire très attention pendant le plein de notre SUV monoplace de deux tonnes à ne pas fumer ni à en verser à côté.

Nous continuons allègrement à nous gaver énergiquement alors que nous devrions commencer à nous serrer la ceinture. Mais quel homme politique aura le courage d’aller jusqu’au bout de la démarche ? Certainement pas la COP 26. L’Australie continuera de produire du charbon sous prétexte qu’il est plus propre que celui de ses voisins mais heureusement les chinois et les américains sont d’accord pour luter contre le réchauffement climatique. Comment ? Ils en discuteront en 2022… Nous voilà rassuré.

« Et dieu dans tout ça ? Il est dans les nues, c’est lui qui pète le plus. ». (Font et Val, Le Sport ).

 » Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

— Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

— Vous chantiez ? j’en suis fort aise.

Eh bien ! dansez maintenant. « 

J’ai la trique

Image

Je ne vais pas remettre en cause ici les décisions gouvernementales, je laisse ça à d’autres, je vous raconte simplement la réalité du terrain.

Les administrations doivent effectuer leur transition énergétique sous la pression de nos gouvernants. Isolation des bâtiments, modernisation des chaudières, végétalisation des toits, écopaturage, recyclage et fin des véhicules thermiques.

En début d’année nous avons donc reçu notre première Zoe. Une voiture électrique offrant 370 km d’autonomie théoriques c’est à dire 250 km par vent arrière en plein été sans clim à 90 km/h. 

Une Zoe oui, mais pas de borne de recharge. Oups ! Il faut plus de 12 heures pour charger complètement une Zoe sur une prise secteur. 

Si je fais un Strasbourg/Nancy aller-retour, je suis obligé de rester dormir sur place pour repartir le lendemain. Si je vais à Besançon, je n’arrive que le lendemain car il faut que je m’arrête pour recharger, si je vais à Troyes, cela me prends troyes jours pour m’y rendre, six aller-retour.

Alors bien entendu il y a des bornes de recharge sur la route et nous avons une carte pour les utiliser. 

Encore faut-il que la borne soit compatible avec la carte, que le câble électrique soit approprié, que l’emplacement soit libre et que l’appareil fonctionne. Pour la petite histoire un Strasbourg/Mulhouse aller-retour s’est achevé à 80 km/h pour économiser la batterie. À Mulhouse les bornes étaient hors service, occupées ou non compatibles et sur l’autoroute, la seule aire de repos avec recharge était fermée pour travaux.

L’ennui c’est que notre zone de responsabilité augmente alors que le rayon d’action des véhicules diminue et que l’on nous demande d’aller de plus en plus sur le terrain. Alors nous prenons le train ou l’avion et louons un véhicule thermique à l’arrivée… Question bilan carbone, y a comme un os.

Installer des bornes de charge rapide n’est pas une mince affaire. Généralement vous êtes obligé de changer votre abonnement et votre compteur et ça seulement si vous avez la chance d’être calé en triphasé. Sans triphasé votre borne ne charge pas votre voiture en quatre heures mais en huit. 

Afin d’installer les bornes, une équipe parisienne va parcourir la France en véhicule thermique accompagnée d’une seconde équipe chargée des travaux ainsi que d’un responsable de site. Trois voitures, cinq personnes, cinquante sites, de quatre cent à mille kilomètres à chaque fois. Faites le calcul. Et là je ne parle pas des travaux mais de la pré-étude. Car si nous avons commandé les bornes il y a six mois, étant donné la pénurie de matières premières, nous ne les aurons, au mieux, que dans six autres mois. Pendant ce temps, notre Zoe reste en charge la nuit et ne quitte jamais le département. Et comme dit si justement John Snow, l’hiver arrive.

Comptez aussi pour l’installation d’une borne, un nouveau coffret électrique, une centaine de mètres de câbles, quelques trous dans les murs et une grosse coupure de courant. C’est bête mais chez nous, couper le courant c’est un peu comme débrancher un patient sous respirateur. On meurt, et on a pas le droit de mourrir, du moins pas pendant la saison hivernale. Les coupures propres ne peuvent être réalisées qu’en été lorsque la situation le permet. 

Bref, nous ne sommes pas prêt de brancher la Zoe à une borne. D’ici là nous aurons peut-être reçu des directives pour rouler à l’hydrogène qui sait ?

C’est la crise

Image

Je lis partout que le marché du vinyle est en pleine crise et que les prix flambent. La faute à une trop forte demande à ce qu’il paraît. 

Ma faute ? C’est vrai que j’achète beaucoup de vinyles depuis quelques temps et que cela me pose de sérieux problèmes de stockage. D’autant plus que j’essaye de me procurer le CD en même temps pour des écoutes moins studieuses. 

Je n’ai pas encore constaté de flambée du prix de la galette noire chez mes fournisseurs habituels. Par contre j’ai été horrifié par l’explosion des frais de port, que ce soit pour les CDs ou les vinyles. 

Il y a peu j’ai renoncé à faire venir une galette depuis les U.S.A. à cause du transport qui doublait la facture. Un simple vinyle à soixante-dix euros, cela devient franchement dissuasif. 

J’ai commandé un CD au Brésil, le second album d’un obscur duo que j’aime beaucoup, le genre d’album tout simplement introuvable en Europe. Je l’ai payé plus de quatre fois son prix à cause du transport.

Autrefois je trouvais que faire venir un vinyle d’Allemagne était hors de prix, aujourd’hui je trouve ça très abordable en comparaison du Royaume-Uni et du continent américain. 

Etrangement, le double vinyle Aphelion, le dernier album de Leprous, ne m’a coûté que deux euros de frais de port. Sans doute venait-il de France.

Je me suis résigné à contre coeur à acheter de la musique sans support physique pour éviter de plomber mon budget pourtant généreux en ce qui concerne la musique.

Pourquoi de tels tarifs ? La crise sanitaire, des accords économiques, des taxes douanières, le prix du pétrole, du carton, du scotch ? Je n’en sais rien, je ne m’intéresse pas du tout à l’économie mondiale. Je sais juste que les prix des transports ont augmenté.

Les frais de ports flambent et après tout c’est une bonne chose. Cela me sensibilise d’autant plus au bilan carbone de les achats. Du coup, avant de commander depuis n’importe quel pays, un produit que je peux trouver plus près, je réfléchis un peu. 

La tentation est hélas grande d’acheter sur amatruc où les frais d’expédition sont offerts et où le colis arrive le lendemain, même le dimanche. Heureusement je résiste mais c’est la crise.

Sel Balamir – Swell

Image

Teeshirt : en chasseur d’images 2021

En 1956, le capitaine Cousteau dynamitait les atolls au nom de la science, éventrait les cachalots et massacrait les requins dans le documentaire le Monde du Silence. En 2021 Sel Balamir, le frontman du groupe Amplifier, lui rendait un vibrant hommage dans son album Swell avec la chanson ‘Jacques Cousteau’.

Moi aussi j’ai rêvé avec les expéditions de la Callipso lorsque j’étais gamin. Mais j’ai grandi et je ne rendrais certainement pas hommage à Cousteau pas plus qu’à Nicolas Hulot et son émission sponsorisée par le laboratoire Rhône Poulenc.

Le groupe britannique prog expérimental Amplifier n’a pas fait beaucoup parler de lui ces dernières années à part pour des rééditions. Et puis soudain Sel a annoncé un album solo.

J’ai eu ma période Amplifier  mais elle est derrière moi. Par contre j’étais curieux d’écouter ce que Sel Balamir pourrait proposer en solo. 

Swell est composé de trois morceaux très instrumentaux et relativement longs dont le fameux ‘Jacques Cousteau’. Une invitation au voyage de quarante minutes assis dans un canapé.

Pas de CD ou de vinyle pour l’instant, juste de l’ALAC et une image naïve peinte par Esther, un voilier voguant de nuit au clair de lune pour illustrer le massacre des cachalots.

‘Swell’ du haut de ses vingt minutes et quelques, dont plus de la moitié est instrumentale, n’échappera pas à la comparaison avec Pink Floyd, Nosound et Amplifier. Une musique toute en attente où le motif répétitif à la guitare appartient à Amplifier et où les digressions rappellent les Floyds. Niveau originalité ce n’est pas terrible, mais pour ce qui est de l’écoute, rien à dire c’est confortable.

Le capitaine du baleinier japonais dure le temps de mettre une douzaine d’ailerons de requins en conserve. Plus court et plus verbeux que son prédécesseur, il s’étend un peu moins sur la musique pour mieux explorer  les cimetières de cachalots et nager à dos de tortue géante asphyxiée. Le titre nous plonge sous la surface de l’océan de manière très visuelle avec une basse ronde et des notes de claviers telles des bulles remontant  à la surface. Ça fait mal de l’avouer, mais ‘Jacques Cousteau’ est une vraie réussite.

‘Seagull’ s’élève au-dessus des flots pendant un peu plus de neuf minutes au son d’orgues métalliques et d’une section rythmique assez présente. On ne peut pas dire qu’ici Sel se soit dépassé pour la composition. Sorti d’un long passage de guitare inspiré, la mouette de Tchekhov tourne en rond.

Swell permet de s’évader du monde pendant une quarantaine de minutes. Et si on passe la faute de goût (il ne savait peut-être pas après tout le pauvre), l’album est une jolie découverte.