J’ai eu l’occasion d’écouter Alcest en live à deux ou trois reprises. La dernière fois, c’était aux Dominicains à Guebwiller pour le festival Spirit in Black.
Alcest est un groupe de post black métal français que je connais mal pour la bonne raison que je n’ai jamais franchement accroché à leur univers musical. Mais comme ils passaient aux Dominicains, je me suis plongé dans leur album Les Chants de l’Aurore sorti il y a deux ans.
Et j’ai adoré… la pochette.
Les Chants de l’Aurore fait manifestement référence à la culture japonaise et au monde onirique. La musique n’a de black metal que l’étiquette. Et même si un peu de growl pointe son nez, c’est un shoegaze atmosphérique qui domine. Seule la batterie absolument fabuleuse de Winterhalter transmet son énergie aux sept morceaux de l’album.
Des morceaux de trois à presque neuf minutes pour un album de moins de trois quarts d’heure que je trouve pourtant assez long.
Je n’aime pas beaucoup le timbre du chant clair, au choix je préfère le growl. D’ailleurs en écoutant l’album, j’ai bien été en peine de savoir dans quelle langue étaient chantées les paroles et il a fallu que je cherche sur Internet pour réaliser qu’elles étaient en français.
Pour la musique, sortie de la batterie et de quelques claviers décoratifs, les guitares ne font pas vraiment d’étincelles exception faite de ‘Flamme Jumelle’. Résultat, je manque de stimulations tout au long de l’album.
Il y a pourtant des idées que j’aime beaucoup comme les cris aiguës dans ‘Komorebi’, le growl de ‘L’envol’, le court ‘Réminiscence’ au piano et violoncelle soutenu par des choeurs, le texte en japonais au début de ‘L’Enfant de la Lune’ et le délicat titre final ‘L’Adieu’.
Comme vous pouvez le constater, dans l’ensemble je préfère les formats courts de Alcest aux pièces de huit minutes et quelques.
Après avoir écouté et réécouté cet album sans parler de les avoir vus en concert, je ne suis toujours pas convaincu par l’univers du groupe même s’il possède une indéniable originalité. Ce concert et cet album furent l’occasion de découvrir un peu mieux ce groupe français.
De là à vous le recommander, c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, vous pouvez vous faire votre propre opinion en l’écoutant sur Bandcamp.
Cette chronique sera sans doute le premier et dernier live dont je parlerai cette année. Je n’ai pas pour habitude d’écouter des concerts enregistrés, je vais dans les salles bruyantes transpirer avec le public, c’est nettement plus drôle. Mais voilà, je suis tombé sur une vidéo Arte Concert du live du groupe God Is An Astronaut au Hellfest 2026.
Et entre les deux frères Kinsella, se tenait une belle violoncelliste que je connais bien, Jo Quail, alors j’ai regardé et écouté leur performance et ce que j’ai entendu m’a bien plu.
Il faut dire, le post rock en live, c’est toujours très différent. Parce que de base, je ne suis pas forcément un aficionados de God Is An Astronaut. Vous savez, le post rock et moi, ça n’a jamais été très simple.
N’empêche, après avoir visionné le live, je suis allé sur Bandcamp pour écouter le groupe, et je suis tombé sur leur live au Hellfest. Voilà comment, j’en suis arrivé à parler de God Is An Astronaut une nouvelle fois.
Live @ Hellfest dure seulement quarante-quatre minutes comme leur performance sur scène. Le groupe joue six morceaux tirés de quatre albums, All Is Violent, All Is Bright, Epitaph, Embers et The End of the Beginning, autant dire qu’ils ne font pas vraiment la promotion de leur dernier album Embers où jouait justement Jo Quail.
Ce qu’il y a de bien avec le post-rock, c’est qu’en live, ça s’énerve pas mal et ce Live @ Hellfest ne déroge pas à la règle. Bon, visuellement sur scène, il ne se passe pas grand-chose, mais dans les oreilles, c’est une tout autre affaire, tout particulièrement sur ‘Sceance Room’.
La présence de Jo Quail entre les deux frangins n’est pas du tout anecdotique, elle n’est pas là pour faire jolie plante entre deux guitaristes. Par contre, il faudra pousser un peu le son pour bien l’entendre lorsqu’elle ne joue pas en solo.
De six morceaux joués en live, c’est ‘Embers’ qui a ma préférence. Je n’ai jamais écouté sa version studio (il faudra que je le fasse un jour), mais cette version live possède plein de sonorités qui chatouillent mes oreilles. En plus le titre de presque neuf minutes déborde d’une énergie qui manque souvent au post-rock et que j’aime.
Si vous aimez God Is An Astronaut, j’imagine que vous avez déjà vu ce live, si vous aimez Jo Quail aussi probablement. Et si vous ne connaissez pas le groupe, ce live est une belle entrée en matière à mon avis, d’autant qu’il est téléchargeable à petit prix sur Bandcamp, alors pourquoi s’en priver.
Cet été je ne mourrai pas d’ennui. Déjà parce que je travaille, ensuite parce que j’ai vraiment un planning chargé.
Les dimanches après-midi, je monte au Champ du Feu pour tenir la permanence d’une exposition. Certains vendredi soir, je donne des conférences devant un public clairsemé. Les nuits claires, je monte dans les Vosges pour ajouter des heures à des projets astronomiques. Et lorsque le soleil se lève, je retourne au travail, un peu fatigué.
Cette année, en plus de la traditionnelle Nuit des Étoiles que nous organisons au Jardin Botanique à Strasbourg, il y a l’éclipse partielle de soleil du 12 août. Un évènement très médiatisé qui risque d’attirer nombre de visiteurs.
Et je suis sur le pont pour ces deux évènements, dans la coupole de la grande lunette le 7 août et sur le parking du Vieux Pré au Champ du Feu pour l’éclipse solaire. Et pas de chance pour moi, il fait beau. Donc aucune des dates n’est annulée.
Pour l’éclipse, sorti de gérer la foule, il ne devrait pas avoir de problème majeur. L’association m’a confié un superbe instrument solaire pour l’occasion, il faudra juste canaliser le public et expliquer sans cesse les consignes de sécurité aux gens.
Cela risque toutefois d’être une grosse journée. Arrivée vers 14h au Chalet du Champ du Feu avec probablement beaucoup de monde, installation des instruments vers 17h sur le parking, éclipse de 19h à 21h et pour finir une conférence de nouveau au chalet. Et le lendemain, je pars pour trois nuits de métal comme photographe à Colmar et Guebwiller.
La nuit des étoiles m’angoisse nettement plus. Car c’est moi qui serai aux commandes de la grande lunette de l’observatoire. Je connais assez mal l’instrument et cette nuit là, il n’y aura pas de cible facile à pointer. Pas de lune, pas de planète, rien. Je devrais chercher les rares les objets bien visibles dans la lunette à l’aide de leur coordonnées, ascension droite et déclinaison. Tout ça en tournant de grosses roues et en vérifiant les graduations dans un oeilleton.
Une partie de rigolade. Si je ne trouve pas la cible, j’aurais 15 personnes devant moi qui risquent d’être assez frustrées. Pendant ce temps, mes copains seront dans les jardins à utiliser leur matériel alors que je jouerais avec un tube de 7 mètres et une coupole de 34 tonnes classée monument historique. La troisième plus grande lunette astronomique française et la seule encore en activité. Grosse pression quand même.
Je me plains mais, je ne suis pas peu fier en vérité.
Les inscriptions pour la Nuit de Etoiles sont complètes pour Strasbourg, donc vous n’aurez aucune chance de me voir me planter en manipulant la grande lunette si vous n’êtes pas déjà sur les listes.
Pour l’éclipse de soleil, il y aura probablement beaucoup de monde, donc préparez-vous au bain de foule et probablement à des embouteillages pour monter au Champ du Feu. Mais je serai là. Avec un peu de chance, il y aura plus de dix personnes pour la conférence du soir…
Après avoir découvert avec bonheur le groupe Elder, j’ai eu envie de l’écouter en live. Et cela tombait bien puisqu’il jouait le 24 juin au P8 à Karlsruhe.
Sauf que nous subissions une forte canicule avec 36 degrés à l’ombre. Autant dire qu’il me manquait quelques heures de sommeil. Pour compliquer les choses, j’avais accepté de couvrir le concert pour le magazine allemand de musique Laut.de.
Assister à un concert en salle par 30 degrés c’est une chose, photographier les groupes dans ces conditions en est une autre. Mais j’avais déjà pris mon billet, proposé à Seb de m’accompagner et demandé une accréditation photo à Bert. Je ne pouvais pas me défiler.
Elder est un quatuor berlinois et leur dernier album Through Zero avait chatouillé mes oreilles. Leur musique est tout le temps en équilibre instable entre progressif et psychédélique. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner en live.
Bert m’accueille à notre arrivée vers 19h et m’annonce, après m’avoir remis le pass crew du P8, que le journaliste de Laut.de est malade. Du coup je vais bosser pour mon compte, ce qui me simplifie la vie. Seb m’offre un coca durable alors qu’il ose la pills allemande avec cette monstrueuse chaleur. Puis non content de de rendre malade, il part se restaurer au Mal Bouffe local pour échapper à la saine nourriture végane du P8. Moi je prépare le matériel dans la fournaise en squattant le premier rang.
REZN ouvre le bal vers 20h. La musique du quatuor de doom de Chicago me laisse relativement indifférent, seul le claviériste saxophoniste geek qui joue avec une manette de console propose un spectacle amusant. La prestation du groupe est statique, leur musique relativement convenue, ce n’est ni bon ni mauvais mais il fait très chaud. Bref je m’ennuie et je dégouline.
Elder ne tarde pas à prendre leur place. Et malgré la foule, la chaleur et la fatigue, c’est immédiatement magique. Ils sont cinq sur scène, le bassiste au centre, les guitaristes de chaque côté dont le chanteur à droite, le batteur fou au fond et le clavier très discret, caché sur la droite.
Le groupe joue principalement leur dernier album ce qui me va parfaitement puisque c’est le seul que je connais. Si le chant dérape sur quelques morceaux, la performance du groupe reste excellente et le son du P8 juste magnifique. Je retrouve les titres de Through Zero joués en live du coup j’en oublie un peu de photographier le groupe et la moisson d’images sera inversement proportionnelle au bonheur de les écouter.
En parlant de photo, je ne vous cache pas que j’en bave. Les boîtiers ne réagissent pas forcément bien à la chaleur et le gars aux commandes doit aller se rafraîchir régulièrement. En plus beaucoup de mes images sont sous exposées à 4000 ISO, sans doute à cause d’éclairages faiblards.
Après un coca, une bouteille d’eau et plusieurs douches au robinet sans parler du brumisateur installé dehors, le concert se termine dans une atmosphère brûlante. Malgré cela je trouve la force d’aller faire la queue au stand de merch pour m’offrir le vinyle de Through Zero version longue et un tee shirt vert pour faire bonne mesure. Seb fait pareil d’ailleurs, un vrai copieur, sauf pour la taille du tee shirt, parce que lui n’est pas un nabot.
Ce fut vraiment un excellent concert malgré les températures caniculaires. J’ai hésité à y aller mais je n’ai pas regretté l’aventure. Elder mérite vraiment la découverte.
Ça commence à se savoir que sur Strasbourg il y a un hurluberlu qui photographie les concerts associatifs juste pour le plaisir.
C’est comme ça que j’ai été sollicité pour immortaliser une chorale en pleine action. Je l’ai déjà fait pour le Bon Tempérament à plusieurs reprises mais je ne vous cache pas qu’une chorale, ce sont des chanteurs immobiles en rangs d’oignons reprenant des tubes souvent sans musiciens. Bref ça ne m’emballe ni pour le visuel ni pour le sonore.
N’empêche j’ai accepté pour trois raisons :c’était demandé gentiment, la chorale reprenait du hard rock et ça se jouait au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, une très grande salle à l’esthétique des plus intéressantes où je n’ai été, jusqu’à présent, que spectateur.
Le concert commençait dimanche à 18h mais le chef de choeur préférait que je sois présent dès le début des répétitions à 13h30 pour photographier les coulisses du concert. Ça m’allait également car j’aime bien prendre mes marques dans une salle que je ne connais pas et si je peux en bonus prendre en cachette des photos des artistes en dehors du spectacle lui-même, je suis aux anges.
La salle est vraiment impressionnante pour un photographe habitué aux jauges de trois cent personnes. Elle peut accueillir jusqu’à mille huit cent spectateurs. Je dispose même une loge spacieuse pour ranger mon matériel et me poser. Par contre j’ai du mal à envisager la manière dont de vais pouvoir évoluer et shooter devant cent-vingt choristes, un chef et un groupe de rock avec chanteur.
Une équipe vidéo va capter le concert, quatre caméras fixes et deux mobiles avec qui il va falloir se partager la scène. Je peux naviguer dans la salle, monter sur scène, me placer derrière les choristes, autant dire que je vais beaucoup marcher.
Lorsque j’arrive, les musiciens règlent la balance avec les techniciens. Je reconnais le batteur et le chanteur du groupe Los Dissidentes Del Sucio Motel que j’ai eu l’occasion d’écouter en live.
Thomas, le chef de l’ensemble, ne tarde pas à envahir l’espace avec son choeur. Il n’est pourtant que 14h mais ils ont beaucoup de choses à mettre en place comme la rentrée sur scène, la sortie, les balances et une mini répétition.
Je mets ce temps à profit pour prendre mes marques, savoir où me placer pour tel ou tel cadrage et m’accoutumer aux éclairages de la salle.
A 17h tout est en place, les artistes rejoignent leurs loges pour faire un break avant le grand saut. A ce stade, j’ai déjà fait pas loin de 200 photos. Il va falloir que je me calme.
Vers 17h30 le public commence à rentrer dans la salle Erasme. Cela devient tout de suite plus impressionnant. L’équipe vidéo se prépare et je fais de même.
Au son des cloches de ‘Hell’s Bells’, dans une lumière rouge satanique, les chanteurs habillés en rouge et noir, s’installent sur les gradins, comme à la répétition. Thomas, le chef de choeur, vêtu d’une cape, descend au milieu du public pour rejoindre la scène et c’est parti pour deux heures de show.
L’ensemble enchaîne sans complexe des classiques de Deep Purple, Évanescence ou Black Sabbath. Certes, malgré l’énergie des choristes et la musique du groupe, l’ensemble n’a pas la même niake que les pièces originales, n’empêche, ça fonctionne plutôt bien. Si les choristes sont immobiles, sinon ça aurait un sacré bordel quand même, le chanteur de LDDSM et le chef de choeur se démènent pour occuper la vaste de scène de la salle Erasme.
Le public, acquis d’avance, est en liesse et chante parfois avec l’ensemble Catharsis. Toutes les générations semblent représentées dans la salle, il faut dire que beaucoup d’amis et membres des familles des choristes sont présents.
Comme les caméramans se promènent sans vergogne devant le public et que je suis le seul photographe, je commence moi aussi à grimper sur les planches pour me rapprocher des choristes, photographier les spectateurs et varier les angles de vue. J’essaie surtout de capturer le groupe avec les chanteurs ce qui n’est pas vraiment aisé. C’est assez physique, la salle est large et profonde , alors j’essaye d’optimiser mes déplacements.
Après deux heures de classiques de hard-rock et deux rappels, le concert prend fin sous les acclamations du public. Je suis déshydraté, affamé et j’ai plus de cinq cents photos exploitables dans les cartes mémoires des appareils. Je vais avoir beaucoup de travail une fois rentré à la maison.
Je ne vous cache pas que photographier une chorale de cent vingt chanteurs dans une grande salle de concert fut une expérience assez unique pour moi. Je be regrette pas d’avoir sacrifié un dimanche après-midi à l’exercice d’autant que j’ai sorti quelques belles images. Le chef de choeur a gardé les coordonnées, il est donc possible que je renouvelle l’expérience l’année prochaine.
Mais pour l’instant, mon prochain shooting aura lieu en extérieurs avec Toïtoïtoï place Kleber le 27 juin.
Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.
Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.
Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup.
Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle.
Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…
J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.
Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.
Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.
Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.
Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir.
Samedi dernier, avec Seb et Clovis, nous partions en Allemagne pour un triple concert joué par seulement deux groupes : Mars Red Sky, Monkey 3 et leur fusion, Monkeys on Mars.
J’y allais principalement pour écouter Monkeys on Mars dont j’ai adoré le premier EP, mais j’ai finalement découvert avec bonheur deux autres groupes, un trio stoner et un quatuor space rock.
La grande salle du P8 était bien remplie et muni de mon pass presse, il n’a pas toujours été facile de bouger pour photographier les trois formations.
Un immense écran rond à la Pink Floyd dominait la scène où deux batteries se dressaient telles des tours. Entre les deux, les claviers de Monkey 3 et juste devant le public, des machines à fumée étaient disposées de manière à créer des piliers de brouillard.
C’est Mars Red Sky qui ouvre le bal. Le trio stoner français est assez statique. Il joue devant des vidéos vintages un rock psyché épais sur le chant fragile de Julien. Le spectacle vient principalement de leur batteur qui toute donne la dynamique à leur musique. Pour faire bonne figure, les éclairages sont principalement marsiens et je galère pour faire des images acceptables, le rouge étant l’ennemi du photographe.
A la fin du set de Mars Red Sky, Monkey 3 rejoint le groupe et c’est un fondu enchaîné improbable que nous offrent les deux formations. Les français s’effacent pour laisser les quatre suisses prendre la relève, tout ça sans interruption. Oui, Monkey 3 ce sont quatre musiciens, comme l’indique le nom du groupe : un bassiste, un guitariste, un claviériste et un batteur…
Le groupe est un quatuor space rock instrumental souvent inspiré par les Floyd. Et si leur dernier album studio ne m’a pas franchement inspiré, en live c’est une toute autre histoire. En live, ça déchire !
Les gars se donnent en spectacle, un peu à l’opposé de Mars Red Sky, et leur musique me parle vraiment maintenant. L’écran projette des motifs psychédéliques et les lumières varient les couleurs. C’est un peu moins la galère pour shooter, sauf pour le batteur haut perché sur la gauche que je n’arrive jamais à choper. dB, au look Led Zepp, derrière ses claviers vapote entre deux soli, secoue sa crinière et harangue le public. Jalil sur sa basse joue de manière démonstrative et Boris semble en transe avec sa guitare. Bref il y a du spectacle.
Et puis c’est au tour de Mars Red Sky de rejoindre Monkey 3 pour former un groupe de sept musiciens, Monkeys on Mars. Deux batteurs, deux bassistes, deux guitaristes et un clavier sur scène. C’est juste énorme et en plus maintenant je suis en terrain connu puisque je connais par coeur leur EP.
Après une reprise des plus western, Monkeys on Mars tire sa révérence, 2h30 de concert grand spectacle, la dernière date de leur tournée européenne. Bravo !
Le son était bon, les musiciens excellents, la bière allemande (tout ne peut pas être parfait), ce fut un superbe concert comme il y en a souvent au P8. Je ne regrette pas d’y être allé malgré la fatigue.
Merci Mars Red Sky et Monkey 3 pour la musique, à Bert pour l’accréditation et à Seb et Clovis pour m’avoir accompagné, mention spécial à Seb qui revenait juste de Normandie le matin même.
Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.
Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.
Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.
Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.
Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.
Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés.
In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.
Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.
Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.
Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.
Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.
Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard.
Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.
Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.
Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.
Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.
Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.
Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.
En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.
J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli.
Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.
Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.
Le 3 avril 2026, l’association ArpegiA soufflait ses quinze bougies. Ils invitaient pour l’occasion le groupe avec qui ils avaient débuté l’aventure, à savoir Lazuli.
Le vendredi matin, j’avais décidé de partir les mains vides pour profiter de la musique. A treize heures, j’ai tout de même préparé un boitier photo avec un petit objectif photo 24-200 mm passe partout. A quinze heures, je le remplaçais par un objectif 70-200 mm plus professionnel. A dix-heures, juste avant de partir, j’ajoutais une batterie et un second boîtier photo avec un 24-70 mm pro.
Car Lazuli jouait Chez Paulette, à Pagney Derrière Barine, pour les quinze ans de l’association ArpegiA. Et pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ça.
Plein d’amis et connaissances patientaient devant la porte du Pub Rock en attendant l’ouverture. Bisous, accolades, poignées de mains, c’est ça les concerts d’ArpegiA, une grande famille qui se réunit trois fois par an pour autour de concerts de rock progressif.
A l’intérieur, une rétrospective en images, retraçait quinze années de concerts organisés par l’association, de belles affiches avec notamment Lazuli, premier groupe à avoir fait confiance à Michel, Christophe et Patrice, Pendragon, RPWL, Fish, Franck Carducci, Arena, Mostly Autumn, Peter Carlsen, Blind Ego, Ray Wilson, UPF et bien d’autres. Je n’étais pas présent pour toutes ces dates mais j’en ai vu beaucoup.
A 20h30 Lazuli monte sur scène pour un set en deux parties dont la première donnait la part belle à leur dernier album Etre et ne plus être. Le groupe est manifestement fatigué après une longue tournée, d’ailleurs Dominique nous raconte, non sans humour, les petits problèmes de santé que lui, Claude et Arnaud , ont eu ces derniers jours.
Ils sont fatigués mais voilà c’est Lazuli et ils donnent tout ce qu’ils ont dans la bonne humeur. Le public, venu nombreux retrouver nos amis troubadours, se pressent au premier rang pour les écouter. Comme bien souvent, les titres sur lesquels j’avais moins accroché sur leur dernier album ont trouvé tout leur sens en live. Et j’ai particulièrement aimé de retrouver les morceaux‘Triste Carnaval’ ou ‘Mon body se meurt’, peut-être aussi parce que je posais l’appareil photo quelques minutes pour mieux les écouter.
La seconde partie arrive très vite, trop vite à mon goût, alternant anciens et morceaux plus récents, saluant la mémoire d’Anne Gaëlle, partie il y a quelques jours, la chanteuse du groupe Monnaie de Singe, avec qui ils ont partagé l’affiche il y a quelques années dans cette même salle. Ils saluent également les trois mousquetaires de l’association ArpegiA ainsi que les petites mains qui font vivre le rock progressif dans ce village perdu de Lorraine.
Après le duo d’improvisation éblouissant de Romain et Vincent, Dominique revient tout seul sur scène pour nous jouer un titre acoustique. Un rappel plus tard et une marimba à neufs mains, et ils nous laissent orphelins pour un dernier salut avant de nous retrouver peu après dans la salle pour quelques dédicaces et discussions à bâtons rompus.
J’ai trouvé le concert vraiment trop court mais en réalité il était minuit passé lorsque les lumières se sont rallumées, je n’avais pas vu le temps passer. Plus de quatre cents photos s’étaient accumulées dans ma pellicule. Après plein de bisous, d’accolades et de poignées de main, j’ai repris la route de l’Alsace, les oreilles et les yeux remplis de musique et de sourires.
Une superbe soirée comme toujours avec Lazuli.
Merci à Lazuli, Arpegia et Chez Paulette pour cette magnifique soirée. On se revoit très prochainement à Pagney derrière Barine pour écouter Airbag !
Prochains concerts Iotunn au Grill le 15 avril, Monkeys on Mars a P8 le 25 avril, Airbag Chez Paulette le 24 mai et après on verra.