De la théorie du complot

Image

PHOTO DNA Denis Werwer

Ce week-end, un de mes voisins, fort sympathique au demeurant (il aime le métal), m’a entretenu pendant une heure du grand complot contre l’humanité qui se joue en ce moment pendant que je taillais le massif d’hortensias. Ce plant venu du Japon nécessite une taille annuelle pour ne pas devenir une monstroplante de trois mètres de haut qui consomme deux litres d’eau par jour.

Le garçon est un rebelle dans l’âme. Homme au foyer, il s’occupe de ses bambins pendant que son épouse joue les institutrices. Informaticien de formation, il hante la toile à la recherche d’informations. Dès le premier confinement, en mars dernier, j’ai bien noté qu’il contournait allègrement les restrictions de déplacement, se refusait à porter un masque et mettait en doute la mortalité du COVID-19.

Mais cette fois son discours tendait à affirmer que pendant l’épidémie que nous vivions, il y avait moins de morts que d’habitude si on tenait compte de la pyramide des ages de que la grippe de 2015 avait tué plus de personnes.

J’avoue n’avoir même pas cherché à vérifier ces allégations, car je suis un mouton.

Le plus fort dans son discours, était l’affirmation comme quoi la fermeture des restaurants, cafés, salles de concerts, petites et moyennes entreprises faisait l’affaire des gouvernements, voulant mettre en place un ordre nouveau, sorte de RAZ de notre société actuelle pour un monde meilleur.

Damned ! Je ne suis pas paranoïaque, un peu con sans doute plutôt, j’essaye d’avoir un minimum confiance en ceux qui nous gouvernent. J’ai bien dit un minimum.

Je n’ai sût que répondre à ce jeune papa, alors je l’ai laissé parler, maintenant plus deux mètres de distance entre nous, chacun se tenant d’un côté du grillage car je tousse un peu. Pense-t-il également que l’homme n’a jamais posé le pied sur la Lune et que la Terre est plate ?

Je peine à croire que ceux qui nous gouvernent soient aussi machiavéliques que les adeptes de la théories complot veulent nous le faire croire. Si j’en étais convaincu, je serai dans la rue pour faire tomber le gouvernement au lieu d’échanger sur des complots fumeux par dessus un grillage de jardin.

Je suis toujours étonné de ces gens intelligents qui se réfugient dans le déni, la paranoïa et les théories du complot pour échapper à la cruelle réalité. Est-ce une réaction de déni face à la réalité implacable de cette épidémie ? Est-ce la panique qui se transforme en paranoïa ? Je n’en sais rien, toujours est-il que les gens deviennent très étranges, vous be trouvez pas, à croire que le gouvernement déverse dans l’atmosphère de puissants psychotropes, ce qui expliquerait la couleur jaune du ciel ces derniers jours. Quoi ? J’ai dit une connerie ?

Virtualisé

Avec l’épidémie de COVID-19, l’être humain, d’ordinaire créature hautement sociale, a du se réinventer très rapidement. 

Les réunions et les cours se déroulent via écrans interposés, les médecins consultent à distance, les apéritifs entre amis deviennent virtuels, les concerts sont diffusés en streaming, les achats comme les courses se commandent via internet, le sport se fait dans le salon.

Nous sommes rentrés dans une ère numérique quasi absolue. Les rares contacts humains qu’il nous reste sont avec nos proches, les livreurs et la boulangère, tous masqués. Nous parlons à nos amis, nos collègues, notre famille via SMS, conversations téléphoniques, messageries vidéo et même plus par courrier postal. Nous assistons à des spectacles « vivants » en robe de chambre devant notre téléphone ou ordinateur, en direct ou en différé, mettant en pause le temps d’aller boire un verre ou de vider sa vessie.

Le monde est devenu fou mais avions-nous d’autres choix sinon mourir en masse ? 

Et si un jour l’épidémie cesse enfin, et que nous soyons tous immunisés, que va devenir cette génération sacrifiée ? Saura-t-elle revenir à la vie d’avant ? Retrouver les amis, voyager, se déplacer pour aller au théâtre, au cinéma, aux concerts ? Supportera-t-elle encore les contraintes des horaires des spectacles, les désagréments des salles bondées, la promiscuité avec les autres ?

Je me suis aperçu que le confinement ne m’affectait pas tant que ça. Certes mes rares amis me manquent mais je ne les voyais pas si souvent que cela auparavant. Je n’allais jamais au cinéma, ne sortait pas du restaurant ou dans les bars, commandais déjà beaucoup sur Internet. 

Les concerts que j’aime tant sont hélas à chaque fois une telle épreuve pour mon organisme que je me satisfais assez bien de les regarder à l’heure que je veux, confortablement installé dans un fauteuil, sans la route et la fatigue. J’aime bien travailler avec peu de monde dans les bureaux et les poignées de mains hypocrites comme les embrassades enrhumées ne me manquent pas. Et le couvre-feu n’impacte pas la vie déjà très virtualisée. Passé 18h je sors rarement.

Ce qui me manque le plus aujourd’hui c’est de me promener à la campagne sans masque, devoir choisir entre voir et être embué ou vivre dans le flou. Ce qui me gêne ce sont les regards des autres promeneurs que je croise, ce regard inquiet que nous avons tous face à un inconnu. Ce que je déteste c’est l’odeur du gel hydro-alcoolique poisseux sur mes mains les rares fois où je fais du shopping en ville et l’état de ma peau après trois boutiques.

La bonne nouvelle, c’est qu’au rythme actuel de cinquante vaccinations par jour, nous resterons dans la même situation jusqu’en l’an 5300, du coup nous avons tout le temps nécessaire pour nous préparer à un retour à la normalité.

A quoi ressemblera le jour d’après ? Je n’en sais rien. D’autres générations ont connu la famine, la peste, la guerre, une période glaciaire et se sont relevées alors gardons espoir.

N’empêche, j’aimerais bien boire une bière avec Domi ou Franck au comptoir de chez Paulette entre le soundcheck et les premières photos de la soirée, même si le lendemain je dois saturer mon cerveau de triptans pour ne pas souffrir me martyr et vomir mes tripes.

Le Test

Un matin je me suis réveillé avec un petit mal de gorge de rien du tout et le nez congestionné, rien de grave, le premier signal grippal de l’année.

Mais cette année, nous sommes en 2020, et quand des fous ne décapitent pas des fonctionnaires, la COVID-19 se charge de régler leur compte.

Alors, pas question de me présenter au travail en toussotant, je serais immédiatement confiné dans une pièce close, isolé de mes collègues et sans café, en attendant qu’un haut fonctionnaire décide de mon sort. 

J’ai téléphoné au médecin qui m’a invité à répandre mes microbes et peut-être virus dans son officine et à les partager avec cinq autres patients. 

Tension check, température check, respiration check, gorge, pas check. Bon c’est vrai la gorge me gratte un peu et je toussote. Sirop, corticoïdes, Doliprane, arrêt maladie. Arrêt maladie pour un rhume ? Oui car avant de retourner au travail je vais devoir passer un test.

QI ? Non PCR. Vous savez le coton tige que tout le monde redoute d’avoir dans le nez. Même pas peur, je l’ai déjà eu dans la bite. Le médecin m’arrête deux jours, le temps d’avoir les résultats du test PCR.

Vous avez entendu notre gouvernement vous aussi, priorité aux personnes symptomatiques. Bon. Je téléphone au laboratoire près de chez moi et on m’envoie bouler vers le site de logiciel libre docto. Heu… et si j’avais pas Internet moi ? J’essaye un autre laboratoire plus éloigné, pareil. Je réessaye en disant que je suis malade et que j’ai une ordonnance, pareil, pareil, pareil. Alors je me connecte sur Doctolib et découvre que la dernière fois que j’ai utilisé ce site, c’était pour ma défunte mère. Ça sent le sapin tout ça. 

Je m’escrime pendant un quart d’heure pour modifier ce compte et en désespoir de cause, devient Herveline agée de quatre-vingt-sept ans et morte depuis quatre ans. Bref. Là je découvre alors les disponibilités de rendez-vous à moins de vingt kilomètres de chez moi. Dans six jours, pas avant ! 

Sérieusement ? Mais je suis prioritaire parce que malade et avec une ordonnance et que je vais peut-être mourir de troubles respiratoires (le rhume) dans la nuit. Docto machin s’en fou comme les labos. J’ai dû mal comprendre le président où alors lui a dû mal comprendre sa ministre de la santé ou bien ils se foutent du monde ou c’est le bordel le plus total.

Je trouve tout de même un laboratoire d’analyse à plus de vingt kilomètres, paumé dans la cambrousse, qui peut me prendre dans l’après-midi, miracle ! Un gros quart d’heure de voiture dans le potage et me voila à me fourrer des contons tiges dans les narines, quelle chance !

Mais imaginons que j’ai été au RSA, sans voiture, sans abonnement Internet, parce que je n’arrive déjà pas à me loger, me chauffer et me nourrir décemment. Comment aurais-je fait monsieur docto démerde-toi ? Certains pointent du doigt le fait que le virus frappe principalement les classes sociales défavorisés, pourquoi est-ce que ça ne me surprend pas ?

Au moment où je publie ces lignes je viens d’apprendre que je sauvé. Je m’en doutais un peu aussi parce bon voila, j’ai un rhume. Je vais pouvoir retourner travailler et répandre ma crêve parmi mes collègues afin qu’ils expérimentent à leur tour l’efficacité de notre système sanitaire de crise. Bon courage les potes !

MotherCloud

Image

Jusqu’où peut-on aller pour apporter le bonheur ? MotherCloud est un récit à trois voix dans la veine de 1984 et du Meilleur des Mondes. Trois personnages qui nous racontent ce qu’il s’est passé dans le MotherCloud. Il y a Gibson, le patron de l’empire du Cloud à qui il ne reste que quelques jours à vivre, Zianna, l’espionne industrielle qui s’est infiltrée dans le complexe et Praxton, l’ex patron d’une entreprise phagocytée par le Cloud comme temps d’autres et contraint pour manger de devenir un des employés de la multinationale.

MotherCloud propose une vision peu reluisante de nos gafas Amazon, Google, Apple et j’en passe. Une entreprise tentaculaire qui détient le monopole de presque toute la distribution. 

Dans le roman on retrouve les thèmes du mythe de l’entreprise providence, du modèle Amazon, de la surveillance via les objets connectés dans un monde qui s’est effondré, en proie aux conséquences du réchauffement climatique.

L’histoire est menée de main de maître par Rob Hart a tel point qu’il est difficile de s’extraire du récit. Si vous commandiez encore vos objets sur Amazon ou Alibaba, peut-être qu’après avoir lu ce roman vous y réfléchirez à deux fois ensuite. Surtout après avoir lu les remerciements de l’auteur à une certaine Maria Fernandes morte pendant le trajet entre trois Dunkin’ Donuts où elle travaillait à temps partiel pour 550 dollars mensuels.

Journal d’un déconfinement

Image

Le lundi 11 mai 2020, après cinquante-quatre jours de confinement, commençait le déconfinement.

J : Lundi 11 mai 2020 – déconfinement

Vous pensiez être débarrassés de moi et de mes humeurs ? Perdu. C’est le retour du blog, avec un nouvel épisode, celui du déconfinement, qui risque de durer bien plus longtemps que cinquante-quatre ridicules jours. Là vous allez en avoir au moins jusque septembre.

Oui je sais c’est dur, très dur, pour moi aussi d’ailleurs, parce que mine de rien, lorsque je me suis embarqué dans ce journal du confinement le 16 mars dernier, je n’imaginais pas devoir écrire un petit billet chaque jour pendant deux mois. Il y avait des jours où je n’avais rien à raconter, le plus souvent d’ailleurs. Imaginez l’angoisse de la page blanche certains matins devant mon café.

Si vous avez tout lu, bravo, moi je ne l’aurai pas fait. Trop pénible, déjà que la situation n’était pas géniale, en plus suivre les délires d’un blogueur angoissé aux propos parfois fascisants ou simplement débiles pendant une si longue période en comptant le nombre de fautes d’orthographe par ligne, cela force le respect.

Alors rassurez-vous, ce billet n’est qu’une boutade, j’arrête le journal, il n’y aura pas de Journal d’un déconfinement, de toute façon je ne vais plus avoir de temps pour ça, le travail m’appelle, aujourd’hui je n’ai pas arrêté de 6H55 à 17h10 : rappel des consignes, trois infiltrations d’eau, suppression de toutes les corbeilles papier, vérification des expéditions, courrier, un pur enfer et ça va être comme ça pendant cinq jours toutes les semaines, vivement les vacances !

Portez vous bien.

La peste et le choléra

Image

Pourquoi ne pas emprunter à JPL le titre de ce billet ? Il convient parfaitement à la situation.

Les écoles ferment, les tournées de concerts s’annulent les unes après les autres, les restaurants baissent leur rideau de fer, les services publiques fonctionnent au ralenti, les frontières hermétiques sont rétablies, l’épidémie est bien là.

Ai-je peur ? Non. Je ne me suis pas rué dans les supermarchés pour remplir les placards et le congélateur, au pire je mangerais d’abord le chien des voisins, ensuite mon chat puis les enfants. Suis-je parti loin de la civilisation pour échapper au virus et à l’angoisse générale ? Non plus. J’aime bien ma maison, elle contient plein de livres, de BDs, de CDs et de DVDs pour passer le temps. Et puis il faut que j’aille quand même travailler.

Chez nous les agents sont invités à rester à la maison en télétravail, autant dire que le bâtiment est désert. Pour ma part, je fais une rotation avec un collègue pour assurer le fonctionnement du centre, un jour sur deux à arpenter les couloirs déserts et à vérifier que tout fonctionne correctement.

Hier soir, je suis allé à Karlsruhe en catastrophe récupérer le fils d’un ami qui fait ses études là bas. Les frontières fermaient à 8h00 se matin, pour combien de temps, quinze jours, un mois, deux mois, trois mois ? Sa famille habite Toulouse. Le temps de faire la route pour venir le chercher, le filtrage au poste frontière aurait déjà été mis en place. La folie !

Toutes ces mesures, je les comprends et je les approuve. Il faut endiguer l’épidémie, faire en sorte que les hôpitaux puissent accueillir les patients les plus atteints sans avoir à choisir entre deux malades, faute de place.

Ce qui me turlupine par contre, c’est pourquoi si tard ? Pourquoi ne pas avoir réagi tout de suite, lorsque l’épidémie était à notre porte ? Peut-être que si des mesures radicales avaient été prises tout de suite, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Car en Espagne et en Italie, les autorités vont plus loin encore, imposant une quarantaine quasi totale à la population. A quand notre tour ?

La peste et le choléra. La santé et l’économie. Car l’économie s’effondre, inévitablement. Ce stupide système boursier qui vacille au moindre mouvement de panique de la populace est en pleine déroute. Entre le cours du baril qui plonge et les actions des entreprises qui s’effondrent, nous nous approchons à grand pas de la crise de 29. Le chômage va exploser, les PME mettront la clef sous la porte, les fonctionnaires ne seront plus payés, l’état sera en faillite ?

Nous sommes en plein scénario post-apocalyptique. Les rues se vident, les gens se battent pour un paquet de pâtes, les médiathèques sont fermées nous laissant à court de séries TV et de livres. Des personnes louches rôdent sur les trottoirs, toussant dans leur manche, le facteur ne passe plus garnir la boîte aux lettres de disques, les chanteurs éternuent pendant leurs interviews, les promeneurs s’observent à distance et le soleil brille sur la campagne. 

On dirait que la nature se fait une joie de cette épidémie, le taux de CO2 baisse dans l’atmosphère, le prédateur bipède se fait très rare, le chant des oiseaux n’est plus couvert par le bruit des automobiles, les boeufs ne finissent plus entre deux tranches de pain de mie et de ketchup, le printemps arrive, Gaia est en fête.

Bon, puisque je ne peux pas bosser, que le soleil brille, je vais aller m’occuper du jardin, au calme, tondre la pelouse, semer des graines, nettoyer les allées et jouer avec le chat. Portez vous bien, sortez couverts.

Vert

Image

Si j’étais cohérent avec moi-même je voterais Vert aux municipales.

C’est vrai quoi, notre commune est de plus en plus bétonnée, les pistes cyclables sont des suicides avenues, la géothermie non contrôlée risque de provoquer des minis tremblements de terre et l’équipe en place fait élever des tours là où poussait il y a peu du maïs.

Sauf que, sauf que… Le numéro deux sur la liste électorale verte, je le connais bien. Il habite à deux kilomètres du travail et s’y rend dans sa voiture à essence, repart le midi pour manger et revient l’après-midi pour la sieste. Il se gare au plus près pour ne pas avoir à marcher. Il laisse les fenêtres de son bureau ouvertes toute la nuit lorsqu’il fait zéro dehors, il n’éteint pas les lumières, vapote dans les bureaux en dépit de l’interdiction, n’en branle pas une de la journée et figure dans le top ten des pires encadrants de l’histoire de notre maison. D’ailleurs il fait aujourd’hui partie des cas sociaux, des incasables, des placardisés, des « tiens je te le file, démerde toi avec ».

Ecolo lui ? Mon cul…
Vert ? Plus tellement non plus…

Chez lui c’est juste une posture, une manière d’affirmer son mépris de l’ordre établi, son anarchisme militant individualiste.

Il est bien regrettable que de nobles causes soient défendues par des fumistes.

Il vous dira, en “fin” politique qu’il est, que son bilan carbone est excellent car il ne prend pas l’avion, ou le moins souvent possible.

Oui c’est vrai, il ne part pas aux Maldives se bronzer les fesses et évite habilement les réunions à notre maison mère pour cause de grammes de CO². Malin l’animal.

Mais moi non plus, je ne prends pas l’avion, je ne roule pas en voiture pour deux kilomètres, je chauffe le moins possible fenêtres fermées, je mange bio local, je cultive bio, je réfléchis à mes emballages, je composte, je trie, j’utilise des produits ménagers rustiques et je n’ai pourtant pas ma carte des Verts.

Alors pour ces élections je ne voterai pas vert, à cause d’une personne. Les autres sont peut-être de bonnes personnes qui sait, mais si sa liste lui ressemble, ces Verts là ne feront assurément rien de bien à notre ville.

Du coup j’ai le choix entre l’ancien bétonneur endetté et un écolo/sécuritaire avec des projets à la noix. Ça ne va pas être simple de choisir.

Je suis vert…

La poussette électrique

Image

Au commencement Dieu créa le rasoir électrique Philips car l’homme devait chaque jour couper sa barbe avec une lame et de la mousse alors qu’il aurait pu la sectionner avec une machine vibrante. Dieu vit que l’homme était rasé de près et s’en réjouit. 

Dieu récompensa la femme le deuxième jour avec un couteau électrique Moulinex pour la fête des mères. EDF se réjouit du pic de consommation d’énergie pour découper la brioche et le gigot du dimanche midi. 

Le troisième jour, Dieu créa le vélo électrique car il avait fait croitre des montagnes sur la Terre et que Poulidor finissait toujours deuxième.

Le quatrième jour, pour ne léser personne, Dieu offrit aux enfants les trottinettes électriques et remplit enfin les belles salles d’attente des urgences. 

Le cinquième jour, Dieu creusa la Terre pour y puiser les dernières gouttes de pétrole afin que les voitures puissent encore rouler. Dieu offrit également le vibromasseur électrique à l’épouse délaissée par son époux qui roulait dans son bolide. 

Le sixième jour, en panne sèche, Dieu convertit tous les constructeurs automobiles au moteur électrique et le monde fut beau et propre. 

Le septième jour, assis près de Fukushima, les pied dans l’eau radioactive, Dieu s’ennuyait. Il vit passer une petite fille malade traînant une poussette cassée dans laquelle dormait une jolie poupée calcinée. Dieu réalisa alors que le monde était imparfait. Alors pour parachever son oeuvre, Dieu conçu la poussette électrique pour que les mamans ne peinent plus en promenant leurs enfants leucémiques dans les forêts de Tchernobyl. 

Et le monde fut enfin parfait.

The Expanse

Image

Alias avait écrit un billet il y a bien longtemps sur The Expanse, cette série de science-fiction. Une série également basée des romans de James S.A. Corey.

Une histoire complexe qui raconte la rencontre de l’humanité avec une protomolécule agressive alors que les tensions sont très vives entre Mars et laTerre et que les habitants de la ceinture d’astéroïdes vivent dans d’épouvantables conditions, à la limite de l’esclavagisme.

Entre space opéra, politique, terrorisme et science-fiction, The Expanse nous plonge dans un univers complexe avec de nombreux récits parallèles, beaucoup de personnages dont James Holden, le capitaine du Rocinante, un vaisseau « emprunté » aux martiens.

J’avais adoré le roman et lorsque j’ai plongé dans sa mise en images, j’ai retrouvé avec bonheur cet univers fouillé et pas forcément aisé à rendre visuellement. Bien entendu, certains personnages n’ont pas forcément collé à l’image que je m’étais faite d’eux, mais dans l’ensemble, à part justement un Holden un peu pâlichon, j’ai trouvé que la série tenait la route.

Je n’ai toujours pas lu le tome 3, et ça tombe bien puisqu’à la médiathèque ils ne disposaient que des deux premières saisons. Je vais donc attaquer le prochain livre pendant les vacances de Noël, peut-être pendant la nuit du réveillon comme le veut une tradition Islandaise, en attendant que ma médiathèque n’achète la saison trois en DVD.

The Game

Image

Je fais partie des pionniers du numérique français : la première machine sur laquelle j’ai programmé était un TRS 80 de Tandy et j’ai commencé à surfer sur le net aux débuts du web avec Compuserve. Bref je suis un vieux con.

Alors lorsque Alessandro Baricco a publié son essai sur le monde numérique, je me suis précipité chez mon libraire. Car si je suis Mac, iPhone, blogueur, surfeur, je lis encore des livres papiers et écoute des vinyles. 

Alessandro nous raconte l’avènement du numérique, cette révolution technologique et sociale, partant du postulat que les souffrances du XXème siècle ont engendré ce deuxième monde immatériel. J’avoue qu’au début sa thèse m’a laissé quelque peu sceptique lorsque je l’ai écouté présenter son livre sur ARTE dans le 28 Minutes. Il a cependant fini par me convaincre avec ses mots, mais je suis un garçon influençable.

A l’aide de plusieurs moments forts de cette épopée née dans la Silicon Valley (le Web, le moteur de recherche Google, Amazon, l’iPhone, Facebook), présentant quelques piliers de cette construction et traçant pour nous une carte du monde numérique, il raconte l’évolution de notre société, ses résistances, ses paradoxes avec une certaine distance cependant.

Moi qui baigne dans ce monde numérique, j’ai pris conscience de bien des postures, des paradoxes de ce miroir de notre quotidien dans lequel nous passons de plus en plus de temps. Sans être d’accord avec toutes ses assertions (il est artiste, je suis rationnel), il m’a ouvert les yeux sur la révolution culturelle que représente Internet et m’a fait réfléchir à bien des sujets comme ce qu’est aujourd’hui La Vérité dans ce monde deux point zéro.

J’ai pris conscience du Tout en lisant ce livre alors que j’en use chaque jour, l’accès à tous les contenus moyennant pas grand chose. J’ai également découvert que le Mouvement Cinq Etoiles était né sur la toile.

Le livre possède quelques lacunes (je regrette qu’il ait passé sous silence une des grandes révolutions de cette époque, à savoir l’avènement du libre, que ce soit celui de la création artistique ou celui du logiciel), mais il fera réfléchir ceux qui ne le font pas souvent (moi le premier) sur ce nouveau monde fait de réseaux sociaux, d’applications connectées, de jeux, ce monde qu’Alessandro appelle The Game.