C’est la crise

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Je lis partout que le marché du vinyle est en pleine crise et que les prix flambent. La faute à une trop forte demande à ce qu’il paraît. 

Ma faute ? C’est vrai que j’achète beaucoup de vinyles depuis quelques temps et que cela me pose de sérieux problèmes de stockage. D’autant plus que j’essaye de me procurer le CD en même temps pour des écoutes moins studieuses. 

Je n’ai pas encore constaté de flambée du prix de la galette noire chez mes fournisseurs habituels. Par contre j’ai été horrifié par l’explosion des frais de port, que ce soit pour les CDs ou les vinyles. 

Il y a peu j’ai renoncé à faire venir une galette depuis les U.S.A. à cause du transport qui doublait la facture. Un simple vinyle à soixante-dix euros, cela devient franchement dissuasif. 

J’ai commandé un CD au Brésil, le second album d’un obscur duo que j’aime beaucoup, le genre d’album tout simplement introuvable en Europe. Je l’ai payé plus de quatre fois son prix à cause du transport.

Autrefois je trouvais que faire venir un vinyle d’Allemagne était hors de prix, aujourd’hui je trouve ça très abordable en comparaison du Royaume-Uni et du continent américain. 

Etrangement, le double vinyle Aphelion, le dernier album de Leprous, ne m’a coûté que deux euros de frais de port. Sans doute venait-il de France.

Je me suis résigné à contre coeur à acheter de la musique sans support physique pour éviter de plomber mon budget pourtant généreux en ce qui concerne la musique.

Pourquoi de tels tarifs ? La crise sanitaire, des accords économiques, des taxes douanières, le prix du pétrole, du carton, du scotch ? Je n’en sais rien, je ne m’intéresse pas du tout à l’économie mondiale. Je sais juste que les prix des transports ont augmenté.

Les frais de ports flambent et après tout c’est une bonne chose. Cela me sensibilise d’autant plus au bilan carbone de les achats. Du coup, avant de commander depuis n’importe quel pays, un produit que je peux trouver plus près, je réfléchis un peu. 

La tentation est hélas grande d’acheter sur amatruc où les frais d’expédition sont offerts et où le colis arrive le lendemain, même le dimanche. Heureusement je résiste mais c’est la crise.

La Défense du Paradis

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La Défense du Paradis de Thomas Von Steinaecker est un roman road movie post apocalyptique parlant du réchauffement climatique, des migrants et de la fin du monde. Un roman qui emprunte un peu l’esprit de La Route de Comac McCarthy.

Un roman allemand dense et parfois laborieux à lire, écrit comme un journal qui raconte la vie de Heinz, un adolescent qui a survécu avec une poignée d’adultes à la fin du monde. 

Après avoir résisté dans les alpages sous un dôme protecteur, la petite communauté part sur les terres brûlées à la recherche du mythique Camp A, lieu de tous leurs espoirs.

Un ancien politicien, une vieille dame atteinte par la maladie d’Alzheimer, un ancien militaire souffrant de ESPT, un couple et un jouet robot-fennec accompagnent l’adolescent dans un périple périlleux à travers l’Allemagne dévastée, laissant derrière eux leur paradis alpestre qui les a protégé des années durant. Chaleur, radiations, faim, soif, violences, morts parsèment leur chemin de croix vers un ailleurs incertain.

L’écriture de Thomas déborde de tendresse pour cet adolescent encore naïf et ses compagnons d’infortune. Il y a de la violence dans leur rapports parfois conflictuels mais également beaucoup d’amour et de poésie malgré tout. Au fil des pages le lecteur passe du sourire à la tristesse, de la peur à l’espoir.

Les quatre cahiers (le noir, le bleu, le vert et le jaune) noircis par Heinz relatent leur vie en montagne, leur voyage, un camp et les derniers jours de sa vie mais contiennent également de courtes nouvelles écrites par l’enfant durant ses moments de tranquillité. Des textes qui reflètent ses peurs et ses rêves dans un monde dévasté.

Si j’ai eu parfois du mal à avancer dans cette histoire, je ne regrette pas d’être allé jusqu’à son dénouement. Le roman sous prétexte d’anticipation post apocalyptique aborde de nombreux thèmes humains et sociaux sous la plume de cet adolescent.

Coup de pompe

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Cet été, je n’ai pas une seule fois utilisé ma pompe à eau au fond du jardin. Il pleut quasiment chaque après-midi, sous forme d’orage, d’averse, de front, il pleut. Les températures sont fraîches la nuit et le ciel reste couvert toute la journée. 

Mes tomates étaient pourries dès la mi juillet alors que d’ordinaire elles tiennent jusque fin octobre, mes semis se sont noyés dans leurs pots, la vigne se meurt du mildiou, les herbes folles prospèrent et les poireaux deviennent des arbustes. 

La saison débutait pourtant bien avec plusieurs kilos de fraises à la chantilly et de groseilles en tartes meringuées et gelées. Il y aura sans doute des pommes à croquer, des prunes en confiture et des poires tatin mais pour les cucurbitacés c’est mort.

Ce n’est pas moi qui vous parlais du réchauffement climatique il y a peu ? Il est où ton réchauffement bouffon ? En Espagne, en Grèce, au Groenland, au Canada et ailleurs avec des canicules records, la fonte des glaciers et la sécheresse sans parler de quelques endroits au monde devenus inhabitables pour l’homme à cause de la conjugaison des effets de la température et de l’humidité.

L’augmentation des précipitations en Europe du Nord fait partie des prédictions des modèles climatiques. Ce n’est pas parce que chez nous le temps est pourrit qu’il n’y a pas de réchauffement climatique global sur Terre.

Ceci dit, j’aime bien ce temps frais et humide, j’ai l’impression d’être en Bretagne, ma terre natale. Pour une fois je ne suffoque pas la nuit, les voisins ne plongent pas dans la piscine et leur chien reste au sec. Je dors comme un bébé, bercé par le bruit de la pluie sur la fenêtre.

Pour bien comprendre

Ce n’est pas moi qui l’écrit mais le GIEC, la Terre se réchauffe depuis le début de l’ère industrielle, et le phénomène va en s’aggravant. Selon les projections, nous pourrions voir la température moyenne de l’atmosphère augmenter de 0.2°C à 3.3°C d’ici la fin du siècle selon les scénarios. Je ne vous demande pas de me croire sur parole mais plutôt de lire le Résumé à l’intention des décideurs du rapport GIEC dans sa version française.

Pourquoi tant d’écarts entre les cinq scénarios proposés ? Un des scénario (en orange) part du postulat que nous cessons tout de suite de produire des gaz à effets de serre (plus de moteurs thermiques, voitures, camions, bateaux, avions, plus de centrale à charbon, plus de chaudière à fioul et gaz), bref ce n’est pas gagné. En rouge, nous continuons gaiment nos conneries.

Vous me direz, 3.3°C c’est peanuts, entre l’hiver où il fait -5°C et l’été où ça cogne à 30°C, il y a trente-cinq degrés d’écart, alors trois degrés de plus ou de moins… Oui mais non, on parle ici de températures moyennes. La température moyenne en France en 2020 était de 14°C. Si nous prenons l’hypothèse pessimiste, elle pourrait aller jusqu’à 17,3°C. Trois degrés de plus en moyenne peuvent avoir des conséquences catastrophiques, fonte des glaciers, du permafrost, de la banquise, changement de circulation des courants marins, augmentation des phénomènes violents comme les cyclones.

Elévation du niveau de la mer en 2050

Vous me direz, vous ne vivez pas sur la banquise et les cyclones c’est pour les autres. Oui mais non. La fonte de la banquise entraine l’augmentation du niveau de la mer, donc la disparition de zones habitables (New York, une partie des Pays-Bas). Vous pouvez chercher votre plage préférée sur Climate Central pour voir ce qu’elle deviendra en 2050. Les courant marins eux régulent énormément notre climat comme Le Gulf Stream qui donne à l’Europe un climat tempéré ou El Nino et La Nina qui affectent les régimes de précipitations. Pour les cyclones, ouf, nous sommes épargnés. Ben non justement, en mer Méditerranée il y a ces Médicanes comme Ianos en 2020.

Plus près de nous il y a les sécheresses, les canicules, les fortes précipitations, les supers orages, tous ces phénomènes violents et rares qui deviennent de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique. Vous pouvez par exemple consulter le site des Pluies Extrêmes de Météo-France pour vous faire une idée.

Alors bien entendu, vous pouvez dire, tout ça c’est des conneries, on nous enfume comme pour le COVID-19, les températures n’augmentent pas. En fait si, regardez :

Voici l’augmentation de la température moyenne en France depuis 1900. On part d’une température moyenne calculée sur trente ans, ce que l’on appelle une normale (1961 à 1990) et on calcule l’écart à cette température pour chaque année depuis 1900. En bleu c’est plus froid, en rouge, c’est plus chaud. Regardez ce qui se passe depuis 1990, c’est rouge tous les ans. Et ça ce sont des mesures, vous pouvez même récupérer les données et faire les calculs vous même si vous doutez encore.

Et puis n’avez-vous pas remarqué que les hivers sont plus doux et les étés plus chauds ? Oui je sais, ce printemps a été particulièrement frais cette année, mais cela n’enlève rien à la tendance générale climatique. Et puis, la fin du printemps 2021, moi je l’ai trouvé plutôt caniculaire, pas vous ?

Il y a des hauts et des bas par rapport à la moyenne des températures, des petits incidents, plus froids en bleu ou plus chauds en rouge, mais qui ne remettent pas en question l’augmentation de la température planétaire globale.

Quelle est la cause du réchauffement climatique ? La Terre se rapproche du soleil ? Non. C’est lié à l’activité solaire ? Non plus. Enfin je ne suis pas astronome même si ça m’intéresse mais d’autres scientifiques se sont penchés sur le problème. « L’activité du Soleil ne peut donc être le facteur dominant de ce réchauffement, même si des corrélations entre l’activité solaire et certaines variations à court terme de la température terrestre ont été mises en évidence, qui pourraient être le signe d’un couplage. », le pouvez lire le rapport de l’Académie de Sciences si vous avez un doute. Alors c’est quoi ? C’est lié au pêts des vaches ? Oui entre autre. C’est lié aux gaz à effet de serre et le méthane (les prouts) en est un.

Voila ce que montrent les statistiques (source GIEC), quand les émissions de C02 augmentent, la température augmente. C’est ce que l’on appelle une corrélation statistique, un peu la corrélation entre la consommation de bière et le développement d’un bidon au fil des années.

Alors vous me direz, on peut faire tout dire aux statistiques, oui effectivement, lorsque l’on utilise pas des ensembles de données significatifs ou qui comprenant des données erronées ou biaisées. Mais là pour le coup l’Organisation Mondiale de la Météorologie dispose de données quotidiennes fiables sur plus d’un siècle et sur la Terre entière alors voila quoi, l’échantillon statistique est suffisamment grand et de bonne qualité, j’en sais quelque chose, j’ai travaillé à collecter ces données et à les valider.

Bon si ça se réchauffe vraiment, que peux-t-on faire ? Installer des climatisations pour rendre ça supportable ? Non ça c’est juste crétin. Les clims rejettent de l’air chaud et consomment beaucoup d’énergie. Elles ont tendance à augmenter le phénomène d’ilot de chaleur urbain, c’est à dire ces zones de plus fortes chaleurs dans les zones habitées. Nous allons donc devoir faire avec l’augmentation des températures, s’adapter, fermer les volets la journée, aérer tôt le matin, au minimum de température, éviter de bétonner les sols, planter des arbres pour ombrager les rues, végétaliser les toits et les façades.

Il va surtout falloir réduire notre consommation en énergies fossiles afin de diminuer notre production de CO2. Le pétrole, le gaz, le charbon, les constructions en béton. Remplacer le pétrole par l’éolien, le solaire et l’hydroélectrique est une douce utopie, du moins pour l’instant, car nous consommons trop et ces installations ne possèdent pas que des bons côtés, loin de là. Je ne dis pas qu’il faut arrêter les énergies « vertes », mais plutôt que nous devons réduire notre consommation énergétique.

La grande solution que nous font miroiter les industriels et politiques est la voiture électrique. Ok, d’après le Parlement européen la voiture individuelle représenterait 43% des émissions de CO2 en Europe pour les transports. C’est pas mal. Mais avec quoi allons-nous faire rouler les voitures électriques, avec de l’électricité non ? Et avec quoi va-t-on produire de l’électricité, nos éoliennes, du charbon ?

Je ne parle même pas de l’impact carbone de la construction d’une voiture électrique car tout le monde n’est pas d’accord mais vous pouvez lire cette article. « la fabrication d’une voiture électrique pèse plus lourd en bilan carbone : 32 g/km éqCO2 pour la Mercedes Classe C 220d, contre 51 g/km éqCO2 pour la Tesla Model 3, dont 23 grammes pour la batterie de 75 kWh de capacité énergétique » mais « Selon les chercheurs, il ne faut que 30.000 kilomètres pour compenser les gaz à effet de serre libérés spécifiquement lors de la fabrication du pack 75 kWh de la Model 3. ». Après, j’ai roulé en Zoé, pas longtemps parce que l’autonomie annoncée de 370 km s’est réduite comme peau de chagrin à 200 km. J’habite une région pluvieuse, froide et montagneuse. Il y a un simulateur optimiste sur Automobile Propre si ça vous tente. Je ne suis pas certain que nous tenons là la solution miracle, si ce n’est relancer l’industrie automobile artificicellement.

J’ai discuté il y a peu avec des pro nucléaires qui voient dans les centrales la solution ultime à nos problèmes énergétiques et climatiques. Ils ne m’ont pas convaincu, sans doute parce que je suis farouchement opposé au nucléaire, une source d’énergie que je trouve un tantinet dangereuse, il n’y a qu’à voir le dernier incident en date. Mais c’est clair, nous, nous sommes les meilleurs, les américains, les russes, les chinois et les japonais sont des débiles. N’est-ce pas ?

Donc la Terre se réchauffe et c’est un peu tard pour renverser la vapeur. C’est cool (non justement). Si vous n’êtes pas d’accord, reprenez la lecture de l’article depuis le début et essayez d’ouvrir les yeux cette fois.

Maintenant que peut-on faire sans bâtir des EPRs aux quatre coins de la France ? Parce que le but est bien de baisser notre production de gaz à effet de serre pour limiter la casse et espérer atteindre seulement une augmentation de 1.5°C (les accords de Paris) d’ici la fin du siècle (je ne vais pas vous mentir, c’est très mal barré).

La clim ? Non. La voiture électrique ? Bof. Partir vivre au Groenland ? Nous sommes quand même sept milliards d’habitants, on va être serrés. Ne manger que du quinoa et du tofu ? Pas enthousiaste désolé.

Nous pouvons commencer par rouler moins, par ne prendre l’avion que lorsque c’est indispensable, manger moins de viande, nous déplacer à vélo ou à pied, utiliser les transports en commun, changer moins souvent de gadgets électroniques, limiter notre temps sur Internet (on peut lire des livres à la place, c’est sympa), chauffer moins (il suffit de mettre des pulls en hiver), acheter local pour limiter les transports longue distance, favoriser l’achat d’occasion pour donner une nouvelle vie aux produits, végétaliser autant que possible les zones urbaines, sanctuariser les portions de territoire non bétonné, et pourquoi pas voter pour des politiques aux réelles sensibilités écologiques histoire de faire réagir ceux qui nous gouvernent.

En attendant, je vous souhaite une bonne prochaine canicule.

Les Somnambules

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J’ai lu deux critiques enthousiastes de ce roman, une sur Babelio, l’autre sur le blog EmOtionS alors quand je suis allé chez mon libraire, je m’attendais à trouver le livre en bonne place dans le rayons. Mais non, il était bien caché, et quand j’ai annoncé au libraire que ce bouquin semblait faire un carton, il m’a répondu goguenard : « Je n’en ai vendu qu’un seul exemplaire, celui-ci. ». Damned ! Il faut dire que parler de pandémie de fin du monde ces temps-ci… enfin bon.

Ce roman se lit comme un road movie. Un road movie dans lequel les héros, suivent un, puis deux, puis trois, puis mille-vingt-quatre marcheurs entourés de leurs bergers. Un road movie de fin du monde, traversant les États-Unis à cinq kilomètres à l’heure.

Un roman épais de mille-cent-soixante-sept pages où il ne se passe finalement pas tant que ça d’évènements, un roman où se rencontrent les destins d’américains de tout âges, venus de tous les états, issus de tous les milieux.

La première à prendre la route s’appelait Nessie, une adolescente surdouée venue d’une ferme, marchant comme une somnambule, insensible à toute forme de sollicitation extérieure. Le premier des bergers fut sa grande sœur Shana, abandonnant tout pour protéger Nessie devenue une sorte de zombie. D’autres arrivèrent peu à peu et le troupeau grossit attirant la curiosité des scientifiques et la crainte puis la peur de la population.

Et pendant que le troupeau avance, infatigable, jour et nuit, une pandémie mortelle commence à décimer la population sombrant le monde dans le chaos.

Jusqu’à la révélation, aux trois-quarts du roman, les pages s’avalent plus vite que les kilomètres parcourus par les somnambules. Et même si je lisais sans réclamer d’explications, lorsqu’elle est arrivée, je l’ai trouvée décevante ce qui a rendu la fin plus laborieuse à lire. Les cent dernières pages prirent plus de temps à lire que les mille premières. Par chance l’auteur réussi le tour de force, dans le tout dernier chapitre, de rendre la catastrophe racontée pendant plus de mille pages plus noire encore.

J’ai aimé que Chuck Wending, à la manière de Franck Herbert dans Dune en son temps, commence chaque chapitre par une citation, un tweet, un extrait de podcast, une conversation, de quelques lignes à une page de texte qui donnent un autre point de vue sur l’histoire qu’il nous raconte.

Le roman porte également un fort message anti suprémacistes blancs très en vogue aux U.S.A. depuis le mandat de Donald Trump. Et depuis le début de la pandémie de COVID-19, Les Somnambules, paru en 2019, semble presque hélas, un roman prophétique.

Prévoyez quelques jours pour arriver au bout du roman, et si vous broyez du noir à cause de la pandémie actuelle de COVID-19, lisez-le quand tout ira mieux.

Electricity

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Vous saviez qu’Ewan McGregor était un motard ? Moi non, même si j’ai vu presque tout ses films. Avec un pote il fait régulièrement des road trips en moto à travers le monde et cette fois il a décidé de remonter l’Amérique du sud, de Ushuaïa jusque Los Angeles. 

Pourquoi pas me direz-vous ? Oui mais attention un road trip en moto électrique car « l’électricité c’est l’avenir », dixit Ewan. 

Le hic c’est qu’au moment de l’expédition, les motos électriques, ça ne courrait pas les routes, pas plus que les pickups 4×4 électriques pour accompagner l’expédition. Alors pendant le premier épisode on découvre l’équipe bossant avec des constructeurs auto et moto pour leur fabriquer des prototypes.

Le second problème, c’est qu’avec deux-cent-cinquante kilomètres d’autonomie et plus de vingt-mille kilomètres à parcourir, il faudrait recharger souvent, très souvent. Et les bornes de recharge rapide se comptent sur les doigts d’une main sur leur chemin.

Alors ni une ni deux, ils font installer cent-cinquante bornes de chargement sur leur route. Heu ? Sérieux ? Oui oui, juste pour que deux gars remontent en motos électriques l’Amérique du sud. Le comble c’est que leur caméraman, lui aussi à moto, aura un moteur thermique et que le van transportant les panneaux solaires de recharge, est un gros diésel qui pue.

Je résume: Ewan et son pote voyagent léger et incognito en motos électriques d’Ushuaia jusque Los Angeles accompagné de deux gros SUV électriques, d’une moto thermique, d’un van diésel sur une route jalonnée de stations de chargeurs rapudes installées juste pour eux. Le message écolo est limpide.

Cerise sur le gâteau les gars ont moyennement anticipé que s’il fait chaud chez eux, c’est parce que l’hiver bat son plein sous l’équateur. Et, si vous ne le saviez pas encore, les batteries chargent mal dans le froid et leur rendement est nettement moins bon.

Après un pilote prototypes, les trois épisodes suivants sont consacrés à trouver une prise électrique entre l’Argentine et le Chili, à arriver au bac avant qu’il ne s’en aille ou avant la panne seiche. 

Les gars sont tellement bien préparés qu’à deux reprises ils font venir un groupe électrogène monté sur un camion pour recharger les véhicules en plein milieu de nulle part. Respect !

Vous savez quoi ? Je n’aime pas les grosses cylindrées chromées et les bikers. J’ai toujours trouvé que les véhicules électriques étaient la plus grosse mascarade du siècle. Mais j’aime bien Ewan McGregor, enfin les personnages qu’il incarne et j’adore voyager en images. Mais là franchement, je me demande encore pour quelle raison je regarde ces épisodes. Peut-être dans l’espoir que la production ne lance le chantier d’une centrale nucléaire dans les Andes pour que nos deux bikers terminent leur périple en temps et en heure ?
Electricity

Vous saviez qu’Ewan McGregor était un motard ? Moi non, même si j’ai vu tout ses films. Avec un pote il fait régulièrement des road trips en moto à travers le monde et cette fois il a décidé de remonter l’Amérique du sud, de Ushuaïa jusque Los Angeles. 

Pourquoi pas me direz-vous ? Oui mais attention un road trip en moto électrique car l’électricité c’est l’avenir, dixit Ewan. 

Le hic c’est qu’au moment de l’expédition, les motos électriques, ça ne courrait pas les routes, pas plus que les pickups 4×4 électriques pour accompagner l’expédition. Alors pendant le premier épisode on voit l’équipe bosser avec des constructeurs auto et moto pour leur fabriquer des prototypes.

Le second problème, c’est qu’avec deux-cent-cinquante kilomètres d’autonomie et plus de vingt-mille à parcourir, il faudrait recharger souvent, très souvent. Et les bornes de recharge rapide se comptent sur les doigts d’une main sur leur chemin.

Alors ni une ni deux, ils font installer cent-cinquante bornes de chargement sur leur route. Heu ? Sérieux ? Oui oui, juste pour que deux gars remontent en motos électriques l’Amérique du sud. Le comble c’est que leur caméraman, lui aussi à moto, aura un moteur thermique et que le van transportant les panneaux solaires de recharge, est un gros diésel qui pue.

Je résume: Ewan et son pote voyagent léger et incognito en motos électriques d’ushuaia jusque Los Angeles accompagné de deux gros SUV électriques, d’une moto thermique, d’un van diésel sur une route jalonnée de stations de chargeurs rapudes installées juste pour eux. Le message écolo est limpide.

Cerise sur le gâteau les gars ont moyennement anticipé que s’il fait chaud chez eux, c’est parce que l’hiver bat son plein sous l’équateur. Et, si vous ne le saviez pas encore, les batteries chargent mal dans le froid et leur rendement est nettement moins bon.

Après un pilote prototypes, les trois épisodes suivants sont consacrés à trouver une prise électrique entre l’Argentine et le Chili, à arriver au bac avant qu’il ne s’en aille ou avant la panne seiche. 

Les gars sont tellement bien préparés qu’à deux reprises ils font venir un groupe électrogène monté sur un camion pour recharger les véhicules en plein milieu de nulle part. Respect !

Vous savez quoi ? Je n’aime pas les grosses cylindrées chromées et les bikers. J’ai toujours trouvé que les véhicules électriques étaient la plus grosse mascarade du siècle. Mais j’aime bien Ewan McGregor, enfin les personnages qu’il incarne et j’adore voyager en images. Mais là franchement, je me demande encore pour quelle raison je regarde ces épisodes. Peut-être dans l’espoir que la production ne lance le chantier d’une centrale nucléaire dans les Andes pour que nos deux bikers terminent leur périple en temps et en heure ?

La Terre est sauvée

Aujourd’hui j’ai fait une réunion Bluejeans éco responsable.

Nous disposions de deux heures trente pour sauver la planète.

Les GO, Gentils Organisateurs de cette surprise partie avaient décidé de nous faire utiliser un outil web participatif pour présenter nos idées et faire un brain storming.

Le temps qu’ils maîtrisent Bluejeans et qu’ils nous expliquent comment utiliser la plateforme web thématique de post-its débiles, il ne nous restait plus que quatre-vingt-dix minutes pour sauver le monde.

Une fois la synthèse de nos propositions terminée, les post-its collés, le texte écrit, les commentaires de chacun associé aux post-its, le débat a pu commencer : faut-il rouler dans un vieux diesel 200 chevaux ou prendre son vélo pour aller au travail ? Il nous restait soixante minutes pour en débattre.

– « Alors cela dépend si nous considérons les centrales nucléaires comme polluantes, de toute façon il suffit d’obliger tous les agents à travailler sur site en télétravail sans chauffage dans un jardin participatif où les ruches produiraient de l’électricité non ? »

– « Et si nous rapprochions les centres des agents plutôt que les agents des centres en décentralisant notre société, en créant par exemple un centre par fonctionnaire, chez lui afin de lui éviter de prendre la voiture pour aller travailler, un endroit où des employés d’autres entreprises pourraient travailler afin de partager les ressources informatiques et les moyens énergétiques ? »

– « Moi j’aimerais bien semer des carottes dans le potager collectif et repeindre en blanc toutes les routes et les toits des immeubles, y a qu’à acheter de la peinture à l’eau et des pinceaux, les pots vides serviront pour stoker les carottes et les pinceaux faire des trous dans le sable pour les semis ? »

– « Et si nous remplacions tous les véhicules par des Citroën AMI ? Électriques, rechargeables sur une prise, elles restreindraient les missions à un rayon de 35 km ? Pour les longues distances il suffirait de changer de véhicule dans un des centres décentralisés comme à l’époque des chevaux. Un Paris-Toulouse pourrait s’éffectuer en quatorze heures et neuf relais. »

Pour ma part, agacé par cette mascarade, j’ai évoqué l’impact sur le bilan carbone du télétravail, les ressources internet énergivores, les équipements informatiques nécessaires, les portables, les bi écrans, docks en double distribués aux agents pour mener cette double vie écologique, l’énergie consommée à la maison, pour chauffer, éclairer, alimenter le télétravaileur. Et là silence gêné. Toutes les personnes présentes comme moi-même étaient en télétravail ce jour là, en visioconférence via Bluejeans, au chaud dans leur appartement ou maison.

Deux heures et trente minutes plus tard la planète était sauvée, enfin on le croyait jusqu’à qu’une voix timide demande : « Et il se passe quoi après ? ».

« Nous allons faire une synthèse de vos propositions avec celles déjà faite dans le site web participatif, nous allons les soumettre à l’administration qui donnera son avis dessus et nous publierons alors leurs réponses sur l’outil. ».

Et ?

La Terre est sauvée !

Dix années en quelques heures

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J’ai perdu dix années de vie en quelques heures. Sans cigarette, bouteille de vodka, drogue, les années se sont effacées de ma page Facebook. J’ai créé mon compte en 2010 et je l’ai alimenté de plus en plus fréquemment avant de me rendre compte de la futilité de tout cela et de me retirer petit à petit du réseau social.

Depuis quelque temps, je ne publie plus rien sur ma page personnelle, conservant mon compte pour maintenir la page du webzine en fonctionnement, puisque la chose semble indispensable pour conserver une fréquentation du site acceptable. D’ailleurs ce n’est même plus moi qui publie sur la page Facebook, j’ai délégué cette tâche à un autre membre du webzine.

J’en avais assez de voir ces vieilles publications sur mon mur, alors je me suis lancé dans le marathon de l’oubli, celui qui consiste à effacer toutes mes publications depuis dix ans.

Facebook propose un outil pour le faire. Sur votre profil existe le bouton Gérer les publications, qui vous permet à l’aide de filtres sophistiqués, de cases de sélection, de masquer ou de supprimer cinquante publications à la fois. Cinquante publications, soit environ la moitié de ce que je publiais en une semaine. Alors si je compte bien 100 publications fois 52 semaines fois 10 années, je devais actionner l’outil un peu plus de mille fois pour tout effacer.

Oui mais bon voilà quoi, c’est Facebook. La théorie ne colle jamais la réalité. L’outil fonctionne mal, il faut scroller sur les publications pour en sélectionner plus de quinze, mais pas trop scroller non plus sinon vous dépassez la limite des cinquante posts et vous devez désélectionner à la main ceux qui sont en trop.

Et puis au-delà de quinze et selon la direction du vent et l’humeur de madame, l’outil permet seulement de masquer les publications au lieu de les effacer et lorsque que vous les avez masquées il vous propose alors de les effacer, bref double travail. Et c’est sans compter les bugs, un effacement qui n’efface rien, ou qui efface mais ne met pas à jour les informations si bien que lorsque vous recommencez l’outil s’effondre.

Au bout du compte, cela fonctionne pour environ dix publications à la fois les bons jours, du coup c’est plus de cinq-milles opérations qu’il faudra faire pour effacer mon histoire, sans compter les bugs.

J’ai commencé ma croisade un vendredi vers 13h et ai presque tout effacé (il reste encore des photographies mais là c’est l’horreur) vers 19h. Six heures de dur labeur pour disparaître partiellement de la toile.

Ces données sont-elles réellement effacées des serveurs de Facebook, je ne le pense pas, et pour le coup je m’en moque, je voulais juste afficher un profil vierge de toute bêtise. J’en ai profité pour faire un grand ménage dans mes contacts, ceux avec qui je n’ai jamais d’interaction, pourquoi les conserver ?

Dans le même temps j’ai ouvert un compte Instagram pour le webzine mais ce n’est pas moi qui le gèrerai et pour la page Facebook, ce sera un autre membre de l’équipe qui s’en chargera. J’en ai ma claque des médias sociaux je l’avoue, mais depuis le temps vous vous en doutiez n’est-ce pas ?

En plus il s’agit quelque part d’un acte écologiste. Si Facebook efface bien mes données, j’allège la charge des data centers énergivores.

Une Anneke caniculaire

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Anneke van Giersbergen

Le thermomètre affiche 27 degrés centigrades dans le salon. Vautré sur le canapé vert bouteille, je patiente jusqu’au coucher du soleil, lorsque le mercure descendra sous le seuil raisonnablement tolérable des trente degrés. La platine joue l’intégrale des albums d’Anneke pendant que je lis Infinités de Vandana Singh.

Nous subissons la seconde vague de canicule de l’été. Cette fois elle devrait durer au moins dix jours, dix jours à plus de trente degrés centigrades, enfermés derrière des volets clos, déshydraté malgré toute l’eau bue, comateux, dormant en pointillés, allongé sur le parquet inconfortable du rez-de-chaussée.

Je viens d’un pays où 25 degrés semblaient une chaleur insupportable et où après deux journées de soleil, la pluie, le vent et les nuages revenaient en force.

Cet hiver, les minimales sont à peine descendues sous la barre du zéro. Pas de neige, pas de lac gelé, pas de bise glacée du nord-est. J’ai à peine allumé le chauffage et les végétaux n’auront eu qu’une trop courte dormance pour résister cette année.

Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà perceptibles et cela ne fait que commencer à moins que ce ne soit qu’un épi phénomène et que mère nature va bientôt tout remettre en ordre. Un RAZ comme dans la nouvelle « Ecoute ! » dit l’oiseau-tipi.

Je pourrais creuser une piscine et plonger dedans pour aggraver la pénurie en eau. Je pourrais installer une climatisation et vivre à 20 degrés afin d’augmenter le réchauffement climatique. Je pourrais partir découvrir la banquise et les derniers ours polaires histoire de me rafraîchir les idées, ramener de belles images et augmenter la concentration en CO2 dans l’atmosphère au passage.

Mais non, je suis sur mon canapé vert anglais, tournant les pages de Infinités en écoutant Symphonized, me demandant quand est-ce que la température commencera à baisser, rêvant de retourner vivre en Bretagne alors que mon épouse pense à Aix en Provence.

L’usage de ventilateurs est déconseillé pour éviter de faire circuler le virus. Le port du masque est devenu obligatoire dans les espaces publics, bientôt ils vont nous annoncer que l’eau du réseau peut transmettre la maladie et qu’il faut éviter les douches et boire l’eau du robinet. 

Pour ce qui est du ventilateur, de toute façon, le son des palles brassant l’air poisseux gâcherait la délicieuse voix d’Anneke sublimée dans Let the Light In, son dernier live symphonique, hélas uniquement disponible pour l’instant qu’en digital. Alors pas de ventilo, quitte à mourir de chaud, la musique est plus importante que la souffrance.

Le soleil va tourner au sud-ouest, m’obligeant à fermer les derniers volets encore ouverts. Je ne pourrais plus lire faute de lumière mais il me reste Vuur, Verloren Verleden et Drive à écouter. Et puis l’obscurité convient parfaitement à mon mal de tête, car le manque de sommeil conjugué à la chaleur et la déshydratation sont un terreau favorable à mes épouvantables migraines hebdomadaires.

Ce soir, lorsque le soleil se couchera, que la température plongera sous les trente degrés, lorsque j’aurai écouté tous les albums d’Anneke, ceux d’Ayreon et de The Gathering compris, j’abandonnerai ma lecture pour aller écouter le live de PI au jardin des deux rives, eux aussi jouent du métal progressif mais sans chanteuse.

Another World

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Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces, folie des hommes, la Terre ne se porte pas bien du tout.

Lorsque j’étais jeune et naïf, je pensais que nous pourrions nous échapper de notre enfer bleu, aller vivre sur une autre planète, coloniser l’univers et tout recommencer ailleurs. Un autre monde, comme dans le clip de Gojira qui a inspiré ce billet.

Mais la réalité est tout autre. Aujourd’hui le réchauffement climatique atteint des sommets, une nouvelle canicule ce weekend, la sécheresse une année de plus qui ne devient plus accidentelle mais habituelle, un virus mortel qui envahit la planète et qui résiste à notre compréhension, des habitants qui consomment toujours plus sans se soucier des conséquences et notre incapacité évidente à coloniser une nouvelle planète pour échapper à la catastrophe.

Nous sommes loin aujourd’hui de l’exploit de 1969, lorsque les américains envoyèrent deux hommes sur le sol lunaire, deux hommes, pour quelques heures. Alors terraformer Mars ou une exoplanète lointaine, cela reste de la pure science-fiction quoique dise Musk.

Et puis, la fuite proposée dans Another World est-elle la solution ? Comme des criquets pèlerins qui ravagent tout sur leur passage, nous irions de monde en monde, épuisant leurs ressources, détruisant tout les écosystèmes au passage et nous continuerions notre route, laissant derrière nous des déserts radioactifs, à la recherche d’une nouvelle planète à détruire ?

Non. La survie de l’humanité passe par la survie de notre planète la Terre. Et pour avoir un avenir, il faut commencer maintenant à respecter notre monde : économiser ses ressources, ne plus polluer, respecter la biodiversité, entrer en décroissance. La fuite en avant, aujourd’hui inaccessible même à une petite minorité d’élus, n’est technologiquement pas viable. Nous ne construirons pas notre fusée voyageant plus vite que la lumière dans un hangar au milieu de la ville, pas plus que dans les laboratoire de Space X ou de la NASA. Nous sommes condamnés à vivre sur terre et y mourir.

L’expérience du COVID-19 ne semble pas avoir porté ses fruits : les nations ne se préoccupent plus que de relancer l’économie, de réinjecter de l’argent dans les entreprises, de remettre les gens au travail et tant pis si nous polluons encore plus, le problème sera réglé par la prochaine génération, à moins qu’elle ne soit la dernière.