Porcupine Tree – Closure/Continuation

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J’ai découvert Porcupine Tree avec l’album Lightbulb Sun il y a vingt-deux ans. J’ai immédiatement adopté leur univers musical novateur pour l’époque et j’ai poursuivi le voyage avec eux, d’alternatif expérimental en metal et même parfois progressif.

Ce qui ne devait être tout d’abord qu’une blague entre musiciens est devenu un groupe de référence pour de nombreuses formations contemporaines. Aujourd’hui les imitateurs de Porcupine Tree sont légions.

The Incident fut leur chant du cygne et pour moi un de leur meilleurs albums. Colin a rejoint O.r.k. et d’autres projets, Gavin est devenu le batteur officiel de The Pineapple Thief, Steven a poursuivi sa pop électro en solitaire et Richard a commis des trucs étranges et inaudibles.

Qui eut cru que Steven, Gavin et Richard se réuniraient à nouveau pour un album ? Treize ans plus tard, voici Closure/Continuation, un double vinyle sept titres et quarante-huit minutes.

Pas de doute, c’est bien du Porcupine Tree amputé d’un bassiste génial. Le son est au rendez-vous, la forme également, mais quid de l’âme de la bande à Wilson ?

Lors de la première écoute, je n’ai rien ressenti jusqu’à la face B du second vinyle, le dernier morceau ‘Chimera’s Wreck’. Non, j’exagère un peu, ‘Walk the Plank’ m’avait déjà tiré de ma torpeur juste avant. Bon, j’avoue, je faisais une sieste au casque.

Closure/Continuation donne l’impression que Porcupine Tree a recyclé du vieux matériel en virant la basse et en ajoutant des touches électroniques. Je n’entend pas ici ces grosses prises de risque que l’on trouvait sur leur précédents albums ni ces titres frisant le génie et qui ont construit la légende du groupe. C’est le son de Porcupine Tree, parfaitement maîtrisé, mais rien qui ne me fasse grimper au rideau.

L’ouverture basse/guitare/batterie de ‘Harridan’ annonce la couleur. Porcupine Tree est de retour et Porcupine Tree c’est eux. D’emblée, on reconnaît la patte des trois mousquetaires, un peu trop peut-être, comme s’ils craignaient de nous surprendre. La prod est super léchée et les sections instrumentales nombreuses sur les quatre morceaux qui dépassent les sept minutes. Il y a même un zeste expérimental dans l’avant dernier titre ‘Walk the Plank’ et quelques idées nouvelles dans ‘Chimera’s Wreck’.

Closure/Continuation s’écoute vraiment bien même s’il ne va pas changer la face du monde. Après plusieurs passages sur la platine, je trouve ‘Rats Return’ et ‘Dignity’ fort sympathiques même s’ils sont d’un grand classicisme Wilsonien.

Mike Portnoy a élu Closure/Continuation album de l’année. Le pauvre a dû bosser comme un fou et ne pas écouter grand chose depuis janvier ou alors il était tellement en manque de Porcupine Tree qu’il est complètement aveuglé. Pour ma part, je n’en attendais pas grand chose, du coup j’ai été quand même agréablement surpris.

Le Batteur

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Que serait un groupe de metal sans le batteur ? Imaginez Dream Theater sans Mike Portnoy, en fait, pas besoin d’imaginer si on réfléchit bien…

Les autres membres du groupe se calent sur lui pour jouer, le bassiste jette toujours un oeil de son côté et les autres suivent. Le batteur est la colonne vertébrale du groupe, le piller. Sans lui pas de musique encore que certains le remplace par de la programmation de nos jours. Mais c’est mal.

Alors j’ai une question. Comment se fait-il que le batteur soit le plus éloigné du public, noyé dans les fumigènes et souvent mal éclairé ?

Ok, le gars sue comme un bœuf, sent la transpi, menace d’éborgner ses potes avec ses sticks et fait un potin du diable avec sa grosse caisse. C’est une bonne raison pour le mettre au coin.

Photographier un batteur, oui c’est là où je voulais en venir, relève de l’art. De base, photographier un groupe en live c’est chaud. Les lumières changent tout le temps, il y a des fumigènes, les mecs bougent tout le temps. f 2.8, 4000 ISO au 1/100 suffisent à peine pour chopper les gars. Alors imaginez le batteur.

Il est loin ce con, à plusieurs mètres, dans un coin sombre, noyé dans les fumigènes et en plus il n’arrête pas de bouger. Sur les grandes scènes, l’angle de vue depuis la fosse est juste impossible pour choper le tatoué qui s’excite au fond, à moins de soulever à bout de bras les trois kilos de matos sans trembler et cadrer à l’aveugle. L’autre solution est de poser le matos sur le bord de scène et de tenter de passer entre les projos, les retours, les câbles et les pieds pour dégager une vue sur le batteur. C’est là que le chanteur, le guitariste ou le bassiste masque le champ, juste au moment où il n’y avait plus de fumigènes.

Un batteur se choppe avec une focale de 200 mm au minimum. Pour lutter contre la brume, j’ouvre un plus plus, f 3.5 jusque 4.6 si je peux, j’ajoute du contraste et de la correction de voile en baissant les niveaux de blanc. Pour la vitesse, je monte à 1/400 et même là les sticks peuvent être flous, après ça peut être sympa aussi. Pour les ISO ben je monte, je monte, tant pis pour le bruit. Je cale la mise au point sur un des montants du kit ou sur le visage du batteur quand c’est possible parce mon Tamron est vite en panique sinon avec l’autofocus en mode pin. 

Ce qui est pas mal, c’est d’être autorisé à monter sur scène pour shooter – c’est rare mais n’hésitez pas à demander à la sécurité – derrière la scène c’est pas mal également comme sur les escaliers d’accès avec en bonus la vue sur le public. 

Reste le trop rare solo de batterie. Le moment parfait pour shooter. Encore faut-il qu’il y en ait un et que vous arriviez à temps pour photographier. A ce moment-là, les places sont chères dans la fosse.

Mais généralement, quand toutes ces conditions idéales sont réunies, c’est le moment où le titre s’achève, que le groupe se lance dans un morceau acoustique ou que le batteur se gratte son eczéma.

Bref j’ai trop peu de belles photos de batteurs. J’en ai une vraiment sympa de Lazuli et je crois que c’est tout. Un jour j’y arriverai, enfin peut-être.

Ce n’est vraiment plus de mon age

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Dimanche dernier j’étais au festival Rock Your Brain Fest à Sélestat. Deux scènes en plein air, plein de groupes que je connaissais à peine et 32 degrés à l’ombre, plus au soleil.

Je m’y rendais pour King Buffalo et Alex Henry Foster et j’ai eu le bonheur d’écouter de nombreuses formations que je vais probablement suivre de plus près comme Cellar Darling et Wardruna.

Grace à l’accréditation presse miraculeusement obtenue, j’ai pu shooter les groupes de la scène principale avec les grands et cela m’a également donné accès à l’espace VIP avec son bar, ses toilettes propres, ses relax à l’ombre et sa climatisation. Dommage que je n’ai découvert ça qu’assez tard dans l’après-midi, lorsque j’étais déjà cuit.

Tout commence sous un soleil de plomb vers 14h lorsqu’il a fallu faire la queue pour rentrer. Une fois encore j’aurais pu m’épargner cette peine car pour la presse il y a un accès rapide.

Arrivé dans la vaste prairie peu ombragée, les décibels explosent immédiatement mes oreilles et le soleil crame ma nuque. Alors je me tartine d’indice 50, bois un litre d’eau et rejoins la grande scène pour shooter avec les pros le premier groupe français Dust In Mind que j’ai déjà entendu dans une autre vie.

Autant la MainStage est immense, flanquée de ses deux écrans géants, autant la seconde scène, la Tiki Area est petite sous sa tente étouffante. Dommage, c’est là que joueront les deux groupes dont j’attends beaucoup. La MainStage est parfaite pour photographier avec ses éclairages puissants, ses deux écrans géants et un vaste espace pour le public. 

La Tiki Area est étriquée, mal éclairée et prend de plein fouet le son de l’autre scène. Pour les artistes qui se produisent là c’est un peu galère d’autant que beaucoup de monde se presse pour les écouter. En plus cette scène alternative est installée à côté des WC et le soir ça sentait la pisse chaude. Pour photographier, c’est l’enfer même avec l’autorisation de passer derrière. La fatigue de la journée additionnée à ces conditions donneront des images pas terribles pour King Buffalo et Alex Henry Foster.

Du coup, pour les photos, je suis souvent retourné sur la MainStage. Deez Nuts et Power Wolf valaient vraiment le détour visuellement, un parce que ça bougeait tout le temps, l’autre pour les décors gothiques et la mise en scène. Wardruna aura la palme des éclairages. S’ils ne bougent pas, tout se joue dans la lumière et l’atmosphère. Mystique !

Si vous vous demandez pourquoi je n’ai pas de clichés de Sister Of Mercy, je vais vous expliquer. Vous connaissez cette règle idiote des trois première chansons ? Non ? On vous autorise à shooter uniquement sur trois titres au début du set. Ben Sister Of Mercy innove dans genre. Non, pas de voile mesquin comme Steven Wilson, mais les photographes pouvaient prendre des clichés sur les quatrième, cinquième et sixième morceaux du show. Déjà à la base, Sister Of Mercy ça n’est pas ma came, alors poireauter en attendant notre tour pendant que King Buffalo arrive sur la petite scène, hors de question.

Puisque l’on parle de nos psyché américains, autant dire que le début de leur concert a eu du mal à décoller et j’ai pris peur. Heureusement, une fois le diesel chaud, c’est devenu pas mal. Dommage qu’il faisait encore jour pour les lumières et l’ambiance, mais bon, on ne peut tout avoir.

J’ai découvert peu avant le duo instrumental acoustique de Opal Ocean, deux guitaristes australiens qui ont su captiver le public par leur virtuosité et des reprises accrocheuses. C’est le genre de groupe sur lequel je vais pencher une oreille attentive dès que j’aurai le temps.

Ensuite ce fut le tour d’Alex Henry Foster. Le québécois a pris dans ses bras les quelques fondus qui faisaient le pied de grue devant la scène. Autant dire que moi qui ne suis pas très contact et reste toujours distant avec les artistes de crainte de les harceler, j’ai été carrément tétanisé quand il m’a pris dans ses bras pour me faire un bécot sur le front. Il est assez incroyable ce bonhomme. « Vive le Québec et l’Alsace libre ! » Qu’il dira pendant le concert. Le Québec pourquoi pas, mais l’Alsace, sérieusement ? Un poteau de la tente, placé devant la scène, sera l’occasion d’une pool dance acrobatique de guitariste, comme s’il ne faisait pas assez chaud Alex fait l’équilibriste pour se rapprocher de son public. Bon il n’y aura pas de The Power Of The Heart mais The Hunter et autres merveilles. Le show aurait mérité la grande scène du festival comle à la Laiterie en Novembre à Strasbourg. C’était fabuleux de les retrouver !

D’ailleurs j’ai failli en rester là mais je n’ai pas pu résister à un baroud d’honneur et aux les éclairages de Wardruna. Une dernière fois j’ai attendu que la sécurité laisse passer les photographes très nombreux pour ce dernier concert, et je me suis fait plaisir alors que mes voisins semblaient perplexes. Avec des  éclairages presque tamisés et un jeu d’ombres sur le fond granuleux, je trouve qu’il y avait pourtant matière à s’éclater.

J’ai perdu le pare soleil du 70-200, j’ai une brûlure aux cervicales, j’ai un peu abusé de triptans en 48 heures, je me suis déshydraté en buvant tout le temps, j’ai crevé de chaud et il me reste plusieurs heures de travail pour développer les photographies, mais j’avoue, je me suis éclaté au Rock Your Brain Fest. Par contre, ces conneries ne sont plus de mon age, il va falloir que je me range. J’étais un des plus vieux du festival…

Merci à toute l’équipe du Rock Your Brain Fest et à Zone51, c’était énorme ! A l’année prochaine ?

This Winter Machine – Kites

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Il y a bien longtemps, j’avais découvert l’album The Man Who Never Was du groupe britannique This Winter Machine. Un premier effort néo-progressif d’assez belle facture qui m’avait enthousiasmé à l’époque. 

Si je me souviens bien, le groupe avait connu quelques déboires avec son label et aujourd’hui ce disque n’est pas disponible sur leur page Bandcamp, pas plus que le second album également épuisé A Tower Of Clocks. Il est cependant possible de découvrir The Man Who Never Was sur la page Bandcamp du label Progressive Gears. 

Bon, j’avoue, avec le recul, The Man Who Never Was sorti en 2017, ne me fait plus le même effet. Je le classerais dans les albums sympathiques, mais sans plus. Et c’est un peu la même chose pour leur troisième galette intitulée Kites. Toutefois j’étais curieux de voir comment avait évolué le groupe This Winter Machine en cinq années.

Kites développe dix morceaux en un peu plus de trois quarts d’heure. Des pièces de deux à sept minutes où se glissent quelques instrumentaux dont le premier titre ‘Le Jour d’Avant’, en français s’il vous plait, au piano, guitare et flûte.

On pourrait comparer This Winter Machine aux québécois de Mystery pour les morceaux les plus mélodiques comme ce ‘Pleasure & Purpose’, mais sans la délicieuse voix de Jean Pageau hélas. Celle de Al Winter, campée dans les médiums, est un peu plus basse et nasillarde. 

Le groupe joue de claviers nineties, de guitares progressives à souhait et d’une rythmique le plus souvent éloignée des carcans du neoprog sorti du bref instrumental tambour de machine à laver ‘Whirlpool’ et du ‘Kites’ très marillionesque.

Les influences de Pink Floyd et des polonais de Satellite sont palpables dans la seconde section instrumentale de ‘The Storm (Part 1)’ dominée par les claviers et les guitares électriques. 

La seule petite originalité de l’album se trouve dans la ballade folk acoustique ‘Sometimes’ ou un violon pointe le bout de son nez.

L’album reste assez tranquille, le plus souvent mélodique avec de plaisantes balades et quelques bruitages sorti des trois titres aux passages plus musclés que sont ‘The Storm’, ‘Whirlpool’ ou ‘Kites’.

Parmi mes pistes préférées il y a ‘Pleasure & Purpose’. Le titre est des plus classique avec du piano, des claviers et un solo de guitare mais lorsque Al Winter entame le refrain “Sometimes it seems like every second I forget a little more” j’ai des frissons le tout long de la colonne vertébrale. Comme quoi il me faut peu de chose pour grimper au rideau.

Kites n’est certainement pas l’album du siècle. Il ne saurait rivaliser avec un Misplaced Childhood, un Pure ou un Delusion Rain. Néanmoins, il se laisse écouter, rappelant que quelques groupes s’essayent encore au néo-prog avec bonheur. Alors si vous aimez le genre, ne vous privez pas de l’écouter, il est sur Bandcamp.

Teeshirt : Chris Luna

Alex Henry Foster – The Power Of The Heart

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Vous êtes fan de Lou Reed ? Moi pas particulièrement. Pourtant je vais vous parler d’une de ses chansons, ‘The Power Of The Heart’, reprise entre autres par David Bowie et Peter Gabriel.

Le titre ne laissera pas indifférent, une magnifique chanson d’amour chantée d’une voix éraillée sur une musique minimaliste. La chanson était un hommage de Lou Reed à l’amour de sa vie, Laurie Anderson, qu’il épousa le 12 avril 2008 et avec qui il vécu jusqu’à sa mort en 2013.

Cette fois c’est le québécois Alex Henry Foster qui reprend la chanson en radio édit ainsi qu’en version longue. Alex Henry est tombé amoureux de Lou Reed avec le vinyle Transformer trouvé dans la collection de son père, un album sorti en 1972.

‘The Power Of The Heart’, initialement édité en 2008, un an après le dernier album solo Hudson River Wind Meditations, durait cinq minutes trente secondes à la guitare acoustique et violon. Alex Henry se l’approprie à deux voix sur une orchestration beaucoup plus riche.

J’avais découvert Alex Henry Foster en live à Strasbourg en première partie de The Pineapple Thief et ce fut un coup de foudre que je ne m’explique pas vraiment. Depuis ce concert, je le regarde souvent en streaming et j’écoute régulièrement son album Windows in the Sky

Il sera en live à Sélestat au Rock Your Brain Fest dimanche prochain en compagnie entre autres de King Buffalo. Évidemment, je serais de la fête.

La version de Alex Henry Foster s’offre une ouverture instrumentale cinématique un peu inquiétante avec cette guitare frottée et ces sons de cloches avant que le piano ne pose le thème principal.

Après quatre-vingt dix secondes, la musique rentre dans le texte de Lou Reed sur du piano, violon, synthé et des guitares toujours jouées à l’archet. Une orchestration très riche qui n’étouffe pas pour autant le chant et l’esprit de Lou Reed. On retrouve les atmosphères de Windows in the Sky avec ces voix éthérées et le chant quasi parlé du québécois.

Le titre s’achève en apothéose orchestrale. Un philarmonique s’accordant avant la première, d’abord les cordes, puis les cuivres pour finir par les percussions, une poignée de secondes explosives pour un final de feu d’artifice.

La version radio edit, elle se concentre sur l’essentiel, un peu moins de quatre minutes dont sont absente l’ouverture cinématique et le final orchestral. Un single parfait pour les ondes et donne envie d’écouter la version longue.

Alex Henry Foster réussit ici une magnifique adaptation du titre de Lou Reed. J’espère qu’il jouera ‘The Power Of The Heart’ en live dimanche au Rock Your Brain Fest, ce serait un beau cadeau.

Teeshirt : Alex Henry Foster

anubis – 230503

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J’avais reçu 230503 en même temps que plein d’autres promotions du label Bird Robe Records et découvert par la même occasion le groupe anubis. Je les suis fidèlement depuis et j’ai même eu la chance de les écouter en live lors de leur première tournée Européenne au festival Prog The Castle.

230503 trône fièrement dans ma discothèque et me voilà aujourd’hui avec la Deluxe Anniversary Edition, deux CDs comportant la réédition de 2020, la version originale ainsi que des captations live, un total de 38 titres que je possède déjà dans d’autres éditions.

Qui a dit collectionnite aiguë ? Bref…

Cette édition est parfaite pour voyager de Strasbourg jusqu’à Lyon en voiture sur autoroute. Vous n’aurez pas à changer de disque pendant le trajet. Avec des morceaux de 12 à 22 minutes déclinés pour certains en plusieurs versions, vous en prenez pour quatre bonnes heures de musique. Et si vous en réclamez plus, le groupe a publié une vidéo d’une demie heure racontant la genèse de l’album.

Tapez 230503 dans un moteur de recherche comme Quant, vous aurez des surprises. Vous trouverez un disque de frein, un radiateur de moteur, un madrier de sapin mais nulle mention du premier album d’anubis.

230503 est un concept album, certainement le plus expérimental de leur discographie, qui parle de la perte d’un proche. Une histoire inspirée par la noyade d’un ami de David et Robert.

Les 16 versions live donnent un éclairage tout particulier sur les titres studio comme le ‘The Deepest Wound’ punk funky enregistré à Sydney en mai 2010. 

Il y a également le titre ‘The Life not Taken’ en six parties, morceau fleuve de plus de vingt et une minutes issu des enregistrements de 230503 et non retenu pour la version finale. Un titre qui servira de matériel pour les morceaux ‘The Deepest Wound’, ‘Leaving Here Tonight’ et ‘Breaking Water’.

N’oublions pas le single ‘Technicolour  Afterlife’ ou le ‘Anonymity’ délirant du live de mai 2010 à Amandale.

230503 Deluxe Anniversary Edition est clairement un disque pour les fans du groupe anubis et de leur premier album ou pour les personnes qui aiment écouter des morceaux déclinés de plein de manières différentes. 

Ce n’est assurément pas ce qu’il faut acheter pour débuter avec anubis. Ecoutez plutôt Different Stories sorti en 2018 qui revisite leur discographie en beauté.

Teeshirt : Marillion

Evergrey – A Heartless Portrait

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Evergrey est longtemps resté pour moi un groupe de metal prog de seconde zone avant qu’ils ne sortent The Atlantic en 2018 confirmé trois ans plus tard par Escape of the Phoenix.

Je reconnais que cet engouement tient beaucoup au pathos et à la voix de Tom qui officie également dans le groupe Silent Skies que mon épouse adore, mais elle c’est pour le pianiste.

Malgré cet engouement, je ne me suis pas offert A Heartless Portrait en vinyle cette fois. Non pas que j’ai de oursins dans mes poches mais que le premier extrait de leur nouvel album ne m’a pas emballé outre mesure.

Le digipack trois volet aux couleurs cyan et sang est entre mes mains avec son livret assez épais. Une créature mythologique ailée semble veiller sur un monde et ses deux satellites à moins qu’elle ne cherche à les détruire. L’explication se trouve peut-être dans les textes.

A Heartless Portrait ce sont dix morceaux très musclés où la batterie de Jonas ne se pose presque jamais, où les guitares d’Henrick et Tom déchirent les éthers et où les claviers de Rikard fusent telles les flammes d’un chalumeau à acétylène. 

Techniquement, il s’agit d’une grosse tuerie de cinquante minutes qui ne vous laisse pas beaucoup d’espace pour souffler sauf peut-être dans ‘The Great Unwashed’ au solo de folie ainsi que dans le final ‘Wildfires’ nettement plus apaisé et mélodique.

A Heartless Portrait porte bien son nom. Les grands écarts instrumentaux et l’émotion à fleur de peau de sont pas vraiment au rendez-vous cette fois. C’est un album assez froid et technique dans son ensemble. 

De la double pédale parkinsonnienne, des cris de galériens débordant de testostéronne, ‘Save Us’ donne le ton de l’album. Ça sent l’homme et le déodorant sans aluminium. ‘Midwinter Calls’ donne dans le péplum metal. Alors poussez les potards au maximum pour faire trembler les murs.

Malgré tout cela, Evergrey reste mélodique grâce à la voix de Tom et les claviers de Rikard. Des touches électros virtualisent ce metal prog très viril et les soli de guitares, comme dans ‘Ominous’ feront grimper au rideau les fondus de six cordes. Une tendance forgeron amorcée dans escape of the Phoenix qui prend ici sa pleine puissance.

Ça cogne, ça tape, ça pleure, ça chante, un déferlement musclé parfaitement contrôlé façon chœurs de l’armée rouge.

La production aurait pu bénéficier de plus d’attention, non que ce soit épouvantable, mais disons perfectible. Il faut pousser le volume assez fort pour faire ressortir la dynamique de la bête.

Bon, vous l’aurez compris, A Heartless Portrait ne sera sans doute pas mon Evergrey préféré. N’empêche, c’est une belle machine de guerre metal progressive qui en live pourrait révéler tout son potentiel et que j’écoute très régulièrement depuis sa sortie.

Teeshirt : Los Dissidentes Del Sucio Motel

Accréditation

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En abandonnant Neoprog, j’ai renoncé aux petits avantages du métier, à savoir les soirées VIP avec les groupes, les filles et la coke dans des bains moussants de champagne. 

Ok, j’exagère un peu là, je veux dire le plaisir de rencontrer les artistes et d’être invité aux concerts.

Bon d’accord, quelques promoteurs m’ont invités, par amitié ou en souvenir du bon vieux temps, mais je n’ai pas eu l’occasion d’en profiter.

Alex Henry Foster

Par contre, lorsque j’ai appris qu’Alex Henry Foster serait au festival Rock Your Brain Fest à Sélestat avec King Buffalo, j’ai immédiatement pris ma place et peu après, voyant que les photos seraient interdites, j’ai osé demander un pass presse.

King Buffalo

L’organisation du festival m’a fait alors parvenir un questionnaire sur mon activité, mes médias et surtout mon audimat. Mes médias Flickr, le blog, YouTube, Facebook, Twitter, Instagram ok. Pour l’audimat, c’est là que ça fait mal, même très mal, comment se vendre avec dix à vingt vues par semaine ? Avec Neoprog c’était facile, une capture d’écran de Google Analytics et le tour était joué. Les chiffres parlaient d’eux même.

J’ai été honnête, j’ai rempli le formulaire avec les vrais scores du blog et de YouTube en me disant que je ne serai pas retenu. Tant pis pour les photos.

Surprise, dimanche, j’ai reçu la miraculeuse accréditation presse pour le 24 juillet. Soit la presse boude cet événement, soit j’ai un ange gardien quelque part. Toujours est-il que je suis très heureux. Je vais pouvoir à nouveau concilier mes deux passions, le rock et la photographie.

Cela fait très longtemps que je n’ai pas assisté à un festival. C’est un exercice très physique avec de nombreux concerts, la foule, la déshydratation, le poids du matériel, le niveau sonore et la fatigue. Il va falloir que je me ménage. Mais j’ai bien tenu le coup pendant les deux jours de compétition de tennis de table avec une crève en prime. Je devrais assurer s’il ne pleut pas des cordes. 

Cellar Darling

Ce qu’il y a de cool dans ce genres d’événements, outre rencontrer les groupes et labels présents – le pass presse est un sésame magique – c’est de découvrir de nouvelles têtes, des formations inconnues qui pourraient me convaincre en live d’aller plus loin avec elles comme The Sisters Of Mercy ou Cellar Darling que je ne connais pas vraiment.

The Sisters Of Mercy

Je ferai certainement un live report avec des photographies, peut-être même de la vidéo et je vous raconterai tout ça très bientôt. Mais si vous êtes dans le coin le 24 juillet, venez nombreux plutôt que de me lire, l’affiche vaut le déplacement.

Isaurian – Deep Sleep Metaphysics

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Je vous présente Isaurian, trois garçons, deux filles et plein de possibilités qui sortaient leur premier album Chains of Blue en 2020 et qui reviennent cette année avec six titres sous le nom Deep Sleep Metaphysics.

Je dois encore cette brillante découverte à KMäNRiffs qui relaye un nombre incalculable de sorties sur Twitter. Des explorations souvent musclées dans lesquelles se glissent parfois des choses acceptables pour mes oreilles délicates.

La pochette bleutée de l’EP n’a pas été étrangère à mon coup de cœur. Je suis très attaché aux visuels et celui-ci, réalisé par Jorge Rabelo, est particulièrement réussi. C’est un assemblage d’images, buste de prêtre, crâne, serpent, racines, papillons, fumée, qui sur un fond étoilé forment l’inquiétant personnage de la mort, présent dans le titre ‘Arida’.

Malgré un peu de growl et son étiquette doom, Isaurian se révèle très mélodique, en partie grâce au chant féminin.

Deep Sleep Metaphysics ne dure que trente-six minutes pour six morceaux dont un est décliné en deux versions, autant dire que cela s’écoute très vite.

‘Arida’, décliné à deux reprises, est très cinématique post-rock avec son enregistrement audio façon reportage TV alors que ‘For Hypnos’ donne dans le psychédélique doomesque. ‘The Dream To End All Dreams’ est un instrumental, lui aussi cinématique, qui colle parfaitement à la BO d’Interstellar avec ses trois notes de piano solitaires.

‘Autumn Eyes’ revient au doom psyché chant et growl. Mais le chant féminin semble avoir été enregistré d’étrange manière. Il est très atténué, comme s’il avait été capturé dans de mauvaises conditions techniques lors d’un live. 

L’EP se poursuit avec ‘Heart and Roads’, un nouveau morceau cinématique post-rock avec un peu de chant et s’achève avec un remix du premier titre ‘Arida’ signé Muriel Curi, une version plus longue de sept secondes.

Les titres cinématiques ‘Arida’ et ‘The Dreams To End All Dreams’ me font beaucoup penser au travail du compositeur Hans Zimmer à qui l’on doit la BO du film Interstellar, certainement une des raisons qui m’ont fait craquer pour cet EP d’Isaurian.

Le groupe me donne l’impression de se chercher encore, d’être en plein devenir, surtout lorsque l’on écoute leur premier album Chains of Blue enregistré dans l’urgence en six jours. Deep Sleep Metaphysics est prometteur. Alors attendons de voir ce qu’ils seront capable de nous proposer dans le futur.

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ESP-Project – anarchic curves

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Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je vais délaisser le metal qui poutre pour écouter du prog symphonique.

Alors pas du rétro prog, ni du canterbury ou du rock in opposition, mais du sympho mélodique qui s’écoute presque comme une musique d’ambiance.

Peter Cyle chante à la manière douce de Tim Bowness sur un rock progressif facile à écouter composé par Tony Lowe, guitariste, claviériste et producteur de ESP Project. Ils sont accompagnés de Pete Clark à la basse et de Dave Ethridge à la batterie.

Ce sixième album studio, anarchic curves, dure un peu moins d’une heure et huit morceaux allant de quatre à neuf minutes où se mêlent sympho, prog eighties et AOR soft. 

D’accord, le disque ne va pas changer la face du prog. Par contre, il propose une parenthèse musicale confortable et reposante. Certains jours, cela suffit amplement à mon bonheur. J’ai des plaisirs simples.

Lowe joue de claviers aux sonorités vintages quand Ethridge use d’une rythmique entre AOR et prog seventies appuyées par la basse de Clark. Sur cette musique parfois peu mélodique comme dans ‘Shoreless’, Coyle chante le plus souvent avec une délicatesse légèrement soporifique sur laquelle on se laisse facilement porter. 

Les paroles des chansons regorgent de références au prog seventies, au cinéma, à la peinture et la pop culture. On y parle de John Lennon, de Van der Graaf Generator, Genesis, yes, King Crimson, Klint et plein d’autres artistes. Un bel hommage à l’art en général.

Deux pièces se détachent du sirop progressif qui pourrait sembler poisseux à certains – pour ma part, j’aime bien leurs chamallows roses -. Il s’agit de ‘Cogs’ qui entre deux couplets sirupeux durcit un peu le ton et ‘Shoreless’ dont je vous ai parlé avant.

ESP Project possède les saveurs de Genesis et de Yes ainsi que la douceur d’un Tim Bowness. Un prog symphonique soyeux, reposant où les guitares restent en second plan derrières les claviers et la rythmique.

Depuis les début d’ESP, ESP Project fait de l’ESP, sans grande surprise, mais je trouve qu’ils le font de mieux en mieux. Leur précédent album phenomena m’avait bien plus et j’avoue que anarchic curves m’emballe encore plus. Alors allez y jeter une oreille, il est sur Bandcamp.

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