Sharp Objects

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Bienvenue à Wind Gap.

Camille Preaker, une journaliste rentre chez elle, dans sa maison d’enfance, pour enquêter sur les meurtres de deux enfants. Dans la grande demeure, Adora, sa mère, Amma, sa demie sœur et Alan, son beau père vivent comme à l’époque de la traite des noirs, mais au lieu de couper la canne à sucre, les mexicains employés par la grande exploitation y élèvent des cochons.

Dès les premières minutes, nous comprenons que les relations mère fille sont complexes et tendues, sa demie sœur adolescente joue à la maison de poupées le jour et boit de la vodka la nuit en arpentant la ville en rollers, le beau père écoute de la musique sur sa Hifi hors de prix et la mère fait salon et dirige Vickery, le chef de la police locale.

La série fait de nombreux flash back sur l’enfance de Camille, sur Marian, sa petite sœur décédée, son enterrement, sur leurs fugues en rollers, sur une cabane sordide au fond des bois. L’atmosphère de la petite ville est malsaine, faite de ragots, de vieilles histoires, rancunes, de la chaleur oppressante du sud et du poids des traditions.

Camille, notre journaliste, n’est pas très nette non plus il faut bien l’avouer. Elle sort d’un hôpital psychiatrique, boit comme un trou et est une adepte de la scarification. Et malgré des relations plus que tendues avec sa mère, c’est dans la maison familiale qu’elle va s’installer pour conduire son enquête, faisant resurgir dans son esprit déjà torturé, les fantômes du passé.

Mais Camille n’est pas seule, un flic, Richard Willis, est venu enquêter sur la mort de ces filles, filles à qui le meurtrier a arraché toutes les dents avec une pince, comme pour les cochons, afin qu’ils ne mordent pas. Lui c’est l’étranger dans la ville, celui qui ne comprend pas les gens, leurs silences, leurs codes sociaux mais qui est persuadé que les crimes sont l’oeuvre d’un tueur en série. Il se heurte à la non coopération de Vickery qui est persuadé que les meurtres sont l’oeuvre d’ouvriers mexicains alors que notre sombre étranger pense qu’il s’agit d’une personne de la ville.

La série en huit épisodes est lente, pesante, tendue, parfois à la limite du supportable et j’ai failli abandonner dès le second. Surtout n’en faites rien. Même si l’histoire ne raconte pas vraiment l’enquête la série dépeint un univers familial malsain et une petite ville sudiste. Tout s’accélère très vite dans les deux derniers épisodes, une fois que l’univers de Wind Gap a été bien posé. On ne regrette pas alors d’être allé au bout de la série.

La série est tirée d’un livre écrit par Gillian Flynn à qui on doit entre autres Gone Girl ou les Apparences, deux romans très sombres que j’ai dévoré. Un nouveau livre à ajouter à ma liste de lectures.

Romain Duris

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J’ai découvert Romain Duris avec le film de Cédric Klapisch en 2002, l’Auberge Espagnole. Si pour plein de raisons non avouables j’avais adoré ce film, je n’ai pas forcément toujours été emballé par l’acteur. Il faut dire qu’avec son sourire de tombeur et son physique d’athlète, il faisait parfois désordre dans le casting.

Et puis je suis tombé sur la série Vernon Subutex, ce disquaire marginal au chômage qui se fait expulser de chez lui un beau matin. Et j’ai découvert un autre Romain Duris, un acteur talentueux, crédible, touchant ainsi qu’une série rock’n’roll.

Sur fond de thriller, la série Vernon Subutex nous replonge dans le rock, l’histoire d’amis de la grande époque, gravitants autour de ce disquaire reconnu en son temps et la mort par overdose d’une rock star française qui faisait son comeback. C’est aussi la descente aux enfers d’un homme qui brutalement se retrouve à rue du jour au lendemain et qui après des squats chez des amis termine sous les ponts.

C’est aussi l’histoire de trois K7 vidéos, enregistrées par Alex, la rock star défunte, dans lesquelles il aurait fait des révélations fracassantes avant de mourir. C’est aussi un livre de Virginie Despentes (auteure que je n’ai jamais lu), apparemment très branché sur l’univers lesbien, ce qui donne l’occasion d’ajouter à l’intrigue principale, celle du disquaire, des récits parallèles et non anecdotiques qui à la fin de la série se rejoignent.

Clairement la série est sexe, drogue et rock’n’roll.Mais c’est surtout un magnifique jeu d’acteur signé Romain Duris, cet homme insouciant, venu d’un monde révolu, qui plonge dans la précarité.

La météorite de Noël

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La presse annonçait la catastrophe dès début octobre. Mais bien entendu personne n’y croyait. Pensez donc, une météorite d’un kilomètre de diamètre qui choisirait justement Noël pour nous percuter, quelle bonne blague. Et puis des bolides frôlant la Terre, la NASA en détecte tellement souvent que le sujet intéresse encore moins que des migrants retrouvés noyés sur nos côtes.

Pourtant le vingt-cinq décembre, à trois heures U.T.C., l’immense caillou en forme de vaisseau spatial pénétra notre atmosphère, se brisant en cinq blocs gigantesques que les frottements ne parvinrent pas à désintégrer totalement.

A trois heures quinze, les météorites percutèrent la croûte terrestre en plusieurs points du globe. Mais contrairement aux scénarios des blockbusters américains, seule l’Europe fut touchée, d’abord la Suisse, puis le Luxembourg, Andorre, la principauté de Monaco puis le Liechtentheim. 

Des explosions comme plusieurs bombes thermonucléaires ébranlèrent la surface, soulevant des tonnes de poussière dans l’atmosphère, rasant tout sur des kilomètres et creusant des cratères plus profonds que celui de l’Arizona.

Miraculeusement, les ondes de chocs ne franchirent pas la frontière française, c’est du moins ce qu’affirma un journaliste enfermé dans bunker à Mururoa.

Honnêtement, vu par le cadre de la fenêtre brisée, seul vestige de ma maison alsacienne soufflée par les explosions conjointes du sud-est et du nord, mon jardin potager faisait grise mine, un peu comme le jour où une société de démolition a malencontreusement effondré le mur de la grange voisine dans notre propriété.

Les immeubles les plus résistants s’étaient écroulés sur leurs habitants, seul le putain de clébard des voisins semblait avoir survécu vu qu’il gueulait comme un damné sous les gravas. Qu’il crève, de tout façon nous allons tous crever me suis-dit alors.

D’ailleurs, comment se faisait-il que je sois encore vivant ? Un coup de chance du destin farceur sans doute. Peu avant trois heures, ma vessie pressée par ma monstrueuse prostate me donnait pour conseil de courir vite aux toilettes du bas, celles du haut étant bouchées suite à une utilisation abusive. Vous savez cette salle de bain qui me demanda tant de mois de labeur. Un abri anti atomique en plaquo-plâtre suspendu conçu par mon génie prévoyant. A la première explosion helvétique, les plaques se détachèrent et le sol se déroba sous mes pieds, me téléportant miraculeusement dans la cave, un étage plus bas. Une cave bâtie avec des poutres millénaires qui en avaient vu d’autres.

Lorsque je repris mes esprits, la poussière grise masquait le soleil et l’horizon étrangement plat. Il faisait nuit en plein jour. L’air irrespirable transportant des odeurs innommables provoquait des quintes de toux.

J’étais seul avec le chien, à crier en toussant au milieu des décombres. Partout un sol gris, un ciel noir, de la poussière et de la fumée pour toute atmosphère.

Mes plus proches voisins avaient dû mourrir rapidement, la construction artisanale de leur bâtisse ne leur laissait guère de chance de survie. Et dire qu’ils m’avaient emmerdé un an durant avec leur chantier barbecue. Les voitures ne stationnaient plus sur le trottoir et les bus ne klaxonnaient plus dans la rue. Tout était calme à part ce putain de roquet infatigable.

Le jour avait dû de lever quelque part derrière ce linceul gris. Malgré le silence – le chien venait de se taire – le jour débutait sous d’étranges auspices. Pas de café, pas de douche, impossible de retourner me coucher sous la couette et plus de médicaments en cas de crise de migraine foudroyante. Pas de céréales, de pain, de beurre demi sel, de jus de fruit. Malgré la désolation autour de moi, je pensais plus à mon petit déjeuner, mon confort, mon café. Des millions de personnes étaient sans doute mortes, peut-être étais-je le seul survivant d’une France épargnée par les explosions et je ne pensais qu’à mon confort, mon estomac.

Et là horreur ! Au milieu des poutres, des briques, des cables, du plâtre, je trouvais l’écran de mon Mac brisé. Plus de Mac ? Comment allais-je poster les dernières actualités du webzine ? Mon iPhone était introuvable mais je tombais sur celui de ma défunte épouse, encore branché à son chargeur. Joie ! je connaissais son code. Pas de réseau ? Pas de wifi ?

Plus de 4G, plus de fibre, plus de téléphone, tout ce que je trouvais fut une vielle radio qui m’appris qu’au moins un fonctionnaire français à Mururoa avait survécu au cataclysme avant que les piles ne rendent l’âme à jamais. Quelle poisse !

Le chien se remit à gueuler dans le silence cotonneux. Finalement, cela faisait du bien d’entendre quelque chose. Je l’appellais de son nom débile. La bête se mit à couiner et le tas de gravas non loin de moi à bouger. Je dégageais des planches et quelques morceaux de placo jusqu’à que le chien émerge des décombres en jappant. J’avais toujours faim mais pas encore assez pour le considérer comme mon prochain repas. J’espère qu’il faisait lui-même le même calcul. On allait être bons copains jusqu’à que le premier d’entre nous craque. Brave toutou, il léchait mes mains couvertes de poussière.

En parlant de main, je crois que c’est justement ça qui dépassait d’un petit amas de tuiles brisées, une main tenant quelque chose de sombre et rectangulaire. A manger ? Tout comme moi, le chien vit la chose et trottina jusque l’intrigant objet. Il le renifla, jappa, couina puis s’en éloigna déçu. Ce n’était que ce qui restait de ma voisine, la partie de son anatomie la plus vive, équipée de son accessoire le plus vital, celui qui lui servait à passer des coups de téléphone dans son jardin. Encore une qui ne ferait plus chier. Mais pas de chance, le smartphone était hors service.

Inspectant les ruines avec le chien, en quête de nourriture et d’eau, je trouvais d’autres morceaux de viande froide appartenant à mes voisins et mes proches éparpillés un peu partout. Mais point de conserve de fruits aux sirops, de bouteille d’eau, ni même de pâté pour chat. Le chien déterra bien un bidon, mais il s’agissait de mon désherbant Monsanto.

J’avais soif, faim, j’étais déjà en manque de caféine et la migraine n’allait pas tarder à exploser. Mais le pire dans tout ça était de ne pas pouvoir publier les articles du jour. D’ailleurs, quel jour étions-nous ? Hier c’était mardi, donc mercredi, ouf pas de chronique à mettre en ligne, par contre j’avais rendez-vous avec une société d’alarmes au travail. Je risquais d’être en retard si je ne me dépêchais pas, sans vélo, il me falait bien une demi-heure en temps normal pour y aller à pied, et vu l’état du quartier…

Au travail il y avait plein de cafetières, trois frigos, la fibre très haut débit, une antenne satellite et même des liaisons spécialisées sécurisés et un groupe électrogène. Si le bâtiment avait tenu, je pourrais boire un café et publier les actualités du webzine.

Difficile de s’orienter dans les ruines de ma ville de poussière. Les rues se confondaient avec les jardins, les carcasses de voitures avec les maisons et les panneaux indicateurs couchés avec les cadavres. Il me fallu une heure, suivi du chien pour atteindre mon but. Le pont enjambant le canal du Rhone au Rhin était encore debout, le Mc Donald plus que ruine et la piste cyclable où j’étais mort plusieurs fois effacée. Plus de jeunes cons adolescents à éviter, plus de voitures à me couper la route mais partout des décombres, des carcasses, des gravats, des cadavres.

Il semblait que ma belle administration soit le dernier bastion debout dans la région, entouré de son exosquelette d’échafaudage. J’allais peut-être pouvoir boire un café, même froid. Mais arrivé au pied de la vénérable bâtisse, je découvris avec horreur que seul l’échafaudage avait résisté à l’onde de choc. Derrière les tubes d’aciers, il ne restait plus qu’un amas de béton, de verre et de métal, pas même un thermos cabossé contenant encore un peu de breuvage noir.

De rage je balançais un coup de pied au chien qui me suivait fidèlement depuis une heure en couinant. La pauvre bestiole décolla et s’empala sur une tige de fer rouillée. Merde ! Maintenant j’étais vraiment tout seul.

C’est alors que j’entendis la voix de Mariuzs dans le silence angoissant. Il chantait un titre de Wasteland. J’étais allongé dans mon canapé vert, un bouquin de Cormac McCarthy posé près de moi. La chaîne jouait du Riverside, j’avais renversé mon café sur le parquet et mon iPhone affichait une actualité sur la Météorite de Noël.

Un bus passa dans la rue en faisant trembler la maison, le chien des voisins se mit à hurler et j’avais un bon mal de crâne comme souvent malgré les triptans. 

Tout était nominal.

Vik

Tout au nord de l’Islande, quelques jours avant Noël, une jeune femme trouve la mort, chutant d’une falaise dominant l’océan.

C’est la première fois que j’ouvre un roman de Ragnar Jónasson, un auteur de polars à succès semble-t-il. Après avoir tenté en vain de lire l’improbable Connerland de Laura Fernandez et avant d’attaquer The Game d’Alessandro Baricco, j’avais besoin de changer d’air, de style, de genre.

Du haut de cette falaise de Kálfshamarsvík, trois femmes sont tombées : la mère, la fille et la sœur, cette femme revenue dans la maison de son enfance après des années d’absence. A Kálfshamarsvík, il n’existe que deux maisons encore debout, celle de Reymar et celle d’Anor, deux maisons aux secrets bien gardés, aux histoires complexes et torturées, deux maisons, une pointe battue par les vents, des formations basaltiques et un phare où se déroule le drame et l’enquête.

Les suspects se comptent sur les doigts d’une main mais les deux enquêteurs auront fort à faire pour comprendre ce qui s’est passé sur cette falaise alors que le réveillon de Noël approche et que la neige recouvre les chemins menant au cap.

Vik se lit très vite et facilement. Le lecteur est immédiatement happé par l’atmosphère de cette demeure où vivent un vieil homme d’affaire et ses deux employés usés par la vie. Un roman humain où l’on découvre des traditions islandaises de Noël, des paysages désolés et grandioses, des personnages esquissés que l’on croit pourtant bien connaître à la fin du livre. Ce n’est pas un un “grand” roman, mais ce ne sera certainement pas le dernier Ragnar Jónasson que je lirai.

Edimbourg

En 1990, je partis avec un ami de longue date pour un périple écossais. Notre objectif se situait à l’extrême nord des terres des MacLeod, un petit archipel d’îles nommées les Orcades. Après un passage mouvementé à Londres en pleine Pool Tax, nous rejoignîmes la ville d’Edimbourg en bus, franchissant le mur d’Adrien, quittant les anglais pour les kilts mangeurs de panse de brebis farcie.

Edimbourg, outre la beauté de la ville, se devait d’être un pèlerinage obligatoire pour mon camarade et moi même. S’il m’avait initié à Genesis, Peter Gabriel et Steve Hackett, je lui avait fait découvrir Marillion et le personnage de Fish l’avait fasciné. Misplaced Childhood était sorti en 1985 et Clutching At Straws en 1987. Les paroles du poète maudit William Dereck Dick hantaient nos esprits et marcher sur le Royal Mile, trainer dans les pubs et admirer the Heart Of Liothian était un devoir de fan.

Misplaced est considéré à raison comme le chef d’oeuvre du groupe Marillion période Fish. Les chiffres parlent d’eux même : 1er des charts anglais pendant 42 semaines, 3ème en Allemagne pendant 45 semaines, un succès commercial et artistiques. Les chroniques de cet album qui fait toujours référence aujourd’hui sont légion sur la toile et les avis sont quasiment unanimes. Il faut dire que Fish s’y met à nu comme jamais, avant d’entamer la longue descente aux enfers qui le conduira à Clutching puis à se faire virer du groupe qui accouchera dans la douleur d’un Season’s End en 1989 avec Steve Hogarth au chant.

Misplaced Childhood représente le sommet de la carrière du groupe Marillion, seulement après trois albums, la consécration médiatique et celle du public, des concerts partout dans le monde, et une maison de disque qui se met à rêver de tubes à répétition. Mais c’est surtout un album sur l’enfance, l’enfance perdue de Fish racontée avec les fabuleuses guitares de Rothery et les claviers de Kelly.

Après Edimbourg, son château, ses pubs, ses rues, sa colline et ses souvenirs, nous remontâmes vers le nord, Inverness, Thurso puis la traversée jusque Stromness où débutait notre périple dans les Orcades. Après l’enfance de Fish, nous explorions l’enfance de l’humanité au milieu des cairns, tumulus, villages de l’âge de fer et ses selkies.

Si vous allez à Edimbourg, emportez avec vous l’album Misplaced Childhood, marchez sur les pavés du Royal Mile, découvrez le coeur du Lothian, dégustez une bière à la mémoire de l’enfant que fut Fish en buvant les paroles de Kayleigh. Vous n’écouterez plus jamais l’album de la même manière ensuite.

Algoflash

Rassurez-vous, je ne vais pas écrire un billet sur l’état de ma pelouse que j’ai semé ce printemps et qui ressemble maintenant à un condensé de mauvaises herbes. Manifestement je suis maudit question gazon…

Je vais vous parler d’une autre malédiction, celle de la loi des séries. Des séries télé bien entendu, vous m’aviez compris n’est-ce pas ?

Après l’ennui provoqué par la saison 2 de Zone Blanche et avec Acquitted me voila aux prises avec Flash, la saison 3 que je finirai pas.

Les personnages se bousculent grâce aux multi-univers, Terre 2…Terre 19, se mélangent dans une seule réalité et les bidouillages temporels de notre héros mettent une jolie pagaille dans sa réalité. Cette fois nous avons quatre supersoniques dont le méchant Savitar, dieu de la vitesse, Kid Flash et la fille du professeur Wells. Il y a aussi cette histoire de Flash Point tordue qui est au cœur de la série puisque la petite chérie de Barry, Iris, risque de passer à la casserole. C’est également le grand retour de Grodd le gorille savant et de ses congénères en colère, et ça on s’en serait bien passé. On note également l’arrivé d’un petit nabot de Poudlard.

Cette saison 3 me donne l’impression de faire appel à un algorithme de génération aléatoire de scénarios d’où le titre de ce billet. Si au début l’histoire se tient, elle part rapidement en coquillettes, tentant de se raccrocher tant bien que mal au Flash Point. L’histoire d’amour Barry Iris est toujours aussi peu convaincante sans parler des autres amourettes, papa West, Wally et Francisco.

Il n’y a que la nouvelle incarnation du Docteur Wells, un débile sympathique avec deux sticks qui donne encore à cette série un peu de piment.

C’est mon os

Tout d’abord, quelques notions d’histoire :

La civilisation celtique connu son apogée vers -300 avant JC. Les romains se battirent contre les gaulois et les tribus celtes furent parfois des troupes mercenaires des légions romaines. Kernunos fait figure de dieu majeur dans le panthéon celtique, symbole du renouvellement des saisons, de la vie et de la mort. Les quatre principales fêtes celtiques sont Samain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad… Je n’ai jamais entendu parler de c’est mon os et cerf nonos.

Faut pas me chercher avec le celtisme.

Une fois cela posé, parlons de Zone Blanche saison 2. Aille, vous sentez vous aussi que je suis agacé ? Des sapins à perte de vue, de la brume à chaque plan, des troncs, une carrière, un lac, une route et les sommets des Vosges plantent le décors de cette nouvelle saison, j’ai l’impression de replonger dans Aquitted, pas de bol.

La super gendarmette a survécu contre toute attente alors que cinq personnes décèdent de mort violente dans le bled. Le proc, devenu le personnage le plus intéressant de la série, se découvre une sexualité débridée, nounours se rebelle et le vieux flic se révèle pas si irréprochable que prévu.

Les faussaires meurent, les prisonniers se frappent la tête contre les murs, les battues s’achèvent en carnage et cerf nonos se balade en toute liberté dans la forêt. La routine.

L’intrigue se concentre cette fois sur l’enlèvement de la gendarmette traumatisée et sur la carrière remplie de produits chimiques. Les gens meurent – rarement dans leur lit -, la morgue ne désemplit pas et les urgences sont au taquet.

Brume, forêt, mythes celtiques, romains et cadavres, la saison deux de Zone Blanche ne tient pas les promesses de la une alors nous allons attaquer Flash saison trois.

Sur l’échafaud

De nos jours il existe des textes, des règlements, des lois pour tout régir et nous protéger des autres comme de nous-même.

Travailler sur un chantier n’est pas une affaire des plus simple, il faut se protéger et protéger les autres et croyez-moi, les textes ne plaisantent pas sur le sujet.

Autour de notre bâtiment, s’élève depuis quelques jours un énorme échafaudage car nous allons offrir un lifting à notre vénérable administration.

Après un fastidieux appel d’offre, une société a été retenue, mais ce n’est pas elle qui fera le travail. Elle fait appel à des sous-traitants. Un pour l’échafaudage, un pour l’isolation, un autre pour le crépi, un autre pour le zinc, un dernier pour l’électricité.

Tous devrons passer sur l’échafaud. L’assemblage de tubes et de passerelles métalliques peu s’apparenter rapidement à une condamnation à mort si tout n’est pas fait dans les règles de l’art.

La pose tout d’abord. Si le sous-traitant est bien assuré et habilité pour installer et gambader sur l’échafaudage non conforme, nous découvrons très vite que les autres sous-traitants ne le sont pas. Donc lorsque l’assemblage sera terminé et réceptionné, personne, à part la société qui a fait le montage, ne pourra travailler sur le chantier.

Mais encore faudrait-il que l’échafaudage soit aux normes et bien assemblé. Car il y a des règles en la matière, des règles de distance, de montage, de sécurité, des plans de circulation, des plans de prévention. L’échafaudage n’est pas terminé. Il a commencé à s’élever il y a maintenant trois semaines mais les ouvriers ne sont venus travailler que cinq jours sur cette période. Impossible de travailler lorsqu’il pleut nous disent-ils, alors ils ne viennent que lorsqu’il pleut et sont absent les beaux jours. Allez comprendre. Les bases doivent êtres assises sur des planches, mais point de bois, nul part, alors que l’édifice de métal s’élève dans les cieux. “Vous savez que vous devez mettre des planches ?”. “Oui oui mais on a pas reçu les bois.”. “Et vous continuez à monter l’échafaudage ?”. “Oui oui, on les mettra dessous après…”. Respect.

Accessible à tout promeneur curieux, sans garde corps, dangereux, notre échafaudage a déjà failli blesser un agent alors qu’il n’était pas encore totalement assemblé. Des planches sont tombées du ciel.

Le chantier devait débuter fin septembre mais l’échafaudage n’est toujours pas terminé, pas réceptionné et les entreprises qui doivent intervenir n’ont pas les assurances pour grimper dessus. Des courriers sont partis, des pénalités de retard brandies, des menaces proférées. L’hiver arrive et le chantier devra bientôt être interrompu à cause du gel. Il devait s’achever avant décembre, c’est bien mal parti. Des têtes vont tomber.

Plein plein plein

Il y a vraiment plein plein plein d’albums dans mon iPhone. Les promotions de l’automne sont tous les ans monstrueuses mais cette année la récolte bat des records. Pour la première fois depuis longtemps, je suis obligé de ne mettre dans mon lecteur portable que les promotions dites prioritaires, n’ayant pas le temps d’écouter les autres. Encore une fois, notre équipe est trop petite pour tout absorber, d’ailleurs elle se réduit de jour en jour, mais où est la relève ?

Non content de recevoir des promotions en masse, j’achète toujours autant d’albums. Opeth, IQ, Brieg Guerveno, Damian Wilson, Big Dead. Le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai que l’embarras du choix, d’autant que de nombreux autres devraient arriver : Out5ide, Franck Carducci (également en promo), Bruce Soord, Leprous, The Flower Kings (bientôt la chronique), Marillion, Vanden Plas (en promo aussi) et Dreamgrave que nous conseillait Stéphane sur son blog.

La chronique du moment est pour groupe allemand CrayonPhase dont je ne vous parlerai pas étant donné que c’est une chronique et que si vous voulez en savoir plus il faudra aller la lire sur le webzine. Même chose pour les promotions, vous n’avez qu’à attendre que nous publions quelque chose pour savoir si nous avons aimé.

Par contre je peux vous parler des albums que j’ai acheté et que je ne chroniquerais probablement pas, sauf si nous les recevons en promotion. Car c’est la nouvelle idée. Pourquoi parler des grosses machines comme Opeth si leur label ne fait pas l’effort de nous envoyer une promotion. Je joue l’enfant gâté ? Oui et non. Oui car qu’est-ce que cela me coûte de chroniquer Opeth puisque je l’ai acheté, non car en faisant la promo de groupes connus sans avoir reçu de promotion, je traite de manière inégale les petits labels et artistes qui eux font encore l’effort de nous envoyer du matériel. Je ne cherche pas à faire des économies, car si j’aime, j’achète toujours l’album. C’est juste une question d’équité.

Alors ce Opeth justement ? Ben je l’ai trouvé, bof en fait, un peu comme le dernier IQ, pas aussi bien que les précédents. Par contre l’EP de Damian Wilson tourne en boucle en attendant le vinyle. Big Dead m’a surpris mais pas totalement convaincu. Et l’album de Brieg ? En fait, il ne faudrait pas que j’en parle, il n’est pas sorti, je n’ai pas eu de promotion et j’ai terriblement envie d’en écrire la chronique (si ça peut vous donner une piste). C’est ça le problème de se donner des grands principes. Ne pas chroniquer sans promotion, c’est bien, mais lorsque l’on tombe sur une merveille comment faire, demander la promotion ? Brendan, je peux considérer le mp3 du crowdfunding comme du matériel de promotion ? Dis oui, dis oui !

Je ne me suis pas tout à fait remis de Strangers de Rise dont je viens de commander le vinyle histoire de renouveler le plaisir bientôt, alors j’écoute Brieg Guerveno et Damian Wilson pour me consoler entre deux vinyles de ma collection.

Un doux après-midi d’automne

Après le déjeuner au réfectoire, les sportifs organisaient des matchs dans la cour goudronnée du lycée Sacré-Coeur. Des haut-parleurs installés depuis une fenêtre de l’internat déversaient pour l’occasion une play-list sur K7. Youtube et le mp3 n’étaient pas encore passés par là.

A cette époque là, j’écoutais Genesis, Steve Hackett, Harmonium, AC/DC, Peter Gabriel, Tri Yann, Gilles Servat, Malicorne, Mike Oldfield, Tony Banks, Kate Bush. Genesis était presque mort, Peter Gabriel sortait un album tous les cinq ans, Mike Oldfield avait presque pris sa retraite et Servat ne hurlait plus avec les loups.

Je regardais paresseusement le match de volley, nimbé du soleil d’automne, écoutant distraitement la musique, quand soudain celle-ci changea : de grandes orgues à la Genesis sonnèrent dans la cour ensoleillée et une voix mutante entre Gabriel et Collins s’éleva. “Watch the lizard, Watch the lizard, Watch the lizard with the crimson veil.”. Genesis renaissait-il de ces cendres ?

Je fus immédiatement captivé par la cette voix, cette musique et dès la fin du morceau, je courus trouver notre DJ du jour pour connaître le nom de groupe. “Marillion” me dit-il, étonné que je puisse m’intéresser à cet album.

Marillion, comme le Simarillion de JRR Tolkien que je venais de lire l’été précédent. Coincidence ?

Le soir même je couru chez LP Records voir s’ils possédaient le vinyle en question en rayon, et ils l’avaient, de même que Script For A Jester’s Tear que j’achèterai plus tard (à l’époque je pouvais m’offrir un vinyle tous les deux ou trois mois). Je repartis à la maison le cœur battant la chamade, le trente-trois tour sous le bras et arrivé à la maison je découvris le magnifique artwork en écoutant Fugazi. Ma passion dévorante pour ce jeune groupe britannique venait de commencer.

Les premiers titres qui me frappèrent tout d’abord furent le tribal ‘Assassing’, le ‘Jigsaw’ au refrain fabuleux et bien entendu ‘She Chameleon’ que j’avais découvert dans la cour du lycée. J’ignore combien d’heures le vinyle à tourné dans ma chambre, les voisins devaient assurément le connaître par coeur à la fin. L’équilibre entre les inspirations progressives des seventies et le son hard-rock des heighties était là. La voix rageuse de Fish durcissant le ton prog de l’album.

Nous étions en 1984, et pour la première fois de ma vie, sans que quelqu’un m’ait influencé, ou fait découvrir, j’avais un coup de cœur musical, je devenais groupie d’un groupe de rock, je trouvais mon équilibre entre babacoolisme et forge, j’étais fan de Marillion.

Des années durant, je n’ai plus juré que part Marillion, propageant la bonne parole, attendant chacun de leurs albums avec une impatience fébrile, commandant des imports, des pictures discs, allant les voir en live de nombreuses fois, faisant le pied de grue devant leur bus pour saluer les musiciens, signant une inscription au fan club, rêvant de les suivre sur une tournée, devenant un anorack anonyme patientant sous la pluie des heures avant leur unique date en France.