La Lenteur

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Milan Kundera a écrit un très beau roman sur le sujet il y a bien longtemps: la lenteur. 

Dans notre société connectée, aux distances raccourcies par les jets et trains à haute vitesse, où vous pouvez commander le soir et recevoir le lendemain, il est bon de s’arrêter et prendre le temps.

Pendant plusieurs années je me suis jeté dans une course effrénée pour tout écouter, tout juger, tout publier. Trois chroniques par semaine et plus de cinquante albums survolés dans le mois. Une fuite éperdue en avant qui ne me laissait plus de temps pour vraiment apprécier.

Adolescent, limité par mes faibles ressources financières, je n’écoutais au mieux qu’un seul disque par mois, autant dire qu’il tournait en boucle et que j’en connaissais les moindres subtilités par coeur. Une poignée d’albums qui ont forgés ma sensibilité musicale actuelle.

Aujourd’hui, avec les plateformes de streaming, nous accédons à presque tout le catalogue des albums publiés. Certains abonnements proposent même la qualité hifi maintenant. Combien de disques sont édités chaque jour ? Assurément plus que je ne peux en écouter, même dans le petit univers du rock progressif.

Je n’ai pas de compte sur Deezer, Spotify, Apple, Amazon, Google YouTube ou autre. Avant, je n’en avais pas besoin, je recevais gratuitement la musique sur de multiples plateformes de promotions comme Haulix et le plus souvent quelques semaines avant la commercialisation des albums. Aujourd’hui comme monsieur tout le monde, je jette une oreille aux clips publiés sur YouTube, aux titres proposés sur Bandcamp, lis des chroniques et ensuite je fais mon marché, en fonction de mes envies, sans donner dans l’orgie.

Je choisis le temps de la lenteur, de préférence avec un vinyle qui m’oblige au rituel de l’écoute. Choisir l’album, contempler sa pochette, sortir la galette, la poser sur la platine, allumer le pré ampli, l’ampli, lancer la platine, poser le diamant sur les sillons et m’installer confortablement pour quinze à vingt minutes dans le canapé avec un livre ou les paroles des chansons.

Le temps ralentit jusqu’à devenir épais. Il n’y a plus que la musique et les mots. Une musique et des paroles qui chaque jour vont me livrer un peu plus leurs secrets, leurs émotions pour devenir intimes, jusqu’au moment où le disque n’est plus indispensable pour ressentir ses sensations.

J’explore un nouvel album par semaine, rarement plus, ce qui le laisse le temps d’en réécouter d’autres oubliés sur les étagères, des CDs et vinyles qui ont fini par prendre la poussière, faute de temps à leur consacrer. J’ai cessé de consommer de la musique pour l’écouter.

J’ai également retrouvé le temps de la lecture. M’installer au calme avec un livre, ce magnifique écran passif sans lumière bleue qui aide à se détendre, un écran de mots et de phrases sans images animées, qui vous entraîne dans des rêves et des pensées infinis.

Toutes ces heures passées devant des écrans à interagir de manière virtuelle avec les gens, à zapper la musique, à alimenter la grande bibliothèque mp3, sont aujourd’hui disponibles pour ne rien faire, laisser l’ennui m’approcher, ouvrir un livre, écouter un album, discuter.

Nous sommes sans cesse hyper sollicités par les bruits agressifs, les couleurs criardes, les parfums artificiels, le matraquage des publicités, les SMS, les notifications, les images, les musiques, les appels téléphoniques, les envies, les faux besoins, les courriels, les nouveautés, les bonnes affaires que cela en devient épuisant. Autrefois mon unique îlot de quiétude possible se trouvait à mille cinq cent mètres d’altitude, dans un village perdu des Alpes de Haute Provence, un chalet sans Internet, téléphone juste l’électricité, l’eau courante et trois chaînes de TV neigeuses, un lieu où je réapprenais l’ennui une semaine par an, entouré de montagnes et de silence.

Partiellement déconnecté de la toile, sans pression, un pied dans le jardin, l’autre dans le salon, je redécouvre le plaisir de l’oisiveté et du silence. Mais après trois semaines de zénitude, l’enfer s’est à nouveau manifesté, sous la forme d’un groupe allemand qui a tenté de me séduire avec une promotion vinyle. Comment résister à la tentation d’un vinyle sérieusement ? Et puis je me suis souvenu que le webzine avait commencé ainsi, par des propositions sympathiques de groupes de rock, une, deux puis trois, puis cent, puis mille. Alors j’ai décliné l’offre. J’opte définitivement pour la lenteur.

Malamute

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De temps en temps, Babelio me convie à parler d’un livre. Je m’inscris et quelques jours plus tard je reçois l’ouvrage en question à la maison. Cool, un livre gratis… Sauf que Babelio met la pression à ses chroniqueurs en herbe. Il faut rendre son verdict dans le mois suivant la réception du livre. Gros stress, il m’arrive d’avoir besoin de plus d’un mois pour terminer un bouquin. Pour Malamute de Jean-Paul Didierlaurent, je n’ai eu besoin que de quatre jours.

Un viel homme rongé par son passé, un jeune homme torturé par un accident et une femme à l’enfance volée se retrouvent bloqués ensemble dans les Vosges par des chutes de neige exceptionnelles. 

Malamute est un quasi huit clos sous un manteau blanc, étouffant des secrets bien cachés et des souffrances venues du passé. 

Germain, le vieux bougon a commis un jour l’irréparable. Basile le dameur de pistes, a tué une jeune enfant lors d’un accident et Emmanuelle revient dans la maison de ses parents, là où un terrible drame s’est déroulé avant sa naissance. 

Et la neige ne cesse de tomber sur ce village, coupant ses trois mille âmes du reste du monde. Quel rapport avec le chien de traineau venu de l’Alaska ? Un rêve brisé.

J’avais dévoré Le Liseur du 6h27 il y a quelques années et l’idée de me plonger dans un nouveau roman de Jean-Paul Didierlaurent me faisait frissonner d’impatience. Les premières pages nécessaires à la mise en place le récit furent lentes à donner le rythme du récit mais une fois les protagonistes présentés et réunis, j’ai eu beaucoup du mal à lâcher le livre. Je me suis attaché à ce trio improbable, à ce village perdu, à son curé et aux dameuses de la station de montagne.

Malamute est une histoire d’amours teintée de fantastique à l’atmosphère de thriller. Un magnifique roman à découvrir.

FROST* – Day and Age

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Teeshirt : Anathema – the optimist (2017)

Après trois chroniques musicales en images, j’ai décidé de changer le générique pour le rendre un peu plus dynamique, il y a même de la musique, composée pour l’occasion avec GarageBand. Folie ! Bon, vous avez le droit de détester.

Ne recevant plus de promo, il a bien fallu que j’achète comme tout le monde Day and Age, histoire de savoir ce qu’il avait dans le ventre.

Et que ce soit clair, je ne suis pas un fan de FROST. Cependant, je reconnais que de temps en temps, ils sortent quand même des trucs vraiment bluffants. J’aime FROST lorsque ces membres sortent des sentiers battus comme dans Experiments In Mass Appeal ou leur dernier EP Others. Nettement moins lorsqu’ils font de la pop progressive.

John Mitchell est un des atouts du groupe. Un atout oui mais aussi une faiblesse. On entend un peu trop la voix et les guitares de John dans le prog : Arena, It Bites, Lonely Robot, The Urbane, Kino…

Le batteur Craig Blundell était une autre des cartes maîtresses de FROST, mais il a quitté le groupe il y a peu. Pour le remplacer, le trio a invité trois batteurs, Mastelotto, Rodriguez et Todd, qui se partagent les huit morceaux de l’album. Et ils n’ont pas à rougir de s’asseoir derrière la batterie de Craig. On retrouve dans Day And Age l’esprit et le style de Blundell. 

J’apprécie vraiment la qualité des éditions vinyles du label Inside Out et le CD bonus qui accompagne les galettes. Ici nous avons une double pochette et deux belles photographies, les paroles sur une feuille volante, deux vinyles 180 grammes, trois faces et bien entendu le CD. Day And Age est vraiment un bel objet. 

Des titres comme ‘Island Life’ et ‘Skywards’ ressemblent hélas furieusement à du Lonely Robot en partie à cause du chant de John. Mais lorsque vous entendrez ‘The Boy Who Stood Still’ – facile à dire -, vous comprendrez que ce nouveau FROST doit figurer dans votre discothèque. Plus conté que chanté, l’histoire de cet enfant qui disparaît, est juste géniale. À lire et à écouter.

Il y a à boire et à manger dans Day And Age. ‘Terrestrial’ est assez décevant alors que ‘Waiting For The Lie’ et ‘Kill The Orchestra’ sont à tomber par terre, sans doute à cause du chant et du piano (on ne se refait pas). Le bien nommé ‘Repeat To Fade’ peut aussi bien agacer que séduire, ça dépend des jours, car à force de se répéter… ben ça se répète…

Ce ne sera sans doute pas le meilleur des albums de FROST, mais il mérite tout de même le détour. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Mario Kart

Un des jeux que j’adore chez Nintendo, c’est Mario Kart. Des courses folles à quatre dans la même pièce avec les hurlements qui vont bien, les bousculades et fanfaronnades, c’est trop bon. 

Rien à voir avec les parties en ligne.

Mais voilà les enfants ne jouent presque plus avec leur vieux père qui leur a pourtant tout appris. Et Mario Kart en solo, c’est quand même moins fun.

Alors Nintendo a pensé à moi en concevant Mario Kart Live. C’est un Kart miniature doté d’une caméra et piloté par la Switch. Une voiture radio commandée dirait mon épouse.

Présenté ainsi, jouer à Mario Kart Live pourrait être considéré comme extrêmement régressif pour un quinquagénaire. 

Mais le jeu est bien plus que cela. Avec des bouts de cartons, vous balisez un circuit dans votre intérieur. A l’aide du Kart et de la Switch vous le parcourez une première fois pour en établir le tracé et là, vous pouvez jouer. Championnat avec des adversaires virtuels, contre la montre et même course en ligne.

Vous voyez, ça change tout, ce n’est pas une simple voiture radio commandée, d’autant que vous, sur l’écran de la Switch, vous voyez par les yeux de la caméra embarquée.

Virtuel et réel s’affrontent ici. Un champignon à l’écran fait bondir le kart quand un pied de table le stope brutalement. En mode championnat, avec les bots, la météo, les éléments de décor et l’intérieur du salon, l’affichage devient très vite confus et il n’est pas rare que le monde réel rattrape la course virtuelle en se prenant une plinthe, un tapis ou votre propre pied posé sur le parcours.

J’ai commencé par un modeste circuit autour du piano, six ou sept mètre linéaires limités par un tapis infranchissable et des virages à quatre-vingt-dix degrés. Puis je l’ai étendu au salon TV avec un passage délicat de seuil de porte et un virage acrobatique. Enfin j’ai envahi une troisième pièce, là où j’écoute de la musique, un chemin encombré de canapés, d’une table basse et d’un tabouret avec un nouveau seuil franchissable uniquement à haute vitesse. Un parcours dans 50 m2, fait de virages en épingles, de tapis à éviter, de passage sous des tables basses et des voltaires, sautant au passage seuils de porte, poursuivi par un chat fou la queue en panache et les yeux complètement paniqués.

La liaison Bluetooth avec la tuture peine parfois dans cet espace rempli d’obstacles, ça n’ajoute que plus de piment à l’aventure et les chocs dans les pieds de chaises, dans les murs sans parler d’éviter le précipice qui mène la cuisine (une simple marche) sont de nouveaux défis à relever. 

Alors ma chérie râle un peu parce que j’envahis déjà le salon lors de mes vidéos et que maintenant je joue aux petites voitures dans tout le rez-de-chaussée. Mais elle s’habituera à cette nouvelle lubie, d’autant qu’il se peut que je m’en lasse assez vite quand même.

C’est ça la société de consommation que voulez-vous. 

3, 2, 1. Partez !

Le serpent majuscule

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Il est pour moi Lemaitre du roman noir. Pierre s’est pourtant détourné de ce genre littéraire il y a bien longtemps pour entamer une saga historico thriller couronnée à juste titre par le prestigieux Goncourt.

Et comme il l’explique dans l’avant-propos du Serpent Majuscule, l’écrivain n’est pas près de revenir à cette écriture. Et c’est bien regrettable.

Alors, peut-être pour se faire pardonner, Pierre Lemaitre a publié chez Albin Michel, son premier roman, jamais édité, Le Serpent Majuscule.

Un premier roman est souvent l’ébauche inachevé de l’écriture qui fera le grand écrivain. Il arrive que malgré la fraîcheur, la maladresse de ces premiers mots ne gâche le livre.

Le Serpent Majuscule est tout sauf cela. 

J’ai tout de suite retrouvé la plume de Lemaitre, ses personnages hauts en couleurs, atypiques, vivants (un temps du moins) auxquels le lecteur s’attache immédiatement avant que l’écrivain ne les tue. Et puis il y a ce rythme qui va crescendo et qui au milieu du bouquin vous entraîne vers la fin à toute vitesse, vous laissant chaos au point final. 

Mathilde est une petite vieille rondouillarde qui transpire vite, s’emporte contre son chien. Une ancienne résistante, veuve de médecin qui vit en banlieue parisienne. Une femme sans histoire qui flingue sur commande. Et Mathilde aime les gros calibres qui explosent les parties génitales de ses contrats.

Mais voila, avec l’age, Mathilde perd un peu le sens des réalités, ce qui ne la rend pas moins dangereuse. Bien au contraire.

Le Serpent Majuscule c’est aussi l’histoire d’un dalmatien sans tête, d’un inspecteur de police d’origine russe, d’un commandant de la résistance décoré, d’un ancien préfet, de son infirmière asiatique, de ses deux frères truands, d’un commissaire mangeur de cacahuètes et des multiples victimes de la tueuse à gages. Des personnages esquissés rapidement qui pourtant deviennent réels sous la plume de Pierre Lemaitre.

Le Serpent Majuscule est un excellent roman noir, comme on aimerait en lire plus souvent. S’il vous plaît Monsieur Lemaitre, vous pourriez nous en écrire encore ?

Nine Stones Close – Traces 2021

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Teeshirt : Cris Luna – Maëlstrohm 2014

Voici dix ans, Adrian, Brendan, Marc, Neil et Eric enregistraient Traces, le premier album du groupe Nine Stones Close.  

La line up du groupe, menée par le guitariste Adrian Jones, a bien changé depuis, avec entre autres les départs de Marc et de Brendan. En comptant St Lo sorti en 2008 (un disque instrumental écrit par Adrian), seuls quatre albums ont vu le jour en treize années.

En début d’année, Adrian décidait d’offrir une cure de jouvence à Traces ainsi qu’une édition vinyle très limitée. Et bien évidemment, si je vous en parle, c’est parce que j’ai le bonheur de posséder un des deux-cent-cinquante exemplaires de cet album, avec sa pochette revisitée pour l’occasion par Antonio Seijas.

Adrian va sans doute râler, mais si je suis tombé amoureux de Nine Stones Close la première fois, ce fut grace à une voix, celle de Marc Atkinson, un artiste que je suis depuis ses projets solo comme dans ses différents groupes Riversea et Moon Halo. Marc possède un timbre feutré, chargé de mélo, qui brille particulièrement sur les pièces lentes. 

Et cela tombe bien, puisque Nine Stones Close donne dans le planant avec des nappes de claviers et des guitares floydiennes. En plus d’avoir d’un chanteur à la voix unique, Traces possède un guitariste au feeling extraordinaire. La combinaison des deux donne des morceaux d’une grande beauté, magnifiés dans cette réédition. 

Les claviers de Brendan se contentent d’atmosphères planantes et la batterie semble quasiment anecdotique sur cet album. Mais cela va avec style de la musique.

Le vinyle débute sur le court instrumental ‘Reality Check’ qui nous met tout de suite dans l’ambiance et s’achève par un grand format en trois parties, ‘Thicker Than Water’, le titre certainement le plus énervé du disque. Entre les deux se glissent trois autres morceaux dont le sublime ‘Falling To Pieces’, qui est de loin mon préféré avec le long ‘Threads’.

Je vous recommande d’écouter Traces le soir, au calme, dans une pièce aux lumières tamisées, quand la maison s’est endormie. En plein jour, il n’a pas la même puissance évocatrice.

A l’occasion, essayez également le dernier album en date du groupe, Leaves, sorti en 2016. Vous y entendrez un nouveau chanteur, un disque très différent mais non moins intéressant.

Nuke ta mère

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Lorsque sur Twitter, je suis tombé sur un tweet proposant de l’électricité 100% nucléaire de Nuke.Green :

« On va essayer de monter un fournisseur d'électricité garanti 100% nucléaire.Parce que c'est moins carboné, moins cher et moins hypocrite que les autres offres du marché. L'aventure démarre avec plein de démarches administratives, suivez l'avancement ici ! » 434 likes

j’ai explosé :

« Mais quelle horreur ! Vous n’en avez pas eu assez avec Tchernobyl, Fukushima et 3 Mile Island ? Sérieusement. ». 1 like

Je n’aurais pas dû, ce n’était pas malin. Tous les pro-nucléaires que comptent Twitter me sont tombés dessus à bras raccourcis. Le pire c’est qu’ils connaissent leur affaire alors que moi, voilà, j’ai juste viscéralement peur de cette saloperie.

Graphiques à l’appui, ils m’ont démontré que le nucléaire (français) est l’énergie la plus propre devant le solaire, l’éolien, les barrages, la géothermie et le reste. Ils m’ont prouvé qu’une centrale nucléaire pouvait être démantelée en huit ans et ne plus laisser de traces (ils ont oublié de parler du combustible usagé enterré en attendant de meilleurs jours). Ils m’ont rassuré en affirmant que les anciennes centrales dangereuses n’avaient plus cours et que notre parc actuel était des plus fiables.

Ha ? Parce qu’avant y avait un risque ? J’suis bête aussi… Des personnes manifestement intelligentes avec un bel argumentaire bien rodé, relativement polies face à mon ignorance, allant jusqu’à me proposer des liens « impartiaux » pour me faire mon opinion sur le sujet. Marrant, c’est comme ça que font également les adeptes de la théorie du complot.

Je ne crois pas au complot et je vais avoir du mal à trier le grain de l’ivraie. Il y a trop à lire, écouter, comprendre pour que je me fasse une opinion. C’est un peu comme pour le réchauffement climatique, soit vous connaissez bien le sujet, soit vous faites confiance à des sources pour la synthèse.

Des faits tangibles, je n’en connais que trois, mais c’est bien suffisant pour moi: Tchernobyl, Fukushima et 3 Mile Island. Du lourd, du vrai, du moche, trois accidents nucléaires en quarante-deux ans. Et quelques morts, directs et indirects au passage, mais tout le monde ne s’accorde pas sur le nombre de cadavres dans le placard.

Le nucléaire est peut-être devenu sûr, qui sait (les réactions nucléaires reprennent sous le sarcophage de Tchernobyl), mais en lisant les rapports de l’ANDRA sur l’enfouissement des déchets, je découvre qu’ils envisagent quand même qu’un jour, l’homme ne se souvienne plus de toute la merde qu’il a enfoui à cet endroit. « Regarde chérie, j’ai trouvé ce truc dans une galerie, ça pourrait faire un joli meuble de bar ! ».

Alors le nucléaire est peut-être propre en bilan carbone, les chiffres oscillent entre 6 et 66 gCO2/Kwh ce qui n’est pas exactement pareil, mais bon passons. Les rapports de l’ADEME seraient foireux m’a t’on dit, pas ceux de l’ANDRA ? Je n’ai de toute façon pas envie d’isotopes radioactifs en fin de vie dans la nature, il y en a déjà assez dans la fosse des Casquets, sans parler des barils qui se sont perdus pendant le transport.

Mais comment faire rouler toutes ces voitures électriques qui nous promettent 370 km d’autonomie pour 250 km réellement parcourus (test grandeur nature de la nouvelle Zoe au printemps) sans le soutien du nucléaire ? Oui le CO2 c’est mal, oui l’éolien et le solaire ne suffiront pas à notre consommation sans cesse galopante, là je suis d’accord.

Alors calmons-nous, consommons moins, faisons-nous violence et cessons de bâtir des EPRs à tout-va. Réduisons notre empreinte carbone et énergétique. Moins d’avions, moins de longs déplacement, privilégions le vélo et la marche, achetons local, ne changeons pas sans cesse de machin technologique, mangeons un peu moins de viande (mangez vos gamins à la place), et tout n’ira pas trop mal peut-être.

Ernetti et l’énigme de Jérusalem

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Honnêtement, je me moque de savoir si la Torah, la Bible et le Coran nous racontent des craks. On croit en Dieu ou pas. Bon moi c’est ou pas mais qu’importe. On a tous nos problèmes n’est-ce pas ?

Mon problème en l’occurrence est de comprendre pour quelle raison j’ai pris ce bouquin. J’espérais peut-être un nouveau Jesus Video, je suis tombé sur un sous Da Vinci Code. 

J’ai rarement lu un roman aussi creux. Les personnages n’ont aucune profondeur, juste des silhouettes en papier grossièrement esquissées, l’intrigue n’a aucun intérêt, quant au mystère, il n’y en a pas longtemps puisque tout est dévoilé à la page cent, ou presque. 

Vous voulez savoir ce que recèle le cube dans les ruines du temple de Salomon ? Dedans se cache bip bip bip. Mince ! J’ai été censuré. 

Par contre vous verrez du pays, Rome, Venise, Jérusalem, la Vallée des Rois, Dallas, mangerez des sushis avec le pape Jean-Paul II, paix à son âme, et découvrirez le cureton qui a fabriqué la machine à remonter le temps, le chronocrétin. Vous jouerez à Indiana Jones, du moins avec son petit neveu et vous prendrez l’avion, l’hélicoptère, des voitures et marcherez dans les couloirs des archives secrètes du Vatican. Pathétique !

Aton idée d’écrire un livre pareil ?

Kyros – Celexa Dreams

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Teeshirt : Airbag – A Day At The Beach 2020

Avant de devenir Kyros en 2016, ces quatre jeunes américains se faisaient appeler Synaesthesia. Si leurs débuts, deux ans  plus tôt, ne m’avaient pas convaincu, leur premier effort sous le nom de Kyros m’avait tout simplement ébloui. 

Après ce Vox Humana en 2016, ils revenaient en 2020 avec Celexa Dreams, un double vinyle et dix morceaux dont deux à rallonge. A première vue, Celexa Dreams pourrait être considéré comme un album de pop pour hypocondriaque orné de ses tablettes de médicaments et pilules colorées. 

Le packaging du disque se révèle on ne peut plus minimaliste. Les deux galettes noires se rangent dans une pochette simple avec les paroles imprimées sur une feuille volante. Le bon point étant que les textes restent lisibles, contrairement à l’édition CD qui nécessite l’usage d’une loupe.

Pop, funk, électro, jazzy, cinématique, la musique de Kyros gagne en complexité au fil des morceaux pour culminer sur le très progressif ‘In Vantablack’ long de quatorze minutes. Le groupe puise pour partie ses racines dans le rock progressif de la fin des années quatre-vingt-dix avec ses synthés et percussions électroniques, là où Genesis s’est arrêté en chemin. Ajoutant à sa palette de nouvelles influences comme Sound of Contact et David Kerzner, Kyros invente un rock progressif aussi frais qu’exigeant, dans lequel on retrouve même du Queen.

Encore meilleur que son prédécesseur Vox Humana, Celexa Dreams est un album indispensable. 

Kyros vient également d’éditer Celexa Streams, des lives en streaming enregistrés pendant le confinement et disponibles sur Youtube, un disque treize titres qui permet de découvrir leur musique si vous ne les connaissez pas encore.

Hope One Tome 2

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Megan avait échappé aux drogues et aux griffes d’Adan. Elle avait enfilé son scaphandre et s’apprêtait à franchir le sas de la station orbitale Hope One.

Le premier tome de la BD de ‘Fane s’achevait abruptement après un long huis clos spatial très tendu. J’attendais avec impatience la suite et fin de cette excellente bande dessinée. Cela se passait en janvier 2019.

Le tome 2 était annoncé pour le mois de mai et j’avais déjà passé commande chez mon libraire. Mai, juin, juillet, août, septembre, le second volume sortirait peut-être en janvier 2020. Janvier, février, mars, pandémie, il fut finalement imprimé en juillet 2020 et entre temps je l’avais oublié. Par hasard, un week-end en triant du bazar, j’ai pensé à nouveau à cette histoire inachevée. 

Mon libraire ne l’avait toujours pas, pas plus que dans les grandes enseignes mais j’ai trouvé enfin le livre sur un site en ligne, plus de deux ans après la sortie du premier volume.

Hélas dès les premières pages, j’ai compris la chute de l’histoire, j’ai su ce que Megan verrait en ouvrant le sas de la station Hope. C’en était fait du suspens mais pas de la BD heureusement. 

Le second livre se déroule sur Terre, aux États-Unis, dans un bled enneigé et froid et raconte une enquête policière. L’adjointe au shérif (qui n’est autre que sa fille) et un inspecteur alcoolique du FBI recherchent deux disparus, une actrice et le chef de la police qui enquêtait sur son absence. L’histoire tourne autour du monde du cinéma et de Eve, cette sublime actrice sans doute morte depuis le temps, enfant du pays, choisie pour le rôle principal dans un film à gros budget qui se tournait dans la petite ville.

Si la chute de Hope One était prévisible, ce second et dernier volet de la série, tient bien la route, nous racontant un nouveau binôme, celui de Jamie, la chérif adjoint et de l’agent du FBI Lavigne, deux personnages dissemblables, qui mènent ensemble l’enquête, chacun à leur manière, dans des décors plus nettement naturels que dans le premier volume.

Ici le suspense est de savoir, si vous aviez vu juste au début.