Zombie Walk

Un samedi de fin d’été ensoleillé, je pris le tram pour assister à la grande marche des zombies qui se déroule pendant le festival du film fantastique de Strasbourg.

Si j’aime la science-fiction, je suis nettement moins amateur de films de zombies ou d’horreur soyons clair. Soit cela me fait rire aux larmes, soit cela me donne envie de vomir.

Toutefois, pour un amateur d’images, la Zombie Walk est une occasion en or. Comme pour le Carnaval de Rosheim, les personnes déguisées sont venues pour se montrer autant que pour faire la fête. Du coup les photographes sont presque plus nombreux que les morts vivants.

Zombie Walk de Strasbourg

14h00. Sur la place Kleber, derrière les barrières de sécurité (il ne faudrait pas que les morts vivants attaquent les survivants) s’agglutinent lentement des corps désarticulés, des gueules cassées, des litres d’hémoglobines et des kilos euros de matériel photographique. Une fanfare zombie met de l’animation pendant que les derniers arrivants se refont une beauté aux stands de maquillage.

Beauté fatale

Au milieu de la foule qui augmente de minutes en minutes, déambulent quelques cadavres désarticulés morts dans des circonstances improbables. Outre les humains, on y trouve des monstres : un lapin sexy, bonhomme Cetelem à tête de citrouille, des tas de viande avariée et j’en passe. Les organes sanguinolents posent devant les objectifs avec complaisance, poussant leurs hurlements effrayants ou ridicules, crachant de l’hémoglobine au goût de fraise avant d’être appelé par le maître de cérémonie devant le grand podium.

Zombie Walk de Strasbourg

Commence alors la grand messe macabre à la Ghost : la foule de morts vivants entame la danse de Thriller avant d’élire les plus beaux d’entre les cadavres. Sous un soleil implacable, les corps faisandés, dégoulinants défilent sur l’estrade, hurlant leur nom à la foule, dansant quelques pas saccadés, draguant les objectifs pour le plus grand bonheur des photographes accroupis aux portes de l’enfer.

15h00: Après les élections de miss gothique faisandée, de papy déterré et des steampunks dégoulinants, la fanfare morbide se met en route pour la Zombie Walk. Dépliant mes jambes engourdies après trois quarts d’heure inconfortables devant les morts, je pique un sprint dans les ruelles bondées de la capitale européenne pour doubler le cortège funéraire et me placer au meilleur endroit pour shooter du zombie.

Zombie Walk de Strasbourg

Hélas, comme ces cadavres exquis, je ne suis pas loin de la décomposition, et la course épuise les quelques reliquats de cartilage qu’il reste dans mes genoux perclus d’arthrose. A la fin de la marche des morts, le photographe déshydraté et brûlé par le soleil, déambule comme un mort vivant, une vive douleur dans le genou droit, celui qui était encore en bon état.

16h00: C’est ainsi qu’après avoir croqué les morts avec ma boite à image, j’ai rejoins le troupeau aveugle des zombies, sans maquillage, sans même passer par la case croque mort, j’avance tel un figurant de Thriller jusqu’au Tram qui me ramène chez moi, avec beaucoup de photographies de maquillages ratés et quelques beaux cadavres sexy tout de même.

Zombie Walk de Strasbourg

La grande transhumance

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Aujourd’hui je change les panneaux signalétiques devant les portes des bureaux de notre bâtiment. Je ne change pas les noms des personnes y travaillant, je change les services auxquels ils appartiennent. Au lieu de Strasbourg/Climatologie, j’inscris Toulouse/Production Finalisée, Paris/Finance, Toulouse/Observation, Paris/Ressources Humaines…

Le bâtiment qui abritait le service régional devient progressivement un regroupement de bureaux pour des agents travaillant pour d’autres entités géographiques. Nous venons même d’accueillir le premier locataire qui ne travaille pas pour notre administration.

Après la grande migration, la désertification, voici la transhumance qui commence. Mes anciens collègues de bureau travaillent aujourd’hui à distance voir en télétravail, un mot de plus en plus en vogue chez nous. Leurs collègues et supérieurs hiérarchiques habitent et travaillent à cinq-cent, mille kilomètres de là. Ils communiquent entre eux via des terminaux de vidéo conférence, par mail, au téléphone et ne se rencontrent qu’une à deux fois par an.

Plus des deux tiers de notre effectif va de se disperser entre Toulouse et Paris tout en restant sur place. Une poignée de personnes deviennent des agents de proximité, chargés de faire fonctionner les locaux et de pourvoir aux besoins de ceux qui travaillent à distance. Une belle réorganisation où personne ne trouve son compte, agents démotivés propulsés là où ils ne voulaient pas travailler, agents changeant de travail pour ne pas bouger, agents partant pour éviter le pire.

Travail à distance ? Mais pour combien de temps encore ? Lorsque les frais de déplacements auront explosés tous les budgets, lorsque la bande passante allouée ne sera plus suffisante pour gérer des web conférences multiples, lorsque les chefs toulousains et parisiens en auront assez de gérer des agents distants, lorsque la première tempête se sera calmée, ne vont-ils pas demander aux fonctionnaires travaillant déjà à distance de remplir leurs cartons et de régulariser leur situation géographique en venant travailler dans les locaux de la capitale de cathare ?

Que deviendront alors les agents chargés de gérer les centres provinciaux désertés ? Combien d’années nous reste-il avant que nos énarques, ministres et présidents décident que les implantations régionales n’ont plus raison d’être, que finalement, nous ne servons à rien ?

L’habit ne fait pas le moine

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Il m’arrive de bricoler, comme dans ma salle de bain aujourd’hui terminée. Plâtre, plomberie, électricité, j’y arrive, mais je ne suis pas doué. Par exemple je déteste la plomberie, craignant sans cesse la fuite. Cela me donne même des insomnies. Pour ce qui est du placo, je ne fais pas confiance à mes fixations et je crains toujours que le plafond suspendu me tombe sur la figure, quant à la l’électricité, imaginez mes angoisses.

Mais voila, mon nouvel emploi d’homme à tout faire m’amène de temps en temps à devoir bricoler au travail, une porte récalcitrante, un serrure à changer, une fuite dans les toilettes, une prise électrique à remplacer. Du travail de base, qui ne demande pas de grandes qualifications, mais qu’il faut bien faire si on ne veut pas que nos locaux tombent en ruine.

Le hic, c’est que pour monter sur une échelle (même un escabeau), une habilitation travail en hauteur est obligatoire, et je ne l’ai pas. Embêtant non ? Si je tombe, l’administration pourra toujours dire que je n’avais pas l’habilitation pour monter dessus. Alors que fais-je, je monte ou je ne monte pas ? Ben je monte.

Pour l’électricité, c’est la même chose, avant de démonter un interrupteur, rentrer dans un local électrique, abaisser un disjoncteur, il faut être habilité, et là, je le comprends nettement plus. Peut-être parce que je ne suis pas très rassuré quand je touche au fils (d’ailleurs lequel faut-il couper, le jaune, le rouge, le bleu ou le noir ?).

J’ai donc insisté pour faire un stage d’habilitation électrique. J’en vois déjà certains qui se marrent au fond de la salle, et ils ont raison.

Mon service formation permanente m’inscrit donc à un stage d’habilitation électrique, neufs mois après ma prise de fonctions et plusieurs interventions électrique sur le site. Trois jours intensifs non loin de chez moi.

Jusque là tout va bien.

Je me pointe donc le premier jour avec une dizaine d’autres personnes, pour tout savoir de comment travailler en toute sécurité pour changer une prise et une ampoule sans monter sur un escabeau cela va sans dire. Sauf que dans l’assistance, le public est très très hétérogène, une ingénieur chimiste de maintenance de spectromètres de masses, un électricien haute tension, un gars d’une SSII, un vendeur Leroy Merlin etc etc… Je commence à avoir une petite inquiétude.

Le formateur, un gars bien sympathique, commence par nous poser à tous une question étrange : “Pour quelle habilitation venez-vous à ce stage ?”. “Ben heu, électrique” lui répondis-je naïvement. “Oui d’accord mais laquelle ?”, et là il nous énumère toutes les lettres de l’alphabet ainsi que les chiffres dans diverses combinaisons, la liste des habilitations existantes H0, BS, B2V, HC, B2MT et j’en passe. Certains répondent, d’autres hésitent et moi je ne sais que dire.

“Bon vous faites quoi au travail comme manipulations électriques ?” me demande-t-il. “Heu je change les ampoules, remplace un interrupteur, une prise, c’est tout”. “Ok c’est le BS ça, mais ici on ne prépare pas au BS, nous faisons les habilitations pour électriciens, votre employeur n’aurait pas du vous inscrire à cette session, mais à celle d’avant hier. On verra avec la secrétaire ce qu’ils ont demandé pour vous tout à l’heure.”.

La fille qui bosse sur des spectroscopes de masse comme le gars de la SSII sont un peu comme moi, sauf qu’eux ne touchent même pas une prise ou un interrupteur, sauf pour débrancher un appareil où allumer la lumière.

La formation commence, très intéressante, me faisant réaliser très vite qu’il faut que j’arrête de bosser comme un salop sinon je ne vivrai pas très vieux, quand après la pause, le formateur revient avec la listes des habilitations demandées par nos employeurs. Pour moi ils ont exigé ceci : BS, BC, BR, B2V.

Mais encore me direz vous. Je dois pouvoir changer une prise, une ampoule, un interrupteur hors tension, jusque là tout va bien, je dois pouvoir consigner un circuit électrique (la version hyper sécur de baisser le disjoncteur), là ça se corse, je dois pouvoir intervenir seul sur une installation électrique de moins de 32 A et 400 V, sérieusement ?, je suis chargé de travaux électriques aux voisinages de pièces nues sous tension, mais vous êtes dingues ? Ils ne manquerait plus qu’il me demandent l’habilitation 50000 V sous tension tant qu’à faire… Non sauvé, la formation ne porte pas sur la haute tension.

Il doit y avoir une couille dans le pâté. Je ne suis pas électricien, tout juste si je me souviens de la loi d’Ohm. Je veux juste une autorisation légale pour changer les ampoules grillées du bâtiment, pour ne pas faire venir un électricien au boulot, juste une petite BS de rien du tout. Ben non… J’ai presque la totale, le formateur est mort de rire.

Après trois jours passés les mains dans une armoire électrique sous tension, après avoir regardé des vidéos hilarantes montrant des ouvriers se faire électrocuter (c’est à dire mourir à cause de l’électricité), après avoir contemplé des photographies de bras brûlés, de visages défigurés, après avoir partagé nos diverses expériences d’électrisation, nous passons l’examen final, des QCMs pour chaque habilitation remplis de questions tordues.

Par malheur, je m’en sors pas trop mal, à croire que j’ai écouté pour une fois au lieu de dormir. Le formateur donne un avis favorable afin que mon employeur m’octroie les habilitations BS, BC, BR, B2V. Merde…

Alors j’ai négocié avec lui, pour qu’il mette des fortes réserves sur les BC, BR, B2V, car je n’ai pas très envie de travailler sous tension dans une armoire électrique, posé sur un tapis isolant, équipé de gants en latex et recouvert d’un casque pour remplacer un disjoncteur de puissance alors que tout le bâtiment est sous tension.

A quitté

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Un homme acquitté vingt ans plus tôt pour le meurtre de sa petite amie, rentre au pays qu’il avait fuit.

Entre temps il est devenu un homme d’affaires avisé en Malaisie où il a refait sa vie avec une belle asiatique. Il revient chez lui pour racheter une entreprise de son village natal.

Mais dans le fjord qui l’a vu naître, tout le monde ne semble pas prêt à l’accueillir à bras ouverts. Nombreux pensent encore qu’il est le meurtrier de la jeune Karine. Et comble de malchance, l’entreprise qu’il veut racheter appartient aux parents de la victime.

Ainsi débute la série Acquitted, dix épisodes racontant le retour au pays d’un présumé meurtrier enfant prodigue.

Le récit tourne autour de trois pôles principaux : le rachat de l’entreprise familiale par un grand consortium international, l’enquête sur la mort de Karine qui reprend et la famille très particulière de notre héros. 

Notre playboy grimé en quarantenaire minet, avec sa barbichette, ses cheveux grisonnés,  ses lèvres pulpeuses, peine à convaincre dans son rôle d’homme d’affaires torturé par une accusation de meurtre. 

Les femmes semblent toutes folles, hystériques, menteuses, injustes dans cette petite ville, et les hommes, sont leurs victimes innocentes et faibles. 

Filmé dans une petite ville au fond d’un fjord, la série passe et repasse des plans de sommets enneigés, d’un lac par ciel couvert ou ensoleillé, d’une ville endormie dans la vallée, d’une route sinueuse au bord de l’eau où roule une voiture, d’un ferry desservant les habitants isolés, d’un rocher où la jeune fille a été retrouvé morte et d’un balcon donnant sur les grattes ciel de Khua  Lumpur.

Qui a tué cette Karine si ce n’est pas notre homme d’affaires ? Qui était cette adolescente désirée par tant hommes ? Que va devenir l’entreprise de panneaux solaires en pleine crise ? Qui couchera avec qui dans cette petite ville où tout le monde connaît tout le monde ? Vous le saurez en regardant Acquitted Saison 1. 

Pour ma part, je vais regarder Zone Blanche, saison 2, cela relèvera sans doute le niveau de nos soirées culturelles.

L’expérience Malabar

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Je vous déjà ai parlé de cette intéressante thérapie par la mastication.

Après deux mois de tests (en Afrique, sur des enfants gravement atteints), les résultats des laboratoires Hollywood vont être enfin publiés, en interne seulement, et surtout pas aux actionnaires.

Non le chewing-gum ne soigne pas les céphalées migraineuses, c’est une fake news. Sur un échantillon de quinze crises, une seule n’a pas dégénéré en prise catastrophique de triptan. Effet placebo ? Non. Certaines crises, moins violentes que d’autres passent avec de la caféine à haute dose et du repos. Comment ? Oui c’est possible de se reposer et même de dormir avec trois expressos tassés dans les veines. C’est comme ça une migraine.

Le fait est, que lorsque vous ruminez comme un bovin, vous pensez moins au mal de tête qui tabasse. Les mouvements de mastication de la mâchoire cachent les pulsations de la tempe. Mais un temps seulement.

J’en ai fait l’amère expérience il y a quelques temps. Un lundi matin barbouillé, annonceur d’une crise matinale, alors que je devais traverser l’Alsace en voiture pour le travail, activé hautement incompatible avec la prise de médicaments, j’optais pour l’option caféine et mastication mentholée.

Jusque midi, dans la canicule naissante, la douleur resta tapie, sournoise, mais bien là. La tentative de repas salade en boite, confirma bien vite que l’organisme ne fonctionnait pas au mieux de sa forme, d’autant que l’estomac, gonflé d’air à force de mastication, lançait des signaux alarmants. Qu’importe, Hollywood et What Else allaient me sauver la mise. Encore une dernière visite et je rentrerai au bercail. La visite fut brève, le soleil cognait, les yeux ne supportaient plus la lumière et toute odeur me donnait la nausée alors que les battements de la tempe gauche commençaient à rivaliser avec ma mâchoire douloureuse. Surtout ne rien manger sinon drame. Plus que cent cinquante kilomètres de route pour rentrer, une paille, en plein cagnard, les yeux plissés, la tête prête à exploser et l’estomac sur le point de se vider. J’avais deux options : m’arrêter, prendre ma dose, et appeler au secours pour que l’on vienne me chercher, ou continuer à conduire, coûte que coûte, pour me rapprocher au plus près de la destination finale, la crise explosive. J’ai tenu bon, un vrai miracle, j’ai garé la voiture sur le parking, suis monté jusque mon bureau et là, là, mes collègues mon vu, livide cadavérique, ne tenant plus sur mes jambes, pour aller rendre les clefs et les papiers du véhicule de service. Jamais ils n’avaient assisté à une crise au stade final, c’est vrai que ça peu sembler inquiétant lorsque l’on a pas l’habitude. Je leur ai dit que je ne me sentais pas bien et que j’allais rentrer chez moi à vélo. Un collègue m’a regardé d’un drôle d’air, il était soudain plus pâle que moi; il a pris mon vélo, l’a mis dans la fourgonnette, m’a fait asseoir à l’avant et m’a ramené chez moi où j’ai pu enfin prendre ma came. Six heures plus tard, la crise se calmait.

Le lendemain mes collègues me regardaient avec d’un nouvel oeil, réalisant sans doute pour la première fois depuis douze mois que je travaille avec eux, que lorsque que je dis que je ne vais pas bien, je ne vais vraiment pas bien et que ça risque d’empirer au fil des heures.

Tout ça pour dire que, même si l’échantillon statistique est faible, manifestement l’effet bubble gum n’est pas avéré sur les migraines. N’empêche que depuis le début de l’expérience, j’ai pris l’habitude de mâcher cette saloperie collante et que si je ne meurs pas d’en d’atroces souffrances avec des crises de plus en plus fréquentes, peut-être que l’aspartame contenu dans mes max frost menthe verte finira par avoir ma peau.

Back In Black

La maison voisine fait peau neuve. Il faut dire que la pauvre, elle n’était pas gâtée par mère nature. Un espace exiguë, des murs fissurés, un toit peu étanche et surtout des propriétaires abrutis. 

Depuis plus de six mois, les travaux battent leur plein, les samedis, dimanches et fêtes, car si la bicoque s’améliore, ses occupants sont toujours les mêmes abrutis. “Y é né pas le sou alo yé fai sa o blaque”. Et le black, c’est le week-end, lorsque l’on essaye de se reposer. Meule, bétonnière, scie circulaire, perforateur, marteau piqueur, perceuse, gueulantes, chien qui aboie, ainsi passent nos fin de semaines dans la poussière soulevée par les machines. 

Back In Black, saison deux. Chaque été le même enfer. 

Tôt le samedi matin des petits coups de marteaux sournois ou une visseuse en pointillés pour vous réveiller en douceur puis le fauve est lâché dans l’arène, le chien se met à hurler sur tout ce qui bouge, lui même compris, alors le maître crie dessus sans effet apparemment avant de découper une poutre métallique avec une meule pas assez puissante. La fourgonnette blanche arrive alors (vous savez celle qui kidnappe les enfants) avec les copains payés à la bière ou les artisans non déclarés (et l’enfant attaché à des chaines à l’arrière). Ça gueule, ça s’engueule, ça tape, ça perce, ça crie et ça n’avance pas (tellement fort que l’on entend plus l’enfant pleurer).
Ils ont enlevé les tuiles (et l’enfant) du toit juste avant un orage épique, fait le crépi avant de changer les fenêtres,  construit un toit avant de décider d’en faire une terrasse. C’est qu’il y a de la jugeote chez ces gens (ils vont certainement demander un rançon).

Puis le soir, dans leur cour de 10m2, ils fêtent l’avancée du chantier, des libations bruyantes à la bière et au barbecue qui fume sous nos fenêtres, des réjouissances arrosées où l’abruti de chien a de nouveau droit à la parole. Tard dans la nuit, après avoir crié tout leur saoul, les travailleurs du dimanche repartent imbibés, le chien gueule une dernière fois pour la forme avant d’aller rejoindre son panier. 

Demain ça recommence.

Coke en stock

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J’aime goûter à de nouvelles expériences et chercher à m’enrichir. Confiant en mon talent innée (ben voyons), je me lance dans la vente d’images, rien que cela, l’espoir fait vivre après tout.

C’est après avoir lu un tutoriel sur comment gagner de l’argent avec la photographie sur l’Apple Store, où ils conseillent de louer son matériel et de vendre ses photographies que j’ai commencé à creuser sérieusement la question.

Prêter mon matériel ? Je ne suis pas franchement chaud, trop peur de découvrir après qu’il a été malmené.

Vendre mes images, pourquoi pas après tout, mais où ? Et ai-je une chance d’en vendre ne serait-ce qu’une ?

J’ai commencé à regarder les sites spécialisés et me suis finalement arrêté à Adobe Stock. Pourquoi ? Heu… parce que je n’avais pas envie de me casser la nénette et que j’ai déjà un Adobe Id pour ma licence Lightroom. Oui j’ai honte.

J’ai donc ouvert un compte, filé ma carte d’identité, rempli une déclaration pour les impôts et commencé à uploader mes photos favorites, tout ça dans l’ordre inverse en vérité, mais passons. Puis mes belles images ont passé le contrôle automatique et là ouille ! Pas de visage, pas de lieux reconnaissable, pas de flou artistique, pas de sous exposition, pas de grain, pas de sursaturation, pas de pas de pas de… Les deux tiers passèrent à la trappe.

Les photographies retenues sont du coup affreusement consensuelles, plates, manquant (à mon avis) d’inspiration artistique, bref banales.

Voici quelques unes des victimes de cette hécatombe, les non retenues…

Et voici quelques unes des images retenues :

Je vous vois venir avec une question là tout de suite avec vos gros sabots, et tu en as vendu combien de tes photographies ? Vous êtes pénibles avec vos questions, j’ai dit que j’étais joueur, ben j’ai joué c’est tout. Évidement mon ego en a pris un coup, mais quoi, je me croyais bon photographe, ben maintenant je sais.

Mais, pour la première fois, depuis que je fais de la photographie numérique, des personnes ont voulu m’acheter une photographie, celle-ci :

FARSe

Evidemment j’ai été flatté, d’autant que c’était mon cliché préféré du spectacle. Alors je leur ai donné toutes mes photos. Après tout, c’était super ce qu’ils avaient joué.

Et vous ?

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C’est amusant, j’ai comme l’impression que les médias se répètent sans cesse : “Le mois de juillet le plus chaud”, “Une année record”, “Deux canicules en un mois”, “La planète se réchauffe”, “Les glaciers reculent”, “La banquise a déjà fondu”, “Djakarta sous les eaux”, “Record de pollution”, “Tornade sur le Luxembourg”…

Pendant ce temps Donald veut racheter le Groenland, Michel se moque de Greta et Emmanuel part en vacances.

Soudain certains s’inquiètent de l’empreinte énergétique d’Internet, se lamentent sur les incendies de forêt et s’étonnent de tous ces phénomènes météorologiques violents.

Oui la planète se réchauffe, ce n’est pas faute de l’avoir dit et écrit, et oui c’est de notre faute. Oui les phénomènes extrêmes sont en augmentation et oui nous allons régulièrement battre de nouveaux records de température et manquer d’eau.

Alors dépêchons-nous de visiter le Pole Nord avant qu’il ne fonde, d’installer la climatisation dans nos maisons, de creuser une piscine dans le jardin et de rouler en voiture électrique.

Nous avons encore une chance de calmer l’embolie climatique, mais nous devons nous dépêcher. Si nous ratons le coche, ce ne sera pas un degré de plus, mais deux, trois, quatre peut-être que notre atmosphère gagnera en moyenne d’ici la fin du siècle.

Vous avez une idée des dégâts que cela occasionnera ? Regardez déjà ce qui se passe avec un degré de plus actuellement. Ce sera bien pire.

En attendant que nos hommes politiques cessent de penser à leur réélection, au PIB, aux entreprises du CAC 40 et qu’ils prennent enfin de réelles mesures contre le réchauffement climatique, moi que puis-je faire ?

Même si c’est une goutte dans l’eau, je vais : ne pas installer de climatisation dans la maison, ne pas changer de voiture tant qu’elle roule, ne pas prendre l’avion, baisser le thermostat du chauffage à 17 C, prendre moins de douches quitte à ne pas sentir la rose, acheter local et bio tant qu’à faire, me déplacer le plus souvent possible à vélo, sinon en transports en commun ou à pied, cesser de perdre du temps sur Internet à regarder des vidéos de chatons, ne pas remplacer mon smartphone tant qu’il fonctionne, manger moins de viande, acheter moins d’objets non indispensables, voter écologiste à chaque élection et continuer de poster ce genre de billets pour vous demander : Et vous ? Qu’allez-vous faire ?

L’Esprit Des Vents

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Ceci est ma première participation à Masse Critique, une opération menée par le site Babelio et les éditeurs, proposant à quelques lecteurs de recevoir un livre en échange d’une critique. Non content de chroniquer du rock progressif, je m’emploie à parler de livres, à croire que je n’ai que ça à faire ? Et si c’était le cas ? Toujours est-il qu’un beau jour de juillet, je reçu par la poste, le livre de François Simon, L’Esprit Des Vents.

Dans un roman, le lecteur est rarement placé dans la peau du vaincu, de celui qui a perdu la guerre et qui doit payer le tribu au vainqueur.

Le Japon se réveille au son de la voix enregistrée par l’Empereur. La guerre est finie, les japonais capitulent. 

François Simon, critique gastronomique, nous raconte la chute de l’Empire du levant, la cuisine aux huitres, l’amitié de deux enfants et la couleur des vents avec des phrases courtes et poétiques à la manière d’Alessandro Baricco

Le livre raconte les histoires de Tateru, Ryu et de nombreux personnages comme leurs parents, le kamikaze yakuza, la tante, la jeune Manechiyo vendue par sa famille. Tous survivent dans la ville de Tokyo occupée par les GIs. Des destins croisés, qui nous racontent un Japon en pleine mutation après la chute de l’empire.

Après l’insouciance de l’enfance sur l’île de Kingdao en Chine, l’exode vers le Japon en ruine et le refuge à Karuizawa, le récit se déplace vers une Tokyo ruinée en pleine reconstruction avec sa pègre, ses militaires, la crasse, la misère et la faim.

L’Esprit Des Vents, plus qu’une histoire d’amitié entre deux adolescents, nous raconte à travers ses différents personnages et les mots de François Simon, un Japon très éloigné des clichés occidentaux. Le roman, servi par une belle plume culinaire, perd peu à peu son fil conducteur pour raconter des histoires dans l’Histoire. Vers la fin, le récit est quelque peu décousu et s’achève sans conclusion, laissant ouverte la suite, peut-être un prochain roman.

Décrocher la Lune

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L’Etoffe des Héros, De la Terre à la Lune, Apollo 13, First Man, Apollo 18, l’aventure spatiale et lunaire m’a toujours fasciné et Cet été, alors nous fêtions le cinquantenaire du premier pas sur la Lune, un évènement qui a marqué mon enfance.

Je suis tombé presque pas hasard, sur le livre du planétologue français Charles Frankel, l’Aventure Apollo, qui relate les mission Apollo édité chez Dunod. 

Écrit principalement à partir des archives des vols de la NASA et de l’ouvrage A Man on the Moon de Andrew Chaikin, le livre raconte cette incroyable épopée humaine et technologique. Pour tout passionné d’exploration spatiale, le livre ne fera que vous faire revivre cette aventure, ajoutant quelques anecdotes moins connues à celles qui ont déjà fait le tour de la terre. 

Pour ma part, en plus d’apprécier cette lecture facile, j’ai découvert un peu mieux le programme russe lors cette folle course à la Lune. 

Chaque chapitre, agrémenté de quelques photos noir et blanc de la NASA, s’achève par un paragraphe sur ce que sont devenu ces héros de l’épopée lunaire. On y découvre également quelques petits encarts parlant de sujets connexes aux missions spatiales. 

Le livre s’achève sur les perspectives des futures vols habités, la Lune, Mars et les différents projets avortés de retour sur notre satellite.

Si vous êtes comme moi un geek spatial, ne passez pas à côté de ce livre. Même si j’aurai préféré une version plus approfondie, L’Aventure Apollo est le genre d’ouvrage de vulgarisation historico-scientifique qui se lit sans donner mal à la tête et apporte quelques connaissances supplémentaires sur un sujet pourtant maintes fois débattu.