Photo mattons – Lumières et emplacement – 2

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Au sommet de la cathédrale de Strasbourg

Une bonne photographie c’est également être au bon endroit au bon moment.

Lumières du soleil sur les immeubles

En fonction du moment de la journée, de la saison, les lumières diffèrent énormément. A midi, en été, vous aurez des lumières dures et peu d’ombre alors qu’à l’automne, au coucher du soleil (l’heure dorée), vous aurez un éclairage doux et des longues ombres.

Nuages au dessus d’un champ

Jouez avec le ciel. Un ciel nuageux est souvent préférable à un grand bleu. Utilisez les ombres, les contres-jours, les clairs obscurs. Vous pourrez toujours tricher un peu en post production, mais si, dès la prise d’image, vous obtenez le rendu désiré, c’est encore mieux.

Avant post traitement
Après post traitement

Lorsque que vous photographiez, avant de sortir le gros zoom, essayez de vous rapprocher du sujet, la qualité de votre photo n’en sera que meilleure. Déplacez-vous, changez d’angle. N’hésitez pas à prendre de la hauteur ou à vous allonger par terre pour changer de point de vue sur le sujet, soyez créatif, après oui, c’est un peu la honte de vous rouler par terre pour faire une photo, surtout quand le sol est boueux, mais ça fait pro…

Je vous l’accorde, se rapprocher de la Lune, c’est compliqué

Une photo peu se penser, se préparer. Repérez les lieux à l’avance, revenez même à plusieurs reprises si vous le pouvez pour varier les prises de vues avec des lumières différentes. Bien entendu, pour des photos de vacances, vous serez à un endroit donné, pas forcément à l’heure voulue et sans possibilité de revenir, à moins de casser les pieds de ceux qui vous accompagnent. Il vous faudra donc improviser et être rapide. Je vous conseille d’emmener un objectif passe partout  genre 18-140 mm même si la qualité des photographies s’en ressentira forcément.

Le chat a fait caca

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Pourquoi ne publie-t-on que des vidéos de chatons trognons ? 

Pourquoi ne pas enfin montrer la vérité, celle d’un gros chat moche en train de pourrir sa caisse dans la cuisine pendant le repas ?

L’hiver est là dirait John Snow. La neige a saupoudré l’Auvergne et notre chatoune de dix kilos ne sort plus dehors se prélasser au soleil. Il fait trop froid. Elle dort contre le radiateur, squatte les couvertures et n’ouvre un œil que pour les croquettes du matin et la pâtée du soir. Deux repas frugaux par jour, beaucoup de miaulements de frustration, la grosse est au régime.

Comme elle ne sort plus, il lui faut de nouveau utiliser la luxueuse caisse avec trappe et filtre (trappe anti odeur que l’on a dû enlever car elle lui faisait peur) située dans notre cuisine, pièce qui fait également office de salle à manger car nous sommes pauvres (tout juste si on ne dort pas avec nos animaux).

Comme il se doit, un chat a besoin d’un public pour se soulager et quel meilleur moment dans la journée que le petit déjeuner et le repas du soir pour vider sa vessie et ses intestins, je vous le demande ?

Notre chatoune, bien éduquée par sa maman, gratte bien, de ses petites papattes griffues, sur le fond de la caisse, mais, comme elle est très conne, elle n’a pas compris l’intérêt du geste, elle le fait par habitude. Elle ne recouvre jamais ses étrons fumants.

Si vous l’ignorez encore et que vous envisagez d’adopter prochainement un de ces ravissants félins, sachez que les excréments de chats empestent tout particulièrement, un peu comme un jour de gastro ou de coloscopie.

A partir de là imaginez vous, tôt le matin, pas franchement réveillé, devant votre bol de céréales, encore un peu nauséeux du réveil, assister à la danse du ventre du chat rentrant dans sa caisse, prenant une position caractéristique de la dépose solide, jusqu’à l’instant fatidique du floc floc suivi des émanations pestilentielles qui se mêlent au parfum vanille cannelle banane qui remonte de votre bol.

Branle bas de combat, votre mission même si vous ne l’acceptez pas, est de plonger en apnée jusqu’à la porte, l’ouvrir en grand, inspirer une goulée d’air glacial venant de dehors, revenir vers la caisse, la prendre à deux mains, sans rien renverser, très important de ne rien renverser, sinon vous être dans la merde,  et courir dehors pour évacuer son fumet délicat.

Par chance, il existe une seconde option mesquine. Celle de partir au travail précipitamment, sans déjeuner, laissant la caisse fumante au prochain qui descendra manger.

Antisocial tu perds ton sang froid

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Vous connaissez peut-être mes problèmes avec Facebook ? Un jour je te déteste, un jour je te hais.

Pour des raisons d’audimat, j’ai décidé, à contre cœur, de renouer avec les groupes de Zuckerberg. J’ai demandé à rejoindre un groupe français parlant de rock progressif.

Il faut savoir que pendant quelques années j’ai hanté ces groupes à la recherche de nouveautés, d’infos, de lecteurs. J’ai posté des vidéos, donné mon avis, écouté, je me suis aussi fait contredire, insulter, j’ai perdu mon temps en débats stériles, et un jour j’ai tout plaqué pour le silence. Oui je fais rarement dans la demie mesure.

Et donc lundi dernier vers 9h, je rejoins un groupe, histoire de tâter le terrain. Dès le “Bonjour merci de m’avoir accepté”, ce que l’on appelle une formule de politesse chez les êtres humains normalement constitués, je me fais vanner. Heureusement, un ami de la vraie vie, lui, salue mon retour dans les groupes, au moins un, ça fait chaud au cœur, puis d’autres se joignent à lui. Je me sens moins seul soudain.

Voyant passer un clip de Soup, j’annonce qu’ils seront en concert le 18 novembre avec The Watch Chez Paulette (qu’on se le dise, pub gratuite, je n’ai pas d’intéressement sur les billets vendus) et là miracle, pas d’esclandre, pas de remarque acerbe, c’est beau quand même. Un gars dit même que ce serait pas si mal de bouger ses fesses pour aller à ce concert, un autre que l’association ArpegiA fait du beau travail pour le prog. 

Plus tard, pour sonder la foule, vu que nous venons de publier la chronique de Symphonized, je poste une vidéo d’Anneke, réaction ? Un commentaire affligeant affirmant que depuis The Gathering, elle n’a rien fait de bon. Rho putain, la journée va être longue. Je suis certain que le gars n’a pas pris le temps de visionner le très beau clip en question.

C’est là que je décide d’attendre un peu avant de poster la chronique dans ce groupe, soyons prudent.

Plus tard, je tente de faire de la pub pour Light Damage, un groupe Luxembourgeois que je connais un peu, avec un clip et en commentaire d’un extrait de la chronique de leur dernier album, parlant du morceau en question. Quelques secondes plus tard, un commentaire tombe : “La citation vaut-elle la musique ?” ou un truc du genre. Je réponds que la citation vient de ma chronique ce à quoi le grincheux répond qu’il n’a pas la chance d’être chroniqueur. Que répondre à ça, qu’être chroniqueur n’est pas forcément une chance, mais une passion, que cela demande travail et temps bla-bla-bla bla-bla-bla ? Non sans façon. Qu’il aille se faire voir.

Sérieusement…

Lundi 17h, dépité de cette triste expérience, je supprime mes posts du groupe et résilie mon inscription. J’aurai tenu tout de même 8 heures.

Alors je pose la question : suis-je antisocial antipathique anticalcaire anticoagulant ? Les progueux français sur Facebook n’ont-ils rien d’autre à faire de leur temps que dénigrer les autres ? La planète serait-elle peuplée de cons ? Était-ce un mouvais jour ? Suis-je le con de l’histoire ?

Photo mattons – La composition – 1

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Parlons photographie. C’est un peu prétentieux de ma part de vouloir apprendre quelques rudiments de photographie à mes lecteurs adorés considérant mon propre niveau en la matière, toutefois, quelques conseils de base ne font jamais de mal, surtout lorsque l’on débute.

Une photo c’est avant tout une composition réussie. C’est bête, mais un sujet mal cadré et la photo n’interpellera personne. Pourtant, en suivant quelques règles de base très simples, vous allez donner du peps à vos images.

La règle du tiers est la plus basique. Imaginez que votre image soit découpée en 9 cases, comme celle-ci :

L’idée est de placer le sujet de votre photographie à l’intersection de deux lignes blanches, dans un des tiers de l’image. Car votre regard se pose tout d’abord sur ces emplacements. Votre image aura d’autant plus d’impact que le sujet principal est bien placé. La plupart des appareils photo proposent l’affichage d’une grille pour vous aider. N’hésitez pas à l’afficher sur l’écran ou dans le viseur, au moins pour vos premiers pas.

Centrer le sujet est également un grand classique, peut-être trop justement, si vous voulez vous démarquer des autres photographes (mais vous n’en êtes sans doute pas encore là si vous lisez ceci). Par contre, ne vous loupez pas, centrez au centre.

Votre cadrage ne sera jamais parfait rassurez-vous, à moins de prendre beaucoup de temps, de travailler avec un pied photo et d’avoir le compas dans l’œil. Mais il vous est possible de “tricher”. Après avoir fait la photographie, vous pouvez la recadrer, une fonction souvent présente dans les appareils photos, téléphones portables, logiciels comme paint.net, Photoshop, Lightroom et compagnie, nous y reviendrons dans un prochain article. Recadrez, changez de format, et votre image gagnera en impact.

Si vous avez déjà fait des photographies de paysages, vous les avez sans doute trouvé plates après les avoir réalisées. Un horizon, même avec de belles montagnes, un coucher de soleil même avec de belles couleurs, peut manquer d’un petit quelque chose pour devenir une belle image.

Pour le paysage, trouvez un premier plan, un truc sujet devant ce que vous voulez photographier, de préférence joli, par un caca de chien et votre photographie sera transfigurée. Regardez la différence sur la photo ci dessus.

Une autre technique consiste à encadrer le sujet, avec des arbres par exemple, c’est tout bête, mais ça change tout. Votre paysage semble soudain plus vivant, il gagne une troisième dimension.

Vous pouvez aussi jouer avec les lignes de fuite, la perspective, les diagonales et les cadrages atypiques réfléchis. 

La prochaine fois que vous ferez une photo avec votre téléphone portable, votre hybride ou votre reflex, essayez donc ces quelques techniques simples, elles changent une image.

L’Or du Diable

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L’alchimie et moi, ça fait deux. Déjà la chimie, ça n’a jamais été mon truc, et puis finir sur un bûcher, encore moins. Pourtant c’est le sujet du dernier livre que j’ai lu, sorte de thriller historico contemporain, mais écrit par Andreas Eschbach un des auteurs dont je dévore tous les bouquins. Il est probable sinon je pense que je ne l’aurais pas lu.

L’idée du livre est de mêler des récits médiévaux imaginaires à un thriller actuel. Un looser de la finance tombe un jour par hasard sur un livre ancien parlant de la Pierre Philosophale.

Rien de bien original en soit, mais traité avec finesse, le bouquin aurait pu figurer longtemps dans la bibliothèque avec les incontournables de l’auteur comme Jésus Vidéo ou Des Milliards de Tapis de Cheveux.

Sauf que les récits anciens qui parsèment le roman, sont écrit dans un style hélas, affreusement actuel, un résultat du plus mauvais effet pour moi qui aime les textes médiévaux.

L’histoire moyennement crédible met en scène un raté en quête de gloire et son frère professeur tournesol du nucléaire, tout deux embarqués dans la quête de la Pierre Philosophale. Les élucubrations alchimiques manquent cruellement de consistance, le héros est assez déplaisant, volant, trompant sa femme, courant après la gloire, ayant peu de scrupules, qui fini par retourner sa veste à la fin et redevenir humain.

Dépaysement, sexe, grosses voitures, argent, mensonges, pseudo science, violence, suspens, voila la recette d’un roman de gare, pas de chance je prenais l’avion…

Bref, si vous ne l’aviez pas compris, je n’ai pas aimé ce dernier roman de Eschbach, un livre trop proche des thrillers façon Dann Brown, un auteur à succès qui m’agace au plus haut point.

Allez comprendre

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Je suis rentré dans le saint des saints pour concevoir des outils pensants. Je pensais avoir les compétences requises. Pendant trois ans j’ai codé sous le manteau sur un aéroport puis je suis parti installer des serveurs dans les pays de l’est. Lors d’une soirée arrosée à la vodka, j’ai troqué mes routeurs contre des mathématiques. Très vite, les statistiques se sont transformées en lignes de programme et un jour j’ai enfin mis un pied dans le Paradis des concepteurs de logiciels. Dix ans d’extase, d’orgie numérique, d’expérimentations binaires, avant que les grilles ne se referment derrière moi et que je retourne, chassé du Paradis, aux nombres abstraits et aux mesures. Après sept ans de purgatoire, de renoncement, je trouvais un nouvel Eden exempt de langage machine et de pseudo code. L’extase sans compilation. Mais une fois encore, un coup de pied du destin, me propulse loin du Nirvana, de mes paysages perdus dans les montagnes, de mes machines à surveiller, des gens à qui parler. Alors je suis parti en quête d’un nouveau paradis. Les scripts, les machines virtuelles, les compilateurs ne possèdent plus aujourd’hui la magie d’autrefois, la machine de Von Neumann est rouillée et celle de Pascal totalement grippée. Mais le destin est joueur, et il ne me reste guère de choix. J’étais peut-être destiné rejoindre, une fois encore, les pisseurs de code, les esclaves de l’éditeur, les bouffeurs de logs, même si l’envie n’y est plus. Il y a huit ans j’aurai sauté de joie, aujourd’hui je traîne des pieds. Allez comprendre… Il faut dire qu’à force de se faire éjecter de l’Olympe et de le réintégrer plus tard par la petite porte, le Paradis finit par ressembler aux limbes. Alors plutôt que m’exiler dans l’infosphère, devenue à mes yeux, une vieille prostituée qui pue de la gueule, je lègue me cerveau au bocal de formol. Pour ne pas déménager, je vais, comme la grenouille, par temps de sécheresse, descendre les échelons du savoir au plus bas du bocal, relégué volontairement aux tâches subalternes de réceptionniste de paquets, ouvreur de portes, changeur d’ampoules, gonfleur de pneus et décideur de la couleur des murs. Un court répit, peut être deux, trois ans, avant de remettre mon titre  de fonctionnaire en jeu sur le ring de l’AP 2022.

Flash

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Nous ne parlerons pas, une fois encore, de la limitation de vitesse à 80 km/h, nous pourrions ne pas être d’accord.

Mais puisque l’on en parle, moi qui roule beaucoup, ça ne me dérange pas, pourtant j’emprunte nombre de petites départementales pour de longs périples bucoliques.

Se faire flasher à 81 km/h c’est rageant, je l’avoue.

Je vous inviterai bien à rouler juste en dessous de la vitesse autorisée, à utiliser le régulateur ou le limitateur de vitesse de votre voiture, mais je connais d’avance votre réponse alors je n’insiste pas.

Alors je vous propose une alternative écologique, économique et rapide à la voiture.

Installez-vous tranquillement à proximité d’un accélérateur de particules, le CERN par exemple, et attendez patiemment qu’il explose. Après un long coma, vous serez peut-être un heureux méta humain comme Flash ou un monstre fou doté de pouvoirs incontrôlables (oui il y a un petit risque quand même…) .

Flash court plus vite que la vitesse du son, vole sur l’eau, grimpe les immeubles à la verticale, arrête les méchants et mange beaucoup de pizzas. Encore un de ces supers héros à la Marvel que ma femme m’inflige régulièrement, elle est fan que voulez-vous. Sauf que là, j’ai moi aussi flashé pour cette série (oui je me mets aux jeux de mots pourris à force de trop regarder le 20h00 de la 2).

Flash est donc un jeune gars qui court très très très vite et est entouré de geeks scientifiques et flics. Il sauve le monde des méchants métas humains – ceux qui n’ont pas eu vraiment de bol pendant le Big Bang -, fait son travail de police scientifique, tente de draguer sa meilleurs amie qui n’est autre que la fille de son père flic qui n’est pas vraiment son père car son vrai père est en prison arrêté par son autre père pour avoir tué sa mère mais c’est pas lui en fait c’est peut-être un autre Flash à moins que ce ne soit lui-même dans un autre espace temporel, s’entraîne comme un dingue dans le labo du mec qui est l’autre Flash et qui l’a transformé en Flash en faisant exploser l’accélérateur pour qu’il devienne comme Flash. Bref une histoire tout ce qu’il y a de plus simple.

Un vrai monde de geeks, avec ses blagues (un “je suis ton père” prononcé par Marc Hamill), les supers tee shirts de Alex – je veux celui avec la galaxie et le point Google montrant la Terre -, avec un méchant à chaque épisode, des histoires d’amour et une intrigue qui explore le passé étrange de ce scientifique, le bienveillant, malveillant, dangereux docteur Harrison West.

La saison une a réduit considérablement notre quota de sommeil car chaque soir, quelque soit la fatigue, nous regardons au moins deux épisodes. Vu le nombre de saisons, si l’intérêt de la série ne diminue pas de trop, nous en avons pour quelques mois de grosse fatigue.

48 €

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Vous avez déjà essayé de trouver une chambre d’hôtel avec petit déjeuner pour 48 € ? Je ne parle pas d’une chambre dans un hôtel de passe, louée pour une heure. Je parle d’une chambre pour dormir 7 heures après 5 heures de route et 5 heures de travail sur le terrain.

Que trouvons-nous à ce prix là ? Des hôtels F1 ou de catégorie équivalente avec douches et toilettes sur le palier, matelas défoncés et odeur de clope imprégnant la moquette, implantés en bordure d’autoroute ou de centre commercial.

C’est pourtant le budget généreusement alloué à un fonctionnaire en déplacement pour dormir. Il peut également passer par la plateforme de réservation en ligne Havas pour choisir son établissement pour ne pas avancer les frais. Dans ce cas, l’administration lui accorde royalement la somme de 59 €, mais comprenez bien que Havas prend sa petite commission au passage.

J’ai comparé les prix sur Booking et via le portail de Havas, notre marché magnifiquement négocié. La même chambre sur Booking est toujours moins cher.

Lorsque je pars en déplacement dans le Jura, la Meuse, les Vosges, il me faut le faire sur deux jours à cause du temps de route.

Ce genre d’expédition se prépare longtemps à l’avance, le temps de rentrer en contact avec nos interlocuteurs, de se donner rendez-vous, de préparer l’ordre de déplacement, de le faire signer par le chef et le directeur et de trouver l’hôtel le moins sordide possible dans un rayon de 50 km autour de notre lieu de travail.

5 heures de route, autant de travail, une brève nuit de sommeil à écouter l’autoroute, les chasses d’eau et les conversations téléphoniques de la chambre voisine. Un croissant mou, un café délayé et il faut repartir pour dix nouvelles heures d’aventures, le dos broyé par le siège de la Clio et le matelas moisi de l’hôtel.

Il arrive que j’ai de la chance, une super promotion dans un hôtel deux étoiles, au centre d’une jolie ville avec un vrai café le matin. En fait, ça n’est arrivé qu’une fois.

Les fonctionnaires coûtent cher à l’état semble-t-il, mais pas en frais de mission manifestement, peut-être en congés maladie après de longues nuits sans sommeil et des champignons attrapés dans des chambres insalubres.

Solo

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Les dernières productions de la licence Star Wars n’avaient pas franchement soulevées mon enthousiasme (effet Disney ou vieillissement accéléré des neurones), alors, me rendre dans une salle obscure pour découvrir les aventures du jeune Yann (pardon Han, il n’est pas breton), ne m’emballais guère, surtout sans Harrison Ford.

J’ai tout de même acheté le Blu-Ray. Logique. C’est plus cher qu’une place de cinéma, on le regarde forcément sur un écran plus petit avec un son moins bon, mais c’est à la maison. Mais après tout avec deux mètres de diagonale Full HD en 5.1 c’est mieux que rien. Certains l’on vu sur un iPhone.

Je ne m’attendais à pas grand chose, à part revoir le Faucon Millénium, Chubaka jeune, Lando Calrissian sans sa mine et Han sans cicatrice sur le menton.

J’ai d’abord été agréablement surpris par Alden Ehrenreich (pas facile à porter comme nom) dans le rôle de Han Solo. Le jeune acteur a bossé la gestuelle et les mimiques du vieil Indiana Jones avec succès. Il nous livre un personnage crédible, dans la continuité des trois premiers Star Wars historiques (alors j’explique, les trois premiers Star Wars sont les épisodes IV, V et VI, c’est clair !).

J’ai ri, beaucoup ri, des gags potaches mais bons, comme celui Chewie sous la douche avec Hann, des deux manches du costume, je sais c’est con mais ça me fait rire. Le duo wookiee humain est décidément irrésistible. En parlant de duos, celui avec Woody Harrelson a également fait mon bonheur, un acteur que j’adore, et qui dans le rôle du contrebandier mentor est excellent. Même le couple improbable Lando L3-37 a redonné espoir à mon épouse, prouvant qu’une douce casse bonbons ayant besoin d’un petit coup de peinture peu séduire un beau gosse (toute notre histoire…), pardon chérie, je t’aime, en plus c’est toi qui l’a dit, enfin pas exactement comme ça mais c’était l’esprit non ? Pas taper !

Toujours en parlant des couples, je n’ai pas aimé celui qu’Emilia Clarke forme avec Alden Ehrenreich. Elle m’agaçait déjà furieusement dans Game Of Thrones, alors là… Mais bon ne peut pas plaire à tout le monde, même en brune.

Le film possède un bon rythme, l’histoire ne prend pas la tête, il y a de l’action, des vaisseaux, de l’humour, pas de sexe (ça c’est quand même dommage), de bons sentiments et un vrai salopard qui pour une fois n’a pas de sabre laser rouge (ok, ce sont deux poignards laser rouges).

Je l’ai vu seul, pendant que mon épouse écoutait un concert de piano et flûte (oui il faut savoir gérer ses priorités dans la vie), je l’ai revu le surlendemain avec elle, car entre les deux notre ado regardait le Simsons, osant bouder un Star Wars – mais quel petit con – et je compte bien me le refaire très bientôt, parce que le film me fait rire, et que j’y retrouve l’esprit de la première saga Star Wars, à savoir pour les gens qui seraient encore paumés, les épisodes IV, V et VI, ceux qui sont arrivés au cinéma en premier, avant le I, le II et le III (le meilleur des trois).

Donc finalement j’ai bien fait de ne pas aller au cinéma, l’achat est amplement rentabilisé. C’est tellement bon de voir le Faucon Millénium devenir une épave en quelques secondes grâce au pilotage tout en finesse de Han Solo.

Toilette mortuaire

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Nous avons travaillé des années durant dans des locaux surpeuplés et en piteux état. Faux plafonds troués laissant apparaître câblage, laine de verre et tuyauterie, poignées de portes cassées, linoléum vert déchiré, papier peint recouverts d’une horrible peinture jaune pipi, portes et fenêtres laissant s’infiltrer le vent glacial du nord-est, chaudière poussive peinant à chauffer les grandes salles, toit mal calfeutré laissant fuiter les averses, circuit électrique défaillant sautant à la mise en marche d’une cafetière et j’en passe.

Aujourd’hui, il y a plus de bureaux que d’agents sur le site. La maison se vide. Tout le câblage a été refait à neuf. Cet été le toit fut étanchéifié. Les vieilles lampes jaunâtres remplacées par des LEDs brillantes. Le monte charge asthmatique est devenu un ascenseur rutilant. Aujourd’hui ils changent les fenêtres, refont les sols, remplacent les portes, refont les tapisseries. Le bâtiment rugit du bruit des perceuses, des marteaux, grouille d’ouvriers, plus nombreux que les employés, une vraie fourmilière.

Pendant ce temps, des groupes de travail préparent l’exode, la relocalisation des activités et du personnel. Les retraités vidaient les bureaux il y a encore quelques mois, aujourd’hui ce sont les agents qui se cherchent un nouveau travail sur un nouveau site.

Nous étions une centaine, nous sommes plus que soixante, et il ne devrait en rester que trente dans quatre ans. Que vont-ils faire de ces vastes et beaux locaux déserts ? Certains parlent de rassembler plusieurs sociétés au sein du même bâtiment, d’autres chuchotent le mot “déménagement”.

Toute cette activité fébrile ressemble à une toilette mortuaire.