Far West

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Deux immenses tours de béton et de verre se dressent dans le désert américain du 19ème siècle. Grant achève son second mandat et un hélicoptère survole une petite ville des jeunes Etats-Unis.

Anachronismes, voyage dans le temps, mondes parallèles, Robert-Charles Wilson nous propose une enquête à l’époque du Far West dans un monde où des hommes du futur viennent faire du tourisme chez les cow-boys. Une tour pour les autochtones qui découvrent quelques merveilles du futur, une tour pour les visiteurs de l’avenir qui viennent s’imprégner de leur passé.

 

La Cité Du Futur raconte l’histoire d’un autochtone, membre du service de sécurité de Futuracity, qui pour avoir sauvé la vie du président se voit confier de nouvelles responsabilités dans les deux tours et part enquêter, à la recherche d’armes volées.

Faisant fit des paradoxes temporels grâce à la théorie des mondes parallèles, Wilson imagine le tourisme temporel et ses conséquences pour le passé visité. Entre pseudo philanthropie, business et cynisme, ce Club Med du futur envahit pour quelques années l’histoire, apportant technologie, culture et mœurs d’un autre temps au travers d’un mystérieux miroir.

Voila ce que nous propose l’auteur dans ce roman, observer la rencontre de deux époques sous couvert d’enquête policière. Un livre facile à lire, rempli de réflexions intéressantes doublé d’une intrigue haletante. Un très bon Robert-Charles Wilson.

C’est de notre faute

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Ben oui, c’est bien connu, si le monde ne tourne pas rond, si il y a autant de chômeurs, si les dépenses publiques explosent, c’est de notre faute, à nous, les fonctionnaires.

Non remplacement d’un agent sur deux, ça me rappelle vaguement quelque chose. Gel du point d’indice ? Vous savez qu’il ne faut pas recongeler un produit une fois qu’il a été décongelé ?

Qui parle d’austérité ?

Le point d’indice, je m’en tape, sans doute car je suis en fin de carrière, quasiment au taquet et que les primes compensent le salaire de base. Mais je fais partie des privilégiés de la fonction publique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, loin de là.

Le non remplacement d’un agent sur deux, là par contre c’est une autre affaire. Les usagers râlent de la déshumanisation des services publics, de l’absence de conseil, et des prestations devenues payantes. Les couloirs se vident, les cheveux  blanchissent et il y a pas de relève pour pousser nos fauteuils roulants. Va-t-on laisser les services mourir de vieillesse et les fermer un par un à chaque pot de départ ? L’impression de devenir inutile est un sentiment terrible lorsque l’on travaille.

Il serait possible de faire des économies, déjà en dégraissant les étages supérieurs de la pyramide qui ressemble de plus en plus à un cube. Il serait possible également de remercier quelques parasites qui ne font même pas l’effort de rester dans les bureaux pendant leur temps de travail (mais non vous comprenez, c’est une personne en souffrance).

Après des années d’opulence, de dépenses, de projet pharaoniques avortés, de voyages en avion aux frais de la princesse, de sureffectifs, de recrutement à la pelle, l’heure est aux vaches maigres, à la chicoré dans le café et aux locaux déserts.

La dernière grande idée serait de reclasser une partie des techniciens en ingénieurs, comme ça d’un coup de baguette magique. Non seulement cela coûterait cher à l’état, ben oui, un ingénieur est mieux payé qu’un technicien, mais en plus cela créerait une fracture de plus dans un établissement bien fragilisé. Qui deviendra ingénieur, lui, elle, moi ? Et sur quel critère ? A la tête du client ? Une grande idée qui nous promet d’intéressantes discussions. Où réside la logique dans tout cela ?

Aquamarine

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Les vacances servent à se reposer et pour ma part à rattraper mon retard en lectures. Rien de tel qu’un petit village à 1500 mètres d’altitude, paumé dans les Alpes de Haute Provence, distant de plus de 50 kilomètres de toute civilisation, sans téléphone ni internet pour lire. J’emportais dans ma valise trois bouquins très différents, Aquamarine d’Andreas Eschbach, La Cité du Futur de Robert-Charles Wilson et Ecoutez nos Défaites de Laurent Gaudé. Un roman pour ado, un roman de SF et de la littérature française, tout un programme.

 

Si vous me lisez régulièrement, vous saurez que j’ai un faible pour cet auteur allemand qui vit aujourd’hui en Bretagne. Son avant dernier bouquin, L’Affaire Jésus, qui faisait suite à Jésus Vidéo, m’avait une fois de plus emballé. Avec Aquamarine, Andreas renouait avec la littérature pour adolescent, dans la veine du Projet Mars, de Time Out ou du Maître de la Matière. Des livres faciles à lire, s’adressant à un public assez jeune mais qui conservent la magie narrative de Eschbach.

Aquamarine parle d’une adolescente pas comme les autres. Une fille avec d’étranges cicatrices sur les flancs qui n’arrive pas à s’intégrer parmi les siens. Une pauvre au milieu des nantis, persécutée par les jeunes de son age. C’est aussi un monde à peine esquissé, la Terre en 2151, rescapé des bouleversements climatiques à venir, dans lequel va se dérouler l’aventure de Sara, cette ado qui ne doit pas aller dans l’eau. L’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements se négocient bien des pages à l’avance mais qu’importe, le livre se dévore, ne prend pas la tête, idéal pour les vacances. Eschbach y évoque la place de l’individu dans le groupe, la déontologie scientifique, les manipulations génétiques et un futur possible, tout cela sans donner la migraine.

Il ne s’agit pas son meilleur livre assurément – lisez Des milliards de tapis de cheveux – mais un roman sympa qui se dévore en quelques heures.

Pourquoi lire une critique ?

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En voila une bonne question. Lorsque vous lisez différentes critiques d’un même album, vous découvrez, le plus souvent,  autant d’avis divergents que d’articles. Passé la rapide introduction souvent issue de la fiche promotionnelle, chacun y va de ses scuds sur la musique et ses morceaux. Il y a les inconditionnels, “c’est dieu donc c’est bon”, les lèche burnes, “on ne va pas dire de mal quand même”, les ni ni, “c’est bien mais bof” et les méchants détracteurs, “j’ai pas eu la promo en CD alors prend ça dans la poire”. Il arrive aussi qu’une œuvre fasse la quasi unanimité, mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Alors à quoi sert-elle cette critique ? Tout d’abord à parler de l’artiste et de l’album, ce que l’on appelle de la pub déguisée. Une chronique n’a pas besoin d’être positive pour servir les artistes. Bonne ou mauvaise, c’est toujours de la pub. Le label se réjouira de voir la polémique enfler, il n’y a que les musiciens qui pourraient faire la gueule. Certains le prennent très bien, saluant l’écoute, discutant de quelques détails, notant les remarques comme points d’amélioration pour la suite. D’autre vous rentrent dedans, sont méprisants, voir agressifs. Ceux-là sont rares.

Mais le lecteur, face à ces avis divergents, comment réagit il ? Il pourra tout d’abord penser que le chroniqueur est un gros con qui n’a rien compris à l’essence de la musique (parfois c’est vrai), il pourra comprendre également que plusieurs écoles s’opposent, pro contre anti, ancienne contre avant garde, classique contre crossover, canterbury contre jazz fusion. Ces contradictions lui donneront sans doute envie d’en savoir plus et il se forgera sa propre opinion en écoutant l’album.

De l’autre côté du miroir, la chronique sert à parler de musique, à explorer de nouveaux horizons, groupes, artistes. Elle est le reflet d’un moment, car aucun avis n’est définitif en musique. Il y a quelques années je ne pouvais écouter du jazz fusion ou du sludge. L’oreille s’éduque et les goûts changent également. Un album cérébral pourra sembler inaudible au cour des premières écoutes et génial quelques mois plus tard.

L’objectivité du chroniqueur est un autre débat que j’ai déjà abordé. Je ne suis pas objectif. Un album, fait de bouts de ficelle avec une production à deux balles, pourra me toucher infiniment plus qu’une grosse machine enregistrée à Abbey Road avec une liste d’invités prestigieux longue comme mon bras. La nouveauté, la fraicheur, l’envie, autant de critères qui peuvent faire la différence. Combien de fois me suis-je ennuyé en regardant jouer des célébrités qui se produisent comme ils pointeraient à l’usine alors que des amateurs, montant sur scène une fois par an, mettaient le feu à mon âme malgré le son pourri de la salle et les maladresses de l’inexpérience. Pour les albums, c’est un peu la même chose.

Alors pourquoi lire des critiques ? Elle ne sont pas objectives, divergent d’un magazine à l’autre, sont des pubs à bas coût pour les labels, regorgent d’erreurs, de fautes d’orthographe et de grammaire et servent d’exutoire à des gars névrosés, franchement… Déjà, pour occuper les longues heures oisives passées au bureau quand le chef a le dos tourné. Ensuite pour pouvoir réagir à vif avec un commentaire sur Facebook : “bande de cons, vous ne connaissez rien à ce groupe !”. Peut-être aussi pour confronter plusieurs avis avant de vous décider à acheter un album.

Nous recevons de temps en temps des mots d’encouragement de nos lecteurs : “Merci, vous me faites découvrir de nouveaux groupes toutes les semaines.”. Si la chronique permet effectivement cela, c’est qu’elle est encore utile, objective ou pas. Si nous arrivons à vous donner envie d’aller vers de nouveaux artistes, albums, styles musicaux, nous servons à quelque chose et en plus de ça, nous, nous faisons souvent plaisir.

Mais à quoi bon ?

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Pourquoi donc tenir un blog ou un webzine ? Qu’est-ce que ça rapporte ? Qu’est-ce que ça apporte ? A part soulager sa diarrhée verbale, s’entraîner à écrire, passer le temps, assouvir son besoin de reconnaissance ? Le blogueur serait-il un créatif raté, un peu comme le publiciste ? Pourquoi poster des articles sur la toile qui ne seront lus par quelques fêlés ? D’ailleurs pourquoi lisez-vous ceci ? Vous espérez y trouver le Saint Graal ou simplement passer ainsi quelques secondes de votre journée de travail qui traîne en longueur ?

Pour ma part, le blog est avant tout un défouloir, qu’importe qu’il soit lu ou non, cela me fait du bien de coucher noir sur blanc les idées loufoques qui me passent dans le ciboulot. Coup de gueule, coup de cœur, découverte, vitrine pour mes photographies, j’adore me raconter. Narcissisme, nombrilisme, assurément. C’est une soupape de sécurité devenue nécessaire avec la monté en puissance du webzine. De temps en temps, il faut que ça sorte.

Ce qu’il y a de certain, c’est que ça ne rapporte rien. Mais tenir un blog est plus simple d’aller se confesser (de toute façon ce n’est pas mon genre) et assurément moins cher que de payer les honoraires d’un psy. Ça donne également un objectif, finir ce bouquin pour en parler ensuite, persévérer dans la photo de rue histoire d’écrire une suite, parler des musiques que l’on aime afin d’échanger avec d’autres sur cette passion. C’est aussi le lieu du grand n’importe quoi, quand une idée saugrenue me passe par la tête et que j’ai envie de la coucher sur le papier. Je dois être un écrivain raté, il faudrait que je fasse un billet sur le sujet tiens…

Les retours, quand il y en a, sont parfois enrichissants, j’ai été surpris par exemple de toutes les réactions autour de mon dernier article sur le rock progressif. J’ai longtemps hésité avant de le poster, je craignais la curée. Ce sont des choses que je ne peux pas écrire dans le webzine, car elles ne reflètent à priori que mon opinion, je ne voudrai pas y associer à tord le reste de l’équipe.

Le webzine, c’est un peu plus compliqué. Il a commencé comme un blog avant l’ère des blogs, quand je codais en HTML sur Multimania (oui ça date d’il y a 20 ans). Tout d’abord blog, parlant de JDR, mégalithisme, photo, musique, le site s’est progressivement spécialisé dans la musique, plus particulièrement celle que j’aime le plus, le rock progressif. Neoprog était né. Au début je chroniquais pour parler de mes derniers achats coups de cœurs, puis sont venues les premières promos, des choses souvent zarbi, puis des labels se sont penchés sur mon berceau, puis d’autres, puis pleins d’autres. Maintenant je chronique plus les promos que mes coups de cœurs. J’écoute sans doute trop de musique et j’aimerai bien me poser une petite année histoire d’écouter une petite partie des vieux albums que j’ai beaucoup aimé. D’un autre côté, grâce au webzine, je découvre encore de temps en temps quelques perles rares, je m’ouvre à de nouvelles musiques et c’est toujours un beau moment. Lui non plus ne rapporte rien, bien au contraire mais qu’importe. Le webzine m’a permis d’approcher des artistes, des les interviewer, de les photographier, c’est le côté gratifiant du travail.

Je me suis pris au jeu du blog, postant des choses totalement insignifiantes comme des réflexions plus poussées. J’y note quelques idées de billets qui ne verront pas forcément le jour (des fois je suis très énervé et ça me défoule, mais il y a des choses qui ne sont pas publiables, ce n’est pas non plus la décharge Facebook). C’est un espace d’expression comme il en existe des millions sans doute, il ne sert à rien mais ne semble pas totalement inutile alors je continue.

Marshall

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Le temps était toujours gris malgré la chaleur étouffante. Qu’importe, lundi viendrait l’Apocalypse. Alors plutôt que de mourir sur le plancher des vaches j’embarquais à bord du Star One, direction les étoiles, emportant qu’un bouquin de Thomas Mann pour les longues soirées … Continue reading

Mapuche

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Les Mapuche, littéralement « Peuple de la terre » en mapudungun, sont les communautés aborigènes de la zone centre-sud du Chili et de l’Argentine, connues également sous le nom d’Araucans.

 

La chaleur moite de Buenos Aires, le poids des années de dictature, les Grands Mères sur la place de Mai, une indienne Mapuche, un travelo massacré et un détective au passé peuplé de fantômes. Ainsi s’ouvre Mapuche, le roman de Caryl Férey commencé début juin et que j’aurai eu du mal à finir. Tout débute par un crime à priori comme tant d’autre. Une enquête qui va nous plonger dans les heures les plus noires de la dictature argentine. Enlèvements, torture, meurtres, les monstres de cette époque, militaires, politiques, clergé vivent encore et cherche à se protéger de leurs exactions passées. Enquête, thriller, histoire d’amour ensanglantée, Mapuche est comme Zulu, un livre sombre, violent, qui retrace pour nous une terrible page de l’histoire de l’Amérique du Sud. Cinq cent cinquante pages, des milliers de kilomètres de Buenos Aires jusque la cordelière, parfois road movie, parfois bain de sang, le livre prend au tripes, se complaisant dans les scènes violentes. Si vous vouliez vous détendre avec un bouquin sur la plage, passez votre chemin.

Ocean Horn

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Bon, vous n’êtes pas sans savoir que je suis un Nintendo maniaque. Dans les jeux de la firme nippone il existe une licence que j’affectionne tout particulièrement: Zelda. Il y a un an, je trouvais, dans la catalogue de mon iPhone, Ocean Horn, un jeu dont le look rappelait étrangement Zelda The Wind Waker. Même graphisme, game play, même univers, enfin, dans les grandes lignes, un achat indispensable. Bien entendu, jouer avec un iPhone n’est pas aussi aisé qu’avec des manettes quand il faut combattre, effectuer des déplacements précis etc… Très vite, n’étant pas doué de nature, je me suis retrouvé bloqué et frustré face à un boss, à 35% de l’aventure, les nerfs. Du coup, j’ai jeté l’éponge après maintes tentatives, laissant le jeu en dormance pour le jour où je serai moins manche (j’ai plein de jeux en dormance sur console).

Cette semaine, en parcourant la boutique de la Switch, que vois-je ? Ocean Horn ! Vendu près de trois fois plus cher que sur iPhone.. ben oui c’est compliqué un portage et puis l’écran est plus grand et les acheteurs sont des crétins n’est-ce pas ? Il me narguait: “tu l’as pas fini, tu l’as pas fini, tu l’as pas…”. J’achète, j’achète pas ? J’achète !

Et me voila reparti à sauver le monde sur mon petit bateau avec mon bouclier dérisoire, mon glaive de naze et quatre cœurs pour survivre. Mais voilà, j’avais déjà joué de longues heures sur iPhone avec ce maudit écran tactile alors sur la Switch, trop facile. Je viens d’exploser enfin la tête de ce foutu boss, je rentre maintenant dans un monde inconnu, fait d’épreuves, de combats, de magie et d’amour bien sûr. J’ai un bouclier dérisoire, un glaive de naze, un arc, des bombes, des bottes, six cœurs pour survivre et deux sorts pour souffler le chaud et le froid. Je suis un héro.

Comment ça j’ai Zelda à finir ? Allez vous faire voire, le second boss est trop dur, je vais visiter quelques sanctuaires, trouver une meilleur armure, récolter des cœurs et quelques armes puis je reviendrai lui mettre la pâté à cet empaffé.