Dollface

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Comment vous avouer ça ? C’est assez délicat en fait. Je veux bien vous en parler mais il ne faudra pas vous moquer, vous promettez ? Ceci dit je ne risque pas grand chose, personne ne lit se blog. Alors je me lance :

J’adore la série Dollface. Voilà c’est dit. Oufff !

Dollface est une série sortie en 2019, jusque-là rien de bien grave, j’ai un peu de retard mais j’ai connu pire. Le problème c’est que Dollface est une série pour filles… 

Jules Wiley vient de se faire plaquer par son mec après cinq années de vie commune et se retrouve brutalement seule, sans amies, avec un chat psychotique sur les bras. Des amies elles en avait bien autrefois, comme Madison par exemple mais elle les a toutes laissé tomber pour son mec.

Jules doit reconquérir ses amies à l’aide d’une chatte humanoïde, recommencer à sortir, faire la fête et trouver un vétérinaire pour son chat qui aime les chiens et mange des bites. Tout un programme.

La série mélange univers de filles, délires et récit fantastique avec brio. Ça parle chiffons, plans culs, brunchs, cocktails, enterrement de vie de jeunes filles, amitiés, rivalités, mensonges, bref des machins de nanas. Pour tout vous dire, cette série me fait hurler de rire. 

Ma femme fut quelque peu circonspecte lorsque je lui proposais de visionner le premier épisode. Au second, elle se posait des questions sur mon orientation sexuelle, au troisième elle réclamait la suite.

Kat Dennings, qui joue le rôle de Jules, est tout simplement désopilante dans la peau d’un garçon manqué entouré de poupées barbies hystériques.

Dix épisodes d’une trentaine de minutes se succèdent. Ce qui n’était au départ qu’un bouche trou entre deux épisodes ennuyeux de Loki est devenu un rendez-vous très attendu chaque soir.

Mais que fait la police ?

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J’ai des voisins qui ont une piscine dans leur jardin. Pas la maison d’à côté mais celle d’après.

L’été, lorsqu’il fait chaud, ils font la fête autour de la mare, des fêtes avec sono en plein air, plongeons et hurlements de rire, jusqu’à deux trois heures du matin.

Leur dernière nouba datait d’il y a quinze jours et s’était achevée par chaos à une heure du matin, du moins c’est l’heure à laquelle j’ai enfin trouvé le sommeil.

Alors quand dimanche soir les hostilités ont reprise de plus belle, j’ai pris mon courage à deux mains pour leur demander poliment d’envisager de calmer le jeu à une heure raisonnable. Il était 20h30. Je suis allé chez eux et j’ai sonné à la porte pendant quinze minutes sans succès. Il faut dire qu’il y avait du bruit dans le jardin, musique, rires, plongeons, hurlements. A priori ils n’étaient pas dans la maison. Alors j’ai fait le tour pour aller devant leur portail situé plus près de la piscine. Là, ils m’ont entendu, et ça les a manifestement énervé.

Je leur ai expliqué mon problème et là c’est parti direct en cacahuète. Trois gars en slip de bain accompagnés de leurs délicieuses compagnes m’ont littéralement agressé. J’ai été traité de chieur du quartier (c’est sans doute vrai au passage), de pervers sexuel, si si, (bon ok un peu), c’est parce que je photographie la lune (ils croient que je matte leurs épouses). L’un d’entre eux ma insulté, m’a menacé physiquement et moi je suis resté étonnamment calme et poli face à ce débordement de violence. Il faut dire que contrairement à eux, j’étais sobre.

J’ai fini par leur souhaiter une bonne soirée, couvert d’insultes (va machiner ta mère, expression particulièrement vulgaire dans la bouche d’un quadra ventripotent), et je suis rentré à la maison poursuivi par le gars qui voulait me cogner. Il m’a menacé une dernière fois, disant que je n’avais pas intérêt à sonner chez lui la prochaine fois. Effectivement, je ne sonnerai plus vu qu’ils ne l’entendent pas.

La bonne nouvelle c’est qu’après ma visite de courtoisie, ils ont coupé la sono et arrêté de hurler.

Mais une demie heure plus tard, devine qui sonne à la porte ? Nan vous n’allez pas le croire. Pas l’un des trois gars, ni une des dames, mais la police. Trois agents en uniforme, polis et propres sur eux, venant me demander ce qui s’était passé. Le monde à l’envers…

Alors je leur ai raconté ce que je viens de vous raconter, calmement. Ils ont écouté, pris des notes, mes coordonnées et ils m’ont conseillé d’appeler le 17 la prochaine fois plutôt que d’aller voir mes voisins.

Je pensais bien faire en allant discuter calmement avec eux, leur expliquer qu’ils faisaient du bruit et que j’aurais besoin de dormir un peu avant d’aller travailler. Manifestement j’ai eu tord. 

Après c’est clair que j’ai un problème avec le bruit, particulièrement les voix auxquelles je suis très sensible. Je dors avec des bouchons en silicone, j’ai du double vitrage, et malgré cela, fenêtres fermées, la tête sous la couette, j’entends encore des voix. Je vais finir sur le bûcher si ça continue. Vivement l’hiver !

Peter Gabriel – Plays Live

Teeshirt : Lazuli – Saison 8 (2018)

Cette chronique est dédiée à mon grand frère adoré Jean-Jacques, mort bien trop jeune des suites d’un long cancer. Je pense à toi tout le temps.

Je vais vous parler de l’artiste solo qui m’a certainement le plus inspiré et d’un album live qui reflète bien mon premier concert de rock. Nous sommes le 28 octobre 1983 à Brest et j’ai 17 ans. Mon grand frère m’a amené à la Penfeld pour écouter Peter Gabriel. Je suis un fan de Genesis depuis quelques années et me suis depuis peu plongé avec délectation dans la carrière solo de l’ex chanteur du groupe.

Pour ce voyage dans le temps, j’écoute la réédition vinyle de 2020, réédition à l’identique pour l’artwork mais au son remixé et remasterisé pour l’occasion, l’édition originale ayant souffert des outrages du temps, de ma passion pour l’artiste ainsi que d’une inondation pendant laquelle j’ai perdu toutes mes galettes.

Il s’agit d’un double vinyle 180 grammes accompagné de son téléchargement en 24 bits, de quoi ravir les audiophiles.

Jerry Marotta, Tony Levin, David Rhodes et Larry Fast étaient aux côtés de Peter pour cette tournée nord-américaine en 1992, avant de poursuivre leurs concerts en Europe pour mon plus grand bonheur. Peter vient de sortir Security et le tube ‘Shock the Monkey’ qui grimpe dans les charts après l’inoubliable ‘Solsbury Hill’. C’est la période africaine de Gabriel : percussions, basse très présente, chants ethniques et la quasi absence de cymbales dans la rythmique.

En 82, Gabriel n’offrait pas encore les shows spectaculaires qu’il mit en scène plus tard. A part le maquillage, une échelle, des barres parallèles et quelques éclairages, tout le spectacle repose sur le chanteur qui ose encore se jeter dans la foule.

Parmis les grands moment de ce live, je soulignerai le mystique ‘The Rhythm Of The Heat’, l’angoissant ‘Intruder’, les quatres tubes de la face C ‘San Jacinto’, ‘Solsbury Hill’, ‘No Self Control’ et ‘I Don’t Remember’ et enfin mes deux titres préférés de la face D, ‘On The Air’ avec la foule en délire et le déchirant ‘Biko’. Je ne mets pas ‘Shock The Monkey’ dans la liste, car désolé, je n’ai jamais été fan des tubes commerciaux du maestro sorti de ‘Solsbury Hill’ que lui, étrangement n’aime pas beaucoup.

Si je ne devais conserver aujourd’hui qu’un seul album de Peter Gabriel, ce serait assurément ce Plays Live dans sa réédition 2020.

En monochrome

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Maintenant c’est certain, c’est en noir et blanc que les gens apprécient mon regard. Des noirs profonds, des blancs excessifs, des ciels sombres tourmentés, des reliefs contrastés, un monde qui n’existe pas dans le réel et qui se dévoile sur des pixels. C’est vrai, je regarde le plus souvent en monochrome, m’attachant plus aux formes qu’aux tons. Pourtant le boîtier capture des couleurs et des intensités, pas des lignes et des nuances de gris. Alors j’applique à la palette arc en ciel des dégradés de noir. Je pousse l’encre de Chine, je renforce la neige, accentue les arrêtes, assombris, éclaircis et triche avec la lumière. Les bleus plongent dans la nuit, les verts explosent, les jaunes remontent et l’image change de forme, de sens. Une ville ordinaire devient une ruine millénaire, un ciel d’hiver se transforme en orage d’été, le jour devient la nuit.

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Les rares clichés couleurs que je publie bénéficient d’un travail de plus longue haleine pour tenter de leur donner vie. Cadrage soigné, saturation maîtrisée pour chaque couleur, filtre pour égaliser la lumière, renforcement des contrastes, texture, netteté, correction du voile, de longues minutes de labeur qui ne recueillent aucun succès. A croire que je me suis créé un pool d’abonnés monochrome. A moins que je ne sois juste nul en photographie et que mon traitement noir et blanc donne le change.

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Les clichés N&B recueillent vingt à cent like, les épreuves couleurs peinent à atteindre les quinze, mon seuil de suppression. Une des raisons se trouve sans doute dans le fait que je m’abonne à de nombreux groupes tagués Black & White et nettement moins à ceux mettant en avant la couleur, mais après tout la couleur reste la norme en photographie non ?

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Enfin bref, force est de constater qu’il faut que je m’améliore. Mais quand je vois des clichés plats mal cadrés et sans intérêt ni beauté aimé plus de huit cent fois, je me dis que soit je suis vraiment mauvais, soit je n’ai rien compris au système de promotions des images sur Flickr. N’empêche que maintenant, les photos qui resteront sur mon compte devront compter plus de vingt j’aime, alors que le précédent seuil était de quinze. Je progresse ?

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After (r)

Naïf, poétique et beau, ce premier roman d’Auriane Velten m’a tout simplement envoûté. 

Un grand cataclysme a décimé l’humanité qui vit aujourd’hui à l’écart des terres renoncées une utopie collective. Les humains suivent le Dogme, sont égaux et vivent en harmonie avec la nature jusqu’au jour ou Paul et Cami reçoivent pour mission d’explorer les terres renoncées.

Auriane réinvente une grammaire d’où le genre a disparu, laissant place à des pronoms indéfinis an, ile, al, qui rendent la lecture hésitante dans les premières pages. Le lecteur devinera rapidement que derrière cette astuce littéraire se cache un secret rapidement dévoilé.

Si j’ai d’abord trouvé certains artifices un peu faciles, comme ancrer le décor dans la région parisienne, ils ont ensuite trouvé tout leur sens dans la suite du roman, renforçant la beauté du récit.

After (r) est l’histoire d’une amitié, l’histoire d’une fin du monde annoncée, l’histoire de la beauté du monde, l’histoire d’une utopie trop belle pour fonctionner, un roman profondément humain qui annonce d’autres livres magnifiques.

Bruit – The Machine is burning and now everyone knows it could happen again

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Teeshirt : mon costume de mariage (1993)

Vous voulez bien faire du bruit avec moi ? Nous allons justement parler de Bruit, ce quatuor de post-rock toulousain qui vient de livrer un second effort. Un album au titre trop long pour tenir dans cette chronique.

Je ne vais pas vous mentir, le post-rock ça me saoule. Mais de temps en temps, je tombe sur la perle rare, comme ce Bruit que Stéphane Gallay a chroniqué dans Blog à Part. J’allais zapper sa prose quand j’ai lu “français” et “musique classique”. J’ai toujours été curieux de la scène locale et j’ai un penchant évident pour les instruments acoustiques. Alors, si le post-rock d’ordinaire me barbe, doté de ces deux ingrédients particuliers, il devenait tentant de s’y pencher quelques minutes.

Bruit est arrivé en 2018 avec un EP deux titres qui sortira bientôt en vinyle, deux titres oui mais proposant vingt minutes de musique tout de même. Cette année ils doublent la mise sur ce qui doit être considéré cette fois comme un album. Hélas, mille fois hélas, pas de CD ou de vinyle à l’horizon, juste du numérique livré avec quelques photographies.

Si j’ai craqué pour l’album, c’est surtout pour ses deux premiers morceaux, ‘Industry’ et ‘Renaissance’. Les deux autres, ‘Amazing Old Tree’ et ‘The Machine Is Burning’ se rapprochent nettement plus de l’idée que je me fais d’un cinématique post-rock convenu. Ceci dit, dans le convenu, il y a bien pire.

Moi qui ne suis pas fan de mur de basses, pas plus que d’électro, j’ai été scotché par ‘Industry’. Basse grondante, cordes, batterie explosive, le titre de neuf minutes trente prend aux tripes. De l’électro, post-rock, cinématique jusqu’à la voix de Albert Jacquard qui parle du « système de la lutte” vers la fin du morceau.

‘Renaissance’ se situe à la croisée des chemins entre Anathema et Nordic Giants. D’un côté une guitare acoustique à Danny Cavanagh, de l’autre des nappes de voix et cordes avec la très belle contribution d’une clarinette.

La pièce épurée ‘Old Amazing Tree’ traite de la déforestation. Une musique minimaliste qui porte un extrait sonore en anglais. Un titre plaisant mais qui manque d’ambition pour me satisfaire complètement.

Enfin ‘The Machine Is Burning’ propose douze minutes de musique de film plutôt convaincantes, rejoignant parfois ‘Industry’ avec ses cordes orientalisantes pour devenir quasi intimiste, le genre de musique qui conviendrait à la B.O. d’un film de science-fiction. 

Depuis que j’ai acheté ce The Machine is burning and now everyone knows it could happen again, je l’écoute au moins une fois par jour, en musique de fond, allongé sur le canapé, en support de lecture ou très fort quand je suis seul dans la maison. Que vous aimiez ou nous le post-rock, écoutez-le, il est sur Bandcamp.

L’agonie d’une tortue

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Vous avez déjà assisté à l’agonie d’une tortue ? Renversé suite à une audacieuse acrobatie au ralenti ou retourné par un sadique, le chélonien, pattes en l’air, se débat vainement sous le soleil brûlant, tentant de se remettre debout. Cruelle fin vous ne trouvez pas ?

Sachez qu’il existe pire torture encore, et ce sont les ingénieurs d’Apple qui l’ont conçue. 

Torture, Apple, tortue ? 

Non je ne vous parle pas du Logo, ce langage de programmation graphique inventé en 1967 par Feurzeig et Papert mais d’un accessoire de mon ordinateur.

Je suis sous Mac depuis trois ans et je ne reviendrai plus jamais en arrière sauf ruiné. La machine semble aussi performante qu’au premier jour alors que chez Krosoft c’est la durée de vie maximale d’un PC pour qui utilise des logiciels gourmands. Un Mac donc avec un clavier et une souris sans fil. Super pratique. Grande autonomie, faible encombrement, avec plein de fonctionnalités bien vues et hors de prix comme il se doit.

Grande autonomie oui, mais de temps en temps il faut bien les recharger avec un cable USB Lightning. Pour le clavier, pas de problème, il suffit de le brancher au Mac et continuer à travailler. Certes ce n’est plus un clavier sans fil le temps de la recharge, mais c’est acceptable. 

Pour la souris, c’est une autre paire de manches. Le connecteur Lightning se trouve sous la souris, si si, dessous. Pour la recharger, il faut la placer sur le dos et la brancher, rendant toute utilisation de cet accessoire indispensable, impossible. 

Vous voyez l’analogie maintenant ?

Mais quel est le bougre d’imbécile d’ingénieur qui a eu cette idée stupide ? Mon Mac vient de m’informer que je devais recharger ma souris alors que je suis en plein travail. Pouf, plus de souris, autant dire plus de Mac. Le chélonien gît sur le dos, un harpon planté dans sa carapace et moi je suis comme un con à attendre que ses accus se rechargent pour reprendre mon travail. 

Alors en attendant, j’ai écrit ce billet sur le smartphone car je suis un homme plein de ressources.

Mosquito Coast

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En 1986 Peter Weir adaptait le roman Mosquito Coast de Paul Theroux avec en acteur vedette Harrison Ford. 

En 2021 Justin Theroux reprend le rôle de Allie Fox,  l’inventeur marginal qui a mis au point une machine à fabriquer de la glace à partir du feu. 

La première saison de la série Mosquito Coast d’Apple TV ne comporte que six épisodes d’environ une heure qui racontent la fuite de la famille Fox vers le Mexique. 

Je ne vais pas vous mentir, Mosquito Coast dérange, surtout si vous êtes parents. La série dépeint une famille étrange avec le père un peu cinglé, la mère qui suit son époux sans rien dire ou presque, la fille adolescente qui veut vivre comme tout le monde et le garçon pré ado qui voit son père comme un dieu. 

Vivant sous de fausses identités, ils changent sans cesse de résidence jusqu’au jour où une erreur les oblige à fuir les États-Unis. C’est cette fuite en avant qui nous occupe durant six heures, une fuite où le mystère autour des parents s’épaissit, où la tension monte entre les enfants et leurs géniteurs.

film de 1986

Je n’ai qu’un vague souvenir du film de 86 que j’avais pourtant regardé un nombre incalculable de fois. Mais j’ai la certitude que la série de 2021 fait déjà de l’ombre au long métrage et Justin à Harrison. Les quatre acteurs principaux sont très bons, les paysages magnifiques et la tension ne vous lâche pas du premier épisode jusqu’au dernier. 

série de 2021

Vivement la saison deux.

Pain of Salvation – Be

Teeshirt : Lacrimas Profundere – Hope Is Here (2016)

Je pensais jusqu’à peu posséder toute la discographie de Pain of Salvation. En réalité, il me manquait leur chef d’œuvre absolu, le concept album Be. J’ai son excellente édition live mais pas l’album studio. 

En passant chez mon disquaire préféré, je suis tombé sur la réédition vinyle de l’album de 2004. Il trônait juste à côté du premier Transatlantic et du dernier live de Marillion. Autant vous dire que je suis reparti les bras chargés et la carte bleue allégée. Je ne vous parlerai que de Be, les deux autres disques ne possèdent à mon avis qu’un intérêt anecdotique en comparaison. 

Pochette à deux volets noirs avec Pain of Salvation écrit en blanc et un Be quasi invisible cerclé de noir, l’artwork se révèle des plus classiques avec les paroles sur une feuille volante et deux vinyles 180 grammes. La merveille se trouve dans la musique et la fabuleuse production de cet album.

Be est un concept album enregistré en compagnie d’un orchestre  qui ajoute violons, altos, violoncelles, flûte, clarinette, tuba et grandes orgues au quintet de Pain of Salvation.

Des dialogues, des messages à dieu, un orgasme (faux d’après Daniel), des bruitages et les instruments acoustiques rencontrent le metal progressif du groupe. Du metal progressif, en fait pas vraiment. Il y a  surtout du rock, du blues, du gospel, du folk faisant de Be un album à part dans la discographie de Pain of Salvation.

Vous entendrez donc du folk dans ‘Imago’, du classique cinématique instrumental dans ‘Pluvius Aestivus’, le génial ‘Nauticus’, des messages à dieu dans ‘Vocari Dei’, du metal progressif dans ‘Diffidentia’, une messe dans ‘Omni’ et un solo de batterie mémorable dans ‘Nauticus II’.

Bon, maintenant qu’est-ce qui justifie le fait que je considère Be comme un des meilleurs concepts albums de tous les temps ? Il y a la voix de Daniel bien évidemment, qui en studio comme en live est incroyable. Il y a également cette histoire qui défile entre vos oreilles, le choix des instruments où le piano tient une belle place. Il y a encore cette liberté stylistique, quitte à déplaire à certains, qui est une des marques de fabrique de Pain of Salvation. Enfin il y a ces deux concepts imbriqués, l’homme se prenant pour dieu et l’idée que tous les mythes de création du monde possèdent un schéma similaire.

Be est un magnifique album et sa réédition lui rend encore plus honneur. Indispensable si vous ne l’aviez pas encore.

Moments de solitude

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J’ai donc commencé à enregistrer des vidéos dans le salon. Et croyez-moi, filmer dans une pièce donnant sur une rue passante, ça n’est pas de tout repos.

Il y a tout d’abord les bus qui font un vacarme épouvantable en roulant à tombeau ouvert devant la maison, des passants qui s’arrêtent devant la fenêtre pour discuter pendant un quart d’heure, le facteur qui sonne à la porte, la chatte qui miaule parce qu’elle est toute seule, le chien des voisins qui se met à gueuler comme un dément et ma bêtise légendaire qui pimente l’expérience.

En vidéo, celle-ci s’exprime librement. Après avoir enregistré une chronique de bout en bout, je m’aperçois que j’ai scalpé ma tête, laissé ma braguette ouverte, un poil sur l’oreille gauche, oublié d’ouvrir le micro ou pire encore, omis de lancer l’enregistrement. 

Pour trois minutes d’images, il aura fallu près d’une demie heure de prise de vue. Je coupe à chaque phrase, bafouille sur des mots improbables, râle, peste, hurle et explose de rire, un grand moment de solitude commenté ensuite, sans indulgence, par ma douce et tendre lorsqu’elle regarde le montage final.

Pour enregistrer une chronique, je profite qu’il n’y ait pas trop de monde à la maison, idéalement personne à part moi bien sur et le chat que je tente de flanquer dehors.

Je m’occupe tout d’abord des projecteurs. Leur montage n’est pas des plus simple à cause des réflecteurs vraiment pénibles à fixer. J’installe un premier pied photo, celui qui supportera la caméra, ni trop loin, ni trop près, juste dans l’axe du fauteuil où je vais poser mes fesses. Ensuite j’installe fixe le boitier Nikon dessus. C’est alors une délicate opération de cadrage qui commence pour filmer le bon décor et me placer correctement dans l’image. Il faut ensuite un second pied photo, plus léger cette fois pour porter un premier smartphone. Celui-ci me sert de prompteur avec une application gratuite bien pratique. L’écran de l’iPhone doit être au plus près de l’objectif du Nikon, juste au-dessus en fait, pour que mes yeux se posent au bon endroit et ne donnent pas trop l’impression de lire un texte. Je place alors les projecteurs de façon à maximiser la lumière sans provoquer trop d’ombres et de reflets, et croyez-moi, avec des lunettes sur le nez, les reflets ça n’est pas du gâteau. Enfin je branche le micro-cravate, j’essaye de penser à le mettre en marche puis je lance l’application SnapBridge du second iPhone pour piloter la caméra. Je bois de l’eau, vérifie ma mise en plis et je me lance.

C’est généralement à ce moment que je réalise que j’ai oublié le vinyle à présenter, que la caméra n’a pas de carte SD, que le portable sonne, que j’ai une envie pressante. Alors je me lève, je me prends les pieds dans les câbles, oublie que j’ai un micro attaché à mon teeshirt et au boitier Nikon et que tout ça est en train d’être filmé. Le projo vacille, le Nikon bouge sur son pied, je trébuche avant de me rattraper de justesse et j’oublie sous le coup du stress, la raison pour laquelle je m’étais levé.

Une fois deux ou trois prises réalisées, je débranche le micro, arrête la caméra, récupère la carte SD et je passe au montage avec iMovie qui suffit toujours à mes besoins. J’utilise une sorte de modèle afin à ne pas devoir à chaque fois fabriquer les génériques, choisir les polices et les effets visuels. J’ai juste besoin de quelques images et bien entendu du film. Le montage consiste tout d’abord à couper les horreurs, les temps morts, les passages de bus, les miaulements du chat puis à choisir la meilleur des séquences lorsqu’il y en a eu plusieurs. Reste enfin à assembler tous ces petits morceaux, à ajouter le son, gérer les transitions et visionner l’ensemble une dernière fois pour supprimer toute coquille. C’est là généralement que je m’aperçois que l’objectif à effectué la mise au point sur la bibliothèque au lieu de ma trombine. Il n’y alors plus qu’à tout recommencer. Par prudence, tout le matériel est en place pour une nouvelle prise, je suis devenu très prudent.

Une fois satisfait du clip, je le montre à mon épouse, la juge arbitre, qui ne prend pas de gants pour me dire ce qu’elle pense de mes digressions, de mon humour merdique et de mon côté épouvantablement prétentieux. Du coup souvent, je retourne au montage effectuer de nouvelles coupes.

Reste enfin à ranger tout le matériel, car bizarrement, mon épouse me trouve quelque peu envahissant avec mes vidéos à deux balles. Franchement je ne vois pas pourquoi. Ok j’occupe le salon pendant plus d’une heure avec deux projecteurs allumés, deux pieds photos dans le passage, un silence absolu exigé et un piano inaccessible, mais bon, ça sert à quoi un piano sérieusement, sinon à décorer mes vidéos ?

Sincèrement je me demande pourquoi je me casse la tête avec ces vidéos. Elles sont vues par une trentaine de personne et j’ai droit à deux « j’aime », le mien et celui de Stéphane Gallay. Je n’aime pas être devant une caméra, je n’aime pas mon image avec ma peau rouge, mes dents déchaussées, mon gros tarin (vous avez remarqué que j’ai une narine plus grosse que l’autre ?) et ma voix haut perchée. Mais je m’entête. Pour quelle raison ? Le challenge ? Possible. Passer le temps ? Certainement. Le besoin d’exister après Neoprog ? Sans doute aussi.