Adieu souris

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Je t’aimais bien tu sais. Tu étais si mignonne toute vêtue de blanc. Je passais mes journées à te toucher, te caresser. Allongée sur le tapis, tu attendais mes directives, tu glissais, tu rampais, réagissant à ma demande. Tu étais mignonne mais un peu vieille, cinquante-six ans tout de même et un peu pénible avec ta manie de trainer ce vieux tapis toute la journée avec toi.

Tu as su évoluer, te libérer de ton fil à la patte, appris à jouer à la roulette, voter à gauche comme à droite. Mais tu prenais vraiment trop de place dans ma vie, tu glissais trop souvent hors de ton tapis, tu peinais à courir d’un angle à l’autre de la pièce sans déraper, alors, alors je t’ai remplacée.

Ta remplaçante ne possède pas tes rondeurs affriolantes, elle est toute plate. Elle ne bouge pas, reste sagement assise sur le bureau à me regarder sans rien dire. Elle ne s’allonge pas sur un tapis au coin du feu pour me faire du charme, elle est froide, précise, efficace.

J’ai longtemps hésité à t’abandonner pour cette nouvelle compagne mais elle travaille tellement mieux que toi, que malgré nos longues années partagées, j’ai franchi le cap. Il faut dire qu’après avoir brisé la fenêtre et croqué la pomme, la séparation semblait inévitable à court ou moyen terme, mais comment se l’avouer au début ?

La main posée sur le bureau, je laisse mon doigt glisser sur la peau froide de ma nouvelle amie. Un doigt, deux, doigts, trois doigts, elle réagit au quart de tour, précise, sensible, efficace, imperturbable. De bas en haut, de gauche à droite, une pichenette et elle répond. Plus de clique et de claques, mais à quel prix ?

La crise de la cinquantaine est passée par là, j’ai fait mon coming out. Ma nouvelle compagne n’en est pas une, mais un. La peau blanche que je caresse de mes doigts amoureux a changé de genre, la souris est devenue trackpad.

55 Ko pour rien

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Lundi matin je me rendais sur un aéroport pour le travail. Rendez-vous avait été pris le vendredi précédent avec le chef du centre pour le conduire également là bas. Mais il fallait partir tôt, car d’après ses dires, sa journée s’annonçait chargée.

Lundi, 7h00, dans les starting blocks, je charge la voiture et attend mon passager et guide, car pour se rendre sur cette plateforme, il faut être accrédité et accompagné, comme pour un concert, sauf que là c’est vraiment compliqué. (Je me demande au passage comment la première personne a pu rentrer dans ce lieu, si elle n’était pas accompagnée par quelqu’un déjà sur place, c’est un peu comme le problème de le poule et de l’œuf, mais bon passons).

7h45, ne voyant pas le bonhomme arriver, et ayant tenté à plusieurs reprises de le contacter sur son portable, sur son fixe, je décide à partir sans lui. Car bon voila, moi aussi j’ai du travail et la route est longue. Par précaution, je me muni des numéros de téléphones des services de l’aérodrome, afin que quelqu’un puisse me faire passer les différents contrôles de sécurité, une fois arrivé sur place.

Vers 9h15, me voici près de l’aérogare, ne sachant où me rendre pour arriver aux services techniques. Je me gare, prend mon téléphone et appelle le centre. Un répondeur, en allemand, boucle sur le même message vocal incompréhensible. J’essaye un autre numéro, même baragouinage. Après plusieurs tentatives infructueuses, j’appelle au secours la maison mère située à cent cinquante kilomètres de là, et je tombe sur un bon samaritain qui me fournit alors des numéros de téléphone complètement différents de ceux notés sur notre site web professionnel… étrange, notre annuaire ne serait-il pas à jour ? C’est la seconde fois en une semaine que je tombe sur ce problème… La prochaine fois il faudra penser à être plus prudent avant de partir.

Je tente donc le nouveau numéro du chef de centre. Occupé… C’est déjà mieux que des mots prononcés dans une langue que je ne comprends pas. Mais je suis toujours dehors. Son portable ? Sur répondeur… Seule solution, tester tous les numéros du centre, avec un peu de chance… après le 01, je fais le 02, et je tombe sur un collègue à qui j’explique ma galère et qui m’indique où me rendre et qui vient me faire passer les trois barrages de sécurité. Ce sera mon ange gardien pour le reste de la journée.

Autant, lorsque vous prenez l’avion, vous acceptez d’enlever votre manteau, votre ceinture, vos chaussures, vos clefs, votre téléphone portable, vos pièces de monnaies dans une boite avant de passer à poil sous le portique, autant lorsque vous venez travailler, chargé de matériel, un peu pressé par le temps, la procédure devient quelque peu irritante, surtout répétée à plusieurs reprises. Un premier contrôle d’identité, remplissage de formulaires et fourniture d’un badge inopérant, fouille de la voiture, inspection des bagages, puis c’est le premier portique, puis la double barrière, puis la barrière et enfin la barrière.

10h00 je suis enfin sur place. Le chef de centre, en conférence téléphonique, daigne à peine me saluer, me laissant me débrouiller avec le travail qu’il était censé initialement réaliser (“oui mais tu comprends, c’est mieux que tu viennes le faire”). Un café peut-être ? Dans tes rêves. Deux heures de manip plus tard, pour lui, quelques cigarettes grillées sur la terrasse, j’ai terminé. Mais voila, impossible de sortir du bunker maintenant, la sécurité n’ouvre ses bureaux qu’à 14h00. Je prends mon repas sur place, gagnant au passage le droit à un nouveau contrôle de portique pour évaluer ce que j’ai pu manger de dangereux (un pistolet, voire une grenade) et puis je patiente jusque l’heure libératoire, sans que personne ne daigne me proposer un café, je n’ai pas eu ma dose depuis 7h00.

15h45, après près de deux heures de route, d’embouteillages, et quelques fous furieux sur la route, j’arrive enfin au travail, énervé, fatigué et surtout en manque de caféine.

L’heure est alors au bilan de la journée. Levé à 6h00, parti un peu avant 8h00, j’arrive une heure trente plus tard, je poirote une demie heure sur place, je travaille deux heures, je patiente deux autres heures, je roule deux heures, tout ça pour, à peine cent-vingt minutes de travail effectif… Mais la journée n’est pas finie, car on m’informe que la moitié du bâtiment n’a plus de courant, la faute à un disjoncteur capricieux. Il est 16h00, j’appelle un électricien qui arrive à 16h30 et qui constate la panne avant de m’annoncer qu’il ne pourra rien faire.

Il est 17h00, je suis debout depuis onze heures avec un seul café dans les veines, j’ai travaillé à peine deux heures, pourtant je suis épuisé. J’aurai pu m’épargner plus de trois heures de route, éviter de relâcher plus 55 Kg de CO² dans l’atmosphère, tout cela si une personne avait fait son travail Suis-je en colère ? Devinez…

Entends la nuit

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Une jeune femme jongleuse de rue, quitte la vie qu’elle aime et son squatt à Amsterdam pour aller vivre chez sa mère et travailler dans des bureaux à Paris. Ainsi commence le roman de Catherine Dufour, Entends La Nuit. 

Je l’avais emprunté sur un malentendu, ayant lu au dos du livre les mots datamining, veille de réseaux, bref des trucs pour geek. Le roman aborde bien des sujets, mais aucun de ceux évoqués plus haut. 

Myriame, l’héroïne, prend son nouveau poste dans une étrange société et plonge dans l’univers impitoyable du travail avec les collègues, les petits chefs, les grands patrons, les intrigues de pouvoir, les sorties et la vie parisienne. Retourner vivre chez sa mère faute d’un salaire décent pour s’installer ailleurs, s’installer dans un bureau humide truffé de problèmes électriques, supporter sa nouvelle chef de service, se faire espionner en permanence par le tchat d’entreprise et gérer des dossiers immobiliers ennuyeux à mourir, Myriame commence sa nouvelle vie parisienne.

La première moitié du roman est intrigante, je l’avoue, d’autant qu’apparaît alors un mystérieux et beau personnage, quasi virtuel, qui lui offre le CDI inespéré ainsi qu’un appartement d’un autre âge après lui avoir sauvé la vie.

Puis le récit bascule dans un sous Twilight. Déjà que Twilight, ça ne cassait pas des briques, alors que dire de la seconde partie de Entends La Nuit qui est juste affligeante. Myriame rencontre un être surnaturel, tombe amoureuse, veut devenir comme lui. Sa vie est soudain menacée, elle plonge dans les merveilles et les horreurs de cette existence non humaine… Un copier coller du premier tome de la saga de vampires sans l’exotisme et sans que l’on parle de buveurs d’hémoglobine.

Ici le roman parle de chair et de pierre.

Je suis quand même allé jusque la dernière page par curiosité. Surtout ne commettez pas cette erreur, relisez plutôt Twilight. Oui je sais…

Genesis

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Nous ne parlerons pas du groupe qui a suscité ma passion musicale, pas plus d’un film affligeant. Nous parlerons de Muse, non pas le groupe, La Muse, celle qui fait qu’un écrivain noirci une page, qu’un peintre barbouille une toile, qu’un musicien ordonne le chaos. Nous parlerons surtout de moi et de mes notes de blog ce qui est bien moins intéressant.

Quand trouve-je donc l’inspiration pour écrire ? Attention, comprenons-nous bien, contrairement à ce que voudrait bien faire croire l’introduction, je ne suis pas un artiste, juste un pauvre gars qui a besoin de s’épancher – mais n’est-ce pas ça justement un artiste ? non, catégoriquement non -, où en étais-je, oui, donc non je ne suis pas un artiste.

Mais où trouve-je mes idées d’article ? Car sachez-le, le matin debout 6h, 7h au travail, retour 16h, 16h – 19h gestion du webzine, 20h30, série télé, concert, livre ou migraine, 21h30 dodo, 6h debout, 7h travail, oui enfin vous avez compris. Le week-end webzine, lessives, ménage, bricolage, jardinage, musique, concert, photo, shopping, ballade, dodo. Pas de temps pour trouver l’inspiration, celle-ci ne vient que lorsque tout s’apaise. 

Au dodo ? Surtout pas malheureux, cela arrive parfois, et tant que je n’ai pas noté l’idée que me trotte dans la tête impossible de dormir. En écoutant de la musique ? Jamais, la musique accapare tout mon cerveau, même une musique de fond dans un restaurant n’échappe pas à une étude en règle, comme la musique d’ascenseur, ma vie sonore est un véritable enfer en vérité.

Alors quand, quand suis-je donc au calme, l’esprit au repos, pas perturbé par des bruits, des odeurs, des soucis ? Vous y pensez, je le vois bien, mais vous n’osez pas le dire, n’est-ce pas ? Mais relisez bien la phrase précédente, j’ai écrit pas de bruit, pas d’odeur et désolé mais sur le trône, c’est loin d’être ce lieu de quiétude tant rêvé, enfin pas pour moi, je ne comprends d’ailleurs pas que des gens puissent s’installer là et lire, une BD par exemple. D’ailleur le premier abruti qui prend une de mes BDs pour aller vider ses intestins, ça chiera pour lui, les BDs, les livres, les CDs, les vinyles, c’est sacré pour moi. Oui je suis un peu matérialiste, rien qu’un peu.

Alors où ? En mangeant ? Non, pas le temps. En conduisant ? Non plus, mon cerveau est trop concentré à ne pas tuer les gens pour penser à autre chose. En cuisinant ? Non, je ne cuisine pas. En rendant hommage à la beauté féminine ? Heu non plus, je n’écrirai pas autant de notes de blog. En jardinant ? Non, je passe mon temps à empêcher les limaces de bouffer la récolte et à dire au chat d’aller faire ses besoins ailleurs. A ce propos, quelqu’un veut-il manger une de mes délicieuses salades ?

Il ne reste dans ma vie qu’un seul havre de paix, une fois par jour, un moment où personne ne me dérange, un moment de bien être, de détente, de solitude, voir d’ennui puisqu’il y a peu à faire, il s’agit de la douche.

Oui, c’est nu, trempé par les gouttes chaudes qui ruissellent sur mon corps bronzé et musclé, que je trouve l’inspiration – à quelques détails insignifiants près, ce que j’écris est exact ici – de courtes minutes sensuelles dans la buée, le savon glissant sur mes membres (oui comme tout le monde j’en ai quatre, pas vous ?), le shampooing piquant mes yeux, l’eau passant de bouillante à glaciale, de Karcher au goutte à goutte, que je trouve soudain l’idée. En quelques seconde, détendu, mon cerveau retourne les situations risibles, pénibles, instructives de la journée et une idée émerge, parfois même deux et je me dépêche alors de couper le robinet, de sortir de la douche, de sécher mon corps d’athlète, de passer un peignoir afin de pouvoir prendre mon téléphone portable et taper d’un doigt les mots que vous lirez parfois des semaines plus tard. Oui les chroniques sont couchées sur le papier, les notes de blog sur iPhone, ainsi va la vie.

Si l’idée née de la douche donne l’élan, il arrive quelle dérive beaucoup sous mes doigts, dénaturant parfois totalement l’inspiration initiale, car j’écris pour le plaisir d’écrire. Je commence une phrase et les mots viennent souvent tout seuls, incontrôlables, doués d’une vie propre. Si je voulais parler d’un concert classique, je me retrouve à ergoter sur les blogueurs et ainsi de suite.

Pour écrire un roman, il me faudrait une piscine et des journées de quarante-huit heures.

Mécénat ?

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Jean-Pierre Louveton (JPL, Némo) lançait un intéressant débat il y a peu dans sa lettre d’information. Comment rétribuer aujourd’hui les musiciens ?

Au moyen âge, les seigneurs offraient le gîte et le couvert aux troubadours et parfois même quelques menues piécettes pour distraire les banquets dans les salles parcourues de courants d’air des châteaux et des manoirs. Maigre rétribution, mais à cette époque, il ne fallait pas faire le difficile.

Les grands compositeurs classiques vécurent bien souvent grâce à des mécènes, des princes, des rois, qui faisaient venir les artistes à leur cour pour qu’ils composent des oeuvres. Cela était de bon ton d’aider la création. Un statut très précaire car le musicien devait plaire à son hôte pour ne pas tomber en disgrâce et aller mendier ailleurs.

Les rockeurs s’enrichirent grace à des contrats signés avec de grandes maisons de disques, à leurs millions d’idoles, à des concerts et des galettes vendues de part le monde et aux radios qui passaient leur musique en boucle sur les ondes.

Aujourd’hui, à l’ère du numérique, les musiciens sont partout, internationaux, si loin et si proches, si nombreux surtout. La musique circule plus sur la fibre que sur les ondes, en streaming, en téléchargement, souvent gratuite, souvent volée si on sait où chercher. Les maisons de disques ne signent plus que des valeurs sures, le risque n’est plus permis. Les autres se débrouillent comme ils peuvent, enregistrent à la maison, déposent leurs mois de travail sur des plateformes numériques et récoltent quelques miettes.

Comment peut-on aujourd’hui aider la création musicale ? Comment offrir le gîte et le couvert à ces troubadours du vingt-et-unième siècle ? Les maisons de disques leur tournent le dos, les plateforme de streaming leur offrent l’obole, les salopards leur volent leur travail, les réduisant à la mendicité musicale.

Quelques solutions existent, le Patreon (un modèle proche du mécénat), les financements participatifs, des éditions limitées spéciales, le merchandising. Encore faut-il réussir à faire entendre sa voix au milieu de toutes les autres, réussir à se distinguer, convaincre. Un album coûte beaucoup d’argent pour être enregistré, mixé, masteurisé, pressé, distribué, mais ceci n’est que le sommet de l’iceberg puisque avant cette étape, il a fallu que les artistes écrivent et composent, des mois de travail, parfois des années non rétribuées.

Souvent, les gens s’imaginent que la vie d’artiste c’est sex, drugs and rock & roll. Le plus souvent cela ressemble plutôt à métro boulot compo dodo, où le boulot paye les factures, remplit le frigo quand la musique réduit d’autant l’espace pour le dodo. Combien gagne un artiste sur le CD acheté à la FNAC ? Un, deux euros ? Combien gagne un groupe lorsqu’il joue dans une salle ? Un coupon bière et un sandwich jambon beurre ? Souvent les musiciens ne sont même pas remboursés de leurs frais de déplacement et perdent de l’argent en jouant devant vous. “Oui mais ils réalisent leur rêve” disent les imbéciles, oui ils réalisent mais à quel prix ? Ils se font avoir pour jouer une heure à cinq cent kilomètres de chez eux devant des spectateurs qui à la fin du concert n’achèteront même pas leur dernier album.

Pour ma part, j’achète la musique, les CDs, les vinyles, les éditions deluxe. “Oui mais toi tu es un chroniqueur, tu reçois de la musique gratis.”. Exact du con, je reçois du mp3, et lorsque j’aime l’album, je l’achète, même si je l’ai déjà en mp3, histoire de soutenir la création, les petits labels et leurs artistes. Je vais aux concerts aussi, quand je suis suffisamment en forme. “Oui mais toi tu es invité à tous les concerts.”. Invité parfois du gland, souvent là où je ne peux pas aller, souvent pour écouter un artiste que je n’aurai pas été écouter, pour faire une interview, un live report et des photographies, une bonne semaine de travail pour une place à vingt euros offerte sans parler de l’essence et du prix de la chambre d’hôtel que je paye de ma poche. Et surtout, je participe à de nombreux crowdfundings, finançant des albums pas encore composés, et qui ne le seront peut-être jamais, tout dépendra de vous, de votre générosité. C’est une manière comme une autre d’être un mécène, vous donnez de l’argent en échange d’un futur album, vous payez l’enregistrement en studio, le pressage, éventuellement une campagne de promotion, une tournée et vous recevez en échange un CD, certainement acheté plus cher que sur iTunes mais vous avez la satisfaction d’avoir contribué à une noble cause. Je suis chroniqueur, je reçois des promotions mais je soutiens les artistes.

Pour te répondre Jean-Pierre, l’adhésion à une association ce n’est pas mon truc, mais si c’est pour financer la création artistique, à la manière d’un Patreon, pourquoi pas. Des éditions signées plus cher, oui, n’hésite pas, tout le monde le fait maintenant, et cela ne me choque pas, ce sont celles que je commande à chaque fois. Des produits dérivés, oui, bien que je préfère des éditions plus luxueuses ou simplement un texte de chanson écrit à la main, parce que à la fin, tee shirts et mugs débordent sur les étagères. Mais pourquoi ne pas lancer une souscription comme l’avait fait Marillion pour Anoracknophobia, une souscription donnant accès à une édition limitée, te permettant de financer ton travail ou partie des mois avant la sortie de l’album ?

Idéalement il faudrait que certains “fans” comprennent que la majorité des musiciens vivent grace à un autre travail. J’ai en tête plein de noms de musiciens célèbres qui m’ont avoué être plombier, informaticien, commercial la semaine et batteur, chanteur, guitariste le weekend. La musique n’existe que par la passion de ceux qui la crée, de ceux qui en parlent, ceux qui l’écoutent. Ce n’est pas, sauf pour une minorité, une profession. Et pour continuer d’en profiter encore longtemps, il faut aider les groupes, acheter leur musique, ne pas la pirater, aller l’écouter en live, leur donner envie de continuer.

Quelques crowfundings auxquels j’ai participé

  • Fleesh
  • Brieg Guerveno
  • Galaad
  • Amphetamin
  • anasazi
  • Cloud Cuckoo Land
  • Coda
  • Morrighans
  • Gens de La Lune
  • Damian Wilson
  • Wilson & Wakeman
  • Innerspace
  • Steve Rothery

De la pub sur mon mur

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Il m’arrive bien de grignoter quelques biscuits #Lu de temps à autre, surtout au travail, lors de la pause café de 9h00, par contre je ne mange presque jamais de chocolat #CôtedOr pour m’épargner de régulières et violente crises de migraines. Je ne suis pas musicien et si je l’avais été, j’aurais certainement joué des claviers et non de la guitare #MyGuitar. Je ne bois pas de bière bon marché #Pelford, même pendant les concerts. Mes courses, je les fait à Auchan #Carrefour car c’est le magasin le plus proche de chez moi et que je déteste perdre mon temps à cette activité. Je ne vais pas au cinéma #TwoDoorCinemaClub, j’ai un vidéo projecteur, un home cinéma et un écran de deux mètres vingt dans une pièce dédiée à cet usage, en plus je ne suis pas impatient de voir un film, j’attend qu’il soit édité en Blu-Ray et si je participe à de nombreux financement participatifs c’est mon problème #ILoveCrowdfunding. Je me déplace principalement à vélo, parfois en Logan pour les longues distances et je déteste les motos #TriumphMotorcycles. Mon chat ? il mange des croquettes et de la pâté pour chat, comme tous les chats. Je ne l’emmène pas dans des bars à chats, des hôtels à chats, chez un kiné pour chat et son alimentation n’a rien de bio éthique bobo, s’il n’est pas content, il n’a qu’à chasser #NakuAlimentationNaturellePourChiensEtChats. Oui c’est vrai, je suis sensible à l’écologie, aux économies d’énergies #CampagneNationaleDéconomieDénergie mais je n’ai pas besoin d’une campagne pour faire attention, je chauffe peu, je roule peu, je coupe l’éclairage dans les pièces vides. #OnATousUnCôtéFoot, ben non justement, j’emmerde les footeux, leurs gueulantes, leur sport débile, leur engouement pour une équipe, tout l’argent gâché pour faire oublier au peuple que tout va mal et que la planète se réchauffe, du pain et des jeux, plus de deux-milles ans plus tard, nous en sommes toujours au même point, affligeant. La sérénité, vous voulez que je vous en parle de la sérénité #SerenityCoachInstitut ? avec un employeur qui essaye de nous mettre dehors, qui donne aux agents une visibilité de six mois sur leur poste, qui change de discours toutes les semaines. Désolé, je roule dans une Logan pourrie #Peugeot, je n’ai aucune passion pour les voitures et l’idée de claquer quinze mille euros pour polluer un peu plus la planète me sort par les trous de nez. S’épanouir #SépanouirAutrement ? Vous trouvez que je ne suis pas épanoui vous ? Je vous emmerde ! #FDJ ? Non mais sérieusement, il faut être abruti pour aller jouer en donnant de l’argent à l’état pour espérer gagner et si par miracle vous gagniez, redonner encore de l’argent à l’état et se pourrir la vie avec toutes les personnes qui vont venir mendier à votre porte. Je ne suis pas un artiste, je l’ai déjà dit je crois #TheArtistAcademy. Si je déteste les footeux, j’ai bien peur que le rugby ne rejoigne bientôt le niveau du football à force de sur médiatisation alors non merci #ParAmourDuRugby. #MonAvisCitoyen ? Vous voulez le connaître ? Je pense que les élites nous méprisent et jouent le jeu des grands trusts, plus préoccupés par la croissance que par le bien être des hommes. Travaillez plus pour gagner plus pour dépenser plus pour plus de croissance. Sacré programme… Moi aussi ça commence à me pomper toutes ces pubs sur Facebook #PompeAChaleur. #RGEEMICParis me laisse sans voix, je ne sais pas ce que c’est, et de toute façon je m’en fou un peu. Oui je vis dans une maison alsacienne à colombages qui date du dix-septième siècle et alors #Alsamaison ?

En faisant ma revue de presse quotidienne sur Facebook, j’ai subi toutes ces publicités sur mon mur, et cela en une quinzaine de minutes, respect. Décidément leur algorithme de ciblage n’est pas au point, ils auraient pu me proposer du matériel audio, des objectifs photo, des albums de rock, des concerts, des BDs, des romans, des bonbons haricots, mais non, rien que des trucs qui ne m’intéressent pas. Google est bien plus fort sur ce point, eux savent vraiement ce que j’aime.

Lu – Côte d’Or – MyGuitar – Pelford – Carrefour – Two Door – Cinema Club – I Love Crowdfunding – Triumph Motorcycles – Naku, alimentation naturelle pour chiens et chats – Campagne nationale d’économie d’énergie – On a Tous un Côté Foot – Serenity Coach Institut – Peugeot – S’épanouir autrement – FDJ – The Artist Academy – Par Amour du rugby – Mon avis citoyen – Pompe à Chaleur – RGEEMIC Paris – Alsamaison…

L’influenceur

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Je possède un avis sur tout, film, bande dessinée, livre, jeu vidéo, album, exposition, concert, politique, matériel photo, matériel audio, technologie, science. Donnez-moi un mixeur, je vous le chroniqurai. J’ai interviewé les plus grands, j’ai tutoyé les plus célèbres, je suis prêt pour une heure de tête à tête avec Trump. Sur YouTube, Facebook, Twitter, dans mon blog, mon webzine, sur Flickr, je partage mes gribouillages, communique ma passion, donne mon avis, critique, raconte…

Je suis un influenceur, c’est ainsi que l’on nous appelle. Mes écrits, mes vidéos modifient le comportement d’achat de mes followers. Ils veulent être moi, s’habiller comme moi, boire la même boisson que moi, conduire la même voiture que moi.

Un photographe m’immortalise dégustant une bière tout en écoutant le dernier vinyle de pop. Gros plan sur la cannette mousseuse et sur le nom du groupe, mon visage en second plan, celui que tout le monde le connaît, avec ce sourire béat. Shooting dans un jacuzzi remplit de champagne et de jeunes filles dénudées, sur le pont d’une croisière musicale, interviewant la rock star du moment.

Les marques s’arrachent mes espaces publicitaires. Les grands fabricants audio se battent pour que j’écoute la musique sur leur matériel hifi. Je suis le VIP des soirées de rock, les tourneurs déroulent le tapis rouge, me couvrent de cadeaux. Les plus belles chanteuses rêvent de partager, ne serait-ce qu’une nuit, mon lit à baldaquin. JC, mon JC, Oui , Oui, Ouiiiiiiii !

Nut ! Nut ! Nut ! Le réveil sonne, il est six heures, je dois me lever pour aller bosser. Aujourd’hui il faut changer les pneus de la flotte de Clio, commander du PQ, préparer la grande salle pour une réunion et briefer la femme de ménage sur l’utilisation de la serpillière. A 17h, s’il me reste un peu d’énergie, j’écouterai les fichiers mp3 reçus et transcrirai l’interview téléphonique d’un obscur groupe de prog en buvant un verre d’eau du robinet. Je regarderai une vielle série télé puis me battrait pour un peu de couette avec ma femme dans ma vieille maison qui tremble au passage des bus.

Je suis un influenceur, j’ai une chaîne YouTube que personne ne consulte, une page Facebook désertée, un blog confidentiel, un webzine avec moins de cinq cent pages vues par jour et un Flickr rempli de photos moches. Je suis un influenceur qui n’influence personne, n’intéresse aucun annonceur, ne vend aucun alcool, vêtement et cela me va très bien. Pour le jacuzzi, j’ai une baignoire. Et pour les bulles, devinez…

Le parlement des imbéciles

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Vous possédez un avis sur tout ? Non ? Alors pourquoi commentez-vous tout ce que vous voyez ? Avez-vous lu l’article, été sur le site, vérifié l’origine de l’information avant de réagir ? 

Vous likez pour exister ou pour passer le temps au bureau ? 

Pourquoi réagissez-vous à chaud, sans réfléchir un seul instant, avez-vous pensé qu’une personne se trouve derrière ce que vous commentez, qu’elle va lire, vous trouver probablement ridicule, voir pire ? 

Vous partagez comme si une information présente sur Internet était parole d’évangile. Avez-vous perdu tout sens commun, où est passé votre bon sens, votre discernement ? Un édifice brule, vous vous enflammez, criant au complot, vous vous laissez berner par de grossiers montages vidéo, vous prenez pour argent comptant une blague du Gorafi. 

Autrefois, tout ce qui venait du tube cathodique était pris pour vérité, aujourd’hui la moindre rumeur sur la toile, un tweet, un post, une vidéo, une news et c’est le tollé, les gitans en camionnette blanche kidnappent nos enfants ! 

Une personne commet une erreur et c’est la curée, je commente, j’insulte, je me moque, je partage, je démolis. Beaucoup de bruit pour rien. L’erreur sera corrigée, les commentaires désobligeants effacés, l’imbécile bloqué et trente minutes plus tard tout sera oublié. Il aurait été tellement plus simple de signaler l’erreur en message privé, vous ne vous êtes jamais trompé vous ? 

Bêtise, ennui, dés inhibition sur Internet ? Pourquoi se comporter ainsi sur la toile alors que dans la vie vous ne l’oseriez jamais ? 

L’Internet, qui devrait être source de divertissement et de savoir, est devenu, grâce aux médias sociaux, le lieu de la désinformation, la foire d’empoigne, une arène pour le lynchage, le parlement des imbéciles.

Le drame des créateurs de contenus, auteurs, musiciens, blogueurs, artistes, journalistes, est que pour exister, ils ont besoin de ces médias sociaux, sinon, il sombrent dans l’oubli. Et donc souvent lorsqu’ils publient, ils sont confrontés à cette bêtise humaine quotidienne, ces remarques déplacées, ces réactions débiles, ces lynchages en règle.

Vous n’êtes pas d’accord, argumentez, vous n’y arrivez pas ? Posez vous alors des questions, mais cessez d’écrire n’importe quoi, réfléchissez !

Internet est une jungle où les imbéciles possèdent autant de pouvoir que les personnes sensées. Où le mensonge côtoie indifféremment la vérité. Complot, intox, lobbying, idiotie, contre vérité sont noyées au milieu de l’information. Internet est une plaie et un bienfait, selon ce que NOUS en faisons. Alors avant de réagir, utilisez vos neurones, songez à ce que vous écrivez, aux conséquences pour les autres, car vous n’êtes pas seuls sur la toile, nous sommes très nombreux.

La Vérité

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Il y a quelques années, une de mes nièces adorées, nous avait offert et dédicacé un roman, La Vérité Sur L’Affaire Harry Quebert, un thriller, une histoire d’amour, un roman dans le roman du roman, un livre parlant d’écriture, d’artistes, bref un petit chef d’œuvre. 
J’avais dévoré le pavé et lu depuis quelques autres romans de l’auteur à succès. 

Aujourd’hui, c’est la série télé tirée du roman qui a accaparé mes soirées. Dix épisodes pour raconter la disparition de Nola, la folle histoire d’amour interdite entre un homme mûr et une gamine de quinze ans, la genèse d’un live à succès, l’automne 1975 de Sommerdale et comment l’élève surpasse le maître à la fin.

Lorsque vous lisez un roman, vous construisez vos propres images des paysages, des visages et quand l’œuvre devient visuelle, il est rare que l’on ne soit pas déçu. Millénium et Le Seigneur des Anneaux sont, pour moi, les rares livres à avoir très bien supporté la transformation, du papier à la pellicule. 

La série dont je vous parle m’a tout d’abord mise mal à l’aise avec ce jeune écrivain manquant de profondeur et la belle ingénue un peu mièvre. Mais épisode après épisode, le choix du casting s’est imposé à moi finalement, dévoilant des facettes des personnages qui ne m’avaient pas forcément sauté aux yeux en lisant le livre, comme le vieil écrivain lâche, son jeune élève qui se montre bien plus digne qu’il ne semblait l’être au préalable. La série apporte, tout en respectant scrupuleusement le roman, un nouvel éclairage sur cette terrible histoire. 

Par chance, j’avais oublié les détails de l’intrigue et me suis fait happer encore une fois dans les derniers épisodes.

Si Joël Dicker est un grand écrivain, Jean-Jacques Annaud est un grand réalisateur. Je vous recommande de lire le livre, de laisser passer quelques temps, puis de regarder la série télé, puis de relire le livre une nouvelle fois.

Le printemps ne dure que trois jours

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J’ai été très pris par les concerts ces dernières semaines, par les chroniques et les interviews, épuisant toute l’encre de ma plume. 

Les beaux jours arrivent, et c’est sur un transat, au fond du jardin, en écoutant Panzerpappa que j’écris ces mots. Le jardin, ma seule activité un temps peu soit saine, loin des écrans et d’Internet. 

La saison des semis bat son plein, avec une nouvelle fois un peu d’avance. Les petits pois et les tomates ont déjà fière allure, les salades, si elles ne sont pas dévorées par les limaces, devraient agréablement améliorer les repas. Les fraisiers, poiriers, pruniers, cerisiers sont en fleurs, les potimarrons, courgettes, concombres sont encore sous serre mais ne devraient pas tarder à grandir en pleine terre. Je sèmerai bientôt les haricots et le potager sera complet.Le soir, au lieu d’allumer le mac, je vais dans le jardin, j’arrose, désherbe, bine, parle aux feuilles, plonge les mains dans la terre.

Dès la mi juin, nous consommerons une partie des produits du potager, des tomates aux saveurs incomparables, des légumes bio circuit court éthique bobo, des salades concombre tomate menthe,  des tartes à la rhubarbe, des fraises chantilly, des petits poids crus, des haricots frais, des poêlés de courgettes jaune croquantes.

Le blog pourrait souffrir de ce bonheur culinaire retrouvé, des apéritifs en terrasse, de la lecture au fond du jardin mais rassurez-vous, je ne vais pas tarder à vomir sur mes abrutis de voisins buvant jusqu’à point d’heure en terrasse et leur con de chien qui gueule en permanence.

Puis je vais souffrir de la chaleur, ne plus dormir, maudire le réchauffement climatique et la bêtise humaine puis espérer avec impatience la saison des figues. Ici le printemps ne dure que trois jours.