Une Route

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Chez mon libraire il y a un étal où s’alignent des romans ne partageant rien en commun : un polar, un essai, un voyage, une histoire, des nouvelles. C’est là que j’ai pioché au hasard le très beau livre Les nuits de la peste et comme je suis un peu superstitieux, je suis retourné y chercher un nouveau roman.

J’y ai trouvé Une route de Richard Paul Evans qui, l’histoire de la rédemption d’un homme, Charles James né Gonzalez, auteur et conférencier à succès, qui après l’annonce de sa mort, décide de traverser les États-Unis d’Est en Ouest sur la Route 66.

Enfant pauvre et battu, Charles s’enfuit de la maison avec pour simple bagage quelques dollars en poche et ses vêtements. Il rencontre l’amour de sa vie dans le bus qui le conduit en Californie et après quelques mois employé comme jardinier pour les riches, il devient un marchand de  rêve. Un business juteux et immoral qui ne tarde pas à faire de lui un homme riche et célèbre.

La première partie du roman est parfaitement maîtrisée et addictive, l’ascension fulgurante d’un homme, de son enfance misérable jusque les sommets de la gloire. Je l’ai dévorée. La transformation de cet enfant pauvre et battu en requin des conférences est stupéfiante et palpitante.

La seconde partie, le road movie à pied, sur la Route 66, est le ventre mou du roman, un guide touristique assez creux sur près de deux-mille kilomètres, de motels en dinners, avant le début de la rédemption de l’homme brisé.

La troisième partie et la fin de la traversée des États-Unis, ponctuée de rencontres parfois artificielles, amorcent la renaissance de Charles James qui finit par devenir un bon samaritain.

Si j’étais méchant, je dirais que Richard Paul Evans ne maîtrise pas l’art du road movie pas plus que celui du roman initiatique. J’ai pourtant été jusqu’au bout de ces 584 pages et j’ai aimé la chute, même si elle était prévisible.

Alors, à vous de voir si vous voulez lire ce livre. 

Pour ma part, je crois que je vais quand même continuer à fouiller dans cet étal, la prochaine fois que j’irai chez mon libraire, on y fait des rencontres improbables et intéressantes.

Hats Off Gentlemen It’s Adequate – The Confidence Trick

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Hats Off Gentlemen It’s Adequate fait partie des groupes découverts à l’époque du magazine Neoprog. 

Si je n’ai pas toujours été tendre avec Malcom Galloway et sa voix, il possède néanmoins d’indéniables qualités de pianiste et de compositeur. Et c’est justement une de ses compositions, un instrumental mi progressif, mi classique, qui m’a décidé à commander son sixième album.

Hats Off Gentlemen It’s Adequate surfe sur une vague néo-progressive symphonique avec quelques touches de musique classique, chanté, devrais-je dire parlé, avec une seule corde vocale. Un peu comme du The Tangent en moins fusion sorti du titre ‘Lava Lamprey’. 

The Confidence Trick décline treize morceaux de une à dix minutes en un peu plus d’une heure où se glissent plusieurs instrumentaux. 

Seuls trois artistes jouent sur cet album, Malcolm Gallaway, Mark Galand qui a participé également à la composition et Kathryn Thomas. Un trio mais de nombreux instruments, claviers, synthétiseurs, guitares, basse, stick Chapman, flûtes ainsi que deux voix, celles de Galloway et de Thomas. Et si la batterie est programmée, cela n’altère nullement la qualité des morceaux.

The Confidence Trick parle des erreurs de l’histoire que l’homme s’entête à les reproduire comme dans le long instrumental ‘Refuge’ où Malcolm évoque sa grand-mère pourchassée par les nazis. 

Malcolm chante sur quelques notes très resserrées dans les médiums avec un phrasé quasi parlé. C’est donc naturellement sur les titres instrumentaux que je trouve principalement mon bonheur.

Cela n’empêche pas quelques coups de cœur comme avec le magnifique ‘Another Plague’ à mi-chemin entre Pink Floyd et Fish, un de mes titres préférés de l’album. Mais c’est le symphonico progressif ‘Refuge’ à l’écriture très cinématique, qui flirte avec le contemporain dans sa partie centrale tourmentée et vers la fin que j’écoute et je réécoute sans me lasser. Le morceau fait songer à la musique du Voyage de Chihiro ainsi qu’à celle du jeu vidéo Le Docteur Layton.

J’aime également beaucoup ‘Silence Is A Statement’, ‘Cygnus’, ‘End Of Line’ et ‘Pretending To Breath’. Quant au titre album, il fait beaucoup penser à du Marillion dernière époque par ses guitares, la ligne vocale et la basse ronde. Par contre ‘Perky Pat’ aux claviers néo-électros et le ‘World War Terminus’ plus parlé que chanté ne m’ont guère emballé.

Si ‘Refuge’ tient le haut du panier, The Confidence Trick recèle d’autres pépites et se révèle un bel album dans son ensemble. Il est à découvrir sur Bandcamp.

Black Bird

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Larry, un petit gros affublé de rouflaquettes, passionné de reconstitutions de la guerre de sécession, avoue le meurtre d’une adolescente puis se rétracte. Il est emprisonné dans un service carcéral de sureté pour violeurs, tueurs et autres détraqués. Le genre de personne que l’on espère ne jamais voir sortir de derrière les barreaux mais la demande en appel qu’il a déposé risque d’aboutir si la police n’apporte pas de nouvelles preuves de sa culpabilité.

James, un beau gosse malin, qui mène la grande vie, est arrêté pour trafic de drogue. Il est condamné à purger une lourde peine de cent-vingt mois de prison.

Le flic Brian Miller et l’agent du FBI Lauren McCaule sont persuadés que Larry est un tueur en série qui a étranglé, violé et enterré plusieurs fillettes depuis des années. Sauf qu’aucun corps n’a été retrouvé à ce jour. Ensemble ils joignent leurs efforts, reprennent l’enquête à zéro et tentent de suivre les traces du tueur présumé.

C’est alors que l’agent du FBI Lauren propose un James Keene un deal. En échange d’une remise de peine, James doit se lier avec Larry et découvrir où sont enterrées les corps, ceci afin que la demande d’appel soit rejetée.

Nous voilà plongé pour six épisodes dans un univers carcéral violent ou un trafiquant de drogue se retrouve entouré de tueurs, violeurs, mafieux et gardiens ripous. 

La série Black Bird alterne souvenirs d’enfance de Larry et James, les enquêtes sur des meurtres de fillettes, la vie en prison et les histoires de ces fillettes disparues.

Larry est un personnage complexe, prisonnier exemplaire et solitaire, qui ne se livre pas mais qui prend plaisir à raconter ses rêves, des fantasmes de meurtres ou les assassinats qu’il a réellement commis à la police. 

James, à peine sorti de sa luxueuse vie, descend aux enfers, dans une prison de fous. Il approche, pas à pas de Larry, devenu homme à tout faire du centre carcéral et persuadé de sortir bientôt de prison. Peu à peu, les deux personnages se lient, se confient l’un à l’autre et forment alors un duo inséparable. Mais le temps presse, dans la prison un gardien fait chanter James alors qu’il doit rapidement obtenir des preuves de la culpabilité de Larry avant le jugement en appel qui approche à grands pas.

Black Bird est une excellente série Apple basée sur une histoire vraie, glauque et prenante, qui tient en haleine jusqu’à son dénouement, esquissant le portrait d’un tueur en série et la rédemption d’un trafiquant de drogue.

La réforme

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Imaginez que vous ayez du bazar dans votre grenier. Imaginez que tout ce fatras soit référencé avec des étiquettes dans une belle application Microsoft. Imaginez encore qu’il vous suffise de quelques opérations pour obtenir une belle liste de ce dont que vous voulez vous débarrasser. Il ne vous reste plus qu’à monter au grenier récupérer les objets listés et de les emmener à la déchèterie. Cool non ?

Dans l’administration, nous n’avons pas de grenier mais des caves et des garages, bourrés à craquer de vieux trucs bons pour la casse. Nous avons aussi un logiciel et des codes barres pour référencer tout ce que nous avons acheté. 

Donc en théorie, il suffit de scanner les codes barres pour établir une liste de choses à envoyer à la déchèterie. Sauf qu’avant de jeter, il faut demander la permission à la direction, avertir l’agent comptable puis trier ce qui va être recyclé, cédé, vendu et jeté. Normal, c’est l’argent du contribuable tout de même.

Vous me direz, « facile avec ta liste ». Oui mais non. On n’a pas le droit de faire comme ça. Si on scanne les codes barres dans le beau logiciel, on décide de jeter avant d’avoir eu le droit de jeter. Et ça c’est très mal, même si au final, la direction signe ce qu’on lui donne à signer sans sourciller, ça s’appelle la confiance.

Donc pour jeter, il faut d’abord lister. Avec l’ordinateur portable et Calc de LibreOffice, nous allons dans les garages et caves, inventorier les objets cassés, retrouver leur code barre à huit chiffre et le recopier dans le tableur.

Une fois cette première étape achevée, nous allons dans notre belle application rechercher le code barre à huit digits et recopier les informations relatives à l’objet dans le tableur : date d’achat, code immobilisation, code comptable, désignation, valeur résiduelle.

Certains de ces biens sont introuvables dans l’application, le plus souvent parce que l’entité qui les a acheté n’est pas la nôtre, en gros c’est un cadeau d’un autre centre. Dans ce cas là, il faut rechercher les informations sur un autre outil puis demander l’autorisation à l’acheteur de détruire le machin cassé. Pour ces objets, je n’ai pas encore compris qui devait produire le document de demande de destruction et qui devait le signer. Pour l’instant j’ai reçu plusieurs réponses contradictoires. Mais passons.

Une fois le tableur complété, il faut l’imprimer en PDF avec un numéro unique, ajouter un blabla qui n’apporte rien au débat, et le faire signer par plein de personnes qui s’en moquent comme de leur première chaussette.

Voilà. Nous avons alors ce que l’on appelle un procès verbal de réforme. Je ne c’est pas où se trouve le verbal là dedans sorti de mes jurons en l’établissant.

Une fois qu’il est signé, nous avons le droit d’aller dans l’application pour signaler que ces trucs cassés sont cassés et que nous allons les jeter à la poubelle. On reprend le PV de réforme, on copie le code de huit chiffres dans l’application, on saisit la date du jour, le responsable, l’état de l’objet (cassé) et on le sort de l’inventaire. Valider, voulez-vous le sortir ?, Oui, voulez-vous imprimer le bien sorti ?, non, sortie effectuée, Ok.

Après deux-cent opérations de ce genre, vous devenez maboule. Une lampe de bureau Ikea, une perceuse, un siège en rotin, un écran cathodique, une caisse à outils vide, un PC Pentium, un crayon bic mordillé, une lunette de WC, une 4L essence sans moteur…

C’est maintenant que vous avez le droit de vider les garages et les caves. Oui mais pas de passage à la déchèterie. Le matériel électronique doit être recyclé ou cédé. Enfin… Vous ne pouvez céder que les écrans et les ordinateurs. Le reste, les hubs, les vidéo projecteurs, les imprimantes, c’est défendu. Et vous ne pouvez le céder qu’à des associations qui en on fait la demande. Pour le recyclage, il faut passer par des sociétés spécialisées qui vont établir un listing de ce qu’elles recyclent. Et elles aussi ne prennent pas tout. Au final, cela se termine souvent dans une benne de 30m3 en vrac.

Mais ce n’est pas fini. Une fois les biens sortis de notre application, il faut en envoyer la liste à l’agent comptable afin qu’il réalise la sortie comptable. Car il y a les sorties physiques et les sorties comptable. 

Et c’est là que cela se corse (225 km/h). Car vous imaginez bien, qu’entre le moment où vous allez dans la cave lister les biens et que vous y retournez des semaines plus tard pour tout jeter, quelques erreurs de saisie ont pu se produire dans une liste de deux-cent objets et cinq copier coller par ligne de tableur.

La chasse aux œufs commence alors pour retrouver le four micro-onde, le clavier noir et la chaussette rouge pointure 42. Du coup, des fois on triche un peu, allez savoir pourquoi.

Après avoir épuré notre application de biens inutiles et vidé les garages, il ne reste plus au bon fonctionnaire qu’à coller des codes barres sur les nouvelles gommes, chaises, lampes et unités centrales, les saisir dans l’application adhoc avec toutes les informations qui vont bien puis descendre à la cave empiler les vieux trucs qu’il faudra prochainement jeter à la poubelle.

J’interromps ce billet pour une annonce urgente de l’agent comptable : nous recherchons activement un walkman Sony avec ses écouteurs en mousse, code barre 00000001. Si vous le retrouvez dans votre tiroir merci d’avertir d’urgence l’agence comptable. L’affaire est grave !

Oceans of Slumber – Starlight and Ash

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Oceans of Slumber, c’est du metal prog américain avec du growl et du chant clair quasi gospel. Enfin ça, c’est la théorie. En pratique, leur dernière galette lève le pied sur le metal, oublie le growl et se pare de couleurs far west, reprenant même le titre cultissime ‘House Of The Rising Sun’.

Les fans seront peut-être déroutés par la démarche, surtout avec l’instrumental ‘Spring 21’ joué au piano. Mais pas moi. Pain Of Salvation est également passé par là avec l’excellent Road Salt One.

Dans Starlight and Ash, la sublime voix de Cammie Beverly – tient, vous avez remarqué, Cammie à changé de nom, elle ne s’appelait pas Gilbert il y a peu ? Si… La belle a épousé Dobber le batteur et pianiste du groupe, je suis désespéré. Bon. Je disais donc, la voix de Cammie, on l’appellera comme ça, c’est moins douloureux, donc la voix de Cammie est magnifiée sur ces onze morceaux.

Sur de nombreux titres, les guitares empruntent au registre du bluegrass et de l’americana, particulièrement dans ‘The Lighthouse’ ou ‘Salvation’. 

D’ailleurs si vous regardez le dos du digipack ou bien la page centrale du livret, vous découvrirez le groupe déguisé en cow boys. Bon d’accord, des cow boys sur une plage, mais quand même.

En parlant de plage, Starlight and Ash évoque souvent l’océan dans les paroles et les titres des morceaux comme pour ‘The Water Rising’, ‘The Lighthouse’ ou ‘The Shipbuilder’s Son’. S’agirait-il d’un concept album ? Je n’en sais rien. Les textes oscillent entre nostalgie, amertume et souvenirs et comme je n’ai pas creusé la question, je vous laisse trouver la réponse.

Entre des pièces de facture plutôt metal progressives, ‘The Water Rising’, ‘Just A Day’, et ‘The Shipbuilder’s Son’, on découvre des tonalités americana auxquelles le groupe ne nous avait pas franchement habituées jusque-là. Dommage que l’instrumental au piano ne casse pas des briques. Dobber n’a rien d’un Rachmaninov, mais la pièce sert de tremplin parfait pour le magnifique ‘Just A Day’. 

Le résultat est magnifique, mélodique à souhait, mais, car il y a un mais, Starlight And Ash manque parfois de mordant. Toutefois peut-être est-ce dû à la production. En effet, l’édition vinyle, sur une seule galette 180 grammes, possède un sublime mastering où l’équilibre entre basses, médiums et aigües comme la dynamique est parfait. Donc à choisir, prenez le vinyle.

Mes morceaux préférés sont ‘The Lighthouse’ qui amorce le virage americana, ‘Salvation’ et ‘Just A Day’ qui nous livre un incroyable rebondissement après l’évocation de rêves d’enfant de Cammie accompagnée au piano par Dobber.

Starlight and Ash n’est peut-être pas mon Ocean Of Slumber préféré au moment où je vous parle mais cela pourrait évoluer au fil des écoutes. L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, c’est un très bel album.

2040 : Tous dans l’Espace

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Depuis 2027, Hugo et Maxime Lisoir animent une chaîne YouTube sur l’astronomie et l’astronautique. Trois vidéos d’une quinzaine de minutes par semaine que je ne manque pour rien au monde.

En 2020 ils ont publié un petit ouvrage de vulgarisation sur l’avenir de l’espace dans vingt ans. Une projection sur le new space, les projets des grandes agences spatiales et sur la recherche en astrophysique et astronomie.

Pas besoin d’être un chercheur pour comprendre les thèmes abordés dans les chapitres, le vocabulaire est simple et les explications limpides. Parfois trop d’ailleurs, ici ce n’est pas du Huber Reeves, du Carl Sagan ou du Stephen Awking. Il s’agit d’un ouvrage qui permettrait à un décideur non scientifique de se faire un avis sur l’avenir du spatial.

Son défaut est d’avoir été écrit en 2020 et que depuis, la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont rebattu les cartes. Par exemple les collaborations spatiales entre les russes et le reste du monde sont au point mort et James Web est arrivé au point de Lagrange 2. Une petite mise à jour de certains chapitres serait la bienvenue, peut-être dans une prochaine édition qui sait.

Le livre est un bon point de départ pour aborder leurs vidéos YouTube et une initiation facile à l’espace. J’aurais bien aimé qu’elle soit un peu plus approfondie cependant. Mais acheter leur livre était surtout pour moi un moyen agréable de soutenir leur travail. Et je l’ai dévoré en deux jours.

Un nouvel eden ?

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Voilà, la saison trois de For All Mankind vient de s’achever. 

Après que les américains aient perdu la course à la Lune (saison une), le nouveau challenge de la course à l’espace se nomme Mars. 

La Lune abrite de plusieurs bases permanentes, une société privée y exploite l’hélium 3, un hôtel en orbite basse accueille ses premiers touristes fortunés, une ancienne astronaute est présidente des U.S.A. et le problème du réchauffement climatique a été quasiment résolu grace à la fusion nucléaire. On croit rêver.

Deux, non trois, enfin quatre missions spatiales partent en même temps pour Mars. La Nasa, la société privée Hélios, la Russie et surprise, la Corée du Nord. La course vers Mars est lancée mais qui fera le premier pas sur le sol de la planète rouge ?

L’uchronie spatiale inspirée entre autre de The Right Stuff, ne s’essouffle pas. Les personnages ont pris quelques rides, ont gagné en responsabilités, les enfants sont devenus adultes et pour certains, marchent sur les traces de leurs parents.  Spoil : l’homme pose le pied sur Mars, rêve absolu de l’exploration spatiale. Bon d’accord, tout ne se passe pas vraiment comme prévu et tous les concurrents devront se serrer les coudes pour survivre.

On ne va pas se mentir, cette série est fabuleuse pour des geeks dans mon genre. Il y a des vaisseaux, des scaphandres, l’espace, des fusées, des astronautes, la NASA, la Lune, Mars, mais,  au fait, pourquoi s’arrêter là ? Vous avez entendu parler de Titan ?

Les livres, les films, les séries, les médias parlent tous de cette quête ultime que serait l’exploration martienne, mais notre système solaire regorge d’astres à visiter et au-delà, notre galaxie fourmille d’étoiles avec des planètes. Ce serait bien d’aller voir plus loin. Une saison quatre serait la bienvenue en fait.

Obiat – Indian Ocean

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Le stoner, c’est un peu du rock progressif graisseux joué avec une basse, une batterie et une guitare. Alors quand le stoner se pare de trois voix, de cuivres et de flûte, doit-on le reclasser dans le rock progressif ? Je n’en sais franchement rien.

Tout ce que je sais, c’est que l’album Indian Ocean du groupe OBIAT, du prog stoner psychédélique venu de Londres, m’a clairement tapé dans l’œil. 

On parle ici de quatre artistes, cinq invités et huit morceaux dont un titre de dix minutes pour une heure de musique. Voilà pour les chiffres.

Les compositions flirtent avec le shoegaze, le post-rock, le psychédélique, le doom et le rock progressif. Une musique riche en sonorités, relativement inclassable au final, qui fait du bien aux oreilles. 

Le terreau de base reste tout de même stoner et des pièces comme ‘Ulysses’, ‘‘Eyes and Soul’, ‘Ad Meliora’ ou ‘Sea Burial’ vous le rappelleront. 

La production un peu graisseuse également hélas. La mise au premier plan de la guitare parfois très sludge nuit à la lisibilité des autres instruments. Peut mieux faire donc.

Il ne vous aura sans doute pas échappé, si vous avez observé la pochette, écouté les paroles ou simplement lu les titres des morceaux, que l’album possède un rapport avec la mer et le voyage. 

De la Grèce avec ‘Ulysses’ on se déplace jusqu’au Japon dans ‘Lightness of Existence’, deux titres diamétralement opposés, séparés par l’Océan Indien, qui ouvrent et ferment ce disque.

La présence de chant féminin en la personne de Sofia DeVille, de trombone et de saxophone aux côtés du quatuor londonien dans le magnifique ‘Nothing Above’ est assurément une des raisons de la beauté de cet album atypique comme l’audacieux mélange des genres.

Le titre fleuve ‘Beware The North Star’ avec une basse très en avant, une guitare pour une fois lisible où s’invite des sonorités cuivrées et des percussions, suit les codes du post-rock, du progressif et du psychédélique sans faillir pendant dix minutes.

Plus étonnant encore est le titre final, ‘Lightness of Existence’. Un texte déclamé en japonais sur une musique de théâtre nô post-rock cinématique.

OBIAT compte parmi mes fabuleuses découvertes de l’année. Un groupe que je vais suivre de très près, à condition qu’ils sortent un prochain album avant ma mort. En effet Indian Ocean est leur second effort en treize ans. C’est peu.

Likez moi

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J’adore lorsque Flickr m’envoie plein de notifications pour certaines photographies. À peine postée, les vues grimpent en flèche, les favoris s’accumulent et les commentaires fusent. Pendant quelques heures j’ai l’impression d’avoir touché à la célébrité du bout de l’objectif.

J’adore lorsqu’une chronique en images décole, comprenez qu’elle dépasse les quinze vues, reçoit deux commentaires et trois like. Je me dis alors que je vais pouvoir enfin monétiser mes contenus YouTube.

J’adore lorsqu’un article du blog fait le buzz, d’ailleurs j’en écris certains juste pour cela. Les commentaires tombent, les partages se succèdent, les vues grimpent en flèche et l’article inonde la toile de sa bonne parole.

Quelques unes de mes photographies atteignent parfois les deux cent favoris et quelques milliers de vues. Ce n’est pas cela qui fera de moi un photographe professionnel pour autant. Je suis loin du compte.

Une de me chroniques a dépassé les six cent vues, mais ça ne compte pas, c’était celle de Marillion. Les plus regardées approche la centaine, ce n’est pas si mal mais cela ne justifie pas le temps passé. Mais comme je suis nul à l’écran…

Quelques articles du blog tirent leur épingle du jeu, mais ils sont rares. Il faut dire que j’écris tout ce qui me passe par la tête sans vraiment penser à ceux qui pourraient me lire. Ce blog, c’est ma thérapie à trente euros par an, le prix de l’hébergement du site WordPress.

Mon égo misérable se contente de ces quelques reconnaissances injustifiées pour exister. Mais des fois, j’avoue, ce relatif succès a le dont de m’énerver.

Par exemple la chronique de Marillion, pourquoi a-t-elle fait le buzz (en comparaison des autres bien entendu) ? La chronique n’était ni meilleure ni pire, juste que je parlais de Marillion. Les fans, nombreux sur Internet, se dint déchaîné.

Pour les photos, c’est un peu la même chose. Des fois un cliché s’envole alors que je ne lui trouve rien de plus que les autres. A croire que j’ai fondamentalement pas de goût.

Mais qu’importe. J’aime les like, les coeurs, les vues, les commentaires, alors allez-y, donnez moi l’illusion, ne serait-ce que quelques minutes, d’avoir du talent, d’être populaire, de faire le buzz, j’adore ça.

L’Affaire Alaska Sanders

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Après L’Enigme de la Chambre 622, j’ai hésité à rouvrir un livre écrit par Joël Dicker. J’ai fini toutefois par céder à la tentation, principalement parce que L’Affaire Alaska Sanders marchait sur les traces de son meilleur roman, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert.

J’ai retrouvé avec bonheur l’écrivain Marcus Goldman et ses démons comme son ami Perry Gahalowood. Des retrouvailles de 210 pages jusqu’au Début d’Enquête, le chapitre 10.

Alaska Sanders, une jeune mannequin destinée à une carrière d’actrice, meurt assassinée au bord d’un lac, dans la petite ville de Mount Pleasant. Tout accuse Walter et Eric, deux jeunes proches d’Alaska.

Onze ans plus tard, Perry et Marcus rouvrent l’enquête suite au témoignage d’un des policiers de l’époque qui travaillait alors avec Gahalowood. 

L’Affaire Alaska Sanders, de la page 211 à la dernière page, la 574, est un polar touffu, complexe, parsemé de fausses pistes semées par le tueur. Un crime parfait, jusqu’à ce que l’écrivain et le sergent ne s’en mêlent.

J’ai vraiment adoré la première partie, jusqu’à l’enquête, retrouvant l’esprit de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert.

La seconde partie, faite de flash-backs, de témoignages et de l’enquête elle-même, est plus difficile à aborder et laisse moins de place aux personnages pour se concentrer sur l’affaire. Elle n’en reste pas moins passionnante avec ses révélations, ses impasses, ses mensonges et ses rebondissements. Quelques passages reviennent à l’écrivain, son passé, son ami et mentor Harry, ses amours ainsi qu’à Perry, le ‘Sergent’ qui vient de vivre un drame familial. 

Je me suis attaché rapidement aux habitants de cette bourgade paisible des États-Unis, à tel point de vouloir m’y installer maintenant que je connaissais le pompiste, l’alimentation générale, le garagiste, le bar, la boutique d’électronique, le lac, son coin à truites et le bureau du shérif.

Un bon roman qui renoue avec le grand Joël Dicker que j’aime.