Karmamoi – Eternal Mistake

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Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.

Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.

Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.

L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.

Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.

L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.

Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock.

Par exemple ‘The Question – We Are Going Home’ rappellent Vangelis et Pink Floyd alors que ‘No Fucking Way’ est presque punk et que ‘The Mirror – No Soul‘ donnent dans le symphonique sans parler de ‘HERO’ qui joue d’un prog alambiqué et de ‘I’m Not On Your Side’ qui démarre de manière très rock.

Si je ne devais retenir qu’un titre de l’album, ce qui serait bien réducteur, ce serait ‘We Are Going Home’, où la voix de Susanna rencontre celle de Valerio dans une ambiance de film de science-fiction.

Après Woodcut et Amnesia, Eternal Mistake est mon troisième coup de cœur de l’année et le second compact disk que je m’offre en 2026.

Je ne peux que vous le recommander chaudement, que ce soit pour la musique, les voix et les paroles. Et si vous aimez, allez donc écouter les précédents disques de Karmamoi, ils méritent plus qu’un détour.

Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Ancestors – Suspended in Reflections

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un groupe qui n’est plus. Il s’est éteint en 2019, un an après avoir sorti Suspended in Reflections, son dernier album que j’ai découvert par hasard.

Ancestors est né à Los Angeles sous forme d’un trio en 2006 qui est devenu plus tard quintet et qui a composé quatre albums et un EP en douze années d’existence. Leur musique a exploré les univers du rock progressif, du psychédélique, du doom, du stoner voire même de l’expérimental et du jazz comme dans le morceau ‘Release’.

Suspended in Reflections est un petit album de six titres qui dure moins de quarante minutes et je ne vous cache pas que c’est trop peu. Trop peu parce que j’aime beaucoup leur univers.

Ancestors propose ici une musique confortable et mélancolique où les références au rock progressif sont omniprésentes. D’accord, de temps en temps, c’est un peu torturé quand même, sinon ça ne serait pas drôle, comme dans le titre final ‘The Warm Glow’, mais comparé au dernier album que je vous ai présenté mardi dernier, Suspended in Reflections est une promenade de santé.

La production est vraiment le gros défaut de cet album. Le son manque cruellement de dynamique et possède un côté noisy pas très recolleur. Les guitares ressortent bien mais tout le reste semble noyé dans le smog londonien.

Je pourrais reprocher également à Ancestors de manquer de personnalité, c’est d’ailleurs peut-être ce qui à sonné le glas de la carrière du groupe. La musique post-rock, doom, progressive, jazzy peine à trouver sa propre identité. Ceci posé, Suspended in Reflections est un album très agréable à écouter même s’il n’est pas révolutionnaire.

J’aime tout particulièrement ‘Into The Fall’ qui joue du violon et violoncelle sur une écriture post-rock et ‘Lying To The Grass’ qui débute sur du champ vocodé. Deux morceaux qui sortent clairement du lot sur cet album.

Après avoir écouté Suspended in Reflections, je me suis penché sur In Dreams and Time sorti six ans plus tôt, et j’ai été assez déçu. Les albums n’ont pas grand-chose de commun entre eux et on se demande même s’il s’agit du même groupe qui joue.

Que dire d’autre ? Pas grand-chose, Suspended in Reflections m’a bien plus et je vous y conseille d’y jeter une oreille ou deux à l’occasion.

Demain soir, je serai au Grillen à Colmar pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim, un concert à ne pas manquer.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

The Aesthetic Voyager – Selfless

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Revenons en 2025 si vous le voulez bien même si 2026 s’annonce bien chargée.

Je suis tombé sur un trio allemand pas franchement connu en parcourant les achats de Gerlinde Roth que je suis sur Bandcamp. Il s’agit du groupe The Aesthetic Voyager né en 2013 et qui sortait en mai dernier son troisième album, Selfless.

Selfless ce sont huit titres de trois à six minutes pour moins de trois quarts d’heure dans la lignée de Porcupine Tree, The Pineapple Thief, The Urbane et même de Marillion. Du rock alternatif mâtiné de post-rock et de prog.

Il est évident que la pochette aurait dû attirer mon regard. Elle représente un astronaute en EVA tournant le dos à ce qui pourrait être la planète Mars. Difficile de faire plus accrocheur pour quelqu’un comme moi.

Mais en réalité, c’est le premier morceau, ‘The Holdout’ qui m’a donné envie de vous parler de l’album Selfless. Un titre qui commence sur un texte déclamé accompagné de quelques notes de guitare et qui se poursuit plus nerveusement en mode alternatif pour se terminer sur une écriture très progressive aux claviers vintages. Et tout ça en moins de cinq minutes.

Le ton de l’album est donné. Quelque chose entre Porcupine Tree et The Pineapple Thief.

Mais pourquoi vous ai-je parlé de Marillion alors ? La réponse se trouve dans l’instrumental ‘Moon Halo’. J’y retrouve quelque chose du titre ‘Lavender’ de l’album Misplaced Childhood. Mais je l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux.

Pour The Urbane (un projet de John Mitchell) écoutez le titre ‘Medecine’ par exemple. Une pièce rythmée au format radio, limite pop/rock, qui ne s’embarrasse pas de fioritures du prog ou du rock alternatif pour délivrer son message.

Mais je vous parlais également de post-rock au début. Vous allez pouvoir en entendre des éléments dans le troisième morceau, ‘Of Wonders and Horrors’ même si le titre est chanté.

Les seules informations que j’ai trouvé pour décrire cet album, ce sont deux  phrases lacunaires présentent sur le site du groupe : « L’album vous emmène dans un voyage au cœur du dépassement, des crises et de la découverte de soi. « , « Des titres qui explorent les différentes facettes de l’angoisse existentielle et de l’espoir retrouvé. ».

Selfless n’est sans doute pas l’album du siècle mais c’est une jolie découverte et je serai heureux de voir le trio en action sur scène s’ils ne passent pas trop loin de la maison.

Neal Morse Band – L.I.F.T.

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Neal est de retour avec sa bande et je n’ai pu m’empêcher de monter dans l’ascenseur avec eux. Soixante-huit minutes de musique, quatorze morceaux et un long format de plus de onze minutes, le Neal Morse Band fait toujours dans la démesure et j’aime ça.

L.I.F.T. raconte l’histoire d’un homme qui renoue avec le monde qui l’entoure après s’être perdu en chemin. Bref un concept album à la Neal Morse, dieu en moins, encore que…

Avec Neal Morse, c’est toujours la même histoire. Je me dis que je vais arrêter, mais je n’y peux rien, à chaque fois, je replonge.

Il faut dire que les gars savent vraiment y faire. Des musiciens d’exception, un art de la composition consommé et une grandiloquence assumée. Le défaut, c’est que les musiques et les histoires se ressemblent beaucoup d’un album à l’autre.

Par chance, le Neal Morse Band n’en compose pas un tous les ans, ce qui laisse le temps d’oublier et de retrouver le plaisir d’en écouter un nouveau.

L.I.F.T. est un album comprenant de longues parties instrumentales grandiloquentes. On aime ou on déteste, mais c’est la signature de The Neal Morse Band. Du prog symphonique assez pompier avec plusieurs voix (principalement Neal et Eric) qui se croisent et se mélangent  Il n’y a que Randy qui ne pousse pas la chansonnette sur cet album, même Mike y va de sa voix de canard.

Neal Morse puise son inspiration musicale un peu partout, ce qui donne à L.I.F.T. une impression de grande familiarité dès la première écoute. Vous allez y entendre du piano à la Supertramp et des touches de SAGA dans ‘Fully Alive’, du Genesis dans ‘Shattered Barricade’, des cordes et des cuivres dans ‘Fully Alive, Pt 2’ (enfin des synthés) sans parler des figures de styles classiques de Neal.

Que vous dire de plus sur cet ascenseur ? (oui lift en anglais c’est un monte charge ou un ascenseur en anglais). Ben franchement, pas grand chose.

J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écouter mais ça reste du Neal Morse alors il ressemble énormément aux autres albums du pape du prog. Les fans apprécieront certainement ce nouvel opus, les détracteurs de Neal le jetteront à la corbeille, c’est un peu comme un Dream Theater, on est fan ou pas.

Il n’y a pas de juste milieu. Moi j’aime. Et ça ne se discute pas.

Big Big Train – Woodcut

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Je crois que je tiens mon premier candidat à l’album de l’année, le nouveau Big Big Train.

En écoutant l’avant-dernier morceau ‘Counting Stars’, mon cœur avait immédiatement chaviré et lorsque j’ai enfin pu écouter les seize titres de l’album, j’ai tout de suite su que j’allais adorer Woodcut.

Il est vrai que j’écoute de moins en moins de concept albums et encore moins de rock progressif. Avec les années, je suis devenu de plus en plus forgeron. N’empêche, un album de prog symphonique rempli de cuivres, de cordes, de guitares, de piano et de claviers vintages, quand c’est bien écrit, cela fonctionne toujours.

Si j’avais eu du mal avec l’arrivée d’Alberto Bravin au chant, lorsqu’il essayait encore de faire du David Longdon, sur Woodcut, je trouve sa performance fabuleuse.

Les compositions hésitent entre du Big Big Train très british et la grandiloquence d’un Transatlantic ou d’un Neal Morse Band, ce qui est un peu la même chose. Les claviers ont gagné en emphase, les guitares se lâchent sur de magnifiques soli et la richesse instrumentale du groupe rajoute une couche épique à une partition déjà bien fournie.

Woodcut, c’est la gravure sur bois, cette technique qui permet d’imprimer des estampes à partir de l’encre retenue dans les sillons creusés sur la planche. L’album parle de l’artiste et de sa relation à son travail, des ciseaux à bois qui creusent la matière, de l’oeuvre qui se dessine en négatif, du monde qui se dévoile en noir et blanc.

L’idée de cette histoire est venue à Alberto Bravin et Gregory Spawton en visitant le musée Munch de Oslo, lorsqu’ils découvrirent le travail de l’artiste. A partir d’une gravure sur bois, ils écrivirent un concept album sur, je cite, l’exploration de l’universel à travers la lumière et l’obscurité des espoirs artistiques et des rêves contrariés.

L’album sort régulièrement de la zone de confort prog symphonique pour prendre son envol comme dans l’instrumental totalement débridé ‘Cut and Run’ aux multiples soli de guitares et de claviers ou dans le brillantissime ‘The Artist’ qui voyage entre Genesis et pur rock, au passage un des titres phare de cet album.

Je pourrais citer également l’excellent ‘Albion Press’ aux tonalités très US avec sa basse et ses claviers qui me rappellent la musique de Spock’s Beard, oui encore Neal Morse décidément…‘Warp and Weft’ va encore une fois en surprendre plus d’un, que ce soit par ses harmonies vocales ou sa musique tout sauf british.

Mais rassurez-vous, si vous n’aimez pas le changement. Big Big Train donne également dans le classique avec le folk ‘The Sharpless Blade’, l’acoustique ‘Chimaera’, ‘Arcadia’, ‘Dead Point’ et bien sûr le magnifique ‘Counting Stars’.

C’est l’avantage de proposer plein de morceaux sur une même galette. Il y en a pour tous les goûts.

On aurait pu s’attendre à des titres à rallonge pour un concept album de plus d’une heure, mais Big Big Train a choisi au contraire de composer de nombreux morceaux relativement courts, allant de trente sept secondes à sept minutes seize. On est bien loin des longs formats tels que ‘East Coast Racer’, ‘Beneath the Masts’ ou ‘Underfall Yard’ par exemple.

Nous ne sommes qu’en février, mais je vous préviens, il va falloir que 2026 me réserve de sacrés surprises pour détrôner Woodcut du titre tant convoité d’album de l’année. Il s’agit pour moi du meilleur album de Big Big Train depuis leur débuts et dieu sait qu’ils en ont déjà composé de fabuleux à ce jour.

Et vous savez quoi, ils seront en plus chez Paulette le 4 octobre, autant dire que je vais tout faire pour être au rendez-vous.

Mardi prochain je serai au Grillen à Colmar pour mon premier concert de l’année avec du lourd, à savoir Omnium Gatherum, Fallujah et In Mourning, du très lourd quoi.

Il y a des chances que je ramène quelques photos en plus de m’exploser les tympans.

Lazuli – Etre et ne plus être

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Depuis des années, nos amis de Lazuli racontent sur scène et toujours avec le sourire, la dépression qui nous habite en ces temps de réchauffement climatique, de connerie humaine, de guerre, de montée du fascisme et de violence ordinaire.

Être et ne plus être, leur dernier album, paru le 30 janvier, le groupe ne va pas déroger à la règle, bien au contraire. En douze titres, Dominique raconte notre société en posant un regard souvent pessimiste sur l’humanité.  Et plus que jamais, Être et ne plus être est un album à texte. 

D’ailleurs la musique se fait plus discrète, usant de nouvelles sonorités, délaissant les grandes envolées de guitares et de léode pour mieux laisser entendre les paroles. 

Certes, il y a Romain qui se prend pour Rachmaninov dans ‘Quel dommage’, Arnaud qui joue quelques notes de blues, la léode qui miaule occasionnellement et la guitare acoustique solitaire de Dominique dans ‘L’instant’, n’empêche, cet album est différent.

D’abord, je n’aime pas vraiment la pochette avec ces trois bustes de glace qui fondent dans une flaque d’eau.

Ensuite les paroles me paraissent moins légères qu’à l’accoutumée. Elles sont empreintes de tristesse, de désolation, j’irai même jusqu’à dire déprimées.

Tout n’est pas désespéré bien sûr dans les mots de Domi, il y a encore de l’amour comme dans ‘Chaque jour que soleil fait’ et de la nostalgie dans ‘L’instant’ mais vous entendrez surtout beaucoup de désillusion et d’amertume comme dans ‘Quel dommage’.

Citons par exemple ‘Etre et ne plus être’ qui nous rappelle notre insouciance face au désastre climatique comme dans ‘Une chanson Cherokee’, l’humour noir de ‘Sourire’, le retour de la colère dans ‘Matière Première’, la mal bouffe de ‘Mon body se meurt’, des états d’âmes que résume bien le dernier morceau de l’album ‘Au bord du précipice’.

Ce sont les titres ‘Quel dommage’, ‘Être et ne plus être’ et ‘Matière première’ qui m’ont immédiatement interpellés par leurs paroles comme la musique.

J’ai eu plus de mal avec ‘Les 4 raisons’ et ses chœurs. Et que dire de la musique très épurée de ‘Au bord du précipice’ qui m’a tout d’abord surprise.

Il me faudra peut-être plus de temps que d’habitude pour adopter Etre et ne plus être, car il est très différent des autres albums de Lazuli (ce qui est toujours une bonne chose d’après-moi). 

Mais je suis certain qu’il va entrer dans la liste des albums que j’écouterai très régulièrement cette année.

Alors, foncez l’acheter, c’est un album que j’aime beaucoup, garanti sans IA, réalisé par des êtres humains laborieux, sensibles et faillibles.

Ils seront Chez Paulette vendredi 3 avril à Pagney derrière Barine près de Toul, pour l’anniversaire de l’association ArpegiA et joueront en première partie de Marillion sur la tournée française du groupe. Surtout ne les manquez pas.

HamaSaari – Pictures

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Le premier album de l’année 2026 est français, enfin pour moi. Il s’agit de Pictures du groupe HamaSaari.

J’avais découvert le groupe en live l’an passé au P8 à Karlsruhe et je suis tout de suite tombé amoureux de leur premier album Ineffable. Du coup j’attendais avec impatience la sortie de Pictures. Mais comme c’est souvent le cas chez moi, lorsque j’ai trop d’attente, je suis souvent déçu à l’arrivée.

Pictures n’a pas dérogé à la règle. Ma première impression fut des plus mitigée.

Pictures, se sont sept morceaux de cinq à six minutes pour moins d’de trois quarts d’heure de musique.

Sur cet album il n’y a plus de claviers (enfin il me semble), juste des guitares et une section rythmique. Les morceaux se partagent équitablement entre acoustique et électrique, certains sont épurés (‘Under the Trees’), d’autres nettement plus nerveux, un peu comme dans Ineffable mais en moins contrasté.

L’album s’inspire des mythes et légendes, des civilisations disparues, des rêves, de la réalité comme de la fiction. Enfin, c’est ce qu’écrit le groupe, car sans les paroles, je n’en sais pas vraiment plus.

Vous entendrez des références appuyées aux guitares de Porcupine Tree dans ‘Below the Lightnings’, ‘The Wild Ones’ ou encore ‘Home’, du Marillion sur ‘Lost In Nights’ (‘Ocean Cloud’),  ainsi qu’un peu Pink Floyd saupoudré partout ou encore de Karnivool. Bref des touches de rock progressif et de post rock sur une écriture très alternative.

Je n’ai pas aimé la brusque entrée en matière de Pictures avec la guitare qui ouvre ‘Below the Lightnings’. Je trouve cette approche trop directe. Le morceau aurait été plus à sa place un peu plus loin dans l’album.

Je n’ai pas non plus retrouvé la fraîcheur qui me plaisait tant dans Ineffable et plus j’écoute l’album, plus je lui trouve trop de points communs avec Porcupine Tree. Après, ce n’est pas forcément un défaut.

J’ai également trouvé que le titre acoustique ‘Under the Trees’ tournait un peu en rond avant d’en goûter toute la saveur.

Il m’a fallu du temps pour apprivoiser les sept morceaux. J’ai tout d’abord accroché aux titres les plus énervés composés par HamaSaari : ‘The Wild Ones’ et ‘Our Heads Spinning’ par exemple.

‘Frames’ est celui que j’ai adopté immédiatement, peut-être grâce à la présence de la bassiste et chanteuse malgache Christelle Ratri du groupe Kristel qui accompagne Jordan au chant. Je me suis réconcilié tardivement avec l’entrée en matière de ‘Below the Lightnings’, même si à chaque fois que j’écoute l’album, je suis surpris par son absence d’ouverture.

Je n’ai pas immédiatement adopté Pictures contrairement à son prédécesseur Ineffable, Il m’aura fallu pas mal d’écoutes pour rentrer dedans et je lui préfère toujours leur premier album sorti en 2024.

La proximité de plusieurs morceaux avec Porcupine Tree n’est sans doute pas étrangère à ce désamour. C’est souvent quelque chose qui m’agace. J’aime bien que les groupes prennent leurs distances avec leurs modèles.

N’empêche, j’ai hâte de revoir le groupe en live et je vous recommande quand même fortement la découverte de leur second album Pictures.

Sic Mundus – Universum

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Après pas mal de chroniques de métal, je reviens vers vous avec un jeune groupe de rock progressif, polonais qui plus est. Sic Mundus a été fondé en 2021 par Andrzej et Artur, respectivement claviériste et bassiste.

Et Universum est leur second album après Illusions sorti en 2023. Neuf morceaux de quatre à onze minutes, sans parler de l’instrumental bonus qui dépasse les dix-huit minutes.

Vous-vous doutez bien de la raison qui m’a poussé à écouter Universum, c’est sa pochette évidement. La couverture et les peintures signées Jarosław donnent vraiment envie de s’offrir l’édition vinyle ou CD. Un paysage hanté par les ruines corrodées d’une ancienne civilisation disparue.

Même si le projet s’est largement étoffé depuis ses débuts avec maintenant trois autres musiciens sans parler des invités, la musique de Sic Mundus est fortement marquée par la présence de ses deux membres fondateurs.

En effet, dès le premier morceau ‘The Road To Nowhere’, la section rythmique impose son tempo dansant sur des claviers très présents. Pour le reste, il y a beaucoup d’instruments sur cet album, outre les claviers parfois très symphoniques. Vous entendrez par exemple du saxophone et de la trompette en plus des instruments habituels d’un groupe de rock progressif.

Mais commençons par ce qui fâche :

Le titre bonus, présent sur le deuxième CD, n’est absolument pas raccord avec le reste de l’album. Il fait penser à du Lunatic Soul ou du Ozric Tentacles mais sans réel contenu. Je l’ai écouté deux fois et il n’y aura pas de troisième tentative.

Par chance, tout l’album n’est pas du même tonneau.

Pour situer Universum dans la sphère progressive, je vais faire des comparaisons, qui bien entendu, n’engagent que moi. Le chant de Mikolaj comme la musique (particulièrement dans ‘The Wheels Of Time’ et ‘Digital Slave’) me font penser au groupe Pain of Salvation lorsque l’ensemble de l’album me ramène plus vers le travail de The Ancestry Program, sans doute pour la richesse des compositions.

Mais le premier morceau assez bondissant, ‘Road To Nowhere’, dont j’ai parlé au début, me rappelle beaucoup le groupe brésilien Aisles.

Il y a même un titre très symphonique qui termine l’album (avant le morceau bonus). Il s’agit de ‘Argatha’ long de onze minutes. Il possède un petit air de Rondo Veneziano (et venant de moi ce n’est pas forcément un compliment). Vous y entendrez une orchestration numérique superposée à de la batterie, de la guitare et de la basse sans parler d’une trompette qui s’invite sur quelques soli. La pièce hésite entre le mauvais goût et le rock progressif de haut vol (la limite étant toujours difficile à discerner entre ces deux exercices).

Mais dans l’ensemble Universum est un bon album qui réussi presque à être original sans être révolutionnaire.

Je n’irai pas jusqu’à acheter le vinyle ou le CD malgré son artwork plutôt réussi et j’oublierai rapidement le disque, n’empêche, je vous recommande d’y jeter une oreille à l’occasion, il pourrait vous plaire.

D’ici là portez-vous bien, achetez vite vos billets pour Lazuli, Airbag et Big Big Train Chez Paulette.