The Aesthetic Voyager – Selfless

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Revenons en 2025 si vous le voulez bien même si 2026 s’annonce bien chargée.

Je suis tombé sur un trio allemand pas franchement connu en parcourant les achats de Gerlinde Roth que je suis sur Bandcamp. Il s’agit du groupe The Aesthetic Voyager né en 2013 et qui sortait en mai dernier son troisième album, Selfless.

Selfless ce sont huit titres de trois à six minutes pour moins de trois quarts d’heure dans la lignée de Porcupine Tree, The Pineapple Thief, The Urbane et même de Marillion. Du rock alternatif mâtiné de post-rock et de prog.

Il est évident que la pochette aurait dû attirer mon regard. Elle représente un astronaute en EVA tournant le dos à ce qui pourrait être la planète Mars. Difficile de faire plus accrocheur pour quelqu’un comme moi.

Mais en réalité, c’est le premier morceau, ‘The Holdout’ qui m’a donné envie de vous parler de l’album Selfless. Un titre qui commence sur un texte déclamé accompagné de quelques notes de guitare et qui se poursuit plus nerveusement en mode alternatif pour se terminer sur une écriture très progressive aux claviers vintages. Et tout ça en moins de cinq minutes.

Le ton de l’album est donné. Quelque chose entre Porcupine Tree et The Pineapple Thief.

Mais pourquoi vous ai-je parlé de Marillion alors ? La réponse se trouve dans l’instrumental ‘Moon Halo’. J’y retrouve quelque chose du titre ‘Lavender’ de l’album Misplaced Childhood. Mais je l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux.

Pour The Urbane (un projet de John Mitchell) écoutez le titre ‘Medecine’ par exemple. Une pièce rythmée au format radio, limite pop/rock, qui ne s’embarrasse pas de fioritures du prog ou du rock alternatif pour délivrer son message.

Mais je vous parlais également de post-rock au début. Vous allez pouvoir en entendre des éléments dans le troisième morceau, ‘Of Wonders and Horrors’ même si le titre est chanté.

Les seules informations que j’ai trouvé pour décrire cet album, ce sont deux  phrases lacunaires présentent sur le site du groupe : « L’album vous emmène dans un voyage au cœur du dépassement, des crises et de la découverte de soi. « , « Des titres qui explorent les différentes facettes de l’angoisse existentielle et de l’espoir retrouvé. ».

Selfless n’est sans doute pas l’album du siècle mais c’est une jolie découverte et je serai heureux de voir le trio en action sur scène s’ils ne passent pas trop loin de la maison.

HamaSaari – Ineffable

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Désolé, j’ai trou de mémoire, je ne me souviens plus qui m’a recommandé le groupe français HamaSaari, mais j’ai tout de même ma petite idée sur le sujet, ça doit être moi…

Bon, toujours est-il que j’ai mis leur album Ineffable dans un coin et que j’ai bien noté qu’ils passaient en concert le 22 octobre au P8 à Karlsruhe. J’ai écouté l’album et j’ai pris la route du P8.

Ineffable, sorti en 2023, est leur premier album. Sept titres pour trente-neuf minutes de musique prog/alternative à tendance acoustique. Le prochain arrivera début 2026. Mais HamaSaari est né sur les cendres du groupe Shuffle que j’avais découvert du temps du webzine Neoprog.

Le quatuor joue de guitares, de batterie et de basse. Leur musique me fait penser à des groupes comme Klone, Lag I Run ou encore Wolve. Et si vous avez lu quelques-unes de mes chroniques sur ces groupes, vous comprendrez vite pourquoi j’aime HamaSaari.

Les morceaux sont majoritairement softs avec quelques poussées plus électriques sorti de ‘White Pinnacle’ qui donne clairement dans le metal prog énervé avec même du growl.

Ineffable est un album à l’écriture classique et très originale à la fois. J’en suis tombé amoureux dès la première écoute.

Le chant clair un peu fragile associé à ces guitares électro-acoustiques qui de temps en temps durcissent le ton, rappellent Porcupine Tree sans les plagier comme dans le titre ‘Old Memories’.

Il y a quelques claviers, mais juste en trame de fond. On pourrait s’en passer, d’ailleurs, en live, il n’y en avait pas.

‘Crumbs’ joue de l’américana pour nous parler de la révolte quand ‘Lords’ revisite notre catéchisme, d’abord en douceur avec ses délicieuses notes de guitares avant de hausser légèrement le ton et finir sur un instrumental tout en délicatesse.

Une des merveilles de cet album (il y en a plein) s’appelle ‘Prognosis’. Le dernier morceau de l’album, d’un peu plus de quatre minutes, me transporte à chaque écoute. Il est joué tout en retenue dans des tonalités électro acoustiques fragiles, avec un court texte en forme de conclusion.

J’adore également la bombe thermonucléaire de ‘White Pinnacle’ qui met sens dessus dessous tout l’album. Il faut dire que les paroles ne font pas dans la dentelle puisqu’elles évoquent à demi-mots de ces curés qui abusent du corps des enfants au lieu de sauver leur âme.

Ineffable serait sorti cette année, il figurerait dans mon top 2025, car j’en suis tombé amoureux.

J’attends le prochain album de HamaSaari avec une impatience teintée d’inquiétude mais les premiers extraits que j’ai entendus en live me donnent de l’espoir. C’est toujours compliqué un second album.

Allez écouter Ineffable, aller écouter HamaSaari en live, ce groupe est plus que prometteur.

AVKRUST – Waving at the Sky

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En 2023, je suis tombé sur le premier album d’un groupe norvégien qui se prenait pour Porcupine Tree. Ils remettent le couvert cette année avec Waving at the Sky, un disque de trois quarts d’heure et sept morceaux dont un final de plus de douze minutes.

Si The Approbation m’était apparu comme un quasi cover Porcupine Tree, le moins que l’on puisse dire, c’est que Avkrvst a pris ses distances avec la bande à Wilson pour composer son second opus. Et pour moi, c’est toujours une bonne nouvelle.

The Avkrvst joue un rock metal progressif alternatif à chant clair avec quelques poussées de growl qui arrivent toujours un peu comme un cheveu sur la soupe.

Sans renoncer à la guitare wilsonnienne et parfois à la rythmique de Porcupine Tree, Waving at the Sky possède également un côté expérimental à la Radiohead comme dans ‘The Trauma’ ou ‘Conflating Memories’ et joue beaucoup plus de claviers symphoniques que par le passé.

L’album s’ouvre sur ‘Preceding’, un instrumental de trois minutes aux voix enregistrées qui se poursuit encore dans ‘The Trauma’ pendant plus de deux minutes avant de laisser place à un chant à la Tom Yorke. Ces deux morceaux et le titre album ‘Waving at the Sky’ constituent à mon avis les temps forts du dernier disque de Avkrvst. Ce sont aussi les pièces les plus instrumentales de l’album.

Mais rassurez-vous, le reste est également très bien.

C’est sur ‘The Trauma’ que se pointe le premier growl rocailleux de Waving at the Sky. Comme dit plus haut, il arrive à brûle-pourpoint et j’aurai pu m’en passer sans problème.  Je ne suis pas certain que cela apporte grand-chose à la musique. Celui qui émaille ‘Families Are Forever’ est nettement plus percutant et souligne, si besoin était, que l’album ne parle pas de petites fleurs, mais poursuit le sombre récit entamé dans The Approbation.

Waving at the Sky ne figurera probablement pas dans mon top de l’année mais il constintue néanmoins une bonne surprise, et si le groupe continue sur cette voie, le prochain Avkrvst devrait être un très bon cru.

J’ai oublié de mentionner, pour les fans du groupe Haken, que Ross Jennings chante aux côtés de Simon sur le titre ‘The Malevolent’. Cela reste relativement anecdotique pour moi, d’autant que j’ai pas mal déroché de Haken depuis pas mal d’albums, mais j’imagine que certains s’achèteront Waving at the Sky rien que pour cette brève apparition.

https://youtu.be/9XjfH4qFPLw

Moonshine Blast – Realm of Possibilities

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Entre des écossais et des allemands, j’ai décidé de glisser un groupe français qui chante en anglais, histoire de changer un peu de langue.

Je ne sais plus vraiment comment j’ai entendu parler de Moonshine Blast et peu importe. Il s’agit de quatre musiciens de la région parisienne qui proposent du rock progressif à la sauce alternative.

J’avais survolé leur premier album Reality Fear sorti en 2018 sans être totalement convaincu et j’attendais leur prochain effort pour voir s’ils progresseraient. Et pas de doute, Realm of Possibilities change de braquet.

Leur nouvel album est ambitieux avec douze titres en comptant ‘The Cell’, le grand format de plus d’un quart d’heure. Realm of Possibilities explore de nombreuses facettes du rock progressif, des morceaux de quatre à seize minutes qui empruntent au prog, au métal, à l’alternatif et aussi à la pop.

Fatalement, on y retrouve de nombreuses influences comme celle de Porcupine Tree qui est certainement la plus flagrante. ‘Only You’ flirte plutôt avec la pop quand l’instrumental ‘Liquid Feels II’ porte clairement la marque du rock alternatif expérimental de Steven Wilson et que ‘Broken Arrow’ possède quelques passages néo-progressifs quand ‘Fractal’ emprunte des éléments à Opeth.

Pour continuer les comparaisons, j’entends dans Realm of Possibilities du anasazi avec ‘When The Wind Blows’, du Cris Luna sur le rageux ‘Strangled’, du Marillion ou du Peter Gabriel, mais l’influence la plus évidente reste, je l’ai déjà dit, celle de Porcupine Tree.

Le titre album compte peut-être parmi les plus originaux, disons que j’ai beaucoup plus de mal à le raccrocher au travail d’autres artistes que j’écoute régulièrement. J’aime beaucoup son ouverture à la basse et la guitare ainsi que l’énergie de la voix Nicolas.

Je trouve que le groupe ne maîtrise pas vraiment la forme longue. ‘The Cell’, du haut de ses seize minutes, est un titre prometteur sur le papier. Hélas, je me perds rapidement en route, passé sa première partie presque psychédélique. Au bout de quatre minutes, Moonshine Blast se lance dans un quasi cover Porcupine Tree qui traine ensuite en longueur, et là, je décroche à chaque fois.

Et c’est bien dommage, car l’album s’achève sur une petite pépite, le délicat ‘When The Wind Blows’ qui débute à la guitare acoustique et au chant pour s’enrichir progressivement de claviers, de batterie et de guitare électrique.

L’album est assez varié, ce qui est une bonne chose si l’on considère sa durée. Par contre, il lui manque une identité bien marquée, et le chant, pourrait être mieux maîtrisé et plus varié.

Realm of Possibilities est album intéressant, certes pas très original et sans doute trop long à mon goût, mais il mérite la découverte.