Photographier les étoiles – le traitement

Image

Je vous en parle souvent (trop souvent ?), un de mes nouveaux loisirs consiste à photographier les étoiles. Voila quelques temps que je me perfectionne à cette technique et je voulais vous en toucher deux mots, car la photographie astronomique est très différente de la photo classique, même si elle peut se faire avec un appareil photo des plus ordinaire.

Pour photographier le ciel profond (les nébuleuses, les galaxies ou les amas d’étoiles) il est nécessaire d’utiliser un temps de pose long et quand je dis long, on ne parle pas de secondes mais plutôt de minutes, de une à dix minutes en moyenne pour chaque photographie.

Et que voit-on au bout de cinq minutes sur la pellicule ? Ceci :

Ceci est une photographie d’une nébuleuse avec un temps de pose de 300 secondes. Que voyez-vous ? Juste quelques malheureuses étoiles en plissant les yeux. Pourtant la photographie n’a pas été réalisée avec un appareil photo posé sur simple un trépied. Tout simplement parce que les étoiles auraient beaucoup bougé dans le ciel au bout de cinq minutes de pose et que nous aurions des traits à la place des points, comme si vous photographiez une voiture de course passant devant vous avec votre smartphone. Il y aurait du flou de mouvement.

La photo que vous voyez a été réalisée avec une lunette (l’équivalent d’un téléobjectif de 300 mm de focale) installée sur une monture qui compense le lent mouvement de rotation de la terre. C’est ce que l’on appelle une monture équatoriale. Sans ce déplacement, le temps de pose raisonnable sur un trépied pour ne pas avoir de bouger aurait été d’une seconde au maximum.

Pour les photographes qui connaissent cette notion, l’histogramme de notre image ressemble à ceci :

L’histogramme est une courbe qui représente la répartition du signal lumineux enregistré par les photosites de notre capteur sur un graphe, du signal le plus faible à gauche, au plus fort à droite.

Vous voyez à petite courbe à gauche ? C’est le signal reçu par la caméra, à gauche ce sont les lumières sombres, à l’extrême droite, les lumières vives. En photographie classique, un cliché idéal aurait un histogramme en forme de cloche partant de la gauche et terminant à droite. Quelque chose comme ceci :

On en est donc très loin.

A l’aide d’outils assez sophistiqués, ici Pixinsight, il est possible de booster l’histogramme de notre image et enfin voir la nébuleuse. Mais cela augmente le rapport entre le bruit et le signal de votre photographie.

Voici la même image que tout à l’heure, 300 secondes de pose, mais dont l’histogramme à été étiré vers la droite. La magie opère et la nébuleuse commence à apparaître. Son histogramme est totalement différent vous voyez ?

Mais en astronomie, il est rare que l’on fasse une seule photographie. Généralement, on en prend plusieurs dizaines. Cela permet d’ajouter du détail et de réduire le bruit aléatoire généré par le capteur. Sans cette accumulation d’informations, les images resteraient terriblement bruitées, donc très moche.

On procède donc à des dizaines de photographies identiques pendant des heures. 300 secondes cela peut sembler long, alors que direz vous de 36 images de 300 secondes, trois heures de photographie sur la même cible. Et j’écris trois heures, mais c’est bien le minimun syndical. Certains astronomes cumulent des centaines d’heures d’images sur le même objet. Bon évidemment pas au cours de la même nuit bien entendu.

Mais que fait-on de toutes ces images, hé bien on les moyenne avec des algorithmes très sophistiqués qui alignent les étoiles, ajustent les niveaux et extraient le signal du bruit.

Voici le résultat de 26 images de 300 secondes moyennées :

Tout ça pour ça ? Attendez, nous allons à nouveau booster l’histogramme avec nos outils magiques, regardez :

Et la lumière fut ! Outre les couleurs, on commence à voir des détails dans la nébuleuse. Notre histogramme ressemble maintenant à ceci :

Chacune des courbes représentent les composantes rouge, vert et bleu d’une image RGB.

C’est à partir de cette image que l’on appelle un master, ici une accumulation de 26 images de 300 secondes, soit un peu plus de deux heures de photographie dans le froid, que l’on va commencer un long traitement pour en tirer toute la quintessence.

Pour les traitements je vais faire simple.

Tout d’abord on calibre les couleurs de l’image à l’aide des étoiles présentes dessus (certaines étoiles sont bleues, d’autres jaunes, d’autres blanches, d’autres rouges) ce qui permet d’ajuster les couleurs de l’ensemble de la photographie.

Ensuite on retire le gradient de lumière souvent présent sur l’image, un dégradé du à la pollution lumineuse, la lune mais également à l’évolution de l’obscurité au cour de la nuit.

Ensuite on affine les étoiles, on peut les rendre plus rondes car certains défauts optiques ont tendance à les transformer en patates sur les bords de l’image.

Une fois que nos étoiles sont belles, on les sépare du reste du ciel pour ne garder que le nuage de gaz.

C’est magique et surtout cela va permettre de traiter le nuage de gaz indépendamment des étoiles, un peu comme photoshop le fait avec ses calques, c’est le même principe.

Ensuite on va réellement s’atteler à étirer notre fameux histogramme correctement pour obtenir les lumières et contrastes désirés. C’est une étape délicate où il faut user de doigté et de bon goût pour ne pas tout gâcher.

Après divers traitements cosmétiques, usages de masques et une nouvelle calibration liée au filtre utilisé (ici un filtre trois bandes qui ne laisse passer que le signal de l’hydrogène, l’oxygène et le souffre), on obtient cette nouvelle image assez différente. C’est ce que l’on appelle un traitement HOO.

Maintenant il s’agit de rajouter les étoiles. Les voici après avoir boosté finement l’histogramme.

Mais comme il y en a beaucoup et que cela va nuire à la visibilité de la nébuleuse, on va en enlever quelques unes. Ce n’est pas obligatoire, mais j’aime bien.

Il ne reste plus qu’à superposer le calque de la nébuleuse avec celui des étoiles pour obtenir l’image finale.

Magique ! Voilà, nous avons une image qui revient de bien loin, souvenez-vous du début. Mais la vérité c’est que nous n’avons pas fini le travail. La dernière étape demande un logiciel photo classique comme Lightroom ou Photoshop pour peaufiner l’esthétique de l’ensemble. Donc on exporte le travail au format tiff et on part sous Lightroom.

Et voici l’image finale dans sa totalité. Les couleurs ont gagné en saturation, en contraste, les détails en texture et clarté, certaines couleurs ont été renforcées et l’image a été exportée au format jpeg pour être affichée sur les réseaux sociaux. Plusieurs heures de travail pour obtenir une photographie cosmétique mais pas du tout scientifique de la nébuleuse de la flamme.

Nuit blanche à Fréconrupt

Image

J’aime bien partager mes passions avec le grand public. J’aime pérorer devant un auditoire, quitte à parler pendant des heures d’une tour Eiffel en allumettes. 

Justement, un club d’astronomie scolaire organisait un séjour à Fréconrupt pour une vingtaine d’élèves. L’association m’avait initialement sollicité pour y amener le télescope de 600mm. Finalement l’option grosse artillerie a été abandonnée et après plusieurs échanges avec le prof de physique, responsable de ce camp astro, il a été convenu que je viendrai présenter l’astro photographie aux adolescents.

J’ai préparé à l’arrache une présentation de la photographie du ciel profond relativement abordable et j’ai chargé la voiture avec deux instruments, un pour le visuel, l’autre pour la photo. 

Je suis arrivé le jeudi après-midi à la Maison des Amis de la Nature de Fréconrupt où résidaient les astronomes en culottes courtes. J’ai rencontré Mathieu, le professeur de physique, et ses élèves puis nous avons convenu d’un programme que nous n’avons pas vraiment respecté au final. J’ai installé plusieurs dizaines de kilos de matériel sur la terrasse de la maison pendant que les jeunes jouaient au volley sous le soleil puis j’ai mis en place l’ordinateur pour la conférence sur l’astro photographie.

Comme le soleil était de la partie, j’ai lancé une observation improvisée de notre étoile pour les élèves que cela intéressaient. Tout de suite les questions ont fusé, de l’explication des tâches solaires au type d’instrument utilisé en passant par le fonctionnement d’une monture équatoriale. Du coup nous avons pris un peu de retard.

Autant dire que pendant la présentation qui suivit sur la photo astronomique, j’ai largement dépassé le temps imparti. Je ne m’attendais pas à avoir des ados intéressés, intelligents, attentifs, posant des questions pertinentes. Du coup nous n’avons pas pu aller jusque bout afin d’assister à la démonstration d’un SOLEX sur les derniers rayons du soleil. Non le SOLEX n’est pas qu’un deux roues à traction avant, c’est aussi un petit spectromètre abordable pour étudier le soleil.

Ensuite, après un repas préparé par les jeunes, nous sommes allés dehors pour mettre en place le matériel astro du lycée avec les élèves sur le terrain de volley reconverti en ferme à télescope. C’était l’occasion pour les ados de mettre en pratique une partie de la présentation de l’après-midi. Il fut assez compliqué de leur imposer la rigueur d’un astronome amateur qui s’est cassé les dents à maintes reprises en bâclant sa mise en station. Mais nous y sommes arrivés. J’ai même du réaliser l’alignement polaire sur une monture que je ne connaissais pas, un véritable enfer !

Nous avons ensuite observé la lune, Jupiter et quelques objets du ciel profond. Mais vers minuit, les jeunes sont allés se coucher alors que les plus anciens, le professeur de physique et les astronomes amateurs, ont continué la photo et l’observation jusqu’à 4h du matin.  J’en ai profité pour ajouter quelques heures supplémentaires à la Chaine de Markarian. Après quoi nous avons remballé le matériel et pris la route du retour.

Ce fut une belle expérience humaine et pédagogique à laquelle j’ai pris grand plaisir. Il devrait y en avoir d’autres cet été avec On The Moon Again au Champ du Feu le 20 juin, une sortie avec un centre socio culturel en juillet et l’éclipse de Soleil le 12 août, toujours au champ du feu, parce que je n’ai pas l’intention de descendre en Espagne pour une minute de plaisir.

Airbag Chez Paulette

Image

Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.

Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.

Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup. 

Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle. 

Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…

J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.

Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.

Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.

Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.

Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir. 

Photographier les étoiles – la monture équatoriale

Image

Nous avons vu dans un précédent billet qu’avec un simple trépied et un appareil photo, il était déjà possible de réaliser des images du ciel. Mais nous avons vu également que le temps de pose était fortement contraint par la focale de l’objectif utilisé et la rotation de la terre.

Il existe une solution pour s’affranchir du mouvement de rotation de la terre, la monture équatoriale. Il s’agit d’un équipement, souvent motorisé, qui va compenser le déplacement apparent de la voute céleste. La monture se fixe sur un trépied et appareil photo ou tout autre instrument, comme un télescope, sur la monture.

Il existe de nombreuses montures équatoriales prévues pour supporter des équipements plus ou moins lourds. Les montures sont généralement lourdes et relativement encombrantes, il est donc important de bien la choisir avant de se lancer dans un achat.

Le critère le plus important à prendre en compte est la charge supportée par la monture. Si le constructeur annonce X kilos, appliquez un facteur 2/3 pour l’astro photographie. Donc si notre monture supporte 9 kg, votre matériel ne devra pas dépasser 6 kg. Ne comptez pas le poids des contre-poids dans ce calcul. Car oui, il faut souvent ajouter des contre poids pour équilibrer une monture équatoriale.

Un appareil photo pèse 0,5 à 1 kg avec un objectif qui peut aller jusqu’à 3 kg. Donc pour une monture équatoriale supportant juste un appareil photo, tablez sur un poids de 3 kg, soit une monture qui supporte une charge théorique de 5 kg comme une monture Skywatcher Star Adventurer par exemple.

Comprenez bien que cette ‘petite’ monture pèse déjà ses 7.5 Kg avec le trépied et le contrepoids. Ne comptez pas partir en randonnée avec un tel matériel ou alors musclez-vous avant.

Monture équatoriale Star Adenturer

L’installation d’une monture équatoriale va demander plus d’efforts qu’un simple trépied photo. Vous allez tout d’abord devoir orienter le trépied vers le nord (pour l’hémisphère nord) et le mettre à niveau. Ensuite vous allez installer la monture dessus et réaliser un alignement polaire. Cette procédure consiste à aligner finement la monture sur le nord géographique. L’étoile polaire se trouve très proche du nord, donc un centrage de la monture sur celle-ci est suffisant pour de l’observation visuelle, pour la photographie, il faudra prendre en compte le petit décalage entre l’étoile polaire et le NCP, le pôle céleste nord. Généralement cette opération se fait avec un viseur polaire fixé dans l’axe de la monture mais il existe d’autres manières de le faire.

Télescope sur une monture équatoriale

Une fois la monture mise en station, l’appareil photo fixé dessus, pensez à équilibrer votre setup en positionnant l’appareil photo correctement et en plaçant les contrepoids sur la monture. Un mauvais équilibrage peut-être la cause d’un mauvais suivi.

Lorsque vous aurez réalisé la mise au point sur une étoile, il ne restera plus qu’à orienter votre appareil vers la zone du ciel que vous désirez photographier et mettre en route la monture (il vous faudra une batterie ou des piles selon le modèle).

Là, comme précédemment avec la photo sur un simple trépied, vous aller pouvoir lancer des poses longues, mais cette fois sans être limité par la focale de votre objectif. Votre limite de temps sera fonction de la bonne mise en station de votre monture et de la qualité de celle-ci. Selon le matériel et votre savoir faire, vous pourrez réaliser des poses unitaires de 30 secondes à 2 minutes.

M 82, Galaxie du Cigare, focale 400 mm, f/d 9.5, 67 secondes de pose

Mais tant qu’à faire, pourquoi ne pas réaliser plusieurs photographies que vous allez pouvoir cumuler ? L’intérêt d’accumuler des images est d’augmenter les détails et de réduire le bruit présent sur l’image. Pour ce faire vous pouvez utiliser un intervallomètre au lieu d’appuyer sur le déclencheur photo après photo. Certains boîtiers photo sont dotés d’un intervallomètre intégré.

Intervallomètre

Mais qu’allez-vous faire avec toutes ces images ensuite ? Vous allez les empiler à l’aide d’un logiciel comme Siril, DeepSkyStaker ou Sequator pour ne citer que ceux qui sont gratuits. Pour ma part j’utilise PixInsight qui est payant ou Siril, mais c’est parce que je fais plus qu’empiler les images.

M 27, Nébuleuse Dumbbell, 19 images de 30 secondes empilées sous SIRIL, focale 2000 mm

Ces deux photographies sont relativement affreuses, car je n’ai utilisé une monture équatoriale avec un appareil photo qu’à mes touts débuts et très rapidement je suis passé à du guidage et une caméra astro au lieu d’un APN. Mais cela fera l’objet d’un prochain article.

La nuit de morts vivants

Image

C’est bête à dire, surtout à mon âge, mais j’ai découvert il y a peu que j’avais peur dans le noir. Je suis souvent dehors en pleine nuit, juste éclairé par les étoiles, je devrais avoir l’habitude. Et pourtant j’ai la frousse. Pas tout le temps bien sûr. Lorsque nous sommes plusieurs à observer ensemble la voûte céleste, à discuter, régler nos instruments, tout va bien.

C’est lorsque je me retrouve tout seul, vers deux heures du matin, que les copains sont partis se coucher et qu’il me reste encore une heure de photo à réaliser que tout commence.

Quelle idée de m’être installé au milieu de nulle part, en bordure d’un cimetière, loin des lumières de la ville, dans une zone blanche non couverte par les opérateurs téléphoniques. La nuit est couleur encre, tout est silencieux autour de moi.

J’entends au loin les cris d’effroi d’un animal qui fait trucider par son prédateur. Des buissons bougent non loin de moi et une ombre glaciale passe dans mon dos. Me reviennent à l’esprit des images des Profanateurs de Sépultures, La Nuit des Morts Vivants, Reanimator et autres films réjouissants. Les battements de mon coeur s’accélèrent, il fait noir, je suis seul, tout peut arriver. Je tends l’oreille dans le silence, scrute l’obscurité et perçois soudain une multitude de bruits suspects et d’ombres mouvantes. Aucune pierre tombale ne se soulève, aucune créature n’avance gauchement vers moi. 

L’angoisse m’étreint pourtant. Et si un sanglier déboulait tout à coup, chargeant mon matériel ?Je me replie dans la voiture et je ferme les portes à clé. Encore neuf images et il faudra sortir ensuite pour tout remballer.

Une lumière blanche aveuglante surgit au loin et se déplace en silence. Un randonneur, un cycliste, à cette heure ? La lumière se rapproche encore et soudain disparaît. Est-ce un psychopathe armé d’une machette qui a aperçu un peu plus tôt la lumière rouge de ma frontale et se dirige maintenant vers sa proie ?

Vous croyez que je suis paranoïaque ? Figurez-vous que la fois précédente, un gars bizarre en scooter défoncé est bien venu nous voir à une heure du matin, soit disant pour aller se recueillir sur la tombe de son père. Sérieusement, c’est un cimetière militaire de la seconde guerre mondiale… D’autant qu’après être resté à nous poser des questions étranges sur l’univers, il est reparti sans faire un tour au milieu des sépultures.

Il va pourtant falloir que je m’habitue. Avec l’été qui arrive, les nuits sont de plus en plus courtes. Je commence à photographier vers 23h00 et si je veux emmagasiner plus de trois heures d’images, je ne suis pas couché avant 4h. Je devrais peut-être regarder des films de zombies histoire de passer le temps lorsque je m’installe près d’un cimetière.

Le sapin de Noël

Image

Moins quatre degrés, une belle couche de neige fraîche au sol, garé sur un parking désert à plus de mille mètres d’altitude, j’écoute Stéphane Gallay raconter ses derniers concerts.

Le sol est blanc, le ciel est noir. Une lune gibbeuse projette mon ombre sur le goudron glacé à côté de celle de ma lunette.

Eliott est rapidement rentré chez lui frigorifié, Luc est assis sur le siège chauffant de sa voiture et moi j’ai une couverture, trois couches de vêtements, un bonnet, deux thermos tièdes et les mains glacées.

Je photographie un sapin de Noël dans une Licorne. Je sais, les licornes n’existent pas et Noël est passé depuis trois mois. Pourtant c’est ce que je fais. Des photos de NGC 2264, dite nébuleuse du Cône ou du Sapin de Noël dans la constellation de la Licorne. Un minuscule triangle sombre surmonté d’une étoile, à la base d’un vaste nuage de gaz rouge. Une nouvelle cible difficile que j’avais envie de capturer avant qu’elle ne soit trop basse sur l’horizon avec l’avancement de l’année.

Dans quelques semaines il n’y aura plus que des galaxies dans le ciel, il faut que je termine mon catalogue automne hiver avant d’attaquer les robes légères de la belle saison.

Du givre se forme sur le pare brise dans la voiture, le capteur de ma caméra indique -12.6 degrés alors que le système de refroidissement est à l’arrêt. Malgré des chaussettes épaisses, des semelles chauffantes et des bottes grands froids, j’ai les pieds gelés.

Un beau ciel, ça se mérite. L’objectif est d’accumuler trois heures d’images sur cette nébuleuse peu lumineuse avant de redescendre me glisser sous la couette. En attendant je suis à moitié allongé sur le siège passager de la voiture avec une couverture jusqu’au menton à regarder les photos de concert de Stéphane Gallay sur Youtube.

Parce qu’il est impossible de lire dans la voiture, à cause de la lumière qui perturberait le télescope. Je pourrais à la rigueur écouter de la musique pour passer le temps mais je suis assez exigeant quant à la qualité des hauts parleurs. Je pourrais observer aussi sous les étoiles mais Eliott est redescendu il y à longtemps et il fait vraiment trop froid dehors.

Heureusement qu’il y a de la 4G au Champ du Feu. Enfin pas toujours. Mon MMS pour prévenir mon épouse que je suis bien arrivé vivant n’est jamais parvenu en plaine. 

Luc a sorti la Rolls Royce des lunettes, une  magnifique Takahashi posée sur une monture harmonique pour photographier la nébuleuse Messier 78 dans la constellation d’Orion. L’objet est de plus plus bas sur l’horizon, ce qui lui laisse encore moins de temps que moi pour accumuler des images. La partie sombre de l’objet ressort bien sur son écran de contrôle, il devrait en sortir une belle photographie.

Peu après minuit j’avais mes 36 images et moins de douze heures plus tard, après cinq heures de sommeil agitées une photographie traitée de la nébuleuse. L’astronomie, ça se mérite.

Upgrade

Image

Depuis quelques mois j’envisageais de mettre à jour mon matériel d’astro photographie. 

Je travaillais jusqu’à présent avec une lunette Skywatcher Evostar 72ED et une caméra ASI533MC Pro. 72 mm d’ouverture pour 360 mm de focale en doublet apo chromatique et 3008×3008 pixels de 3.76 um.

Plusieurs options s’offraient à moi pour améliorer mon setup : changer de caméra pour une plus grande taille de capteur et de champ ou changer de lunette pour une meilleure qualité optique. 

Deux possibilités avec un budget restreint car fin 2025 j’avais fait beaucoup de folies. Alors, dès le mois de janvier, je me suis mis au régime sec, ne dépensant que pour m’offrir des albums de musique en mode digital. Je me suis également mis à revendre également plein de choses que je n’utilisais plus comme ma collection de figurines du jeu X-Wing.

Début avril, j’avais vendu et économisé suffisamment pour changer de lunette ou de caméra, mais pas les deux. C’était l’heure du choix.

Depuis le début, j’hésitais entre une caméra ASI2600MC et une nouvelle lunette de même focale. Dans le premier cas j’améliorerais la taille de mes images et le champ d’observation, de l’autre la qualité des images en conservant globalement les mêmes paramètres d’observation.

Étant donné que j’aime beaucoup travailler avec une ouverture de 72 mm et une focale courte, j’ai hésité entre la ASKAR SQA70 et la RedCat 71/350 nettement moins chère. Finalement j’ai opté pour la marque ASKAR. Un quintuplet petzal apo chrolatique, c’est à dire cinq lentilles corrigeant les problèmes de couleurs avec un réducteur de focale ne nécessitant pas de gérer le backfocus. 

J’ai commandé la SQA70 le mercredi chez Optique Uterlinden à Colmar et jeudi à 10h elle était au point relais, près de chez moi. Le soir même je pointais Messier 51 depuis mon jardin et réalisais une dizaine d’images avant que les nuages n’envahissent le ciel.

Force est de constater qu’il y  a un fort saut qualitatif entre la Skywatcher Evostar 72 ED et l’Askar SQA70. Les étoiles sont nettement plus fines et ne subissent pas de déformation sur les bords. L’image est également plus piquée.

Depuis j’ai commencé à photographier deux nouveaux objets, la nébuleuse de la flamme dans le Cocher et la Chaîne de Markarian dans la Vierge. Je n’ai pas accumulé encore assez d’images mais le résultat est déjà assez impressionnant. Vivement la suite !

Photographier les étoiles – la photo au trépied

Image

Je rencontre régulièrement des personnes qui désirent se mettre à la photo du ciel. Ils faut dire que pour un non initié, les images que l’on arrive à sortir après une nuit de patience, sont toujours spectaculaires.

Les personnes qui nous voient en action avec tout notre matériel bardé de fils, scrutant sur une tablette ou un ordinateur les premières images accumulées par le setup, ont parfois envie de se lancer dans l’aventure.

A chaque fois, nous leur recommandons de ne pas bruler les étapes, de commencer avec une solution simple et d’évoluer progressivement si l’envie se confirme. Car l’astro photo est un loisir onéreux, nettement plus que la photographie et c’est également un passe temps qui demande un long apprentissage, même s’il existe de nombreux turoriels très bien faits sur internet.

Donc s’il vous prenait l’envie de vous lancer dans cette passion, voici quelques conseils pour commencer en douceur et sans vous ruiner.

Tout d’abord quelques préalables : il est préférable d’avoir déjà fait un peu d’astronomie et de posséder des notions de photographie. Il n’est pas nécessaire d’être un expert dans ces matières. Mais déjà admettre que la terre est ronde et savoir repérer la constellation de la grande ourse est un bon point de départ comme connaître le triangle d’exposition (vitesse, ouverture, sensibilité).

Ce que de nombreuses de personnes ignorent, c’est que l’on peut faire de la photo astro avec un simple appareil photo et un trépied. L’appareil doit permettre des temps de pose de plusieurs secondes, autoriser une mise au point manuelle et disposer d’un retardateur ou d’un déclencheur souple ou sans fil. Il est préférable de posséder un objectif lumineux de bonne qualité (avec un rapport f/d proche de 2.8) et un trépied bien stable.

Rotation des étoiles pendant la nuit

Comme la terre tourne sur elle-même en vingt-quatre heures, les étoiles semblent bouger dans le ciel. Et ce mouvement, aussi faible soit-il, va se remarquer sur vos photos si vous n’y prenez pas garde. Après, cela peu être l’effet recherché. Tout est permis.

Pour éviter ce filé d’étoile, retenez la formule suivante : temps de pose = 500 / focale de l’objectif, et ça pour un appareil photo plein format. Pour un APS-C il faudra diviser ce temps par 1.5, et pour un capteur 4/3, il faudra diviser ce temps par 2. Par exemple, si vous utilisez un objectif de 50 mm sur un boitier plein format, vous pourrez espérer réaliser des photographies avec un temps de pose maximum de 10 secondes. La formule est empirique et dépend du boitier et de l’objectif. Il faudra vérifier l’image en zoomant sur les étoiles pour vérifier quelles ne présentent pas de filé, surtout sur les bords.

Evidemment, si vous voulez photographier une galaxie ou une nébuleuse, il vous faudra une forte focale, au minium 135 mm et donc votre temps de pose sera fortement diminué. Donc la photographie avec un trépied et un appareil photo, sans compenser le mouvement de rotation de la terre, se fera le plus souvent avec des objectifs grands angle de 6 à 35 mm pour avoir le plus de temps de pose possible. Généralement avec ce genre de matériel, on photographie la Voie Lactée.

Maintenant, comment procéder ? Déjà, allez à la campagne, loin des éclairages publiques et de nuit. Prévoyez des vêtements chauds, un thermos, une lampe rouge pour ne pas vous éblouir et un siège de camping. N’oubliez pas votre appareil photo, idéalement réglé au préalable et le trépied.

Une fois arrivé sur place, fixez votre appareil photo sur un trépied, pointez la partie du ciel que vous désirez immortaliser et lancez-vous.

Si ce n’est pas déjà fait, réglez le temps de pose en fonction de la focale de votre objectif, réglez l’ouverture à la valeur minimale si votre objectif le supporte et réglez la sensibilité du boitier entre 1000 et 4000 ISO.

Vous allez devoir faire une mise au point manuelle en obtenant les étoiles les plus fines possible à l’écran, n’hésitez pas à zoomer à l’écran si vous pouvez pour être plus précis. Vous pouvez également vous aider d’un masque de Bahtinov pour réaliser la mise au point, mais c’est un peu plus compliqué. Programmez enfin le retardateur pour éviter un bouger et faite la photo. Il vous faudra certainement ajuster les précédents paramètres pour y arriver, mais cela devrait marcher après plusieurs essais.

De nos jours, les derniers modèles de smartphones, sont tout à fait capables de réaliser des photographies du ciel nocturne d’assez belle qualité, il existe même des modes préréglés pour le faire. Vous pouvez utiliser l’application Nocturne si comme moi vous avec un smartphone pas doué pour la photo.

Objectif 14 mm, 25 s de pose, ouverture f/d 2.8, 5000 ISO
Objectif 14 mm, 15 s de pose, ouverture f/d 4, 2000 ISO
iPhone SE et le logiciel Nocturne

Les comètes lumineuses sont de bonnes cibles pour ce genre d’équipement. Vous n’obtiendrez pas de grands détails de la queue mais vous pourrez réaliser de jolies photos de paysage.

Comète C2023 A3, objectif 24/70, focale 50 mm, pose de 5 s, ouverture f/d 5,6, 4000 ISO
Comète C2023 A3, objectif 24/70, focale 70 mm, pose de 6 s, ouverture f/d 2,8, 1250ISO

Avec un appareil photo et un simple trépied, vous pouvez également photographier la lune. Par contre cette fois, oubliez les objectifs grand angle et privilégiiez les grandes focales, de 200 à 600 mm voir plus.

La lune est une cible facile parce que lumineuse et elle donne de belles photographies. Vous pouvez photographier notre satellite jusqu’à une focale de 1500 mm si vous vous y prenez bien, et ça à l’aide d’un simple trépied.

Prenez un boitier plein format, un téléobjectif de 500 mm couplé à un doubleur et passez votre boitier en mode APS-C. Le temps de pose que je vous recommande est de l’ordre du 1/100 s pour contrer les vibrations et le mouvement de la lune mais vous pouvez descendre jusqu’à la seconde. Là encore, la mise appoint manuelle est recommandée mais certain appareils arrivent à gérer l’autofocus sur la lune. Pour la sensibilité, ce sera au jugé, en fonction de la phase de la lune et de sa hauteur sur l’horizon.

Lune, objectif 500 mm avec doubleur, focale 1000 mm, pose de 1/200 s, ouverture f/d 11, 500 ISO
Eclipse lunaire, 1 s, 5000 ISO, f/d 5.6, 500 mm

Vous pouvez enfin essayer de photographier les planètes Jupiter ou Saturne lorsqu’elles sont bien hautes dans le ciel, mais n’attendez pas de miracle non plus.

Jupiter, objectif 400 mm, temps de pose 1/40 s, f/d 9.5, 4000 ISO

Il est également possible de photographier le soleil, mais je vous le déconseille fortement sauf au coucher du soleil lorsque notre étoile frôle l’horizon et surtout avec les plus grandes précautions. Il vous faudra un filtre ND très puissant et en parfait état, car regarder le soleil à travers un appareil optique risque de vous décoller la rétine et détruire votre matériel.

Coucher de soleil, objectif 200/500 mm, focale 500 mm, 1/60 s, f/d 5.6, 80 ISO
Eclipse solaire, quatre images superposées, objectif 85 mm, 1/8000 s, f/d 11, ISO 100, filtre ND

Donc si vous voulez débuter en astro photographie et que vous faites déjà un peu de photo, pas besoin de vous ruiner. Prenez votre appareil et partez à quelques kilomètres de éclairages urbains, encore que pour la lune, vous pouvez la photographier sous un lampadaire.

La prochaine fois, nous parlerons de photographies avec des temps de pose supérieurs à 30s, à l’aide d’une monture équatoriale.

Le fantôme

Image

Après m’être fait la main sur des proies faciles, j’ai décidé de m’attaquer à des sujets plus ambitieux. Des petites choses presque invisibles qui se cachent des vivants dans les ténèbres. Pour disparaître à la vue de tous, ces spectres déjà très discrets, se terrent à proximité de brillantes lumières, qui par leur éclat, masquent les fantômes.

IC 63 est de ce genre, on la sort régulièrement pour la fête d’Halloween. Une nébuleuse de magnitude 13,3 pour sa partie la plus lumineuse, ressemblant à un fantôme, qui se cache près de Gamma Cassiopea, un phare bleu qui brille à la magnitude 2.13. 

Plus la magnitude est grande, moins l’objet est lumineux. L’œil humain peut voir des étoiles jusqu’à la magnitude 6, l’étoile polaire a une magnitude 2, la planète Venus de -2, la pleine lune -13, le soleil -27.

Une magnitude 13, dans ma lunette, c’est une lumière à peine perceptible même après cinq minutes de photographie. Après tout se tente, il suffit d’avoir les piquets.

Zéro degré, un vent de nord-est persistant, travail le lendemain, il fallait du courage pour monter au Champ du Feu. Mais la lune n’était pas encore levée et la nuit astronomique débutait vers 20h, laissant pas loin de quatre heures pour photographier avant que la constellation de Cassiopée ne soit trop basse sur l’horizon.

La première nuit, j’ai récolté pas moins de trente-six images exploitables soit trois heures de photographie. L’objet était visible, mais peu détaillé. Il me fallait plus de temps de pose pour obtenir une belle image. 

J’ai guetté une nouvelle fenêtre météorologique favorable pendant une semaine, montant même un soir pour rien alors que le ciel était incertain. Sept jours après la première série d’images, j’ai pu recommencer à shooter.

Le vent soufflait à 15/20 km/h, la température était proche de zéro. J’ai abrité mon matériel et moi même derrière la voiture pour faire paravent et j’ai relancé la session photo. Quarante images plus tard, c’est à dire presque quatre heures, j’avais emmagasiné ajouté trois heures et vingt minutes d’images de 300 secondes aux trois heures précédentes. Mon record à ce jour.

Le MacBook Pro n’a eu aucun mal à empiler ces 76 images de 300s. Après quelques minutes, j’avais devant les yeux le résultat de deux nuits de photographie. Au bout de trois tentatives de traitement des images, j’ai obtenu un résultat relativement satisfaisant.

Je m’étais déjà attaqué à la nébuleuse du fantôme l’an passé, mais hélas l’étoile avait totalement cramé mon image, la rendant quasi inexploitable. Le filtre Antila Triband a corrigé ce problème même si les imperfections optiques de la lunette Skywatcher transforment Gamma Cassiopea en phare bleu dans l’obscurité insondable.

Cette cible exigeante m’a donné confiance en moi et je pense qu’à l’avenir je vais m’attaquer à des objets moins connus et peu lumineux pour voir quelles sont les limites de mon setup.

J’ai observé mon premier OVNI

Image

Depuis cinquante ans que je scrute le ciel, je n’ai observé que des phénomènes naturels. Aucun vaisseau spatial, aucune rencontre du troisième type, bref rien que de la poussière d’étoiles.

Mais un jeudi soir froid, alors que je cherchais un raccourci que je ne trouverais jamais, j’ai vu un phénomène que je n’avais jamais encore observé.

Ma lunette pointait vers la nébuleuse du fantôme (sans doute un signe), mon télescope se promenait sous la voute céleste, l’appareil photo de Pierre visait le coeur et la lunette d’Eliott cherchait une galaxie perdue. 

Nous étions trois représentants de l’espèce humaine perdus dans le froid à plus de mille mètres d’altitude : un météorologue, un astrophysicien et un DRH, des témoins dignes de confiance. Bon pour le DRH je suis moins sûr…

C’est justement le DRH l’a vu. « Regardez ! » a-t-il dit en pointant sa frontale éblouissante dans notre direction. Et nous l’avons vu, d’abord la lumière crue de sa lampe blanche et ensuite, vers le sud-ouest, cette forme mouvante laiteuse barrée d’une zone sombre, avancer vers nous, entre la constellation d’Orion et les Pléiades.

Photo Pierre Suaud

L’objet de grande taille et lumineux comme la lune, bougeait vite et sans bruit, changeant progressivement de morphologie, dans un ciel sans nuage. On aurait dit une boule de coton poussée par le vent.

Pierre a juste eu le temps de l’immortaliser avec son boitier Canon et son 14 mm Samyang, car après quelques minutes, l’OVNI disparaissait vers le nord-ouest sans laisser de trace.

Nous étions trois témoins de confiance à avoir vu un objet non identifié dans le ciel Alsacien, et ce, cinq jours après le passage d’un bolide qui s’est écrasé en Allemagne.

L’invasion des profanateurs de sépultures avait-elle commencé ? Etait-ce le début de la Guerre des Mondes ? Allions-nous enfin rencontrer le troisième type ? Des auriculaires allaient-ils se raidir chez certains habitants de la Terre ?

Cela ne pouvait pas être un nuage bas, le météorologue l’aurait reconnu. Ce n’était pas une aurore boréale, l’astrophysicien l’aurait identifié. Ça n’était pas un nuage chimique d’une usine classée SEVESO, le DRH aurait viré tout le personnel de l’entreprise. 

Plusieurs hélicoptères militaires avaient survolé le Champ du Feu ce soir là. Poursuivaient-ils un mystérieux engin extraterrestre ? Ou plus simplement, les militaires expérimentaient-ils une nouvelle arme de destruction massive ? Peu probable, nous n’avions pas été kidnappés ou empoisonnés pas un gaz toxique.

L’explication tristement rationnelle provenait de Chine. Une fusée Longue Marche 8A avait décollé à 3h48 heure de Beijing pour mettre en orbite des satellites du genre Starlink. Et le nuage correspondait aux gaz rejetés par la fusée lors de son vol. Ils étaient très lumineux parce la lumière du soleil les éclairait encore du fait de leur altitude élevée.

Mais les sinistres explications scientifiques n’enlèveront rien à ce que nous avons vu. Il s’agissait bien d’un OVNI, enfin jusqu’à ce qu’on l’identifie.