Airbag Chez Paulette

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Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.

Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.

Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup. 

Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle. 

Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…

J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.

Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.

Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.

Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.

Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir. 

Airbag – Century of the Self

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Century of the Self livre cinq morceaux pour un peu plus de trois quart d’heure de musique. Donc fatalement il y a des longs formats. ‘Dysphoria’ qui ouvre la galette et ‘Tear it Down’ qui le conclut.

Sans surprise Airbag fait du Airbag, encore que. Un prog gilmourien planant sur la voix plaintive de Asle Tostrup. Ce qui change un peu sur cet album c’est la basse hyper présente qui domine parfois la batterie.

La production du dernier opus de Airbag est une pure merveille ciselée. Certes, la partition n’est pas d’une grande densité instrumentale mais n’empêche, j’adore le son limpide de cette galette qui possède également des basses travaillées. C’est particulièrement flagrant sur le dernier titre qui joue les grands écarts.

Si Airbag a longtemps donné dans le gilmourish, Century of the Self, sans renier son passé, explore d’autres univers et le travail de Bjorn Riis sur les guitares comme les basses est tout simplement fabuleux.

Il faut également écouter comment Henrik Bergan Fossun habite la batterie par moment. Si des fois cela peut paraître minimaliste, écoutez bien le ‘Tear it Down’. Le monsieur nous donne une leçon de prog.

Les couplets de ‘Dysphoria’ possèdent un parfum psychédélique auquel se raccroche un refrain nettement plus à la sauce Airbag et un instrumental où la basse sonne de manière incroyable pour revenir au mood floydien vers la fin.

‘Tyrants and Kings’ possède la ligne vocale classique de Airbag et une écriture très linéaire sortie de l’envolée de guitares qui conduit au break final.

‘Awakening’ est le plus acoustique des cinq morceaux. Écrit à la manière d’une ballade bluesy, il aère agréablement l’album alors que ’Erase’ épouse une forme rythmée à la manière de Porcupine Tree. Une sorte d’électrochoc au fabuleux solo de guitare.

Et pour terminer, Airbag propose un quart d’heure de ‘Tear it Down’. Un morceau tout en progression où seul le riff du refrain me semble un peu facile en comparaison du reste.

Century of the Self est assez différent de A Day at the Beach, nettement plus épuré et moins floydien également, même si on y retrouve les ingrédients propres à Airbag.

Le virage pris par le groupe me plaît énormément et l’album rentre de ce pas dans mon top de l’année. Ca méritait bien une chronique plus longue et une édition vinyle, surtout avec une telle production. Mais vous pouvez quand même l’écouter sur Bandcamp.