Le talon d’Achille

Deux semaines de vacances à la maison en septembre. Le bonheur ! La saison idéale pour des promenades dans les Vosges, le jardinage, la photographie et la lecture sur un transat.

Je suis ce que l’on appelle vulgairement un pantouflard, quelqu’un qui aime sa maison, son jardin et les promenades dans la région.

Peu avant de profiter de ces congés mérités, je traînais un peu la patte, une douleur sourde dans le talon, rien de grave, sans doute de la fatigue. Mon hernie discale était également de la fête comme un truc coincé à l’épaule. Rien qu’un bon repos ne saurait réparer.

Le premier lundi des vacances, je pris la route du Parc de Sainte-Croix pour saluer les loups, les ours et les ratons laveurs. Mon traditionnel safari photo de la fin de l’été. Trois heures de route, six heures de marche, six kilos de matériel photo sur le dos, autant dire que je suis revenu cassé en deux, mais heureux. Ceci dit, une petite douleur irradiait du talon jusque mes orteils et mon dos était en compote. Du coup le mardi, j’ai zombifié.

Mercredi, pluie. J’ai acheté quelques albums sur Bandcamp et en ai écouté beaucoup d’autres. Jeudi, pluie, musique. Après un été de sécheresse, il fallait que le ciel me tombe sur la tête pendant les vacances. Du coup, le jardin c’est brutalement transformé en jungle.

Vendredi, débrousaillage, tonte, désherbage, jardinage et passages aux déchets verts. Une écharde d’un bon centimètre s’est plantée dans mon pouce gauche. L’opération pince à épiler a été un pur régal et je crois qu’un petit bout est resté coincé sous la peau, histoire de me rappeler de porter des gants plus épais la prochaine fois.

Lundi, je suis reparti dans les Vosges, à la cascade du Nideck en traînant un peu la patte ce qui ne m’a pas empêché de prolonger la marche. Mardi j’ai fait une nouvelle promenade plus longue encore, du côté de l’étang de Hanau, et mercredi je suis allé voir le médecin, car même la nuit, mon talon me lançait. Verdict, un truc au nom imprononçable de la famille des tendinites, le genre de chose qui met du temps à guérir à condition de rester au repos total.

Mercredi soir, c’était soirée Star Wars, trois épisodes de la nouvelle série Andor à déguster au calme. Enfin en théorie, car à table, après avoir avalé un anti inflammatoire pour le talon, avec pour effet secondaire d’affaiblir la coagulation du sang, je me suis planté un couteau très pointu dans la paume de la main gauche. Planté oui, et profondément vous voyez. Alors ça s’est mis à pisser rouge.

Un dénoyautage d’avocat bien mûr qui s’achève aux urgences. Trois points de suture plus tard me voilà avec un énorme pansement à garder pendant trois semaines, le genre de truc qui vous empêche de conduire, de tenir un appareil photo, de taper au clavier, sauf d’une main, de découper un avocat en deux et d’en extraire le noyau. Ceci dit, pour cette dernière activité, ça n’est peut-être pas plus mal…

Le jeudi, ce furent des visites au pharmacien qui m’avait vu la veille, à l’infirmière pour programmer ses prochains passages à la maison pour changer le pansement, au radiologue hilare de photographier mon pied alors que ma main est bandée, à l’autre radiologue pour l’échographie, amusé de retrouver ma bosse sur le gros orteil et pour finir au médecin étonnée de me revoir si vite. Un tout nouveau programme de vacances qui vont se prolonger, en survêtement et sandales, parce que les ceintures, les boutons et les lacets, c’est devenu trop compliqué pour l’instant. Quelqu’un peut me couper la viande ? S’il vous plait…

Autoportrait

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Difficile d’apprendre à jouer avec la lumière lorsque vous n’avez pas de modèle sous la main.

Je dispose bien des projecteurs, de l’écran et de l’appareil photo, mais personne à placer devant l’objectif.

Alors c’est moi qui m’y colle.

A l’aide de l’application SnapBridge de Nikon, je peux contrôler le boîtier à distance, régler quelques paramètres, regarder ce que je cadre et prendre la photo. 

Une télécommande de luxe bien pratique même s’il faut que je m’y reprenne toujours à deux fois pour établir la connection avec l’appareil photo. Je croyais qu’ils avaient corrigé ce bug. Ben non.

Donc je parlais de portraits et d’éclairages. Avec un fond noir, deux spots LED sans softbox, je travaille la position de la lumière sur le visage pour obtenir différents éclairages et textures.

Ce n’est pas facile car il faut regarder le smartphone où se trouve l’application SnapBrige pour se faire une idée du résultat et fatalement lorsque l’on prend la photo, le visage et les yeux bougent un peu, le temps de baisser les bras pour cacher l’écran.

Lumière dure, noir et blanc accentué avec beaucoup de clarté, c’est comme ça que j’aime les photographies depuis pas mal de temps, on va dire que c’est mon style à moi.

Le défaut et l’intérêt de ces traitements, c’est que cela exacerbe tous les petits défauts de la peau, les rides, les poils, les tâches, et de ce côté là je suis gâté. J’ai même dû retravailler certaines images pour ‘épiler’ les oreilles et le nez. Oui c’est moche de vieillir. Pour le rendu brumeux ouateux à la David Hamilton, vous repasserez. Après, j’ai amplement dépassé l’âge de ses modèles.

Alors pas de panique, si mes épaules sont dénudées, c’était pour l’esthétique toute relative de la chose. Je ne suis pas narcissique au point pour poser à poil. Je le précise car j’ai eu des réflexions à la maison et comme mes voisins me prennent pour un pervers, autant être clair, hein les petits enfants, vous aimez les films de gladiateurs ?

Bon passons.

Pour ne pas avoir à trop retravailler l’image, je n’éclaire pas le fond noir, les spots regardent un peu vers l’objectif. J’ouvre à 2.8 pour flouter le fond ce qui me permet également de moins éclairer.

Je n’ai d’abord allumé qu’un des deux spots pour obtenir une ombre très marquée sur le visage. Puis j’ai varié l’orientation de celui-ci, de face, de côté, aux trois quarts, de dos, car ici c’est le modèle qui doit bouger, l’appareil est sur un pied. Ensuite j’ai ajouté une seconde lumière, plus faible pour déboucher les ombres. Cela donne des images plus douces, moins contrastées malgré mon traitement noir et blanc très tranché.

J’ai fait une seconde série le lendemain, plus habillée cette fois, cadrée plus large, en ajoutant un petit projecteur LED dans le but de faire briller les yeux (raté) et en mettant en place les softs box. Entre temps je m’étais rasé même si ce n’est pas flagrant. J’ai posé le smartphone sur un pied également pour être plus à l’aise et mieux voir ce que je photographiais. Un des projecteurs éclairait le plafond blanc à 45 degrés, l’autre en partie tourné vers l’objectif, illuminait mon côté gauche.

Il faudrait sans doute que je rejoigne un club photo pour approfondir toutes ces techniques au lieu de jouer tout seul à poil dans mon salon…

Likez moi

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J’adore lorsque Flickr m’envoie plein de notifications pour certaines photographies. À peine postée, les vues grimpent en flèche, les favoris s’accumulent et les commentaires fusent. Pendant quelques heures j’ai l’impression d’avoir touché à la célébrité du bout de l’objectif.

J’adore lorsqu’une chronique en images décole, comprenez qu’elle dépasse les quinze vues, reçoit deux commentaires et trois like. Je me dis alors que je vais pouvoir enfin monétiser mes contenus YouTube.

J’adore lorsqu’un article du blog fait le buzz, d’ailleurs j’en écris certains juste pour cela. Les commentaires tombent, les partages se succèdent, les vues grimpent en flèche et l’article inonde la toile de sa bonne parole.

Quelques unes de mes photographies atteignent parfois les deux cent favoris et quelques milliers de vues. Ce n’est pas cela qui fera de moi un photographe professionnel pour autant. Je suis loin du compte.

Une de me chroniques a dépassé les six cent vues, mais ça ne compte pas, c’était celle de Marillion. Les plus regardées approche la centaine, ce n’est pas si mal mais cela ne justifie pas le temps passé. Mais comme je suis nul à l’écran…

Quelques articles du blog tirent leur épingle du jeu, mais ils sont rares. Il faut dire que j’écris tout ce qui me passe par la tête sans vraiment penser à ceux qui pourraient me lire. Ce blog, c’est ma thérapie à trente euros par an, le prix de l’hébergement du site WordPress.

Mon égo misérable se contente de ces quelques reconnaissances injustifiées pour exister. Mais des fois, j’avoue, ce relatif succès a le dont de m’énerver.

Par exemple la chronique de Marillion, pourquoi a-t-elle fait le buzz (en comparaison des autres bien entendu) ? La chronique n’était ni meilleure ni pire, juste que je parlais de Marillion. Les fans, nombreux sur Internet, se dint déchaîné.

Pour les photos, c’est un peu la même chose. Des fois un cliché s’envole alors que je ne lui trouve rien de plus que les autres. A croire que j’ai fondamentalement pas de goût.

Mais qu’importe. J’aime les like, les coeurs, les vues, les commentaires, alors allez-y, donnez moi l’illusion, ne serait-ce que quelques minutes, d’avoir du talent, d’être populaire, de faire le buzz, j’adore ça.

Leçon de choses

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Au tout début de Chroniques en Images, j’enregistrais le son avec le microphone de l’appareil photo. Le résultat était très parasité et lointain. 

Alors j’ai pris un micro cravate et le rendu s’est révélé bien meilleur. Sauf que le machin accroché au teeshirt déformait le col, que le fil était disgracieux et qu’à plusieurs reprises j’ai frôlé la catastrophe en me levant sans prêter au fil relié au Nikon.

C’est là que j’ai testé le micro-cravate accroché au pied du retour vidéo (comprenez mon smartphone). Plus de fil, plus de col disgracieux mais un son moins net fatalement.

Je me suis posé la question de l’achat d’un nouveau microphone. Mais il m’en fallait un câblé en mini jack pour se connecter avec le Nikon. Et on ne peut pas dire que j’en ai trouvé beaucoup, la majorité sont en USB.

Le premier que j’ai commandé avait un bras, un pied, une araignée et une mini jack, le tout pour une cinquantaine d’euros. Trop beau pour être vrai. Une fois déballé j’ai effectué un test et la chose était pire que le microphone de l’appareil placé à deux mètres. Autant dire épouvantable. J’ai immédiatement tout remballé et me suis fait rembourser l’horreur. Parfois Amazon a du bon.

J’ai cherché encore, lu plein de comparatifs plus ou moins partisans, sollicité des conseils et opté, un peu au hasard pour un Rode conçu pour la vidéo, un micro qui se fixe à la place du flash, posé sur une araignée et connecté à l’appareil en mini jack. 

Le second test fut nettement plus concluant, il faut dire que l’équipement coûtait trois fois plus cher. Moins de bruit, un son agréable et amplifiable, j’approchais du but mais je n’étais pas encore totalement satisfait. Le microphone restait trop éloigné de moi.

Pas question de changer d’équipement par contre, celui-là je ne pouvais le renvoyer et sincèrement je ne voyais pas quoi prendre à la place. L’idée était d’approcher le micro des poumons.

Pour cela il me fallait une rallonge mini jack de qualité. Je pensais en avoir une dans mon bazar, mais impossible de mettre la main dessus. C’était mon fils qui l’avait squatté. Merci Darty, pour moins de dix euros, j’ai trouvé mon bonheur. Il me fallait encore quelques chose pour tenir le microphone. Le pas de vis sous le Rode ne correspond pas à celui du pied photo et de ceux des projecteurs. Mais dans mes accessoires improbables, rangés au fond d’un placard, j’avais l’adaptateur magique. 

J’ai testé rallonge, pied et micro orienté vers moi à quelques centimètres, le son est infiniment meilleur, mais gaffe aux flatulences, là tout s’entend haut et fort.

Maintenant le studio vidéo est une véritable forêt. J’ai deux pieds pour les projecteurs, un pour l’appareil photo, un pour le retour vidéo et un pour le micro. Un véritable foutoir sans parler de l’écran vert dans mon dos. J’en suis maintenant à essayer d’améliorer l’éclairage, simplement en testant de nouvelles orientation des soft box. Il faut que l’écran vert soit uniformément éclairé et que mon visage soit bien illuminé. J’y travaille. Sur les dernières prises je descends à 160 ISO ce qui est plutôt pas mal. Le défaut c’est que pour l’instant je renonce à des jeux de lumières et d’ombres sur le visage.

La chasse à la Galinette

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Pendant ma semaine de vacances, je suis retourné à la Volerie des Aigles à Kintzheim. J’y avais déjà été en famille quand mes garçons étaient tout petits.

Le site se trouve dans les ruines du château, au pied du Haut Koenigsbourg. Nous sommes en plein triangle des Bermudes touristique de l’Alsace. Il y a le vignoble, les châteaux, la Serre aux Papillons, la Montagne des Singes, Cigoland et la Volerie des Aigles sur quelques kilomètres carrés.

La Volerie des Aigles est un conservatoire pour oiseaux, aigles, faucons, vautours, un lieu pour sauver certaines espèces en voie de disparition et pour les présenter au grand public.

Et du public il y en avait pour un mercredi de juillet, des familles entières ainsi qu’un paumé solitaire avec son appareil photo. 

Car je n’étais pas venu pour visiter le château que je connais déjà, ni pour regarder des gros oiseaux en cage, mais pour les photographier en vol. En effet plusieurs fois par jour, et pendant une quarantaine de minutes, les soigneurs font évoluer quelques oiseaux en toute liberté au-dessus des spectateurs médusés.

L’exercice s’apparente à la chasse. Faut bien viser et tirer juste. Les oiseaux passent à toute vitesse au raz du sol ou juste au-dessus de nos têtes. Il faut les suivre et shooter au bon moment. L’avantage, c’est qui si on tire à côté, personne n’est blessé et que si on vise dans le mille, l’oiseau continue son vol. De la chasse écologique quoi.

J’y suis allé avec le D810 et le 70-200 stabilisé sport. Un combo de concert parfaitement adapté à l’exercice. C’était un après-midi ensoleillé avec quelques cumulus et une trentaine de degrés à l’ombre. Chapeau obligatoire. 

Dans le ciel, l’autofocus en mode auto C, ça passe mais au raz du sol le mode pin était nécessaire. Avec une ouverture à 5.6 ou 2.8, en rafale haute, je pouvais shooter sans peine au 1/1000 ce qui était parfois insuffisant. Car c’est comme photographier une voiture de course. Les oiseaux peuvent atteindre des vitesses proche de 200 km/h en passant à quelques mètres de l’objectif. Ça va très très vite.

J’ai rapidement compris qu’il était plus facile de suivre un rapace venant vers moi que s’éloignant de l’objectif. Il suffisait de repérer le soigneur tenant l’oiseau et celui vers lequel il allait se diriger pour calculer la trajectoire optimale de l’objectif sans éborgner mes voisins. Je m’étais d’ailleurs mis en bout de banc, en plein soleil, à cinquante centimètres de toute personne pour éviter un accident de chasse.

Au final, je ne suis pas très content du résultat. La plupart des clichés manquent de netteté, mise au point ou léger bougé, et je n’ai pas capturé les moments les plus spectaculaires. C’est vrai que je suis assez lent à la détente. Si j’avais eu un fusil, je serai certainement entré bredouille de la chasse à la Galinette.

Le Batteur

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Que serait un groupe de metal sans le batteur ? Imaginez Dream Theater sans Mike Portnoy, en fait, pas besoin d’imaginer si on réfléchit bien…

Les autres membres du groupe se calent sur lui pour jouer, le bassiste jette toujours un oeil de son côté et les autres suivent. Le batteur est la colonne vertébrale du groupe, le piller. Sans lui pas de musique encore que certains le remplace par de la programmation de nos jours. Mais c’est mal.

Alors j’ai une question. Comment se fait-il que le batteur soit le plus éloigné du public, noyé dans les fumigènes et souvent mal éclairé ?

Ok, le gars sue comme un bœuf, sent la transpi, menace d’éborgner ses potes avec ses sticks et fait un potin du diable avec sa grosse caisse. C’est une bonne raison pour le mettre au coin.

Photographier un batteur, oui c’est là où je voulais en venir, relève de l’art. De base, photographier un groupe en live c’est chaud. Les lumières changent tout le temps, il y a des fumigènes, les mecs bougent tout le temps. f 2.8, 4000 ISO au 1/100 suffisent à peine pour chopper les gars. Alors imaginez le batteur.

Il est loin ce con, à plusieurs mètres, dans un coin sombre, noyé dans les fumigènes et en plus il n’arrête pas de bouger. Sur les grandes scènes, l’angle de vue depuis la fosse est juste impossible pour choper le tatoué qui s’excite au fond, à moins de soulever à bout de bras les trois kilos de matos sans trembler et cadrer à l’aveugle. L’autre solution est de poser le matos sur le bord de scène et de tenter de passer entre les projos, les retours, les câbles et les pieds pour dégager une vue sur le batteur. C’est là que le chanteur, le guitariste ou le bassiste masque le champ, juste au moment où il n’y avait plus de fumigènes.

Un batteur se choppe avec une focale de 200 mm au minimum. Pour lutter contre la brume, j’ouvre un plus plus, f 3.5 jusque 4.6 si je peux, j’ajoute du contraste et de la correction de voile en baissant les niveaux de blanc. Pour la vitesse, je monte à 1/400 et même là les sticks peuvent être flous, après ça peut être sympa aussi. Pour les ISO ben je monte, je monte, tant pis pour le bruit. Je cale la mise au point sur un des montants du kit ou sur le visage du batteur quand c’est possible parce mon Tamron est vite en panique sinon avec l’autofocus en mode pin. 

Ce qui est pas mal, c’est d’être autorisé à monter sur scène pour shooter – c’est rare mais n’hésitez pas à demander à la sécurité – derrière la scène c’est pas mal également comme sur les escaliers d’accès avec en bonus la vue sur le public. 

Reste le trop rare solo de batterie. Le moment parfait pour shooter. Encore faut-il qu’il y en ait un et que vous arriviez à temps pour photographier. A ce moment-là, les places sont chères dans la fosse.

Mais généralement, quand toutes ces conditions idéales sont réunies, c’est le moment où le titre s’achève, que le groupe se lance dans un morceau acoustique ou que le batteur se gratte son eczéma.

Bref j’ai trop peu de belles photos de batteurs. J’en ai une vraiment sympa de Lazuli et je crois que c’est tout. Un jour j’y arriverai, enfin peut-être.

Ce n’est vraiment plus de mon age

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Dimanche dernier j’étais au festival Rock Your Brain Fest à Sélestat. Deux scènes en plein air, plein de groupes que je connaissais à peine et 32 degrés à l’ombre, plus au soleil.

Je m’y rendais pour King Buffalo et Alex Henry Foster et j’ai eu le bonheur d’écouter de nombreuses formations que je vais probablement suivre de plus près comme Cellar Darling et Wardruna.

Grace à l’accréditation presse miraculeusement obtenue, j’ai pu shooter les groupes de la scène principale avec les grands et cela m’a également donné accès à l’espace VIP avec son bar, ses toilettes propres, ses relax à l’ombre et sa climatisation. Dommage que je n’ai découvert ça qu’assez tard dans l’après-midi, lorsque j’étais déjà cuit.

Tout commence sous un soleil de plomb vers 14h lorsqu’il a fallu faire la queue pour rentrer. Une fois encore j’aurais pu m’épargner cette peine car pour la presse il y a un accès rapide.

Arrivé dans la vaste prairie peu ombragée, les décibels explosent immédiatement mes oreilles et le soleil crame ma nuque. Alors je me tartine d’indice 50, bois un litre d’eau et rejoins la grande scène pour shooter avec les pros le premier groupe français Dust In Mind que j’ai déjà entendu dans une autre vie.

Autant la MainStage est immense, flanquée de ses deux écrans géants, autant la seconde scène, la Tiki Area est petite sous sa tente étouffante. Dommage, c’est là que joueront les deux groupes dont j’attends beaucoup. La MainStage est parfaite pour photographier avec ses éclairages puissants, ses deux écrans géants et un vaste espace pour le public. 

La Tiki Area est étriquée, mal éclairée et prend de plein fouet le son de l’autre scène. Pour les artistes qui se produisent là c’est un peu galère d’autant que beaucoup de monde se presse pour les écouter. En plus cette scène alternative est installée à côté des WC et le soir ça sentait la pisse chaude. Pour photographier, c’est l’enfer même avec l’autorisation de passer derrière. La fatigue de la journée additionnée à ces conditions donneront des images pas terribles pour King Buffalo et Alex Henry Foster.

Du coup, pour les photos, je suis souvent retourné sur la MainStage. Deez Nuts et Power Wolf valaient vraiment le détour visuellement, un parce que ça bougeait tout le temps, l’autre pour les décors gothiques et la mise en scène. Wardruna aura la palme des éclairages. S’ils ne bougent pas, tout se joue dans la lumière et l’atmosphère. Mystique !

Si vous vous demandez pourquoi je n’ai pas de clichés de Sister Of Mercy, je vais vous expliquer. Vous connaissez cette règle idiote des trois première chansons ? Non ? On vous autorise à shooter uniquement sur trois titres au début du set. Ben Sister Of Mercy innove dans genre. Non, pas de voile mesquin comme Steven Wilson, mais les photographes pouvaient prendre des clichés sur les quatrième, cinquième et sixième morceaux du show. Déjà à la base, Sister Of Mercy ça n’est pas ma came, alors poireauter en attendant notre tour pendant que King Buffalo arrive sur la petite scène, hors de question.

Puisque l’on parle de nos psyché américains, autant dire que le début de leur concert a eu du mal à décoller et j’ai pris peur. Heureusement, une fois le diesel chaud, c’est devenu pas mal. Dommage qu’il faisait encore jour pour les lumières et l’ambiance, mais bon, on ne peut tout avoir.

J’ai découvert peu avant le duo instrumental acoustique de Opal Ocean, deux guitaristes australiens qui ont su captiver le public par leur virtuosité et des reprises accrocheuses. C’est le genre de groupe sur lequel je vais pencher une oreille attentive dès que j’aurai le temps.

Ensuite ce fut le tour d’Alex Henry Foster. Le québécois a pris dans ses bras les quelques fondus qui faisaient le pied de grue devant la scène. Autant dire que moi qui ne suis pas très contact et reste toujours distant avec les artistes de crainte de les harceler, j’ai été carrément tétanisé quand il m’a pris dans ses bras pour me faire un bécot sur le front. Il est assez incroyable ce bonhomme. « Vive le Québec et l’Alsace libre ! » Qu’il dira pendant le concert. Le Québec pourquoi pas, mais l’Alsace, sérieusement ? Un poteau de la tente, placé devant la scène, sera l’occasion d’une pool dance acrobatique de guitariste, comme s’il ne faisait pas assez chaud Alex fait l’équilibriste pour se rapprocher de son public. Bon il n’y aura pas de The Power Of The Heart mais The Hunter et autres merveilles. Le show aurait mérité la grande scène du festival comle à la Laiterie en Novembre à Strasbourg. C’était fabuleux de les retrouver !

D’ailleurs j’ai failli en rester là mais je n’ai pas pu résister à un baroud d’honneur et aux les éclairages de Wardruna. Une dernière fois j’ai attendu que la sécurité laisse passer les photographes très nombreux pour ce dernier concert, et je me suis fait plaisir alors que mes voisins semblaient perplexes. Avec des  éclairages presque tamisés et un jeu d’ombres sur le fond granuleux, je trouve qu’il y avait pourtant matière à s’éclater.

J’ai perdu le pare soleil du 70-200, j’ai une brûlure aux cervicales, j’ai un peu abusé de triptans en 48 heures, je me suis déshydraté en buvant tout le temps, j’ai crevé de chaud et il me reste plusieurs heures de travail pour développer les photographies, mais j’avoue, je me suis éclaté au Rock Your Brain Fest. Par contre, ces conneries ne sont plus de mon age, il va falloir que je me range. J’étais un des plus vieux du festival…

Merci à toute l’équipe du Rock Your Brain Fest et à Zone51, c’était énorme ! A l’année prochaine ?

Photographe de concert, encore…

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Salut mes frères métallos. Je vais vous parler de photographie de concert ! Classique me direz-vous. Justement oui, concerts de musique classique.

Bon tout d’abord, comment se fait-il que je sois embarqué là dedans ? C’est une longue histoire, mais pour faire court, ma douce et tendre joue du piano et du violoncelle dans des ensembles classiques, du piano en musique de chambre, du violoncelle en orchestre. 

Le professeur de musique de chambre devait réaliser une affiche et la seule photographie dont il disposait n’était guère avenante. Alors ma chérie a vendu mes services gratuits de photographe amateur. Je ne me suis pas fait prier, bien au contraire, et j’ai ramené tout le bardas pour une séance photo studio, multiprise, rallonge, pieds, boitiers, optiques, soft box et projecteurs. J’avoue, ça a quelque peu déstabilisé le chef intimidé par l’exercice mais moi j’avais envie de me faire plaisir. J’ai réussi tant bien que mal à arracher aux musiciens un cliché un temps soit peu naturel et vu que j’étais en ville avec mon épouse, je l’ai accompagné à sa répétition d’orchestre.

Et bien évidemment, j’en ai profité pour faire quelques clichés des musiciens avec l’accord du chef. Les violonistes, flûtistes, trompettistes, violoncellistes, percussionnistes et chef ont aimé mes images et c’est ainsi que j’ai eu l’autorisation, voire l’obligation de couvrir leurs deux récitals de fin d’année.

Le premier se produisait dans l’auditorium du conservatoire, le second en plein air dans un kiosque à musique au milieu d’un parc arboré à Strasbourg.

Un concert classique, ce n’est pas un concert de rock. Les éclairages ne varient guère, les musiciens ne bougent pas, il y a beaucoup de monde sur scène et pas question de faire du bruit, de déranger les spectateurs ou de ramper sur la scène pour mieux cadrer. Il faut être invisible et silencieux. On a même pas droit à une bière fraîche pour s’humidifier le gosier.

L’immense scène du Conservatoire de Strasbourg est faiblement éclairée et les artistes sont habillés en noir. Seuls les visages, les cheveux, les mains et les instruments ressortent sous la lumière des spots immobiles. Un réglage suffit presque pour toute la soirée et c’est le grand angle qui est le plus sollicité. Il ne se passe pas grand chose sur scène et le sport consiste à varier les angles de vue, ne pas louper le soliste ou le chef plein de fougue. Dans cette grande salle j’ai évité de prendre le public car il n’y avait franchement pas grand monde, dommage car ce fut leur meilleure prestation.

Dans le parc des Contades ce fut une autre paire de manches. Le kiosque surélevé et fermé sur les trois quarts n’offre que très peu de visibilité depuis l’extérieur. A l’intérieur, trente musiciens se disputent le petit espace, il est donc difficile de naviguer sans déranger ou de photographier l’orchestre de face comme de côté. En plus, la lumière est compliquée avec la frondaison, l’ombre du toit du kiosque et un méchant contre jour. Tout ça sans flash. La répétition permet toutefois de réaliser quelques clichés dans le kiosque avant de se concentrer sur le public assis dans le parc à écouter l’orchestre. Un public d’habitués et de curieux qui assistent tout l’été à des récitals dans le parc le dimanche après-midi.

Une autre difficulté réside dans les artistes eux-mêmes. Les rockers font le show, grimaces, cornes du diable, postillons, transpiration, ça fait partie du prix du billet. Les musiciens classiques, particulièrement les amateurs, sont très concentrés sur leur instrument et partition, n’offrant pas forcément d’eux une image très avenante. Du coup il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour obtenir un portrait mettant en valeur le sujet. D’ailleurs, des fois c’est tout simplement impossible.

L’exercice change clairement des concerts de rock. Bon j’y allais pour accompagner ma femme, transporter le violoncelle et écouter un peu de musique. Mais j’avoue avoir pris un plaisir évident à l’exercice et je recommencerai à l’occasion, peut-être en 2023 pour leur récital annuel.

Accréditation

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En abandonnant Neoprog, j’ai renoncé aux petits avantages du métier, à savoir les soirées VIP avec les groupes, les filles et la coke dans des bains moussants de champagne. 

Ok, j’exagère un peu là, je veux dire le plaisir de rencontrer les artistes et d’être invité aux concerts.

Bon d’accord, quelques promoteurs m’ont invités, par amitié ou en souvenir du bon vieux temps, mais je n’ai pas eu l’occasion d’en profiter.

Alex Henry Foster

Par contre, lorsque j’ai appris qu’Alex Henry Foster serait au festival Rock Your Brain Fest à Sélestat avec King Buffalo, j’ai immédiatement pris ma place et peu après, voyant que les photos seraient interdites, j’ai osé demander un pass presse.

King Buffalo

L’organisation du festival m’a fait alors parvenir un questionnaire sur mon activité, mes médias et surtout mon audimat. Mes médias Flickr, le blog, YouTube, Facebook, Twitter, Instagram ok. Pour l’audimat, c’est là que ça fait mal, même très mal, comment se vendre avec dix à vingt vues par semaine ? Avec Neoprog c’était facile, une capture d’écran de Google Analytics et le tour était joué. Les chiffres parlaient d’eux même.

J’ai été honnête, j’ai rempli le formulaire avec les vrais scores du blog et de YouTube en me disant que je ne serai pas retenu. Tant pis pour les photos.

Surprise, dimanche, j’ai reçu la miraculeuse accréditation presse pour le 24 juillet. Soit la presse boude cet événement, soit j’ai un ange gardien quelque part. Toujours est-il que je suis très heureux. Je vais pouvoir à nouveau concilier mes deux passions, le rock et la photographie.

Cela fait très longtemps que je n’ai pas assisté à un festival. C’est un exercice très physique avec de nombreux concerts, la foule, la déshydratation, le poids du matériel, le niveau sonore et la fatigue. Il va falloir que je me ménage. Mais j’ai bien tenu le coup pendant les deux jours de compétition de tennis de table avec une crève en prime. Je devrais assurer s’il ne pleut pas des cordes. 

Cellar Darling

Ce qu’il y a de cool dans ce genres d’événements, outre rencontrer les groupes et labels présents – le pass presse est un sésame magique – c’est de découvrir de nouvelles têtes, des formations inconnues qui pourraient me convaincre en live d’aller plus loin avec elles comme The Sisters Of Mercy ou Cellar Darling que je ne connais pas vraiment.

The Sisters Of Mercy

Je ferai certainement un live report avec des photographies, peut-être même de la vidéo et je vous raconterai tout ça très bientôt. Mais si vous êtes dans le coin le 24 juillet, venez nombreux plutôt que de me lire, l’affiche vaut le déplacement.

Elle te plaît pas ma soeur ?

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Depuis une trentaine d’années, mon épouse et moi-même allons sur l’île de beauté. En avion, en bateau, en voiture, en location, en camping, en famille, entre amis, nous y retournons régulièrement.

La Corse est pour nous l’exotisme à moins de mille kilomètres. Des plages de rêve, de la haute montagne, des villages escarpés, des ruines romaines, des mégalithes, des calanques, des promenades en mer et de vastes espaces sans aucune présence humaine.

Tout d’abord il y a l’odeur du maquis et de la mer qui vous assaille à la descente de l’avion avec celle du kérosène. Vient ensuite celle des cochons sauvages, attention pas les sangliers domestiques, en saucisson, jambon, pâté et le fromage qui fait exploser les galères romaines.

Ensuite il y a les corses au caractère de cochon (pas pire qu’un basque, un breton ou un alsacien en fait) qui aiment qu’on leur dise que leur pays est magnifique.

Enfin il y a les routes tortueuses, parfois sommairement goudronnées, où l’on se croise prudemment à cinquante kilomètres à l’heure et ou on se fait doubler à cent dans les virages.

Nous avons posé nos pénates dans les golfes de Porto, de Saint-Florent et de Porto-Vecchio, visité les citadelles génoises de Bonifaccio, Calvi, la ville de Napoléon Bonaparte, l’université de Corte, les ruines d’Aleria, le désert des Agriates, le cap corse. Nous avons mangé des fiadones, du brucho, de la coppa, des fromages de brebis qui bougent tout seuls, du cabri roti, des aubergines farcies et même du faux saucisson d’âne.

Après plusieurs voyages en Corse, nous sommes parti vers l’île plus au sud, sa cousine la Sardaigne, assez similaire, plus sauvage, riche d’un incroyable patrimoine mégalithique, avec des sardes et des routes encore plus défoncées. 

Mais cette année, après six mois sans une seule pause, nous sommes reparti en Corse, notre premier amour. Après moult discussions sur la destination, Saint-Florent, Golfe de Porto, Porto-Vecchio, ma femme a jeté son dévolu sur la Balagne précisément sur Algajola, une petite ville sur la côte ouest entre Calvi et l’IIe Rousse. Pourquoi Algajola ? Pour la plage d’Aregnu située au nord du village. 

Car nous sommes des fans de plage. Il faut que notre location se situe à moins de cent mètres du sable, c’est essentiel. Ainsi nous pouvons, en maillot de bain, pieds nus avec une serviette, aller nous baigner deux fois par jour dans la Méditerranée. J’ai bien dit nous baigner. Nous posons nos affaires et plongeons aussitôt dans l’eau puis une fois rassasiés, nous repartons nous mettre à l’ombre de notre location, de préférence avec une bonne bière. Nous avons regardé trop d’épisodes de V pour rester sur le sable.

Oui mais bon, si nous n’aimons pas lézarder au soleil, que faisons-nous de nos vacances ? Une journée nominale ressemble à ceci :

8h00-10h30 promenade en voiture avec de nombreux arrêts dans les villages soit une quarantaine de kilomètres en fonction de l’état des routes.

10h30-11h30 plouf

11h30-15h00 bière corse agrémentée de fromages locaux, pain, cochon mort, sieste crapuleuse

15h00-18h00 marche à pied ou visite d’un site (dans tous les cas on marche et le soleil cogne, même en juin)

18h00-19h00 re plouf

19h00-20h00 bière locale agrémentée de biscuits corses, charcuterie insulaire, fromage explosif et éventuellement une tomate

21h00-23h00 cinéma, oui parce que, contrairement au reste de l’année, pendant les vacances, nous allons au cinéma, pas tous les jours, mais souvent, et pour voir n’importe quoi en fait

00h00-07h00 dodo

Nous avons vu la citadelle de Calvi, des pointes balayées par le vent, Top Gun, le village de Sant’Antonino, la plage d’Ostriconi, Hommes au bord de la crise de nerf, Pigna, trois tours génoises, le maquis, The Blues Brothers, le petit train qui relie Calvi à l’Ile-Rousse, le phare de la Pietra, Montegrosso, la chapelle San Michel de Murato et plein d’autres merveilles.

Comme nous partions avec Volotea, j’ai du faire des choix difficiles pour le matériel photo. Il fallait que mon bazar tienne dans un sac 40x20x20 cm à placer sous le siège. Oui parce que vous imaginez bien que je ne suis pas parti sans appareil photo. D’ailleurs, il m’a suivi partout, sauf dans l’eau. J’ai emporté le bon vieux D810 avec un 24-70 et un 70-200. Ça rentrait juste avec le chargeur de batterie. De quoi couvrir pas mal de situations même si j’aurais apprécié un 200-500 pour les surfers et les oiseaux.

Les lumières dures de la Corse ne sont pas toujours propices aux belles images surtout avec la brume de mer persistante et le vent à plus de 50 km/h en rafales. Difficile de stabiliser un 70-200 face au vent et impossible de nettoyer les embruns sur l’optique en pleine action. Je partais parfois tôt le matin et tard le soir en solitaire à la recherche des bonnes lumières mais ça n’a pas toujours été possible et puis, j’étais quand même en congés.

Je suis revenu avec deux cent clichés que je commence à trier, développer et publier tranquillement. Il y aura bien entendu un album photo de Balagne, le deuxième traitant de l’île de beauté depuis notre premier album en 2013. L’album photo des vacances est devenu une tradition.

Elle te plaît pas ma soeur ?