The Ocean – Solaris

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Plein d’albums sont sortis dernièrement et de nombreux autres ont été annoncés. Pour ma part, j’attendais beaucoup le nouveau Temic.

Mais finalement, après avoir survolé de nombreux albums, j’ai jeté mon dévolu sur Solaris de The Ocean après avoir hésité à écouter Hyppotraktor, Drowning Steps, Green Carnation et Temic.

C’est avec Holocene que j’ai découvert le groupe The Ocean, un album que j’ai vraiment adoré et que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore écouté.

Solaris ce sont huit titres de deux à dix-sept minutes pour une heure et neuf minutes qui mélangent chant féminin, masculin et growl sur un metal prog très varié.

Entre Holocene et Solaris, le groupe a perdu trois de ses membres, David Ramis à la guitare guitare, Paul à la batterie et Loïc au chant.  Ils ont aussi gagné quatre nouveaux musiciens dont une chanteuse. 

De la formation d’origine, il ne reste plus que Robin, un des membres fondateurs et Matthias qui a rejoint The Ocean en 2015. Alors, est-ce que The Ocean est encore The Ocean ? Je n’en sais rien et je m’en fou. Solaris est un excellent album et c’est tout ce qui m’importe.

De nombreuses influences se croisent sur cet album comme Archive sur le dernier titre très électro ou bien également dans ‘Ultima Esperanza’. ‘Belligerence’ renoue avec le growl sans compromis alors que ‘Departure Song’ donne dans l’alternatif avec des poussées post-metal assez modérées.

Solaris est alternatif, postmetal et électro, donc plein de surprises. Il débute en douceur, explose au milieu et s’achève en rave partie. Acoustique, électrique saturé, chant clair et growl se percutent pendant plus d’une heure sans que l’on voit le temps passer. Et j’aime beaucoup le mélange des voix de Lane Shi et de Enrico Tiberi qui compensent amplement le départ de Loïc.

Donc sans hésiter, j’affirme haut et clair que la nouvelle formation de The Ocean tient parfaitement la route et que leur album Solaris est une pure merveille qui mérite de rentrer dans mon classement 2026.

Mardi prochain je ferai grève pour protester contre la hausse du prix du pétrole, la montée du RN, l’ouverture de la chasse, les violences des forces de l’ordre, l’huile de palme dans le Nutella, la pollution lumineuse, l’inaction climatique et j’en passe…

Enfin, disons que je n’aurai pas le temps de publier une nouvelle chronique, la faute à un agenda particulièrement chargé.

Big Big Train Chez Paulette

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Un américain, une trompette, un suédois, un violon, un italien, des claviers, des britanniques, des guitares à deux manches, Big Big Train donnait un concert unique en France le dimanche 4 octobre, à Pagney derrière Barine.

La date était réservée depuis des mois dans mon agenda. Je n’avais jamais assisté à un concert de Big Big Train et leur dernier album Woodcut m’avait totalement convaincu. Il m’était impossible de manquer un tel évènement d’autant que j’avais loupé Airbag en mai dernier (je m’étais fait gentillement grondé par ArpegiA).

Le concert débutait à 19h30 et à l’entrée de la salle, des affiches annonçaient la couleur. Pas de vidéo, pas de flash et possibilité de faire des photos lors du premier morceau de la première partie et pendant dix minutes du premier morceau de la seconde partie. J’avais l’air malin avec mes deux boitiers photo et mes objectifs. Le bon côté, c’est que j’ai pu profiter du concert.

Et quel concert !

Déjà parlons du son. La dernière fois que cette salle avait si bien sonné, c’était il y a dix ans pour la venue Ray Wilson. On entendait tous les instruments, toutes les voix et les bouchons n’étaient pas indispensables.

Ensuite le groupe à joué trois heures avec une pause d’une vingtaine de minutes, proposant tout d’abord d’anciens titres de leur répertoire avant de se lancer dans l’intégrale du concept album Woodcut.

Ce fut tout simplement magnifique ! Des soli de trompette, de violon, de guitares, de claviers, un duo batterie trompette, des harmonies vocales, un public conquis. On ne pouvait rêver mieux.

Rikard nous a ébloui avec ses guitares, Alberto nous a livré un chant irréprochable du début jusqu’à la fin, régulièrement soutenu par Nick, Clare et Oskar. L’ancien batteur de Spock’s Beard, caché dans un coin de la scène, a montré tout son savoir faire, les claviers de Oskar nous ont replongé avec délices dans les sonorités seventies, le violon de Clare a apporté sa touche folk et la trompette de Paul a donné une teinte blues jazz à la musique.

Sauf que, à 22h30 tout était déjà fini, le concert avait passé beaucoup trop vite et aucun rappel n’était prévu pour gratter quelques minutes supplémentaires avec le groupe.

Les musiciens ont rejoint le public dans la salle à la fin du concert pour discuter, boire des bières et signer des autographes. Hélas, mille fois hélas, ils n’avaient plus l’album Woodcut, ni en CD, ni en vinyle alors que j’espérais repartir avec les deux.

J’ai quand même ramené quelques photos, le souvenir de cet excellent concert, la rencontre avec deux abonnés à la chaîne Youtube et le bonheur de retrouver les fidèles de Chez Paulette.

Un concert exceptionnel qui restera gravé dans les mémoires. Un immense merci à Big Big Train, à toute l’équipe de Chez Paulette et bien évidement à mes amis d’ArpegiA.

Vous trouverez toutes les photographies sur Flickr.

Dreadnought – War of Spirit // Wards of Light

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J’ai découvert le groupe Dreadnought avec l’album The Endless en 2022 grâce à une chronique de Stéphane Gallay. Tout de suite, ça donne le ton.

The Endless ne m’avait pas suffisamment inspiré pour que j’en fasse à mon tour une critique, mais j’avais gardé la formation du Colorado dans un coin de ma tête. Et voilà qu’est arrivé War of Spirit // Wards of Light avec sa pochette absolument sublime. Alors j’y ai jeté une oreille curieuse.

War of Spirit // Wards of Light est un album de seulement quarante minutes et six titres de quatre à neuf minutes. Des morceaux où la voix étonnante de la chanteuse Kelly Schilling prend presque toute la place. Un chant qui me fait beaucoup penser aux BO des films de Miyazaki comme dans le titre ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Dreadnought joue d’un metal progressif folk doom psychédélique art rock expérimental. J’aurai, pour ma part, tendance à les classer dans une sorte de post doom art rock, mais je ne suis pas certain que ce genre existe. Bref, ils sont clairement à part et je ne connais aucune formation qui leur ressemble, sauf peut-être The Gathering période Mandylion. 

Le chant clair de Kelly prédomine même si elle adopte de temps en temps le scream, tout comme Ryan qui s’essaye un à chant clair pas vraiment au diapason sur ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Violence et étrangeté se partagent les quarante minutes de l’album. Sur le titre d’ouverture ‘Tiamat’s Gate’, long de neuf minutes, growl et chant clair singulier se disputent la vedette sur une musique qui navigue entre metal, folk et symphonique.

Le morceau le plus impressionnant de l’album est sans doute ‘Serpent Of The Moon’. Il possède clairement une dimension onirique qui vire rapidement au cauchemar. Le titre d’abord tout en attente, prend un virage quasi cinématique en mineur avant d’être submergé par des riffs chargés d’un chant déchirant et d’un zeste de growl.

A côté de lui, ‘Aeonwar’ mêle une sorte de trip hop sur une voix de femme enfant à du scream et des riffs bien déglingués dignes des expérimentations de Steve Wilson. C’est carrément terrifiant et génial pour le coup.

Vous l’aurez compris, War of Spirit // Wards of Light, n’est pas vraiment un album confortable pour se reposer après une dure journée de labeur, sauf si vous avez besoin de passer vos nerfs sur quelque chose. Cela ne l’empêche pas d’être assez génial et inclassable, donc je vous le recommande fortement.

Mother of Millions – T

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T, le nouvel album de Mother of Millions, a quelque peu bousculé mon programme musical. Je ne l’attendais pas et lorsque j’ai appris sa sortie sur les réseaux sociaux, je me suis empressé de l’écouter. C’était le 11 septembre dernier, tout un symbole, et depuis je l’écoute quatre à cinq fois par jour.

Mother of Millions est un groupe grec que j’apprécie beaucoup et leur précédent album Magna Mater, sorti il y a deux ans, compte parmi mes préférés. Alors cette fois, je me suis offert T en édition vinyle. Hélas, je ne le recevrais que début octobre, donc pour l’instant, je me contente d’écoutes numériques.

T est un album de trois quarts d’heure et dix morceaux de une à huit minutes. Il commence très fort avec un ‘The wound’ métal progressif pour terminer par un ‘Death’ des plus folk.

Entre les deux, le groupe mélange les genres avec de l’électro-métal dans ‘The War’, des voix masculines et féminines, des violons dans le court ‘As One’, un peu de growl comme dans ‘The Sun’ ou des chœurs à la Evergrey dans ‘The Aftermath’. Cela fait de T un album easy listening assez varié bien que metal progressif dans l’âme qui nous parle des troubles qui secouent notre planète aujourd’hui.

On pourrait reprocher à Mother of Millions de s’inspirer d’un peu tous les groupes de metal progressif de la planète comme Voyager, Evergrey, Leprous ou Soen. Mais franchement, ne serait-ce pas ici une des forces du groupe puisque ces artistes réussissent à proposer un album assez unique en son genre malgré des ressemblances ?

La pochette du disque a été une autre source de plaisir pour moi. Ces drapeaux déchirés qui pendent comme du linge mis à sécher au soleil, avec en arrière-plan, la silhouette d’un homme qui regarde vers l’horizon.

Presque tout est dit dans l’image.

Mon titre préféré est l’avant-dernier de l’album, ‘The Sun’ avec ses huit minutes et vingt secondes, parce que, j’aime beaucoup que l’on prenne le temps pour développer une idée musicale. Son intro comme son final sont superbes et entre les deux ce n‘est pas mal non plus.

Si je me suis offert T en vinyle, vous vous doutez bien de ce qui va suivre. Le nouveau Mother of Millions va rejoindre la petite liste des albums susceptibles de rentrer dans mon top 2026.

Donc évidemment, je vous le recommande sans réserve.

Left alone… – Empty moment

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C’est presque sur un malentendu que j’ai écouté le groupe Left alone…Il me semble que c’est Alice qui l’a recommandé.

J’ai été totalement séduit par le premier titre de l’album Empty moment, et intrigué, j’ai poursuivi la découverte, même si le black metal, ça n’est pas franchement mon truc.

Left alone… est une formation venue du Connecticut qui n’aura existé que de 2014 à 2016 avant de disparaître. On parle ici de black metal atmosphérique parfois bluesy mais surtout très noir.

Avec cinq morceaux dont trois qui dépassent allègrement le quart d’heure, la démo Empty moment dure une heure et quatorze minutes. Bien pire qu’un concept album de rock progressif.

Sorti du premier morceau, qui est vraiment à part dans l’album, Left alone me fait beaucoup songer à Dymna Lotva par son chant hurlé et torturé à souhait. Et puisque l’on parle d’eux, le groupe bielorusse vient au passage de sortir une nouvelle galette que je n’ai pas encore écoutée.

Du chant hurlé et torturé donc, mais pas tout le temps. Il y a par exemple un délicat titre électro-acoustique instrumental épuré très justement intitulé  ‘Interlude’ pour séparer une pièce de dix-sept minutes d’une autre longue de vingt-quatre minutes. Heu oui, vingt-quatre minutes et cinquante-sept secondes pour être précis pendant lesquelles vous allez entendre des hurlements désespérés même s’il y a un peu de remplissage à la fin.

Mais je ne vous ai toujours pas dit pour quelle raison j’aime tant le premier titre. En fait, il s’agit de contrastes. Ces extraits de ‘Left alone’ de Abbey Lincoln qui alternent avec le black post metal hurlé composent une association musicale autant improbable que sublime dont je ne me lasse pas. Rien que pour ‘Burning Gardens’, l’album mérite la découverte.

L’autre morceau de choix est à mon avis le dernier, ‘She loves you…’. Non pas parce que c’est le plus long, encore que, mais parce que c’est sans doute le plus torturé même si ‘With her in winter autumn’ est pas mal dans le genre. Le chant, tel un cri de douleur, est hurlé sur une musique post metal jusqu’à ce que presque tous les instruments cessent et qu’il ne reste que la souffrance sur quelques notes de piano.

Le titre ‘Coldly as embers rise’ m’a un peu moins emballé. Non pas parce qu’il est plus court que les autres (seulement neuf minutes et trente secondes, excusez du peu) mais peut-être parce qu’il est moins complexe et plus frontal dans son écriture. Après une entrée en matière instrumentale très calme, les guitares s’énervent sur un chant lointain écartelé qui ne s’apaise qu’une minute avant la fin de la pièce.

‘With her in winter autumn’ est nettement plus réjouissant avec ses nombreux rebondissements. Il faut dire, qu’en dix-sept minutes, il peut y en avoir des rebondissements. Vous entendrez même du chant clair sur ce titre, ok clair, mais un peu écartelé quand même, il ne faudrait pas déconner non plus, c’est du black metal.

Empty moment est une excellente trouvaille avec un coup de cœur tout particulier pour le premier titre ‘Burning gardens’ qui mélange les genres avec subtilité.

Difficile malgré tout de le recommander aux progueux qui me lisent, Left alone… reste quand même un album pour forgeron averti.

Observers – The Emerald

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Je vais encore vous parler d’un album instrumental, mais il ne s’agit pas un live cette fois.

Il s’agit de The Emerald du projet australien Observers. Dix morceaux de metal progressif joués et composés par Martin Kennedy avec à ses côtés Chris Bohm et Rich Gray.

The Emerald c’est quarante minutes riches en guitares et synthés qui n’ont pas besoin de chant pour exister.

La musique entre atmosphérique, cinématique et metal progressif se suffit à elle-même. Les cordes des guitares remplacent avantageusement celles d’un chanteur tellement elles sont expressives.

L’album va de la musique de film au metal en passant par des influences world music comme dans le dernier titre ‘The Door’ et vous entendrez même de la flûte dans ‘Forest of Doom’ ou des claviers prog vintages dans ‘Predestination’.

J’ai même entendu quelques similitudes avec Ayreon et Star One, tout particulièrement dans le titre ‘Boreal World’ et son riff bien lourd qui revient tel un refrain à plusieurs moments du morceau.

The Emerald n’a toutefois rien de révolutionnaire et c’est aussi ce qui le rend très agréable à écouter. Les compositions sont majoritairement mélodiques, les guitares coulent de source, les claviers n’agressent pas les oreilles, bref, il s’agit d’un album très confortable.

J’ai beaucoup apprécié le journal gribouillé par Martin au fil des mois sur l’avancement de ses compositions. Il contient des notes, des dessins, les ébauches du projet qui a abouti à l’album final que l’on peut écouter aujourd’hui.

Martin était tout d’abord parti sur une histoire d’anciens astronautes avant de bifurquer vers un trou noir géant, envisageant un moment le thème des lignes de Nasca. Puis il a envisagé les pyramides pour finalement choisir la forêt comme sujet. Un fichier PDF qui fait office de livret pour l’édition numérique et que je vous invite fortement à découvrir.

The Emerald est le genre d’album qu’il est plaisant d’écouter en fond sonore. Il accompagnera à merveille vos lectures ou rythmera agréablement votre travail. Mais rien n’empêche de se plonger dedans au casque de temps en temps.

Alcest – Les Chants de l’Aurore

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J’ai eu l’occasion d’écouter Alcest en live à deux ou trois reprises. La dernière fois, c’était aux Dominicains à Guebwiller pour le festival Spirit in Black.

Alcest est un groupe de post black métal français que je connais mal pour la bonne raison que je n’ai jamais franchement accroché à leur univers musical. Mais comme ils passaient aux Dominicains, je me suis plongé dans leur album Les Chants de l’Aurore sorti il y a deux ans. 

Et j’ai adoré… la pochette.

Les Chants de l’Aurore fait manifestement référence à la culture japonaise et au monde onirique. La musique n’a de black metal que l’étiquette. Et même si un peu de growl pointe son nez, c’est un shoegaze atmosphérique qui domine. Seule la batterie absolument fabuleuse de Winterhalter transmet son énergie aux sept morceaux de l’album. 

Des morceaux de trois à presque neuf minutes pour un album de moins de trois quarts d’heure que je trouve pourtant assez long.

Je n’aime pas beaucoup le timbre du chant clair, au choix je préfère le growl. D’ailleurs en écoutant l’album, j’ai bien été en peine de savoir dans quelle langue étaient chantées les paroles et il a fallu que je cherche sur Internet pour réaliser qu’elles étaient en français.

Pour la musique, sortie de la batterie et de quelques claviers décoratifs, les guitares ne font pas vraiment d’étincelles exception faite de ‘Flamme Jumelle’. Résultat, je manque de stimulations tout au long de l’album.

Il y a pourtant des idées que j’aime beaucoup comme les cris aiguës dans ‘Komorebi’, le growl de ‘L’envol’, le court ‘Réminiscence’ au piano et violoncelle soutenu par des choeurs, le texte en japonais au début de ‘L’Enfant de la Lune’ et le délicat titre final ‘L’Adieu’.

Comme vous pouvez le constater, dans l’ensemble je préfère les formats courts de Alcest aux pièces de huit minutes et quelques. 

Après avoir écouté et réécouté cet album sans parler de les avoir vus en concert, je ne suis toujours pas convaincu par l’univers du groupe même s’il possède une indéniable originalité. Ce concert et cet album furent l’occasion de découvrir un peu mieux ce groupe français.

De là à vous le recommander, c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, vous pouvez vous faire votre propre opinion en l’écoutant sur Bandcamp.

Birth – Born

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Après une semaine de métal extrême, j’ai eu envie de reposer mes oreilles. Du coup, je suis allé du côté de mes premiers amours, voir si je pouvais trouver quelque chose qui me plaise. Et je suis tombé sur le groupe Birth et son unique album Born paru en 2022.

Le trio de San Diego voue un culte tout particulier au mellotron et aux sonorités vintages, proches de celles de In the Court of the Crimson King. On prend d’un coup six décennies dans les pattes, c’est violent. 

Si vous n’avez jamais entendu parler de Birth, vous connaissez peut-être Astra, un autre groupe de rétro prog qui a donné naissance à Birth en 2021.

Conor Riley et Brian Ellis, deux anciens membres de Astra, y jouent respectivement des claviers et des guitares. A la basse on trouve Trevor Mast qui avait déjà travaillé avec Brian Ellis sur d’autres projets avant de rejoindre Birth.

Birth joue d’un rétro prog très instrumental. Seulement quatre titres sur les six présents dans l’album sont chantés, et encore, il n’y a pas beaucoup de paroles.

Autant dire que j’écoute Birth pour me vautrer dans de délicieuses sonorités vintages. Des sons qui peuvent sembler étranges au commun des mortels, mais qui réveillent quelque chose dans l’âme des vieillards qui ont connu la musique des années soixante-dix. Ces babas cools qui ont un temps abusé de psychotropes.

Le chant de Conor possède la douceur de celui de Greg Lake, ses claviers les couleurs de Ian McDonald et les guitares de Brian se rapprochent du travail de Fripp dans sa jeunesse. En d’autre termes, Born ressemble furieusement aux débuts de King Crimson, la période que je préfère chez ce groupe qui a quand même expérimenté des trucs assez bizarres.

Mon morceau préféré s’intitule ‘Cosmic Tears’. Pendant presque huit minutes instrumentales il joue de psychédélique, de The Doors et de rétro prog. Guitares, basse et claviers se répondent de manière assez jubilatoire, tout particulièrement dans les deux dernières minutes du titre.

Mais franchement, tout l’album est excellent. 

Écouter Born est clairement un acte totalement régressif pour moi, mais de temps en temps il faut savoir se faire plaisir avec ce que l’on trouve. Nous n’avons qu’une vie après tout.

Si vous aimez le rétro prog, je vous recommande chaudement d’aller écouter cet excellent album doudou.

Il faut aimer le métal pour écouter du metal

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Spirit in Black est le festival de metal de l’association Headbang à Colmar. Trois soirées sous le signe du forgeron qui se déroulaient au Grillen à Colmar et aux Dominicains à Guebwiller.

A l’affiche, un seul groupe connu pour moi, et encore, pas un dont je sois franchement fan. Pourtant j’ai pris des jours de congés et je suis allé dans le Haut-Rhin avec mon matériel photo, spécialement pour couvrir le festival.

Je croyais aimer le metal, mais j’avais tord. Cris de cochon que l’on égorge, bruits de marteau piqueur, pogo du diable, flaque de bière et de liquides plus douteux, décibels sataniques, Spirit in Black est clairement un festival de l’extrême réservé aux initiés. Même les bénévoles de l’association Headbang, pourtant habitués du genre, se mettaient parfois à l’abri dehors.

La première soirée fut des plus éprouvantes. Je sortais d’une journée en montagne à observer l’éclipse solaire et j’enchaînais par une après-midi caniculaire entouré de métaleux. Le festival était sold out, les deux salles de concert bouillantes et la musique des plus violente. Et lorsque vous êtes plaqué contre la scène par des hordes de vikings transpirants, fouettés par des cheveux longs et bousculé sauvagement par des pogoteurs, réaliser de bonnes photos n’est pas une mince affaire.

Malgré toute cet étalage de violence, quelques groupes ont titillé mon oreille, en l’occurrence Decider et Spleen qui se produisaient sur la petite scène. Par contre, je ne vous cache pas que j’ai détesté la prestation de Gutrectomy. Il faut dire, avec un nom pareil, on pouvait s’attendre au pire.

Le second soir, ce fut nettement plus ma came. Il s’agissait encore d’une programmation de six formations de black metal relativement extrême, mais bizarrement ça parlait plus à mes oreilles.

Disons qu’au lieu de burinage gratuit, il y avait plus de musique. J’ai même eu un coup de cœur pour le trio français Sordide. Les photos ont été tout aussi sportives entre le public qui se jette dans la fosse, les pogos et les musiciens aux cheveux mouillés qui faisaient tournoyer leur tignasse.

Généralement, après deux trois morceaux, les photographes s’avouaient vaincus et sortaient boire, manger et photographier les festivaliers. J’ai retrouvé quelques têtes connues dans le public, des personnes que j’avais déjà photographiées lors d’autres festivals. Il y a des têtes que l’on oublie pas.

Le dernier soir, le dimanche, le festival s’exilait aux Dominicains à Guebwiller, dans une abbaye avec son cloître. Au programme, seulement deux groupes sans parler d’un DJ et d’une projection de film assez déprimante. La tête d’affiche était Alcest tout de même, clairement rien à voir avec les deux précédentes soirées. Je ne suis pas un grand fan du groupe mais je peux les écouter sans me tordre de douleur. J’ai même acheté pour l’occasion leur dernier album. Verdict, je ne suis toujours pas fan.

Mais photographier Alcest dans la nef d’une église au coucher du soleil, c’est quand même pas mal. Des colonnes immenses, des fresques à moitié effacées, des lumières incroyables et un son vraiment soigné, l’aventure méritait d’être vécue au moins une fois.

Après trois jours de festival et un millier de photographies de qualité discutables, je finissais ce marathon d’astronomie et de black metal où la meilleure photo aura été sans doute celle de l’éclipse.

Je l’avoue, je suis allé à Spirit in Black plus pour réaliser des photographies que pour écouter de la musique. J’y ai rencontré plein de gens sympas, j’ai écouté quelques groupes qui m’ont intéressés, j’ai mangé de délicieux burgers et bu des litres de cola tiède. Le staff et les bénévoles de l’association ont été aux petits soins avec les photographes, l’organisation était au top, alors un grand merci une nouvelle fois à Headbang d’organiser de tels événements pas loin de chez nous et à l’année prochaine.

Les photos d’Alcest sont ici.