Messalina – Golden Wounds

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Il y a quelques années, je me suis fait agresser par le chroniqueur d’un magazine concurrent, pour avoir publié la pochette d’un album de métal sur les réseaux sociaux.

La pochette en question était d’une grande violence et ma publication tombait peu après l’attentat du 14 juillet à Nice. Mauvais timing.

Neoprog et moi-même avons été traîné dans la boue sur les réseaux sociaux avec en prime une magnifique campagne de diffamation à l’appui. Cerise sur le gâteau, je sortais d’un grave accident qui m’a cloué sur un canapé pendant six mois.

J’ai subi ces attaques sans vraiment être en état d’y répondre. Mauvais timing comme je le disais.

Je vais pourtant récidiver dix ans plus tard, en priant qu’il n’y ait pas de nouvel attentat à Nice, avec une pochette peu ragoûtante, le premier album du groupe niçois Messalina, histoire de rappeler aux âmes bien pensantes que nous vivons dans une démocratie (encore pour quelques mois) et que nous disposons encore de notre liberté d’expression.

L’album en question s’intitule Golden Wounds, six morceaux pour moins d’une demi-heure de rock alternatif post grunge.

Et en réalité cette chronique n’est pas vraiment d’un règlement de compte, c’est juste que la pochette de l’album et l’origine du groupe m’a rappelé ce fameux accrochage avec l’autre magazine.

Mais, parlons plutôt de musique. Le quatuor niçois Messalina existe depuis quelques années et sort ici son premier EP. Dans ses rangs, deux musiciens venus des groupes Igorrr et Svart Crown, autant dire pas franchement des tendres.

Pourtant, Golden Wounds ne donne pas dans le métal et encore moins dans le progressif, mais bien dans un rock alternatif à la violence froide contenue. Et c’est très bon.

Des invités viennent épicer l’écriture de Messalina, le groupe de sludge belge Doodseskader, le multi instrumentiste français Kabbel et le groupe de doom Néerlandais Dool. Autant dire, du beau monde venu d’univers très variés.

Sur la pochette en noir et blanc, on voit d’atroces cicatrices sur le corps d’une femme dénudé, les fameuses blessures dorées du titre. J’avoue que l’image peut choquer, c’est d’ailleurs sans doute le but visé, mais vous n’êtes pas obligé de regarder. Par contre, vous devez écouter.

Pour la musique, nous avons affaire à une écriture nerveuse avec des passages épurés sur un chant clair pas trop typé et agréable à écouter, qui vire parfois au scream. La production est limpide, laissant entendre tous les instruments sur lesquels la caisse claire ressort tout particulièrement.

Les guitares ne donnent pas vraiment dans l’esbroufe virtuose et assument leur héritage grunge. Messalina pourra faire songer à Klone, The Pineapple Thief ou encore Nirvana, mais son identité est déjà bien établie avec ces six morceaux. On ne parelera donc que de subtiles influences.

C’est certainement  ‘A Cross’ le morceau le plus nerveux de l’EP. Si les couplets restent posés, le refrain décrasse bien les oreilles et dynamise l’ensemble. Une recette simple et efficace adoptée pour la plupart des titres de Golden Wounds.

Je ne peux que vous recommander cet excellent EP. Messalina est un groupe qu’il va falloir surveiller de près, car il démarre sur les chapeaux de roues.

Prince of Failure

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Si vous connaissez le groupe Tesseract, vous avez probablement entendu parler de Daniel Tompkins. Chanteur du groupe depuis 2014 après un bref passage entre 2010 et 2012, il a également œuvré en solo.

Avec Paul Ortiz, il sort cette année Prince Of Failure chez le label Kscope, un album métal prog électro de douze titres pas franchement révolutionnaire.

Vous allez entendre du growl comme du chant clair dans Prince Of Failure. Mais ne vous y trompez pas, l’album est de facture nettement plus commerciale que le dernier Tesseract War Of Being. Je n’irai pas jusqu’à écrire que le duo a mixé de la soupe, mais, disons que je ne trouve pas beaucoup d’intérêt dans leur musique.

Sorti de deux brefs instrumentaux sans réelle matière, ‘The Glass Of Veil’ et ‘Palace Of Echoes’, les dix autres titres possèdent un format radio dans la durée, la forme et l’esprit. On dirait des tubes de boys band metal mis bout à bout.

Alors, bien évidemment, c’est Daniel qui chante et Paul qui joue, donc ça ne peut pas être totalement mauvais non plus. D’ailleurs Prince Of Failure se laisse écouter sans déplaisir.

Par contre, je ne reste concentré dessus que le temps de deux morceaux, après mon esprit n’est plus dans la musique, il fait autre chose.

Il y a tout de même ‘Heartless’ qui me réveille juste à temps avant la fin de l’album, un morceau bien gras après beaucoup de guimauve à la manière de ‘Moonlight’. J’aime également ‘Silent Throne’ pour son côté rythmique complètement pompé à Tool, mais bon, est-ce bien un compliment que je formule ici ? 

Je suis injuste, il y a tout de même ‘Phantom’ qui s’énerve bien, mais il ressemble trop à du Vola pour sortir du lot.

Quant au duo ‘Horizon’ avec Kristyn Hope, il semble conçu pour cartonner dans les charts britanniques avec son clip à la manière d’un Dune de Christopher Nollan, mais avec un tout petit budget.

Prince Of Failure manque vraiment d’identité, pêche par son absence totale de prise de risque, bref ne présente pas grand intérêt, sorti le fait d’écouter Daniel Tompkins.

Je ne vous le recommande pas, tout simplement parce qu’il y a tellement d’albums plus intéressants à écouter sur terre.

Ok Good Night – stop/go

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Décidément, j’ai vraiment du mal à écouter des albums ‘normaux’ en ce moment. Pour preuve, aujourd’hui je vais vous parler de stop/go du groupe Ok Goodnight.

Je l’ai trouvé en naviguant au petit bonheur sur Bandcamp. Mais je n’étais pas totalement en territoire inconnu puisque Stéphane Gallay, oui encore lui, avait présenté l’album The Fox And The Bird en 2023.

Ok Goodnight est un formation de Boston née en 2018 qui peut être classée dans la famille du rock progressif au sens large. Le groupe joue d’art rock fusion trip hop metal électro progressif décomplexé.

Autant dire que c’est pour le moins déstabilisant, d’autant que la chanteuse, Casey Lee Williams, ne calme pas le jeu.

stop/go est un album qui dure quarante-sept minutes avec dix titres au format radio. Cela ne le rend pas forcément plus facile à écouter, car la musique et le chant partent dans toutes les directions.

Le seul morceau qui ne soit pas complètement barré s’intitule ‘Call Me Away’. Un petit texte mélancolique, limite désespéré sur une musique des années trente. Le reste est nettement plus exotique.

C’est ce qui rend stop/go assez génial mais également difficile à écouter. Disons que ça n’est pas vraiment reposant.

La voix de Casey est assez bluffante. Sa tessiture lui permet de partir dans les aiguës pour revenir à des médiums puissantes, changeant sans cesse de direction.

Même si le titre ‘Top of the Bottom’ flirte avec le métal progressif, l’ensemble de l’album est clairement plus art rock, il n’y a qu’à écouter le saxophone fou dans le morceau suivant pour s’en persuader.

Les claviers de Martin produisent des petites notes étranges, la basse de Peter rebondit comme une balle de ping pong, la batterie ciselée d’Augusto est sans cesse en mouvement et les guitares caméléons, parfois pliniesque, parfois jazzy, parfois djent, parfois pop nous déstabilisent en permanence.

Mais vous savez ce que j’ai vraiment adoré sur stop/go ? Ben c’est la pochette et la photo du groupe. Oui c’est ça qui m’a décidé à écouter l’album…

Au final, il m’aura fallu de nombreuses écoutes pour apprivoiser leur musique.

C’est n’est sans doute pas ce que j’écouterai tous les matins en me brossant les dents où le soir sous la douche, mais l’album mérite tout de même la découverte.

Elder au P8

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Après avoir découvert avec bonheur le groupe Elder, j’ai eu envie de l’écouter en live. Et cela tombait bien puisqu’il jouait le 24 juin au P8 à Karlsruhe.

Sauf que nous subissions une forte canicule avec 36 degrés à l’ombre. Autant dire qu’il me manquait quelques heures de sommeil. Pour compliquer les choses, j’avais accepté de couvrir le concert pour le magazine allemand de musique Laut.de.

Assister à un concert en salle par 30 degrés c’est une chose, photographier les groupes dans ces conditions en est une autre. Mais j’avais déjà pris mon billet, proposé à Seb de m’accompagner et demandé une accréditation photo à Bert. Je ne pouvais pas me défiler.

Elder est un quatuor berlinois et leur dernier album Through Zero avait chatouillé mes oreilles. Leur musique est tout le temps en équilibre instable entre progressif et psychédélique. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner en live.

Bert m’accueille à notre arrivée vers 19h et m’annonce, après m’avoir remis le pass crew du P8, que le journaliste de Laut.de est malade. Du coup je vais bosser pour mon compte, ce qui me simplifie la vie. Seb m’offre un coca durable alors qu’il ose la pills allemande avec cette monstrueuse chaleur. Puis non content de de rendre malade, il part se restaurer au Mal Bouffe local pour échapper à la saine nourriture végane du P8. Moi je prépare le matériel dans la fournaise en squattant le premier rang.

REZN ouvre le bal vers 20h. La musique du quatuor de doom de Chicago me laisse relativement indifférent, seul le claviériste saxophoniste geek qui joue avec une manette de console propose un spectacle amusant. La prestation du groupe est statique, leur musique relativement convenue, ce n’est ni bon ni mauvais mais il fait très chaud. Bref je m’ennuie et je dégouline.

Elder ne tarde pas à prendre leur place. Et malgré la foule, la chaleur et la fatigue, c’est immédiatement magique. Ils sont cinq sur scène, le bassiste au centre, les guitaristes de chaque côté dont le chanteur à droite, le batteur fou au fond et le clavier très discret, caché sur la droite. 

Le groupe joue principalement leur dernier album ce qui me va parfaitement puisque c’est le seul que je connais. Si le chant dérape sur quelques morceaux, la performance du groupe reste excellente et le son du P8 juste magnifique. Je retrouve les titres de Through Zero joués en live du coup j’en oublie un peu de photographier le groupe et la moisson d’images sera inversement proportionnelle au bonheur de les écouter.

En parlant de photo, je ne vous cache pas que j’en bave. Les boîtiers ne réagissent pas forcément bien à la chaleur et le gars aux commandes doit aller se rafraîchir régulièrement. En plus beaucoup de mes images sont sous exposées à 4000 ISO, sans doute à cause d’éclairages faiblards.

Après un coca, une bouteille d’eau et plusieurs douches au robinet sans parler du brumisateur installé dehors, le concert se termine dans une atmosphère brûlante. Malgré cela je trouve la force d’aller faire la queue au stand de merch pour m’offrir le vinyle de Through Zero version longue et un tee shirt vert pour faire bonne mesure. Seb fait pareil d’ailleurs, un vrai copieur, sauf pour la taille du tee shirt, parce que lui n’est pas un nabot.

Ce fut vraiment un excellent concert malgré les températures caniculaires. J’ai hésité à y aller mais je n’ai pas regretté l’aventure. Elder mérite vraiment la découverte.

Les photos de ELDER sont ici.

Elder – Through Zero

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Stéphane Gallay et moi sommes en phase en ce moment. Je me retrouve régulièrement à parler d’albums qu’il a déjà chroniqué.

Stéphane à souvent parlé du groupe Elder sur son blog, depuis 2015 en fait avec Lore, et ce n’est pas pour autant que j’ai acheté Lore, Omens et Innate Passage. Peut-être parce que j’écoutais déjà d’autres groupes de psychédélique à ce moment-là et que c’est quand même une musique que je goûte à dose homéopathique.

Quoiqu’il en soit l’album Through Zero est arrivé à point nommé dans un profond gouffre d’inspiration et une crise existentielle relative à mes habituels groupes de référence. Le groupe allait se produire dans une de mes salles préférées, le 24 juin alors j’ai foncé.

Elder est une formation de Berlin née en 2008 dans le Massachusset, un quatuor de rock progressif psychédélique avec quatorze albums et EPs à leur actif.

Through Zero, leur dernier bébé, pèse une heure et six morceaux dont trois de plus de neuf minutes.

N’attendez pas un disque de fumeurs de moquette. Through Zero trouve son équilibre entre progressif, stoner et psychédélique. Les transes sont légères, le prog est énervé et la musique variée. Ils sont nettement moins barrés que King Buffalo pour ne citer qu’eux.

Through Zero est un terme technique emprunté aux ingénieurs du son mais c’est ici, et je cite le groupe, “un point médian sur un chemin en grande partie invisible, où le voyage est la destination et où la réalité est moins linéaire que la plupart d’entre nous ne le concevons.”.

Ce qui m’a tout de suite plu dans cet album, en plus de sa pochette, c’est la proximité entre le rock progressif et le psychédélique sur les six morceaux. Vous aurez du mal à trouver le point de bascule entre les deux mondes tant leur musique réussit à la perfection cette étonnante symbiose. 

Lorsque l’on se laisse porter par les notes, on découvre soudain que le groupe à basculé de l’autre bord, sans vraiment comprendre comment il l’a fait. Même le titre ‘Strada’, qui abuse par moment de champignons, retombe à chaque fois sur la forme progressive.

Et le seul instrumental de l’album, ‘Sight Unseen’, long de presque neuf minutes quand même, joue plus du space rock que du space cake.

Through Zero est un excellent album hautement recommandable, et si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à aller les écouter au P8 à Karlsruhe demain soir, ça devrait être un très beau concert.

Crown Lands – Apocalypse

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Comme beaucoup des sorties très attendues n’arrivaient pas à éveiller mon intérêt, je veux parler de Port Noir, Bruce Soord ou Devin Townsend par exemple, j’ai décidé d’écouter un album assez éloigné de ma zone de confort. Je veux parler du groupe de heavy prog vintage canadien Crown Lands qui se réclame de Led Zep et de Rush. Une grosse prise de risque pour moi qui n’aime pas Rush et ne connais que quelques tubes de Led Zepplin.

Apocalypse est un album sept titres dont un de presque vingt minutes. Il sonne des plus seventies et est joué par le duo formé de Cody et Kevin. Cody chante très haut à la manière de Rush en jouant de la batterie et de la flûte quand Kevin fait tout le reste, basse, guitare et claviers.

On ne va pas se mentir, l’album possède un côté enthousiaste, approximatif, brut d’enregistrement et un peu à côté du diapason, comme si le passage en studio s’était fait dans une cuisine. Cela lui donne aussi une certaine fraîcheur que certains artistes semblent avoir perdu au fil des années.

Apocalypse donne dans le rétro prog à la frontière des sixtes et seventies sans la moindre recherche de modernité ce qui me l’a rendu immédiatement sympathique. Par moment, c’est même à la limite du kitch.

La musique de Crown Lands est rock, dynamique et rythmée avec force de guitares. Il faut attendre l’avant dernier titre, ‘The Revenants’ pour que l’album se calme un peu avec un morceau quasi acoustique.

La pièce de choix est le tout dernier morceau de l’album, une pièce de presque vingt minutes intitulée ‘Apocalypse’. On y retrouve de nombreuses inspirations allant du néo-progressif à la Marillion au prog symphonique à King Crimson et Yes. Certes, le titre ne réinvente pas la poudre, il ressemble presque d’ailleurs à un medley de best of des seventies, mais cela s’écoute quand même avec bonheur. En plus Cody torture un peu moins sa voix dans les dernières minutes du titre ce qui repose mon oreille qui a été bien malnenée pendant tout l’album.

Je ne vais pas vous sur vendre Apocalypse ni le placer dans mon top de l’année. Mais si comme moi, vous aviez une envie soudaine de prog vintage, vous pouvez y jeter une oreille, on ne sait jamais, sur un malentendu.

A Forest Of Stars – Stack Overflow In Corpse Pile Interface

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Parfois, je tombe sur des albums étranges comme Stack Overflow In Corpse Pile Interface du groupe A Forest Of Stars. Rien que le titre fait peur et vous n’avez pas encore entendu la musique.

Évidemment, c’est Stéphane Gallay qui a recommandé ce truc improbable, sinon je ne l’aurai pas trouvé tout seul.

A Forest Of Stars se définit comme un groupe de black metal britannique. Moi, je parlerai de black metal folk ambiant progressif. Un narrateur enroué et une chanteuse se rencontrent sur un metal plein de claviers et de violon.

Stack Overflow In Corpse Pile Interface est formé de seulement six morceaux dépassant les dix minutes pour une heure et quart de musique.

Comme le dit très justement Stéphane, le narrateur torturé possède un je ne sais quoi de Fish chantant sur le premier album de Marillion, Script For Jester’s Tear. Mais la comparaison s’arrête là.

Le chant récitatif est aussi comparé au travail de la chanteuse de new wave britannique Anne Clark. Je veux bien le croire, mais j’ai toujours snobé la new wave alors je n’en sais rien.

Le violon joué par Katheryne, et qui constitue un des piliers de la musique du groupe, ne sort clairement pas d’un grand prix du conservatoire. Il est joué à tzigane, accentuant le côté folk rugueux de la musique. Guitares, basse et batterie ajoutent encore un parfum sauvage à l’écriture de A Forest Of Stars.

Si le premier titre ‘Ascension of the Clowns’ ne vous fait pas flipper, c’est que vous avez le cœur bien accroché. D’autant que si vous lisez les paroles, vous risquez de devenir dingue. Et si vous les comprenez, c’est que vous l’êtes déjà.

N’empêche ou bien à cause de tout cela, Stack Overflow In Corpse Pile Interface est un album génial, unique, totalement frappadingue, dérangeant et beau que vous devez absolument découvrir, quitte à en perdre la raison.

Alors foncez l’écouter, il rentre de ce pas dans mon top 2026.

Maintenant, il faut que je lui trouve un successeur pour la semaine prochaine, et je ne vous cache pas que cela va être compliqué.

Aquilus – Bellum II

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C’est Stéphane Gallay qui m’a vendu l’album Bellum II du groupe australien Aquilus il y a deux ans. Dans sa chronique, il comparait Aquilus à Wilderun, de quoi me mettre en appétit. 

Pourtant, à l’époque, je n’avais pas cédé à la tentation, et c’est en découvrant, un peu par hasard, un autre album du groupe, Griseus sorti trois ans plus tôt, que j’ai décidé de donner une nouvelle chance à Bellum II. 

Aquilus donne dans le black metal progressif symphonique cinématique à growl caverneux. Et c’est justement le chant qui m’avait découragé la première fois. Car après une magnifique ouverture cinématique, l’album balance une charge de grosse voix ténébreuse qui en découragerait plus d’un. 

Il fallait manifestement passer le cap de ‘Into the Earth’ pour découvrir toute la complexité et la beauté de la musique d’Aquilus. Parce que lorsque vous arrivez au troisième titre, l’instrumental ‘A Solitary Demise’, il est difficile de ne pas tomber amoureux de cet album.  Le piano classique s’invite alors de la plus délicieuse manière qui soit. 

En huit morceaux, dont deux pièces épiques et presque une heure de musique, Bellum II donne un métal symphonique cinématique, entre romantisme et impressionnisme. Piano, violon, flûtes, chant lyrique, guitare acoustique à la Steve Hackett et black metal travaillent à l’unisson et même le growl, qui m’avait d’abord rebuté, trouve tout son sens. 

Certains titres sont de facture assez classique, comme ‘High to Her Gloam’, d’autres sortent vraiment des sentiers battus. Ecoutez donc ‘Admidst Soughing Tristesse’ si vous n’êtes pas convaincu avec chanteuse lyrique Annemari Välipelto, le piano classique et la guitare mandoline. 

Vous pouvez également jeter une oreille à l’instrumental ‘Sombre loom’ qui suit ‘High to her Gloam’. Un titre à l’écriture plutôt légère, en comparaison du reste de l’album, qui se rapproche plus d’un folk cinématique que d’un black metal symphonique.

Tout ça pour dire que Bellum II est un album d’une grande richesse qui puise son inspiration dans de nombreux univers musicaux dissemblables et arrive malgré tout, et même avec brio, à être d’une grande unité artistique.

Alors pas de doute, Bellum II est un chef d’œuvre du genre qui ne plaira sans doute pas à toutes les oreilles parce que de temps en temps, il tabasse quand même un peu fort. Mais ne faites pas comme moi, donnez-lui une chance, ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Il mérite plus que la découverte.

The Moon and the Nightspirit – Seed of the Formless

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Pour fêter la défaite du Viktor Orban en grandes pompes (un facho de moins), je vais vous parler aujourd’hui d’un groupe hongrois, enfin d’un duo. The Moon and the Nightspirit est né en 2003 de la rencontre de Agnès et Mihaly et Seed of the Formless dont nous allons parler est leur huitième album. Huit titres de quatre à six minutes qui donnent dans le folk doom pagan

D’après Wikipedia, “leurs chansons parlent principalement de contes fantastiques païens et de chamanisme”. Agnès chante en anglais comme en hongrois d’une belle voix claire et Mihaly joue d’un growl très modéré sur quelques titres comme ‘The First Tremor’.

Si à leurs débuts, le duo jouait plus de world music et de folk comme dans l’album Osforras, il semblerait qu’il prenne un virage doom au fil des années.

Mais au fait, comment suis-je arrivé à écouter ce groupe hongrois ? C’est Alice qui a adoré leur dernier album et l’a même comparé au groupe Kalandra.

Et puis, ne nous mentons pas, la pochette dessinée par Agnès, qui en plus d’être chanteuse et multi-instrumentaliste, peint à ses heures perdues, m’a tapé dans l’oeil. D’ailleurs toutes les pochettes des albums de ce groupe sont des petits bijoux graphiques.

Seed of the Formless est un album lent, pas loin du doom, où les instruments acoustiques ont laissé place aux guitares électriques et claviers. Il y a bien un peu d’électro-acoustique, sur ‘The First Tremor’ par exemple, mais ce n’est pas l’esprit de l’album.

‘Fount of Everlight’ est peut-être le morceau le plus “agité” des huit, une sorte de single pour disque de doom qui réveille les morts. Le chant clair d’Agnès domine la musique ponctuée des quelques cris de Mihaly tout particulièrement sur ‘Olden Resonance’, un titre qui s’énerve bien dans les dernières secondes.

Mais au final, je me suis souvent ennuyé en écoutant Seed of the Formless. L’album est trop monotone pour sa durée. Il s’écoute bien en musique de fond, installant une ambiance pesante et sombre, mais j’ai du mal à rester concentré dessus pendant trois quarts d’heure qui me paraissent une éternité.

Je vous conseille toutefois d’aller écouter d’autres albums du groupe, comme Osforras ou Holdrejtek, des disques à l’écriture plus folk qui méritent le détour.

RPWL – World Through My Eyes Live

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Je sais, j’ai dit que je ne chroniquerai plus les promotions venant des artistes ou des labels. D’ailleurs j’ai largement communiqué dans ce sens depuis la fin du magazine auprès des intéressés, jusqu’à me rendre injoignable sur les réseaux sociaux.

Mais Gentle Art Of Music ne veut rien entendre et je reçois toujours leurs albums par la poste. Par chance, il n’y en a pas souvent. Du coup, je considère ces disques comme des cadeaux, et plus des promotions, c’est main n’est-ce pas ? Ne prenez pas ce prétexte pour m’envoyer des disques, de toute façon je ne vous donnerai pas mon adresse postale.

Bref, tout ça pour dire que je vais vous parler aujourd’hui du double live de RPWL, World Through My Eyes Live. Oui encore un live, on aurait préféré un nouvel album studio. Mais bon, c’était un cadeau.

World Through My Eyes Live reprend en live l’album World Through My Eyes sorti en 2005 et revisité l’an passé. Deux CDs et dix-huit morceaux, largement de quoi occuper vos longues soirées d’hiver d’autant qu’il y a pas mal de titres à rallonge. Le premier disque reprend l’intégralité de l’album et le second reprend des tubes de RPWL comme ‘Hole In The Sky’ ou ‘What I Really Need’.

En 2005 Ray Wilson chantait dans RPWL au côté de Yogi Lang, on se souvient tous de ‘Roses’ que l’ex chanteur de Genesis joue régulièrement en live. Personnellement, dans les anciens albums du groupe allemand, j’ai une préférence pour Trying To Kiss The Sun sorti en 2002, mais bon, puisque c’était gratuit…

Un live reste un live, donc je ne vais pas vous faire la retape des morceaux. Par contre je vais vous parler du son et du jeu des musiciens et pas forcément pour être très gentil.

Commençons par le jeu. Je trouve que tout ça manque de mordant. D’accord, les musiciens ne sont plus tout jeunes mais on s’ennuie un peu par moment. Il y a bien quelques digressions à la guitares ou aux claviers mais franchement rien de vraiment tripant.

Pour le son, ben c’est un peu le même problème, ça manque de relief. La captation est pourtant précise, limite ciselée, mais il faut pousser les potentiomètres pour profiter pleinement de l’ambiance live.  Après c’est un live, ce n’est pas toujours facile de bien faire ressortir le son.

World Through My Eyes Live n’est pas mon live préféré de RPWL. Il n’arrive pas à la hauteur du magnifique A New Dawn ou de God Has Failed Live & Personnal, mais bon, c’était cadeau, alors je ne vais pas me plaindre.