Peter Gabriel – Plays Live

Teeshirt : Lazuli – Saison 8 (2018)

Cette chronique est dédiée à mon grand frère adoré Jean-Jacques, mort bien trop jeune des suites d’un long cancer. Je pense à toi tout le temps.

Je vais vous parler de l’artiste solo qui m’a certainement le plus inspiré et d’un album live qui reflète bien mon premier concert de rock. Nous sommes le 28 octobre 1983 à Brest et j’ai 17 ans. Mon grand frère m’a amené à la Penfeld pour écouter Peter Gabriel. Je suis un fan de Genesis depuis quelques années et me suis depuis peu plongé avec délectation dans la carrière solo de l’ex chanteur du groupe.

Pour ce voyage dans le temps, j’écoute la réédition vinyle de 2020, réédition à l’identique pour l’artwork mais au son remixé et remasterisé pour l’occasion, l’édition originale ayant souffert des outrages du temps, de ma passion pour l’artiste ainsi que d’une inondation pendant laquelle j’ai perdu toutes mes galettes.

Il s’agit d’un double vinyle 180 grammes accompagné de son téléchargement en 24 bits, de quoi ravir les audiophiles.

Jerry Marotta, Tony Levin, David Rhodes et Larry Fast étaient aux côtés de Peter pour cette tournée nord-américaine en 1992, avant de poursuivre leurs concerts en Europe pour mon plus grand bonheur. Peter vient de sortir Security et le tube ‘Shock the Monkey’ qui grimpe dans les charts après l’inoubliable ‘Solsbury Hill’. C’est la période africaine de Gabriel : percussions, basse très présente, chants ethniques et la quasi absence de cymbales dans la rythmique.

En 82, Gabriel n’offrait pas encore les shows spectaculaires qu’il mit en scène plus tard. A part le maquillage, une échelle, des barres parallèles et quelques éclairages, tout le spectacle repose sur le chanteur qui ose encore se jeter dans la foule.

Parmis les grands moment de ce live, je soulignerai le mystique ‘The Rhythm Of The Heat’, l’angoissant ‘Intruder’, les quatres tubes de la face C ‘San Jacinto’, ‘Solsbury Hill’, ‘No Self Control’ et ‘I Don’t Remember’ et enfin mes deux titres préférés de la face D, ‘On The Air’ avec la foule en délire et le déchirant ‘Biko’. Je ne mets pas ‘Shock The Monkey’ dans la liste, car désolé, je n’ai jamais été fan des tubes commerciaux du maestro sorti de ‘Solsbury Hill’ que lui, étrangement n’aime pas beaucoup.

Si je ne devais conserver aujourd’hui qu’un seul album de Peter Gabriel, ce serait assurément ce Plays Live dans sa réédition 2020.

Big Dead – Bones White Branches

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Teeshirt : Los Disidentes del Sucio Motel – Polaris (2021)

Big Dead n’a rien d’un groupe de death contrairement à ce que ce nom pourrait indiquer. Cette formation de Brisbane surfe sur la vague de l’art rock et du jazz.

Bone White Branches sorti en 2019 est leur premier effort si on oublie quelques singles publiés depuis 2009 entre trois EP. Après s’être longuement cherché, Big Dead trouve son style en 2016 avec l’EP cinq titres Shell qui pose les bases de Bone White Branches.

Piano, saxophone, clarinette, voix, guitares, basse, batterie et claviers se rencontrent sur neuf pièces brèves, fragiles et très instrumentales. Le chant n’est ici qu’un instrument parmi les autres, feutré, traînant, lancinant. Il ne vole la vedette à personne.

Dans cet album on retrouve la touche expérimentale de Radiohead, le nu jazz norvégien, le post rock de Tortoise et l’esprit de Sanguine Hum.

L’étonnante pochette couleurs, fusain et encre, représente des membres difformes accrochés à des corps, des mains pied, des bras jambes aux doigts recroquevillés. Un graphisme torturé peu engageant qui cache pourtant une musique d’une grande sensibilité. 

Ici pas de textes, juste une pochette et un vinyle, difficile de savoir ce dont l’album parle, à part qu’il est dédié à Marty, un ami disparu.

Pendant trente-quatre minutes vous entendrez du piano jazz avec ‘Prelude’, de l’art rock à la Pablo Honey sur ‘First/Last’, un ‘Ocean Cloud’ compressé dans ‘Heart and Brain’ et la pop de ‘Reside’.

Le piano, le saxophone et la clarinette basse donnent à la musique des tonalités toutes particulières qui rendent l’album quelque peu inclassable. Lorsqu’il était sorti, je n’avais pas su lui donner sa chance, me poser et l’écouter réellement. C’est en parcourant mes vinyles que j’ai redécouvert cette merveille atypique dont il fallait absolument que je vous parle, rien que pour me faire pardonner.

Progressif, jazzy, art rock et subtilement expérimental, Bone White Branches ne fera sans doute pas l’unanimité, mais écoutez-le avant de juger, il est sur Bancamp

FROST* – Day and Age

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Teeshirt : Anathema – the optimist (2017)

Après trois chroniques musicales en images, j’ai décidé de changer le générique pour le rendre un peu plus dynamique, il y a même de la musique, composée pour l’occasion avec GarageBand. Folie ! Bon, vous avez le droit de détester.

Ne recevant plus de promo, il a bien fallu que j’achète comme tout le monde Day and Age, histoire de savoir ce qu’il avait dans le ventre.

Et que ce soit clair, je ne suis pas un fan de FROST. Cependant, je reconnais que de temps en temps, ils sortent quand même des trucs vraiment bluffants. J’aime FROST lorsque ces membres sortent des sentiers battus comme dans Experiments In Mass Appeal ou leur dernier EP Others. Nettement moins lorsqu’ils font de la pop progressive.

John Mitchell est un des atouts du groupe. Un atout oui mais aussi une faiblesse. On entend un peu trop la voix et les guitares de John dans le prog : Arena, It Bites, Lonely Robot, The Urbane, Kino…

Le batteur Craig Blundell était une autre des cartes maîtresses de FROST, mais il a quitté le groupe il y a peu. Pour le remplacer, le trio a invité trois batteurs, Mastelotto, Rodriguez et Todd, qui se partagent les huit morceaux de l’album. Et ils n’ont pas à rougir de s’asseoir derrière la batterie de Craig. On retrouve dans Day And Age l’esprit et le style de Blundell. 

J’apprécie vraiment la qualité des éditions vinyles du label Inside Out et le CD bonus qui accompagne les galettes. Ici nous avons une double pochette et deux belles photographies, les paroles sur une feuille volante, deux vinyles 180 grammes, trois faces et bien entendu le CD. Day And Age est vraiment un bel objet. 

Des titres comme ‘Island Life’ et ‘Skywards’ ressemblent hélas furieusement à du Lonely Robot en partie à cause du chant de John. Mais lorsque vous entendrez ‘The Boy Who Stood Still’ – facile à dire -, vous comprendrez que ce nouveau FROST doit figurer dans votre discothèque. Plus conté que chanté, l’histoire de cet enfant qui disparaît, est juste géniale. À lire et à écouter.

Il y a à boire et à manger dans Day And Age. ‘Terrestrial’ est assez décevant alors que ‘Waiting For The Lie’ et ‘Kill The Orchestra’ sont à tomber par terre, sans doute à cause du chant et du piano (on ne se refait pas). Le bien nommé ‘Repeat To Fade’ peut aussi bien agacer que séduire, ça dépend des jours, car à force de se répéter… ben ça se répète…

Ce ne sera sans doute pas le meilleur des albums de FROST, mais il mérite tout de même le détour. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.

180 grammes

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Vous l’avez sans doute remarqué, les galettes en bakélite sont de retour alors qu’elles avaient presque disparues à la fin des années quatre-vingt. 

La majorité des groupes proposent aujourd’hui du digital, des CDs ainsi que des vinyles lorsqu’ils sortent un disque. L’objet est beau mais s’adresse à un public souvent audiophile. 

J’ai remarqué que les jeunes artistes rêvaient de graver leurs créations sur une galette noire. Une sorte de jalon obligatoire sur le chemin de la gloire. Seulement voilà, bien souvent, après un premier album vinyle, ils reviennent au CD. J’ai cherché à en comprendre la raison.

Il y a le prix tout d’abord. Un pressage vinyle est plus onéreux que la fabrication de CDs. Ensuite, comme dit plus haut, les acheteurs de vinyles ne sont pas si nombreux car la galette nécessite le plus souvent, pour l’écouter, une platine, un pré amplificateur, un amplificateur et des enceintes alors qu’un PC suffit pour écouter un CD et un smartphone pour du digital.

Ensuite un master analogique ne se conçoit pas comme un numérique. Et si on ne distingue pas les deux, un des deux supports aura un son inapproprié.

Enfin, le pressage à bas coût tue le vinyle et les artistes à petits tirages s’orientent souvent vers des sociétés peu onéreuses pour essayer de trouver un équilibre financier, négligeant le son pour le look, la galette de couleur, le picture disk, le double volet avec de belles photographies.

Du coup certains vinyles sont très décevants et le mp3 320 parfois même plus dynamique. Le son peut se révéler terne, plat, brouillon, griffé. Je possède quelques galette de ce genre, un Marcela Bovio presque inaudible, un Petter Carlsen terne, un Dream Theater sans aucune dynamique, un TesseracT décevant.

À côté de cela, je possède des merveilles comme un Pink Floyd pressé récemment, un Opeth 180 grammes magnifique, un Cris Luna fabuleux.

Le choix d’un pressage 180 grammes audiophile garantit déjà une certaine qualité mais ne fait pas tout. Si le mix à la base était moyen, n’espérez pas grand chose. Les galettes noires seraient de meilleur qualité que les arc-en-ciel et les pictures. Là dessus j’avoue n’avoir pas d’avis.

Ce qui est certain c’est qu’un grand tirage est nécessaire pour disposer à la sortie d’une bonne qualité d’écoute, parce qu’un grand tirage permet de presser des vinyles de test. Ce n’est cependant pas une garantie absolue loin de là. Bref à chaque fois que vous achetez un vinyle, c’est un peu la loterie, mais parfois, il y a de belles surprises. Alors, le plus souvent, si je ne dispose pas de la version numérique, j’achète également le CD avec.

Mon archive est percée

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Je suis atteint de collectionnite aigue mais je me soigne, enfin j’essaye. J’ai d’ailleurs récemment vidé la maison de plein de choses inutiles. 

Il y a cependant des objets dont je peine à me séparer. Les livres en font partie, les bandes dessinées, les disques et les tee-shirts de rock.

Lorsque je vais à un concert je ne peux m’empêcher, si le groupe à bien joué, de les encourager en passant par le stand de merchandising. J’y achète au choix un vinyle ou un tee-shirt, des fois les deux. J’achète également ces chiffons hors de prix lors de crowdfundings histoire de soutenir un peu plus le groupe. Tant et si bien que dans le dressing, il y a beaucoup plus de tee-shirts de rock que de n’importe quel autre vêtement. Et je les porte ces tee-shirts, comme pyjama et même au travail, ce qui me rappelle je le jour où je me suis pointé avec un personnage coloré doté d’un énorme phallus en érection au boulot, je revenais d’un concert de Galahad…

Je ne porte quasiment que des tee-shirts de rock au quotidien, sauf lorsque le travail exige une tenue plus appropriée, ce qui arrive hélas de plus en plus souvent.

Fatalement le tissu s’use à force, même si je dispose de beaucoup de tee-shirts, car j’ai mes favoris. 

De temps en temps je découvre un accroc ou un trou sur un de mes tee-shirts fétiches et hier justement, j’ai constaté avec horreur, que mon unique tee-shirt d’Archive était percé. Un drame. Le tee-shirt bleu de leur tournée de 2015 au tissu doux au toucher, parfait comme pyjama. 

Je suis à terre.

Mais pas question de m’en débarrasser pour autant. Attention ! J’ai deux rangées de tee-shirts dans le dressing, les vieux inmettables, trop petits (oui j’ai grossi), usés, percés, déchirés, tâchés et ceux que je peux encore porter. Cela rend mon épouse complètement dingue, mais c’est le prix à payer pour que notre couple perdure. De toute manière, elle fait pareil avec ses culottes.

Cadeaux de Noël

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Les artistes ont plus jamais besoin de nous et cela tombe bien car j’aime la musique. Alors autant pour me faire plaisir que pour les soutenir, j’achète de nombreux albums en ce moment, peut-être plus que d’ordinaire d’ailleurs.

Le dernier achat en date est la réédition vinyle de Traces de Nine Stones Close, un album sorti en 2011 et réédité pour son dixième anniversaire, album sur lequel j’ai découvert des artistes comme Adrian Jones, Brendan Eyre et Marc Atkinson.

Luc Machin je l’ai connu avec Maschine en 2013 et là il se lance dans un album solo très différent du groupe de rock progressif anglais. Je suis curieux de voir où cet artiste talentueux va nous conduire bien que j’en ai déjà une bonne idée avec les maquettes qu’il a envoyé aux participants de son crowfunding.

Silent Skies est un de mes coups de cœur 2020, un magnifique album que si j’ai reçu en mp3 se devait de figurer dans mes vinyles. D’ailleurs il y a déjà la queue devant la maison pour l’écouter.

Lifesigns va sortir un troisième album et ayant les deux premiers je ne pouvais me refuser le plaisir de participer au financement du suivant. Je l’attend avec impatience.

Je considère Melanie et Martin comme des amis artistes. Cela fait longtemps que l’on se croise dans les salles de concert, que je photographie leurs prestations et j’apprécie beaucoup leur travail. Donc naturellement, faute de pouvoir les écouter en live, j’ai commandé leur DVD.

Pendant de longues années, je n’ai plus vraiment suivi la carrière de Steve Hackett, j’ai du recommencer avec Genesis Revisited 2. Là il nous sort un album instrumental fabuleux que j’ai bien entendu chroniqué et qu’il me fallait en vinyle. En plus il sera signé alors…

Depuis Lighthouse je suis de très prêt iamthemorning. Ils sortent un EP avec des chants de Noël ee deux compositions originales pour financer leur prochain album. J’ai déjà la version digitale et j’attends maintenant le CD.

Faut-il vraiment que j’explique pour j’ai commandé le prochain album d’Anneke en vinyle ? La belle propose cette fois des titres chantés en acoustique. Indispensable non ?

J’avais adoré Pillars of Creation de Obsidian Tide, l’album n’avait qu’un seul défaut, ne pas être édité en vinyle. Cela ne devrait plus tarder, alors croisons les doigts pour que le pressage doit de qualité.

J’adore le fromage blanc et ça tombe bien puisque Galaad prépare un troisième album. Bien entendu je suis dd l’aventure, ça tombait sous le sens.

Marcela Bovio vous connaissez ? Stream of Passion, Ayreon… Son nouveau projet se nomme Dark Horse White Horse et le premier EP arrive bientôt. Moi aussi j’arrive Marcela !

Ray Wilson a été mon copain de toutes les soirées pendant le premier confinement et comme j’apprécie beaucoup l’artiste, je n’ai pas su résister à l’appel de son prochain album.

MD5 que j’ai découvert avec Error 404 a lancé un financement participatif pour son prochain album et j’en suis d’autant qu’il y aura une édition vinyle.

Enfin, il y a Pat O May que j’ai découvert en live au Grillen, qui s’est également prêté à la torture de l’interview de Neoprog. Il va sortir son premier concept album et je suis également de l’aventure.

Voila, encore beaucoup de CDs, vinyles et tee-shirts que je vais me faire un plaisir d’écouter et porter mais qu’il faudra aussi ranger après ce qui ca être de plus en plus compliqué, surtout pour les tee-shirts.

De quel manière j’écoute de la musique

J’écoute beaucoup de musique. Je dis bien écouter et non entendre, car dès qu’il y a de la musique, quelle qu’elle soit, mon cerveau ne peut s’empêcher d’écouter. La musique est présente tout au long de ma journée, de différentes manières, sous différentes formes.

Il y a tout d’abord la musique zapping streaming. Je ne suis pas abonné à des plateformes de streaming qui exploitent les artistes. Apple Music, Deezer, Spotify, non merci. Le streaming c’est pour moi une poignée de secondes sur Youtube, Haulix ou Bandcamp pour juger de la pertinence de tel ou tel groupe ou album. Du travail en vérité. Car les promotions arrivent, venant de tous les horizons musicaux et il faut faire le tri entre le grain et l’ivraie avant de télécharger le matériel proposé.

Toujours en streaming, vient la musique découverte, lorsqu’un confrère recommande chaudement un disque. Le plus souvent ce sont plusieurs minutes consacrées à l’écoute attentive de quelques titres encore une fois sur YouTube ou Bandcamp.

Le streaming prend fin ici car je n’aime pas le streaming. Arrive la musique en boite de conserve. Je veux parler de mp3 promotionnel stocké dans mon smartphone afin de faire des choix pour la prochaine chronique. Un zapping plus approfondi, casque sur les oreilles pour ne pas rendre fous mes proches voisins.

Vient la musique chronique, celle que je vais écouter en boucle des heures durant. Elle commence souvent en boite de conserve, dans les transports, en ville et pendant ma pause déjeuner au travail. Elle se poursuit avec un ouvre boite, partant de l’ordinateur, elle se dépixellise dans le DAC, s’amplifie dans le Marantz et explose dans les Triangles. Elle se poursuit souvent en immersion dans le casque pour une exploration approfondie.

Il y a la musique atmosphère, celle qui m’accompagne pendant la lecture, le ménage, la cuisine, le développement de photos, la rédaction finale d’une chronique ou d’un billet de blog, une musique facile et connue qui donne un rythme à mon travail sans trop solliciter mon oreille.

Vient la meilleure musique, la plus rare aussi, la musique plaisir, celle que je m’offre souvent les dimanches pluvieux ou les jours de canicule. Cette musique se joue exclusivement sur chaîne hi-fi, à partir d’un CD ou bien d’un vinyle. Le plus souvent il s’agit d’un disque de la discothèque idéale ou des dernières acquisitions. Une écoute religieuse, assis dans le canapé avec le livret ou debout en mode air guitar selon l’humeur.

Il y a également la musique vivante, celle qui se fait de plus en plus rare. Une musique exigeante puisqu’elle demande ne nombreux kilomètres de voiture et souvent une nuit courte suivie de sa punition céphalée. Les concerts au son incertain, à la performance aléatoire et qui donnent un autre éclairage sur la version propre que propose celle de l’album studio. Parfois ce sont des concerts curiosité, parfois des concerts travail et plus rarement des concerts plaisir encore qu’il arrive qu’un live couvre les trois domaines en une soirée.

La musique jouée dans les pièces de la maison sollicite également beaucoup mes oreilles, le piano quart de queue qui s’entend jusque dans le jardin, le piano numérique dont seul le martèlement des touches résonne dans les couloirs, le violoncelle qui habille de ses basses vibrantes le plancher de l’étage.

Il ne faut pas oublier la musique pollution, celle du voisin, celle de l’attente téléphonique, celle de l’ascenseur, celle du restaurant, celle des voitures passant devant la maison fenêtres ouvertes. Cette musique là est insupportable mais je n’arrive pas à l’en extraire.

Enfin, plus rare, il y a la musique voiture, celle que j’écoute sur de longs trajets. La radio avec France-Musique si la programmation me plaît, sinon une fréquence au hasard, et quand il n’y a rien, je branche le smartphone pour m’accompagner sur la route.

En écrivant ces mots j’écoute une musique zapping devenue plaisir et atmosphère, un album écouté et réécouté, chroniqué, devenu un classique de la discothèque idéale, Satur9 & Indigo de My Arrival. Comme quoi la musique peut avoir plusieurs destins.

Musique !

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Vous voulez savoir ce qu’un chroniqueur de rock progressif achète comme disques ? Oui parce que ce n’est pas parce que je reçois des promotions à pelle, que je n’achète pas d’albums. Car je ne reçois pas tout en promotion et certains albums reçus sont tellement bons qu’il me les faut les CD ou vinyle. Je vais vous dévoiler la liste des albums que j’ai commandés et qui devraient arriver d’ici la fin de l’année et pourquoi.

En août je devrais recevoir le nouvel album de Marc Atkinson Black & White. Il s’agit d’un double album comprenant des compositions de Marc et des reprises de rock. Ce n’est pas le genre d’album que j’écoute tous les matins, car même si j’aime bien la guitare acoustique et le chant, ce que j’écoute habituellement contient nettement plus d’instruments. Mais voilà, j’aime beaucoup la voix de Marc et je trouve que cet artiste mérite d’être encouragé dans son travail, d’autant qu’il nous a offert beaucoup de réconfort pendant le confinement avec ses concerts du mardi soir.

J’attends également le second album de Kyros, Celexa Dreams. J’avoue que je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre de leur part. Je n’avais pas vraiment aimé leur premier effort lorsqu’ils s’appelaient encore Synaesthesia, mais Vox Humana, sous leur nouveau nom, m’avait littéralement scotché et je l’aime toujours autant. Alors suspense, on verra. Je devrais bientôt écouter le CD et en octobre je recevrai le vinyle.

J’ai acheté aussi le nouvel album du duo allemand Osta Love dont j’avais beaucoup aimé le premier album. J’écoute déjà la version ALAC sur ma chaîne et le CD ne devrait plus tarder maintenant.

Melanie et Martin, deux artistes allemands, comme Marc Atkinson, enregistrent des albums de reprises et parcourent leur pays pour donner des concerts acoustiques forts sympathiques. J’adore ce couple et leurs diverses participations à Seven Steps To The Green Door, Flaming Row, Frequency Drift… De même que j’adore leurs concerts intimistes, alors évidement, j’ai commandé leur prochain album Through The Décades qui devrait arriver début septembre.

Le même mois, la panthère rose de Pain Of Salvation arrivera à la maison en vinyle. Pain of Salvation est un incontournable de ma discothèque et cet album, même s’il risque d’en dérouter plus d’un, m’a bien emballé.

Autre incontournable, c’est Tim Bowness et son Late Night Laments que l’on vient de recevoir à la rédaction. J’adore me vautrer dans sa mélancolie progressive, mais avant qu’il n’arrive en CD, je le connaîtrai déjà par coeur.

Toujours en septembre, il y aura Archive avec Sessions en vinyle également. J’ai écouté deux extraits qui m’ont immédiatement convaincu, pourvu que tout l’album soit du même tonneau car des fois le côté électro de Archive me hérisse un peu les poils.

En octobre il y aura du lourd. Tout d’abord l’album de Out5ide écouté et chroniqué depuis longtemps et qui aura enfin sa sortie physique si tout va bien. Out5ide est un groupe de rock progressif alsacien, et c’est important de soutenir la scène locale, d’autant qu’en live, leur musique dépote pas mal.

Le lourd du lourd, c’est bien évidemment le nouvel album de Ayreon dont j’ai commandé, comme il se doit, l’édition vinyle. Comment résister à un album Ayreon ? Impossible en fait même si ce n’est pas tous les matins au réveil que je pose une galette de Arjen sur la platine.

A moins que le lourd du lourd que ce soit le dernier album de la carrière de Fish ? Allez savoir…

Journal d’un déconfinement

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Le lundi 11 mai 2020, après cinquante-quatre jours de confinement, commençait le déconfinement.

J : Lundi 11 mai 2020 – déconfinement

Vous pensiez être débarrassés de moi et de mes humeurs ? Perdu. C’est le retour du blog, avec un nouvel épisode, celui du déconfinement, qui risque de durer bien plus longtemps que cinquante-quatre ridicules jours. Là vous allez en avoir au moins jusque septembre.

Oui je sais c’est dur, très dur, pour moi aussi d’ailleurs, parce que mine de rien, lorsque je me suis embarqué dans ce journal du confinement le 16 mars dernier, je n’imaginais pas devoir écrire un petit billet chaque jour pendant deux mois. Il y avait des jours où je n’avais rien à raconter, le plus souvent d’ailleurs. Imaginez l’angoisse de la page blanche certains matins devant mon café.

Si vous avez tout lu, bravo, moi je ne l’aurai pas fait. Trop pénible, déjà que la situation n’était pas géniale, en plus suivre les délires d’un blogueur angoissé aux propos parfois fascisants ou simplement débiles pendant une si longue période en comptant le nombre de fautes d’orthographe par ligne, cela force le respect.

Alors rassurez-vous, ce billet n’est qu’une boutade, j’arrête le journal, il n’y aura pas de Journal d’un déconfinement, de toute façon je ne vais plus avoir de temps pour ça, le travail m’appelle, aujourd’hui je n’ai pas arrêté de 6H55 à 17h10 : rappel des consignes, trois infiltrations d’eau, suppression de toutes les corbeilles papier, vérification des expéditions, courrier, un pur enfer et ça va être comme ça pendant cinq jours toutes les semaines, vivement les vacances !

Portez vous bien.

The Game

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Je fais partie des pionniers du numérique français : la première machine sur laquelle j’ai programmé était un TRS 80 de Tandy et j’ai commencé à surfer sur le net aux débuts du web avec Compuserve. Bref je suis un vieux con.

Alors lorsque Alessandro Baricco a publié son essai sur le monde numérique, je me suis précipité chez mon libraire. Car si je suis Mac, iPhone, blogueur, surfeur, je lis encore des livres papiers et écoute des vinyles. 

Alessandro nous raconte l’avènement du numérique, cette révolution technologique et sociale, partant du postulat que les souffrances du XXème siècle ont engendré ce deuxième monde immatériel. J’avoue qu’au début sa thèse m’a laissé quelque peu sceptique lorsque je l’ai écouté présenter son livre sur ARTE dans le 28 Minutes. Il a cependant fini par me convaincre avec ses mots, mais je suis un garçon influençable.

A l’aide de plusieurs moments forts de cette épopée née dans la Silicon Valley (le Web, le moteur de recherche Google, Amazon, l’iPhone, Facebook), présentant quelques piliers de cette construction et traçant pour nous une carte du monde numérique, il raconte l’évolution de notre société, ses résistances, ses paradoxes avec une certaine distance cependant.

Moi qui baigne dans ce monde numérique, j’ai pris conscience de bien des postures, des paradoxes de ce miroir de notre quotidien dans lequel nous passons de plus en plus de temps. Sans être d’accord avec toutes ses assertions (il est artiste, je suis rationnel), il m’a ouvert les yeux sur la révolution culturelle que représente Internet et m’a fait réfléchir à bien des sujets comme ce qu’est aujourd’hui La Vérité dans ce monde deux point zéro.

J’ai pris conscience du Tout en lisant ce livre alors que j’en use chaque jour, l’accès à tous les contenus moyennant pas grand chose. J’ai également découvert que le Mouvement Cinq Etoiles était né sur la toile.

Le livre possède quelques lacunes (je regrette qu’il ait passé sous silence une des grandes révolutions de cette époque, à savoir l’avènement du libre, que ce soit celui de la création artistique ou celui du logiciel), mais il fera réfléchir ceux qui ne le font pas souvent (moi le premier) sur ce nouveau monde fait de réseaux sociaux, d’applications connectées, de jeux, ce monde qu’Alessandro appelle The Game.