Left alone… – Empty moment

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C’est presque sur un malentendu que j’ai écouté le groupe Left alone…Il me semble que c’est Alice qui l’a recommandé.

J’ai été totalement séduit par le premier titre de l’album Empty moment, et intrigué, j’ai poursuivi la découverte, même si le black metal, ça n’est pas franchement mon truc.

Left alone… est une formation venue du Connecticut qui n’aura existé que de 2014 à 2016 avant de disparaître. On parle ici de black metal atmosphérique parfois bluesy mais surtout très noir.

Avec cinq morceaux dont trois qui dépassent allègrement le quart d’heure, la démo Empty moment dure une heure et quatorze minutes. Bien pire qu’un concept album de rock progressif.

Sorti du premier morceau, qui est vraiment à part dans l’album, Left alone me fait beaucoup songer à Dymna Lotva par son chant hurlé et torturé à souhait. Et puisque l’on parle d’eux, le groupe bielorusse vient au passage de sortir une nouvelle galette que je n’ai pas encore écoutée.

Du chant hurlé et torturé donc, mais pas tout le temps. Il y a par exemple un délicat titre électro-acoustique instrumental épuré très justement intitulé  ‘Interlude’ pour séparer une pièce de dix-sept minutes d’une autre longue de vingt-quatre minutes. Heu oui, vingt-quatre minutes et cinquante-sept secondes pour être précis pendant lesquelles vous allez entendre des hurlements désespérés même s’il y a un peu de remplissage à la fin.

Mais je ne vous ai toujours pas dit pour quelle raison j’aime tant le premier titre. En fait, il s’agit de contrastes. Ces extraits de ‘Left alone’ de Abbey Lincoln qui alternent avec le black post metal hurlé composent une association musicale autant improbable que sublime dont je ne me lasse pas. Rien que pour ‘Burning Gardens’, l’album mérite la découverte.

L’autre morceau de choix est à mon avis le dernier, ‘She loves you…’. Non pas parce que c’est le plus long, encore que, mais parce que c’est sans doute le plus torturé même si ‘With her in winter autumn’ est pas mal dans le genre. Le chant, tel un cri de douleur, est hurlé sur une musique post metal jusqu’à ce que presque tous les instruments cessent et qu’il ne reste que la souffrance sur quelques notes de piano.

Le titre ‘Coldly as embers rise’ m’a un peu moins emballé. Non pas parce qu’il est plus court que les autres (seulement neuf minutes et trente secondes, excusez du peu) mais peut-être parce qu’il est moins complexe et plus frontal dans son écriture. Après une entrée en matière instrumentale très calme, les guitares s’énervent sur un chant lointain écartelé qui ne s’apaise qu’une minute avant la fin de la pièce.

‘With her in winter autumn’ est nettement plus réjouissant avec ses nombreux rebondissements. Il faut dire, qu’en dix-sept minutes, il peut y en avoir des rebondissements. Vous entendrez même du chant clair sur ce titre, ok clair, mais un peu écartelé quand même, il ne faudrait pas déconner non plus, c’est du black metal.

Empty moment est une excellente trouvaille avec un coup de cœur tout particulier pour le premier titre ‘Burning gardens’ qui mélange les genres avec subtilité.

Difficile malgré tout de le recommander aux progueux qui me lisent, Left alone… reste quand même un album pour forgeron averti.

Observers – The Emerald

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Je vais encore vous parler d’un album instrumental, mais il ne s’agit pas un live cette fois.

Il s’agit de The Emerald du projet australien Observers. Dix morceaux de metal progressif joués et composés par Martin Kennedy avec à ses côtés Chris Bohm et Rich Gray.

The Emerald c’est quarante minutes riches en guitares et synthés qui n’ont pas besoin de chant pour exister.

La musique entre atmosphérique, cinématique et metal progressif se suffit à elle-même. Les cordes des guitares remplacent avantageusement celles d’un chanteur tellement elles sont expressives.

L’album va de la musique de film au metal en passant par des influences world music comme dans le dernier titre ‘The Door’ et vous entendrez même de la flûte dans ‘Forest of Doom’ ou des claviers prog vintages dans ‘Predestination’.

J’ai même entendu quelques similitudes avec Ayreon et Star One, tout particulièrement dans le titre ‘Boreal World’ et son riff bien lourd qui revient tel un refrain à plusieurs moments du morceau.

The Emerald n’a toutefois rien de révolutionnaire et c’est aussi ce qui le rend très agréable à écouter. Les compositions sont majoritairement mélodiques, les guitares coulent de source, les claviers n’agressent pas les oreilles, bref, il s’agit d’un album très confortable.

J’ai beaucoup apprécié le journal gribouillé par Martin au fil des mois sur l’avancement de ses compositions. Il contient des notes, des dessins, les ébauches du projet qui a abouti à l’album final que l’on peut écouter aujourd’hui.

Martin était tout d’abord parti sur une histoire d’anciens astronautes avant de bifurquer vers un trou noir géant, envisageant un moment le thème des lignes de Nasca. Puis il a envisagé les pyramides pour finalement choisir la forêt comme sujet. Un fichier PDF qui fait office de livret pour l’édition numérique et que je vous invite fortement à découvrir.

The Emerald est le genre d’album qu’il est plaisant d’écouter en fond sonore. Il accompagnera à merveille vos lectures ou rythmera agréablement votre travail. Mais rien n’empêche de se plonger dedans au casque de temps en temps.

Alcest – Les Chants de l’Aurore

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J’ai eu l’occasion d’écouter Alcest en live à deux ou trois reprises. La dernière fois, c’était aux Dominicains à Guebwiller pour le festival Spirit in Black.

Alcest est un groupe de post black métal français que je connais mal pour la bonne raison que je n’ai jamais franchement accroché à leur univers musical. Mais comme ils passaient aux Dominicains, je me suis plongé dans leur album Les Chants de l’Aurore sorti il y a deux ans. 

Et j’ai adoré… la pochette.

Les Chants de l’Aurore fait manifestement référence à la culture japonaise et au monde onirique. La musique n’a de black metal que l’étiquette. Et même si un peu de growl pointe son nez, c’est un shoegaze atmosphérique qui domine. Seule la batterie absolument fabuleuse de Winterhalter transmet son énergie aux sept morceaux de l’album. 

Des morceaux de trois à presque neuf minutes pour un album de moins de trois quarts d’heure que je trouve pourtant assez long.

Je n’aime pas beaucoup le timbre du chant clair, au choix je préfère le growl. D’ailleurs en écoutant l’album, j’ai bien été en peine de savoir dans quelle langue étaient chantées les paroles et il a fallu que je cherche sur Internet pour réaliser qu’elles étaient en français.

Pour la musique, sortie de la batterie et de quelques claviers décoratifs, les guitares ne font pas vraiment d’étincelles exception faite de ‘Flamme Jumelle’. Résultat, je manque de stimulations tout au long de l’album.

Il y a pourtant des idées que j’aime beaucoup comme les cris aiguës dans ‘Komorebi’, le growl de ‘L’envol’, le court ‘Réminiscence’ au piano et violoncelle soutenu par des choeurs, le texte en japonais au début de ‘L’Enfant de la Lune’ et le délicat titre final ‘L’Adieu’.

Comme vous pouvez le constater, dans l’ensemble je préfère les formats courts de Alcest aux pièces de huit minutes et quelques. 

Après avoir écouté et réécouté cet album sans parler de les avoir vus en concert, je ne suis toujours pas convaincu par l’univers du groupe même s’il possède une indéniable originalité. Ce concert et cet album furent l’occasion de découvrir un peu mieux ce groupe français.

De là à vous le recommander, c’est une autre histoire. Quoi qu’il en soit, vous pouvez vous faire votre propre opinion en l’écoutant sur Bandcamp.

Birth – Born

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Après une semaine de métal extrême, j’ai eu envie de reposer mes oreilles. Du coup, je suis allé du côté de mes premiers amours, voir si je pouvais trouver quelque chose qui me plaise. Et je suis tombé sur le groupe Birth et son unique album Born paru en 2022.

Le trio de San Diego voue un culte tout particulier au mellotron et aux sonorités vintages, proches de celles de In the Court of the Crimson King. On prend d’un coup six décennies dans les pattes, c’est violent. 

Si vous n’avez jamais entendu parler de Birth, vous connaissez peut-être Astra, un autre groupe de rétro prog qui a donné naissance à Birth en 2021.

Conor Riley et Brian Ellis, deux anciens membres de Astra, y jouent respectivement des claviers et des guitares. A la basse on trouve Trevor Mast qui avait déjà travaillé avec Brian Ellis sur d’autres projets avant de rejoindre Birth.

Birth joue d’un rétro prog très instrumental. Seulement quatre titres sur les six présents dans l’album sont chantés, et encore, il n’y a pas beaucoup de paroles.

Autant dire que j’écoute Birth pour me vautrer dans de délicieuses sonorités vintages. Des sons qui peuvent sembler étranges au commun des mortels, mais qui réveillent quelque chose dans l’âme des vieillards qui ont connu la musique des années soixante-dix. Ces babas cools qui ont un temps abusé de psychotropes.

Le chant de Conor possède la douceur de celui de Greg Lake, ses claviers les couleurs de Ian McDonald et les guitares de Brian se rapprochent du travail de Fripp dans sa jeunesse. En d’autre termes, Born ressemble furieusement aux débuts de King Crimson, la période que je préfère chez ce groupe qui a quand même expérimenté des trucs assez bizarres.

Mon morceau préféré s’intitule ‘Cosmic Tears’. Pendant presque huit minutes instrumentales il joue de psychédélique, de The Doors et de rétro prog. Guitares, basse et claviers se répondent de manière assez jubilatoire, tout particulièrement dans les deux dernières minutes du titre.

Mais franchement, tout l’album est excellent. 

Écouter Born est clairement un acte totalement régressif pour moi, mais de temps en temps il faut savoir se faire plaisir avec ce que l’on trouve. Nous n’avons qu’une vie après tout.

Si vous aimez le rétro prog, je vous recommande chaudement d’aller écouter cet excellent album doudou.

Il faut aimer le métal pour écouter du metal

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Spirit in Black est le festival de metal de l’association Headbang à Colmar. Trois soirées sous le signe du forgeron qui se déroulaient au Grillen à Colmar et aux Dominicains à Guebwiller.

A l’affiche, un seul groupe connu pour moi, et encore, pas un dont je sois franchement fan. Pourtant j’ai pris des jours de congés et je suis allé dans le Haut-Rhin avec mon matériel photo, spécialement pour couvrir le festival.

Je croyais aimer le metal, mais j’avais tord. Cris de cochon que l’on égorge, bruits de marteau piqueur, pogo du diable, flaque de bière et de liquides plus douteux, décibels sataniques, Spirit in Black est clairement un festival de l’extrême réservé aux initiés. Même les bénévoles de l’association Headbang, pourtant habitués du genre, se mettaient parfois à l’abri dehors.

La première soirée fut des plus éprouvantes. Je sortais d’une journée en montagne à observer l’éclipse solaire et j’enchaînais par une après-midi caniculaire entouré de métaleux. Le festival était sold out, les deux salles de concert bouillantes et la musique des plus violente. Et lorsque vous êtes plaqué contre la scène par des hordes de vikings transpirants, fouettés par des cheveux longs et bousculé sauvagement par des pogoteurs, réaliser de bonnes photos n’est pas une mince affaire.

Malgré toute cet étalage de violence, quelques groupes ont titillé mon oreille, en l’occurrence Decider et Spleen qui se produisaient sur la petite scène. Par contre, je ne vous cache pas que j’ai détesté la prestation de Gutrectomy. Il faut dire, avec un nom pareil, on pouvait s’attendre au pire.

Le second soir, ce fut nettement plus ma came. Il s’agissait encore d’une programmation de six formations de black metal relativement extrême, mais bizarrement ça parlait plus à mes oreilles.

Disons qu’au lieu de burinage gratuit, il y avait plus de musique. J’ai même eu un coup de cœur pour le trio français Sordide. Les photos ont été tout aussi sportives entre le public qui se jette dans la fosse, les pogos et les musiciens aux cheveux mouillés qui faisaient tournoyer leur tignasse.

Généralement, après deux trois morceaux, les photographes s’avouaient vaincus et sortaient boire, manger et photographier les festivaliers. J’ai retrouvé quelques têtes connues dans le public, des personnes que j’avais déjà photographiées lors d’autres festivals. Il y a des têtes que l’on oublie pas.

Le dernier soir, le dimanche, le festival s’exilait aux Dominicains à Guebwiller, dans une abbaye avec son cloître. Au programme, seulement deux groupes sans parler d’un DJ et d’une projection de film assez déprimante. La tête d’affiche était Alcest tout de même, clairement rien à voir avec les deux précédentes soirées. Je ne suis pas un grand fan du groupe mais je peux les écouter sans me tordre de douleur. J’ai même acheté pour l’occasion leur dernier album. Verdict, je ne suis toujours pas fan.

Mais photographier Alcest dans la nef d’une église au coucher du soleil, c’est quand même pas mal. Des colonnes immenses, des fresques à moitié effacées, des lumières incroyables et un son vraiment soigné, l’aventure méritait d’être vécue au moins une fois.

Après trois jours de festival et un millier de photographies de qualité discutables, je finissais ce marathon d’astronomie et de black metal où la meilleure photo aura été sans doute celle de l’éclipse.

Je l’avoue, je suis allé à Spirit in Black plus pour réaliser des photographies que pour écouter de la musique. J’y ai rencontré plein de gens sympas, j’ai écouté quelques groupes qui m’ont intéressés, j’ai mangé de délicieux burgers et bu des litres de cola tiède. Le staff et les bénévoles de l’association ont été aux petits soins avec les photographes, l’organisation était au top, alors un grand merci une nouvelle fois à Headbang d’organiser de tels événements pas loin de chez nous et à l’année prochaine.

Les photos d’Alcest sont ici.

God is an Astronaut – Live @ Hellfest

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Cette chronique sera sans doute le premier et dernier live dont je parlerai cette année. Je n’ai pas pour habitude d’écouter des concerts enregistrés, je vais dans les salles bruyantes transpirer avec le public, c’est nettement plus drôle. Mais voilà, je suis tombé sur une vidéo Arte Concert du live du groupe God Is An Astronaut au Hellfest 2026. 

Et entre les deux frères Kinsella, se tenait une belle violoncelliste que je connais bien, Jo Quail, alors j’ai regardé et écouté leur performance et ce que j’ai entendu m’a bien plu.

Il faut dire, le post rock en live, c’est toujours très différent. Parce que de base, je ne suis pas forcément un aficionados de God Is An Astronaut. Vous savez, le post rock et moi, ça n’a jamais été très simple.

N’empêche, après avoir visionné le live, je suis allé sur Bandcamp pour écouter le groupe, et je suis tombé sur leur live au Hellfest. Voilà comment, j’en suis arrivé à parler de God Is An Astronaut une nouvelle fois.

Live @ Hellfest dure seulement quarante-quatre minutes comme leur performance sur scène. Le groupe joue six morceaux tirés de quatre albums, All Is Violent, All Is Bright, Epitaph, Embers et The End of the Beginning, autant dire qu’ils ne font pas vraiment la promotion de leur dernier album Embers où jouait justement Jo Quail.

Ce qu’il y a de bien avec le post-rock, c’est qu’en live, ça s’énerve pas mal et ce Live @ Hellfest ne déroge pas à la règle. Bon, visuellement sur scène, il ne se passe pas grand-chose, mais dans les oreilles, c’est une tout autre affaire, tout particulièrement sur ‘Sceance Room’.

La présence de Jo Quail entre les deux frangins n’est pas du tout anecdotique, elle n’est pas là pour faire jolie plante entre deux guitaristes. Par contre, il faudra pousser un peu le son pour bien l’entendre lorsqu’elle ne joue pas en solo.

De six morceaux joués en live, c’est ‘Embers’ qui a ma préférence. Je n’ai jamais écouté sa version studio (il faudra que je le fasse un jour), mais cette version live possède plein de sonorités qui chatouillent mes oreilles. En plus le titre de presque neuf minutes déborde d’une énergie qui manque souvent au post-rock et que j’aime.

Si vous aimez God Is An Astronaut, j’imagine que vous avez déjà vu ce live, si vous aimez Jo Quail aussi probablement. Et si vous ne connaissez pas le groupe, ce live est une belle entrée en matière à mon avis, d’autant qu’il est téléchargeable à petit prix sur Bandcamp, alors pourquoi s’en priver.

King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un album qui a presque dix ans. Un album au nom improbable, jugez vous-même : Polygondwanaland, en un seul mot.

Le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard vient d’Australie et a commencé sa carrière en 2011 avec l’EP Willoughby’s Beach. Les six musiciens jouent d’un rock progressif psychédélique alternatif que je trouve pour ma part très influencé par la musique médiévale.

Stéphane Gallay avait chroniqué leur dernière galette Phantom Island l’an passé et n’avait pas été franchement convaincu. Moi non plus, ceci dit au passage.

Mais Polygondwanaland est très différent de Phantom Island et il m’a tout de suite séduit.

L’album se construit sur des rythmiques ensorcelantes à la Tool, beaucoup d’harmonies vocales, pas mal de champignons fermentés et tout plein d’instruments majoritairement acoustiques.

Polygondwanaland propose dix morceaux dont un de presque onze minutes, l’exception de l’album puisqu’en moyenne, les titres durent moins de quatre minutes.

Il ne s’agit pas vraiment de pièces avec des rebondissements progressifs. L’écriture est relativement linéaire, répétitive diraient certains, et si la dominante semble acoustique, il y a bien des claviers vintages et des guitares électriques dans les compositions.

L’album est surtout impressionnant vocalement avec trois chanteurs qui se croisent sur les morceaux sans parler de Leah Senior qui dit quelques mots sur ‘The Castle in the Air’. Il y a aussi la présence de flûte, d’harmonica, de Mellotron et de percussions sur plusieurs morceaux comme ‘Crumbling Castle’ qui donnent une touche toute particulière à la musique du groupe.

Polygondwanaland ne sonne pas si vintage que ça. Il est juste différent. Une musique psychédélique pas trop fumée avec des influences surprenantes comme dans le premier titre ‘Crumbling Castle’ qu’on aurait presque pu entendre à la cour du roi Arthur.

Si vous voulez découvrir le groupe King Gizzard & The Lizard Wizard, je vous recommande de commencer par cet album nettement plus accessible que le très cuivré Phantom Island.

Namu – Wretched Spawns of Iniquitous Orders

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Ne nous mentons pas, c’est la pochette de l’album Wretched Spawns of Iniquitous Orders qui m’a donné envie d’écouter la musique. Un dessin et des couleurs à la manière de Bilal ou Moebius que l’on doit à Bruce Penningto et qui m’a tout de suite tapé dans l’œil.

La pochette montre trois vaisseaux spatiaux élégants survolant une exo-planète en fusion, autant dire tout ce que j’aime.

En plus, le projet de Namu coche les deux cases progressif et black métal. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour me mettre en appétit.

Évidemment, si vous ne supportez pas le growl, vous pouvez vous arrêter tout de suite. Car si Wretched Spawns of Iniquitous Orders comporte quelques passages de chant clair, c’est principalement le scream de ICanBeFree que vous allez entendre durant les sept morceaux. Des titres de quatre à huit minutes pour trois quarts d’heure de cruauté extraterrestre.

Namu, qui est aux commandes du projet et joue de tous les instruments, compose une musique puissante et complexe où le progressif trouve sa place avec même quelques passages aériens comme dans ‘Trypych’ ou cinématiques au début de ‘Catharsis in Stasis’.

Chaque morceau est une nouvelle racontant des enlèvements d’humains perpétrés par des extraterrestres. Vous savez lorsque que le contacté raconte que des petits gris l’ont kidnappé pour procéder à des expériences terribles sur ses parties génitales.Je me moque, mais oui, ça m’a toujours fait rire ces fantasmes sexuels transformés en rencontres de troisième type.

Quoi qu’il en soit, si je mets entre parenthèses les récits hurlés dans les morceaux, ben oui ça fait mal quand même, l’album est d’excellente facture, et ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’un projet solo.

J’y entends quelques similitudes avec le travail de Devin Townsend, le chant en moins. ‘Ineffable Constructs’ est sans doute la pièce la plus frontale de l’album, que ce soit au growl ou bien à la musique. Une sorte de charge satanique avec petite une respiration inquiétante et un court passage cinématique qui se poursuit sur un rythme digne de Tool. A l’opposé, vous trouvez ‘The Fibre Prismatic’ qui fait très black post metal avec de nombreuses sections instrumentales dont un passage des plus space rock.

Tout cela pour vous dire que l’album est musicalement très varié et que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde en l’écoutant. Si vous aimez les voix saturées, foncez écouter ce premier album de Namu. C’est du lourd.

Odd Logic – Mortal Heirloom

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En me promenant sur Bandcamp, je suis tombé complètement par hasard sur le groupe Odd Logic et son dernier album Mortal Heirloom.

Je n’avais jamais entendu parler de ce duo de Tacoma qui depuis 2004 a sorti neuf albums, mais en les écoutant, j’ai tout de suite pensé au groupe québécois Mystery.

Plusieurs de leurs disques sont téléchargement gratuit sur la plateforme numérique et pour les autres, vous pouvez décider du montant à donner.

Odd Logic joue d’un rock progressif qui vire parfois au métal sur un chant qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Pageau et même celui de James Labrie comme dans le premier morceau ‘Critical Minutiae’.

Sean Thompson chante et joue de tous les instruments sauf la batterie tenue par Pete Hanson. Et si le duo ne réinvente pas la poudre, leur album fait tout de même de belles étincelles.

En six morceaux de six à dix minutes Sean et Pete construisent un album de trois quarts d’heure à la frontière du métal progressif à la Dream Theater et du néo-progressif de Mystery.

L’album comporte des passages très mélodiques comme dans ‘Unequal Lies’ et du metal prog djent à la manière de ‘Permanent Guest’. Et tout cela fonctionne très bien ensemble.

Je ne sais pas vraiment de quoi parle l’album, ni même s’il s’agit d’un concept. Les textes sont suffisamment énigmatiques pour qu’à la fin de leur lecture, je n’en sorte pas plus avancé qu’au début. Ils possèdent clairement des inspirations fantastiques, mais ils semblent également évoquer des personnes du monde réel.

Dans les morceaux que j’adore il y a ‘Droid’ parsemé de bruitages et qui est l’exemple le plus réussi du mariage du mélodique et du métal progressif. Le titre s’articule autour d’un refrain des plus vendeur et d’éléments plus épais qui racontent les questionnements d’un androïde de compagnie sur sa raison d’être.

Lorsque j’ai commencé à écouter Mortal Heirloom, je me suis dit, tiens voilà un album sympa à chroniquer. Après un nombre incalculable d’écoutes, je me dit qu’il pourrait s’agir finalement d’un sérieux candidat au titre d’album de l’année.

Alors n’hésitez pas à y jeter une oreille ou deux et à me dire ce que vous en pensez vous aussi.

Moonspell – Far From God

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Il y a quatre ans j’avais acheté l’album Hermitage de Moonspell sur les conseils de Stéphane Gallay. J’en avais rapidement parlé dans un épisode intitulé Compressé n°1 qui survolait plusieurs albums qui ne m’avaient pas complètement convaincus.

Mais en cherchant le prochain candidat pour la chronique du mardi, je suis tombé sur le dernier album du groupe, Far From God et j’ai décidé de m’arrêter dessus.

Moonspell est un groupe portugais né en 1989 sous le nom Morbid God avant de devenir Moonspell en 1992. Leur musique s’inscrit dans un metal à tendance progressive riche en claviers.

Le chant de Fernando me fait beaucoup penser à celui du chanteur allemand du groupe Traumhaus, sauf quand il s’énerve. Une voix médium grave qui nous change des tessitures haut perchées qui sévissent dans le genre.

Far From God est un album de moins de trois quarts d’heure et huit titres de quatre à six minutes.

Si les titres des morceaux semblent au premier abord très bibliques, Fernando y parle en réalité de l’histoire du groupe, des autels qui bordent les routes et des vampires, enfin c’est ce qui est écrit dans Wikipédia, car je n’ai pas les paroles.

Si une grande partie de l’album est relativement posée, monotone diraient les grincheux, les deux derniers titres s’énervent quelque peu, au chant comme dans la musique. Terminé la voix tranquille et l’écriture limite post-rock, les guitares se lancent dans des charges et le scream sature le micro.

Dans ‘Your Promise of Light’ et ‘Our Freedom to Fall’ j’entends du Paradise Lost et dans ‘For the Love of Mortals’ du Simple Minds quand la batterie de ‘Far From God’ donne dans le quasi disco. Et si Hermitage était floydien à sa manière, Far From God prend une toute autre direction  avec ses inspirations gothiques, même si dans ‘Biblical’ j’ai retrouvé quelques éléments sonores de The Wall.

J’ai trouvé le nouveau Moonspell très confortable à écouter mais pas franchement révolutionnaire non plus. Ce ne sera sans doute pas mon album de l’année mais je lui trouve tout plein de qualités, suffisamment du moins, pour vous le recommander sans réserve.