Monkeys on Mars au P8

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Samedi dernier, avec Seb et Clovis, nous partions en Allemagne pour un triple concert joué par seulement deux groupes : Mars Red Sky, Monkey 3 et leur fusion, Monkeys on Mars.

J’y allais principalement pour écouter Monkeys on Mars dont j’ai adoré le premier EP, mais j’ai finalement découvert avec bonheur deux autres groupes, un trio stoner et un quatuor space rock.

La grande salle du P8 était bien remplie et muni de mon pass presse, il n’a pas toujours été facile de bouger pour photographier les trois formations.

Un immense écran rond à la Pink Floyd dominait la scène où deux batteries se dressaient telles des tours. Entre les deux, les claviers de Monkey 3 et juste devant le public, des machines à fumée étaient disposées de manière à créer des piliers de brouillard.

C’est Mars Red Sky qui ouvre le bal. Le trio stoner français est assez statique. Il joue devant des vidéos vintages un rock psyché épais sur le chant fragile de Julien. Le spectacle vient principalement de leur batteur qui toute donne la dynamique à leur musique. Pour faire bonne figure, les éclairages sont principalement marsiens et je galère pour faire des images acceptables, le rouge étant l’ennemi du photographe.

A la fin du set de Mars Red Sky, Monkey 3 rejoint le groupe et c’est un fondu enchaîné improbable que nous offrent les deux formations. Les français s’effacent pour laisser les quatre suisses prendre la relève, tout ça sans interruption. Oui, Monkey 3 ce sont quatre musiciens, comme l’indique le nom du groupe : un bassiste, un guitariste, un claviériste et un batteur…

Le groupe est un quatuor space rock instrumental souvent inspiré par les Floyd. Et si leur dernier album studio ne m’a pas franchement inspiré, en live c’est une toute autre histoire. En live, ça déchire ! 

Les gars se donnent en spectacle, un peu à l’opposé de Mars Red Sky, et leur musique me parle vraiment maintenant. L’écran projette des motifs psychédéliques et les lumières varient les couleurs. C’est un peu moins la galère pour shooter, sauf pour le batteur haut perché sur la gauche que je n’arrive jamais à choper. dB, au look Led Zepp, derrière ses claviers vapote entre deux soli, secoue sa crinière et harangue le public. Jalil sur sa basse joue de manière démonstrative et Boris semble en transe avec sa guitare. Bref il y a du spectacle.

Et puis c’est au tour de Mars Red Sky de rejoindre Monkey 3 pour former un groupe de sept musiciens, Monkeys on Mars. Deux batteurs, deux bassistes, deux guitaristes et un clavier sur scène. C’est juste énorme et en plus maintenant je suis en terrain connu puisque je connais par coeur leur EP.

Après une reprise des plus western, Monkeys on Mars tire sa révérence, 2h30 de concert grand spectacle, la dernière date de leur tournée européenne. Bravo !

Le son était bon, les musiciens excellents, la bière allemande (tout ne peut pas être parfait), ce fut un superbe concert comme il y en a souvent au P8. Je ne regrette pas d’y être allé malgré la fatigue.

Merci Mars Red Sky et Monkey 3 pour la musique, à Bert pour l’accréditation et à Seb et Clovis pour m’avoir accompagné, mention spécial à Seb qui revenait juste de Normandie le matin même.

Vous pouvez regarder toutes les photos sur mon compte Flickr.

Karmamoi – Eternal Mistake

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Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.

Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.

Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.

L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.

Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.

L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.

Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock.

Par exemple ‘The Question – We Are Going Home’ rappellent Vangelis et Pink Floyd alors que ‘No Fucking Way’ est presque punk et que ‘The Mirror – No Soul‘ donnent dans le symphonique sans parler de ‘HERO’ qui joue d’un prog alambiqué et de ‘I’m Not On Your Side’ qui démarre de manière très rock.

Si je ne devais retenir qu’un titre de l’album, ce qui serait bien réducteur, ce serait ‘We Are Going Home’, où la voix de Susanna rencontre celle de Valerio dans une ambiance de film de science-fiction.

Après Woodcut et Amnesia, Eternal Mistake est mon troisième coup de cœur de l’année et le second compact disk que je m’offre en 2026.

Je ne peux que vous le recommander chaudement, que ce soit pour la musique, les voix et les paroles. Et si vous aimez, allez donc écouter les précédents disques de Karmamoi, ils méritent plus qu’un détour.

Green Carnation – Sanguis

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L’an passé, j’avais redécouvert Green Carnation avec la première partie de la trilogie A Dark Poem. Voici sa suite intitulée ‘Sanguis’, trois quarts d’heure de musique en sept morceaux dont une reprise.

Sanguis est dans la continuation naturelle de The Shores of Melancolia, ce qui est plutôt rassurant, puisque l’on parle ici d’une continuation.

Il y a un peu de growl dans ‘Sanguis’ et beaucoup d’Arena dans le reste. Mais, il y a également un titre acoustique, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’ et une pièce jouée au piano intitulée ‘Lunar Tale’. Du coup, Sanguis est un peu différent de The Shores of Melancolia. En plus cette fois, je trouve la pochette vraiment sympa, contrairement au premier opus.

Les claviers vintages, telle une tempête, ouvrent l’album sur un titre de plus de neuf minutes. Ils reprennent la puissance dévastatrice qui préside au premier opus. Il s’agit de la pièce maîtresse de l’album dans laquelle un fils pardonne à ses parents, mais ne les excuse pas.

J’ai une petite faiblesse pour le morceau suivant, ‘Loneliness Untold, Loneliness Unfold’, une pièce jouée à la guitare électro acoustique et à l’orgue qui débute par ce qui doit être un extrait de film. On retrouve d’ailleurs un autre enregistrement, au début du titre ‘Fire in Ice’, celui du Professeur Julius Sumner Miller en 1964 , réalisant une expérience pour le programme télé de ABC. Une expérience qui ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le titre central ‘I Am Time’ semble sorti tout droit de la discographie du groupe Arena, tout particulièrement pendant son refrain où les claviers de Endre font penser  à du Clive Nolan et où les guitares sonnent comme celles de John Mitchel.

Que vous dire d’autre sur Sanguis ? L’album est dans la continuité de The Shores of Melancolia sans pour autant le copier.

Je vous recommande d’écouter les deux parties d’une traite car elles sont très cohérentes et pas si longues que ça au final. J’attends du coup avec impatience le troisième et dernier opus.

S’il est du même tonneau, j’espère qu’ils auront la bonne idée d’éditer un coffret regroupant les trois disques. Ça ferait un bel objet.

Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Ancestors – Suspended in Reflections

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un groupe qui n’est plus. Il s’est éteint en 2019, un an après avoir sorti Suspended in Reflections, son dernier album que j’ai découvert par hasard.

Ancestors est né à Los Angeles sous forme d’un trio en 2006 qui est devenu plus tard quintet et qui a composé quatre albums et un EP en douze années d’existence. Leur musique a exploré les univers du rock progressif, du psychédélique, du doom, du stoner voire même de l’expérimental et du jazz comme dans le morceau ‘Release’.

Suspended in Reflections est un petit album de six titres qui dure moins de quarante minutes et je ne vous cache pas que c’est trop peu. Trop peu parce que j’aime beaucoup leur univers.

Ancestors propose ici une musique confortable et mélancolique où les références au rock progressif sont omniprésentes. D’accord, de temps en temps, c’est un peu torturé quand même, sinon ça ne serait pas drôle, comme dans le titre final ‘The Warm Glow’, mais comparé au dernier album que je vous ai présenté mardi dernier, Suspended in Reflections est une promenade de santé.

La production est vraiment le gros défaut de cet album. Le son manque cruellement de dynamique et possède un côté noisy pas très recolleur. Les guitares ressortent bien mais tout le reste semble noyé dans le smog londonien.

Je pourrais reprocher également à Ancestors de manquer de personnalité, c’est d’ailleurs peut-être ce qui à sonné le glas de la carrière du groupe. La musique post-rock, doom, progressive, jazzy peine à trouver sa propre identité. Ceci posé, Suspended in Reflections est un album très agréable à écouter même s’il n’est pas révolutionnaire.

J’aime tout particulièrement ‘Into The Fall’ qui joue du violon et violoncelle sur une écriture post-rock et ‘Lying To The Grass’ qui débute sur du champ vocodé. Deux morceaux qui sortent clairement du lot sur cet album.

Après avoir écouté Suspended in Reflections, je me suis penché sur In Dreams and Time sorti six ans plus tôt, et j’ai été assez déçu. Les albums n’ont pas grand-chose de commun entre eux et on se demande même s’il s’agit du même groupe qui joue.

Que dire d’autre ? Pas grand-chose, Suspended in Reflections m’a bien plus et je vous y conseille d’y jeter une oreille ou deux à l’occasion.

Demain soir, je serai au Grillen à Colmar pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim, un concert à ne pas manquer.

Marillion à Strasbourg

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Photo Laurent Regnard pour le magazine Neoprog

Oui, vous ne rêvez pas, Marillion revient à la Laiterie à Strasbourg. C’est énorme ! Quand ? Je ne sais plus trop, en novembre je crois, parce qu’en réalité, je n’ai pas vraiment envie d’y aller.

Moi qui ai été un fan de la première heure du groupe, qui possède tous leurs albums déclinés pour certains en plusieurs éditions, qui collectionne leurs tee shirts, mugs, sacoches, oui, ce moi n’a plus envie d’aller les écouter.

Je ne suis pas de ceux qui vénèrent la période Fish et détestent Steve Hogarth. En fait j’ai arrêté d’être un fan après l’album Sounds That Can’t Be Made. J’ai continué à acheter leurs disques, mais je n’ai plus retrouvé le souffle épique de ‘The Invisible Man’, ‘This Is The 21’st Century’, de ‘Jigsaw’ ou de ‘Kayleigh’. Je me suis lassé.

En live, j’avoue que les minauderies de Steve Hogarth m’ont toujours agacé et le somnolant Steve Rothery m’endort même s’il joue divinement bien. En plus, à chaque fois, les salles étaient bondées à se marcher sur les pieds et ça n’est pas trop pour me plaire.

J’ai quand même hésité à prendre mon billet. Déjà parce c’est rare que je puisse assister à un concert sans prendre la voiture, ensuite et surtout parce que Lazuli assurera la première partie du show et que j’aime bien Lazuli

Quoiqu’il en soit le concert est sold out maintenant, donc pas de regret. Au pire je dégotterai une accréditation photo si je me décide à venir, car je n’ai jamais shooté Marillion en live.

Bon pour être tout à fait honnête avec vous, je manquais d’idées pour le billet du samedi, je n’ai pas terminé de série ni de bouquin, je ne vais pas vous parler de les sorties astro toutes les cinq minutes, la crise pétrolière m’importe peu et pour la lune on va d’abord s’assurer que les quatre astronautes reviennent en un seul morceau avant d’en parler.

Donc Marillion…

Les quinze ans d’ArpegiA

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Le 3 avril 2026, l’association ArpegiA soufflait ses quinze bougies. Ils invitaient pour l’occasion le groupe avec qui ils avaient débuté l’aventure, à savoir  Lazuli.

Le vendredi matin, j’avais décidé de partir les mains vides pour profiter de la musique. A treize heures, j’ai tout de même préparé un boitier photo avec un petit objectif photo 24-200 mm passe partout. A quinze heures, je le remplaçais par un objectif 70-200 mm plus professionnel. A dix-heures, juste avant de partir, j’ajoutais une batterie et un second boîtier photo avec un 24-70 mm pro. 

Car Lazuli jouait Chez Paulette, à Pagney Derrière Barine, pour les quinze ans de l’association ArpegiA. Et pour rien au monde je n’aurais voulu manquer ça. 

Plein d’amis et connaissances patientaient devant la porte du Pub Rock en attendant l’ouverture. Bisous, accolades, poignées de mains, c’est ça les concerts d’ArpegiA, une grande famille qui se réunit trois fois par an pour autour de concerts de rock progressif.

A l’intérieur, une rétrospective en images, retraçait quinze années de concerts organisés par l’association, de belles affiches avec notamment Lazuli, premier groupe à avoir fait confiance à Michel, Christophe et Patrice, Pendragon, RPWL, Fish, Franck Carducci, Arena, Mostly Autumn, Peter Carlsen, Blind Ego, Ray Wilson, UPF et bien d’autres. Je n’étais pas présent pour toutes ces dates mais j’en ai vu beaucoup.

A 20h30 Lazuli monte sur scène pour un set en deux parties dont la première donnait la part belle à leur dernier album Etre et ne plus être. Le groupe est manifestement fatigué après une longue tournée, d’ailleurs Dominique nous raconte, non sans humour, les petits problèmes de santé que lui, Claude et Arnaud , ont eu ces derniers jours.

Ils sont fatigués mais voilà c’est Lazuli et ils donnent tout ce qu’ils ont dans la bonne humeur. Le public, venu nombreux retrouver nos amis troubadours, se pressent au premier rang pour les écouter. Comme bien souvent, les titres sur lesquels j’avais moins accroché sur leur dernier album ont trouvé tout leur sens en live. Et j’ai particulièrement aimé de retrouver les morceaux‘Triste Carnaval’ ou ‘Mon body se meurt’, peut-être aussi parce que je posais l’appareil photo quelques minutes pour mieux les écouter.

La seconde partie arrive très vite, trop vite à mon goût, alternant anciens et morceaux plus récents, saluant la mémoire d’Anne Gaëlle, partie il y a quelques jours, la chanteuse du groupe Monnaie de Singe, avec qui ils ont partagé l’affiche il y a quelques années dans cette même salle. Ils saluent également les trois mousquetaires de l’association ArpegiA ainsi que les petites mains qui font vivre le rock progressif dans ce village perdu de Lorraine. 

Après le duo d’improvisation éblouissant de Romain et Vincent, Dominique revient tout seul sur scène pour nous jouer un titre acoustique. Un rappel plus tard et une marimba à neufs mains, et ils nous laissent orphelins pour un dernier salut avant de nous retrouver peu après dans la salle pour quelques dédicaces et discussions à bâtons rompus. 

J’ai trouvé le concert vraiment trop court mais en réalité il était minuit passé lorsque les lumières se sont rallumées, je n’avais pas vu le temps passer. Plus de quatre cents photos s’étaient accumulées dans ma pellicule. Après plein de bisous, d’accolades et de poignées de main, j’ai repris la route de l’Alsace, les oreilles et les yeux remplis de musique et de sourires.

Une superbe soirée comme toujours avec Lazuli.

Merci à Lazuli, Arpegia et Chez Paulette pour cette magnifique soirée. On se revoit très prochainement à Pagney derrière Barine pour écouter Airbag !

Prochains concerts Iotunn au Grill le 15 avril, Monkeys on Mars a P8 le 25 avril, Airbag Chez Paulette le 24 mai et après on verra.

Toutes les photographies du concert sont ici.

Monosphere – Amnesia

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Ces temps-ci, je regarde souvent du côté de l’Allemagne et tout particulièrement vers la ville de Mainz.

Après The Aesthetic Voyager et son album Selfless, je vais vous présenter le groupe Monosphere et leur dernier bébé, Amnesia. Je suis tombé dessus par hasard en recherchant de nouvelles sorties de métal progressif. La pochette a attiré mon regard et la violence du growl combiné à une musique très progressive m’a tout de suite donné envie d’aller plus loin avec eux.

D’ordinaire, je fais toujours une première écoute de l’album sur Bandcamp avant de me décider à l’acheter. Dès le cinquième morceau d’Amnesia, j’ai commandé la galette.

Alors oui, je vous l’accorde, Kevin ne fait pas dans la dentelle avec son growl vomito mais il est également capable de chant clair comme dans ‘Idiomorph’ et cela combiné à une musique des plus mélodique, cela donne un album très dynamique et varié.

L’album est riche en claviers, avec même du grand piano dans ‘Allusion’. Il joue également de rythmique travaillée à la basse (‘Dissolve’) et la batterie et les guitares donnent amplement le change. Bref c’est de la bonne musique.

Amnesia avec neuf titres de une à dix minutes, propose de furieux contrastes vocaux et musicaux. Cerise sur le gâteau, l’album raconte une histoire d’amour et d’amnésie, si vous n’aviez pas compris le titre.

Deux invités, Jei Doublerice et Mark Garrett, prêtent leurs voix sur les titres ‘Nadir’ et ‘Dissolve’ et Justin Felder, qui a travaillé au mixage de l’album, joue également de quelques instruments.

‘Limbic’ est certainement un des titres les plus violents de la galette malgré sa courte durée. La musique part en dissonance quand le chant est du plus pur deathcore et la rythmique des plus saccadée. Les paroles ne font pas non plus dans la dentelle écoutez plutôt : “Le silence hurle, une cacophonie assourdissante, un vestige”.

Amnesia est bon, très bon, contrasté, écartelé, beau, grandiose. Oui tout ça à la fois !

Il rentre dans ma petite liste de mes coups de coeurs de l’année, alors foncez l’écouter d’urgence, enfin si vous aimez le métal.

The Aesthetic Voyager – Selfless

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Revenons en 2025 si vous le voulez bien même si 2026 s’annonce bien chargée.

Je suis tombé sur un trio allemand pas franchement connu en parcourant les achats de Gerlinde Roth que je suis sur Bandcamp. Il s’agit du groupe The Aesthetic Voyager né en 2013 et qui sortait en mai dernier son troisième album, Selfless.

Selfless ce sont huit titres de trois à six minutes pour moins de trois quarts d’heure dans la lignée de Porcupine Tree, The Pineapple Thief, The Urbane et même de Marillion. Du rock alternatif mâtiné de post-rock et de prog.

Il est évident que la pochette aurait dû attirer mon regard. Elle représente un astronaute en EVA tournant le dos à ce qui pourrait être la planète Mars. Difficile de faire plus accrocheur pour quelqu’un comme moi.

Mais en réalité, c’est le premier morceau, ‘The Holdout’ qui m’a donné envie de vous parler de l’album Selfless. Un titre qui commence sur un texte déclamé accompagné de quelques notes de guitare et qui se poursuit plus nerveusement en mode alternatif pour se terminer sur une écriture très progressive aux claviers vintages. Et tout ça en moins de cinq minutes.

Le ton de l’album est donné. Quelque chose entre Porcupine Tree et The Pineapple Thief.

Mais pourquoi vous ai-je parlé de Marillion alors ? La réponse se trouve dans l’instrumental ‘Moon Halo’. J’y retrouve quelque chose du titre ‘Lavender’ de l’album Misplaced Childhood. Mais je l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux.

Pour The Urbane (un projet de John Mitchell) écoutez le titre ‘Medecine’ par exemple. Une pièce rythmée au format radio, limite pop/rock, qui ne s’embarrasse pas de fioritures du prog ou du rock alternatif pour délivrer son message.

Mais je vous parlais également de post-rock au début. Vous allez pouvoir en entendre des éléments dans le troisième morceau, ‘Of Wonders and Horrors’ même si le titre est chanté.

Les seules informations que j’ai trouvé pour décrire cet album, ce sont deux  phrases lacunaires présentent sur le site du groupe : « L’album vous emmène dans un voyage au cœur du dépassement, des crises et de la découverte de soi. « , « Des titres qui explorent les différentes facettes de l’angoisse existentielle et de l’espoir retrouvé. ».

Selfless n’est sans doute pas l’album du siècle mais c’est une jolie découverte et je serai heureux de voir le trio en action sur scène s’ils ne passent pas trop loin de la maison.

Marc Atkinson – Voices

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Dois-je encore vous présenter Marc Atkinson ? Qui ne le connaît pas encore ici ?

Marc est le chanteur du groupe Moon Halo.

Il a également œuvré dans Nine Stones Close, Riversea et Mandala band et c’est aussi un artiste solo. Et surtout, j’adore la voix de Marc.

Si j’ai boudé le dernier Moon Halo, Trichotomy, j’ai n’ai pas pu résister à l’appel de son nouvel album solo Voices que j’ai précommandé sur Bandcamp.

Voices, ce sont quatorze titres pour presque une heure en quart de musique où vous retrouverez deux musiciens de Moon Halo ainsi que l’épouse de Marc et sa fille.

Disons-le tout de suite, Voices est un album trop long d’autant qu’il manque de rythme. Il démarre pourtant sur les chapeaux de roues avec l’excellent et très marilionesque ‘Where Do I Begin’. Hélas, après cela, l’album se noie rapidement en chemin.

Par exemple, le ‘If I Could’ me fait beaucoup penser à du Vanessa Paradis avec ses chœurs de Tamsin et Enya. Un titre tellement sirupeux qu’il en devient limite insupportable à écouter.

Le court ‘Home’ donne le change avec une musique rythmée à la manière de ‘Big Time’ de Peter Gabriel. Rien de bien révolutionnaire, mais l’album avait besoin de ça pour nous donner un coup de fouet alors qu’avec ‘Help Me Believe’ j’ai l’impression d’aller à la messe. Bon, il y a aussi ‘The Future Starts Tonight’ qui secoue un peu, mais lui et moi, c’est juste pas possible.

Je reconnais tout de même que Martin Ledger fait des étincelles avec sa guitare sur de nombreux titres comme ‘Everything Is Possible’ là où les claviers de Marc se contentent de nappes de remplissage quand ce ne sont pas les chœurs qui se chargent de ce travail.

Il y a quelques textes qui contrastent avec la musique comme dans ‘Say It Isnt So’ où vous entendrez des extraits de discours de mon ami Trump (un gars bien croyez-moi). Mais dans l’ensemble, Marc parle de beaucoup d’amour, du couple, de l’espoir, mais aussi de sa musique (‘Home’, ‘Voices’).

Je ne vous cache pas que sorti de quelques titres comme ‘Where Do I Begin’, ‘Say It Isnt So’ et ‘Home’, l’album Voices m’a fait somnoler malgré la voix de Marc. Je l’ai trouvé trop long et trop paisible. Peut-être n’était-ce pas le bon moment pour l’écouter.