Crown Lands – Apocalypse

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Comme beaucoup des sorties très attendues n’arrivaient pas à éveiller mon intérêt, je veux parler de Port Noir, Bruce Soord ou Devin Townsend par exemple, j’ai décidé d’écouter un album assez éloigné de ma zone de confort. Je veux parler du groupe de heavy prog vintage canadien Crown Lands qui se réclame de Led Zep et de Rush. Une grosse prise de risque pour moi qui n’aime pas Rush et ne connais que quelques tubes de Led Zepplin.

Apocalypse est un album sept titres dont un de presque vingt minutes. Il sonne des plus seventies et est joué par le duo formé de Cody et Kevin. Cody chante très haut à la manière de Rush en jouant de la batterie et de la flûte quand Kevin fait tout le reste, basse, guitare et claviers.

On ne va pas se mentir, l’album possède un côté enthousiaste, approximatif, brut d’enregistrement et un peu à côté du diapason, comme si le passage en studio s’était fait dans une cuisine. Cela lui donne aussi une certaine fraîcheur que certains artistes semblent avoir perdu au fil des années.

Apocalypse donne dans le rétro prog à la frontière des sixtes et seventies sans la moindre recherche de modernité ce qui me l’a rendu immédiatement sympathique. Par moment, c’est même à la limite du kitch.

La musique de Crown Lands est rock, dynamique et rythmée avec force de guitares. Il faut attendre l’avant dernier titre, ‘The Revenants’ pour que l’album se calme un peu avec un morceau quasi acoustique.

La pièce de choix est le tout dernier morceau de l’album, une pièce de presque vingt minutes intitulée ‘Apocalypse’. On y retrouve de nombreuses inspirations allant du néo-progressif à la Marillion au prog symphonique à King Crimson et Yes. Certes, le titre ne réinvente pas la poudre, il ressemble presque d’ailleurs à un medley de best of des seventies, mais cela s’écoute quand même avec bonheur. En plus Cody torture un peu moins sa voix dans les dernières minutes du titre ce qui repose mon oreille qui a été bien malnenée pendant tout l’album.

Je ne vais pas vous sur vendre Apocalypse ni le placer dans mon top de l’année. Mais si comme moi, vous aviez une envie soudaine de prog vintage, vous pouvez y jeter une oreille, on ne sait jamais, sur un malentendu.

A Forest Of Stars – Stack Overflow In Corpse Pile Interface

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Parfois, je tombe sur des albums étranges comme Stack Overflow In Corpse Pile Interface du groupe A Forest Of Stars. Rien que le titre fait peur et vous n’avez pas encore entendu la musique.

Évidemment, c’est Stéphane Gallay qui a recommandé ce truc improbable, sinon je ne l’aurai pas trouvé tout seul.

A Forest Of Stars se définit comme un groupe de black metal britannique. Moi, je parlerai de black metal folk ambiant progressif. Un narrateur enroué et une chanteuse se rencontrent sur un metal plein de claviers et de violon.

Stack Overflow In Corpse Pile Interface est formé de seulement six morceaux dépassant les dix minutes pour une heure et quart de musique.

Comme le dit très justement Stéphane, le narrateur torturé possède un je ne sais quoi de Fish chantant sur le premier album de Marillion, Script For Jester’s Tear. Mais la comparaison s’arrête là.

Le chant récitatif est aussi comparé au travail de la chanteuse de new wave britannique Anne Clark. Je veux bien le croire, mais j’ai toujours snobé la new wave alors je n’en sais rien.

Le violon joué par Katheryne, et qui constitue un des piliers de la musique du groupe, ne sort clairement pas d’un grand prix du conservatoire. Il est joué à tzigane, accentuant le côté folk rugueux de la musique. Guitares, basse et batterie ajoutent encore un parfum sauvage à l’écriture de A Forest Of Stars.

Si le premier titre ‘Ascension of the Clowns’ ne vous fait pas flipper, c’est que vous avez le cœur bien accroché. D’autant que si vous lisez les paroles, vous risquez de devenir dingue. Et si vous les comprenez, c’est que vous l’êtes déjà.

N’empêche ou bien à cause de tout cela, Stack Overflow In Corpse Pile Interface est un album génial, unique, totalement frappadingue, dérangeant et beau que vous devez absolument découvrir, quitte à en perdre la raison.

Alors foncez l’écouter, il rentre de ce pas dans mon top 2026.

Maintenant, il faut que je lui trouve un successeur pour la semaine prochaine, et je ne vous cache pas que cela va être compliqué.

Aquilus – Bellum II

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C’est Stéphane Gallay qui m’a vendu l’album Bellum II du groupe australien Aquilus il y a deux ans. Dans sa chronique, il comparait Aquilus à Wilderun, de quoi me mettre en appétit. 

Pourtant, à l’époque, je n’avais pas cédé à la tentation, et c’est en découvrant, un peu par hasard, un autre album du groupe, Griseus sorti trois ans plus tôt, que j’ai décidé de donner une nouvelle chance à Bellum II. 

Aquilus donne dans le black metal progressif symphonique cinématique à growl caverneux. Et c’est justement le chant qui m’avait découragé la première fois. Car après une magnifique ouverture cinématique, l’album balance une charge de grosse voix ténébreuse qui en découragerait plus d’un. 

Il fallait manifestement passer le cap de ‘Into the Earth’ pour découvrir toute la complexité et la beauté de la musique d’Aquilus. Parce que lorsque vous arrivez au troisième titre, l’instrumental ‘A Solitary Demise’, il est difficile de ne pas tomber amoureux de cet album.  Le piano classique s’invite alors de la plus délicieuse manière qui soit. 

En huit morceaux, dont deux pièces épiques et presque une heure de musique, Bellum II donne un métal symphonique cinématique, entre romantisme et impressionnisme. Piano, violon, flûtes, chant lyrique, guitare acoustique à la Steve Hackett et black metal travaillent à l’unisson et même le growl, qui m’avait d’abord rebuté, trouve tout son sens. 

Certains titres sont de facture assez classique, comme ‘High to Her Gloam’, d’autres sortent vraiment des sentiers battus. Ecoutez donc ‘Admidst Soughing Tristesse’ si vous n’êtes pas convaincu avec chanteuse lyrique Annemari Välipelto, le piano classique et la guitare mandoline. 

Vous pouvez également jeter une oreille à l’instrumental ‘Sombre loom’ qui suit ‘High to her Gloam’. Un titre à l’écriture plutôt légère, en comparaison du reste de l’album, qui se rapproche plus d’un folk cinématique que d’un black metal symphonique.

Tout ça pour dire que Bellum II est un album d’une grande richesse qui puise son inspiration dans de nombreux univers musicaux dissemblables et arrive malgré tout, et même avec brio, à être d’une grande unité artistique.

Alors pas de doute, Bellum II est un chef d’œuvre du genre qui ne plaira sans doute pas à toutes les oreilles parce que de temps en temps, il tabasse quand même un peu fort. Mais ne faites pas comme moi, donnez-lui une chance, ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Il mérite plus que la découverte.

Airbag Chez Paulette

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Rendez-vous compte, le groupe Airbag faisait un détour à Pagney derrière Barine avec Lesoir en première partie pour se donner en spectacle. J’avais rechargé les batteries des mes appareils photos, fait le plein d’essence de la voiture, réécouté les derniers albums de Airbag, bref j’étais paré.

Mais en parlant de Lesoir, le jour précédent je m’étais couché à 5h du matin. Et plus embêtant encore, le ciel était à nouveau bien dégagé le samedi du concert. Où allais-je aller ? Allais-je écouter Airbag, faire dodo ou me lancer dans une nouvelle nuit astro ? Un vrai choix cornélien. Je pouvais même aller écouter The Young Gods à La Laiterie à Strasbourg avec mon ami Sébastien.

Mais ma décision fut vite prise. Le mercure avait grimpé jusqu’à 30 degrés dans l’après-midi et c’est avec le soleil brûlant en pleine figure que j’ai pris la route après un repas consistant. Il faut des forces pour tenir le coup. 

Il y avait pas mal de monde stationné sur ce parking perdu au milieu de nulle part. Le soleil se couchait sur les Vosges mais j’étais encore à l’avance. Laurent était déjà sur place et me cherchait dans la salle. 

Sur mon Whatsapp de nombreux messages se télescopaient « Salut JC, Airbag ce soir ? », « Qui monte alors ? », « Je vois pas par quel miracle ce truc va disparaître en 1h15 », « Je suis arrivé depuis longtemps en fait. bises »…

J’ai sorti le matériel du coffre et me suis préparé pour la soirée. Pas mal d’amis étaient présents, des habitués et une vieille connaissance que je n’avais pu vu depuis un bon moment. Nous étions trois photographes mais nous avions largement assez de place pour ne pas nous marcher sur les pieds.

Comme à chaque fois que je sors avec mon téléobjectif de 1500 mm de focale, je n’ai que des problèmes techniques. Ce soir là n’a pas échappé à la règle. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort.

Avant l’extinction des lumières, je discute avec mes voisins tout en me préparant, mais dès que le show commence, il n’est plus question de papotages. Il faut shooter. Je suis là pour ça.

Dans le silence surnaturel, sous un projecteur lunaire, je pointe la galaxie du tournesol avec mon Celestron 8. Antoine vise le duo Messier 81 et 82 et mon voisin la nébuleuse du coeur. Il fait doux à 1100 m d’altitude, presque frais, et je ne regrette pas d’avoir renoncé à la salle bondée de Pagney derrière Barine chauffée par les éclairages pour le parking du Champ du Feu.

Quelques heures plus tard, alors que Eliott est parti depuis longtemps, et que Antoine dort dans sa Tesla, je me rentre doucement à la maison en slaloment entre les biches. Je n’aurais pas profité du groupe Airbag en live, je ne les aurais pas photographié non plus, mais on ne peut pas être partout et dimanche prochain j’ai un autre concert à couvrir. 

Cris Luna – 2014 – 2018 – A crown of pain

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Cris Luna est de retour avec un nouvel album, A crown of pain. Ok il est lorrain et ce n’est sans doute pas un artiste majeur de la scène progressive ni même métal. Son univers est clairement plus orienté rock même s’il reste toujours à la frontière du progressif, un peu comme Deep Purple.

A crown of pain est le cinquième album studio de Cris depuis Babylon Child en 2011. Dix morceaux pour presque une heure de musique et une pièce de quinze minutes en trois parties. Des titres ancrés dans le rock, le blues et le psychédélique composés entre 2014 et 2018.

L’album débute avec la première partie du titre ‘Crown of pain’ sur un extrait biblique. Genèse 1:20 : “Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel.”. Une excellente ouverture qui nous plonge directement dans l’univers de Cris Luna. 

Et je ne dis pas ça parce que j’ai été au catéchisme, (personne n’est parfait), car s’ils avaient pu, les curés m’auraient excommunié à cause de mes questions dérangeantes et de mon impertinence.

La pochette champignon nucléaire chrétien rose sur fond de ciel bleu texan annonce la couleur et donne le ton très US de la musique.

L’album A crown of pain continue de manière plutôt tranquille sur des sonorités américana avec les titres ‘Number 12’ et ‘Ivory Sky’. Quand je vous parlais des inspirations prog de Cris un peu plus haut, ben justement, les trois dernières minutes de ‘Ivory Sky’ possèdent un quelque chose de Pink Floyd, encore que l’on peut se demander si Pink Floyd c’est bien du prog, mais je laisse ce débat aux vieux barbus intégristes.

C’est sur une musique électro rock western que Cris nous parle ensuite de la révolution de Février à Kiev en 2014 dans la chanson ‘Maïdan’. Le titre, plus nerveux que les deux précédents, s’achève sur un chant traditionnel, probablement ukrainien.

La pression monte d’un cran avec le quasi punk ‘Torn’. Bon du punk bobo avec des guitares bien jouées parce que Cris n’a plus l’âge de tout casser et que la crête bleue et verte dans les cheveux gris, ça ferait tâche, même si No Future. 

Avec ‘Black Pearl’ on bascule dans l’univers du blues et ‘Morning sunbird’ nous surprend avec un poème de Bertolt Brecht, ‘Die Liebenden’, déclamé en allemand par Fritz Stavenhagen.

Mais c’est la seconde partie de ‘Crown of Pain’ qui a ma préférence. Le titre, de plus de onze minutes, oscille entre blues et psychédélique. Un morceau puissant, nettement plus dramatique que les autres, où le trio formé de Cris, de Nicolas Fageot et de Benoît Cazzulini donne tout ce qu’il a dans les tripes.

La dernière partie du triptyque calme le jeu un peu à la manière d’une repentance dans le style des floyds puis Cris conclut l’album sur ‘Not of this world’ joué par Jean Yves Jung au piano.

J’adore l’album A Crown of pain, mais j’avoue ne pas être totalement impartial parce que j’aime beaucoup Cris, l’homme qui se cache derrière l’artiste. Je l’album trouve plus personnel et plus accessible que son précédent disque The Musical War que j’avais pourtant beaucoup aimé.

Allez donc l’écouter et plus si affinités, vous le trouverez par exemple sur Bandcamp.

The Moon and the Nightspirit – Seed of the Formless

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Pour fêter la défaite du Viktor Orban en grandes pompes (un facho de moins), je vais vous parler aujourd’hui d’un groupe hongrois, enfin d’un duo. The Moon and the Nightspirit est né en 2003 de la rencontre de Agnès et Mihaly et Seed of the Formless dont nous allons parler est leur huitième album. Huit titres de quatre à six minutes qui donnent dans le folk doom pagan

D’après Wikipedia, “leurs chansons parlent principalement de contes fantastiques païens et de chamanisme”. Agnès chante en anglais comme en hongrois d’une belle voix claire et Mihaly joue d’un growl très modéré sur quelques titres comme ‘The First Tremor’.

Si à leurs débuts, le duo jouait plus de world music et de folk comme dans l’album Osforras, il semblerait qu’il prenne un virage doom au fil des années.

Mais au fait, comment suis-je arrivé à écouter ce groupe hongrois ? C’est Alice qui a adoré leur dernier album et l’a même comparé au groupe Kalandra.

Et puis, ne nous mentons pas, la pochette dessinée par Agnès, qui en plus d’être chanteuse et multi-instrumentaliste, peint à ses heures perdues, m’a tapé dans l’oeil. D’ailleurs toutes les pochettes des albums de ce groupe sont des petits bijoux graphiques.

Seed of the Formless est un album lent, pas loin du doom, où les instruments acoustiques ont laissé place aux guitares électriques et claviers. Il y a bien un peu d’électro-acoustique, sur ‘The First Tremor’ par exemple, mais ce n’est pas l’esprit de l’album.

‘Fount of Everlight’ est peut-être le morceau le plus “agité” des huit, une sorte de single pour disque de doom qui réveille les morts. Le chant clair d’Agnès domine la musique ponctuée des quelques cris de Mihaly tout particulièrement sur ‘Olden Resonance’, un titre qui s’énerve bien dans les dernières secondes.

Mais au final, je me suis souvent ennuyé en écoutant Seed of the Formless. L’album est trop monotone pour sa durée. Il s’écoute bien en musique de fond, installant une ambiance pesante et sombre, mais j’ai du mal à rester concentré dessus pendant trois quarts d’heure qui me paraissent une éternité.

Je vous conseille toutefois d’aller écouter d’autres albums du groupe, comme Osforras ou Holdrejtek, des disques à l’écriture plus folk qui méritent le détour.

RPWL – World Through My Eyes Live

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Je sais, j’ai dit que je ne chroniquerai plus les promotions venant des artistes ou des labels. D’ailleurs j’ai largement communiqué dans ce sens depuis la fin du magazine auprès des intéressés, jusqu’à me rendre injoignable sur les réseaux sociaux.

Mais Gentle Art Of Music ne veut rien entendre et je reçois toujours leurs albums par la poste. Par chance, il n’y en a pas souvent. Du coup, je considère ces disques comme des cadeaux, et plus des promotions, c’est main n’est-ce pas ? Ne prenez pas ce prétexte pour m’envoyer des disques, de toute façon je ne vous donnerai pas mon adresse postale.

Bref, tout ça pour dire que je vais vous parler aujourd’hui du double live de RPWL, World Through My Eyes Live. Oui encore un live, on aurait préféré un nouvel album studio. Mais bon, c’était un cadeau.

World Through My Eyes Live reprend en live l’album World Through My Eyes sorti en 2005 et revisité l’an passé. Deux CDs et dix-huit morceaux, largement de quoi occuper vos longues soirées d’hiver d’autant qu’il y a pas mal de titres à rallonge. Le premier disque reprend l’intégralité de l’album et le second reprend des tubes de RPWL comme ‘Hole In The Sky’ ou ‘What I Really Need’.

En 2005 Ray Wilson chantait dans RPWL au côté de Yogi Lang, on se souvient tous de ‘Roses’ que l’ex chanteur de Genesis joue régulièrement en live. Personnellement, dans les anciens albums du groupe allemand, j’ai une préférence pour Trying To Kiss The Sun sorti en 2002, mais bon, puisque c’était gratuit…

Un live reste un live, donc je ne vais pas vous faire la retape des morceaux. Par contre je vais vous parler du son et du jeu des musiciens et pas forcément pour être très gentil.

Commençons par le jeu. Je trouve que tout ça manque de mordant. D’accord, les musiciens ne sont plus tout jeunes mais on s’ennuie un peu par moment. Il y a bien quelques digressions à la guitares ou aux claviers mais franchement rien de vraiment tripant.

Pour le son, ben c’est un peu le même problème, ça manque de relief. La captation est pourtant précise, limite ciselée, mais il faut pousser les potentiomètres pour profiter pleinement de l’ambiance live.  Après c’est un live, ce n’est pas toujours facile de bien faire ressortir le son.

World Through My Eyes Live n’est pas mon live préféré de RPWL. Il n’arrive pas à la hauteur du magnifique A New Dawn ou de God Has Failed Live & Personnal, mais bon, c’était cadeau, alors je ne vais pas me plaindre.

Holosoil – Look UP

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En tant que progueux repenti, je continue de regarder régulièrement ce que sort le label Inside Out Music. Il ne signent d’ordinaire que des valeurs sûres ou bien des dinosaures de la scène métal progressive, mais de temps en temps ils nous surprennent avec une petite prise de risque.

L’EP Look Up du jeune groupe Holosoil est justement une de ses trop rares surprises. Initialement formé en 2019 sous le nom R3VO, la jeune formation berlinoise se réinvente avec la chanteuse finlandaise Emelie Sederholm et ce premier EP cinq titres de vingt minutes.

Hosoloil joue d’un rock progressif alternatif électro moderne dominé par la voix fabuleuse de Emelie. Prenez une Anneke période Mandylion, une Bjork énervée, une Dolores O’Riordan pas facho, une touche délicate orientale, et vous aurez une petite idée de ce que peut dégager cette chanteuse.

Mais soyons clair, Holosoil, ce n’est pas qu’une voix, c’est un mélange de djent, électro, pop, expérimental totalement décoiffant qui sort des sentiers battus et nous offre une bouffée de jouvence dans un monde musical assez sclérosé.

‘Look Up’ est un titre punchy construit sur une base rythmique de guitare parfois complètement détricotée autour de laquelle la voix d’Emelie s’enroule, tel un serpent. Il est à la fois dérangeant et très vendeur.

‘Cracks’ démarre calmement sur la basse de Victor et la voix d’Emelie. Il explose sur le court refrain où des motifs à la Tool surgissent ici où là pour revenir aussitôt à forme épurée du début. Une écriture relativement simple mais d’une grande efficacité.

‘Spirals’ joue des Milles et une Nuit pour nous ensorceler. Et ce n’est pas parce que les paroles parlent de cosmos et de galaxies qu’il s’agit de mon morceau préféré. J’ai toujours aimé le mélange métal orientalisant avec le chant féminin et ici c’est un pur régal.

‘Freakshow’ est juste derrière dans mes préférés. Le titre change sans cesse de configuration, sautant de la world music à la balade en passant par le métal.

Et puis, pour conclure ce trop court EP,  ‘Animal’ revient avec une formule accrocheuse et rythmée sur laquelle on aurait presque envie de danser (je déteste danser). Une délicieuse accalmie laisse quelques secondes aux couples pour s’enlacer avant de se séparer pour fouler furieusement une nouvelle fois la piste de danse. Le titre est tout particulièrement éblouissant pour la performance vocale de Emelie.

Je trouve toutefois la pochette de l’EP vraiment très moche, très loin des canons du genre, mais c’est sans doute parce que je suis un vieux con. N’empêche, je vous recommande vivement la découverte de ces nouveaux venus chez Inside Out.

J’attends évidemment beaucoup de la sortie de leur futur album et comme de bien entendu, je serais probablement déçu, mais passons.

Monkeys on Mars au P8

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Samedi dernier, avec Seb et Clovis, nous partions en Allemagne pour un triple concert joué par seulement deux groupes : Mars Red Sky, Monkey 3 et leur fusion, Monkeys on Mars.

J’y allais principalement pour écouter Monkeys on Mars dont j’ai adoré le premier EP, mais j’ai finalement découvert avec bonheur deux autres groupes, un trio stoner et un quatuor space rock.

La grande salle du P8 était bien remplie et muni de mon pass presse, il n’a pas toujours été facile de bouger pour photographier les trois formations.

Un immense écran rond à la Pink Floyd dominait la scène où deux batteries se dressaient telles des tours. Entre les deux, les claviers de Monkey 3 et juste devant le public, des machines à fumée étaient disposées de manière à créer des piliers de brouillard.

C’est Mars Red Sky qui ouvre le bal. Le trio stoner français est assez statique. Il joue devant des vidéos vintages un rock psyché épais sur le chant fragile de Julien. Le spectacle vient principalement de leur batteur qui toute donne la dynamique à leur musique. Pour faire bonne figure, les éclairages sont principalement marsiens et je galère pour faire des images acceptables, le rouge étant l’ennemi du photographe.

A la fin du set de Mars Red Sky, Monkey 3 rejoint le groupe et c’est un fondu enchaîné improbable que nous offrent les deux formations. Les français s’effacent pour laisser les quatre suisses prendre la relève, tout ça sans interruption. Oui, Monkey 3 ce sont quatre musiciens, comme l’indique le nom du groupe : un bassiste, un guitariste, un claviériste et un batteur…

Le groupe est un quatuor space rock instrumental souvent inspiré par les Floyd. Et si leur dernier album studio ne m’a pas franchement inspiré, en live c’est une toute autre histoire. En live, ça déchire ! 

Les gars se donnent en spectacle, un peu à l’opposé de Mars Red Sky, et leur musique me parle vraiment maintenant. L’écran projette des motifs psychédéliques et les lumières varient les couleurs. C’est un peu moins la galère pour shooter, sauf pour le batteur haut perché sur la gauche que je n’arrive jamais à choper. dB, au look Led Zepp, derrière ses claviers vapote entre deux soli, secoue sa crinière et harangue le public. Jalil sur sa basse joue de manière démonstrative et Boris semble en transe avec sa guitare. Bref il y a du spectacle.

Et puis c’est au tour de Mars Red Sky de rejoindre Monkey 3 pour former un groupe de sept musiciens, Monkeys on Mars. Deux batteurs, deux bassistes, deux guitaristes et un clavier sur scène. C’est juste énorme et en plus maintenant je suis en terrain connu puisque je connais par coeur leur EP.

Après une reprise des plus western, Monkeys on Mars tire sa révérence, 2h30 de concert grand spectacle, la dernière date de leur tournée européenne. Bravo !

Le son était bon, les musiciens excellents, la bière allemande (tout ne peut pas être parfait), ce fut un superbe concert comme il y en a souvent au P8. Je ne regrette pas d’y être allé malgré la fatigue.

Merci Mars Red Sky et Monkey 3 pour la musique, à Bert pour l’accréditation et à Seb et Clovis pour m’avoir accompagné, mention spécial à Seb qui revenait juste de Normandie le matin même.

Vous pouvez regarder toutes les photos sur mon compte Flickr.

Karmamoi – Eternal Mistake

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Karmamoi est un groupe italien que je suis l’album Odd Trip en 2013. J’ai même leur premier album éponyme que vous aurez peut-être du mal à trouver aujourd’hui.

Il s’agit d’une de ces multiples formations que j’ai découvert du temps du magazine Neoprog et que j’ai continué à suivre alors que je ne faisais plus la promotion des groupes. Car Karmamoi a tout d’un grand, même s’il n’a toujours pas rencontré le succès qu’il mérite.

Le groupe est né de la rencontre entre le batteur Daniele Giovanni et le guitariste Alex Massari autour desquels se sont greffés plusieurs chanteurs et musiciens au gré des albums. Il y a beaucoup de turn over derrière le micro mais depuis 2021, Valerio Sgargi impose sa voix et son style à la musique de Karmamoi.

L’album Eternal Mistake parle d’une histoire d’amour entre un humain et une machine dans un monde au bord de l’effondrement, la rencontre entre l’amour et la raison, la chair et le code. Un concept album qui joue avec les frontières floues du rock progressif, hésitant entre symphonique et rock.

Aux côtés de Danielle, Alex, Valerio et Alessandro vous entendrez également les contributions de célébrités du prog comme Adam Holzman et Randy McStine ainsi que deux voix moins connues, celles de Susanna Brigatti et de Gabriele Giovannoni.

L’album est ambitieux avec ses dix morceaux sans parler du titre bonus offert à ceux qui ont précommandé Eternal Mistake. Plus d’une heure de musique, avec trois titres dépassant joyeusement les huit minutes.

Mais croyez-moi, il n’y a aucune longueur dans Eternal Mistake. L’album est varié tout en restant d’une grande cohérence, bref un concept album très bien composé.

Eternal Mistake est un savant mélange de Blade Runner, de Pink Floyd, de prog, de symphonique et de rock.

Par exemple ‘The Question – We Are Going Home’ rappellent Vangelis et Pink Floyd alors que ‘No Fucking Way’ est presque punk et que ‘The Mirror – No Soul‘ donnent dans le symphonique sans parler de ‘HERO’ qui joue d’un prog alambiqué et de ‘I’m Not On Your Side’ qui démarre de manière très rock.

Si je ne devais retenir qu’un titre de l’album, ce qui serait bien réducteur, ce serait ‘We Are Going Home’, où la voix de Susanna rencontre celle de Valerio dans une ambiance de film de science-fiction.

Après Woodcut et Amnesia, Eternal Mistake est mon troisième coup de cœur de l’année et le second compact disk que je m’offre en 2026.

Je ne peux que vous le recommander chaudement, que ce soit pour la musique, les voix et les paroles. Et si vous aimez, allez donc écouter les précédents disques de Karmamoi, ils méritent plus qu’un détour.