Iotunn au Grillen

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Mercredi 15 avril, le groupe Iotunn jouait au Grillen à Colmar, une date que j’attendais avec beaucoup d’impatience et pour laquelle j’avais été accrédité par l’association Headbang.

Mais voilà, la veille il faisait beau et je n’ai pu résister à l’appel des étoiles. C’est donc après 3h30 de sommeil et deux grosses réunions de travail que je suis parti avec Sébastien et Jean-Nicolas à Colmar. Au moins je n’avais pas besoin de tenir le volant.

Iotunn jouait avec In Vain et Nephylim, deux groupes qui poutrent nettement plus que les gars de Copenhague. C’était donc une grosse soirée métal.

Je ne connaissais pas Nephylim mais j’avais déjà écouté In Vain sans jamais aller jusqu’au bout d’un album. Par contre Iotunn, je les avais découvert avec leur dernier album Kinship.

Après une bière, du saucisson provençal, du pain et du fromage alsacien sans parler de trois expressos et un coca tout sauf light, j’étais fin prêt pour le concert.

Nephylim démarre à 19h30 et ne fait pas dans la dentelle. Ça tabasse, ça growle et déjà le public pogote au premier rang. Je fais mes photos, protège mes oreilles et attends que l’orage passe. J’en profite pour régler un vieux problème de hautes fréquences LED qui perturbe mes deux boîtiers photo. C’est un truc qui provoque des bandes horizontales sur la photo dans certaines conditions et gâche les clichés. 

In Vain arrive très vite. Et là c’est nettement mieux. Chant clair et growl se mélangent, et la musique relativement imprévisible me change du mur de son précédent. En plus, les norvégiens se donnent en spectacle et sur scène ça a de la gueule. C’est bien mais ce n’est pas trop ma came. Les morceaux sont souvent accrocheurs pourtant, limite commerciaux, à moins qu’ils n’aient joué que des tubes.

Niveau chant c’est assez décevant, principalement parce que sorti du growl, ben c’est toujours un peu à côté du diapason. Et ça, ça me dérange beaucoup. Alors je fais des photos. Sebastien et Jean-Nicolas eux sont à fond, la bière aidant. Moi une fois de plus, je carbure à l’eau plate. Il faut dire qu’il fait très chaud dans la salle bien remplie.

Et puis c’est le tour d’Iotunn. Cinq musiciens dont deux guitaristes jumeaux bouclés et un chanteur et habit de cérémonie. Son micro façon tour de Barad-dûr avec la LED qui lance un faisceau vers le plafond de la salle est du plus bel effet, d’ailleurs je vais passer mon temps à photographier cet accessoire. Le batteur dispose quant à lui d’un énorme set et domine tout le monde du haut de sa plate-forme.

Le groupe démarre sur leur dernier album Kinship qui sera mis en avant ce soir là, avec ‘Twilight’ et poursuit avec ‘Mistland’. Et ça dépote, même s’il y a beaucoup de chant clair. Je suis hypnotisé par Jon Aldara vêtu de blanc avec son spectre lumineux. Alors je shoote. J’arrive de temps en temps à me poser au fond de la salle pour écouter un peu la musique, tout particulièrement pour le titre ‘Kinship Elegiac’ que j’aime beaucoup. Vocalement, ici rien à dire, Jon assure au chant clair comme pour le scream. Dommage que le son soit trop fort comme souvent au Grillen. 105 dB c’est abuser.

Sur scène il se passe tout le temps quelque chose et j’ai l’embarras du choix pour photographier. Je passe navigue de droite à gauche de la scène, parfois en fond de salle même si j’ai commencé juste devant le chanteur grâce à un aimable allemand qui m’a fait une place à côté de lui.

Le concert s’achève avec ‘Laihem’s Golden Spit’ tiré de l’album Access All Worlds vers 23h30, quatre heures et cent fous plus de photos emmagasinées plus tard. 

Si Sébastien et Jean-Nicolas ont préféré la prestation de In Vain, moi j’ai vraiment adoré Iotunn, d’autant que leur rendu live ne transforme pas leur metal progressif en rouleau compresseur comme Fallujha par exemple.

Et une fois n’est pas coutume, je vous livre au moins une partie de la set list de Iotunn : Twilight, Mistland, Safe Across The Endless Night, I Feel The Night, Kinship Elegiac, The Tower Of Cosmic Nihility, The Anguished Ethereal et Laihem’s Golden Spit.

Merci encore à Headbang pour son accueil, nous on se retrouve dans une semaine au P8 à Karlsruhe pour écouter Mars Red Sky.

Arch voices

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Imaginez quatre blondes platines plus vraiment toutes jeunes jouant du manche sur la scène du Grillen. Je suis certain que ça vous émoustillerait.

Et bien non, désolé de vous décevoir pour les photos, je ne suis pas allé shooter un spectacle burlesque à Colmar mais le groupe filandais Omnium Gatherum.

En vérité j’y allais surtout pour écouter les ricains de Fallujah que je connais un peu mieux, mais au final, le groupe qui m’a fait forte impression venait de Finlande.

Je ne vous cache pas que je n’étais pas au mieux de ma forme. La veille je photographiais les étoiles près de  Grendelbruch avec les copains et nous sommes rentrés tard. Qu’importe, je suis parti à Colmar un peu avant 18h, le réservoir et le ventre vide, avec quelques heures de sommeil depuis la veille.

L’association Headbang m’avait accrédité pour la soirée, donc c’est avec mon lourd attirail photo que je suis allé écouter In Mourning, Fallujah et Omnium Gatherum. Une soirée placée sous le signe du growl, car si ces trois groupes usent également de chant clair en studio, en live, ils gueulent, et fort.

La salle du Grillen est bien remplie et il faut jouer des coudes pour se déplacer. Le public va de vingt à soixante-dix ans, du coup je me situe dans la moyenne haute. Des métalleux embourgeoisés qui boivent encore des bières, mais avec modération.

Pas de cervoise pour moi, je suis fatigué, je fais des photos et surtout je conduis.

In Mourning, que j’avais déjà eu l’occasion d’écouter avec l’album The Immortal, est un groupe de métal progressif suédois. Pour une première partie, ce fut plutôt une bonne surprise même s’ils n’ont pas joué très longtemps. Un quatuor de métal prog très mélodique avec chant clair (enfin en studio) et du growl caverneux. N’ayant pas vraiment d’attente, j’ai été agréablement surpris par leur musique comme leur présence sur scène.

Pour Fallujah ce fut l’exact opposé. J’avais de grosses attentes et j’ai été déçu. Les hurlements du chanteur ont dominé leur set et franchement la prestation scénique était des plus pauvres. Je n’ai pas réussi à faire une seule photo un temps soit peu sexy. C’est sans doute les frappes en Iran qui les perturbaient.

Et puis les six gars de Omnium Gatherum sont arrivés et là il y a eu du spectacle. J’avais écouté leur dernier album avant de venir (je vous en parlerai mardi), et surprise, j’avais bien accroché.

En live, ça fonctionne également plutôt bien. Quatre guitares au premier rang tenues par des blondes platines secouant leur crinière, un batteur métronomique à la moustache genre Village People et enfin un claviériste (le premier de la soirée, Fallujah jouait au click), la petite scène du Grillen était bien remplie comme la salle.

Les quatre blondes jouent à tour de rôle à Guitar Hero, enchainant les soli démonstratifs, secouant leur crinière platine et hurlant dans les micros. 

Moi qui suis le plus souvent près des caissons de basses, je suis pris de violents spasmes provoqués par la batterie de Atte et la basse de Mikko. Ça fait mal ! Lorsque je m’éloigne pour réaliser des plans d’ensemble je respire un peu plus. Mais ça cogne quand même très fort !

Après trois morceaux de rappel (c’est leur dernier soir alors ils se lâchent), les finlandais nous abandonnent abasourdis, surtout sourdis en fait. Cela fait tout de même quatre heures que la fête bat son plein, j’ai cinq cents photos principalement ratés dans les boîtiers photos, il n’y a plus qu’à rentrer à la maison trier tout ça.

Je reviendrai certainement le 15 avril pour écouter Iotunn, In Vain et Nephylim histoire de changer du métal. Un grand merci encore à l’association Headbang pour son accueil.

Le prochain concert de mon agenda 2026 bien chargé sera le 3 avril pour un tout autre genre de musique puisque j’irai écouter Lazuli Chez Paulette.

Greenleaf au Grillen

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Vous le savez sans doute, je ne suis pas stoner. Le groupe Greenleaf ? Connais pas. Pourtant dimanche soir, je suis allé au Grillen à Colmar les écouter.

Alors non, ce n’était pas une invitation du groupe ou du label, je ne fais plus ça depuis longtemps. C’était une proposition de mon copain Seb qui lui, connaît un peu la discographie du groupe.

J’ai consulté mon planning du lundi pour vérifier qu’il n’était pas trop chargé et j’ai dit ok. Ensuite j’ai écouté la musique de Greenleaf avec l’album Revolution Rock. Ben c’était vraiment stoner et je ne suis pas allé jusqu’au bout.

Du coup j’ai demandé une accréditation photo à l’association Headbang qui organise l’événement, histoire d’avoir quelque chose à faire pendant le concert si je n’accrochais pas trop à la musique.

C’est le groupe local Coma qui ouvrait la soirée, un jeune quatuor de stoner français qui essaye de trouver sa place. Bon comme dit plus haut, je ne suis pas amateur de stoner et Coma n’est pas une formation pro. Le groupe manque d’une identité vraiment affirmée comme de charisme en live et je n’ai pas entendu leur fibre psychédélique.

Il arrive que les premières parties de concert soient de belles surprises, là disons le, la demi-heure qu’a duré leur prestation m’a paru un peu longue. Mais ma patience a été récompensée par une bonne bière offerte par Seb !

Après une communication de l’association Headbang et un gâteau d’anniversaire, c’était au tour de Greenleaf de monter sur scène. Et dès les premiers accords de guitare, j’ai su que ça allait être du lourd.

Greenleaf ne joue pas à proprement parler du stoner. Je parlerai plus de hard rock blues à tendance soul, le genre de truc qui prend aux tripes sans se prendre pour autant vraiment au sérieux. Il sera par exemple question d’odeur d’aisselles en fin de tournée.

Tommi, le chanteur, possède une manière bien à lui d’arpenter la scène avec sa démarche voûtée très particulière, sa main droite souvent pointée vers le ciel et ses yeux un peu fou. Il dégage une incroyable énergie comme son batteur, liquide après deux morceaux. Le bassiste est tout sourire quand le guitariste corpulent se cache dans sa tignasse dégarnie. Ils sont furieusement bons et leur musique me semble étonnamment familière tout en restant très éloignée de ma zone de confort. Je ne comprends pas ce qui m’arrive.

Le public est également conquis. Il bouge, danse, reprend en chœur les refrains, l’atmosphère est chaude bouillante. Pendant un peu moins d’une heure et demie, Greenleaf va mettre le feu au Grillen.

Cela peut sembler court mais le groupe ne s’économise pas une seconde. Pendant qu’ils jouent je shoote comme un fou pour essayer d’obtenir la bonne image qui traduira la dynamique de cette soirée, et ce n’est pas facile d’autant que j’ai également envie de bouger avec la musique.

Après deux rappels nos quatre musiciens tirent leur révérence pour retrouver le public au stand de merch. N’ayant ni payé l’essence, ni la bière ni ma place, sans parler du joli cadeau offert par l’association Headbang, je me suis offert leur dernier album en vinyle, principalement parce la pochette est vraiment magnifique. Et bonne surprise, une fois l’euphorie du concert passé, j’ai vraiment aimé ce que j’ai entendu sur la galette.

Merci à Seb de m’avoir sorti un dimanche soir, merci à Headbang qui fêtait ses dix ans et merci à Coma et Greenleaf pour la musique. Ce fut une soirée mémorable.

Photos sous licence CC BY-NC-ND 4.0