Mon archive est percée

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Je suis atteint de collectionnite aigue mais je me soigne, enfin j’essaye. J’ai d’ailleurs récemment vidé la maison de plein de choses inutiles. 

Il y a cependant des objets dont je peine à me séparer. Les livres en font partie, les bandes dessinées, les disques et les tee-shirts de rock.

Lorsque je vais à un concert je ne peux m’empêcher, si le groupe à bien joué, de les encourager en passant par le stand de merchandising. J’y achète au choix un vinyle ou un tee-shirt, des fois les deux. J’achète également ces chiffons hors de prix lors de crowdfundings histoire de soutenir un peu plus le groupe. Tant et si bien que dans le dressing, il y a beaucoup plus de tee-shirts de rock que de n’importe quel autre vêtement. Et je les porte ces tee-shirts, comme pyjama et même au travail, ce qui me rappelle je le jour où je me suis pointé avec un personnage coloré doté d’un énorme phallus en érection au boulot, je revenais d’un concert de Galahad…

Je ne porte quasiment que des tee-shirts de rock au quotidien, sauf lorsque le travail exige une tenue plus appropriée, ce qui arrive hélas de plus en plus souvent.

Fatalement le tissu s’use à force, même si je dispose de beaucoup de tee-shirts, car j’ai mes favoris. 

De temps en temps je découvre un accroc ou un trou sur un de mes tee-shirts fétiches et hier justement, j’ai constaté avec horreur, que mon unique tee-shirt d’Archive était percé. Un drame. Le tee-shirt bleu de leur tournée de 2015 au tissu doux au toucher, parfait comme pyjama. 

Je suis à terre.

Mais pas question de m’en débarrasser pour autant. Attention ! J’ai deux rangées de tee-shirts dans le dressing, les vieux inmettables, trop petits (oui j’ai grossi), usés, percés, déchirés, tâchés et ceux que je peux encore porter. Cela rend mon épouse complètement dingue, mais c’est le prix à payer pour que notre couple perdure. De toute manière, elle fait pareil avec ses culottes.

Jusqu’ici, ça va

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Après une série de migraines explosives, dont la dernière, dans la nuit de vendredi à samedi fut tout simplement épique, mon médecin a pensé que j’avais contracté la COVID-19. Elle m’a donc prescrit un test sérologique afin d’en avoir le cœur net. Dans la foulé, j’ai reçu un courrier assez désagréable de l’Assurance Maladie m’informant que je faisais partie des heureses personnes à risque. Je ne vois vraiment pas pourquoi, je suis jeune et bien portant, enfin presque.

Du coup j’ai été invité à me faire vacciner sur le champ, sauf que pour se faire vacciner, il faut prendre rendez-vous. Et même lorsque l’on les arcanes d’Internet, la tâche n’est pas des plus aisée, voire il est quasi impossible de trouver un créneau de libre. Enfin si, j’en ai trouvé plein, à l’Hôpital Civil de Strasbourg, sauf qu’après avoir choisi ma date et mon heure, un message m’a informé que si je n’étais personnel soignant, je pouvais aller me faire cuire un œuf. Ca tombe bien Pâques approchait.

C’est la Médecine du travail qui est venue à mon secours. Des gens avec qui je travaille quasi quotidiennement pour gérer les visites quinquennales de mes collègues. Et quand je dis que je travaille quotidiennement avec eux, je veux dire que c’est Ok Corral tous les jours tellement ils sont peu organisés. Bref, j’ai demandé a être vacciné par leurs services (pourvu que l’infirmière ne se venge pas de mes coups fils assassins, me suis-je dit ce jour là).

Rendez-vous fut pris le 29 mars pour voir cela avec le médecin, un rendez-vous pour prendre rendez-vous le 7 avril en réalité, car, comme me l’a délicatement fait remarquer le médecin du travail, des personnels à risque de cet âge là, il y en a très peu dans notre métier… ça veut dire quoi au juste ça, que je suis un débris ?

Le 7 avril au matin, me voila fin prêt pour tester, comme quelques millions d’autres, un vaccin à peine sorti des laboratoires pharmaceutiques. Le AZD 1122 peut provoquer des douleurs au point d’injection (54%) surtout si l’infirmière ne vous aime pas, des céphalées (53%) surtout lorsque l’on fait une migraine un jour sur deux, de la fièvre (8%) du samedi soir après le confinement et peut-être des thromboses (29 cas avant moi).

Même pas peur ! Depuis que j’ai passé une semaine allongé avec une perfusion et une sonde urinaire, les piqures me laissent totalement indifférent, même les plus mal réalisées, ce qui met en confiance n’importe quel étudiant en première année de médecine myope comme une taupe et souffrant de tremblements incontrôlables.

Après un questionnaire médical obligatoire de dix minutes, (le médecin m’avait vu la semaine dernière), “Vous allez bien ?”, “Non.”, “Bon tout va bien alors, on peut vous vacciner.”, l’infirmière, sur qui j’ai hurlé plus d’une fois, s’approche avec l’aiguille vengeresse et me dit, “Voila, c’est fini.”. Ha ? bon… c’est tout ? D’accord. “On vous garde ici un quart d’heure au cas où vous tombiez dans les pommes, ça arrive.”.

Un quart d’heure plus tard, j’étais toujours vivant, en train de consulter les dernières promotions de rock progressif lorsque l’infirmière m’a rendu la liberté. Prochain rendez-vous le 28 juin pour le rappel.

Jusqu’ici tout va bien.

Je ressens une petite gène au bras (54%), rien en comparaison de cette douleur sourde au flanc gauche qui me lance depuis des années (0.001%). Par contre en rentrant, un inquiétant symptôme est survenu (0.000000001%). L’heure du repas approchant, il fallait que je choisisse où récupérer de la nourriture à emporter. J’aurai pu passer à la maison, mais vu que le frigo est toujours vide, il était plus simple de manger dehors. Je pouvais aller à la saladerie habituelle (trois fois par semaine de la laitue avec un peu de quinoa, une tomate cerise et un bout de pain) ou manger chez Mc Do.

Chez MC Do, sérieusement ?

Je ne mange jamais chez Mc Do, ce n’est pas bon, c’est gras, ça pue la frite à l’huile de vidange et j’ai toujours faim après. Pourtant, la voiture est allée naturellement se garer au Drive Mc Do pour commander un burger-frite-coca, tout ce que je déteste en réalité.

C’est grave docteur ?

Tout ça pour dire, vaccinez-vous, au pire vous mourrez de toute façon. Avec beaucoup de chance, en décembre, nous pourrons tous recommencer à vivre un peu. J’invite tous ceux qui se vaccinent à le dire, à poster leur photo et à faire coucou de temps en temps pour prouver qu’ils sont encore vivants et en pleine forme. Il y a trop d’imbéciles qui en ce moment essaye de vous persuader que la COVID-19 est un complot mondial pour vous forcer à recevoir une injection de nano particules qui pourront vous espionner, voire même vous contrôler. renseignez-vous !

1er avril

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Je viens de prendre un billet d’avion pour visiter les réserves du Kenya, cela faisait longtemps que je rêvais d’un Safari photo. En parlant photo, Nikon m’a proposé de tester leur nouveau boîtier Z9, ce sera l’occasion de voir ce qu’il a dans le ventre. Peut-être que je vais en faire mon métier après tout, c’est sympa de parcourir le monde pour capturer sur la pellicule les dernières espèces animales en voie de disparition.

Je vais arrêter le webzine de prog. La concurrence est trop féroce et ça me saoule d’écrire des chroniques de blockbuster chiants juste pour maintenir l’audimat à un niveau raisonnable.

Le gros achat du mois risque d’être un nouvel ampli home-cinéma compatible HDCP 2.2 car depuis hier soir je ne peux plus regarder Disney+ sur mon vidéo projecteur tout en ayant le son, merci Mickey.

Après la fusée Saturn V, j’envisage sérieusement de m’offrir la navette spatiale même si je ne saurais pas quoi en faire une fois assemblée. Les lego, c’est comme les puzzles en plus cher et moins chiant.

Bonne nouvelle, je vais me faire vacciner ! Je viens de faire un test sérologique afin de vérifier que je n’ai pas attrapé la COVID-19 ces derniers jours, comme ça je pourrais faire ma trombose cérébrale paisiblement ensuite. 

Je suis en vacances pour quelques jours, les premières depuis janvier en fait. Aujourd’hui le soleil brille, je n’ai pas de migraine (du moins pour l’instant) mais dès lundi, mes collègues annoncent le retour de la neige. Putain les mecs ! Je suis certain qu’ils ont fait exprès, personne ne m’aime à part moi.

Je me suis fait tatouer le visage de Marcela sur le bras droit et celui d’Anneke sur le bras gauche. Sur le ventre il y a un pentacle et sur le dos les cornes du diables. Ça pique un peu ces petites aiguilles, surtout pour tracer les cheveux, mais quand on aime.

J’ai pris une bonne résolution également. Je vais aimer mes voisins. Il faut savoir pardonner. Surtout qu’ils semblent décidé à vendre. Je devrais racheter tout le quartier dans un rayon de cent mètres autour de la maison, bon disons un kilomètre, la meilleure façon pour moi d’aimer les gens.

Au fait joyeux premier avril les gens ! J’espère que vous ne souffrez pas d’un cancer, car votre prochain rendez-vous est reporté.

L’extinction des dinosaures

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Les scientifiques pensaient qu’il s’agissait d’une météorite, finalement ils optent pour l’hypothèse de la comète. Voici soixante-six millions d’années, les grands reptiles qui faisaient trembler la terre en galopant, ont brutalement disparu, permettant à d’autres espèces d’émerger. Nous ne serions probablement pas sur terre aujourd’hui sans la comète, alors merci.

En musique également, des formations dominèrent le Mésozoïque du rock. Naturellement certaines de ces créatures fragiles finirent par disparaître d’overdose, de cirrhose , électrocutées dans leur baignoire avec un sèche-cheveux ou pendues au bout d’une branche. Mais d’autres, plus coriaces, survécurent et devinrent des dinosaures.

Malheureusement, aucune comète rock n’a encore produit de grande extinction de masse et il faut attendre que la vieillesse terrasse les plus endurants pour faire place nette. Mais même une fois la bête enterrée, des adorateurs perpétuent sa mémoire et une seconde, voire une troisième génération de de reptiles géants voit le jour.

Les dinosaures du rock, adulés par des amateurs incontinents en fauteuils roulants, survivent bien au-delà du raisonnable, empêchant les jeunes pousses de prendre la relève. Formés dans les sixties et seventies, ces brontosaures à guitares, dégarnis parkinsonniens, composent en roue libre des resucées de leur jeunesse perdue, vidées de toute substance créatrice, plaçant un pathétique solo tremblotant qui ravira les fans à moitié sourds qui n’osent plus écouter ce que jouent les jeunes trop bruyants.

Des maisons de disques, autrefois novatrices, se spécialisent aujourd’hui dans la production de ces antiquités remisent sommairement en état, à croire que leurs dirigeants se fossilisent ou bien que les actionnaires ne jurent que par les valeurs sures. Résultat des courses, le marché est inondé de groupes de quarante ans d’age. Si pour un whisky c’est souvent un gage d’excellence, pour de rock c’est la garantie de toute absence de surprise.

Et ce qui me plait dans la musique, c’est justement de sortir de ma zone de confort pour ne pas mourrir d’ennui, surtout lorsque l’on écoute beaucoup (trop) de musique. Je suis désespéré en découvrant un nouvel album d’un groupe de prog antédiluvien au rythme pathétique, au chanteur à la voix éraillée, aux soli datant d’un demi-siècle, qui compile les tubes de quatre décennie de carrière inégale sans rien apporter de neuf. Ce qui m’agace le plus, c’est que ce groupe vendra plus de galettes, vinyles, compact disks, tee shirts, coffrets qu’une jeune formation talentueuse n’aura de téléchargement sur son Bandcamp, tout ça parce que son public est vieux et plein de tunes.

Les courses sans sacs

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Depuis le premier confinement, je fais mes courses au drive d’Auchan. Cela m’évite de trainer dans les rayons des supermarchés, de toucher les marchandises, de me faire bousculer par une mémère voulant mes pâtes et de me faire éternuer dessus par le caissier. Bref je psychote un peu dans les magasins, alors qu’aux dernières nouvelles, d’après mon médecin, j’aurai contracté le virus.

Bref. Pour faire les courses au drive, à l’américaine, il faut une grosse voiture décapotable rouge, laisser le moteur allumé et écouter les Bee Gees àfond. Là j’ai tout faux, j’y vais avec la 2008, de toute façon nous n’avons qu’une voiture, j’écoute France Inter et je coupe le moteur. Avec mon masque sur la figure, j’attends patiemment que ma commande arrive, un burger avec le milk shake vanille s’il vous plait, et je range les courses tout seul dans le coffre dans des cagettes spécialement prévues à cet effet.

Mais voila, ma femme m’a abandonné. Elle est partie avec notre seule voiture, me laissant un enfant sur les bras, un chat et un frigo vide. Me quitter c’est une chose, laisser un frigo vide, ça c’est insoutenable ! Bref nous nous sommes mal organisés avant son départ en weekend dans le sud de la France. Oui je ne suis pas parti en weekend prolongé avec elle, nous sommes comme ça, nous nous laissons beaucoup d’espace. En fait elle allait surtout chez ses parents. Sept-cent kilomètres de route, une belle-mère, un beau-père. Je préfère matter des séries sur Disney+ et écouter Dark Horse White Horse à fond tout le weekend.

Seulement, le frigo est vide, enfin, presque, il reste un oeuf, quatre yaourts, un petit bout d’emmental et un demi litre de lait d’épeautre. Pas de quoi tenir cinq jours à deux, même en allant manger des doner kebab tous les midis en face de la maison.

Alors j’ai fait un drive. Un drive à Auchan, car elles livrent ces gentilles personnes, et ça c’est vraiment très cool. Je fais ma liste sur Internet, cent-cinquante euros de bons yaourts, de bonbons Haribo, de lait d’épeautre, de hamburgers, de biscuits, de pâtes, de sauce tomate et de céréales, de quoi préparer de bons repas équilibrés.

Le livreur arrive dans le créneau horaire annoncée avec un petit chariot portant des bacs plastiques contenant ma commande. Génial ! Je mets mon masque, ouvre la fenêtre pour transvaser la marchandise, prenant mon courage à deux mains pour porter les lourdes cagettes quand le livreur en sort un premier sac plastique noir dix litres issu du plastique recyclé, attention. Un sac, deux sacs, trois sacs, quatre sacs, cinq sacs, six sacs. “Voici le surgelé” me dit-il en me tendant un sac blanc. Sept sacs. Un nouveau sac noir, huit sacs, neuf sacs, dix sacs, onze sacs, douze sacs, treize sacs. Le compte en bon.

J’ai treize sacs de courses ! Douze noirs et un blanc. Pour une fois que la parité n’est pas respectée dans le sens usuel… Dans un sac, il y une pizza, dans l’autre deux boites de crème de marrons 250 grammes, dans le troisième quatre yaourt aux fruits… Je croyais que les sacs n’étaient plus distribués dans les super marchés ? Exact, mais ceci est un drive. Je contemple quelque peu écœuré ces treize sac dont je n’ai pas l’usage et que le prochain livreur refusera de récupérer pour une nouvelle livraison.

Record battu !

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Ok, j’ai arrêté mon traitement il y a un mois, statistiquement la molécule ne semblait rien apporter de neuf à mes crises. Depuis je suis une pile sur pattes, mon état naturel en fait. J’avoue, nous vivons une drôle d’époque et cela doit affecter quelque part mon subconscient. Mais quand même, cinq crises en huit jours, c’est du jamais vu ! Même à l’hôpital, à deux doigts de passer l’arme à gauche, j’en ai fait moins. Tous les jours depuis une semaine, je suis nauséeux avec un vague mal de crâne au réveil qui se précise peu à peu en journée avant d’exploser le soir. Je ne mange presque plus rien, je suis tout le temps ballonné, je peine à rester concentré plus de dix minutes et la moindre odeur m’indispose.

Il y a un truc qui cloche quand même là, on ne peut pas avoir une vie normale en étant malade un jour sur deux. C’est décidé, je vais passer cette fichue IRM cérébrale qui ne donnera sans doute rien comme le précédent scanner, mais cela me permettra de retourner à la clinique de la douleur avec de nouveaux éléments pour avancer. Je ne pense pas avoir de grosse tumeur dans la caboche, enfin je n’espère pas.

J’ai retrouvé mon indice Midas des très mauvais jours, indice IV, handicap sévère. Handicap, quel handicap ? Après avoir ingurgité un triptan et un dafalgan codéiné je gambade presque, en zigzags mais j’avance. Je gambade surtout des toilettes au canapé car dehors il y a trop de lumière et que la migraine a tendance à mettre en vrac mes intestins et à contracter ma vessie.

Le hic c’est qu’avec cinq crises en huit jours, il y a plus de molécules de synthèse dans mon corps que globules rouges. Barf, ça conserve la chimie non ? Mon sac à dos pour aller travailler contient une pomme qui me tiendra lieu de petit déjeuner au cas où j’ai faim qui sait, une toute petite portion de pâtes, deux boites d’Almogran entamées et une boite de Dafalgan codéiné elle aussi bien entamée. Il serait temps que je fasse le plein chez mon épicier préféré, à savoir la pharmacie.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai bon moral une fois passée la dépression de début de crise. Je lis une fois que ma vue n’est plus trouble, je jardine quand les yeux ne piquent plus avec des lunettes de soleil, j’écoute de la musique lorsque je suis en état de supporter un son, je marche en montagne lorsque mes jambes me portent et je regarde une série TV débile pour oublier le mal de tête.

Peut-être ferais-je mieux de ne rien faire. Rester au lit, sans pilules, avec une bassine à côté de moi pour vomir et souffrir en silence dans le noir douze à vingt-quatre heures d’afilée, le temps que la tempête s’apaise, comme je faisais autrefois, avant de prendre des triptans. Mais à l’époque, je n’étais malade qu’une fois par mois maximum, c’était gérable même en comptant les quarante-huit heures d’épuisement total après la crise.

Mon médecin possède une théorie interessante sur cet épisode intensif. J’aurai contracté la COVID-19. Cela ressemble un peu à une théorie du complot mais ça tient la route, nous avons eu un cluster au travail, trois cas avérés, des gens que je côtoie de près tous les jours et j’ai eu un peu mal à la gorge lorsqu’ils ont été dépistés. Effet psychosomatique ? Probable me connaissant, n’empêche que depuis, je tousse et à chaque fois que je suis malade (même un rhume), la migraine est de la partie.

Qu’importe, je viens de découvrir que je faisais partie des personnes de 55 ans et plus à fort risque de comorbidité. Ca fait tout drôle d’apprendre ça mais c’est vrai que j’ai un rein qui fonctionne comme il peut, des migraines à répétition et un fort risque familial de cancer. La bonne nouvelle c’est que je vais me faire vacciner. Nananère !

La saison maudite

Nous avons découvert la série Broadchurch à la médiathèque et dévoré les deux premières saisons en quelques jours.

Lorsque la troisième est sortie, nous nous sommes empressés de l’acheter (c’était avant l’ère du streaming) et nous avons été quelque peu déçu par la conclusion de cette trilogie. Alors dépités, nous avons revendu le coffret sur Priceminister. Expédié via Mondial Relay, l’objet est arrivé à destination sans encombre, enfin c’est ce que nous croyions.

Quelques semaines plus tard, nous recevions un colis de la part de Mondial Relay.

– Tu as acheté un truc toi ?

– Oui mais avec envoi Colissimo, et toi ?

– Oui, mais ça arrive avec Fed Ex.

– C’est quoi alors ? Ouvre !

Dans le colis, vous savez quoi, surprise ! La troisième saison de Broadchurch. Le paquet n’avait jamais été récupéré par l’acheteur.

Quelques mois plus tard, lors de ma grande braderie, je tombe sur la série que nous ne regarderons plus jamais. Je remets en vente l’objet sur Priceminister devenu entre temps Rakuten et il trouve rapidement acquéreur à vil prix peu avant Noël. Expédié via Mondial Relay le 15 décembre, il reste toujours en livraison après Noël. Je passe des heures au téléphone à essayer de tracer le colis avec Mondial Relay pour 4€ de vente potentielle. Il s’avère à la fin d’une laborieuse enquête que le livreur l’a récupéré, déposé au point relais mais que son code barre n’a pas été scanné. Le paquet est définitivement perdu.

Pour la seconde fois, l’acquéreur de la série, ne profitera pas de son achat. Si cela se trouve, c’était le même et dans quelques semaines, nous recevrons un paquet Mondial Relay contenant la saison maudite. Si c’est le cas, j’essayerais de la revendre sur Leboncoin.

Avec un peu de patience, il est facile de s’enrichir.

De la théorie du complot

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PHOTO DNA Denis Werwer

Ce week-end, un de mes voisins, fort sympathique au demeurant (il aime le métal), m’a entretenu pendant une heure du grand complot contre l’humanité qui se joue en ce moment pendant que je taillais le massif d’hortensias. Ce plant venu du Japon nécessite une taille annuelle pour ne pas devenir une monstroplante de trois mètres de haut qui consomme deux litres d’eau par jour.

Le garçon est un rebelle dans l’âme. Homme au foyer, il s’occupe de ses bambins pendant que son épouse joue les institutrices. Informaticien de formation, il hante la toile à la recherche d’informations. Dès le premier confinement, en mars dernier, j’ai bien noté qu’il contournait allègrement les restrictions de déplacement, se refusait à porter un masque et mettait en doute la mortalité du COVID-19.

Mais cette fois son discours tendait à affirmer que pendant l’épidémie que nous vivions, il y avait moins de morts que d’habitude si on tenait compte de la pyramide des ages de que la grippe de 2015 avait tué plus de personnes.

J’avoue n’avoir même pas cherché à vérifier ces allégations, car je suis un mouton.

Le plus fort dans son discours, était l’affirmation comme quoi la fermeture des restaurants, cafés, salles de concerts, petites et moyennes entreprises faisait l’affaire des gouvernements, voulant mettre en place un ordre nouveau, sorte de RAZ de notre société actuelle pour un monde meilleur.

Damned ! Je ne suis pas paranoïaque, un peu con sans doute plutôt, j’essaye d’avoir un minimum confiance en ceux qui nous gouvernent. J’ai bien dit un minimum.

Je n’ai sût que répondre à ce jeune papa, alors je l’ai laissé parler, maintenant plus deux mètres de distance entre nous, chacun se tenant d’un côté du grillage car je tousse un peu. Pense-t-il également que l’homme n’a jamais posé le pied sur la Lune et que la Terre est plate ?

Je peine à croire que ceux qui nous gouvernent soient aussi machiavéliques que les adeptes de la théories complot veulent nous le faire croire. Si j’en étais convaincu, je serai dans la rue pour faire tomber le gouvernement au lieu d’échanger sur des complots fumeux par dessus un grillage de jardin.

Je suis toujours étonné de ces gens intelligents qui se réfugient dans le déni, la paranoïa et les théories du complot pour échapper à la cruelle réalité. Est-ce une réaction de déni face à la réalité implacable de cette épidémie ? Est-ce la panique qui se transforme en paranoïa ? Je n’en sais rien, toujours est-il que les gens deviennent très étranges, vous be trouvez pas, à croire que le gouvernement déverse dans l’atmosphère de puissants psychotropes, ce qui expliquerait la couleur jaune du ciel ces derniers jours. Quoi ? J’ai dit une connerie ?

Pschitt !

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Les boîtiers photos hybrides possèdent un défaut que je ne soupçonnait pas. Le capteur photo est directement au contact de l’air ambiant lorsque vous changez l’objectif. 

Et dans l’air, flottent des millions de particules appelées aussi poussières. Et la poussière et les capteurs n’ont jamais fait bon ménage. 

Vous découvrez généralement la trace ces micros particules lorsque vous développez vos clichés sous Lightroom. Prenez un magnifique ciel ennuagé au-dessus d’un paysage bucolique par exemple, c’est dans ce ciel si beau que surgit l’anomalie qui gâche l’image, un tout petit rond disgracieux, comme une verrue dans l’éther. 

Par chance Lightroom, comme d’autres outils, possède des capacités de retouches locales, permettant de dupliquer un coin de ciel pour masquer la pustule. Mais lorsque les poussières deviennent trop nombreuses, ces petites bulles disgracieuses deviennent vraiment problématiques et là il faut nettoyer le capteur.

Nettoyer un capteur ne se fait pas à la brosse à dents où au karsher, ni même avec une soufflette ou un chiffon. La chose est fragile et toute petite (la taille d’un timbre poste). 

Plusieurs techniques sont documentées sur Internet et l’une d’elle consiste à déloger la poussière avec une bombe à air sec. Il en existe une autre, beaucoup plus flippante et onéreuse, qui passe par l’utilisation de spatules prévues pour passer sur le capteur. Vous pouvez également laisser le soin à un professionnel de nettoyer votre appareil.

J’utilisais jusqu’à présent la bombe à un air sec avec un bon résultat. Placez la bombe à quelques centimètres du capteur, appuyez un très bref instant pour lâcher le jet d’air et recommencez jusqu’à ce que les poussières se soient envolées. Le défaut de cette technique est qu’une partie des poussières va se loger dans les recoins du boîtier et revenir plus tard.

Comme je change tout le temps d’objectif lorsque je fais des ballades photos, je salis beaucoup mon capteur et avec le Z6 II qui est un hybride, le problème devient vraiment pénible. 

Je possède le boîtier depuis deux mois, sans avoir encore photographié aucun concert et mon capteur ressemble à un parquet couvert de moutons. 

Alors j’ai pris ma bombe pour lui faire une petite toilette. Et là pschitt ! Comme avec un Orangina bien secoué pour mélanger la pulpe, ma bombe d’air sec a craché de l’air humide et glacé. Avec horreur j’ai contemplé le capteur terni, recouvert de particules pires que la poussière. Là j’ai totalement paniqué je l’avoue. J’ai tenté de souffler de l’air à nouveau sans rien changer. J’ai lancé le programme de nettoyage du capteur à trous reprises sans succès. J’ai fait des photos de contrôle et là horreur ! Pleins de bulles disgracieuses partout. Mon capteur tout neuf était foutu. 

Il était 16h, le couvre-feu prenait effet dans deux heures. J’ai pris la voiture et me suis rendu en catastrophe dans l’unique boutique photo de strasbourg acheter un kit de nettoyage de capteur que je m’étais juré de ne jamais utiliser par peur de tout bousiller. Mais dans l’état où était le capteur, je n’avais plus grand chose à perdre. 

Revenu à la maison, j’ai ouvert le boîtier, sous une lumière vive, j’ai contemplé le désastre puis j’ai sorti une spatule de son étui stérile, versé trois gouttes du produit magique dessus, puis courageusement j’ai glissé la spatule sur le capteur, sans appuyer, d’une seule traite avant de retourner la spatule et de revenir sur mes pas. 

Le cœur battant j’ai ensuite effectué une photo de test. C’était nettement mieux, le miracle opérait. Alors j’ai recommencé avec une nouvelle spatule, plus méticuleusement maintenant que j’avais intégré le geste. Sur la photo suivante, il ne restait qu’une petit tâche, une poussière sur l’objectif, nettement plus simple à déloger celle-ci.

Je me suis fait très peur mais maintenant je saurai nettoyer un capteur sans l’éclabousser. J’ai décidé également de laisser un objectif, celui que j’utilise le plus souvent, fixé sur le boîtier et lors des futurs concerts je ne changerai pas d’optique avec l’hybride. 

Ho yes, it bites !

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Les prog heads forment des couples inséparables jusqu’à la mort d’après la légende, ils suivent aveuglément leurs artistes, quel que soient leurs éventuelles défaillances. 

Si en amour je suis fidèle, en musique il m’arrive de donner de sérieux coups de canif dans le contrat.

Comme beaucoup de personnes, j’ai découvert Steven Wilson avec Porcupine Tree et l’album Stupid Dream. J’ai suivi le groupe avec plus ou moins de bonheur jusque l’incident qui mit fin à leur collaboration. Et lorsque Steven s’est lancé en solitaire dans une nouvelle traversée, j’ai suivi à la nage, parfois à la traîne derrière, parfois bord à bord. 

La première grosse dispute vint avec Hand. Cannot. Erase. pourtant largement salué par la critique et les fans. Cela ne m’a pas empêché, lorsqu’il osa la disco dans son avant dernier album, de saluer l’audace et même d’apprécier la musique de ce touche à tout de génie.

La seconde grosse dispute, non artistique cette fois, tient à la manière dont il traite les médias pendant ses concerts, mais ça je vous l’ai déjà raconté je crois.

Puis vint la campagne de promotion de son dernier album, The Futures Bites, un épouvantable matraquage publicitaire en totale contradiction avec le message véhiculé par au moins un de ses morceaux (Personal Shopper). 

Coffret, K7, vinyle, CD, blu-ray, digital, tee-shirt, PQ, horloge, coque de téléphone, pilules, la boutique vendait n’importe quoi. 

Aucun des trois singles ne m’ayant convaincu, car j’aime la guitare, la batterie, les claviers, les belles voix et pas vraiment l’électronique, j’ai hésité à rester un fidèle imbécile. Mais j’ai finalement et presque à contre coeur, commandé le minimum acceptable pour moi afin d’écouter de la musique, à savoir le CD. Je ne voulais pas mourir idiot.

Wilson fait ce qu’il veut de sa vie comme de sa musique et a tout fait raison de se réinventer tant qu’il se fait plaisir et n’écrit pas pour garnir son compte bancaire. Je ne lui jèterais jamais la pierre pour cela.

Par contre, cette fois, lui sa musique et moi, nous n’avons vraiment plus rien à nous dire alors je crois qu’il est temps de couper les amarres une bonne fois pour toutes. Peut-être nous retrouverons-nous un jour, comme un vieux couple séparé de longue date, qui après des années a pardonné. 

Contrairement aux prog heads fidèles qui cherchent à tout prix à entendre du prog dans son électro commerciale, j’arrête les frais, j’ai versé mon ultime obole à sa musique et le CD, après quelques écoutes circonspectes, va rejoindre la pile des disques à revendre à l’occasion.