Le Bide

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Le bide se développe vers la cinquantaine, enfin pour certains. Pour d’autres c’est plus tôt, pour moi ce ne sera sans doute jamais. Oui le monde est injuste à bien des égards car faute d’avoir du bidon je fais un bide avec mes chroniques en images. 

Ne vous bidonnez pas, je l’ai bien cherché aussi en plaquant Néoprog qui avait trouvé son public au fil des années.

Étrangement, le blog qui n’était visité autrefois que par deux pelés et trois tondus, lui, connaît une fréquentation croissante. Pourtant j’y raconte souvent n’importe quoi en plus des chroniques hebdomadaires.

J’avoue que mes vidéos sont pathétiques, enfin non, moi, je suis pathétique devant la caméra : un petit vieux édenté, coincé avec balais enfoncé dans le fondement, sans une once d’humour qui encense d’obscurs artistes et râle sur les albums blockbusters. Pas étonnant que personne ne le regarde le gâteux.

Au fait personne c’est quoi ? Cinq vues pour une vidéo la première semaine, une dizaine après quinze jours, moins d’une centaine pour un truc super connu au bout d’un semestre et deux likes par ci, par là. Pour les commentaires, sortis de mon soutien indéfectible suisse, nada. Bref le bide.

Déçu ? Oui un peu quand même mais moyennement surpris. Après, en lâchant Neoprog, je voulais me faire plaisir avant tout et ce que j’écoute aujourd’hui atteint complètement cet objectif. Je m’amuse également beaucoup avec ces vidéos débiles où je joue sur les costumes et les arrières plans maintenant que la partie technique me prend moins la tête. 

Mon collègue Le Bidon (il existe vraiment) ne comprendrait certainement pas que je m’expose ainsi et que je continue l’expérience malgré cet échec patenté. Échec relatif puisque j’ai fortement renoncé à ma présence sur les réseaux sociaux et donc à une publicité indispensable pour être vu. Mais ça aussi je l’assume.

Malgré ce four, je vais continuer, surtout parce que ça me demande peu d’effort et que je me bidonne bien à le faire. Je vais changer la formule, du moins l’enrichir, parce que je veux essayer d’autres trucs comme la chronique strip tease déjà ébauchée une fois.  

Donc merci encore aux fidèles qui me lisent et me regardent. J’ai quand même bien fait de ne pas plaquer mon job pour vivre des revenus de YouTube, sinon je serais carrément mal.

Le virus martien

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On pourrait penser qu’avec un masque, du gel plein les mains et la distanciation on allait échapper à la crève automnale.

C’était sans compter sans notre grand qui bosse dans un lycée, haut lieu d’incubation pour toutes les saloperies qui traînent dans l’air et sur les muqueuses. Notre barbu chevelu de deux mètres qui joue les Tanguy depuis deux ans à rapporté le virus du crevard à la maison. Rhume, toux sèche et fébrile.

Il n’a pas fallu très longtemps pour que les mêmes symptômes nous attaquent, nous les deux petits vieux fragiles. D’abord un mal de gorge, puis une toux de chien crevé, quelques dixièmes de degrés au-dessus de la température optimale de fonctionnement du métabolisme humain puis la fontaine de morve ininterrompue.

D’ordinaire, choper la crève c’est juste pénible et fatigant. En pleine pandémie de COVID-19 c’est un peu plus compliqué. Déjà, les gens vous regardent de travers lorsque vous toussez dans votre masque dans les transports en commun. Et puis y a un doute qui plane fatalement, rhume ou COVID ? Un seul moyen de le savoir, se fourrer le coton tige dans le nez.

Donc après trois jours de coma dans la maison et deux migraines qui viennent avec la fièvre, je me suis sacrifié pour nous trois en allant me faire curer le nez au laboratoire près de chez moi. Ma femme refuse d’en passer par cette expérience traumatisante et mon fils s’en tape, la fin du monde approche. Oui mais moi j’ai un boulot et je côtoie pas mal de monde quand même.

Vous me direz, qu’elle est la probabilité de choper la COVID-19 avec deux doses d’astra dans le sang, un masque sur le visage et des mains tellement désinfectées qu’elles ressemblent à la peau d’un vieux crocodile ? Ben non nulle, la preuve un de mes collègues vient de choper la saloperie. Donc ceinture et bretelles. Isolement et test.

Mon Week-end prolongé de trois jours s’allonge encore histoire de s’assurer que tout va bien. De toute manière je ne tiens pas sur mes quilles. Du coup j’ai du temps. Pas pour enregistrer de chronique, car avec la crève ça n’est pas franchement sexy, mais pour écouter Mandoky Soulmates et jouer au Lego.

Après avoir finalisé Voyager I, je suis allé acheter une superbe Fender et son ampli. Et puis, n’ayant pas d’autre projet pour le Week-end, je me suis lancé dans la conception de la sonde martienne Viking. 

Saviez-vous qu’une des grandes problématiques de la recherche de la vie sur la planète rouge est la non contamination des échantillons par des bactéries venues de la Terre avec la sonde ? Ben c’est pareil pour moi au travail. Faut que je garde mes crasses à la maison pour ne pas pourrir le travail de mes collègues.

C’est la crise

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Je lis partout que le marché du vinyle est en pleine crise et que les prix flambent. La faute à une trop forte demande à ce qu’il paraît. 

Ma faute ? C’est vrai que j’achète beaucoup de vinyles depuis quelques temps et que cela me pose de sérieux problèmes de stockage. D’autant plus que j’essaye de me procurer le CD en même temps pour des écoutes moins studieuses. 

Je n’ai pas encore constaté de flambée du prix de la galette noire chez mes fournisseurs habituels. Par contre j’ai été horrifié par l’explosion des frais de port, que ce soit pour les CDs ou les vinyles. 

Il y a peu j’ai renoncé à faire venir une galette depuis les U.S.A. à cause du transport qui doublait la facture. Un simple vinyle à soixante-dix euros, cela devient franchement dissuasif. 

J’ai commandé un CD au Brésil, le second album d’un obscur duo que j’aime beaucoup, le genre d’album tout simplement introuvable en Europe. Je l’ai payé plus de quatre fois son prix à cause du transport.

Autrefois je trouvais que faire venir un vinyle d’Allemagne était hors de prix, aujourd’hui je trouve ça très abordable en comparaison du Royaume-Uni et du continent américain. 

Etrangement, le double vinyle Aphelion, le dernier album de Leprous, ne m’a coûté que deux euros de frais de port. Sans doute venait-il de France.

Je me suis résigné à contre coeur à acheter de la musique sans support physique pour éviter de plomber mon budget pourtant généreux en ce qui concerne la musique.

Pourquoi de tels tarifs ? La crise sanitaire, des accords économiques, des taxes douanières, le prix du pétrole, du carton, du scotch ? Je n’en sais rien, je ne m’intéresse pas du tout à l’économie mondiale. Je sais juste que les prix des transports ont augmenté.

Les frais de ports flambent et après tout c’est une bonne chose. Cela me sensibilise d’autant plus au bilan carbone de les achats. Du coup, avant de commander depuis n’importe quel pays, un produit que je peux trouver plus près, je réfléchis un peu. 

La tentation est hélas grande d’acheter sur amatruc où les frais d’expédition sont offerts et où le colis arrive le lendemain, même le dimanche. Heureusement je résiste mais c’est la crise.

De la protection du littoral

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Oui vous le savez sans doute, le niveau de la mer monte inexorablement et les touristes trop nombreux abiment nos côtes. La végétation est piétinée et les dunes sont en passe de disparaître à certains endroits. Mais que fait donc Villeneuve ? En se lançant dans une nouvelle adaptation du chez d’oeuvre de Frank Herbert on pouvait espérer qu’il ne piétine pas trop le roman.

J’ai vu le film de David Lynch à sa sortie en 1984 avant de lire les premiers livres de Herbert la même année. J’avais adoré le film, et fatalement j’ai été subjugué par les livres que j’ai tous lu, plusieurs fois, sauf ceux de son fils, faut pas abuser non plus.

D’énormes pavés difficiles à traduire en images, d’ailleurs plusieurs s’y sont cassé les dents comme pour le Seigneur des Anneaux. Alors l’idée que Villeneuve en fasse plusieurs épisodes semblait bonne, car il prend son temps le bougre, et ça me va assez bien. Il a trouvé tout de même le moyen de supprimer quelques passages clés du roman comme un repas diplomatique qui donne un éclairage tout particulier au monde de Dune. Il va lentement mais accélère aussi, précipitant des événements qui arrivent plus tard dans l’histoire. Pour qu’elle raison ? Je ne sais pas, mettre en valeur un acteur, simplifier les parties complexes du récit, ajouter du suspense ? A vous de me le dire.

Après une mise en place réussie, les inexactitudes commencent, des détails qui n’apportent rien au film comme pendant la fuite de dame Jessica avec Paul ou le combat dans le repaire de l’Ecologiste Impérial. Je n’ai pas compris l’intérêt de la chose mais passons.

David Lynch avait également pris des libertés avec le livre comme ces modules étranges qui amplifiaient la voix et qui donnèrent quelques scènes ridicules, genre « Bouh, t’es mort ! ». Chacun ses casseroles après tout.

Mais ce qui m’a profondément dérangé ce sont les personnages et leurs rapports. Non dame Jessica n’a pas eu un garçon par ambition mais bien par amour pour son duc, relisez le livre bordel. C’est un détail mais cela change la manière dont est perçu le personnage. Duncan Idaho, le meilleur ami de Paul est un très bel homme, pas une grosse brute en dreadlocks et s’il est son meilleur ami, il le traite toujours avec le respect qu’il doit au fils d’un duc, ils ne sont pas potes de beuverie.

Il manque à cette version la grandeur et la noblesse des personnages de la précédente. Les sorcières bene gesserit ici ne font pas peur et les navigateurs stellaires ressemblent à des fourmis. Les Fremen sont dodus et trop bien nourris pour des hommes du désert comptant les gouttes d’eau de leur corps. Par contre je trouve que les harkonnens ont été plus subtilement que dans le premier opus.

Et puis vous savez quoi ? Je trouve que ces images du désert d’Arrakis ne payent pas de mine. Je vous l’ai dit, les dunes ont été trop piétinées depuis.

Par contre, la technologie à clairement de la gueule. Vaisseaux, ornis, chercheurs-tueurs, boucliers ressemblent beaucoup plus à ce que mon imaginaire avait pu fabriquer en lisant les livres qu’aux machins assez kitchs de la version de 1984.

Sinon, la BO, vous ne trouvez pas qu’elle ressemble souvent à celle de Toto ?

Maintenant irai-je voir la suite, si il y a une suite ? La réponse va de soit, oui évidemment, car je suis un geek et que la suite de l’histoire est fabuleuse. Et puis si je vais voir les Disney Star Wars, je peux bien sacrifier un peu de mon temps pour Dune quand même. Mais là pour le moment, c’est le nouveau James Bond qui me tente.

En vacances

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Coucher de soleil sur la presqu’île de Quiberon

J’étais en vacances et vous n’en avez rien su, c’est ça la magie d’Internet. Des vacances en train pour traverser la France et retrouver la terre de mes ancêtres, la Bretagne. La Bretagne oui, mais celle du sud histoire d’avoir une petite chance de se baigner dans la mer en septembre.

Carnac

Destination le golfe du Morbihan, au sud de Vannes, un territoire parsemé d’îles et de rivières qui ont façonné au fil des millénaires un paysage absolument unique. C’est également un paradis pour le passionné de mégalithisme que je suis. Ici les menhirs se dressent à dix-sept mètres du sol, les cairns cachent des dolmens sculptés et les cailloux poussent dans les champs comme sur le site de Carnac.

Cairn de Gavrinis

Durant sept jours, je n’ai pas trouvé le temps d’écouter Aphelion de Leprous, trop occupé que j’étais à tremper mes pieds dans la mer, même parfois la tête, à me bâfrer de kouign amann, de galettes au beure, gâteau aux pruneaux, crêpes et galettes de sarrasin (l’objectif principal étant bien entendu de s’alimenter en circuit court bio) et à battre la campagne à la recherche de cailloux dressés il y a six millénaires par nos ancêtres les… qui a dit gaulois ou celtes ?

Armé du bon vieux Nikon D810 équipé d’un Nikkor 24-85 et d’un Tamron 70-200 plus le petit GX9 en dépannage, j’ai pris des clichés de ces cailloux sculptés, des tombaux collectifs, ces sépultures d’une élite, cairns monumentaux qui dessinent le paysage de la région. Le Petit Mont, Gavrinis, la Table des Marchands, les alignements de Carnac, le Tumulus Saint Michel, les menhirs géants de Locmariaquer figurent parmi les plus impressionnants vestiges de cette époque où l’homme s’est sédentarisé et a commencé à cultiver la terre.

Le port d’Arzon

J’avoue avoir croisé plus de camping-cars que de menhirs sur les chemins du golfe, des campings-cars conduits lentement par des têtes blanches, des petits vieux retraités, bronzant leurs rides sur le sable chaud et fêtant leurs dernières années avec force d’apéritifs bien arrosés. Pas encore ces vieux en Ehpad qui attendent la mort comme mon père qui voit son fils une fois l’an quand il passe en Bretagne. Pour peu on se serait cru en Floride sans les bombasses.

Nous avions prévu beaucoup de choses et nous n’avons pas pu tout faire évidemment faute de temps. Une des huit journées était consacrée à la visite à l’Ehpad, cinq heures de route pour trente minutes de visite sous masque. Deux autres au voyage lui-même, Strasbourg-Nantes en train puis Nantes-Arzon en voiture soit 7h30 de trajet contre 12h par autoroute. Le reste s’est partagé entre baignades sur la plage à 20 mètres de notre appartement où les Venettes se sont probablement pris la trempe de leur vie par les armées de César, visite de monuments, promenades sur la côte, lecture et cinéma. Cinéma ? Oui car sans Apple TV il nous fallait bien un grand écran le soir et à Arzon il y a la Locomotive et ses deux salles d’un autre temps où des films sont projetés pour quelques spectateurs égarés.

Château de Suscinio

Le château de Suscinio, la presqu’île de Quiberon et sa magnifique côte sauvage, les alignements de Carnac, la croisière au cairn de Gavrinis, Locmaraiaquer, le Tumulus de César, le Petit Mont, le Golfe du Morbihan, nous avons vécu du néolithique au moyen âge pendant une semaine tout en restant connecté à minima avec notre époque.

L’arc et le flèche

L’exercice photographique ne fut pas des plus aisés. Photographier des menhirs ne pose pas de problème en soit, ce ne sont après tout que des cailloux immobiles, mais il faut réussir à traduire leur grandeur, leur immoralité, éviter les touristes en mal de selfies et pour certains, comme à Gavrinis où nous ne disposions que de cinq minutes dans le couloir obscur à sept entassés à poser au trentième à f 2.8 pour capturer les gravures millénaires. Les immenses champs de pierres levées de Carnac ne furent pas aisés non plus, à cause de l’immensité de la chose et finalement j’ai opté, plutôt qu’un grand angle, pour le 70-200 mm et des échantillons du site. Pas sûr d’avoir réussi mes clichés mais au moins j’ai essayé. Je rêvais de brumes à Carnac, un rayon du levant dans Gavrinis, je me suis contenté du couchant sur le petit mont. On ne peut pas tout avoir.

Je reviens avec deux-cent clichés, deux livres lus, quelques kilos d’embonpoint, requinqué, prêt à affronter mon agent comptable et la centaine de mails en attente.

Le nouveau déchet

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Outre nos poubelles qui débordent, les décharges sauvages, les emballages de mal bouffe Mc Donald, les cartons de pizzas, les mégots, un nouveau détritus a fait son apparition dans notre paysage. 

Plus gros qu’un filtre de cigarette, plus petit qu’une boite de cheese burger, il jalonne nos rues et campagnes depuis un an et demi. Blanc, noir, le plus souvent bleu, il traine dans les flaques d’eau, s’envole au vent et bouche les caniveaux.

Vous l’avez certainement reconnu puisque vous êtes obligé d’en porter un tous les jours, il s’agit de ce putain de masque qui jusqu’à présent m’a protégé efficacement de la COVID-19.

Pourquoi en trouve-t-on partout, en ville comme à la campagne ? Ils sont plus nombreux que les mouchoirs jetables dans les buissons et les préservatifs usagés dans certains quartiers. 

Pourquoi certains déchets sont plus rares que d’autres ? Je n’ai jamais trouvé un billet de cinquante euros traînant dans rue. Pourtant nous en avons souvent dans nos poches. Étrange…

Je peux comprendre que l’on perde un masque, tombé de son sac, de sa pochette, du poignet où il était accroché. Ça arrive aux plus négligents d’entre nous. 

Mais tous le monde se mouche, alors que certains ne porte pas de masque. On devrait trouver plus de mouchoirs blancs jetables par terre que de masques chirurgicaux bleus. Ça semble logique non ? D’autant qu’un masque jetable peut être porté quatre heures alors qu’un mouchoir usagé n’est guère utile en  plus d’être désagréable à conserver dans une poche.

Alors pourquoi trouve-t-on tant de masques par terre ? Serait-ce lié à notre relation à l’objet ? Le mouchoir nous l’utilisons volontiers pour dégager nos sinus encombrés alors que le masque nous est imposé par des gouvernements totalitaires qui nous volent nos libertés. Enfin c’est ce que certains racontent pour les masques bien sûr.

Cette attitude de rejet de l’inconfort aurait-elle pour conséquence une réaction de vengeance consistant à jeter l’objet dès qu’il n’y a plus personne en vue pour en contrôler le port ? Mystère. Mais c’est franchement dégueulasse. 

De base je déteste ces gros connards qui balancent leurs mégots de cigarettes dans le caniveau ou par la fenêtre de leur voiture. Alors les abrutis qui jettent les masques qui leur sauvent la vie tous les jours et protègent leurs proches d’une redoutable maladie, je les exècre encore plus. Comment peut-on être aussi crados ? Un masque n’est pas biodégradable, il contient des matières plastiques et peut en plus être imbibé de microbes. Bref c’est un truc bien crade qui, comme les pansements, doit être incinéré. En plus dans la nature, le machin se voit de loin, s’accroche aux branches des arbres.

Alors s’il vous plaît, jetez vos masques dans les poubelles, vos mégots dans les cendriers et ramassez les merdes de vos chiens. La planète sera plus jolie.

Mon coeur bat la chamade

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Trop de passions, trop d’émotions, mon coeur bat trop vite. La musique, les paysages, le stress, le travail, l’amour, les enfants, mon système cardio-vasculaire s’emballe. Alors pour calmer la tempête, je prends des bêta-bloquants.

En réalité mon coeur va très bien, mes artères également, mais après les anti-épileptiques, les anti-dépresseur, les anti-pass, les anti-vaccins, les vasoconstricteur, les anti-migraineux, j’essaye les bêta-bloquants. 

Enfin je réessaye, la première tentative s’étant soldée par des nuits d’insomnie. Voilà maintenant deux mois que je prends mes 50mg de Metropol tous les soirs, soit la dose minimale, et sorti de quelques troubles du sommeil, je supporte assez bien la nouvelle molécule. Le matin j’ai un peu la gueule de bois mais rien de grave.

Et surtout, depuis, je n’ai pas pris un seul anti-douleur ou triptan pour gérer mes crises. D’ailleurs celles-ci se font de plus en plus rares et de moins en moins violentes. Effet placebo ? Possible, ce ne serait pas la première fois. J’ai quand même l’impression de revivre d’autant que pour le stress c’est assez gratiné au travail ces temps-ci.

Bon, ceci dit ce soir, après quinze jours sans une seule crise, contre quatre à six d’ordinaire en deux semaines, j’ai craqué car cela devenait très inconfortable : nausée, tempe gauche battante, hypersensibilité à la lumière et aux odeurs (détecteur de clope activé à 100 mètres). Je retrouve la joie des effets secondaires de l’Almogran, rien en comparaison du Zomigoro mais quand même. Je zombifie sur le canapé en écoutant le dernier Neal Morse Band. Résultat j’ai un peu gâché ma première écoute.

Mon médecin du travail a sérieusement envisagé de me mettre en invalidité à 50 %. Ça fait tout drôle… J’ai dû lui expliquer que j’étais aussi souvent malade en vacances qu’au travail pour qu’il change d’avis.

Malgré cette dernière crise, un triptan en deux mois, cela reste une grande victoire pour moi. Un répit à ma noyade chimique quotidienne. Normalement trois mois sont nécessaires pour juger de l’efficacité d’un traitement, donc je vais attendre un peu pour effectuer un bilan sur l’efficacité de ce bêta bloquant mais pour l’instant cela semble plus efficace que de mâcher du bubble gum. L’autre étape ça  va être l’acupuncture qui m’a été recommandée par deux médecins. J’ai hate de jouer à la poupée vaudou avec mon corps.

Cruel dilemne

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Une chronique par semaine me semble un rythme raisonnable pour bien écouter un album, me plonger dans les textes, le faire sonner au casque, sur les Triangles et le smartphone. Cela me laisse du temps pour coucher sur le papier mes impressions et fixer sur la pellicule la chronique. 

Mais comme je suis un boulimique de musique, j’écoute nettement plus d’albums que je n’en présente en vidéo. J’aimerais parler de chacun d’eux, enfin ceux qui présentent un certain intérêt pour moi mais ça n’est pas possible, une année ne comprend pas assez de semaines pour tout vous montrer. 

Du coup, j’accumule peu à peu du retard, le Leprous qui vient de sortir ne sera en ligne au mieux que mi novembre et je vais passer sous silence pas mal de sorties comme Atmospherics, Homesick ou Migration.

Je pourrais (encore) copier Alias et enregistrer des brèves. Mais mes chroniques sont déjà brèves alors faire plus court risque de se résumer à pas grand chose au bout du compte. Alors à quoi bon ?

Le pire c’est que malgré la fermeture du webzine je reçois encore dans ma boîte aux lettres quelques promotions. Je remercie à chaque fois et explique que je ne chronique plus les promotions. Mais il m’arrivera peut-être de déroger à la règle car je suis faible de nature, surtout quand cela vient d’artistes que je connais et apprécie.

L’étape suivante pourrait être de trouver d’autres beaux gosses photogéniques pour enregistrer des vidéos de rock progressif, on pourrait appeler ça Neoprog par exemple et passer brutalement de 15 vues à 150.

Non je plaisante, je n’ai aucune envie de replonger, j’ai déjà assez à faire avec mon travail en ce moment.

Les chroniques en images vont se concentrer sur les albums qui me font vibrer sans tenir compte de leur date de sortie ni de la notoriété du groupe. Après tout je n’ai de compte à rendre qu’à moi même.

Mon dilemme se situe au niveau des choix, quel album chroniquer dans la liste de ceux que j’ai écouté. Vais-je parler de Dream Theater, de Marillion ou d’un obscur groupe allemand amateur ? Vais-je vous faire partager mon coup de cœur pour un vieux Cult of Luna ou une violoncelliste britannique ? Pas facile de choisir…

Les Chroniques en Images contrairement au webzine Neoprog ne suivent pas l’actualité musicale et ne font pas la promotion de la scène française pas plus que les grands labels européens. Elles reflètent mes envies musicales du moment tout simplement.

Le vaisseau Apollo

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J’en suis à la quatrième version. 

Version 2

Plus grande, plus fidèle, plus robuste. J’ai commandé des pièces chez le fabricant puis j’en ai recherché d’autres sur Internet. Ce qui n’était qu’un challenge amusant au début est devenu mon activité principale le week-end et le soir en rentrant du travail. 

Je consulte des photographies de la NASA, recherche des informations techniques sur Wikipedia, m’inspire de MOCs, assemble, démonte, expérimente, casse, emboite, déboite et recommence encore et encore. 

L’objet de ma nouvelle folie s’appelle le vaisseau Apollo composé du module de commande, ce cône dans lequel prenaient place trois astronautes et le module de service, un cylindre de cinq mètres par quatre qui abritait les réservoirs et les moteurs. Si vous ne voyez pas de quoi je parle regardez l’Etoffe des Héros, Le Premier Homme, Apollo 13, For All Mankind, lisez Mary Robinette Kowal, Charles Frankel, Tom Wolfe ou ce blog.

Réaliser un cylindre de 13 cm de diamètre n’est pas une chose facile mais concevoir un cône de 11 cm de haut est un enfer. Il faut ruser tout le temps. 

Version 3

Le vaisseau Apollo fait finalement 32 cm de haut et pèse 1 kg sans le carburant et les astronautes contre 11 mètres et 30 tonnes pour la version qui a été autour de la Lune. Un modèle réduit au 1/30 réalisé en Lego.

Comme ne nombreuses activités de ma vie, d’autres on fait la même chose en mieux avant moi. Il s’agit donc d’une nouvelle occupation gratuite et inutile qui sera certainement remplacée bientôt par une autre encore plus futile.

Mes enfants m’aident, proposant leurs idées, des assemblages audacieux et recherchent des pièces dans les 20 kg de briques répartis dans dix boites, ma femme regarde son vieux bébé avec tendresse jouer sur le tapis et moi je me détends des longues journées éprouvantes en patouillant des briques multicolores avec les mains. Car les constructions en Lego me vident la tête.

La quatrième version a d’abord consisté à remettre à l’échelle le module de service, redistribuer les briques, revoir le propulseur principal ainsi que les antennes. Puis je me suis attaqué au module de commande en revoyant toute sa conception, il ressemble maintenant un peu plus à l’original. Reste à aménager l’intérieur d cela capsule maintenant…

Version 4

Cluster

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Soit les gouvernements nous mentent depuis plus d’un an, soit les gens sont des crétins. Je pense qu’il y a un peu des deux en fait, mais c’est une autre histoire.

Un vendredi, dans notre boîte aux lettres, un papier manuscrit nous informait que le samedi, la fille de nos voisins, organiserait son anniversaire, et qu’il pourrait avoir un peu de bruit.

D’ordinaire, ces sympathiques voisins, sont affreusement bruyants. Ils possèdent un chien qui gueule tout le temps, passent leurs soirées dehors sur les vingt mètres carrés de goudron qui leur servent de jardin, à discuter très fort au téléphone portable sur haut parleurs, en fumant des clopes et en buvant des canettes de bières. Non, je n’exagère même pas.

Donc imaginez ce que peut signifier pour eux, faire du bruit… Non, vous ne pouvez pas. Ce ne sont pas vos voisins.

J’ai sérieusement envisagé de prendre une chambre à l’hôtel ce soir là, c’est tout vous dire, et il n’y aurait pas eu le couvre-feu et un temps de chiotte, nous serions parti nous ressourcer dans un coin tranquille des Vosges.

Au lieu de quoi, j’ai déplacé mon lit côté rue, à l’opposé du lieu des festivités.

Malgré la pluie, des petits jeunes masqués ont débarqué vers 20h, beaucoup de petits jeunes, au moins une trentaine en fait. Eh ! le couvre-feu les gars ? Passé le portail, ils se sont débarrassé de leur déguisement sanitaire et ont commencé la tef. Musique, cigarettes, boisson, cris, pleurs, des jeunes quoi en pleine poussée hormonale. Pendant ce temps, les parents semblaient partis ailleurs, peut-être à l’hôtel, qui sait ?

Comme la maison de mes voisins est minuscule, la moitié de la troupe restait dehors (je ne sais pas comment ils ont géré la file d’attente devant les toilettes). Une bonne quinzaine d’ados, fumant, buvant, criant sous nos fenêtres.

Nous avons regardé un long film d’action pour échapper un moment au vacarme du voisinage. Vers 23h, nous avons tenté de dormir, mais pas facile avec le portail qui claquait contre notre mur tous les quarts d’heure, le boum boum de la techno et les hurlements à peine étouffés par un double vitrage et une porte.

L’enfer à duré jusqu’à 5h du matin et à 6h les parents de la gamine sont arrivés avec le chien qui comme d’habitude s’est mis à gueuler. J’ai du dormir un peu, entre deux claquements de portail et hurlements de rire.

J’aurais pu appeler le 17, mais ils sont débordés par des appels de violences conjugales en ce moment. Et puis bon, seraient-ils seulement passés ? J’ai testé une fois, c’est peine perdue. Peut-être qu’en leur parlant d’un cluster potentiel de trente adolescents ivres, ça les aurait motivé. Mais je l’avoue, j’ai surtout eu une pensée pour ces jeunes isolés depuis plus d’un an, privés de fiestas, à leur âge j’aurais pété un cable. Je suis trop con en fait. Depuis quand n’ai-je pas fait la fête, été à concert, fait une bonne bouffe avec les amis ? Je ne sais plus… La prochaine fois, je leur pourris la vie, à condition qu’aucun des trente ne soit porteur de la COVID-19, sinon il n’y aura pas obligatoirement de prochaine fois.

La fille a pécho ce soir là. Depuis elle a un petit copain. Pour ne pas se plotter devant les parents, les ados s’installent sur la rue, contre une barrière, devant nos fenêtres. Ils ne feraient que mélanger leurs langues de vingt-deux heures à deux heures du matin ça ne me dérangerait pas. Mais pas de chance, au lieu de partager du plaisir à deux, ils s’engueulent comme des poissonniers. Décidément, les chiens ne font pas des chats.