Canicula

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Il fait chaud n’est-ce pas ? Vraiment trop chaud en fait. Nous venons de vivre notre seconde canicule de l’année et l’été vient de commencer. Les températures dépassent les 40 degrés et ne descendent plus en dessous des 20 degrés, des incendies se déclenchent partout, certaines centrales nucléaires sont déjà à l’arrêt, les agriculteurs moissonnent le blé, des abrutis se battent pour un ventilateur devant les magasins LIDL et le peuple fustige enfin le gouvernement pour son inaction climatique.

Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui soudain se sentent concernées par le réchauffement climatique. Bon, ce n’est pas comme si, depuis les années soixante-dix, les scientifiques tiraient la sonnette d’alarme pour avertir les pouvoirs publics et les habitants de la terre.

N’empêche, combien quidam m’ont interpellé pour savoir si le réchauffement allait durer, si c’était lié aux étoiles ou bien la faute à Donald Trump. Que leur répondre ?

Oui, le réchauffement climatique est une réalité. Oui, il est du aux activités humaines et pas au soleil, encore que s’il n’y avait plus de soleil, nous aurions moins chaud… Oui, cela va durer et s’aggraver parce que, malgré les accords de Paris, le GIEC et plein d’autres réunions inutiles en avion aux quatre coins du monde, globalement, personne n’a vraiment rien fait pour endiguer le problème.

Oui, il va y avoir des morts et des réfugiés climatiques, en fait il y en a déjà beaucoup. Oui, il va falloir s’adapter et pas qu’en se cachant dans les cinémas par grosse chaleur. Oui, nous devons changer notre mode de vie. Et oui, nous allons mourrir, mais ça n’aura pas forcément de rapport avec le changement climatique.

Les élections présidentielles arrivent à grand pas. Mais qui se souviendra dans quelques mois des personnes âgées décédées, des feux de forêt et de la pénurie de climatiseurs lorsqu’il s’agira d’élire notre chef d’état ? En plus si ça se trouve, notre président sera un repris de justice qui n’en a rien à carrer du réchauffement climatique. Parce que, c’est bien connu, c’est de la faute des chinois et des immigrés s’il fait chaud sur notre belle planète.

Hyper activité

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Calendrier

J’ai du mal à rester en place. Au travail, ma collègue me reproche souvent d’avoir terminé de traiter un dossier alors qu’elle n’a pas encore lu le titre du mail le concernant. Et pour m’occuper le week-end je chronique de la musique, pratique la photographie, fais de l’astronomie, couvre des concerts et soigne le potager.

Cette année, je me suis un peu plus engagé dans l’association d’astronomie en rejoignant son conseil d’administration. Sorti de quelques réunions, il n’y pas grand chose à faire, alors je participe à plusieurs groupes de travail.

De fil en aiguille je me suis retrouvé engagé dans plusieurs événements, conférences, soirées, sorties, commissions et permanences. Et lorsque je consulte mon agenda de l’été, pour aller voir les amis, partir en balade ou profiter d’un concert, je découvre que je suis pris tout le temps.

Je manque de temps pour mes chroniques, je ne fais plus de photo sauf pendant les vacances, mes amis me manquent et je suis en permanence par monts et par vaux. J’ai même dû partager mon agenda avec mon épouse pour qu’elle sache quand je suis libre.

Au programme de l’été, il y a on the Moon Again, la nuit des étoiles, l’éclipse solaire, deux soirées dans un centre socio culturel, des conférences, la recherche d’un terrain d’observation, l’achat d’un nouveau véhicule pour le télescope, une exposition au Chalet du Champ du Feu sans parler des sorties pour photographier les étoiles.

Il y a également un festival de metal sur trois jours qui suit l’éclipse de soleil et pour lequel des gens aimeraient bien que je fasse quelques photos. Je n’ai pas encore donné ma réponse mais vu que le dernier soir, il y a Alcest à l’affiche, je vais sans doute dire oui.

Entre le manque de sommeil à cause de la chaleur, des nuits blanches et de cette hyper activité, je me traîne tel un zombie dans la maison bouillante, je prends du retard sur mes publications, j’enregistre mes chroniques à l’arrache et découvre souvent à la dernière minute que je dois partir pour une réunion, une soirée ou une observation. Je ne lis plus beaucoup faute d’un manque évident de concentration et je fais de plus en plus de micro siestes au travail.

Jeudi soir je monte à Fréconrupt photographier les Dentelles du Cygne et observer le ciel. Vendredi soir, je monte pour une conférence au Champ du Feu. Samedi nous fêtons les 26 ans de notre ainé. Dimanche je mon au Chalet du Champ du Feu assurer la permanence de l’exposition. Lundi, je vais essayer d’aller faire un coucou à un amis mais ma fille aimerai bien que l’on aille se promener en montagne. Et mardi, je pars tester le chargement du télescope dans un nouveau véhicule.

Il faudrait que je lève le pied, mais voilà, je crois que j’en suis incapable.

La gueule de bois

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Entre de multiples déplacements dans le Grand Est pour le travail, une nuit tardive au Champ du Feu, un régime draconien avant une prise de sang, un concert Chez Paulette, ce foutu passage à l’heure d’été et un nouveau rhume qui m’est tombé dessus samedi, j’ai une sévère gueule de bois.

Par chance j’avais enregistré ma Chronique en Images mercredi et j’ai encore deux albums d’avance dans les tiroirs. Parce que je serai bien incapable d’analyser quoique ce soit en ce moment. J’écoute en boucle un disque de métal grec depuis presque une semaine sans être capable d’écrire une ligne à son sujet. Je me traîne du canapé au lit, le ventre creux, le nez bouché et les paupières lourdes, lisant quelques pages d’un roman avant de sombrer dans les bras de Morphée pour une heure ou deux.

Les prévisions annoncent du ciel clair pour la semaine, mais étant donné mon état et un nouveau déplacement programmé à Reims puis à Langres, je ne sais pas si j’aurais le courage de sortir la lunette pour la nuit.

Ne vous y trompez pas, je ne me plains pas. Je m’éclate entre la photographie, la musique et l’astronomie (le travail c’est une autre affaire). Mais la privation de fromage, de biscuits, de sucreries et de grignotage entre les repas met à rude épreuve ma volonté. 

Mon généraliste s’inquiète du bon fonctionnement de mes reins, de mon taux de cholestérol. Mon urologue s’inquiète du niveau de mes PSA et moi pour mon estomac qui gargouille. J’ai déjà perdu deux kilos en quinze jours en évitant la pause café de neuf heures avec les collègues et en bannissant les biscuits et le comté de la liste des courses. Par contre je bois de l’eau, beaucoup d’eau, des litres d’eau, ce qui fait de moi un homme fontaine.

Vous n’avez rien à déclarer ? J’ai faim. Qu’est-ce que vous avez là ? Un creux.

Tout ira mieux après la prise de sang. Je pourrais boire de la bière à la place de l’eau, me jeter sur les plateaux de fromages avec un verre de vin et du pain, et me bâfrer de viennoiseries. Certes je triche un peu, mais qui a envie de passer au bloc, de prendre un traitement supplémentaire ou de recommencer toute une batterie d’examens douloureux et intrusifs ? Vous ?

Vendredi si tout va bien, je pourrais reprendre un régime gascon et monter au Champ du Feu refaire la photographie de la nébuleuse de la méduse que j’ai lamentablement gâchée vendredi dernier en croyant bien faire. Presque 4h d’images bonnes à mettre à la poubelle en voulant pousser trop loin la sensibilité de la caméra. Je monterai avec un gros bout de fromage, du pain, des tranches de cake aux fruits confits et une bière rousse pour faire tout passer.

Je me sens déjà mieux tout à coup. 

Sous la couette

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Dehors il faisait gris et froid au point de remettre en route la chaudière. Alors, je me suis confortablement installé dans le canapé du salon et j’ai écouté le dernier album de Ocean of Slumber

Pour la première fois depuis fin juillet je n’avais rien de prévu le week-end. Pas de nuit blanche, pas d’aller-retour dans le sud, pas d’amis à la maison, pas de concert à photographier, pas d’appartement à repeindre

Sorti d’une vidéo à enregistrer, de trois photographies à sélectionner, de deux billets de blog à rédiger, de trois albums à écouter, d’une ou deux promenades dans les Vosges, d’un peu de jardinage, je n’avais rien à faire.

Cela tombait bien car l’agenda des prochaines semaines est bien chargé. Les concerts reprennent comme les accréditations photos, les activités associatives également, l’éclipse lunaire de ce matin augurait une nouvelle nuit blanche, l’exposition photo annuelle est dans les starting blocks et la rentrée musicale bat son plein.

Le samedi soir, après une petite promenade en montagne, j’aurais pu aller à un spectacle en centre-ville ou bien partir dans les Vosges observer les étoiles. Au lieu de cela j’ai pris une douche chaude, j’ai mis ma robe de chambre douillette et me suis installé devant le cinquième épisode des Anneaux de Pouvoir avant de me coucher sous la couette avec la Quête de l’Oiseau du Temps. 

Non, je n’ai pas honte. Je reprends des forces.

18 heures d’une vie de chien

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5h – Warf !

6h – Grrrr… grrr ! Warf warf warf ! Chut ! Couché !

7h – Pinpon pinpon ! Ahouahou !

8h – Waw ! Waw ! Waw ! Mais tu vas te taire !

9h – Rufff rufff ! Warf warf ! Waw waw ! Ahouahou !

10h – Dring ! Waw ! Waw waw waw waw waw !

11h – Tut ! Tut ! Warf ? Warf ! Warf ! 

12h – … Rufff ! Warf ! Waw !

13h – Pinpon ! Pinpon ! Ahouahou ! Ahouahou ! Warf ? Rufff ! Rufff ! Ahouahou !

14h – Miaou ? Rufff Rufff ! Warf ! Warf ! Sshhh !

15h – Tut ! Tut ! Grrr ! GRRR ! Wouf  ! Waouf ! Kay ! Kay !

16h – Wroum wroum ! Rufff ! Waouf ! Warf ! Waw !

17h – Alors le kiki, il a été sage ? Il va se promener ? Warf ! Warf !

18h – Waw waw waw ! Alors comment ça va voisin ? Waw waw waw ! Couché ! Waw waw waw ! Tu vas te taire ? Waw waw waw ! Con de chien !

19h – Alors ma collègue m’a dit Waouf  ! tu vas te taire Waw waw ! et demain y a Michel qui va Rufff Rufff ! allô, tu m’entends, non c’est le chien Waf waf ! et donc il m’a dit…

20h – Grrrr, grrrr, grrrr ! Chut ! Grrrr ! Waf !

21h – Pinpon pinpon ! Ahouahou !

22h – Miou ? Waouf ! Waouf ! Ils sont pénibles avec leur chat, ils pourraient le rentrer le soir.

23h – Grrr… grrr ! Bonne soirée voisins ! Warf ! Warf !

Dans la cour goudronnée de dix mètres carrés en contrebas, sur le balcon de l’immeuble d’à côté, au troisième étage de la maison voisine, sur la terrasse au fond du jardin, il y a des chiens. Berger australien, labrador, roquet, doberman, il y en a de toutes les couleurs et de toutes les tailles.

Je n’ai pas l’air comme ça mais j’adore les chiens et si je n’en ai pas c’est justement parce que je les adore ! Un chien est un animal social qui déteste rester seul. Un chien a besoin de sortir une à trois heures par jour, pas juste aller pisser devant le portillon des voisins ou poser un étron au milieu du trottoir, mais de courir dans nature.

C’est tellement mignon un chiot, c’est même irrésistible. Sauf que la petite boule de poils va rapidement grandir et si elle n’a pas été correctement éduquée, elle va se transformer en animal agressif et névrosé. Garder un chien en appartement, c’est tout simplement cruel. L’animal a besoin de sortir pour se soulager et se dépenser, a besoin d’espace pour dégourdir ses jambes. Lorsque vous n’êtes pas là, le chien aboie à rendre fou le voisinage mais vous ne le savez pas, vous n’êtes pas là. Jusqu’au jour où un voisin excédé glisse un mot doux anonyme dans votre boîte aux lettres.

A la campagne, les chiens qui aboient, c’est presque rassurant au milieu du grand silence. En ville, entassés les uns sur les autres, c’est tout simplement insupportable ajouté aux autres nuisances urbaines.

Nous avons six chiens qui s’expriment à tour de rôle ou bien en chœur dans un rayon de cinquante mètres autour de la maison, ça fait beaucoup, beaucoup trop. Cela le donne envie de prendre, comme nos sympathiques voisins, un gentil cocker roux. C’est mignon comme chien chien, c’est joueur, débordant d’énergie et ça aboie tout le temps sur tout ce qui bouge.

Karim le géomètre

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Un jour d’ennui sans doute, je me suis penché sur mon avis d’imposition foncier. D’ordinaire je paye sans sourciller, mais ce jour là, j’ai voulu vérifier la paperasse.

Voici ce que j’ai trouvé : une maison de 140 m2 sur deux étages sur un terrain de 4,25 ares et un bâtiment commun de 109 m2. 

J’ai bien une maison faisant à priori ces dimensions à la louche, un jardin de moins de 5 ares tout en longueur, mais le bâtiment commun de 109 m2, pour le coup, je le cherche toujours dans le jardin. 

J’ai une sorte de séchoir à houblon d’une vingtaine de mètres carrés sans électricité ni eau courante dans lequel je range les outils et les vélos, mais pas ce mystérieux bâtiment plus grand que mon rez-de-chaussée.

Alors j’ai demandé des explications aux impôts en leur fournissant un extrait cadastral de notre parcelle. 

Le lendemain, j’ai reçu une première réponse : « Le service accuse réception de votre demande et vous remercie. Vous serez avisé ultérieurement de la suite donnée. ». J’étais bien avancé.

Après quinze jours d’attente, j’ai reçu une seconde réponse de l’administration, représenté par un certain Karim, clôturant en même temps ma demande : « Suite à notre échange précédent, je vous prie de bien vouloir me faire parvenir les plans détaillés de vos biens afin que je puisse régulariser votre situation. Je reste disponible pour tout complément d’information.« .

Je vis dans une maison qui en 1770 était déjà habitée et qui tenait debout sous le règne de Louis XIV. Une vieille dame à colombages un peu penchée et plus ou moins bien entretenue au fil des siècles. Tout ça pour vous dire que je ne dispose pas des plans d’architecte évidemment. Du coup j’étais un peu sec pour répondre aux impôts.

J’ai donc ouvert une nouvelle réclamation en joignant une nouvelle fois le plan du cadastre. 

Neuf jours plus tard, la réponse est tombée : « Afin que le service puisse traiter votre demande, je vous prie de bien vouloir nous faire parvenir tout document ou justificatif attestant la réalité de la surface de votre dépendance ( 25 m² et non 109 m² ), sans quoi nous ne pourrons y donner suite favorable.« .

Autant vous dire que cette réponse laconique m’a tapé sur les nerfs. Car j’en ai vraiment mare de ces ronds de cuir bureaucrates. J’ai déjà assez à faire avec mon agent comptable au travail qui me réclame sans cesse des documents invraisemblables toute la journée pour payer des factures de cinquante euros, alors un agent des impôts qui ne veut pas entendre raison, ça me tue !

Cette fois je lui ai envoyé l’acte de vente de la maison, le relevé de parcelle, le plan cadastral au 1/500 accompagnés d’un message expliquant tous les détails et j’avais décidé de contacter ce fonctionnaire paresseux pour avoir une bonne explication le lendemain.

Finalement, c’est lui qui m’a appelé. Tout ça pour m’informer qu’il avait constaté que j’avais raison, que le bâtiment faisait environ 25m2 et que les impôts s’étaient trompés. Quel bel mea culpa ! 

Je lui avais pourtant fourni cette fois un ancien plan cadastral alors que le premier était nettement plus récent. La seule différence entre l’ancien et le nouveau était la présence d’un tampon officiel sur le dernier. Mais dans la fonction publique, tamponné est symbole de vérité. 

Bref, je vais récupérer 30 euros de trop payé sur deux ans, prélevés à tord par les impôts. Ça ne compense même pas le temps et l’énergie dépensés, mais au moins, mon avis d’imposition foncier reflètera ce que nous possédons réellement.

Enfin, c’est que m’a annoncé Karim au téléphone, car deux semaines plus tard, sur le site des impôts, ma réclamation n’est toujours pas traitée.

Corde raide

Je suis sur la corde raide. C’est avec des bouts de ficelle que je rafistole non agenda gribouillé, inventant des heures qui n’existent pas et ajoutant des jours dans le calendrier. Bien pratique la vingt cinquième heure du trente deuxième jour du mois pour caser l’interview retard. Entre le nœud plat pour fixer le cordier du violoncelle de ma femme, la connectique du home cinéma, les tendeurs pour palisser les arbres fruitiers et le nœud coulant pour le burn-out je me prends les pieds dans les câbles du micro au pied de la scène, à la recherche d’un coin pour dormir en pelote. Je perds mon self contrôle en démêlant les boucles de mon casque de baladeur, peinant à suivre la trame d’un concept album mal ficelé. Le temps file de plus en plus vite, les nuits élastiques sont au point de rupture, il faut que je dorme. Je vais jeter l’amarre, partir en croisière au loin et courir en string sur le pont du navire. Plus personne au bout du fil, pas de câble ethernet à connecter, aucun fil d’actualité à suivre; des vacances ! Plus que deux cent photos à développer, une interview à boucler, dix albums à chroniquer, trois live reports à publier, soixante vaisselles à nettoyer, cinq caddies à remplir, dix poubelles à sortir, vingt réveils à six heures du mat et je serai dans la file d’attente pour l’embarquement.