Le talon d’Achille

Deux semaines de vacances à la maison en septembre. Le bonheur ! La saison idéale pour des promenades dans les Vosges, le jardinage, la photographie et la lecture sur un transat.

Je suis ce que l’on appelle vulgairement un pantouflard, quelqu’un qui aime sa maison, son jardin et les promenades dans la région.

Peu avant de profiter de ces congés mérités, je traînais un peu la patte, une douleur sourde dans le talon, rien de grave, sans doute de la fatigue. Mon hernie discale était également de la fête comme un truc coincé à l’épaule. Rien qu’un bon repos ne saurait réparer.

Le premier lundi des vacances, je pris la route du Parc de Sainte-Croix pour saluer les loups, les ours et les ratons laveurs. Mon traditionnel safari photo de la fin de l’été. Trois heures de route, six heures de marche, six kilos de matériel photo sur le dos, autant dire que je suis revenu cassé en deux, mais heureux. Ceci dit, une petite douleur irradiait du talon jusque mes orteils et mon dos était en compote. Du coup le mardi, j’ai zombifié.

Mercredi, pluie. J’ai acheté quelques albums sur Bandcamp et en ai écouté beaucoup d’autres. Jeudi, pluie, musique. Après un été de sécheresse, il fallait que le ciel me tombe sur la tête pendant les vacances. Du coup, le jardin c’est brutalement transformé en jungle.

Vendredi, débrousaillage, tonte, désherbage, jardinage et passages aux déchets verts. Une écharde d’un bon centimètre s’est plantée dans mon pouce gauche. L’opération pince à épiler a été un pur régal et je crois qu’un petit bout est resté coincé sous la peau, histoire de me rappeler de porter des gants plus épais la prochaine fois.

Lundi, je suis reparti dans les Vosges, à la cascade du Nideck en traînant un peu la patte ce qui ne m’a pas empêché de prolonger la marche. Mardi j’ai fait une nouvelle promenade plus longue encore, du côté de l’étang de Hanau, et mercredi je suis allé voir le médecin, car même la nuit, mon talon me lançait. Verdict, un truc au nom imprononçable de la famille des tendinites, le genre de chose qui met du temps à guérir à condition de rester au repos total.

Mercredi soir, c’était soirée Star Wars, trois épisodes de la nouvelle série Andor à déguster au calme. Enfin en théorie, car à table, après avoir avalé un anti inflammatoire pour le talon, avec pour effet secondaire d’affaiblir la coagulation du sang, je me suis planté un couteau très pointu dans la paume de la main gauche. Planté oui, et profondément vous voyez. Alors ça s’est mis à pisser rouge.

Un dénoyautage d’avocat bien mûr qui s’achève aux urgences. Trois points de suture plus tard me voilà avec un énorme pansement à garder pendant trois semaines, le genre de truc qui vous empêche de conduire, de tenir un appareil photo, de taper au clavier, sauf d’une main, de découper un avocat en deux et d’en extraire le noyau. Ceci dit, pour cette dernière activité, ça n’est peut-être pas plus mal…

Le jeudi, ce furent des visites au pharmacien qui m’avait vu la veille, à l’infirmière pour programmer ses prochains passages à la maison pour changer le pansement, au radiologue hilare de photographier mon pied alors que ma main est bandée, à l’autre radiologue pour l’échographie, amusé de retrouver ma bosse sur le gros orteil et pour finir au médecin étonnée de me revoir si vite. Un tout nouveau programme de vacances qui vont se prolonger, en survêtement et sandales, parce que les ceintures, les boutons et les lacets, c’est devenu trop compliqué pour l’instant. Quelqu’un peut me couper la viande ? S’il vous plait…

Contact

Image

Alors que le gouvernement autorise la fin du port du voile à peu près partout, j’ai officiellement battu mon record de cas contact. 

Quatre en quinze jours !

Certes, je me déplace beaucoup ces derniers mois, je rencontre de nombreuses personnes et je mange souvent au restaurant, ceci explique sans doute cela.

En déplacement à Paris un mardi matin, avant une formation, j’ai reçu le SMS d’un collègue qui venait d’être testé positif au COVID-19. 

Un écouvillon dans la narine gauche. 

En rentrant de Reims, mon smartphone m’informe que je suis cas contact d’un inconnu et que je dois m’isoler pendant quatre jours, comme si mon parcours vaccinal n’était pas complet. 

Deux cotons tiges dans les naseaux. 

Deux jours plus tard, un ami avec qui j’avais mangé dans un restaurant coréen m’annonce qu’il est touché par le virus et malade comme un chien. 

Premier auto test sur la table de la cuisine. 

Enfin, en fin de semaine, un collègue m’annonce au petit matin qu’il se sent fébrile et qu’il rentre chez lui. Fébrile et positif, d’ailleurs il est maintenant à hospitalisé  pour une embolie pulmonaire. J’avais mangé la veille en face de lui au restaurant d’entreprise. 

Second auto test sur la table de la cuisine, non remboursé cette fois, faute de déclaration officielle de cas contact.

Je n’en suis à huit tests en deux années de pandémie, des PCR, des auto tests, et un sérologique. Mais rien à faire. Malgré plein de symptômes psycho somatiques, états grippaux, rhumes, angines, je n’ai manifestement pas attrapé ce fameux virus dont tout le monde parle tant. 

A croire qu’il n’a jamais existé et que tout cela n’est qu’un complot visant à… Désolé, je regarde trop Facebook.

Bon il semblerait que je sois encore passé au travers des mailles du filet. Je pense que mon alimentation saine basée sur des produits bios en circuit court et faiblement transformés (rillettes d’oie, bières locales, bonbons Haribo) sont à l’origine de mes excellentes défenses immunitaires à moins que ce ne soit dû à la musique méditative que j’écoute en rentrant du travail (black metal, metal progressif, heavy metal, doom).

Ou tout simplement à de multiples précautions comme le port du masque même après la levée des restrictions, des lavages de mains fréquents, une distanciation sociale quasi permanente sauf au restaurant, une limitation des réunions avec les amis et surtout un bol monstrueux.

Mais quand je vois le gouvernement lever les restrictions sanitaires alors que le nombre de contaminations repart à la hausse, je me demande quand même s’il n’y aurait pas un petit effet élections dans l’air, une sorte d’aérosol exterminateur de virus lâché dans l’atmosphère par le président candidat, le rois guérisseur. 

Parce que, je ne vous cache pas, j’en ai marre de me fourrer des cotons tiges dans mes narines, surtout si c’est pour aller voter pour un programme politique auquel je n’adhère pas du tout.

Ce bon Darmanin

Image

Je ne sais pour quelle raison l’état français a autant de mal à légaliser l’usage des drogues douces. N’ont-ils pas encore compris qu’en les taxant, comme les cigarettes, l’alcool et l’essence, ils pourraient se faire des couilles en or et occuper les forces de police à des choses plus utiles que traquer la fille du fumeur de joints.

Mon propos n’est cependant pas celui de la légalisation du cannabis, j’ai arrêté d’en consommer quand j’ai cessé de fumer, et consommer est un bien grand mot si on considère les dix pétards que j’ai partagé dans ma vie.

Cependant, un jour, mon médecin, à court de solution miracle pour mes migraines, m’a conseillé d’essayer du CBD pour soulager mes crises. Le CBD est un cannabinoïde présent dans le cannabis. Rien à voir avec le THC qui provoque l’addiction et possède un effet psycho actif sur le cerveau. Le CBD est un produit légal vendu en pharmacies quoi qu’en pense Gérald Darmanin. Il se présente sous plusieurs formes, huiles parfumées, feuilles et cristaux. 

Pour ma part j’ai opté pour l’huile, parfum citron car chocolat ou poire-vanille sont à gerber. Et quand une migraine pointe son nez, ce n’est pas le moment d’avoir dans la bouche un truc au goût vomitif.

Le CBD soulage certaines douleurs, détend, réduirait les crises d’épilepsie et serait une des pistes contre le cancer du sein d’après Wikipedia. Bref un produit miracle.

Bon, pour tout dire, des migraines, je n’en fais plus beaucoup, la dernière date d’il y a trente et un jours, un véritable record après des années à deux ou trois crises par semaine. Ça, c’est le miracle de mon traitement au Metoprolol, un bêta bloquant qui me réussit vraiment bien. Mais lorsque les premiers symptômes d’une tempête s’annoncent, plutôt que de partir tête baissée avec l’artillerie lourde des triptans, en l’occurence l’Almogran, j’essaye depuis peu le CBD. 

C’est mon fils aîné qui m’a initié à la chose. Il en consomme en traitement de fond pour vivre plus facilement en société. Lui, a opté pour poire-vanille, je vous le déconseille encore une fois.

La première tentative ayant été plus que concluante, sorti du goût persistant synthétique dans la bouche, je vérifie maintenant s’il ne s’agit pas d’un effet placebo. Deux gouttes à 10% sous la langue pendant une minute et le CBD se répand dans mon corps lentement. Une sensation de léger engourdissement survient alors, sans pour autant enlever la lucidité.  C’est moyennement confortable mais comparé aux effets secondaires des triptans que j’utilise (perte d’équilibre, rigidité cadavérique, assoupissements), le CBD c’est clairement de la rigolade.

Chez moi, la prise de CBD permet de calmer l’angoisse induite par la crise – quand vous aurez vomi pendant vingt-quatre heures avec la tête martelant comme les tambours du Bronx, allongé avec une compresse froide sur la tête, plongé dans noir, incapable de boire ou de manger, dans un état de panique inimaginable et qu’il faut appeler un médecin à deux heures du mat, vous comprendrez -. Le CBD permet aussi de prendre de la distance avec la douleur, qui devient alors une menace sourde dans un coin de la tête. Ça n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que la chimie habituelle.

Un flacon de 10 ml concentré à 10% coûte la bagatelle de vingt-cinq euros. Plus la concentration est forte, plus c’est cher et ce n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale bien évidemment. Vous pouvez l’acheter en pharmacie mais également dans les coffee shops français, les boutiques à CBD.

Si vous souffrez comme moi de migraine, je crois que cela vaut la peine d’essayer. Sait-on jamais.

Et de trois

Image

Je suis assis dans le vaccinodrome avec une nouvelle dose dans le bras gauche. Je pensais qu’avec 90% de piqués en France on finirait par avoir la peau de cette saloperie, mais non. C’est sans compter tous les pays à 3% d’immunisés et ceux qui ne respectent pas les gestes barrières. C’est beau la mondialisation et la connerie !

J’avais repris les concerts, plein d’espoir, et voilà que je m’enferme à nouveau dans le salon avec de la musique, des livres et des Lego.

Oui j’en ai marre, mais qui blâmer si ce n’est notre libre circulation planétaire, la surpopulation et l’irresponsabilité de certains ? 

Les personnels soignants sont à bout, pourtant ils gardent le sourire et continuent à lutter pour sauver des vies. Pendant ce temps Boris organise des pique-niques et les jeunes des raves en Bretagne. 

Alfa, Beta, Gamma, Omicron, aurons-nous assez de lettres dans l’alphabet grec pour tous ces variants. Masques, pass sanitaire, pass vaccinal, couvre feu, confinement, nos libertés ont fortement régressé ces derniers mois. Mais faut-il blâmer nos gouvernants pour autant ? Je ne pense pas. Je pense que les anti tout, adeptes des théories du complot, ceux qui refusent de se faire vacciner, ceux qui font semblant de porter un masque sous le nez, ceux qui se font tester tous les trois jours afin d’aller encore au cinéma et au restaurant, portent une lourde part de responsabilité dans cette catastrophe. 

Les cas contacts se multiplient autour de nous. L’étau se resserre. Pour l’instant malgré trois concerts, quelques pauses cafés imprudentes et trajets dans les transports en commun, je suis passé sous les radars. Tant mieux car je ne donnerai pas cher de ma peau avec mon rein défectueux en cas d’infection.

A la maison, l’écran, la station d’accueil, le clavier et la souris attendent l’ordre de télétravail obligatoire longtemps reporté. L’ordinateur portable et le smartphone restent dans mon sac à dos, rentrant à la maison tous les soirs en cas d’alerte rouge. Un masque neuf m’attend chaque matin sur ma chaise, la réserve de savon est remplie, le gel hydro patiente dans son flacon, le pass frétille dans le téléphone, nous sommes parés pour affronter 2022.

Le virus martien

Image

On pourrait penser qu’avec un masque, du gel plein les mains et la distanciation on allait échapper à la crève automnale.

C’était sans compter sans notre grand qui bosse dans un lycée, haut lieu d’incubation pour toutes les saloperies qui traînent dans l’air et sur les muqueuses. Notre barbu chevelu de deux mètres qui joue les Tanguy depuis deux ans à rapporté le virus du crevard à la maison. Rhume, toux sèche et fébrile.

Il n’a pas fallu très longtemps pour que les mêmes symptômes nous attaquent, nous les deux petits vieux fragiles. D’abord un mal de gorge, puis une toux de chien crevé, quelques dixièmes de degrés au-dessus de la température optimale de fonctionnement du métabolisme humain puis la fontaine de morve ininterrompue.

D’ordinaire, choper la crève c’est juste pénible et fatigant. En pleine pandémie de COVID-19 c’est un peu plus compliqué. Déjà, les gens vous regardent de travers lorsque vous toussez dans votre masque dans les transports en commun. Et puis y a un doute qui plane fatalement, rhume ou COVID ? Un seul moyen de le savoir, se fourrer le coton tige dans le nez.

Donc après trois jours de coma dans la maison et deux migraines qui viennent avec la fièvre, je me suis sacrifié pour nous trois en allant me faire curer le nez au laboratoire près de chez moi. Ma femme refuse d’en passer par cette expérience traumatisante et mon fils s’en tape, la fin du monde approche. Oui mais moi j’ai un boulot et je côtoie pas mal de monde quand même.

Vous me direz, qu’elle est la probabilité de choper la COVID-19 avec deux doses d’astra dans le sang, un masque sur le visage et des mains tellement désinfectées qu’elles ressemblent à la peau d’un vieux crocodile ? Ben non nulle, la preuve un de mes collègues vient de choper la saloperie. Donc ceinture et bretelles. Isolement et test.

Mon Week-end prolongé de trois jours s’allonge encore histoire de s’assurer que tout va bien. De toute manière je ne tiens pas sur mes quilles. Du coup j’ai du temps. Pas pour enregistrer de chronique, car avec la crève ça n’est pas franchement sexy, mais pour écouter Mandoky Soulmates et jouer au Lego.

Après avoir finalisé Voyager I, je suis allé acheter une superbe Fender et son ampli. Et puis, n’ayant pas d’autre projet pour le Week-end, je me suis lancé dans la conception de la sonde martienne Viking. 

Saviez-vous qu’une des grandes problématiques de la recherche de la vie sur la planète rouge est la non contamination des échantillons par des bactéries venues de la Terre avec la sonde ? Ben c’est pareil pour moi au travail. Faut que je garde mes crasses à la maison pour ne pas pourrir le travail de mes collègues.

Mon coeur bat la chamade

Image

Trop de passions, trop d’émotions, mon coeur bat trop vite. La musique, les paysages, le stress, le travail, l’amour, les enfants, mon système cardio-vasculaire s’emballe. Alors pour calmer la tempête, je prends des bêta-bloquants.

En réalité mon coeur va très bien, mes artères également, mais après les anti-épileptiques, les anti-dépresseur, les anti-pass, les anti-vaccins, les vasoconstricteur, les anti-migraineux, j’essaye les bêta-bloquants. 

Enfin je réessaye, la première tentative s’étant soldée par des nuits d’insomnie. Voilà maintenant deux mois que je prends mes 50mg de Metropol tous les soirs, soit la dose minimale, et sorti de quelques troubles du sommeil, je supporte assez bien la nouvelle molécule. Le matin j’ai un peu la gueule de bois mais rien de grave.

Et surtout, depuis, je n’ai pas pris un seul anti-douleur ou triptan pour gérer mes crises. D’ailleurs celles-ci se font de plus en plus rares et de moins en moins violentes. Effet placebo ? Possible, ce ne serait pas la première fois. J’ai quand même l’impression de revivre d’autant que pour le stress c’est assez gratiné au travail ces temps-ci.

Bon, ceci dit ce soir, après quinze jours sans une seule crise, contre quatre à six d’ordinaire en deux semaines, j’ai craqué car cela devenait très inconfortable : nausée, tempe gauche battante, hypersensibilité à la lumière et aux odeurs (détecteur de clope activé à 100 mètres). Je retrouve la joie des effets secondaires de l’Almogran, rien en comparaison du Zomigoro mais quand même. Je zombifie sur le canapé en écoutant le dernier Neal Morse Band. Résultat j’ai un peu gâché ma première écoute.

Mon médecin du travail a sérieusement envisagé de me mettre en invalidité à 50 %. Ça fait tout drôle… J’ai dû lui expliquer que j’étais aussi souvent malade en vacances qu’au travail pour qu’il change d’avis.

Malgré cette dernière crise, un triptan en deux mois, cela reste une grande victoire pour moi. Un répit à ma noyade chimique quotidienne. Normalement trois mois sont nécessaires pour juger de l’efficacité d’un traitement, donc je vais attendre un peu pour effectuer un bilan sur l’efficacité de ce bêta bloquant mais pour l’instant cela semble plus efficace que de mâcher du bubble gum. L’autre étape ça  va être l’acupuncture qui m’a été recommandée par deux médecins. J’ai hate de jouer à la poupée vaudou avec mon corps.

1er avril

Image

Je viens de prendre un billet d’avion pour visiter les réserves du Kenya, cela faisait longtemps que je rêvais d’un Safari photo. En parlant photo, Nikon m’a proposé de tester leur nouveau boîtier Z9, ce sera l’occasion de voir ce qu’il a dans le ventre. Peut-être que je vais en faire mon métier après tout, c’est sympa de parcourir le monde pour capturer sur la pellicule les dernières espèces animales en voie de disparition.

Je vais arrêter le webzine de prog. La concurrence est trop féroce et ça me saoule d’écrire des chroniques de blockbuster chiants juste pour maintenir l’audimat à un niveau raisonnable.

Le gros achat du mois risque d’être un nouvel ampli home-cinéma compatible HDCP 2.2 car depuis hier soir je ne peux plus regarder Disney+ sur mon vidéo projecteur tout en ayant le son, merci Mickey.

Après la fusée Saturn V, j’envisage sérieusement de m’offrir la navette spatiale même si je ne saurais pas quoi en faire une fois assemblée. Les lego, c’est comme les puzzles en plus cher et moins chiant.

Bonne nouvelle, je vais me faire vacciner ! Je viens de faire un test sérologique afin de vérifier que je n’ai pas attrapé la COVID-19 ces derniers jours, comme ça je pourrais faire ma trombose cérébrale paisiblement ensuite. 

Je suis en vacances pour quelques jours, les premières depuis janvier en fait. Aujourd’hui le soleil brille, je n’ai pas de migraine (du moins pour l’instant) mais dès lundi, mes collègues annoncent le retour de la neige. Putain les mecs ! Je suis certain qu’ils ont fait exprès, personne ne m’aime à part moi.

Je me suis fait tatouer le visage de Marcela sur le bras droit et celui d’Anneke sur le bras gauche. Sur le ventre il y a un pentacle et sur le dos les cornes du diables. Ça pique un peu ces petites aiguilles, surtout pour tracer les cheveux, mais quand on aime.

J’ai pris une bonne résolution également. Je vais aimer mes voisins. Il faut savoir pardonner. Surtout qu’ils semblent décidé à vendre. Je devrais racheter tout le quartier dans un rayon de cent mètres autour de la maison, bon disons un kilomètre, la meilleure façon pour moi d’aimer les gens.

Au fait joyeux premier avril les gens ! J’espère que vous ne souffrez pas d’un cancer, car votre prochain rendez-vous est reporté.

Record battu !

Image

Ok, j’ai arrêté mon traitement il y a un mois, statistiquement la molécule ne semblait rien apporter de neuf à mes crises. Depuis je suis une pile sur pattes, mon état naturel en fait. J’avoue, nous vivons une drôle d’époque et cela doit affecter quelque part mon subconscient. Mais quand même, cinq crises en huit jours, c’est du jamais vu ! Même à l’hôpital, à deux doigts de passer l’arme à gauche, j’en ai fait moins. Tous les jours depuis une semaine, je suis nauséeux avec un vague mal de crâne au réveil qui se précise peu à peu en journée avant d’exploser le soir. Je ne mange presque plus rien, je suis tout le temps ballonné, je peine à rester concentré plus de dix minutes et la moindre odeur m’indispose.

Il y a un truc qui cloche quand même là, on ne peut pas avoir une vie normale en étant malade un jour sur deux. C’est décidé, je vais passer cette fichue IRM cérébrale qui ne donnera sans doute rien comme le précédent scanner, mais cela me permettra de retourner à la clinique de la douleur avec de nouveaux éléments pour avancer. Je ne pense pas avoir de grosse tumeur dans la caboche, enfin je n’espère pas.

J’ai retrouvé mon indice Midas des très mauvais jours, indice IV, handicap sévère. Handicap, quel handicap ? Après avoir ingurgité un triptan et un dafalgan codéiné je gambade presque, en zigzags mais j’avance. Je gambade surtout des toilettes au canapé car dehors il y a trop de lumière et que la migraine a tendance à mettre en vrac mes intestins et à contracter ma vessie.

Le hic c’est qu’avec cinq crises en huit jours, il y a plus de molécules de synthèse dans mon corps que globules rouges. Barf, ça conserve la chimie non ? Mon sac à dos pour aller travailler contient une pomme qui me tiendra lieu de petit déjeuner au cas où j’ai faim qui sait, une toute petite portion de pâtes, deux boites d’Almogran entamées et une boite de Dafalgan codéiné elle aussi bien entamée. Il serait temps que je fasse le plein chez mon épicier préféré, à savoir la pharmacie.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’ai bon moral une fois passée la dépression de début de crise. Je lis une fois que ma vue n’est plus trouble, je jardine quand les yeux ne piquent plus avec des lunettes de soleil, j’écoute de la musique lorsque je suis en état de supporter un son, je marche en montagne lorsque mes jambes me portent et je regarde une série TV débile pour oublier le mal de tête.

Peut-être ferais-je mieux de ne rien faire. Rester au lit, sans pilules, avec une bassine à côté de moi pour vomir et souffrir en silence dans le noir douze à vingt-quatre heures d’afilée, le temps que la tempête s’apaise, comme je faisais autrefois, avant de prendre des triptans. Mais à l’époque, je n’étais malade qu’une fois par mois maximum, c’était gérable même en comptant les quarante-huit heures d’épuisement total après la crise.

Mon médecin possède une théorie interessante sur cet épisode intensif. J’aurai contracté la COVID-19. Cela ressemble un peu à une théorie du complot mais ça tient la route, nous avons eu un cluster au travail, trois cas avérés, des gens que je côtoie de près tous les jours et j’ai eu un peu mal à la gorge lorsqu’ils ont été dépistés. Effet psychosomatique ? Probable me connaissant, n’empêche que depuis, je tousse et à chaque fois que je suis malade (même un rhume), la migraine est de la partie.

Qu’importe, je viens de découvrir que je faisais partie des personnes de 55 ans et plus à fort risque de comorbidité. Ca fait tout drôle d’apprendre ça mais c’est vrai que j’ai un rein qui fonctionne comme il peut, des migraines à répétition et un fort risque familial de cancer. La bonne nouvelle c’est que je vais me faire vacciner. Nananère !

Césarienne

Image

Notre chat est malade, il a le chorizo.

Comment ça le chorizo n’est pas une maladie de chat ? Moi j’en suis certain, c’est notre fils vétérinaire qui nous l’a dit. Le chorizo est une maladie bénigne ayant les symptômes suivants : le chat tousse, renifle, éternue partout, bref un rhume bien dégueulasse. Un chorizo quoi !

Bon d’accord notre fils n’a peut-être pas dit « chorizo ». Mais notre chat est une femelle. Et je n’écris pas chat.. parce que vous connaissant, vous allez mal l’interpréter. Et pour les femelles on dit coryza donc logiquement pour les males ça doit être chorizo non ? Non ?

Bon passons. Nous sommes donc allés chez le véto parce notre fils est juste en première année d’école vétérinaire, alors déjà qu’il orthographie mal la maladie de notre femelle chat, alors de là à le laisser prescrire des médicaments au félin, il y a une sacrée marge de manœuvre quand même.

Donc nous avons amené notre animal de compagnie chez un vrai vétérinaire diplomé à l’autre bout de la ville. Il y en a un à cent mètres de chez nous mais comme j’ai décidé d’arrêter de vacciner notre petit chaton contre le sida des matous, la lèpre des félins, la peste bubonique des minous et la COVID-21 du raton-laveur, ma femme a honte de retourner chez ce praticien. Oui car « nous » c’est ma femme. Quand je vais chez le vétérinaire, ça finit toujours par une euthanasie. Alors sans façon.

Notre chat avait son truc bizarre depuis février et on a laissé trainer pour cause d’une autre urgence sanitaire. D’ailleurs… Et si notre chat avait le COVID-19 hein ? Figurez-vous que j’y ai pensé. Mais qui n’a pas cru avoir attrapé ce satané virus en mars/avril, hein ? Bon.

Le vétérinaire lui a prescrit des antibiotiques, des anti-inflammatoires et des inhalations… Vous avez déjà essayé de faire avaler un médicament à un chat naturellement méfiant et pas gourmand de surcroit vous ? L’enfer ! Je vous conseille de réduire en poudre les pilules et de les diluer dans une soupe pour chat. Avec la nôtre, ça marche. Mais pour les inhalations sérieusement. Je me vois bien assoir le chat sur une chaise, lui dire de ne pas bouger, faire bouillir de l’eau, la mélanger avec les huiles essentielles dans l’inhalateur de grand-mère en plastique vert et demander au chat de fourrer sa truffe dedans pendant que je pose une serviette sur sa petite tête…

Non, pour un chat, il faut procéder ainsi : le mettre dans sa cage de transport, poser un bol d’eau bouillante contenant les huiles essentielles près de la cage et poser une serviette sur l’ensemble.

Ben même ainsi cela se révèle très compliqué. Le chat se débat dans sa cage, attrape la serviette avec ses griffes et la plonge dans le bol.

Mais le pire croyez-moi reste de réussir à mettre le chat dans la cage. Le chat associe forcément cet emprisonnement à de futurs désagréments, changements de périmètre géographique, piqûre douloureuse et depuis peu, lente asphyxie aux huiles essentielles.

La technique consiste à placer la cage verticale, à choper le chat qui se planque sous le canapé, à le placer au-dessus de la cage, le descendre prestement et à refermer vivement la porte avant que la bestiole ne ressorte.

Oui enfin ça c’est la théorie. En pratique je mets des gants épais pour sauver mes mains, le chat avec ses pattes postérieures tente le grand écart pour ne pas tomber dans le piège tendu et avec sa gueule et ses deux pattes avant essaye toutes les attaques et combos à sa disposition. Pour survivre, il faut tenir l’animal furieux par la peau du coup, comme sa maman le ferait et glisser les papattes en douceur dans la boite.

En théorie c’est jouable, en pratique les pattes postérieures ruent dans les brancards et c’est ainsi que j’ai subit ma première césarienne. Les griffes de la bestiole ont généreusement labouré mon ventre sous le nombril, deux magnifiques estafilades rouges et profondes comme une double césarienne réalisée par Jack l’éventreur. Un peu plus bas et je pouvais chanter dans le film Farinelli.

Après deux séances d’inhalations et quelques jours de poudre de perlimpinpin cachée dans la nourriture, le chat va nettement mieux. Et moi j’ai le bide qui pique comme du chorizo.

J’ai très mal docteur

Image

En août 2019, mon médecin ayant épuisé toutes les molécules du Vidal m’orienta vers la Clinique de la Douleur. Je contactais l’hôpital et obtins un rendez-vous pour mai 2020. En avril, l’hôpital m’informa que, du fait de l’épidémie, mon rendez-vous serait reporté au 29 octobre 2020. Oui vous avez bien lu, le 29 octobre 2020, la veille du re confinement. 

Fataliste, j’attendais le jour J le SMS (oui car l’hôpital a enfin découvert les SMS) m’annonçant que le rendez-vous serait reporté à mars 2021. Mais le 29 octobre, trente minutes avant mon rendez-vous, aucun SMS. Alors je pris la voiture et me rendis à l’hôpital.

Une russe me reçu dans son cabinet, examina mon scanner cérébral, mon historique médical, mes 89 crises en une année, la quantité de triptans et Dafalgans ingurgitée, le nombre de jours à vomir mes tripes, mes descriptions des effets secondaires des médicaments, s’intéressa à mon hernie discale toujours douloureuse et me prescrit de nouveaux triptans, une nouvelle IRM et le conseilla l’acuponcture.

Mon ancien médecin m’avait mis en garde contre l’abus de triptans, la russe me rassura en affirmant que je pouvais tripler la dose. Mon médecin m’avait déconseillé l’acuponcture soit disant inefficace pour les migraines et m’avait prescrit de la codéine, la russe me conseilla d’éviter cette dernière molécule plus dangereuse que les triptans.

La russe m’a aussi parlé de l’injection mensuelle à 500 €, efficace dans 50% des cas et non remboursée en France. Je ne lui ai pas montré ma fiche de paye ni combien coûte les études de mon fils mais j’ai eu un sourire sous mon masque. Elle a du le voir.

Plus d’une année après, je suis de retour au point zéro. Pourtant le Dafalgan codéiné associé au Samigran semblait espacer et adoucir les crises. J’avais un peu d’espoir. Mon score midas était tombé à 13 ce mois-ci, une grande victoire.