Désabonné

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Dans la vie j’utilise six boîtes aux lettres. Quatre pour le travail, deux privées. Les six sont ouvertes en même temps sur mon navigateur web et les notifications pleuvent sans cesse. 

Celles du travail sont peu bavardes hormis les harangues syndicales qui tombent plusieurs fois par jour. Sur les deux boîtes privées, celle à mon nom possède une activité raisonnable, musique, expéditions de colis, factures et devis, mais la seconde, celle dédiée au webzine Neoprog, connaît une activité frénétique. Sur cette boite arrivent toutes les promotions, les annonces, les demandes de contact, les notifications du webzine, les concerts, les prochaines sorties d’albums, les commentaires des lecteurs et fatalement une tonne de spams. 

Cela représente une cinquantaine de messages par jour qu’il faut trier, lire et auquel il faut parfois répondre. Comme Neoprog ferme ses portes vendredi prochain, je me suis lancé dans une vaste opération de désabonnement généralisée. 

Le plus simple fut de me désabonner de la plateforme Haulix sur laquelle arrivaient de nombreuses promotions et newsletters. Il a fallu ensuite me désabonner manuellement d’autres listes et envoyer un message à quelques contacts qui travaillent encore à l’ancienne, sans liste de diffusion. 

Cela m’a pris plusieurs heures, mais je voulais faire les choses dans les règles et ne pas juste supprimer l’adresse mail du webzine afin de ne pas saturer les serveurs internet de requêtes inutiles.

Aujourd’hui je ne reçois presque plus rien dans cette boîte et ça me fait tout drôle. Mes soirées sont soudain bien vides. Je peux m’installer dans le canapé et écouter un vinyle sans être interrompu par une notification Gmail, Facebook ou Twitter. 

A la fin de cette semaine, je fermerai mes comptes Twitter, Facebook, Gmail et Instagram avec soulagement, ne conservant qu’une adresse mail et un compte Twitter perso, sans parler du compte Flickr sur lequel je publie mes photographies bien entendu. Si vous voulez encore avoir de mes nouvelles, il faudra passer par là ou venir sur ce blog.

Après m’être vautré dans les médias sociaux, je vire à l’ascétisme. Mais que voulez-vous, c’est ma nature. Le blog va survivre à cette hécatombe numérique, du moins tant que cela m’amusera, juste pour le fun, sans contrainte d’aucune sorte, sans équipe, sans pression, sans audimat, une manière de repartir à zéro et d’explorer de nouvelles choses.

Soudain, j’ai vu rouge

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Pendant longtemps, j’ai trainé un abonnement à 2 euros chez Free avant de tomber sur une offre incroyable, 40 Go à 10 euros à vie chez SFR. J’avais déjà basculé ma box chez eux suite à des problèmes à répétitions avec la Revolution de Free en ADSL. Là encore, j’avais dégoté un abonnement à 12 euros pour une box fibre optique avec décodeur TV.

Lorsque le tarif de la a basculé de 12 à 15 euros sous prétexte de nous ouvrir les numéros mobiles, j’ai trouvé ça moyen mais acceptable, même si je n’avais pas été prévenu, car une offre box, même minimaliste à ce prix là, il n’y en a pas tant que ça, surtout lorsque dans l’ensemble, la connection fonctionne bien.

Mais aujourd’hui en faisant les comptes, j’ai vu ma facture téléphonie mobile augmentée elle aussi de 3 euros. Alors j’ai essayé de comprendre. Pas d’appel surtaxé, pas de dépassement de forfait, pas de data en plus… Si en fait, youpi, SFR m’avait généreusement octroyé 20 Go de plus pour 3 euros de plus, mais sans me prévenir. Cela s’appelle de la vente forcée non ?

Je n’ai pas besoin de 40 Go de données, j’en consomme en moyenne 4.5 Go par mois, alors 60 GO…

Je me suis mis sur le chat de l’application RED de SFR pour avoir des explications. Immédiatement, un conseillé m’a répondu, me mettant en contact téléphonique avec un conseillé commercial.

Le service commercial a alors affirmé m’avoir envoyé un email en décembre m’informant des changements tarifaires. Je ne reçois aucun email de SFR, normal, l’application est configurée avec une adresse mail @sfr.fr que je ne peux pas modifier et vous savez quoi, ce n’est pas mon email, donc non, je n’ai pas été informé, d’ailleurs, depuis quand un email arrive toujours à son destinataire ? Il va falloir que je donne une leçon sur les protocoles TCP/IP à SFR.

J’ai donc demandé à la commerciale de me maintenir mon offre actuelle. A la place elle m’a proposé 90 Go pour 13 euros ce à quoi je lui ai répondu, que voulez-vous que je fasse de 90 Go lorsque que je n’en consomme même pas 5 par mois ? Elle m’a alors proposé un forfait à 30 Go pour le prix de mon forfait à 40 Go.

Sérieusement ?

Soudain j’ai vu rouge. Normal je suis chez RED by SFR. Poliment mais fermement, j’ai envoyé la commerciale se faire foutre, même si ce n’est pas de sa faute la pauvre. Des fois il m’arrive d’être très en colère. Et dans la foulée, j’ai demandé à résilier mon forfait. Oui, il m’arrive d’être impulsif et stupide également. La commerciale m’a alors renvoyé vers le chat pour cette démarche, logique non ?

Je suis donc retourné sur le chat, et ai demandé à résilier mon forfait. Là soudain, plus aucun agent ne répondait à ma requête. Après quinze minutes d’attente, une personne m’a envoyé un lien pour transférer ma ligne à une autre personne, sans blague. J’ai donc insisté pour que mon abonnement soit résilié sur le champ. Silence… Un bon nouveau quart d’heure plus tard, j’ai reçu ma réponse, RED de SFR allait procéder à la résiliation. Bravo !

Ce n’est pas une question d’argent, je ne suis pas à 3 euros près par mois, pas encore, c’est une question de principes. Encore que. Sur une facture initiale de 12 plus 10 euros (box et portable) j’ai connu une augmentation de 6 euros pour des services supplémentaires dont je n’ai pas l’usage, soit 27% en une année. C’est quand même pas mal 27% d’augmentation vous ne trouvez pas ? Si le prix des denrées alimentaires connaissait une telle inflation, les gens seraient déjà dans la rue, on a vu ce que cela donnait avec le prix du carburant et les gilets jaunes.

Je vais me retrouver sans forfait téléphonique et si je n’utilise cet appareil que rarement pour téléphoner, dans certaine situations, il est bien pratique quand même. Je pouvais revenir à un forfait à 2 euros sans données chez Free. Mais de temps en temps, il est bien pratique d’avoir un accès Internet hors de la maison. J’ai donc opté pour un forfait minimaliste mais bien suffisant pour mon usage de 5 Go chez Bouygues Télécom, une société qui ne m’a pas encore plumée à ce jour.

J’ai procédé à un transfert de mon numéro chez le nouvel opérateur, mais auparavant j’avais résilié celui de SFR, oui je sais, je suis aussi un peu con de temps en temps. Du coup, j’ignore s’ils vont s’en sortir, si mon numéro va changer et je l’avoue, je m’en fou un peu. Fallait pas m’énerver.

J’aurai été un garçon raisonnable, j’aurai conservé cet abonnement chez RED à 30 Go pour 10 euros par mois, mais peut-être que l’année prochaine, ou dans deux ans, ils auraient basculé mon offre à 100 Go pour 15 euros par mois sans me demander mon avis sur la question car vu leur politique commerciale, rien ne semble les arrêter.

Tout ce que j’espère, c’est que de nombreux mécontents feront comme moi sous le coup de la colère. Peut-être que cela les fera réfléchir, qui sait ?

Virtualisé

Avec l’épidémie de COVID-19, l’être humain, d’ordinaire créature hautement sociale, a du se réinventer très rapidement. 

Les réunions et les cours se déroulent via écrans interposés, les médecins consultent à distance, les apéritifs entre amis deviennent virtuels, les concerts sont diffusés en streaming, les achats comme les courses se commandent via internet, le sport se fait dans le salon.

Nous sommes rentrés dans une ère numérique quasi absolue. Les rares contacts humains qu’il nous reste sont avec nos proches, les livreurs et la boulangère, tous masqués. Nous parlons à nos amis, nos collègues, notre famille via SMS, conversations téléphoniques, messageries vidéo et même plus par courrier postal. Nous assistons à des spectacles « vivants » en robe de chambre devant notre téléphone ou ordinateur, en direct ou en différé, mettant en pause le temps d’aller boire un verre ou de vider sa vessie.

Le monde est devenu fou mais avions-nous d’autres choix sinon mourir en masse ? 

Et si un jour l’épidémie cesse enfin, et que nous soyons tous immunisés, que va devenir cette génération sacrifiée ? Saura-t-elle revenir à la vie d’avant ? Retrouver les amis, voyager, se déplacer pour aller au théâtre, au cinéma, aux concerts ? Supportera-t-elle encore les contraintes des horaires des spectacles, les désagréments des salles bondées, la promiscuité avec les autres ?

Je me suis aperçu que le confinement ne m’affectait pas tant que ça. Certes mes rares amis me manquent mais je ne les voyais pas si souvent que cela auparavant. Je n’allais jamais au cinéma, ne sortait pas du restaurant ou dans les bars, commandais déjà beaucoup sur Internet. 

Les concerts que j’aime tant sont hélas à chaque fois une telle épreuve pour mon organisme que je me satisfais assez bien de les regarder à l’heure que je veux, confortablement installé dans un fauteuil, sans la route et la fatigue. J’aime bien travailler avec peu de monde dans les bureaux et les poignées de mains hypocrites comme les embrassades enrhumées ne me manquent pas. Et le couvre-feu n’impacte pas la vie déjà très virtualisée. Passé 18h je sors rarement.

Ce qui me manque le plus aujourd’hui c’est de me promener à la campagne sans masque, devoir choisir entre voir et être embué ou vivre dans le flou. Ce qui me gêne ce sont les regards des autres promeneurs que je croise, ce regard inquiet que nous avons tous face à un inconnu. Ce que je déteste c’est l’odeur du gel hydro-alcoolique poisseux sur mes mains les rares fois où je fais du shopping en ville et l’état de ma peau après trois boutiques.

La bonne nouvelle, c’est qu’au rythme actuel de cinquante vaccinations par jour, nous resterons dans la même situation jusqu’en l’an 5300, du coup nous avons tout le temps nécessaire pour nous préparer à un retour à la normalité.

A quoi ressemblera le jour d’après ? Je n’en sais rien. D’autres générations ont connu la famine, la peste, la guerre, une période glaciaire et se sont relevées alors gardons espoir.

N’empêche, j’aimerais bien boire une bière avec Domi ou Franck au comptoir de chez Paulette entre le soundcheck et les premières photos de la soirée, même si le lendemain je dois saturer mon cerveau de triptans pour ne pas souffrir me martyr et vomir mes tripes.

Dix années en quelques heures

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J’ai perdu dix années de vie en quelques heures. Sans cigarette, bouteille de vodka, drogue, les années se sont effacées de ma page Facebook. J’ai créé mon compte en 2010 et je l’ai alimenté de plus en plus fréquemment avant de me rendre compte de la futilité de tout cela et de me retirer petit à petit du réseau social.

Depuis quelque temps, je ne publie plus rien sur ma page personnelle, conservant mon compte pour maintenir la page du webzine en fonctionnement, puisque la chose semble indispensable pour conserver une fréquentation du site acceptable. D’ailleurs ce n’est même plus moi qui publie sur la page Facebook, j’ai délégué cette tâche à un autre membre du webzine.

J’en avais assez de voir ces vieilles publications sur mon mur, alors je me suis lancé dans le marathon de l’oubli, celui qui consiste à effacer toutes mes publications depuis dix ans.

Facebook propose un outil pour le faire. Sur votre profil existe le bouton Gérer les publications, qui vous permet à l’aide de filtres sophistiqués, de cases de sélection, de masquer ou de supprimer cinquante publications à la fois. Cinquante publications, soit environ la moitié de ce que je publiais en une semaine. Alors si je compte bien 100 publications fois 52 semaines fois 10 années, je devais actionner l’outil un peu plus de mille fois pour tout effacer.

Oui mais bon voilà quoi, c’est Facebook. La théorie ne colle jamais la réalité. L’outil fonctionne mal, il faut scroller sur les publications pour en sélectionner plus de quinze, mais pas trop scroller non plus sinon vous dépassez la limite des cinquante posts et vous devez désélectionner à la main ceux qui sont en trop.

Et puis au-delà de quinze et selon la direction du vent et l’humeur de madame, l’outil permet seulement de masquer les publications au lieu de les effacer et lorsque que vous les avez masquées il vous propose alors de les effacer, bref double travail. Et c’est sans compter les bugs, un effacement qui n’efface rien, ou qui efface mais ne met pas à jour les informations si bien que lorsque vous recommencez l’outil s’effondre.

Au bout du compte, cela fonctionne pour environ dix publications à la fois les bons jours, du coup c’est plus de cinq-milles opérations qu’il faudra faire pour effacer mon histoire, sans compter les bugs.

J’ai commencé ma croisade un vendredi vers 13h et ai presque tout effacé (il reste encore des photographies mais là c’est l’horreur) vers 19h. Six heures de dur labeur pour disparaître partiellement de la toile.

Ces données sont-elles réellement effacées des serveurs de Facebook, je ne le pense pas, et pour le coup je m’en moque, je voulais juste afficher un profil vierge de toute bêtise. J’en ai profité pour faire un grand ménage dans mes contacts, ceux avec qui je n’ai jamais d’interaction, pourquoi les conserver ?

Dans le même temps j’ai ouvert un compte Instagram pour le webzine mais ce n’est pas moi qui le gèrerai et pour la page Facebook, ce sera un autre membre de l’équipe qui s’en chargera. J’en ai ma claque des médias sociaux je l’avoue, mais depuis le temps vous vous en doutiez n’est-ce pas ?

En plus il s’agit quelque part d’un acte écologiste. Si Facebook efface bien mes données, j’allège la charge des data centers énergivores.

Un mois sans réseau social

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Un mois durant, le webzine Neoprog a vécu comme il y quinze ans, à l’heure des newsletters et des flux RSS, et surtout sans les réseaux sociaux.

Le but était d’étudier l’impact direct de Facebook et Twitter sur le nombre de visiteurs lisant le webzine et d’évaluer l’intérêt d’exister sur ces outils qui ne possèdent pas que des avantages loin de là.

L’analyse des résultats se révèle plus délicate que prévue à appréhender. En août 2020, 2300 personnes ont visité le site.
Si je compare les statistiques entre août 2020 et août 2019 nous avons perdu 19% d’utilisateurs.
Entre 2020 et 2018 13%, entre 2020 et 2017 nous avons gagné 10 % de visiteurs et entre 2020 et 2016 nous avons perdu 33 % d’audimat !

2016 fut une année très particulière pour moi et le webzine puisque j’ai passé cinq mois cloué sur un canapé à écouter de la musique età choniquer 24h/24. Alors oublions 2016. La baisse brutale en 2017 s’explique par la disparition du groupe Facebook Neoprog et son remplacement par une page ainsi que mon retrait de très nombreux groupes Facebook de prog francophones que je ne supportais plus.

Il nous reste donc que 2018 et 2019 comme points de repères. Nous avons perdu de nombreux visiteurs, c’est indéniable mais ceux qui passaient sur le site n’y venaient pas par hasard (forte baisse du taux de rebond). Il semblerait donc que nous ayons gagné en qualité de lecteurs et mieux vaut la qualité à la quantité. D’autres statistiques indiquent bien cette tendance à la baisse mais je ne vais pas vous inonder de chiffres.

Moins de visiteurs, moins d’articles lus, moins de nouveaux utilisateurs, l’impact est clair. Facebook génère du trafic sur le site. La question est de savoir si 19% justifie de passer plus d’une demie-heure par jour sur le réseau social et se faire empapaouter par tous les internautes oisifs possédant un avis sur tout. Parce que les chatons, les complots, les fâchos et les abrutis, ça va un temps.

J’ai constaté qu’après quelques baisses d’audiences lors des mutations de Neoprog, le public revenait peu à peu, s’habituant à la nouvelle formule, s’adaptant à nos évolutions.

L’idée n’est pas non plus d’aller contre le sens de l’histoire et de renier les médias modernes. Le « c’était mieux avant », je le laisse aux vieux cons. Neoprog ne va pas quitter les réseaux sociaux Facebook et Twitter mais va réduire son empreinte carbone sur ceux-ci.

Le test d’un mois est prolongé avec quelques ajustements : une fois par semaine nous posterons les dernières chroniques et annoncerons celles à venir.

Dénotifié

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Ne cherchez plus à me joindre via Messenger, Facebook, Twitter, Youtube ou Gmail, car je le suis dénotifié.

Rassurez-vous, Je lirai vos messages, mais lorsque j’en aurai envie et pas en obéissant aux dictas des notifications.

Il est difficile pour moi de résister à l’appel de la petite pastille rouge et de la vibration de mon smartphone. Une notification survient et je plonge dans les cinq pouces de pixels pour savoir ce qui se passe. Un artiste me contacte, une nouvelle promotion vient de tomber, une offre pour du Viagra, une enseigne qui demande mon avis éclairé sur mon dernier achat, et me voila sur mon clavier virtuel à répondre et à me perdre dans les méandres de la toile.

J’ai donc désactivé les notifications non essentielles de mon smartphone : Facebook, Messenger, Twitter, Babelio, Facetime, Flickr, ne gardant que les SMS et les appels téléphoniques actifs.

Du coup je pourrais presque résilier mon abonnement Internet, mais non, je ne me coupe pas de la toile, je l’empêche juste d’envahir ma vie, de me faire perdre mon temps et dans la foulée j’essaye de soigner mon addiction à mon e réputation.

Car à force de publier du contenu sur Internet, je suis devenu addict aux retours des personnes, les likes, les commentaires et le nombre de vues.

Je suis sorti de Facebook mais des accrocs au réseau social trouvent encore le moyen de me raconter les prises de becs dont l’outil est le théâtre quotidiennement. Mais voilà, aujourd’hui ça ne m’intéresse plus du tout.

Je reste quand même incapable de dépasser le stade de vérification quotidienne de ma popularité virtuelle. Je regarde toujours le nombre de favoris d’une photo et la quantité de visiteurs passant sur le webzine. Mais j’y arrivai, enfin j’espère.

L’expérience interdite

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Je serai curieux de connaître l’impact de la disparition du webzine des réseaux sociaux en terme de fréquentation. Google Analytics m’informe que le réseau social représente environ 16% du trafic entrant alors que les accès directs eux atteignent 33% et les moteurs de recherche 45%. 

J’avoue que ma relation à Facebook ressemble de plus en plus à je t’aime je te déteste. Il s’agit d’un excellent média pour se tenir informé lorsque les labels et artistes ne nous contactent pas directement. C’est aussi un outil très utile pour contacter directement des groupes. Après c’est aussi un espace où les cons sont rois et dans lequel il est facile de perdre des heures à ne rien faire.

Et je préfère perdre mon temps à lire, photographier, écouter de la musique, me promener, qu’à lire les inepties de certaines personnes ou qu’à regarder des vidéos de chatons. 

Depuis trois semaines déjà, je n’alimente plus mon profil de liens vers le blog et mes clichés. Après tout, si cela intéresse réellement quelqu’un, il ira y faire un tour tout seul comme un grand, je ne recherche pas l’audimat ici.

Pour le webzine c’est un peu plus compliqué. Sans courir après l’audience, il faut bien que les publications soient lues à minima. Et les musiciens apprécient également de se voir tagués sur les réseaux sociaux.

Je vais tenter une expérience. Au mois d’août, période de faible affluence, je ne vais plus rien publier sur Facebook tout en continuant à faire tourner le webzine, et à la fin du mois, je comparerai les scores de fréquentation avec les autres années, mesurant ainsi l’impact de notre disparition du réseau Zuckerberg. Si le score n’est pas calamiteux, je poursuivrai l’expérience, en rappelant peut-être notre existence aux socialisés de temps à autres.

Cela ne signifie pas que je vais clore mon compte Facebook, je vais continuer d’y passer quelques minutes chaque jour pour rester informé. Car ne regardant pas la télévision et n’écoutant pas la radio, je risque de m’apercevoir un matin que la troisième guerre mondiale qui fait rage en ce moment s’est achevée dans un conflit nucléaire total.

Comment ça la troisième guerre mondiale n’a pas éclaté ? Fake news ? Saloperie de réseaux sociaux !

Time

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Avez-vous la moindre idée du temps que nous sommes capables de dégager dans une journée avec un minimum de volonté ?  

J’en arriverais presque à m’ennuyer maintenant que je connais le secret.

Si vous aussi, vous désirez connaître mon infaillible secret afin optimiser le temps, une méthode inventée par le grand maître Siddhana Covhididha et transmise de génération en génération avec amour, lisez les préceptes qui suivent :

« Le temps est relatif et nous le dilapidons chaque jour un peu plus. Ecoutez moins votre corps et laissez l’esprit commander. » 

 » – Vous n’avez pas besoin de dormir sept heures par nuit, trois sont amplement suffisantes à notre métabolisme. » 

 » – De même qu’un repas frugal quotidien sustente largement l’organisme sans oublier de pratiquer le jeûne hebdomadaire qui purifie le corps. » 

 » – Les besoins naturels peuvent attendre, ce n’est qu’une question de contrôle. » 

« Avec ces trois règles élémentaires, votre journée s’allonge naturellement de six heures. Six heures gagnées pour votre épanouissement personnel. »

« Lorsque la fatigue survient, méditez quelques secondes, ouvrez vos chakras et respirez profondément, l’énergie affluera dans vos veines. »

« Et surtout concentrez-vous sur l’essentiel: oubliez le travail abrutissant, les voyages inutiles, les biens non indispensables, les relations dénuées de spiritualité, tendez votre esprit et votre corps vers l’illumination et abandonnez tout le reste. »

Sinon, si comme moi, vous n’êtes pas mystique, si vous aimez manger, rire avec des amis et dormir de longues heures au chaud sous la couette, vous pouvez suivre les conseils d’un nihiliste 2.0 :

« Coupez les notifications non vitales de votre smartphone. »

Vous verrez, vous perdrez moins de temps sur les photos de tata Germaine pendant sa cure de balnéothérapie, vous n’entendrez plus les cons et vous gagnerez de précieuses heures que vous pourrez consacrer à lire, vous promener, voir des amis ou écouter de la musique.

Je suis dans ma quinzaine sans réseaux sociaux, du moins juste le minimum. Je continue de photographier et publier et je poursuis ma thérapie sur le bog. Du coup cela me dégage plein de temps pour écrire ce genre de conneries…

Facebook et moi

Qu’est-ce que Facebook pour vous ?

Pour moi tout a commencé par curiosité puis c’est rapidement devenu un moyen de garder contact avec mes deux adorables nièces bretonnes.

Le cercle s’est étendu à quelques un de mes amis, ma femme et des cousins, cousines et tantes par alliance.

Nous postions des photos de vacances très moches, des vidéos de chatons et quelques nouvelles. A ces amis proches se sont greffés quelques connaissances musicales, artistes croisés lors d’un festival et même quelques musiciens jamais rencontrés en IRL.

J’ai eu à cette époque l’idée d’un groupe Facebook parlant de musique, Neoprog, groupe dans lequel j’ai commencé à promouvoir le webzine musical en plein essor. Les fans de rock progressif me faisaient découvrir des artistes, les artistes parlaient de leurs albums et j’y postais nos actualités ainsi que nos chroniques.

Rapidement les amis réels se sont fait submerger par des inconnus du monde du rock, lecteurs, musiciens, promoteurs, tourneurs… La cohabitation musicale et privée devint rapidement intenable et je décidais de me créer une seconde vie virtuelle, un nouveau profil où je fis migrer mes amis musiciens, ne gardant que mes proches de l’autre bord.

Mon avatar Neoprog grandit en puissance et en amis, mon univers familial fut de plus en plus délaissé. D’outil social familial Facebook bascula peu à peu en outil social de travail.

Après quelques mois, je fermais mon profil privé chassant nièces, épouses et grands-mères de mon Internet. Je n’avais plus de temps pour ce Facebook là.

Les groupes parlant de rock progressif, le groupe Neoprog, mes amis musiciens sur Messenger me prenaient toute ma bande passante. Je voyais défiler la vie d’un batteur en images, discutait avec Fish de son derneir album, écoutait les maquettes d’un album et j’étais submergé de sollicitations diverses, tourneur, manager, artistes. J’étais un pur 2.0 du rock.

Tôt ou tard, ça devait m’exploser à la figure.

L’incident arriva en 2016, en même temps que mon accident et je décidai de me retirer des groupes parlant de musiques progressives, de chasser les mauvais coucheurs de mon univers virtuel et de transformer le groupe Neoprog en page, page sur laquelle je gardais un bien meilleur contrôle. Je pris soins également de trier mes amis virtuels, de les limiter autant que faire ce peut à des personnes que je connaissais réellement sans froisser cependant les autres, un exercice délicat. Et je décidai de n’accepter dans ce petit cercle d’amis, que de vrais amis.

Mon fil d’actualité se vida de vidéos inutiles, de propos racistes, des blagues débiles, des commentaires à l’emporte pièce et se remplit d’informations sur les groupes dont nous faisions la promotion dans le webzine. La page Neoprog gagna progressivement en visibilité et le webzine reprit sa vitesse de croisière après un court passage à vide.

Je décidai alors de ne publier sur mon profil que des billets destinés à mes deux cent et quelques amis et je suivis scrupuleusement les commentaires postés sur la page Neoprog pour éviter tout nouveau débordement imbécile.

Aujourd’hui je reviens tout doucement dans les groupes, sur la pointe des pieds, là où les imbéciles intégristes ne frappent pas encore, et ça marche.

Facebook n’est plus un réseau d’échange à proprement parler pour moi. C’est un média de promotion pour le webzine, un moyen de contact pratique avec l’équipe du magazine et quelques artistes, une source d’informations parfois, et j’y passe le moins de temps possible, me consacrant maintenant à la vraie vie de préférence.

Virtualisation

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Réseau sociaux, email, webzine, promotions numériques, streaming, smartphone, ordinateur, tablette, combien d’heures nous passons devant les écrans, enfermés entre quatre murs. La révolution numérique ressemble beaucoup à une geôle électronique dont la porte est grande ouverte sur l’extérieur.

Aujourd’hui passons plus de temps à échanger des messages avec des avatars qu’à discuter en tête à tête ? Les acteurs du net, après une journée bien remplie devant des ordinateurs, rentrent à la maison et se détendent devant un jeu vidéo, sur un réseau social, en regardant des vidéos ou en écoutant de la musique en streaming. Au restaurant, à la maison, le smartphone est sur la table, dans la rue, il est devant les yeux, dans la chambre, à côté de l’oreiller.

Les bienfaits du NET sont indéniables et multiples, révolution culturelle, puits sans fond de connaissance, source d’information parallèle non contrôlée, moyen de communication instantané et sans frontière. Mais ne sommes-nous pas devenus les esclaves de cette technologie qui devait briser nos chaînes ?

Je me virtualise.

En écrivant pour ce blog, en publiant des articles pour le webzine, en écoutant de la musique sur la toile, en lisant et en répondant aux sollicitations des artistes, en mettant en page, en partageant, en relisant notre travail, je reste bloqué devant ma dalle OLED qui me cache la fenêtre, qui éclipse le soleil couchant et j’en oublierais presque qu’il fait beau dehors, que j’ai des amis avec qui je dois parler.

Comment ne pas se faire aspirer par les pixels, ne pas disparaître dans la fibre optique et se diluer dans les serveurs planétaires. Parfois je me demande si mon avatar n’est pas plus vivant que moi-même.

Avez-vous déjà mesuré votre temps passé chaque jour sur Internet ?

Les problèmes de santé accentuent forcément cette dématérialisation. Au lieu de sortir écouter un groupe jouer en live, j’écoute leur musique sur l’ordinateur pour m’épargner la route, la fatigue et la migraine du lendemain. Au lieu d’aller boire une bière avec un ami, je commence une conversation SMS avec lui. Au lieu d’aller me promener, je retravaille des photos prises des mois plus tôt. Le temps compressé passé connecté est volé au monde réel. Les heures virtuelles se substituent aux secondes analogiques et la journée s’envole, sans que l’on aie réellement parlé avec un être humain où respiré l’air d’une forêt.

Pour reprendre forme humaine, sortir de notre avatar, nous devons nous déconnecter, nous obliger à couper de Wifi, la 4G, poser le smartphone, éteindre les écrans, mettre des chaussures, ouvrir la porte de la maison et sortir. Sortir dans la rue, renter dans les boutiques, marcher le long d’un canal, entrer dans une salle de concert, poser un vinyle sur la platine, soigner son potager, discuter avec ses voisins, parler avec ses proches à table, réserver un espace temps au monde réel.

Vivre.