Satu Rämö – Jakob

Image

Pour quelle raison ai-je lu ce livre exactement ? Ha oui, il s’agit d’un polar Islandais…

Il me semblait aussi avoir lu Illdur, le premier tome de la série, mais non en fait. Je ferai mieux de consulter Babelio avant de prendre un bouquin.

Jakob raconte une nouvelle enquête de Illdur, la flic Islandaise qui vit dans un patelin paumé en Islande. Une enquête sur des meurtres en série qui en profite pour raconter l’histoire des deux soeurs d’Illdur, Rosa et Bjorg ainsi que celle de Jakob, son coéquipier.

Une astuce littéraire qui permet de noircir plus de chapitres.

La rudesse de la vie en Islande transparait bien entre les lignes du roman et casse l’image d’Epinal que je me faisais de cette île nordique. L’écriture possède la même dureté et les personnages ne sont pas en sucre.

Hélas l’enquête ne m’a pas vraiment tenu en haleine, pas plus que le mystère de Rosa ou la vie amoureuse de Jakob. Et le personnage principal, Illdur, ne m’a pas séduit. Heureusement que les chapitres passaient d’un récit à l’autre, sinon j’aurais certainement décroché.

1.5 millions d’exemplaires vendu dans le monde, une note de 4.17 / 5 sur Babelio, manifestement, je ne partage pas l’engouement général pour Satu Rämö.

Archives de l’Exode

Image

Oui encore un roman de Becky Chambers tiré de son cycle Les Voyageurs. Sans doute celui que j’ai préféré d’ailleurs alors que j’ai adoré tous ces livres.

Archives de l’Exode parle de l’humanité qui a quitté la terre mourante à bord de vaisseaux générationnels pour trouver une nouvel planète où recommencer tout à zéro. En route ils ont rencontré l’Union Galactique, l’ont rejoint et sont restés vivre dans leurs vaisseaux, orbitant autour d’une étoile.

Ce troisième tome, découpé en petits chapitres et cinq parties, dresse le portrait d’exodiens vivant à bord d’un des vaisseaux de la flotte. Une occasion pour Becky de nous décrire une utopie sociale, une société humaine égalitaire unique en son genre avec son économie du troc, la garantie pour tous de respirer, dormir et manger sous un toit, où le médecin n’est pas plus riche que le teinturier et où les morts fertilisent les cultures.

Il est d’ailleurs beaucoup question de la mort dans ce roman mais aussi de la vie et du sens qu’on lui donne. Si vous ne deviez lire qu’un seul roman de ce cycle, ce serait celui-ci, mais lisez-les tous !

L’Espace d’un An

Image

Me revoilà avec Becky Chambers et son cycle Les Voyageurs. Une lecture toujours dans le désordre, cette fois avec le premier tome du cycle, mais cela n’a pas vraiment d’importance.

L’Espace d’un An est assez différent de Libration et de La Galaxie vue du Sol. Il s’agit d’un roman de Space Opera.

Nous montons à bord du Voyageur, un vaisseau tunnelier qui creuse des passages entre les mondes. Son équipage inter espèces est des plus atypique surtout avec Lovely, une IA considérée comme une membre à part entière du vaisseau.

Le Voyageur part pour un très long contrat afin d’aller creuser un tunnel dans un espace encore sauvage revendiqué par une espèce extraterrestre belliqueuse. Un long voyage qui est l’occasion de mieux de découvrir son équipage pour le moins hétéroclite.

La mission, qui devait rapporter une belle somme à l’équipage, vire rapidement à la catastrophe, révélant les forces et faiblesses des membres de cette famille étonnante.

Abordage, sauvetage, escale technique pour finir comme cible d’un vaisseau, tout y passe. Mais le livre est aussi l’histoire de Rosemary, une jeune fille au passé obscur qui a quitté Mars pour s’engager à bord du Voyageur. Elle y découvre un capitaine pacifiste amoureux d’une extraterrestre qui travaille pour des militaires, un cuistot dont l’espèce est en voie de disparition, une paire sianat poilus mourants, une aandrisk en manque d’affection, un clone désagréable et une IA qui voudrait devenir humaine. Toute une galaxie enfermée dans un vieux vaisseau rafistolé.

L’écriture bienveillante de Becky Chambers met sans doute plus de temps à transpirer dans ce récit riche en rebondissements. Il faut du temps pour mettre en place le décors, présenter les personnages et leurs interactions mais comme toujours chez Becky Chambers, ce sont les relations humaines ou extraterrestres, comme vous préférez, qui finissent par prendre le pas sur l’action, et c’est pour cela que j’aime ses romans.

L’Espace d’un An éclaire quelques passages obscurs de Libration et offre un magnifique voyage de planètes en planètes à ceux qui aiment comme moi le space opéra. Alors naturellement, je poursuis maintenant mon exploration des Voyageurs avec Archives de l’Exode qui est la suite de Libration.

Libration

Image

Je vous ai déjà parlé de Becky Chambers avec son roman La Galaxie Vue du Sol que j’avais adoré. Alors, lorsque je suis retourné chez le libraire, et j’ai pris un autre livre d’elle, Libration tiré du même cycle Les Voyageurs.

Je parcours ce cycle dans le désordre depuis le début mais ça n’est pas un problème. Chaque roman raconte une histoire indépendante des autres.

Ici il est question d’une IA enfermée dans le corps étriqué d’un robot et d’une petite fille triant des déchets dans une usine. Des récits parallèles qui se rejoignent progressivement et qui contiennent, comme toujours, de belles leçons d’humanité, alors que l’on parle ici d’extraterrestres, de clones et d’androïdes.

L’univers des Voyageurs est haut en couleurs avec toutes ces races extraterrestres qui cohabitent, ces planètes très différentes et ces vaisseaux spatiaux hantés par des IA.

Les personnages de l’histoire sont tous attachants, que ce soit Bleu, Poivre, Sidra ou Tack. Le lecteur a tout de suite envie de faire leur connaissance.

Libration raconte l’histoire de Jane 23, une clone de dix and qui travaille comme une esclave dans une usine à trier les déchets technologiques d’un monde poubelle. La petite fille s’évade un jour et rencontre Chouette, une IA coincée sur la planète dépotoir. En s’entraidant elles réussiront peut-être à s’arracher à la gravité de cette gigantesque décharge.

Mais quid de Poivre, Bleu, Sidra et Tack ? Deux récits se partagent les pages du roman, et c’est ce qui en fait la force. Deux temporalités différentes qui pourtant sont liées. Le lecteur comprend l’artifice assez rapidement mais cela n’a pas d’importance. L’histoire fonctionne à merveille.

Encore un excellent roman de Becky Chambers que je vous recommande chaudement.

La confrontation

Image

Elon Musk, un kidnapping, l’IA, quel étrange roman que la confrontation. Mon épouse l’avait acheté par erreur et lu sans conviction, personnellement, je l’ai adoré.

Le sujet semblait des plus commercial, Elon Musk kidnappant une classe de maternelle pour faire comprendre au monde que les humains courent à leur perte avec l’IA.

Le roman de Clara Dupont-Monod raconte surtout la confrontation entre Emile, le négociateur et Elon, le kidnappeur, en profitant pour philosopher de manière accessible aux non philosophes sur de nombreux sujets comme l’IA bien entendu, mais aussi le pouvoir, les réseaux sociaux et d’autres. 

Le livre possède un quelque chose du Monde de Sophie, mais en version riche en rebondissements et surtout beaucoup plus court.

Je ne suis pas un adorateur du patron de Space X, je n’utilise pas l’IA, je n’envoie pas de messages sur Twitter et mes enfants ne sont plus en maternelle. Toutefois j’ai bien aimé les réflexions de l’autrice et les dialogues entre les deux principaux protagonistes de l’histoire.

La confrontation est un petit roman presque léger qui soulève néanmoins quelques problématiques intéressantes. Un livre distrayant et intelligent.

Le problème à trois corps, encore…

Image

Après avoir tenté de lire le livre sans succès, après avoir regardé la série télé avec intérêt, j’ai repris le roman pour comprendre pourquoi je ne l’avais pas aimé.

Je m’étais rapidement arrêté en pleine révolution chinoise, cette fois j’ai été jusqu’au bout. Et ça n’a pas été sans mal, loin de là. Certains jours je dévorais plusieurs chapitres, d’autres semaines je trainais sur quelques pages.

Le problème à trois corps raconte un premier contact avec une civilisation extraterrestre et tous les bouleversements qui se produisent ensuite dans la société. Le problème à trois corps c’est aussi un problème de mécanique céleste sans solution mathématique qui implique trois astres en interaction. Un épineux problème auquel est confronté la civilisation extraterrestre contactée.

Le roman se veut scientifique et explique tout, même ce qui n’a pas de sens, de la hard science dirons certains. Et c’est ça, je l’ai compris vers la fin, qui a fait traîner ma lecture. Les pseudo explications scientifiques à la manière d’un Jules Verne ne m’intéressent pas, elle m’ennuient. En plus, j’ai eu un mal de chien à identifier chaque personnage, n’étant pas très familiarisé avec les noms chinois.

L’idée du roman est excellente par contre et les personnages bien campés, mais Liu Cixin aurait pu s’épargner deux-cent-cinquante pages d’écriture pour raconter la même histoire. Je ne pense pas que je lirai les deux autres tomes, cela me prendrait une année entière. Pourtant j’aimerais bien connaître la fin de ce roman, car il y q un vrai suspense dans cette histoire.

Leur domaine

Image

C’est une étrange sensation que de lire un roman lorsque l’on en connaît toute l’intrigue mais pas les détails. 

J’avais dévoré la seconde partie du roman de Jo Nesbo, Les maîtres du domaine, en décembre dernier et me suis juré de lire la première partie dès que j’en aurais l’occasion, parce que l’histoire de ces deux frères est vraiment incroyable. 

Le problème, c’est que je connaissais les grandes lignes du récit. Aucun suspens n’était à espérer. Alors j’ai pris mon temps, chapitre après chapitre, tranquillement, j’ai découvert les détails des quatre meurtres perpétrés par Roy et Carl, les deux frères Opgard.

Os est une petite ville paumée en Norvège où tout le monde se connaît. Quelques touristes venus d’Oslo viennent s’y détendre le week-end, sinon le reste du temps, on y voit tout le temps les mêmes têtes. Le maire, le pompiste, le barman, la coiffeuse, le vendeur de voitures de seconde main et bien sûr le Lensman.

En contrebas du virage des chèvres, pas loin de la ferme des deux frères, les voitures ont une fâcheuse tendance à terminer leur course au fond du ravin et personne ne veut poser de barrière pour sécuriser la route.

Carl, le petit frère, est le beau gosse extraverti et intelligent. Roy, son aîné, est plus taciturne et c’est lui qui défend toujours Carl. Roy est pompiste, Carl fait des études. Deux orphelins qui vivent seuls dans la ferme familiale depuis que la Cadillac des parents a raté un jour le fameux virage des chèvres.

Le roman raconte pendant près de sept cent pages les relations complexes qui lient ces deux frères. Des relations qui les entraînent dans une spirale meurtrière infernale. 

C’est aussi la chronique d’un village de montagne isolé où le projet de construction d’un hôtel de luxe va bousculer l’ordre social bien établi.

Une histoire captivante à lire dans l’ordre ou dans le désordre.

La Rescapée

Image

Je ne vous cache pas qu’il est assez déstabilisant de lire le roman écrit par une amie perdue de vue depuis des années, de découvrir l’enfance de sa mère à Alger à travers ses mots. 

La rescapée raconte l’enfance de Jo, la mère de Sophie Doudet, née en Algérie et qui a vécu la guerre d’indépendance pendant son adolescence. Une ado rebelle qui lisait Camus alors que les attentats secouaient la capitale.

De la guerre d’Algérie, je ne connaissais que la version biaisée de mon père, alors appelé du contingent qui échappa de justesse à une embuscade organisée par les indépendantistes. Je ne vous cache pas que enfant, abreuvé sans cesse de cette histoire, je nourrissais une stupide et obscure rancune contre le peuple algérien. Rassurez-vous, j’ai grandi.

La rescapée raconte l’Histoire du point de vue des pieds noirs, enfin de cette adolescente perdue parmi un million de français vivant au milieu de dix millions d’algériens.

Le roman commence comme un livre de Marcel Pagnol, les souvenirs d’une enfance au bord de la mer avec Jo, sa petite soeur Marcelle et sa tante Yvonne. Les vacances, la plage, la librairie, le glacier, les parents, les cousins la tortue et la poupée Ida.

Mais avec la rentrée 1956 arrive la fin de l’innocence. Les attentats se multiplient à Alger et Jo est gravement blessée. C’est le passage de l’enfance à l’âge adulte que raconte ce roman en trois parties, ainsi que l’exil de ceux que nous avons appelé les ‘pieds noirs’ à la fin de la guerre. C’est aussi le portrait d’une jeune fille idéaliste, intelligente et rebelle qui refuse de penser comme les autres, une personne que je n’ai croisé qu’une ou deux fois, et dont je ne soupçonnais pas le passé dramatique.

Je n’avais jamais lu de livre parlant de cette période de l’histoire de ‘France’. Je ne m’y étais pas vraiment intéressé en fait. La rescapée a ouvert mes yeux et ma curiosité sur cette période qui embarrasse toujours nos hommes politiques. Mais c’est avant tout un très beau roman sur la fin de l’innocence, racontée avec une très belle plume, une histoire vraie d’autant plus poignante que j’ai rencontré un jour son héroïne.

Les maîtres du domaine

Image

Le roman Les maîtres du domaine fait suite à Leur domaine paru en 2021. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour se plonger dans le nouveau livre noir de Jo Nesbø.

Os est une petite ville de la Norvège avec sa station service, son salon de coiffure, son pub, son équipe de foot, son camping et un hôtel cinq étoiles.

Roy et Carl Opgard en sont les maîtres. Roy possède la station service et le pub, Carl, l’hôtel. Mais ils ne sont pas devenus les personnages les plus puissants de Os sans quelques sacrifices. Pour y arriver, ils ont commis sept meurtres et ils sont prêts à poursuivre leur œuvre si personne ne les arrête. 

Mais voilà, Kurt, le lensmann, également entraîneur de l’équipe de foot, sponsorisée par Carl, soupçonne Roy d’être derrière le suicide de son père. Et il ne lâche rien. 

Roy est un tueur, un grand frère qui protège  Carl et répare ses bêtises, quitte à supprimer quelques vies. Il est aussi le personnage central de ce roman qui dévoile au fil des pages une étonnante humanité si l’on considère son morbide palmarès.

Le roman raconte les rapports complexes entre ces deux frères qui vivent ensemble dans la maison de leurs parents qu’ils ont assassinés, les intrigues qui relient entre eux tous les habitants de Os et l’ambition dévorante de Roy et Carl. L’un désire créer un parc d’attractions, l’autre agrandit son hôtel et bâtit une vaste demeure.

Le roman fonctionne à merveille jusqu’à sa moitié, ensuite il patine un peu, surtout lorsqu’il évoque la relation tumultueuse entre Roy et Nathalie. Heureusement, il repart de plus belle, nous surprenant jusqu’au dernier chapitre.

Une de mes prochaines lectures devrait être naturellement Leur domaine pour le plaisir de retrouver les personnages de cette saga.

Zem

Image

À sa sortie, Chien 51 m’avait déçu. Un roman policier futuriste que ne collait pas bien à la magnifique plume de Laurent Gaudé. Et puis l’auteur a écrit une suite, Zem, que mon épouse a adoré, alors je m’y suis plongé, avec toutefois une petite pointe d’appréhension.

Zem est un ancien policier grec exilé travaillant aujourd’hui pour GoldTex. Il est devenu, après une tentative de suicide, garde du corps d’un des deux puissants de l’état société. Mais lors d’une de ses missions, il se retrouve embarqué dans une enquête avec son ancienne collègue. Cinq cadavres sont retrouvés dans un container sur le port, lors de l’arrivée très médiatisée d’un cargo. Son enquête va le ramener là où jamais il ne pensait retourner.

Laurent Gaudé dépeint dans Chien 51 et plus encore dans Zem une société cynique, totalement tournée vers le profit, en pleine crise climatique, où les êtres humains sont traités comme des esclaves. Un monde pas si éloigné du nôtre et dans lequel personne ne voudrait vivre.

J’ai préféré Zem à Chien 51, peut-être parce que j’étais mieux préparé à son univers et pas surpris par cette incursion timide dans le monde de la science-fiction. Ce n’est certainement pas le meilleur Laurent Gaudé, mais il se lit bien.