2040 : Tous dans l’Espace

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Depuis 2027, Hugo et Maxime Lisoir animent une chaîne YouTube sur l’astronomie et l’astronautique. Trois vidéos d’une quinzaine de minutes par semaine que je ne manque pour rien au monde.

En 2020 ils ont publié un petit ouvrage de vulgarisation sur l’avenir de l’espace dans vingt ans. Une projection sur le new space, les projets des grandes agences spatiales et sur la recherche en astrophysique et astronomie.

Pas besoin d’être un chercheur pour comprendre les thèmes abordés dans les chapitres, le vocabulaire est simple et les explications limpides. Parfois trop d’ailleurs, ici ce n’est pas du Huber Reeves, du Carl Sagan ou du Stephen Awking. Il s’agit d’un ouvrage qui permettrait à un décideur non scientifique de se faire un avis sur l’avenir du spatial.

Son défaut est d’avoir été écrit en 2020 et que depuis, la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont rebattu les cartes. Par exemple les collaborations spatiales entre les russes et le reste du monde sont au point mort et James Web est arrivé au point de Lagrange 2. Une petite mise à jour de certains chapitres serait la bienvenue, peut-être dans une prochaine édition qui sait.

Le livre est un bon point de départ pour aborder leurs vidéos YouTube et une initiation facile à l’espace. J’aurais bien aimé qu’elle soit un peu plus approfondie cependant. Mais acheter leur livre était surtout pour moi un moyen agréable de soutenir leur travail. Et je l’ai dévoré en deux jours.

Le Trou

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J’apprécie tout particulièrement les polars nordiques. Je trouve qu’ils possèdent des atmosphères toutes particulières, exotiques d’une certaine façon. Les paysages, sous un épais manteau de neige, le froid, la nuit polaire, les noms de famille imprononçables plein de lettres inconnues et des récits souvent très glauques participent à mon attrait pour ces romans.

Le dernier en date à trôner sur ma table de chevet s’intitulait Le trou de Yrsa Sigurdardottir. Un polar islandais édité chez Acte Sud, une collection que j’apprécie beaucoup et dans laquelle j’ai découvert Camilla Lackberg et Stieg Larsson.

Pour les noms improbables, j’ai été servi, une multitude de personnages dans lesquels je me suis rapidement perdu entre les policiers, les services sociaux, les victimes, les pervers et les coupables.

Pour les paysages, je suis resté sur ma faim. L’histoire se déroule principalement à Reykjavik dans des paysages urbains, des couloirs et des bureaux. Pour la neige, je n’en ai pas vu le moindre flocon.

Un ex trader est retrouvé pendu au bord de la mer. Un clou planté dans son thorax écartant immédiatement l’hypothèse du suicide. Parallèlement, un jeune enfant est découvert par les services sociaux, abandonné dans le luxueux appartement de la victime. 

L’enquête, qui ne fait que commencer, va se perdre rapidement entre violences conjugales, vidéos pornographiques amateurs et recherche des parents du mystérieux enfant.

Très vite, j’ai réalisé qui était le coupable du meurtre de l’ex trader sans comprendre pour autant ses motivations. Pour le suspense, c’était raté.

L’autrice fait traîner l’enquête avec les caractères et les histoires de ses différents protagonistes. Des portraits mal dégrossis qui n’apportent pas grand chose à un récit glauque à souhait et pas franchement palpitant au final. L’agencement de l’histoire semble même parfois désordonnée et seul le dernier chapitre donne du corps au roman.

Dans le genre polar nordique, il y a mieux quand même…

Le grand monde

Lorsque je mets plus d’un mois à lire un roman, même aussi épais que le dernier Pierre Lemaitre, c’est que manifestement, je n’ai pas été franchement emballé.

Lemaitre poursuit sa saga historique à Beyrouth avec la famille Pelletier. Louis gère une savonnerie prospère et les quatre enfants, devenus grands, quittent un à un le nid pour voler de leurs propres ailes. Jean travaille comme représentant de commerce à Paris, François est censé suivre des études, Etienne part pour Saigon retrouver son amant et la petite dernière va bientôt quitter le lycée.

Lemaitre sait romancer l’Histoire et la première partie du roman, qui se passe en Indochine, sans être palpitante, se lit très bien. Le problème, c’est que sorti de Etienne, les personnages du roman ne m’ont pas touché. Difficile de s’identifier à Louis le patriarche, à Jean, le raté de la famille, à François le journaliste en herbe ou à Hélène la fille rebelle. Joseph est bien sympathique mais ce n’est qu’un chat. 

Une fois que l’histoire a quitté les rues de Saigon pour revenir à Paris, je n’ai plus lu qu’une dizaine de pages par jour, pour m’endormir. Faute de vrai rebondissements dont Pierre Lemaitre a pourtant le secret, je me suis ennuyé dans cette saga familiale et historique. Rien à voir avec l’excellent Serpent Majuscule que j’ai bien envie de relire.

Je trouve que Pierre Lemaitre est un bien meilleur auteur de roman noir que de grandes sagas. Son humour et sa plume incisive se prètent mieux à cet exercice mais manifestement, depuis le succès mérité de Au Revoir Là Haut, éditeurs et lecteurs le réclame dans un autre genre.

Les aventures du pilote Pirx

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Tout le monde connaît Solaris de Stanislas Lem, adapté deux fois au cinéma. Il s’agit du seul roman que j’ai lu de lui, un excellent livre au demeurant. 

Lorsque je suis passé chez le libraire pour trouver une nouvelle lecture, je suis tombé sur ce recueil de nouvelles, Les aventures du pilote Pirx, et je me suis dit, « aller, pourquoi pas ? ». Edité chez Acte Sud pour le centième anniversaire de l’écrivain, le livre propose dix nouvelles jamais traduites, réunies ensemble, et qui s’apparentent presque à un roman. Une manière également de rendre hommage aux ukrainiens qui meurent sous les tirs russes depuis trois jours puisque l’auteur est né à  Lviv le 12 septembre 2021.

D’abord légères et humoristiques, les aventures du pilote deviennent des enquêtes spatiales de plus en plus sérieuses au fil des pages. Elles rejoignent les nouvelles  d’Asimov sur les robots, car l’intelligence artificielle est souvent au cœur du récit. Une science-fiction très scientifique mais quelque peu décalée puisque aujourd’hui nous savons à quoi ressemble la surface lunaire et la planète martienne. 

J’ai adoré l’humour du ‘test’, la description du vieux cargo dans ‘terminus’, les paysages lunaires de ‘le réflexe conditionnel’ et la désolation martienne de ‘ananké’. Par contre ‘la traque’ m’a clairement barbé et ‘le procès’ traine vraiment en longueur. 

Ma nouvelle préférée fut sans doute ‘Le récit de Pirx’ mais il faudra la lire pour en comprendre peut-être la raison.

Ce recueil propose une autre manière de découvrir Stanislas Lem, une lecture plaisante, facile entre deux romans plus conséquents et furieusement d’actualité.

Respire

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Après plusieurs livres de science-fiction assez décevants, je décidais d’ouvrir Respire de Niko Tackian, histoire de changer d’air.

Qui n’a jamais rêvé de tout quitter pour une autre vie ? Et si, pour dix-mille euros quelqu’un vous proposait de franchir le pas, le feriez-vous ? 

Ainsi commence l’histoire de Yohan, un écrivain au bout du rouleau qui n’a écrit qu’un seul bon roman. Pour dix-mille euros, il disparaît du monde pour recommencer une nouvelle existence sur une île paradisiaque.

J’avoue que j’ai tout d’abord envié Yohan dans sa maison entourée de pins, non loin de la plage : la solitude, la nature, l’océan, une seconde chance. Mais très vite l’exotisme laisse place au doute et à l’angoisse. Les quelques autres exilés de son paradis se révèlent d’étranges personnages et la nuit, il est recommandé de rester chez soi.

Après les premières rencontres, les explorations des chemins à bicyclette, quelques frayeurs nocturnes, quelques découvertes déroutantes et de nombreuses interrogations, Yohan découvre qu’il est prisonnier de sa nouvelle existence. Dès lors il ne songe plus qu’à s’enfuir de cette île.

Respire se dévore en quelques heures. Un roman totalement addictif au suspense parfaitement dosé. Dans la peau de Yohan, vous découvrirez les autres habitants de l’île, admirez ses paysages paradisiaques, respirez ses odeurs, plongerez dans l’océan, parcourez ses chemins et découvrirez ses mystères toujours avec cette sensation d’urgence et de peur qui habite le récit.

Il y a du H.G. Wells, du Mellville et du Dennis Lehane dans les trois cent pages de Respire, un roman sur la liberté écrit pendant le confinement. Magnifique, même si, avec le recul, j’ai le sentiment que la fin du roman aurait pu être plus aboutie. J’ai l’impression que Niko Tackian ne savait plus comment terminer son livre si bien commencé.

La Comète

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Une comète vient d’être détectée et sa trajectoire la dirige droit vers la Terre.

"Jaillie de l’ombre du Soleil, la comète noire DU3 se dirige droit vers la Terre. Une collision semble inévitable, ce qui provoquerait une véritable Apocalypse. Un jeune spécialiste de l’aéronautique, Ben Schwartz, est nommé à la tête d’une équipe internationale censée trouver le moyen de faire dévier l’énorme bolide céleste de sa trajectoire. Réunis sur la base de Kourou en Guyane, coupés de leurs proches, des hommes et des femmes de tous horizons rivalisent d’ingéniosité pour affronter ce défi sans précédent. Mais contre toute attente, ce n’est pas l’exploit technologique qui se révèle le plus difficile ; en temps de crise, les passions humaines s’exacerbent, comme sur ce bateau brise-glace en route vers l’Arctique où un photographe baroudeur se rapproche d’une biologiste solitaire. Alors que le temps vient à manquer, chacun se montre sous son vrai jour."

Le roman de Claire Holroyde possède tous les ingrédients d’un film catastrophe, un page turner relatant les tranches de vies de nombreux personnages pris dans la tourmente. 

Il y a ces scientifiques de l’Operation qui vont tenter de détourner la comète de sa trajectoire mortelle, les passagers d’un brise glace, perdus près du Pôle Nord, la femme d’une interprète de l’O.N.U., une chercheuse chinoise, un indigène poète brésilien et plein d’autres personnages.

Une grande partie du roman se déroule à Kourou, autour d’une fusée Ariane 5 censée sauver l’humanité, le site de l’Opération où ingénieurs et scientifiques jouent la course contre la comète, coupés du reste du monde en plein effondrement. 

Car à l’annonce du choc imminent, la société civile s’effondre et le roman vire au post apocalyptique.

J’ai beaucoup aimé le voyage à bord du brise-glace, non pas pour ses personnages caricaturaux, mais pour les régions polaires. 

Pour le reste, le livre m’a déçu. Certains récits esquissés, ne conduisent nulle part, la narration est quelque peu décousue et l’ensemble ressemble tout de même beaucoup à une série B du cinéma américain. 

Après, il s’agit d’un premier roman. Mais j’avoue en avoir assez de lire des trucs de fin du monde alors que nous n’en sommes finalement pas si loin. Faut que je passe à autre chose.

Le nom de la rose

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Tous les vieux comme moi ont vu le film de Jean-Jacques Annaud, Le Nom de la Rose, avec Sean Connery. 

Certains se sont sans doute alors aventurés à lire le pavé d’Umberto Eco dont est tiré le film. Pour ma part, j’ai abandonné à la page dix, comme avec tous ses bouquins que j’ai tenté de lire. Deux en fait.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, il existe également une mini série italienne en huit épisodes, sortie en 2019 qui raconte cette histoire.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le film ou le livre, le Nom de la Rose prend place en pleine inquisition et guerre des papes au 14 siècle, dans un monastère reculé dans la montagne, où les religieux copient des livres et parchemins. 

C’est en ce lieu que doit avoir une importante rencontre entre les moines franciscains et l’envoyé du pape pour statuer sur le devenir de leur ordre accusé d’hérésie.

Peu avant l’arrivée du franciscain Guillaume de Baskerville et de son novice Adso venus pour la dispute avec le pape, un moine est mort d’étrange manière, et Guillaume, ancien inquisiteur lui-même, connu du père abbé pour son érudition, est invité à mener l’enquête dans le monastère.

D’autres moines meurent dans d’inquiétantes circonstances les jours qui suivent. Et très vite on accuse le démon. Mais Guillaume, lui s’intéresse plus à l’immense tour fortifiée et son labyrinthe, à laquelle chaque victime semble liée, et qui abrite des ouvrages interdits.

La série raconte une enquête policière dans une enceinte monacale où l’hérésie côtoie la luxure et les superstitions alors que le grand inquisiteur du pape, Bernardo Gui, arrive par surprise pour s’inviter au débat avec les franciscains.

Si les personnages ne possèdent pas le charisme de ceux du film de Annaud, si Sean Connery n’est pas là avec son charme irrésistible, la série est à la hauteur de l’histoire avec de très bons acteurs (si on oublie Greta Scarano dans le rôle d’Anna), de magnifiques décors et d’une lenteur qui sied parfaitement à l’intrigue.

Si vous avez aimé le film, vous devriez passer un bon moment avec la série. Si vous avez aimé le livre, vous… je n’en sais rien en fait, je n’ai pas dépassé la page dix mais je crois l’avoir déjà écrit.

Sidérations

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Le roman de Richard Powers est une histoire d’amour et de fin du monde.

Theo, un exo biologiste qui a perdu sa femme Aly, élève tant bien que mal son fils Robin depuis quelques années. 

Robin n’est pas un enfant comme les autres, il explose en colères terribles et peine à s’adapter à la vie. Alors pour l’apaiser, Theo l’emmène dans ses étoiles, découvrir des planètes inconnues et leurs habitants. 

Pendant ce temps, la terre se réchauffe, les espèces animales disparaissent, l’Amérique devient xénophobe et les politiciens dictateurs. 

Un jour un chercheur propose à l’enfant une thérapie révolutionnaire, à base d’IRM, d’intelligence artificielle et des enregistrements cérébraux des émotions d’autres personnes. Une thérapie expérimentale qui peu à peu éveille Robin au monde qui l’entoure et à son inexorable déclin.

Sidérations est un roman d’amour entre un père et un fils auréolé par le souvenir d’une épouse, mère, biologiste et activiste écologiste exceptionnelle. Un roman d’amour pour cette Terre qui se meurt et que l’homme oublie de regarder. Un récit qui mêle habilement science-fiction et actualité climatique brûlante. Un roman qui est le cri de révolte d’un enfant confronté à la folie des hommes, notre folie. Un livre sans doute inspiré par Trump et Greta qui vous fera certainement pleurer, si vous avez encore une âme.

La Fileuse d’Argent

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La Fileuse d’Argent est un roman à la première personne raconté par quatre femmes et un enfant. Trois héroïnes, une servante et le huitième enfant d’un paysan. 

La première femme se prénomme Miryem, la fille d’un prêteur juif trop bon pour réussir à nourrir sa famille. La seconde est Wanda, fille d’un paysan pauvre, violent et alcoolique. La troisième s’appelle Irina, enfant mal-aimée d’un duc. Toutes trois vivent un royaume gouverné par le Tsar. Un royaume où quand l’hiver survient, le froid ouvre la route aux terribles créatures de glace, les Staryk.

Et cette année, l’hiver semble vouloir ne jamais finir. Les pauvres meurent de faim, les puissants souffrent du froid et les Staryk, avides d’or, se rapprochent des hameaux des hommes.

Ce roman de fantasy raconte le destin hors du commun de ces trois femmes, cet hiver sans fin, dans un monde à mi chemin entre le réel et le fantastique. Les univers de Georges Martin et de Robin Hobb ne sont pas très éloignés de celui de La Fileuse d’Argent même si le roman reste inclassable avec cette rencontre de plusieurs cultures, imaginaires et réelles.

Chacun des personnages possède sa propre manière de raconter les événements, avec son regard, sa culture et son langage. Des événements qui vont finir par les réunir pour un même combat. Une histoire où la frontière entre le bien et la mal est floue comme celle de l’hiver et du printemps.

Il y a un ventre mou dans le récit lorsque Miryem arrive au palais du Staryk et la fin du roman traine un peu en longueur, sans doute parce que l’on s’imagine que l’auteur va nous la faire simple, façon conte de fée. Sinon c’est un livre étonnant, à lire absolument.

Les Sondeurs Des Sables

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Si vous n’avez pas le courage de lire le cycle de Dune de Frank Herbert, ou bien Outressable de Hugh Howey, je vous encourage à vous plonger avec délectation dans Les Sondeurs Des Sables de Danielle Martinigol.

Le roman parle de Veddem, une planète désert et de jeunes gens aux pouvoirs exceptionnels encore augmentés par une eau dense cachée dans les sables.

Cela ne vous rappelle pas Dune, son épice et les pouvoirs de Paul Mouadib ou bien Outressable et ses plongeurs des sables ?

Les deux romans rassemblés dans un livre racontent le désert, des factions qui s’affrontent, des peuples opprimés, des personnages surpuissants, des intrigues politiques, des histoires d’amour, le tout en à peine cinq cent pages, à peine le premier opus de Franck Herbert.

Mais outre les ressemblance avec la saga de la famille Attréide, Les Sondeurs Des Sables est une histoire palpitante, originale malgré tout, pleine de personnages attachants, un space opéra facile à lire, rafraîchissant, divertissant avec lequel on passe un très bon moment.

J’aurais bien aimé que l’auteure prenne plus de temps pour raconter son histoire, disons cinq cent pages de plus et évite par contre les exclamations un peu ridicules qu’elle prête aux personnages : « crévide de bourbe, cornevide… ». Sorti de ça, c’est une très bonne lecture.

Lanzo Mindella regrettait d’avoir accepté ce job. Mais l’armateur avait su être convaincant. « Un simple transport de pionniers vers Emteck, un monde récemment ouvert à la colonisation. » Ça semblait se jouer sur du velours. Sauf qu’après le décollage, Parkyvan avait imposé un plan de vol en dehors des voies balisées de l’EGH. Comme il avait en même temps doublé le salaire, Lanzo avait cédé. Maintenant il s’en mordait les doigts. Trop tard. Comme le disait son instructeur préféré à l’Astrale : « Ce n’est pas quand on a fait dans sa combinaison qu’il faut brancher le tuyau ! » À présent qu’il était en orbite autour d’un monde inconnu avec un vaisseau en panne, il fallait atterrir. Pas d’autre solution.