Discovery

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Un premier avril, Lego lançait la navette Discovery accompagnée du télescope spatial Hubble.

La première action que j’entrepris ce jour là, fut d’allumer l’ordinateur pour commander les 2354 briques multicolores alors que la veille encore j’étais fermement décidé à ne point engager une dépense aussi futile. Mais l’homme est inconstant.

A 55 ans, il est bien tard pour se remettre à jouer aux Lego, mais souvenez-vous, ce n’est pas de ma faute, mon fils aîné m’avait poussé au vice en février avec la fusée Saturn V.

Sept jours plus tard, alors que je me remettais difficilement d’une première dose d’AstraZeneca, le facteur s’annonça avec un gros colis, que malgré ma migraine, mes courbatures et mon envie de vomir, je ne pu résister à déballer.

18 sachets plastiques remplis de Lego m’attendaient, impatients d’être ouverts, accompagnés d’une notice de montage de 319 pages.

Après avoir ouvert le livret et déchiré le premier sachet, j’oubliais vite mes douleurs pour commencer l’assemblage de la navette. La première étape consistait à construire le socle qui supporterait le télescope spatial ainsi qu’un écriteau de présentation, un jeu d’enfant en 16 étapes constitué presque exclusivement de briques noires.

Le sachet numéro 2 lançait la construction de télescope lui-même, une tâche nettement plus ardue de 35 pages et trois sachets. Mais pas de chance, dès l’étape n°2 du sachet n°2, deux briques noires n°600650 manquaient à l’appel. Damned ! Mon mal de tête revenait

Je vidais le sachet, cherchais en pleine lumière, triais une à une les briques par genre et couleur, rien à faire, ces deux petits éléments étaient manquants. Alors la mort dans l’âme je contactais la hotline Lego pour trouver une solution. A ma grande surprise, je tombais sur un numéro de téléphone non surtaxé et j’obtins un rapide contact avec une charmante personne qui prit en compte ma réclamation et commanda aussitôt les pièces manquantes en s’excusant au nom de Leo pour le désagrément.

Brique noire 600650

L’assemblage semblait bien compromis, du moins celui du télescope Hubble, en attendant que la Poste ne me livre ces deux briquettes noires. Alors j’ouvris le manuel à la page 54 ainsi que le sachet numéro 4, pour me lancer dans la fabrication de la navette elle-même. Une bonne partie du jeudi après-midi, savourant les triptans qui commençaient enfin à faire effet, j’emboitais brique après brique. Il fallu cesser à l’heure du repas et je n’en étais qu’à la page 183 et au dixième sachet.

Vendredi matin je dû retourner travailler et patienter jusque 13h00 avant de retrouver le jouet. C’est après un excellent expresso que je m’aperçus, en cherchant le sachet n°11, qu’il existait deux sachets n°2, celui que j’avais déjà éventré pour commencer la construction de Hubble et le second contenant, entre autres, les deux fameuses pièces 600650. Mais qu’elle idée de numéroter deux fois un sachet de la même manière ! Enfin presque pareil en réalité, l’un était possédait un 2 surligné de blanc et pas l’autre.

J’avais dérangé le service client inutilement parce que j’étais débile. Pardon Lego, je ne douterai plus jamais de toi.

Je poursuivis tout de même l’assemblage de Discovery avec ses ailerons mobiles, son train d’atterrissage escamotable, sa soute qui s’ouvre et lorsque l’avion fusée fut terminé je repris l’assemblage du télescope spatial Hubble et ses briques argentées.

Le vendredi soir, à l’heure du souper, après environ quatorze heures passées à quatre pattes sur un coussin pour ménager mes genoux, Discovery et Hubble trônaient fièrement dans le salon, le jeu à cent quatre vingt euros venait de se terminer. Qu’allais-je faire de ce truc en plastique maintenant ? L’exposer au travail à côté de la Saturn V tout simplement.

Mais en attendant de revenir au travail, je disposais d’un weekend entier pour jouer avec mes Lego. Je courus chercher le tapis de sport noir de mon épouse, le projecteur portatif de travaux LED, le pied photo Manfrotto ainsi que le Nikon Z6 et tentais, sans abuser de retouches locales, de placer Discovery en situations spatiales.

Les conditions d’éclairage ne sont pas optimales et je manque de puissance. Les reflets sont nombreux, mais l’exercice m’a bien amusé. Je réalise que j’aurai besoin de projecteurs dignes de ce nom, de réflecteurs et d’une pièce “studio” pour réaliser ces clichés. Quand je pense qu’au travail, nous avons une partie de ce matériel dont personne ne se sert depuis des années, quel gâchis !

Bon et après Saturn V, Discovery et Hubble, quel est le programme ? Il y a bien le module lunaire qui est joli mais ce que j’aimerais ce serait une fusée Redstone avec la capsule Mercury et une fusée Atlas avec la capsule Gemini pour compléter la collection. Vous pouvez faire ça dites ?

Discovery vient de rejoindre avec Hubble et la Saturn V sur une étagère au travail dans mon bureau. On m’appelle maintenant le chef de la NASA au boulot…