Le vaisseau Apollo

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J’en suis à la quatrième version. 

Version 2

Plus grande, plus fidèle, plus robuste. J’ai commandé des pièces chez le fabricant puis j’en ai recherché d’autres sur Internet. Ce qui n’était qu’un challenge amusant au début est devenu mon activité principale le week-end et le soir en rentrant du travail. 

Je consulte des photographies de la NASA, recherche des informations techniques sur Wikipedia, m’inspire de MOCs, assemble, démonte, expérimente, casse, emboite, déboite et recommence encore et encore. 

L’objet de ma nouvelle folie s’appelle le vaisseau Apollo composé du module de commande, ce cône dans lequel prenaient place trois astronautes et le module de service, un cylindre de cinq mètres par quatre qui abritait les réservoirs et les moteurs. Si vous ne voyez pas de quoi je parle regardez l’Etoffe des Héros, Le Premier Homme, Apollo 13, For All Mankind, lisez Mary Robinette Kowal, Charles Frankel, Tom Wolfe ou ce blog.

Réaliser un cylindre de 13 cm de diamètre n’est pas une chose facile mais concevoir un cône de 11 cm de haut est un enfer. Il faut ruser tout le temps. 

Version 3

Le vaisseau Apollo fait finalement 32 cm de haut et pèse 1 kg sans le carburant et les astronautes contre 11 mètres et 30 tonnes pour la version qui a été autour de la Lune. Un modèle réduit au 1/30 réalisé en Lego.

Comme ne nombreuses activités de ma vie, d’autres on fait la même chose en mieux avant moi. Il s’agit donc d’une nouvelle occupation gratuite et inutile qui sera certainement remplacée bientôt par une autre encore plus futile.

Mes enfants m’aident, proposant leurs idées, des assemblages audacieux et recherchent des pièces dans les 20 kg de briques répartis dans dix boites, ma femme regarde son vieux bébé avec tendresse jouer sur le tapis et moi je me détends des longues journées éprouvantes en patouillant des briques multicolores avec les mains. Car les constructions en Lego me vident la tête.

La quatrième version a d’abord consisté à remettre à l’échelle le module de service, redistribuer les briques, revoir le propulseur principal ainsi que les antennes. Puis je me suis attaqué au module de commande en revoyant toute sa conception, il ressemble maintenant un peu plus à l’original. Reste à aménager l’intérieur d cela capsule maintenant…

Version 4

Edimbourg

En 1990, je partis avec un ami de longue date pour un périple écossais. Notre objectif se situait à l’extrême nord des terres des MacLeod, un petit archipel d’îles nommées les Orcades. Après un passage mouvementé à Londres en pleine Pool Tax, nous rejoignîmes la ville d’Edimbourg en bus, franchissant le mur d’Adrien, quittant les anglais pour les kilts mangeurs de panse de brebis farcie.

Edimbourg, outre la beauté de la ville, se devait d’être un pèlerinage obligatoire pour mon camarade et moi même. S’il m’avait initié à Genesis, Peter Gabriel et Steve Hackett, je lui avait fait découvrir Marillion et le personnage de Fish l’avait fasciné. Misplaced Childhood était sorti en 1985 et Clutching At Straws en 1987. Les paroles du poète maudit William Dereck Dick hantaient nos esprits et marcher sur le Royal Mile, trainer dans les pubs et admirer the Heart Of Liothian était un devoir de fan.

Misplaced est considéré à raison comme le chef d’oeuvre du groupe Marillion période Fish. Les chiffres parlent d’eux même : 1er des charts anglais pendant 42 semaines, 3ème en Allemagne pendant 45 semaines, un succès commercial et artistiques. Les chroniques de cet album qui fait toujours référence aujourd’hui sont légion sur la toile et les avis sont quasiment unanimes. Il faut dire que Fish s’y met à nu comme jamais, avant d’entamer la longue descente aux enfers qui le conduira à Clutching puis à se faire virer du groupe qui accouchera dans la douleur d’un Season’s End en 1989 avec Steve Hogarth au chant.

Misplaced Childhood représente le sommet de la carrière du groupe Marillion, seulement après trois albums, la consécration médiatique et celle du public, des concerts partout dans le monde, et une maison de disque qui se met à rêver de tubes à répétition. Mais c’est surtout un album sur l’enfance, l’enfance perdue de Fish racontée avec les fabuleuses guitares de Rothery et les claviers de Kelly.

Après Edimbourg, son château, ses pubs, ses rues, sa colline et ses souvenirs, nous remontâmes vers le nord, Inverness, Thurso puis la traversée jusque Stromness où débutait notre périple dans les Orcades. Après l’enfance de Fish, nous explorions l’enfance de l’humanité au milieu des cairns, tumulus, villages de l’âge de fer et ses selkies.

Si vous allez à Edimbourg, emportez avec vous l’album Misplaced Childhood, marchez sur les pavés du Royal Mile, découvrez le coeur du Lothian, dégustez une bière à la mémoire de l’enfant que fut Fish en buvant les paroles de Kayleigh. Vous n’écouterez plus jamais l’album de la même manière ensuite.

Les romains doivent savoir

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Enfant, il y avait un rituel à la maison. Mon père qui était absent toute la semaine, revenait le samedi soir de Brest, avec parfois une surprise dans ses bagages. Au printemps, c’était généralement un cageot des délicieuse fraises de Plougastel, et lorsque Uderzo et Goscinny bossaient ensembles, c’était un nouvel épisode d’Astérix. Dans une famille avec quatre enfants dont j’étais le petit dernier, c’était la curée pour savoir qui lirait la BD en premier, seule bande dessinée que nous avions à la maison.

J’ai commencé ces édifiantes lectures alors que seuls les dessins avaient alors un sens pour moi. Je déchiffrai mon premier b.a.ba sur les répliques croustillantes de René Goscinny et plus tard j’appris le latin de cuisine dans ces mêmes ouvrages. Des années passèrent et j’héritai de la collection complète et usée des aventures des intrépides gaulois et même après le décès du scénariste, je continuai à lire ces bandes dessinées. Le niveau avait bien baissé, les saillies nettement plus lourdes et j’avoue qu’à maintes reprises, j’hésitai à abandonner la collection.

Hier en passant dans une boutique de BD pour m’offrir le nouveau Valérian dont on m’a dit du bien, je tombai nez à nez avec Astérix Et La Transitalique. Ayant un bon d’achat je me suis laissé tenté, après tout, la BD ne me coûterait rien vu d’un certain angle. Nouveau scénariste, nouveau dessinateur depuis Astérix Chez Les Pictes (décidément c’est la mode des reprises), Jean-Yves Ferri et Didier Conrad s’en sortent particulièrement bien avec ce nouvel épisode et j’avoue avoir ri plusieurs fois lors de cette traversée de l’Italie. Après des années de bouderie, je vous recommande sa lecture, si comme moi, vous suivez leurs aventures depuis le début. Il y a de bons mots, quelques caricatures de personnages célèbres et ce graphisme si particulier qui ne semble pas avoir changé d’un trait.