L’enfer du décor

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Les loisirs ont un prix. Je ne parle pas ici d’achats dispendieux mais d’espace. 

Mon épouse, à elle seule, occupe deux pièces pour ses instruments de musique sans parler du bureau où elle travaille. De mon côté, avec la musique, la photographie et l’astronomie, j’ai également besoin d’espace mais je suis plus raisonnable. Je n’occupe que la chambre de notre aîné qui vit aujourd’hui dans un appartement (bon aussi un peu le salon pour écouter de la musique et travailler sur l’ordinateur).

Cette chambre sert à de multiples usages. C’est là que j’expose les Lego, que je range les bandes dessinées, que j’entrepose le matériel photo et tout le matériel dédié à l’astronomie. C’est aussi là que j’enregistre les vidéos de Chroniques en Images chaque semaine.

Lorsque j’ai arrêté de filmer avec un fond vert, j’ai dû trouver un décors. Au début, je mettais des tirages photos au mur et des engins spatiaux en Lego sur les étagères. Ça n’était pas trop raccord avec le thème des vidéos mais au moins, cela me ressemblait. 

J’ai remplacé les photos par des affiches et posters de rock puis j’ai ajouté quelques pass presse au mur. Ensuite j’ai déplacé les fusées et installé l’ampli et la guitare en Lego. C’était plus raccord. 

Puis j’ai enlevé les fusées comme la Saturne V, la Falcon Heavy et le V2 ainsi que quelques sondes spatiales pour installer des coffrets de musique comme les Beatles, Marillion ou Ayreon. C’était plus dans le thème. 

Tant qu’à changer, j’ai également revu l’éclairage car je trouvais l’arrière plan très froid, surtout avec ce papier peint aquarium que je déteste (au passage il faudrait vraiment que je refasse cette pièce un jour). Pour l’éclairage, j’ai opté pour des LED à température variable que j’ai depuis assez longtemps. J’ai choisi une température chaude orangée pour le fond et une key light à 5600 K. Et j’ai décidé d’assumer la présence du micro dans le champ de la caméra, c’était trop pénible de le placer hors champ, il y avait toujours un petit bout le la bonnette qui dépassait.

Du coup, j’enregistre au milieu de legos, de Gaston Lagaffe, d’objectifs, de trépieds, de posters d’adolescents, de projecteurs, de montures équatoriales et d’un télescope. Une vraie salle de jeu qui me ressemble assez bien.

Tout plein de musique

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Depuis une grosse quinzaine je ne sais pas ce qui m’arrive, mais j’écoute tout plein de musique. 

D’ordinaire je survole deux à trois albums par semaine, là c’est plutôt le nombre de disques que je commande, quand à ceux dont j’écoute des extraits, j’en ai perdu le compte.

J’ai presque l’impression d’être revenu à la période de forçat du magazine Neoprog, sauf que là je le fais principalement par curiosité et plaisir.

Il y a bien entendu la rentrée de septembre  qui se profile avec toutes ses nouveautés mais je me penche également beaucoup sur des sorties plus anciennes, proposées par des blogueurs et mes contacts sur Twitter, pardon, X.com.

Le contenu de ces musiques est relativement éclectique : rock progressif, metal, metal progressif, djent, art-rock, synthwave, post-rock… Bref un peu tout le temps la même chose au final.

Il faut dire qu’avec Bandcamp c’est facile de découvrir de la musique, encore plus de la commander ensuite. Du coup j’ai acheté des albums de Amarok, de The Resonance Project, de Marek Arnold, de Ne Obliviscaris, de Pendragon, de Quadrivium, de Voyager, de Illuminated Void, de Atomic Symphony, de Aisles, de Karmamoi, de AVKRVST ou encore de Nine Skies sans parler de Peter Gabriel avec son dernier titre ‘Olive Tree’.

Je commande en édition physique les trucs introuvables sur Bandcamp comme AVKRUST, le label Inside Out n’ayant toujours pas créé un compte sur cette plateforme, et également quelques albums qui sont tellement bons qu’il me faut un support car sinon le digital va s’user (vous savez ces petits 0 et 1 émoussés à force de les passer dans un microprocesseur) comme pour Voyager ou Einar Solberg. Du coup mon disque dur se remplit plus vite que mes étagères ce qui n’est pas plus mal pour la planète.

Je ne vais pas tout chroniquer bien évidemment, avec deux à trois achats par semaine et une chronique le lundi, il n’y a pas de place pour tout le monde. Je rédige beaucoup plus de brouillons de critiques que je n’enregistre de vidéos. Du coup, le vendredi, jour de l’enregistrement le plus souvent, je pioche parmi les textes déjà finalisés pour réaliser la Chronique en Images.

Alors je ne parlerai peut-être pas du très bel EP de Pendragon, des morceaux de I/O avant la sortie de l’album de Peter Gabriel, de Ne Obliviscaris ou de Bahamut de Aisles pour vous faire découvrir à la place Quadrivium, Amarok ou The Resonance Project. L’idée c’est de vous présenter de nouvelles choses même si ce sont les groupes mainstream qui sont plébiscités sur mes vidéos : Lazuli et Marillion en tête.

Neewer

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Si vous faites de la photo ou de la vidéo vous connaissez sans doute les techniques d’éclairages d’un sujet. Les termes comme soft box, gélatine, RGB, température, réflecteur ne vous sont pas inconnus.

Moi je débute là dedans, disons que cela ne fait que deux années que j’enregistre de la vidéo. J’en suis donc à mes premiers pas et j’ai compliqué la donne en utilisant un écran vert.

L’écran vert doit être lisse, bien éclairé et de manière uniforme pour que cela fonctionne. Sinon, des imperfections apparaissent, image plus sombre, artéfacts, noir virant au gris… 

J’ai pour ce faire deux lumières LED variables équipés de softbox rectangulaires, placées à 45 degrés de l’écran. Dans la précédente configuration, ils éclairaient mon visage et le fond vert. 

Sauf que cela donnait une lumière assez uniforme sur ma peau et que cela m’obligeait à ouvrir à f 2 à 160 ISO. 

J’ai ajouté un petit projecteur RGB sur le côté et un autre au sommet de l’écran pour donner un peu de relief à mon visage mais ce dernier provoquait des ombres lorsque mon bras bougeait.

Alors, j’ai décidé, pour mon anniversaire, de m’offrir un projecteur vidéo avec pied, softbox et à température stable, histoire d’améliorer ma configuration. 

Mais ceux recommandés par les youtubeurs que je suis, commencent à cinq cent euros, autant dire trop cher pour le budget prévu.

J’ai effectué des recherches sur Internet pendant quelques jours avant de tomber sur un projecteur LED Neewer 60W à 5600K avec pied et sa softbox pour moins de deux-cent-cinquante euros. Je me suis dit que pour essayer, c’était acceptable.

Il m’a fallu justement de nombreux essais pour trouver le bon équilibre entre les lumières. Les deux LED à softbox rectangulaires maintenant sont placés près de l’écran vert et ne m’éclairent quasiment pas le visage. Le nouveau projecteur, lui est placé à 45 degrés devant moi, me surplombant un peu. Il est équipé de sa softbox ronde qui supprime les ombres portées et je l’ai poussée à son maximum de puissance.

Mon visage est bien éclairé à gauche et reste plus dans l’ombre sur la droite. L’appareil photo est calé sur 5600K, ouvert à 3.2 pour 100 ISO. J’ai gagné en lumière, fixé ma balance des blancs et augmenté la profondeur de champ ce qui limite l’effet de bordure avec l’écran vert. En bonus j’ai enfin un visage avec du relief.

Cela fait beaucoup de matériel pour pas grand chose mais comme on me sollicite de temps en temps pour des séances de shooting, le matériel sert également pour la photographie. J’espère que, comme pour le son, vous apprécierez la différence.

J’en au profité également pour revoir le gingle, le montage ainsi l’ambiance ‘salon’ cosy pour fêter mon centième abonné à la chaine. Vous pourrez découvrir ça lundi. Merci à vous et continuez à vous abonner. Plus on est de fous…

La vie en couleur

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Je viens d’achever ma formation au développement photo sous Lightroom. Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est Lightroom, voici quelques explications : il s’agit d’un logiciel de l’éditeur Adobe qui permet de classer ses photographies et de les retoucher. Lorsque vous photographiez avec un appareil, vous avez le choix de laisser l’électronique décider pour vous de l’image ou de lui demander (pour certains boitier uniquement) de livrer une image brute issue de capteur, ce que l’on appelle le RAW.

C’est le choix que j’ai fait il y a bien longtemps. Je photographie en mode natif et presque toujours en manuel. Pour pouvoir présenter les photographies sur les réseaux sociaux, une étape de développement est nécessaire, afin de transformer le RAW en JPG ou PNG. Ce dévelppement permet de recarder l’image, changer le contraste, l’exposition, les lumières, la saturation et plein d’autres paramètres pour donner plus de peps à l’images.

Il existe plusieurs outils concurrents à Lightroom comme GIMP, Darktable, Rawtherapee et bien d’autres. J’ai fait le choix de Lightroom car il gère à la fois le catalogue et le développement avec quelques outils de retouche locale. Mais voila, l’outil est complexe et la retouche photo demande de plus des compétences et un regard que je n’ai pas forcément. D’où la formation.

Jusqu’à présent je n’étais jamais content de mes clichés couleurs à juste raison, ne sachant pas analyser mon image ni exploiter les multiples ressources de Lightroom. La formation de Benjamin Tantot, après une présentation succincte des outils à votre disposition dans Lightroom, se lance à corps perdu dans de nombreux cas pratiques où il nous montre l’avant, l’après et le chemin pour arriver au résultat.

J’ai débuté la formation le 22 octobre 2022, plein d’enthousiasme et je viens de l’achever, trois mois plus tard… Les cas pratiques c’est sympa, mais cela demande du temps et parfois c’est assez répétitif. Donc j’ai espacé les vidéos, me plongeant dedans les dimanches après-midi pluvieux où je n’avais pas grand chose à faire.

Clairement, la formation m’a décoincé sur certains outils que je n’utilisais jamais faute de les comprendre. Elle m’a surtout appris à regarder une image, à mettre en valeur le sujet, à mieux gérer les couleurs et à utiliser les masques. J’ai encore du mal cependant avec l’étalonnage et la roue chromatique, tâtonnant sans vraiment comprendre ce que je fais, principalement parce qu’il me manque des bases fondamentales en photographie.

En fin de formation, Benjamin développe vos fichiers RAW. Il suffit de lui envoyer l’image et il va la retravailler dans une vidéo. L’idée est excellente car elle permet de le voir à l’oeuvre sur un de vos clichés et de comprendre vos erreurs. Le défaut c’est que cela fait huit cas pratiques supplémentaires après en avoir déjà visionné trente-trois autres.

Je regrette que Benjamin n’aie pas abordé le noir et blanc dans ces cas pratiques (sauf une fois rapidement) et je pense qu’il aurait pu en présenter un peu moins mais d’une autre manière. Car il prend un fichier RAW et en direct procède à la retouche, essayant, revenant en arrière, changeant d’avis et n’expliquant pas forcément toute sa démarche. Des fois on se demande pourquoi il a fait tel ou tel choix artistique ou technique. Choix qui sont évidemment discutables avec des traitements parfois un peu too much, dépassant largement le cadre du simple développement en transformant totalement l’image.

Mais comme j’ai bien aimé sa formation je vais probablement me lancer un nouveau défi, cette fois en vidéo avec sa formation à Davinci Resolve qui devrait être un jour, mon nouveau logiciel de montage vidéo, remplaçant iMovie. Plus de vingt-cinq heures de formation et une centaine de vidéos.

Le bilan 2022

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Chroniques en Images existe maintenant depuis mai 2020. Au menu chaque lundi, une vidéo accompagnée d’un article dans le blog. 

Sept jours d’écoute, une heure de rédaction, quinze minutes de tournage (les bons jours) et une autre heure de montage puis la publication pour de dix à sept cent vues en fonction du sujet. Voilà pour les chiffres.

Bon, en moyenne c’est plutôt une vingtaine de vues par vidéo, autant dire rien du tout, sorti du dernier Marillion, de Arena, Pendragon et quelques autres chroniques. La tendance est tout de même légèrement à la hausse depuis la chronique d’Arena, mais pour combien de temps ?

Je reçois encore quelques solicitations médias que je refuse poliment, car depuis le début, à quelques rares exceptions près, je ne parle plus que des albums que j’ai acheté. Évidemment je loupe beaucoup de sorties mais je me fais avant tout plaisir, sans pression et sans stress. Pour le stress j’ai le travail.

Je n’envisage pas de changer de formule ni de rythme en 2023. Ma routine me convient. Je travaille toujours un peu sur l’amélioration des éclairages et du son, je regarde un nouveau logiciel de montage sans avoir encore franchi le pas. Reste à prendre des leçons de communication. 

Croyez-le ou non, je suis très à l’aise devant un public, même en vidéo conférence, mais coincé devant l’objectif de la caméra avec mon script, je passe en mode robot avec un balais enfoncé dans le fondement. Aïe…

J’achète un peu moins de vinyles, toujours autant de CD et j’ai nettement augmenté ma collection d’albums numériques, principalement sur Bandcamp. En fait je pense que depuis que j’ai arrêté Neoprog, j’achète plus de musique, même si j’en écoute beaucoup moins.

J’ai conscience que le public de Chroniques En Images est très progueux mais je vais continuer d’écouter du métal et à en parler parce que j’aime la musique qui poutre, le folk, le classique et le prog. Même que des fois j’écoute de la pop.

Pour finir ce bilan je tiens à remercier Stéphane Gallay que je plagie honteusement depuis des mois ainsi que les quelques personnes qui regardent ces vidéos et les rares fanatiques qui commentent et mettent des j’aime. 

Passez de bonnes fêtes de fin d’année !

Ticket To The Moon – Elements

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Dans une autre vie, je faisais beaucoup la promotion des productions françaises, des groupes amateurs et de la scène locale. Aujourd’hui nettement moins. D’une part parce que je chronique à un rythme plus raisonnable, ensuite, parce que je me fais surtout plaisir.

Toutefois, quelques-unes de ces formations méconnues ont résisté au temps et à mon écrémage. Ticket To The Moon en est une. Le groupe est un quatuor franco suisse post-rock metal devenu sur ce dernier album Elements 100% instrumental.

Il faut dire que dans leurs précédents opus, le chant n’était pas leur point fort. Par contre, pour ce qui est de tisser des atmosphères, en studio comme en live, ils sont très forts.

Leur dernier bébé Elements propose onze pistes de une à neuf minutes pour trois quart d’heure de musique. Une coquille de nautile sur fond bleu illustre la pochette. Ses alvéoles dignes d’une suite de fibonacci abritent les éléments des alchimistes : l’air, le feu, l’eau et la terre. Un visuel très réussi qui donne envie d’écouter la musique qu’il enveloppe.

Ticket to the Moon c’est du cinématique post-rock metal progressif à la guitare, claviers, basse et batterie.

Elements, contrairement à ses prédécesseurs, n’a pas de chant, ni même de bruitages ou d’enregistrement audio pour raconter son histoire. Seuls les noms des onze titres vous guident tout au long du récit.

Deux pistes assez étranges vous mettent sur la voie : ‘Pulsar B0531+21’ et ‘Pulsar B2020+28’. ‘Pulsar Punta Jolinas Radar’ fournit peut-être la clé de cette histoire.

Un pulsar est une petite étoile hyper dense qui tourne sur elle-même à très grande vitesse en émettant un rayonnement intense. Et certains radars, comme celui de la base militaire de Punta Salinas à Porto Rico sont capables de les détecter. Ce sont ces émissions radio étonnantes que l’on entend dans les deux premiers titres précités.

Ticket to the Moon peut donner dans le metal rageur, limite tabasseur avant de lâcher un solo de guitare mélodique à souhait puis s’embarquer en électro-acoustique dans une plaisante balade. On appelle cela du metal-progressif.

Mais une autre facette de nos franco-suisses est un post-rock cinématique qui pose des ambiances avec quelques nappes de claviers. Le mélange est suffisamment varié pour ne pas tourner en rond pendant quarante-cinq minutes et proposer un agréable voyage musical.

Un de mes morceaux préférés est le titre album qui combine le metal progressif avec des éléments symphoniques. J’ai également un faible pour les envolées de guitares du magnifique ‘Crossing Skies’, pour le délicat ‘Xyz’ sans parler du long ‘Behind the Mist’ et ses presque neuf minutes.

Elements qui vient également de sortir en édition physique, est un nouvel album accrocheur de Ticket to The Moon. Il séduira les amateurs de metal progressif instrumental. Vous pouvez le trouver sur de nombreuses plateformes numériques en attendant de pouvoir écouter le groupe en live dans la région prochainement.

Dim Gray – Firmament

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Il y a peu de temps, je vous parlais de Flown du jeune groupe norvégien Dim Gray. Leur second album Firmament est dans les bacs depuis plusieurs semaines, alors pourquoi ai-je tant tardé à en parler ici ?

J’avoue que j’ai eu du mal à rentrer dedans, tout simplement.

Attention ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. Firmament est un très bel album. Sauf qu’il est assez différent de son prédécesseur. Le folk s’est effacé à la faveur d’une pop progressive symphonique tout à la voix d’Oskar.

Du coup, j’ai été assez déstabilisé.

Firmament, ce sont douze titres pour une durée totale de trois quart d’heure. Des morceaux de trois à quatre minutes qui débutent par un ‘Mare’ assez abrupt pour ouvrir un album.

C’est le dernier morceau de Firmament, ‘Meridian’, qui a tout d’abord fait vibrer mes enceintes. Un croisement improbable entre la musique de Vangelis avec une orchestration symphonique et la voix d’Oskar. Une pièce majestueuse, intimiste et grandiose, peuplée de piano, de synthétiseurs et d’une orchestration numérique.

Rassurez-vous, ce n’est pas la seule. Il y a ‘Undertow’ par exemple avec son ambiance à la Tim Burton  qui monte en puissance avec force de cordes, orgues et percussions. Je pourrais l’écouter en boucle.

Mais la tendance de l’album est nettement plus pop que dans Flown. ‘Long Ago’ est un bon exemple. Cependant ‘My Barrel Road’ et ‘Iron Henry’ renouent avec les ambiances irlandaises de leur premier effort. Il y a également le chant assez étrange de Hakon qui tranche sur le morceau ‘Cannons’ comme lorsqu’il accompagne Oskar sur trois autres titres. Un morceau qui casse avec l’apparente homogénéité de Firmament. 

L’album est en effet plus lisse que son prédécesseur. Il ne possède plus l’effet nouveauté et fraîcheur que Flown avait pû avoir sur le public.

Firmament poursuit l’exploration des sentiments de solitude et de mélancolie déjà abordés dans Flown, une continuation de leur premier album aux coloris acoustiques du piano, de la mandoline, du violon, du violoncelle ainsi que de l’électronique avec les claviers, les orchestrations et les guitares.

Après plusieurs écoutes j’ai apprivoisé Firmament. La production très soignée rend sa découverte très agréable. Cependant, malgré de très beaux morceaux , je lui préfère toujours Flown.

Le nouveau studio

Il y a une semaine mon fils a enfin signé un bail pour un studio dans notre ville où la crise du logement se fait rage.

Il nous aura fallu près de six mois d’intenses recherches pour lui trouver un logement convenable à prix raisonnable dans le secteur qu’il désirait. Je dis nous car c’est moi qui ai consulté les annonces, contacté les personnes, planifié les rendez-vous, envoyé les documents et présenté l’appartement à mon fils. C’est vrai que son travail ne lui laisse pas trop de temps pour ça et que une fois rentré à la maison il joue sur son PC, imprime des dragons en 3D et peint des figurines en buvant mes bières. Le digne fils de son père en fait.

Les agences ne répondent pas aux messages, les bailleurs, dix minutes après avoir déposé une annonce la supprime, croulant sur les candidatures. Et les rares logements visitables sont des horreurs. Mon fils est un geek smicard aux cheveux longs gras portant des tee-shirts de Marillion percés, de quoi rebuter tout propriétaire un peu facho. Je précise : nous vivons en Alsace hop la !

Toujours est-il que nous avons trouvé la perle rare, un studio neuf, jamais occupé, de 26 m2 carrés avec un balcon de 9 m2 à 370 € hors charges avec frigo, plaques et hotte aspirante. Et le propriétaire a retenu la candidature de notre fils. Miracle !

Du coup, il a fallu aller chez Ikea commander des meubles, démonter ceux de sa chambre, faire des cartons, tout déménager dans le coffre et sur le toit de la voiture puis transporter, déballer et remonter. Trois journées intenses et harassantes.

Mais cette fois, il est installé et notre maison dispose maintenant d’une pièce vide. Le genre de pièce où je pourrais installer mon Mac, le matériel photo et où je pourrais poser à demeure le studio vidéo que je monte et démonte à chaque épisode de Chroniques en Images. Une pièce qui me permettrait également de revenir à l’enregistrement sans écran vert.

Bon, avant ça il faudrait rafraîchir la pièce, une sorte d’aquarium bleu, murs et sol (c’était sa période dauphin).  Au moins la nettoyer car c’est une porcherie (j’ai peur pour le pauvre studio tout neuf). Quand un gamer joue fenêtres fermées dans une pièce au sol recouvert de moquette, ça sent vite la bête surtout si l’animal possède un grand sens de la préservation des ressources en eau.

La moquette est bonne à jeter car entre la peinture de figurines Warhammer, l’impression 3D, les bonbons Haribo et la transpiration, la chose bleue ne sent plus vraiment la rose. La tapisserie bleue est fatiguée et la peinture bleue (si si) s’écaille (de poisson) un peu partout. Bonne nouvelle, le plafond blanc est propre.

Contrairement à mon fils à qui j’ai trouvé l’appartement, procédé aux diverses démarches, déménagé et prodigué moultes conseils, je vais devoir encore bosser pour mériter mon studio. Et si ça se trouve, lorsque j’aurais terminé, tel un fils prodigue ou un Tanguy, il reviendra s’installer à la maison.

Esthesis – Watching Worlds Collide

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Il n’ y a pas si longtemps, nous parlions ici des imitateurs de Porcupine Tree. Figurez-vous que le sujet revient sur la table avec le second album du groupe Esthesis.

Esthesis est un projet français qui après un EP en 2019 accouchait d’un premier album un an plus tard. Un projet ultra centré sur Aurélien Goude, chanteur, compositeur, guitariste et claviériste manifestement très influencé par Wilson et sa bande.

Pour ne pas vous mentir, The Awakening sorti en 2020 ne m’avait pas emballé. D’ailleurs, je n’avais pas l’intention d’écouter la suite après avoir vu leur concert Chez Paulette. Puis Watching Worlds Collide est sorti, sept morceaux pour près d’une heure de musique. 

La première écoute m’a beaucoup rappelé leur proximité avec Porcupine Tree ainsi que leur premier album alors j’ai décroché au quatrième morceau. J’ai quand même réessayé un peu plus tard pour finalement acheter l’album.

Oui, ne nous mentons pas. Watching Worlds Collide emprunte encore beaucoup à Porcupine Tree. La bande à Wilson hante tous les morceaux de manière plus ou moins prononcée et c’est sans doute sur le dernier titre jazzy que cela s’entend le moins. Toutefois, les maladresses de jeunesse semblent oubliées et Esthesis est allé un peu plus loin dans son approche jazzy et dans ses couleurs cuivrées.

Si ‘Amber’ est un quasi cover de Porcupine Tree agréable à écouter mais sans grand intérêt malgré le saxophone de Maceo et la batterie bluffante d’Arnaud, ‘57th Street’ est une pièce particulièrement originale. Un titre cinématique de douze minutes à l’atmosphère de film noir. Plus surprenant encore est ce ‘Skimming Stones’ au piano qui s’enrichit du violon de Mathieu Vilbert. Ce titre figure parmi mes préférés de l’album. ‘Place Your Bet’, un peu comme l’instrumental ‘Vertigo’ est une chose hybride entre funk, alternatif et jazz, qui malgré quelques passages très wilsonniens, tire bien son épingle du jeu.

Watching Worlds Collide se révèle finalement être une très belle surprise. Esthesis affirme son identité musicale et s’il n’y avait cette forte proximité avec Porcupine Tree, il aurait pu devenir l’album de l’année.

Uchroniques

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Une uchronie est récit fictif construit à partir d’un point de départ historique. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que mes chroniques sont des formes d’uchronies.

Vous vous doutez bien que j’écoute beaucoup plus d’albums que je n’en chronique. Au début je résumais ces écoutes dans des Compressé qui n’ont pas eu beaucoup de succès. Alors j’ai arrêté.

Panem et circenses qu’il disait…

Je ne parle plus des albums moyens moins, des disques dont des confrères ont magnifiquement fait l’éloge, des EPs et des choses trop étranges pour intéresser un seul abonné YouTube. Il y a toutefois quelques rares entorses à cette charte de temps en temps.

Malgré cette sélection drastique, j’ai toujours un temps d’avance comme diraient certains collègues. Comprenez, j’ai plusieurs vidéos enregistrées prêtes à être mises en ligne et encore plus de scripts qui n’attendent qu’à être enregistrés. 

Pour tout vous dire, j’ai quatre vidéos en stock et six albums chroniqués à filmer. Du coup je pourrais publier à plus haute fréquence, genre deux fois par semaine. Mais je ne veux pas retomber dans le piège de la productivité du webzine Neoprog. Et puis il y a des semaines avec des baisses de forme où je suis trop à plat pour enregistrer une vidéo. J’aime bien avoir ce petit matelas de sécurité pour les vacances et les coups de pompe.

Le défaut, c’est qu’à partir du moment où la vidéo est enregistrée, elle devient une uchronie. Je m’explique : ce que j’y raconte se détache du flux temporel principal pour ne plus évoluer avec moi. Lorsque je mets en ligne la chronique, l’album que j’annonce prochainement acheter a déjà tourné en boucle pendant des heures sur ma platine, le concert prévu a été annulé, mon enthousiasme du moment est retombé, bref je suis parfois en total décalage avec ce que j’ai dit alors.

C’est pour cela que je n’annonce plus le prochain album, car plusieurs fois j’ai inversé la programmation à la dernière minute parce que le disque n’était pas arrivé à temps ou que, au contraire, je voulais rapidement faire la retape d’un nouveau coup de cœur.

Je pourrais y remédier en ré enregistrant la chronique mais voilà, je suis terriblement feignant. Il m’est arrivé de revoir le montage, de couper un passage, mais rien de plus. Je pourrais ne pas avoir de chronique en stock histoire de coller au plus près au flux temporel mais cela me stresserait trop et vous risqueriez d’être privé de votre YouTube du lundi. Donc vous devrez faire avec ces uchroniques. Certaines sautent aux yeux, d’autres sont plus subtiles.

Si vous vous ennuyez cette semaine, vous pouvez faire remonter dans les commentaires les plus flagrantes anomalies spatio-temporelles des Chroniques en Images. Ca me ferait quelques commentaires…